- Speaker #0
Bienvenue dans ce podcast FEP Escal, je suis Justine, ingénieure pédagogique multimédia au CNAM Intechmer à Cherbourg. Je vous embarque avec moi pour faire escale dans un port d'une expérience unique de nos anciens, anciennes étudiantes. Ils nous partageront leur parcours depuis la sortie de leur diplôme et nous découvrirons leurs expériences. J'espère que cette navigation vous sera agréable et peut-être même... suscitera des vocations et des envies de nous rejoindre. Bonne écoute ! Nous faisons escale au port de Jérémy et Maéva. Il y a presque 20 ans, vous levez l'ancre du CNAMIN Techno. Diplômé du Bachelor Océano-Prospecteur, vous nous faites l'honneur de partager votre expérience. Je vous laisse vous présenter.
- Speaker #1
en Argentine, début d'année, pendant que toi, tu restais à la maison, on y est. Et ensuite, depuis le mois de mai, je travaille à terre pour tout ce qui est support, support technique, support... gestion de projet tout simplement logistique ressources humaines enfin tout ça et c'est toi qui va partir dans quelques jours je vais partir je vais partir donc dans le pacifique
- Speaker #2
plongé dans la fosse des Tonga par 10800 mètres de fond. C'est une mission que je prépare depuis plus d'un an. Voilà, dans un batiscafe unique au monde qui est un batiscafe ultra moderne, donc une sphère en titane d'1,50 mètre de diamètre avec deux places pour le pilote et le copilote. Donc j'ai déjà fait un certain nombre de plongées à bord de cet engin, mais jamais si profond, jusqu'à 8000 mètres pour l'instant et là on va presque toucher le fond puisque 10 800 m à 200 m près, c'est la fosse des Mariannes. Donc c'est un énorme projet. C'est un peu pour moi aller sur la Lune. C'est quelque chose de très gros, de très prenant, de très stressant aussi. Donc il faut bien se préparer. C'est ce qu'on fait depuis un moment. Donc j'ai aussi toute une partie de l'équipe à terre qui m'épaule pour ça. Et voilà, c'est un projet fabuleux. Nous croisons les doigts, ça va bien se passer.
- Speaker #0
Et voilà,
- Speaker #2
il s'agit d'équiper ce sous-marin avec un système de positionnement qui est un peu un GPS qui fonctionne sur le...
- Speaker #1
sous l'eau,
- Speaker #2
positionnement acoustique, qui va permettre à ce sous-marin de savoir, de connaître son emplacement géographique exact quand il évolue sous l'eau, ce qui n'est pas le cas pour le moment, c'est-à-dire que c'est un sous-marin. qu'on met à l'eau et par ce moment où il quitte la surface, on ne sait pas vraiment où il est. Ce qui pose des problèmes de sécurité, ce qui pose des problèmes scientifiques, puisque quand on collecte des données, on ne sait pas exactement où on les a prises. Donc c'est une mise à niveau majeure, sachant que l'industrie ne développe pas de produits pour ces profondeurs-là, parce que personne n'y va. Donc il n'y a pas vraiment d'équipement sur l'étagère qui permettent de faire du positionnement sous-marin pour un engin. Tout ce travail depuis plus d'un an, ça a été de rencontrer des fabricants, de les convaincre de faire des unités 11 000 mètres, de faire marcher différentes marques, différentes fabrications ensemble, pour au final arriver à un système qui tient debout, et qui va servir de base pour des mises à niveau futures, jusqu'à arriver à un système de positionnement, on l'espère, submétrique ou centimétrique, c'est un gros sujet complètement,
- Speaker #0
donc là c'est équiper le sous-marin qui existe déjà c'est équiper le sous-marin,
- Speaker #2
c'est tester des systèmes donc on va tester deux systèmes côte à côte deux assemblages de systèmes et on va essayer de déterminer quel système fonctionne le mieux, quel est le plus précis, lequel est le plus facile à utiliser aussi pour le copilot, puisque ça va être lui qui va être en charge dans le futur sans être nécessairement un spécialiste. Donc il y a plein de paramètres qui rentrent en ligne de compte et toute cette séquence d'essais va permettre de déterminer ça et de faire des choix techniques.
- Speaker #0
C'est pas mal. Et donc toi, au niveau formation, vous êtes arrêtée qu'au bachelor, vous n'avez pas fait d'études supérieures ? C'est une question. Non, non, mais c'est une question, par contre. Des fois, on pense qu'arriver à des postes comme ça, il faut forcément le bac pour 5, le bac plus fixe, le BAS, je ne sais pas combien.
