Speaker #0Hello et bienvenue sur Facteur X, le podcast qui réveille vos soft skills. Je suis Anna Martino et je suis convaincue qu'on peut devenir de meilleurs managers, de meilleurs vendeurs, de meilleurs communicants ou encore mieux collaborer au sein d'une équipe si on décide d'investir dans notre savoir-être. J'ai donné vie à ces convictions en fondant My Learning Store, un organisme de formation spécialisé dans le développement des soft skills en entreprise. Ma vision, c'est d'inspirer un maximum de personnes à développer leurs soft skills parce que je sais que c'est la garantie de l'employabilité, du bien-être et de l'équilibre. Et c'est aussi pour ça que j'ai lancé Facteur X, le podcast qui va littéralement réveiller vos soft skills. Ici, je vous livre des pratiques qui marchent pour réveiller votre truc en plus, libérer votre potentiel et devenir une meilleure version de vous-même. Je suis ravie de vous retrouver pour cette nouvelle saison de Facteur X. J'espère que vous avez passé un bel été, un vrai bel été. Alors peut-être qu'il n'aura pas forcément été parfait, on sait comment ça se passe ce genre de choses, mais au moins un été qui vous ait permis de souffler un peu. Et pour ce premier épisode de rentrée, j'avais envie de repartir sur un sujet qui est au cœur de tout ce que je fais depuis des années, les soft skills bien sûr. Parce qu'on en parle beaucoup, Mais j'ai parfois l'impression qu'on ne mesure pas encore vraiment à quel point elles sont devenues essentielles. On les range encore trop souvent, d'après moi, dans la catégorie des petites compétences humaines sympas. Savoir écouter, savoir communiquer, savoir gérer ses émotions, s'adapter, coopérer, prendre du recul. Dit comme ça, ça peut presque sembler évident, sauf que dans la vraie vie professionnelle, c'est rarement évident d'après ce que je constate. Quand un manager doit recadrer sans braquer. Quand une équipe doit avancer malgré les tensions du quotidien. Quand il faut savoir dire non sans culpabiliser. Ou quand il faut prendre une décision sans avoir toutes les informations. Là, on comprend très vite que les soft skills ne sont pas un bonus. Ce sont des compétences de travail, des compétences très concrètes. Et surtout, des compétences qu'on ne peut plus se permettre de laisser au hasard. Alors pour démarrer cette nouvelle saison, J'ai envie de revenir à une question très simple. Pourquoi les soft skills sont-elles devenues aussi indispensables dans le monde du travail aujourd'hui ? Pendant très longtemps dans le monde du travail, on a surtout valorisé ce que les gens savaient faire techniquement. Le diplôme, l'expertise métier, l'expérience, savoir maîtriser un outil, connaître un secteur, la capacité à produire. Alors évidemment, tout ça, c'est vraiment important, je ne dis pas le contraire. On ne va pas demander à un comptable d'être simplement sympa. On attend de lui, bien sûr, qu'il maîtrise la compta. On ne va pas demander à un chef de projet d'être simplement empathique. On attend d'elle, bien sûr, qu'elle sache piloter un projet. Donc, il ne s'agit absolument pas d'opposer les compétences techniques et les soft skills. Le sujet, ce n'est pas les compétences techniques ou les compétences humaines. Le vrai sujet, c'est avoir les deux. Mais ce qui change aujourd'hui, c'est que les compétences techniques ne suffisent plus. Parce que les outils changent vite, les métiers changent vite, les organisations changent vite, les attentes des clients changent très vite, les façons de travailler aussi. Et quand tout bouge, ce qui fait la différence, c'est pas seulement ce que vous savez faire aujourd'hui, c'est votre capacité à apprendre demain. Votre capacité à vous adapter, à poser les bonnes questions, à coopérer avec des personnes différentes, à gérer votre stress parce qu'il y en a, à prendre des décisions, même peut-être imparfaites, à garder le cap. à rebondir autrement dit, ce sont vos soft skills qui vont faire la différence. Ce que je constate très souvent dans le monde de l'entreprise quand je forme mes clients, c'est la différence qu'il peut y avoir entre deux personnes dans une même équipe. Elles ont le même niveau technique, elles connaissent les mêmes outils, elles ont à peu près la même expérience et alors que la première est très compétente mais communique mal, elle garde les infos pour elle, elle se braque dès qu'on lui fait un retour. Elle a du mal peut-être à gérer la pression, elle prend les désaccords très perso. La deuxième, elle, est également compétente, mais elle sait écouter. Elle pose des questions, elle clarifie les attentes, elle prévient quand elle bloque, elle propose des solutions, elle accepte de se remettre