Speaker #0Hello et bienvenue sur Facteur X, le podcast qui réveille vos soft skills. Je suis Anna Martino et je suis convaincue qu'on peut devenir de meilleurs managers, de meilleurs vendeurs, de meilleurs communicants ou encore mieux collaborer au sein d'une équipe si on décide d'investir dans notre savoir-être. J'ai donné vie à ces convictions en fondant My Learning Store, un organisme de formation spécialisé dans le développement des soft skills en entreprise. Ma vision, c'est d'inspirer un maximum de personnes à développer leurs soft skills parce que je sais que c'est la garantie de l'employabilité, du bien-être et de l'équilibre. Et c'est aussi pour ça que j'ai lancé Facteur X, le podcast qui va littéralement réveiller vos soft skills. Ici, je vous livre des pratiques qui marchent pour réveiller votre truc en plus, libérer votre potentiel et devenir une meilleure version de vous-même. Il y a des périodes où on a beau essayer de garder le cap, eh bien ça ne marche pas du tout comme prévu. Un projet qui tombe à l'eau, on traverse une grosse déception professionnelle, on vit peut-être un changement qu'on n'avait pas du tout choisi et tout à coup, eh bien, on perd nos repères. Et dans ces moments-là, on entend souvent le même genre de phrases autour de nous. « Allez, c'est bon, tu vas rebondir, tu vas passer à autre chose. » Bien sûr, sur le papier, c'est facile, c'est très bien. Sauf que quand on est vraiment dans le dur, ce genre de conseil, ça ne sert pas à grand-chose, j'avoue. Parce qu'on ne rebondit pas en appuyant simplement sur un bouton. Et ce qu'on appelle la résilience, ce n'est pas une capacité magique qu'on aurait ou qu'on n'aurait pas. C'est plutôt une manière de retrouver progressivement de la marge de manœuvre après une période qui nous a franchement vraiment déstabilisés. Et j'insiste vraiment sur le mot « progressivement » . Alors aujourd'hui, on va voir comment retrouver cette capacité d'action après une période difficile, sans du tout nier ce qu'on a vécu, sans se forcer à aller bien trop vite, et sans transformer la résilience en une nouvelle injonction à la performance. Une première chose que j'aimerais clarifier, c'est que la résilience, ce n'est pas le fait de ne pas être affecté par quelque chose. Parce qu'on a parfois une image de la personne résiliente qui traverse une tempête sans broncher. qui encaisse, qui reste forte, qui repart immédiatement. En fait, ce n'est pas ça du tout. Quand quelque chose nous atteint, c'est tout à fait normal que ça laisse une trace. On peut être fatigué, déçu, en colère, perdre confiance pendant un moment, avoir vraiment besoin de prendre du recul. Ça ne veut pas dire qu'on manque de résilience. Ça veut juste dire qu'on est humain, tout simplement. La résilience, elle commence plutôt au moment où, malgré ce qui s'est passé, eh bien... on recommence petit à petit à retrouver du mouvement. Pas forcément un grand mouvement, mais parfois un premier signe de reprise, c'est juste de réussir à se projeter demain ou la semaine suivante, reprendre une décision qu'on a évitée pendant longtemps, faire une petite démarche qu'on repoussait. Ce qui compte, ce n'est pas d'aller vite, mais c'est le retour progressif à une capacité d'agir. Et ça, Je le dis aussi parce que c'est un sujet que je connais vraiment bien aussi. Prenons un exemple que certains d'entre vous ont peut-être déjà vécu. Vous vous faites licencier du jour au lendemain alors que vous ne vous y attendiez pas du tout. J'en parle parce que ça m'est arrivé. Et je me souviens très bien de ce que ça fait qu'en quelques heures, tout ce qui faisait votre monde, tout ce qui structurait votre quotidien disparaît. Vous aviez vos habitudes. vos collègues, votre rythme, vos projets, et tout à coup, plus rien ne ressemble à ce que vous aviez prévu. Et à ce moment-là, bien sûr qu'on ne rebondit pas immédiatement. Il y a des phases à traverser, de l'incompréhension, de la colère souvent, de la peur, beaucoup de questions. On peut repasser la scène