Speaker #0Hello et bienvenue sur Facteur X, le podcast qui réveille vos soft skills. Je suis Anna Martino et je suis convaincue qu'on peut devenir de meilleurs managers, de meilleurs vendeurs, de meilleurs communicants ou encore mieux collaborer au sein d'une équipe si on décide d'investir dans notre savoir-être. J'ai donné vie à ces convictions en fondant My Learning Store, un organisme de formation spécialisé dans le développement des soft skills en entreprise. Ma vision, c'est d'inspirer un maximum de personnes à développer leurs soft skills parce que je sais que c'est la garantie de l'employabilité, du bien-être et de l'équilibre. Et c'est aussi pour ça que j'ai lancé Facteur X, le podcast qui va littéralement réveiller vos soft skills. Ici, je vous livre des pratiques qui marchent pour réveiller votre truc en plus, libérer votre potentiel et devenir une meilleure version de vous-même. une phrase qu'on entend partout dans le monde du travail, c'est « il faut s'adapter » . On dit ça aux collaborateurs, on dit ça aux managers, aux entrepreneurs, on l'a dit aux équipes quand l'organisation change, quand les priorités bougent et quand un nouvel outil arrive. « Il faut s'adapter » . Ok, très bien. Mais concrètement, ça veut dire quoi ? Parce que parfois, derrière cette phrase, on met un peu tout et n'importe quoi, je trouve. S'adapter, pour certains, ce serait dire oui à tout. accepter les urgences, changer de direction sans poser de questions, absorber les imprévus sans jamais râler. Et moi je dis non, c'est pas ça l'adaptabilité. S'adapter pour moi c'est pas devenir une éponge, c'est pas subir tout ce qui se passe avec le sourire, c'est pas non plus se plier derrière toutes les demandes jusqu'à disparaître complètement. Pour moi, s'adapter c'est la capacité à rester efficace quand le contexte change, et c'est très différent. Parce que rester efficace quand tout bouge, ça demande trois choses. La première, c'est déjà de comprendre ce qui change. Ensuite, d'identifier ce qui ne bouge pas. Et enfin, savoir ajuster sa manière d'agir sans perdre le cap. Et c'est précisément ce qu'on va travailler dans cet épisode. On présente souvent l'adaptabilité comme si c'était une qualité de personnalité. On dit « cette personne est adaptable » . Ce gars est flexible. Moi, je ne suis pas très adaptable. Moi, j'ai besoin que les choses soient cadrées. Mais l'adaptabilité, en réalité, elle n'est pas réservée aux gens naturellement souples. Ce n'est pas un don, c'est une compétence. Et comme toutes les compétences, elles s'entraînent. Donc la vraie question, ce n'est pas de savoir si vous êtes adaptable ou pas, mais c'est certainement, qu'est-ce que je fais quand la réalité ne correspond plus à ce que j'avais prévu ? Parce que c'est là que ça se joue. Quand le planning change, Quand une réunion est annulée à la dernière minute, quand le client modifie le brief, quand un manager donne une consigne pas claire, quand une équipe est réorganisée. Dans ces moments-là, on a tous des réflexes. Alors certains vont vouloir reprendre le contrôle très vite, certains vont se figer, d'autres vont râler, vont faire comme si tout allait bien, certains vont dire oui sans mesurer la charge qui arrive, ou alors certains vont encore attendre que quelqu'un d'autre décide à leur place. Et ces réflexes ne sont pas absurdes, c'est juste humain. Parce que notre cerveau aime ce qui est prévisible. Il a besoin de savoir où il va, il aime comprendre les règles du jeu. Donc quand le contexte change, il va interpréter ça comme une menace. Même quand le changement n'est pas forcément dramatique ou grave. Rien que le fait d'avoir une nouvelle procédure, un changement de calendrier, une remarque inattendue qui tombe à 18h. et tout d'un coup... C'est plus seulement une information à traiter pour