- Speaker #1
En fait, oui, on a tout de suite après un TechMère, on a eu la chance de faire un stage qui nous a amené par la suite à avoir un contrat de travail tout de suite dans cette entreprise-là. et toi tu t'es quand même pas mal développée au sein de l'entreprise, pour un statut d'ingénieur sans avoir le diplôme, moi c'est lorsque j'ai eu Nina, donc j'ai dû arrêter les embarquements, et j'ai travaillé à terre dans une société qui... une société qui fait aussi des travaux maritimes. Et donc, j'ai eu cette opportunité-là, cette chance-là de pouvoir faire cette bascule à terre en intégrant tout de suite le poste de chef de projet, donc en intégrant un peu cette idée de diplôme Bac plus 5 que je n'avais pas. Et en fait, c'était ces dix années passées en mer qui m'ont permis d'avoir cette sorte d'équivalence. Et voilà, donc sans forcément avoir ce diplôme-là, une même forme qu'on a aujourd'hui, ce statut.
- Speaker #2
Mais ce monde-là, cet univers-là, l'offshore, ce l'offshore pétrolier, la recherche d'épargne, vous ne pouvez pas trop camper sur les diplômes. Si, avec le temps, vous faites un bon ingénieur, vous serez considéré comme un ingénieur assez rapidement et vous serez employé en tant qu'ingénieur. Et donc, sans avoir nécessairement à passer d'équivalence ou à rentrer dans un circuit d'études, il n'y a pas cet aspect-là qu'on peut retrouver, j'imagine, dans beaucoup de métiers à terre où il faut justifier d'un diplôme absolument pour arriver à un échelon supérieur ou passer des équivalences. Et dans ce milieu-là, si vous vous sentez bien dans un secteur, que vous voulez y aller, que vous êtes bon dans ce que vous faites, et bien finalement, vous devenez ce que vous avez envie d'être et il n'y a pas de souci avec ça. Et je ne sais pas si c'est propre qu'à l'offshore, mais en tout cas, c'est quelque chose qui existe qui existe dans ce milieu-là.
- Speaker #0
On se remet à la place de quelqu'un qui sort du lycée, qui a envie de se lancer là-dedans, mais qui n'est pas très étude, finalement, ou en tout cas... Avoir ce côté très opérationnel le plus vite possible, mais qui a assez de matière pour pouvoir faire quelque chose de très intéressant. C'est vrai que c'est toujours cette idée, je vais devoir aller très loin dans les études pour arriver à ça. Alors que non, il y a plusieurs possibilités. Il y a ces expériences en mer, d'avoir fait pendant quelques années, trouver les opportunités et ne pas hésiter, peut-être oser aussi.
- Speaker #2
C'est un milieu qui laisse sa chance aux gens. et puis c'est aussi un milieu où il y a quand même un certain turnover, puisqu'en fait, rares sont ceux qui vont avoir une vie professionnelle complète d'embarquant. Au bout d'un moment, on rencontre quelqu'un, on fait des enfants, et puis la vie offshore s'arrête, on prend des postes à terre, et il y a une circulation comme ça de nouveaux venus. Donc si vous, vous voulez vraiment continuer à rester et à progresser, vous prenez rapidement beaucoup d'expérience et vous arrivez en tête d'équipe. Et vous pouvez accéder à des postes assez importants en me disant qu'en n'ayant pas le diplôme à la base. Donc il y a cet aspect-là aussi qui existe. Je suis un petit milieu aussi,
- Speaker #1
les gens se connaissent. Donc on recommande des personnes internationales. On entend quand même parler de certaines personnes. Oui,
- Speaker #2
c'est un genre de chose qui cherche du monde. C'est un métier où il y a beaucoup d'emplois. Donc quand on termine un Techmer, on ne connaît pas la crise. C'est vraiment si on veut travailler, si on veut voyager, si on veut partir, il y a du boulot. Et c'est vraiment un milieu qui est en chaleur.
- Speaker #0
Pour replacer vos métiers, toi Maëva, tu es ?
- Speaker #1
Hydrographe, alors c'est vraiment un peu un terme générique, parce que là actuellement... Je suis plus considérée comme chef de projet. C'est-à-dire que je suis à terre et je travaille avec les équipes qui sont en mer pour faire en sorte que tout se passe bien pour le projet. Donc, savoir traiter avec le client, savoir fournir les ressources nécessaires en fonction des besoins du projet.