dans sa tête, se demander ce qu'on n'a pas vu, ce qu'on aurait dû faire autrement, ce qu'on aurait pu répondre. Et je pense qu'il faut accepter cette période-là. Mais avec le recul, je sais aussi très clairement ce qui m'a aidé à sortir progressivement de cette phase. C'est de me remettre en mouvement. L'idée, ce n'est pas de faire comme si rien ne s'était passé. Ce n'est pas de décider du jour au lendemain que tout allait bien, mais de recommencer à agir. Faire une première démarche. Prendre un premier rendez-vous. Explorer une piste, même si peut-être elle ne servira à rien. Parler à quelqu'un. Faire quelque chose qui me redonnait un peu de prise sur la suite. Et c'est probablement l'une des choses que cette expérience m'a le plus apprise sur la résilience. À un moment, l'action aide à se reconstruire. Et on ne se met pas forcément en mouvement parce qu'on va déjà mieux. La plupart du temps, au contraire, on commence à aller mieux parce qu'on se remet progressivement en mouvement. Et je trouve que cette nuance, elle est essentielle. Après une difficulté, il y a souvent un moment où on cherche à absolument tout comprendre. On repasse les événements dans notre tête. On se demande ce qu'on aurait pu faire ou dire autrement, ce qu'on n'a pas vu, pourquoi telle décision a été prise et pourquoi pas. Et parfois, cette analyse peut être utile, c'est vrai. Elle permet de tirer une leçon, de comprendre un certain mécanisme ou d'éviter que de reproduire quelque chose. Mais parfois, elle devient surtout une manière de rester coincée dans le problème. Parce qu'il y a des situations où on n'aura jamais toutes les réponses. On ne saura pas exactement pourquoi une personne a agi comme ça, pourquoi une décision a été prise à ce moment-là, ou pourquoi un projet auquel on croyait n'a pas fonctionné. Et à un moment donné, continuer à chercher une explication parfaite finit surtout par consommer énormément d'énergie. Il y a donc une différence importante entre apprendre de ce qui s'est passé et ruminer. L'apprentissage, il va vous aider à avancer. Le fait de ruminer, ça vous ramène toujours au même endroit. Alors une question que je trouve beaucoup plus utile dans ces moments-là, c'est qu'est-ce que je peux retenir de cette expérience sans rester enfermé dedans ? Rien que cette formulation remet déjà un petit peu de mouvement. Alors si vous y êtes, retenez-la. Qu'est-ce que je peux retenir de cette expérience sans rester enfermé dedans ? Un autre point important, c'est le fait d'accepter qu'après une période difficile, notre niveau d'énergie n'est pas forcément le même qu'avant. Et c'est là qu'on se met parfois beaucoup de pression tout seul. On voudrait reprendre exactement au même rythme, retrouver la même motivation. Être aussi performant qu'avant, comme si rien n'était, comme si rien ne s'était passé. Mais après une période difficile, après un échec ou une grosse déception, on peut tout à fait être objectivement plus fatigué. Et si on ignore ça, on risque de demander à son système beaucoup plus qu'il peut donner à ce moment-là. Je ne parle pas de s'arrêter indéfiniment ni de renoncer. Je parle simplement de calibrer l'effort, d'accepter que oui, vous êtes fatigué. Quand on reprend après une période difficile, la bonne question, ce n'est pas toujours comment je reviens au même niveau qu'avant, mais plutôt de quel niveau d'effort est réaliste aujourd'hui. C'est beaucoup plus sain parce que ça évite le piège du tout ou rien. On peut être dans un entre-deux, on peut être en reconstruction, on a le droit, en reprise, en train tout simplement de retrouver nos points de repère. J'aime bien voir la résilience autour de trois mouvements. Accepter, reprendre appui et reconstruire. Le premier mouvement, c'est accepter. Et accepter, ça ne veut pas dire approuver ce qui s'est passé, ni être d'accord, ni dire que ce n'était pas grave. Ça veut simplement dire que je reconnais la réalité telle qu'elle est. Parce que tant qu'on lutte sur ce qui s'est passé, eh bien, on va