notre cerveau, c'est une mini-secousse intérieure. On peut se sentir agacé, débordé, inquiet ou simplement même fatigué. Et c'est pour ça que l'adaptabilité n'est pas seulement une question d'organisation, c'est aussi une question de régulation. Parce que s'adapter, ce n'est pas seulement le fait de savoir faire bouger un planning, c'est d'abord être capable de ne pas se laisser embarquer par sa première réaction instinctive. Souvent, je constate que les gens pensent que plus on est adaptable, plus on accepte les choses. On se laisse faire. Alors qu'en réalité, plus on est adaptable, mieux on sait choisir. Choisir ce qu'on ajuste, ce qu'on garde, ce qu'on renégocie, ce qu'on refuse ou ce qu'on simplifie peut-être. Parce que tout changement ne mérite pas forcément la même réponse. Parfois, il faut s'ajuster vite. Quand une réunion change d'horaire, une information importante arrive, On a un outil qui bug, une collègue qui est absente. Donc dans ces cas-là, on va réorganiser. On va chercher une alternative pour avancer autrement. Mais parfois, ce qu'on appelle s'adapter, ça cache en réalité un problème de cadre. Quand il y a des urgences permanentes, des priorités qui changent tous les jours, des objectifs flous, des demandes de dernière minute qui deviennent normales, des décisions jamais stabilisées. Dans ce cas-là, l'adaptabilité, ça ne va pas vouloir dire tout encaisser, mais c'est remettre du cadre. Parce qu'une personne adaptable n'est pas une personne disponible pour toutes les situations. C'est une personne qui est capable de rester constructive dans une situation de changement. Et parfois, rester constructif, ça veut dire, ok, oui, je peux m'adapter, mais j'ai besoin de savoir quelle priorité va sauter. Ou alors, ok, je peux prendre ce point, mais pas dans le délai initial, on va revoir les priorités. Ce n'est pas de la rigidité, c'est de l'adaptabilité avec du discernement. Pour développer votre adaptabilité, je vous propose une méthode en trois repères. Quand quelque chose change, au lieu de partir immédiatement dans votre réaction instinctive, posez-vous trois questions. La première, qu'est-ce qui change ? La deuxième, qu'est-ce qui ne change pas ? Et enfin, qu'est-ce que j'ajuste ? Déjà par rapport à la première question, qu'est-ce qui change ? Ça peut sembler évident, mais en réalité... on ne prend pas toujours le temps de clarifier les choses. On reçoit une info nouvelle et on réagit à tout le paquet émotionnel qui va avec. Tout change, on se dit c'est n'importe quoi, on repart toujours à zéro, je ne vais jamais y arriver. Sauf que parfois, quand on se pose pour réfléchir un petit peu, eh bien on constate que tout ne change pas. Peut-être un seul délai change, peut-être que c'est juste l'interlocuteur qui change ou que le format change. Donc la première étape, c'est vraiment de nommer précisément. le changement. Ne pensez pas juste c'est le bordel, c'est le bazar mais le délai est avancé de tant de jours. Le client veut un format plus court. Mon manager demande plus d'infos, plus de données. Le projet change tout simplement. Parce que quand on passe d'une menace floue à un problème identifiable, ce problème identifiable c'est toujours beaucoup plus facile à traiter qu'un flou qui peut paraître anxiogène. La deuxième question à se poser, c'est donc, qu'est-ce qui ne change pas ? Et c'est fondamental de se poser cette question-là, parce que dans le changement, on a tendance à voir tout ce qui bouge, tout ce qui nous inquiète, alors qu'il y a souvent des points d'appui. L'objectif final, peut-être, ne change pas la plupart du temps. La relation avec le client ne change pas, votre expertise ne change pas, votre intention ne change pas, les valeurs du projet, peut-être, ne changent pas. Donc, identifier ce qui reste stable, Ça vous permet