en question et elle sait demander de l'aide sans se sentir nulle. Vous voyez ces deux personnes à compétences techniques égales. D'après vous, qui va avoir le plus d'impact dans l'équipe ? La réponse semble assez évidente. Et ça n'a rien à voir avec le fait que la deuxième personne soit plus gentille ou plus sympa. C'est juste qu'elle active des comportements professionnels qui rendent son travail plus fluide, plus efficace, plus intelligent collectivement, comme je dis toujours. Et en fait, c'est exactement ça, des soft skills. Ce ne sont pas des qualités abstraites, ce sont des comportements observables. Quand vous reformulez pour vérifier que vous avez bien compris quelque chose, c'est une soft skills. Quand vous osez dire « je ne suis pas d'accord » sans agresser l'autre, c'est une soft skill. Quand vous transformez un feedback en plan d'action, c'est une soft skill. Quand vous gardez votre calme dans une situation tendue, c'est une soft skill. Ou quand vous prenez une décision sans avoir 100% des informations à disposition, c'est aussi une soft skill. Et ça, c'est très important, parce que ça veut dire qu'on peut arrêter de penser « moi, je ne suis pas comme ça » ou « moi, je ne suis pas à l'aise à l'oral » ou « moi, je ne sais pas dire non » . Moi, je n'ai pas confiance. Je vais vous dire quelque chose même que je répète souvent en formation à mes apprenants. Vous n'avez pas besoin d'être naturellement doué pour progresser. Vous avez besoin simplement d'observer vos comportements, de comprendre ce qui se joue et de vous entraîner. On n'apprend pas à conduire en lisant le code de la route une fois. On n'apprend pas à jouer du piano en regardant quelqu'un jouer du piano. On n'apprend pas non plus à parler en public en lisant une définition de la prise de parole. Et donc, on n'apprend pas les soft skills en regardant une slide avec une très jolie roue des compétences. On apprend en pratiquant, en testant, en se trompant évidemment, et en ajustant, en recommençant. Alors au fond, pourquoi est-ce que ces compétences, elles deviennent aussi importantes maintenant ? Moi je vois au moins trois grandes raisons. La première, c'est l'accélération. On travaille dans des environnements où les priorités changent rapidement, constamment. Un projet qui était stratégique lundi peut être totalement remis en question le jeudi. Je le vois très souvent. Une organisation peut se transformer en quelques mois. Un outil va devenir obsolète très très vite. Une équipe peut passer du présentiel au distanciel, puis à l'hybride, puis à autre chose. Et dans ce genre de contexte, la compétence clé, c'est pas seulement de savoir exécuter, c'est de savoir s'adapter sans perdre son efficacité. Et l'adaptabilité ? C'est pas dire oui à tout, et ça c'est très important. S'adapter, ce n'est pas se dissoudre dans les demandes des autres. Ce n'est pas accepter toutes les urgences. Ce n'est pas changer d'avis toutes les cinq minutes non plus. S'adapter, c'est être capable de lire une situation nouvelle et d'ajuster sa manière d'agir. Alors parfois, ça veut dire changer de méthode. Parfois, ça voudra dire poser une limite, apprendre un nouvel outil, demander une clarification ou renoncer peut-être aussi à une solution qui ne fonctionne plus. Donc pour moi, la première raison, c'est que le monde du travail bouge très très vite. Les soft skills nous permettent de rester en mouvement sans repartir dans tous les sens. La deuxième raison, c'est que le monde du travail s'est complètement transformé et il est devenu de plus en plus collectif. Parce que même si vous avez un poste très autonome, vous dépendez rarement uniquement de vous. Vous devez coordonner, partager l'information. Faire avancer des sujets avec d'autres personnes, gérer parfois les désaccords, comprendre les attentes des uns et des autres, travailler avec des métiers différents, collaborer, parfois avec des cultures différentes ou avec des personnalités radicalement différentes de la vôtre. Et c'est là que les soft skills deviennent visibles, parce qu'en réalité, une grande partie des problèmes du travail ne viennent absolument pas d'un manque d'expertise technique, ils viennent toujours des malentendus. de non-dits, des messages pas clairs, fous, des feedbacks qu'on va éviter, des tensions qui s'installent petit à petit, des réunions qui servent à rien, des décisions qu'on ne prend pas, des personnes qui n'osent pas dire qu'elles n'ont pas compris ou qui disent oui alors qu'en réalité elles pensent non. Et tout ça, ce sont des sujets de soft skills. Et on peut avoir les meilleurs outils collaboratifs du monde si les gens ne savent pas se parler, s'écouter, décider. coopérer, se responsabiliser, et