- Speaker #0
Stéphane, racontez-nous une petite journée type, juste brièvement.
- Speaker #1
La journée type quand je suis... Quand je suis à terre, d'abord, je vais regarder mes mails parce que je suis toujours quand même connectée avec mon téléphone, avec les personnes qui sont en mer en cas de lépin, en cas de problème, en cas de besoin d'urgence. Donc, c'est toujours être quand même à l'affût de ces appels. sinon voilà je vais ouvrir mes mails et puis je vais regarder en fonction des urgences répondre aux besoins et s'il n'y a pas de réels besoins je vais quand même communiquer avec chacune des personnes qui sont sur des bateaux différents mettre sur ma liste les urgences auxquelles je dois répondre et puis faire un point avec mon collègue aussi qui est à DER sur les différents projets qui sont en cours il n'y a pas de journée type après quand je suis en mer ça serait plus en fait prendre un quart à une certaine heure. On travaille soit de jour, soit de nuit, de midi à minuit ou de minuit à midi. Faire le point lorsqu'on arrive en quart avec les équipes qui laissent le poste de travail sur la situation de tous les équipements, savoir ce qui a fonctionné pendant la journée, ce qui n'a pas fonctionné, ce qui doit être fait pendant notre quart et ensuite se poser devant les écrans et vérifier que tout fonctionne bien. Faire le point. d'abord, et ainsi de suite.
- Speaker #0
D'accord. Ça, c'est un petit peu à quoi ressemble le métier d'hydrographe embarqué. D'accord. Et Jérémy ?
- Speaker #2
Oui, j'ai aussi ces deux phases-là. J'ai les phases de préparation de projet où je suis à la maison, dans mon ordinateur, je me lève le matin, je lis les mails, je cherche des équipements, je fais des plans de câblage, je fais des... des synoptiques, je contacte des gens, je fais des recherches de manière globale et j'essaie de prévoir les équipements dont je vais avoir besoin pour ma prochaine mission lorsque je serai en mer, en tâchant de ne rien oublier parce que c'est un peu aussi l'angoisse de l'ingénieur en système sous-marin, c'est qu'il va être projeté à l'autre bout de la planète avec ses équipements, se retrouve en mer et puis... Une fois qu'on commence à mobiliser, il n'est pas trop tard pour aller faire ses courses et aller chercher ce qui manque. Donc il faut quand même être assez rigoureux sur le matériel dont on va avoir besoin et ne pas se tromper. Même cette partie-là est un peu stressante parfois. Sur les gros projets, quand vous allez en Antarctique, c'est le parfait exemple. Vous ne pouvez pas retourner au magasin pour aller chercher une roue de câble.
- Speaker #1
La logistique est vraiment importante à ce moment-là, parce qu'il faut prévoir les équipements nécessaires, mais aussi le stock, les consommables, en cas de répain, en cas de panne, pour pouvoir se débrouiller seule sans avoir à revenir à quai. Parce que si on revient à quai... c'est des milliers d'euros qui sont en jeu, on stoppe la mission, on interrompt la mission, et ce sont des millions d'euros, ça dépend des projets, mais voilà.
- Speaker #2
On n'a pas le droit de se tromper, parce qu'un oubli, même une petite chose, un petit accessoire, peut stopper complètement la mission, et ça peut avoir des conséquences dramatiques, techniques, financières, donc c'est vraiment un aspect crucial du travail dans la préparation de projet.
- Speaker #0
C'est vingt. petite anecdote parce qu'on l'apprend ça à nos dépens.
- Speaker #1
À l'époque, c'était avec des piles qu'on devait mettre une son CTD à la mer qui va analyser ce qu'on appelle la célérité de l'eau pour pouvoir calculer la vitesse du son. dans l'eau, donc en fonction de la température, de la salinité et donc à ce moment là on travaillait à 6 000 mètres de fond donc c'est à dire qu'une opération comme celle là peut prendre quelques heures Et là, évidemment, tout le monde nous dit vérifiez bien quand même le sens des piles. Oui, bien sûr, évidemment.
- Speaker #0
C'est évident. Le plus, le moins.