de ne pas tout remettre en question. Et la dernière question, c'est qu'est-ce que j'ajuste ? Et là, on passe vraiment à l'action. Une action adaptée à la nouvelle situation. Alors, est-ce que j'ajuste mon planning ? Est-ce que j'ajuste mon niveau d'exigence ? J'ajuste ma manière de communiquer, le format du livrable, ma demande, par exemple, d'aide, parce que je ne sais pas exactement comment faire. Est-ce que j'ajuste les priorités ? Bref. L'idée, c'est de sortir du réflexe « je subis la situation » ou alors « je résiste à la situation » pour entrer dans une question plus utile, c'est-à-dire « quel est le prochain ajustement intelligent ? » . Parfois, le prochain ajustement intelligent, c'est d'envoyer un message de clarification. Parfois, c'est de supprimer quelque chose qui devient non essentiel, ou de demander à votre manager de trancher entre deux priorités. Parfois, ça peut être aussi juste de se dire « je peux m'adapter, mais voilà les conséquences » . Cette phrase, je trouve qu'elle est très utile. « Je peux m'adapter, mais voilà les conséquences » . Parce qu'elle va vous éviter deux pièges. Le premier, c'est le « oui » automatique. « Oui, ok, pas de problème » . Alors qu'en réalité, vous savez très bien que si, il y a un problème. Et le deuxième piège, c'est le « non » de défense. Dire « non » , c'est pas possible. Alors qu'il y a sûrement... une autre manière de faire. Et vous voyez, entre les deux, il y a une posture qui est beaucoup plus professionnelle, c'est oui, ok, on peut changer, voilà ce que ça implique, voilà les conséquences, qu'est-ce qu'on décide, qu'est-ce qu'on arbitre. Ça, c'est de l'adaptabilité. Et je voudrais aussi clarifier un autre point qui me paraît important, c'est que s'adapter, ça ne veut pas dire aller vite tout le temps. Parce que je constate qu'on associe souvent l'adaptabilité à la rapidité, mais parfois... La meilleure adaptation, c'est de ralentir. Ralentir pour comprendre, pour écouter, pour poser une bonne question, pour éviter souvent une mauvaise décision ou pour clarifier un objectif. Dans beaucoup d'équipes, on confond la plupart du temps vitesse et efficacité. On répond vite, on réagit, on modifie vite, on relance, on tranche vite. Mais vite ne veut pas toujours dire bien. Parfois, une question posée au bon moment, elle va pouvoir vous éviter peut-être trois semaines de confusion. Un autre point sur lequel j'ai envie d'insister un petit peu, c'est que le fait de développer votre adaptabilité, ça ne doit pas devenir une injonction culpabilisante. Parce que je trouve qu'aujourd'hui, on demande parfois aux personnes de s'adapter à tout. À des charges irréalistes, à des changements permanents, à des décisions fois franchement totalement incohérente, à des urgences qui n'en sont pas vraiment. Et quand les personnes n'en peuvent plus, on leur dit, il faut être plus agile. Mais non. À un moment donné, ce n'est pas un problème d'agilité individuelle. C'est souvent un problème de système. Donc oui, développer son adaptabilité, c'est important, c'est essentiel, mais l'adaptabilité saine a besoin de limites. Sinon, ça devient de la suradaptation. Et la suradaptation, c'est quand vous vous ajustez tellement aux demandes, aux attentes, aux urgences et aux besoins des autres que vous n'arrivez même plus à savoir où sont vos propres limites. Quand vous dites oui alors que vous pensez non, quand vous absorbez alors que vous êtes déjà réellement 100% saturé, quand vous changez vos priorités dix fois dans la journée. À court terme, ça peut donner l'impression que vous êtes très efficace, mais à long terme, ça coûte très très cher. En énergie, en clarté, en motivation, en confiance en vous. Donc le vrai sujet... Ce n'est pas de savoir comment être adaptable à tout, mais de savoir comment rester adaptable sans vous