bien le collectif bloque. Donc le problème, c'est rarement l'outil. La plupart du temps, le problème, c'est le comportement autour de l'outil. Et la troisième raison, évidemment, c'est l'intelligence artificielle qui rebat complètement les cartes. Et là, je vais être très claire. L'IA ne rend pas les soft skills moins importantes, au contraire, elle les rend encore plus importantes. Parce que plus les outils deviennent puissants, plus notre valeur ajoutée se déplace. Demain, savoir produire vite ne suffira absolument plus. Il faudra savoir poser les bonnes questions, interpréter les réponses. faire preuve d'esprit critique, décider ce qui est pertinent ou pas, choisir ce qui est juste dans un contexte donné, créer de la confiance, porter une vision, manager l'incertitude, apprendre en continu. Alors l'IA peut vous aider à produire un texte, bien sûr, mais elle ne pourra jamais décider à votre place de ce qui est juste dans une relation sensible. Elle peut vous proposer dix idées, mais elle ne peut pas comprendre finement les jeux d'acteurs dans votre organisation. Elle pourra synthétiser des informations, mais elle ne pourra pas assumer la responsabilité d'une décision professionnelle à votre place. Et c'est là que les soft skills deviennent, du coup, un avantage majeur. Parce que dans un monde où beaucoup de choses peuvent être automatisées, ce qui reste profondément différenciant, c'est notre capacité à penser, à ressentir, à décider, à apprendre et à créer du sens. Maintenant, Il y a une erreur que je vois souvent quand on parle de soft skills, c'est qu'on part beaucoup trop vite sur des grandes listes, des grands mots. On va parler de communication, de leadership, de résilience, de créativité, d'empathie, de gestion du stress, de collaboration. Et très vite, on se dit, très bien, eh bien, il faut tout développer. Sauf que non, personne ne développe 50 soft skills en même temps. Ce n'est pas possible. Ce serait comme entrer dans une salle de sport et se dire, cette semaine, je vais, je ne sais pas moi, muscler absolument. tout mon corps, courir un marathon, devenir souple, améliorer mon souffle, travailler aussi ma posture bien sûr, apprendre le tennis et préparer une compétition. Bon, vous avez compris, c'est impossible. Et surtout, ça n'a rien d'efficace. Pour développer ses soft skills, il faut partir du réel, du concret. Votre vrai point de départ, ça va être votre quotidien. Demandez-vous par exemple, qu'est-ce qui me coûte de l'énergie en ce moment ? Qu'est-ce qui revient régulièrement dans mes difficultés professionnelles ? Qu'est-ce que j'évite ? Qu'est-ce que j'ai tendance à reporter ? Qu'est-ce que les autres me renvoient souvent ? Dans quel type de situation est-ce que je perds mes moyens ? Ou dans quel moment est-ce que je n'obtiens pas d'impact celui que je voudrais ? Et là en fait, en répondant à ces questions, vous allez commencer doucement à identifier vos vrais sujets de travail. Parce que peut-être que votre vrai sujet, c'est pas la... communication en général. C'est peut-être, j'ose pas demander une clarification quand la consigne n'est pas claire. Peut-être que votre sujet c'est pas le leadership en tant que tel, mais j'ai du mal à embarquer les autres quand j'ai pas d'autorité hiérarchique. Peut-être que votre sujet c'est pas la gestion du stress, mais que dès qu'un client vous renvoie un message sec, vous ruminez pendant 3 heures. Vous voyez les différences ? Une soft skills, elle devient... entraînable quand elle est reliée à une situation très précise, très concrète. Sinon, ça reste un joli mot et ça ne sert pas à grand-chose. Alors je vous propose une méthode très simple pour commencer. J'appelle ça situation-comportement-ajustement. Trois étapes. La première étape, c'est d'identifier une situation concrète. Ça peut être par exemple quand je reçois un feedback négatif, quand je dois prendre la parole en réunion, quand un collègue me coupe la parole. Quand je dois dire non à une demande ? Quand je suis, je ne sais pas moi, face à une urgence ? Quand je dois prendre une décision rapidement ? Quand je ne comprends pas ce qu'on attend de moi ? La deuxième étape, c'est d'observer votre comportement actuel dans cette situation. Alors attention, l'idée ce n'est pas de vous juger, mais de vous comprendre. La différence est énorme. Donc, qu'est-ce que vous faites aujourd'hui dans cette situation ? Est-ce que vous vous taisez ? Est-ce que vous vous justifiez ? Vous vous agacez ? Vous dites oui alors que vous pensez non ? Vous évitez ? Vous procrastinez ? Vous répondez trop vite ? Vous ruminez ? Bref, qu'est-ce que vous faites actuellement dans cette situation ? Et la troisième étape, ça