- Speaker #1
Voilà, si on a l'eau, quelques heures après, on la récupère. On récupère le fichier, puis on voit que le fichier est vide parce que les piles étaient évidemment mises dans le mauvais sens. Voilà, c'est des petits moments où on se sent un petit peu seul et on regrette de ne pas avoir fait suffisamment attention. Et oui.
- Speaker #2
Ça, il y en a plein. Oui, des anecdotes. Alors moi, je n'appelle pas ça des anecdotes, je l'appelle ça des ratés. Il y en a un paquet dans une vie de scénographe. Comme tu disais, en fait, effectivement. le fait qu'on n'ait pas le droit à l'erreur et que parfois l'erreur survient, on a besoin d'avoir à bord des MacGyver, des gens qui soient capables de fabriquer des outils avec rien, avec quelques morceaux de ferraille en poste à souder. Et à ce titre, les... Les anciens de l'offshore étaient quand même des magiciens. Nous, on a travaillé pendant des années avec des gars qui étaient capables de construire n'importe quoi avec très peu d'outils. Je me souviens justement d'une anecdote d'avoir, sur une mission en mer d'Irlande, je crois, dans des très forts courants, planté un robot sous-marin dans les filets d'un bateau. Donc une épave est remplie souvent de filets que les pêcheurs... laissent dedans et deviennent des pièges à robots. On s'est fait piéger, on a mis un petit robot, un ROV dans les filets et pendant plusieurs jours on a essayé de le récupérer, de le grimpiner. Donc il a fallu qu'on se fabrique des grappins à bord avec des postes à souder, qu'on assemble des systèmes de caméras sur le dos du grappin et qu'on aille à la pêche comme à la fête foraine avec notre grappin, essayer de grappiner le filet. augmenter l'aurore par la même occasion. Tout ça dans des conditions dantesques, avec une mer démontée, un froid, pas possible. Ça, c'est des scènes d'orthologie. Voilà.
- Speaker #0
D'accord. Pour la petite anecdote,
- Speaker #1
pas récupérée.
- Speaker #0
Mais il y a vraiment cette dureté quand même du terrain. C'est la mer, c'est un territoire, même si on y a accès, ça reste quand même des endroits inexplorés. Comment vous avez vécu tous vos trois années à un tec-mer ?
- Speaker #1
Fabuleuse, je vais en dire une fois pour être sûre de bien profiter jusqu'au bout. Ce qui est génial au tout début, c'est parce que moi je venais en plus de la région parisienne, donc personne ne comprenait vraiment.
- Speaker #0
Mes parents étaient un peu les seuls à croire en moi, parce que beaucoup me disaient que c'était impossible, que je n'avais pas assez de bonnes notes, que je n'avais pas fait de bac scientifique, de bac général à l'époque. Donc je ne pouvais pas, évidemment, accéder à un tech-mère. Et donc, malgré tout, voilà, j'y suis parvenue. Et surtout, j'ai... J'ai rencontré d'autres personnes qui étaient autant passionnées que moi par ce milieu-là. Et donc, de vivre comme ça à 20 ans, cette passion d'être au bord de la mer, de pouvoir tous les jours voir la mer, c'était fabuleux. Et de se nourrir les uns des autres de nos rêves personnels, c'était hyper grisant. Et puis aussi, voilà, on a fait des belles rencontres. aujourd'hui Jérémy et moi nous sommes en couple mais la marraine de notre fille par exemple c'est aussi une ancienne d'un tecmer nos amis les plus proches je suis aussi filleule d'un autre ami aussi d'un tecmer qui était de même promo donc voilà c'est des liens qui restent parce qu'on se retrouve tous là perdus à Cherbourg parce qu'on vient tous d'endroits différents donc on doit se recréer une famille bisous on est jeune quand même, quand on arrive à 18 ans, on quitte le côté familial. Donc, on n'est pas encore complètement formé à cette vie d'adulte. Donc, on apprend ensemble à le faire tout en aspirant à découvrir le monde. Donc, c'est des liens hyper forts et qui vont être perdus encore aujourd'hui. Et pour moi... Pareil !