dépenser trop d'énergie. On peut se répéter, c'est sûr, que ça n'aurait pas dû se passer comme ça, que cette personne n'aurait pas dû agir de cette manière, qu'on n'aurait pas dû échouer, c'est vrai. Mais à un moment, la vraie question, c'est Merci. Qu'est-ce que je fais maintenant de tout ça ? L'acceptation, ce n'est pas passif. Au contraire, c'est souvent le point de départ de l'action parce qu'on arrête enfin de négocier mentalement avec quelque chose qu'on ne peut pas changer. Et à partir de là, on peut commencer à regarder ce qui reste possible. Le deuxième mouvement, c'est reprendre appui. Après une période difficile, on perd parfois confiance dans beaucoup plus de choses que la situation elle-même. On va commencer à douter de nos compétences, de notre jugement. de notre capacité à prendre une bonne décision. Tout devient un petit peu plus fragile autour de nous. Et dans ces moments-là, je trouve utile de revenir à ce qui tient encore. Qu'est-ce que vous savez toujours faire ? Sur qui vous pouvez encore compter ? Qu'est-ce qui reste stable dans votre environnement ? Et qu'est-ce qui, malgré tout, n'a pas disparu ? L'idée, ce n'est pas de vous raconter bêtement que tout va bien, mais c'est de... ne pas laisser une difficulté contaminer toutes vos perceptions du reste. Un projet raté, ça ne veut pas dire que vous êtes mauvais dans votre métier. Une erreur, ça ne veut pas dire que votre jugement est toujours mauvais. Une période de fatigue, ça ne dit pas que vous êtes devenu incapable. Et quand on est fragilisé, notre cerveau généralise très vite. Et une difficulté devient j'y arrive plus. Un échec devient je suis nul. Et c'est précisément là qu'il faut revenir Merci. au fait. Reprendre appui, c'est reconstruire une base suffisamment solide pour pouvoir recommencer à bouger. Et le troisième mouvement, c'est reconstruire. Ça ne veut pas forcément dire qu'on va revenir exactement à la version d'avant. Et justement, c'est peut-être même là qu'il y a un piège. Parce qu'on se dit souvent qu'aller mieux, c'est redevenir comme avant. Retrouver la même organisation, le même rythme, les mêmes ambitions. Mais parfois, une période difficile, ça nous oblige à revoir certaines choses. Nos priorités peut-être, nos limites. Ou notre façon de travailler, ce qu'on accepte et ce qu'on ne veut plus. Et pour être honnête, c'est pas forcément une mauvaise chose, bien au contraire. Parce qu'avec le recul, je peux vraiment vous dire que certaines périodes qu'on n'aurait évidemment jamais choisies de nous-mêmes, elles peuvent devenir de vrais points de bascule. Pas parce qu'on doit absolument les trouver du positif dans tout ça, mais parce qu'elles nous obligent à regarder autrement ce qu'on veut pour la suite. Pour vous parler de moi deux secondes, si je ne m'étais pas fait virer en 2020, eh bien j'aurais jamais... eu la vie que j'ai aujourd'hui et franchement, je l'adore. La résilience, ce n'est donc pas toujours un retour à l'état précédent, c'est parfois la reconstruction d'un nouvel équilibre beaucoup plus lucide. Et ça, je trouve que c'est une vision beaucoup plus intéressante du rebond. Et je veux aussi vous parler d'un piège assez fréquent dans ce genre de situation, c'est de vouloir absolument transformer chaque difficulté en opportunité. Parce que quand on est dans ce genre de période compliquée, On entend souvent des personnes nous dire « tout arrive pour une bonne raison » , « vous allez en sortir plus fort » , « allez, t'en fais pas, c'est un mal pour un bien » . Ok, peut-être, oui, mais pas forcément tout de suite. Et parfois, ce genre de phrase, elle fait surtout culpabiliser les personnes qui ne voient pas encore le positif dans ce qu'elles viennent de vivre. Parce qu'on n'est pas toujours obligé de trouver immédiatement un cadeau du ciel caché dans une situation difficile. Parfois, la première étape, c'est justement reconnaître que c'était dur. reconnaître que ça a coûté de l'énergie, que c'était compliqué, que ça a laissé une trace. Le sens, s'il