va être de choisir un micro-ajustement. Parce que ça ne sert à rien d'envisager tout de suite une transformation radicale, mais juste un micro-comportement à tester. Ça peut être par exemple, la prochaine fois que je ne comprends pas quelque chose, je pose une question pour clarifier. Ou la prochaine fois que je reçois un feedback, je reformule avant de me défendre. La prochaine fois que je dois dire non, je commence par reconnaître la demande et ensuite je pose ma limite. La prochaine fois que je dois prendre la parole, je prépare une idée clé au lieu de vouloir tout dire. La prochaine fois que je suis stressée, je prends 30 secondes pour respirer avant de répondre. Des micro-ajustements. Ça c'est de l'entraînement. Juste... répéter un nouveau comportement jusqu'à ce que vous verrez qu'il devienne tout à fait naturel. Et c'est là que j'ai envie d'être vraiment honnête avec vous. Développer ses soft skills, c'est pas toujours très confortable. Parce que ça va toucher à votre manière d'être en relation avec les autres. à votre rapport au regard des autres, à votre peur de décevoir, à votre besoin de contrôle, à votre difficulté à poser des limites peut-être, à votre rapport à l'erreur, à votre confiance. Et c'est pour ça que beaucoup de personnes préfèrent rester dans le côté technique, parce que la technique c'est rassurant. On peut apprendre une méthode, un outil, un process, une procédure. Les soft skills, elles, demandent une forme de lucidité. Elles nous obligent à nous regarder dans un miroir, à voir comment on fonctionne vraiment. Et souvent, c'est là que les vrais progrès commencent. Quand on arrête de se dire « je suis comme ça et c'est tout » , mais qu'on commence à se dire « dans cette situation, j'ai tendance à réagir de cette manière et je peux m'entraîner pour faire autrement » , ça change tout, parce que ça vous redonne du pouvoir d'action. Alors si je devais résumer cet épisode en trois idées clés, je vous dirais ceci. La première idée, c'est que les soft skills ne sont pas des qualités vagues. Ce sont de vraies compétences professionnelles observables dans des comportements. La deuxième chose, c'est qu'elles deviennent indispensables parce que le monde du travail change vite, il devient plus collectif et nous demande de plus en plus de discernement. Et la troisième idée, c'est qu'on ne développe pas ses soft skills en lisant une liste. On les développe en partant d'une situation réelle, concrète, en observant son comportement et en testant un micro-ajustement. Et c'est exactement ce qu'on va faire tout au long de cette saison. Chaque semaine, on prendra une compétence, on la rendra très concrète, on regardera où elle se joue dans le quotidien, et on verra ce qui bloque, et surtout, comment l'entraîner. Parce que mon objectif avec Factor X, c'est pas de vous faire collectionner des concepts, vous l'avez compris si vous m'écoutez depuis un moment, c'est de vous aider à agir différemment. Même un tout petit peu, mais très concrètement. Et justement, on termine comme toujours cet épisode avec le challenge de la semaine. Cette semaine, je vous propose de choisir une situation professionnelle dans laquelle vous sentez que vous pourriez progresser. Une seule situation concrète qui revient souvent. Ça peut être par exemple, je dis oui trop vite, j'ose pas prendre la parole en réunion, je me laisse déborder par les urgences, j'arrive pas à demander de l'aide, je me braque quand on me fait un feedback. Voilà, des choses comme ça. Identifiez votre situation et ensuite écrivez trois phrases. La première phrase va commencer par « Dans cette situation, j'ai tendance à… » et vous complétez. La deuxième phrase, ce sera « Ce que ça provoque en moi, c'est… » et vous complétez. Et la troisième phrase La prochaine fois, je vais tester ce micro-comportement et vous compléter. Et votre « je vais tester » doit être minuscule, vraiment. Un micro-comportement. Ça peut être juste poser une question, respirer avant de répondre, reformuler, dire « j'ai besoin de réfléchir » . Le but, ce n'est pas de devenir parfait dès cette semaine, mais d'entrer dans une logique d'entraînement. Parce que c'est comme ça que les soft skills se développent. Un petit comportement à la fois. Et cet épisode est déjà terminé. Si vous l'avez trouvé utile, partagez-le autour de vous bien sûr. Et si vous avez envie de faire un petit geste sympa pour moi, laissez-moi un avis 5 étoiles et surtout pour ceux qui m'écoutent sur Apple Podcast, un commentaire sympa, ça m'aide vraiment énormément à me faire connaître. Il ne me restait plus qu'à vous donner rendez-vous la semaine prochaine pour d'autres pratiques actionnables dans votre quotidien. Ciao ciao !