- Speaker #1
Ah oui, et un tec-mère, oui, cette école, c'est un peu un ovni. D'ailleurs, un ovni qu'à l'époque, personne ne connaissait, parce que je trouve qu'un tec-mère souffrait d'un déficit de notoriété, ce qui était un atout pour nous, parce qu'il était plus facile de rentrer, c'est un peu bancal, mais c'était une école dans laquelle on pouvait rentrer par vraiment vocation et passion. Le dossier de motivation comptait autant, voire plus que le dossier scolaire. C'était une vraie chance pour beaucoup de gens. Mais c'était aussi le fait, je pense, du déficit de notoriété, du taux de recrutement. Et moi, quand je suis arrivé là, je me suis dit, c'est incroyable, cette école là, qui est toute vitrée, posée sur une dune. On fait les TP avec vue sur la mer. Petit effectif, donc trois années dans le même bâtiment. Mais finalement, il n'y a pas tellement de cloisonnement entre les années. Tout le monde se connaît, tout le monde fait la fête ensemble. Les feux de palais sur la plage, un grand classique. et donc cette sensation un peu cliché qu'on entend souvent mais de famille qui est très prévenant à un tech-mère que tout le monde a bien ressenti et puis il y a un tempérament un peu particulier je trouve des tech-mériens qui sont je sais pas peut-être par la formation par la passion très ouvert d'esprit très aventureux et ça se ressent sur la personnalité la simplicité des contacts des gens sympas voilà Moi, j'en garde un souvenir absolument incroyable. J'hallucinais personnellement tous les jours d'être là, de faire ça et d'apprendre un métier en lien avec la mer. Et tout en réalisant aussi la qualité de l'enseignement, parce qu'on avait quand même des sacrés profs et j'espère que c'est encore la même chose aujourd'hui. Et au final, un diplôme très reconnu à l'international. Et c'est encore le cas aujourd'hui avec des gens qui arrivent pour une première mission et qu'on peut mettre tout de suite derrière un ordinateur ou sur un pont, qui sauront utiliser, faire des nœuds avec des bouts aussi bien que... utiliser un logiciel de navigation. Voilà, des gens de bonne composition, bien formés.
- Speaker #0
Efficaces.
- Speaker #1
Efficaces. De suite. Un très grand souvenir avec Merle. D'ailleurs, je passe mon temps à conseiller.
- Speaker #2
Ça fait partie des filières. On ne peut pas changer comme ça en cours de route aussi. Même entre GEM, PVRM, OP. On ne peut pas changer comme ça. Quand on va en licence, on peut dire allez je fais ça
- Speaker #0
ça,
- Speaker #1
et puis l'année prochaine, je ferai peut-être ça. C'est pour ça que je regrette un peu, quand on est en train de t'écrire, il y avait un tronc commun la première année. En fait, on avait un an pour voir ce que c'était la filière 1, 2, 3, la prospection sous-marine, la coréologie, l'aquaéophilie, l'alcoologie. Moi, je n'étais pas partie pour faire la filière 3 au départ. Je n'étais pas partie pour faire le P. Oui, mais ça laissait l'espace d'un an, le temps se...
- Speaker #0
questionner de choisir vraiment la meilleure filière fonction d'enseignement aussi je me souviens très bien des cours de yann méard de sur le sein sur les courants ça m'a passionné et je me suis bon banan je lis la filière 2 Je vais faire océanographe prospecteur.
- Speaker #2
Votre année, en fait, il y avait ce choix, cette introspection quand même qui vous a été, vous, en tout cas, importante, qui n'est plus d'actualité aujourd'hui. Alors, pour diverses raisons, je pense, il y a un étudiant ou une étudiante que vous croisez et elle se questionne pour rentrer dans cette école. Ce serait quoi votre petit conseil ou petit truc ? Un petit truc ?
- Speaker #1
Le tips, c'est pour moi de vraiment mettre l'accent sur la motivation. C'est de montrer qu'on a...
- Speaker #0
Qu'on sait ou qu'on ne sait pas.
- Speaker #1
On connaît un peu le sujet, qu'on s'est renseigné, qu'on a rencontré des professionnels de la mer. Et il y a quand même, un peu dans l'ADN de cette école, cet aspect-là, la motivation en première ligne pour accéder au diplôme. Alors, je ne sais pas comment c'est maintenant. Peut-être que le dossier a pris le pas sur la... motivation, je ne sais pas, mais si vous êtes très motivé, si vous avez envie de faire ce métier-là, allez questionner quelques professionnels du milieu, faites-le sentir dans votre lettre de motivation, ça va se voir, et vous allez y aller. Moi, j'ai parlé avec des jeunes du coin qui avaient des dossiers un peu perfectibles, et voilà, ils sont passés parce qu'ils étaient motivés.
