Speaker #0Hello et bienvenue sur Facteur X, le podcast qui réveille vos soft skills. Je suis Anna Martino et je suis convaincue qu'on peut devenir de meilleurs managers, de meilleurs vendeurs, de meilleurs communicants ou encore mieux collaborer au sein d'une équipe si on décide d'investir dans notre savoir-être. J'ai donné vie à ces convictions en fondant My Learning Store, un organisme de formation spécialisé dans le développement des soft skills en entreprise. Ma vision, c'est d'inspirer un maximum de personnes à développer leurs soft skills parce que je sais que c'est la garantie de l'employabilité, du bien-être et de l'équilibre. Et c'est aussi pour ça que j'ai lancé Facteur X, le podcast qui va littéralement réveiller vos soft skills. Ici, je vous livre des pratiques qui marchent pour réveiller votre truc en plus, libérer votre potentiel et devenir une meilleure version de vous-même. Est-ce qu'il y a En ce moment même, une conversation que vous savez que vous devriez avoir, mais que vous repoussez. Alors je pose la question, je ne sais même pas pourquoi, parce qu'honnêtement, je suis certaine qu'il y a de fortes chances que la réponse soit oui. Peut-être un message que vous devez envoyer, peut-être un sujet avec un proche, quelque chose au travail qui vous agace depuis un moment, une demande que vous n'osez pas formuler, ou un comportement qui vous dérange mais que vous laissez filer. Et ce qui est fascinant, c'est qu'on se raconte souvent que ce qu'on évite, c'est la conversation, alors qu'en réalité, c'est pas du tout ça. La conversation, elle va durer peut-être, je sais pas moi, 15 minutes, 20, une demi-heure. Ce qu'on subit vraiment, parfois des jours ou des semaines avant, c'est tout ce qu'il y a avant, justement. Les scénarios mentaux qu'on se fait, les dialogues imaginaires sous la douche, le fameux moment où vous êtes en train de cuisiner et où, soudain, vous rejouez la scène avec des punchlines que vous n'aurez probablement jamais dans la vraie vie. Le message que vous écrivez, puis vous effacez, puis vous le réécrivez, et vous ne l'envoyez pas. Ce petit agacement qui devient une tension bizarre, un ton qui change subtilement. Et franchement tout ça, c'est épuisant. Je pense même qu'une grande partie de notre fatigue relationnelle ne vient pas des conversations difficiles, en réalité, elle vient de toutes ces conversations qu'on n'a pas. Celles qu'on reporte, celles qu'on contourne, qu'on remplace par du silence. Et le pire, c'est qu'on se raconte souvent une histoire très noble. Moi, je ne peux pas dire ça maintenant, ce n'est pas le bon moment. Je vais attendre que ça se tasse. Je préfère éviter un conflit inutile. Alors que très souvent, si on est honnête, on évite surtout l'inconfort. Et c'est précisément de ça qu'on va parler aujourd'hui. Pourquoi on repousse autant certaines conversations ? Pourquoi ça nous coûte beaucoup plus cher que ce que l'on pense ? Et surtout, comment les avoir, ces conversations, sans transformer tout ça en sommet diplomatique international ? Alors, on va déjà se rassurer sur un truc, repousser une conversation difficile, c'est humain, c'est normal, vraiment. Parce qu'un cerveau normalement constitué ne se dit pas spontanément « Tiens, si j'allais m'exposer volontairement à un moment potentiellement inconfortable aujourd'hui ? » Non. Donc c'est pas un défaut de caractère, c'est juste un cerveau qui cherche à éviter une menace perçue. Parce que ce qu'on anticipe, c'est pas seulement la conversation, c'est tout ce qui pourrait arriver autour. Et là... le cerveau, il devient très créatif. Il se dit, elle va mal le prendre, il va se vexer, ça va créer un conflit, je vais être sûrement maladroite, je vais sincèrement, à mon avis, regretter ce que j'ai dit. Parfois, franchement, on part très très loin. Et parfois, ce qui est drôle, enfin, drôle, façon de parler, bien sûr, c'est qu'on dramatise tellement l'échange qu'on le transforme intérieurement en un événement quasi historique. Alors qu'en vrai, on veut juste dire un truc assez simple. « Quand tu fais ça, ça me dérange » ou « J'ai besoin qu'on clarifie quelque chose » ou encore « Ce mode de fonctionnement, ça ne me convient pas » . Mais dans notre tête, ça devient immédiatement une scène de film avec des tensions géopolitiques. Alors en fait, on confond « conversation difficile » et « conflit » . Comme si le simple fait d'aborder un sujet sensible, ça signifie automatiquement « confrontation » ou « malaise » , alors que non. Une conversation difficile, ça peut être calme et respectueux. Mais comme beaucoup de personnes ont grandi avec l'idée implicite que les sujets sensibles créent des