trahir. Et ça change beaucoup de choses, parce que parfois, la phrase la plus adaptable, ce n'est pas de dire « oui, ok, je vais le faire » , mais « oui, je peux le faire si on décale autre chose » . « Oui, je peux m'adapter sur le format, mais pas sur le délai, par exemple » . « Oui, je comprends le changement, mais j'ai besoin qu'on clarifie l'objectif » . C'est souple. C'est ouvert, mais ce n'est pas sans limite. Alors, comment entraîner concrètement l'adaptabilité ? Je vous propose trois micro-pratiques. La première, c'est de remplacer « ce n'était pas prévu » par « qu'est-ce que ça change ? » Parce que quand vous pensez « ce n'était pas prévu » , ça vous met en résistance automatiquement. Alors que si vous pensez « qu'est-ce que ça change ? » , ça vous met dans une position d'analyse. Au lieu de rester bloqué sur le fait que la réalité ne correspond plus au plan initial, vous commencez à regarder ce qui doit être ajusté. La deuxième micro-pratique, c'est de demander un arbitrage plutôt que de tout absorber. Par exemple, comme je vous le disais tout à l'heure, je peux traiter cette nouvelle demande, mais dans ce cas, est-ce qu'on décale le dossier A ou le dossier B ? C'est très simple, mais ça change tout, parce que ça rend visible le coût du changement. Et je trouve qu'aujourd'hui, dans le monde du travail, c'est souvent ce qui manque. La troisième micro-pratique, c'est de garder un point fixe. Quand tout bouge, posez-vous la question, qu'est-ce qui ne bouge pas ? Quel est mon point fixe ? Ça peut être, voilà, peu importe ce qui ne bouge pas, l'objectif final, la qualité de la relation, la santé de l'équipe, les délais non négociables, bref. Parce que quand on s'adapte mieux, on sait en réalité à quoi on reste fidèle. Sans point fixe, on va s'agiter. Avec un point fixe, on va ajuster. Et cette nuance, je trouve qu'elle est énorme. Si je devais résumer cet épisode, je vous dirais que l'adaptabilité, c'est pas de dire oui à tout, c'est pas absorber tous les changements sans broncher, sans râler. L'adaptabilité, c'est cette capacité à rester efficace quand votre contexte change. Et pour ça, vous devez vous appuyer sur trois questions très simples. 1. Qu'est-ce qui change ? 2. Qu'est-ce qui ne change pas ? 3. Qu'est-ce que j'ajuste ? Ces trois questions vont vous permettre de sortir de la réaction automatique pour rentrer dans une réponse plus professionnelle, plus lucide et surtout plus respectueuse de vos limites. Et justement, votre challenge cette semaine, c'est très simple. C'est que la prochaine fois qu'un imprévu arrive dans votre journée, avant de répondre ou de réagir, vous allez prendre 30 secondes. 30 secondes seulement. Et vous allez vous poser ces trois questions. 1. Qu'est-ce qui change vraiment ? 2. Qu'est-ce qui reste stable ? 3. Quel est le prochain ajustement intelligent que je peux faire ? Et ensuite, vous formulez votre réponse en intégrant au moins un élément de clarification ou d'arbitrage. La semaine prochaine, on parlera d'un sujet que beaucoup de personnes attendent avant d'agir, c'est la confiance en soi. Et vous verrez justement qu'on a... pas besoin d'avoir confiance pour commencer. Très souvent, c'est au contraire l'action qui va construire la confiance. Mais on en reparle la semaine prochaine. Et on arrive déjà à la fin de cet épisode. Merci de m'avoir suivi jusqu'au bout aujourd'hui encore. Si vous l'avez trouvé utile, bien sûr, partagez-le autour de vous. Et pour faire un geste sympa pour moi, laissez-moi un avis 5 étoiles. Et si vous m'écoutez sur Apple Podcast, un commentaire sympa, s'il vous plaît, ça m'aide énormément. à me faire connaître. Et quant à moi, il ne me reste plus maintenant qu'à vous donner rendez-vous la semaine prochaine pour d'autres pratiques actionnables dans votre quotidien. Ciao, ciao !