vient, eh bien, il viendra plus tard, on le comprendra tôt ou tard. Je trouve que c'est important de se souvenir de ça, parce que souvent, aller trop vite vers l'apprentissage, vers ce qu'on peut apprendre, vers la leçon, ce n'est pas forcément la priorité du moment. Sur le coup, il faut juste retrouver un petit peu plus de stabilité, et c'est déjà assez suffisant, j'avoue. Alors comment on sait que ça y est, on est en train de rebondir ? Souvent, les signes sont assez discrets. On recommence à se projeter dans quelque chose. On prend une décision qu'on repoussait depuis un moment. On retrouve un petit peu d'envie. On recommence à se concentrer sur autre chose. Ce sont des petits signaux importants parce qu'ils nous montrent que l'énergie revient progressivement vers l'action. Et je pense qu'on gagnerait vraiment à les regarder davantage. Quand on traverse une période difficile, on attend souvent un espèce de grand déclic. Mais en fait, le rebond, ça ne ressemble pas du tout à ça. Ça ressemble plus souvent à une série de micro-mouvements qui, mis bout à bout, vont créer une certaine dynamique. Et c'est d'ailleurs pour ça que je préfère parler de progression plutôt que de retour à la normale. La normalité d'avant, elle n'est peut-être plus la bonne référence. Ce qui compte, c'est de retrouver une vie professionnelle dans laquelle on se sent de nouveau capable d'agir, de faire des choses. de décider et surtout de se projeter. Si je devais résumer cet épisode, je dirais que la résilience n'est ni une armure ni une course. Ce n'est pas rien de ressentir, ce n'est pas non plus aller mieux plus vite que les autres et ce n'est pas transformer chaque difficulté en opportunité en 48 heures. La résilience, c'est plutôt réussir à retrouver progressivement une capacité d'action après avoir été franchement déstabilisé. Et pour ça, vous pouvez retenir trois mouvements. Déjà, accepter la réalité, regarder les choses en face. Ensuite, prendre appui sur ce qui tient encore autour de vous. Et puis, commencer à reconstruire à partir de là. Avec une idée importante en tête, celle que reconstruire, ça ne veut pas forcément dire revenir exactement au même point qu'avant, au contraire. Et surtout, n'attendez pas forcément d'aller mieux pour vous remettre en mouvement, parce que parfois justement, Le mouvement, même minuscule, c'est ce qui va vous aider à reconstruire le sentiment de capacité. C'est vraiment ce que j'ai vécu moi. Et avec le recul, c'est probablement la leçon la plus forte que je garde de cette expérience. Pour votre challenge de la semaine, je vous propose de réfléchir à une difficulté récente qui vous a vraiment déstabilisé. C'est pas forcément un événement énorme, important, mais juste quelque chose qui vous a demandé beaucoup plus d'énergie que d'habitude. Et puis vous allez vous poser trois questions. La première, c'est qu'est-ce que j'accepte aujourd'hui comme étant la réalité ? Ensuite, sur quoi est-ce que je peux encore m'appuyer ? Et enfin... Quelle est la prochaine petite action qui me remet en mouvement ? Le but, c'est de sortir d'une logique où on attend d'aller totalement mieux avant de recommencer d'agir. Parce que très souvent, l'action ne vient pas après le rebond, elle en fait justement partie. La semaine prochaine, on parlera de persévérance. Comment tenir dans la durée sans s'épuiser ? Parce qu'il y a une vraie différence pour moi entre persévérer de manière intelligente et tout simplement s'acharner sur quelque chose. Et on arrive déjà à la fin de l'épisode. Si vous l'avez trouvé utile, bien sûr, partagez-le autour de vous. Faites connaître Facteur X autour de vous, ça fait plaisir. Et si vous avez envie de faire aussi un petit geste sympa pour moi, laissez-moi un avis 5 étoiles. Et pour ceux qui m'écoutent sur Apple Podcast, un commentaire sympa, ça m'aide tellement à faire connaître Facteur X. Quant à moi, je vous donne donc rendez-vous la semaine prochaine pour d'autres pratiques actionnables dans votre quotidien. Ciao, ciao !