problèmes, alors ils évitent tout ça. Là où ça devient vraiment marrant, je trouve, c'est qu'on pense éviter l'inconfort en évitant la conversation, alors qu'en réalité, on prolonge cet inconfort. Parce qu'une conversation évitée, elle ne disparaît pas, elle change juste de forme, et souvent, elle devient pire. Et quand on finit enfin par se décider à la voir, on fait souvent des erreurs assez classiques. La première, c'est d'attendre d'être à bout. C'est probablement l'erreur la plus fréquente. On supporte, on minimise, on se dit bon allez c'est pas si grave, je vais laisser passer, c'est pas le bon moment. Et puis un jour, à la moindre goutte d'eau de trop, on explose. Et le problème c'est que quand on est à bord de la saturation, on ne va pas parler du sujet en lui-même. Et l'autre reçoit ça avec une intensité qu'il ne comprend pas toujours. Une autre erreur qu'on fait très très souvent, c'est de préparer tout ça comme un procès. Vous savez, le dossier mental complet, avec les pièces à conviction, toute l'historique depuis 2021, une chronologie hyper détaillée et les captures d'écran émotionnelles. Et bien sûr, on commence toujours avec cette petite phrase redoutable « Tu fais toujours ça » ou « À chaque fois que tu… » Bon, je vous avoue quelque chose, si vous commencez comme ça, ça donne jamais rien de bon. Maintenant, le sujet, c'est comment on fait. Comment on fait pour ne pas en arriver là ? Alors il y a déjà un principe important, c'est de commencer tôt. Parce qu'une conversation difficile bien menée, elle commence souvent avant que le sujet soit devenu aussi énorme que ça. Plus vous attendez, plus l'enjeu émotionnel va gonfler. Et c'est ça qui est terrible. Un deuxième principe, c'est de parler d'un point précis, d'être hyper factuel, de parler d'un moment, pas de la personne. Par exemple, vous n'allez pas dire à quelqu'un « Tu es irrespectueux, tu me manques de respect. » Vous allez plutôt lui dire « quand cette chose-là s'est passée, je me suis sentie comme ci ou comme ça » . Et ça change tout. Un troisième principe, c'est d'éviter au maximum toutes les formulations accusatoires. Vous ne dites pas « tu fais toujours ça » . Vous allez plutôt pouvoir dire « j'ai remarqué quelque chose que j'aimerais clarifier » ou « il y a un point précis dont j'aimerais te parler » . C'est beaucoup plus facile, beaucoup plus respirable. Je crois qu'au fond, le plus gros changement... c'est d'arrêter de voir ces conversations comme des bombes à désamorcer et de commencer à les voir comme des actes de respect. De respect pour la relation, de respect pour soi et évidemment de respect pour l'autre aussi. Parce que laisser quelqu'un dans le flou, dans du non-dit, dans de la froideur bizarre, c'est pas forcément très gentil. C'est juste plus indirect, mais parfois c'est beaucoup plus violent à long terme. La vraie maturité relationnelle, c'est pas d'éviter les inconforts, c'est de savoir les traverser proprement. Cette semaine, je vais vous challenger à avoir cette fameuse conversation que vous repoussez depuis beaucoup trop longtemps. Et pour ça, vous allez commencer par envoyer un message d'ouverture. Juste ça. Un message d'ouverture, ça peut être par exemple « Tiens, tu aurais un quart d'heure cette semaine, j'aimerais qu'on clarifie un point ensemble. » Ou aussi « J'aimerais te parler d'un sujet que je repousse depuis un moment, juste pour qu'on évite qu'on reste dans un malentendu inutile. » Ou encore J'ai besoin qu'on se parle parce que je préfère qu'on se dise les choses plutôt que de les laisser traîner. Vous allez voir, ça va vous soulager et il n'y aura rien de méchant qui va se passer. Votre seule mission, ça va être d'envoyer ce message. Je crois qu'une grande partie de notre paix relationnelle vient des conversations qu'on arrête de repousser. Parce qu'en réalité, ce qui nous épuise le plus, ce n'est pas le conflit en lui-même, c'est l'anticipation d'un conflit. Les scénarios qu'on se fait, ces dialogues imaginaires, ces tensions silencieuses. Et franchement, très peu de conversations sont aussi terribles que celles qu'on se construit dans notre tête en réalité. Et cet épisode est déjà terminé. Si vous l'avez trouvé utile, vous pouvez le partager autour de vous. Je suis sûre qu'il y a plein de personnes qui peuvent en avoir besoin. Et si vous avez envie aussi de faire un petit truc cool pour moi, laissez-moi un avis 5 étoiles et surtout un commentaire sympa pour ceux qui m'écoutent sur Apple Podcast. Ça m'aide vraiment beaucoup à me faire connaître. Il ne me reste plus qu'à vous donner rendez-vous la semaine prochaine pour d'autres pratiques actionnables dans votre quotidien. Ciao, ciao !