- Speaker #0
motiver et savoir où on met les pieds et donc comme tu disais, rencontrer des confessionnaires je pense que c'est le meilleur conseil qu'on puisse faire pour être sûr de ne pas se tromper, d'avoir un peu une idée parce que ça reste quand même flou ce type de métier donc essayer de questionner un maximum de personnes avec un panel un peu différent de ce point professionnel, pour être à peu près sûr de savoir de quoi on parle et de faire son idée, d'essayer comme ça en plus de faire son choix, parce qu'il y a quand même certaines personnes à notre époque qui arrivaient en première année et n'avaient pas fait ce travail. et qui donc arrêtait en plein milieu de l'année parce que je ne savais pas du tout en fait ce à quoi ils pensaient. Mais une fois qu'on est motivé, une fois qu'on sait qu'on a envie de faire ce métier, c'est que du plaisir.
- Speaker #2
à les rencontrer ce que j'entends dans ce que vous dites au niveau conseil c'est vraiment aller rencontrer l'extérieur questionner les métiers d'ailleurs dans le Cotentin est-ce qu'on peut en questionner il y a nous déjà et puis il y a aussi la
- Speaker #0
société CRS avec Marie Cibose qui travaille aussi dans le milieu maritime pour différents types de travaux comme pour l'éolien la recherche de paves aussi le renflouement des paves le surveiller de manière générale, cartographier les fonds marins. Donc, Ceres, pour moi, à chaque fois, j'oriente les jeunes vers Ceres. Parce qu'ils sont juste à côté.
- Speaker #1
En fait, il y a quand même une variété de métiers tournés vers la mer dans le coin. Et moi, ce que je conseille plutôt aux tueurs intègres mériens, c'est justement d'aller voir un panel assez large de métiers qui correspondent aux trois filières. Et puis de bien rentrer dans la motivation, qu'on a balayé les trois filières, c'est à peu près quelles sont les grandes familles, et de conclure avec la filière qu'on a finalement choisie. Ce n'est pas parce que vous voulez faire, par exemple, de la prospection sous-marine, de la chair d'état ou quoi. que sais-je, qu'il ne faut pas aller voir le congéliculteur du coin ou je ne sais pas quelqu'un qui travaille au commerce sur l'environnement des bureaux en environnement etc. Bien montrer qu'en fait on a balayé toutes les grandes familles de métiers de la mer et qu'on se dirige un peu en conscience vers telle filière et ça c'est une journée avec un ostéoculteur et c'est pas forcément faire un stade ou avoir une première expérience professionnelle, c'est juste une rencontre. Des fois, aller s'asseoir un après-midi avec un professionnel de la mer, discuter, ça vaut expérience et il ne faut pas avoir peur de le mettre dans sa lettre de motivation parce que ça fait mouche. Ça demande qu'on s'est renseigné.
- Speaker #2
C'est intéressant comme conseil. En tout cas, ce qui pourrait faire un peu office de cette première année d'introspection que vous avez peut-être pu avoir, en effet, c'est d'écumer tous les métiers. C'est vrai que dans le coin, il y a quand même il y a de quoi regarder dans les trois filières donc ce que j'entends dans vos expériences c'est quand même vous embarquer avec des personnes de tout horizon culture différente aussi. Est-ce qu'il y a eu des moments vraiment difficiles qui vous ont appris humainement dans cet apprentissage, mais vraiment difficiles que vous aimeriez peut-être partager ? Parce qu'il y a des beaux moments comme ça, mais il y a aussi des moments difficiles, mais qui nous nourrissent aussi.
- Speaker #0
Oui, je dirais moi, plus en tant que femme, parce que je n'en ai pas vraiment souffert réellement, mais j'ai eu... par moments certaines difficultés à exercer mon métier. Parce que certaines personnes pensaient que j'étais une femme, donc je n'avais pas à faire certaines tâches à bord. Je ne pouvais pas les faire. Donc, en plus, j'étais jeune. Donc, voilà, j'ai appris à changer mon frein, à attendre patiemment que cette personne débarque pour pouvoir travailler avec d'autres. Et voilà, on apprend à composer, en fait, avec les différentes personnes. Et aujourd'hui, je dirais, même encore aujourd'hui par moment, je sens bien que certaines personnes peuvent me regarder un peu sans trop grande conviction. donc voilà il ne faut juste pas prendre prise à ça donc il faut se dire on fait notre travail, on le fait on essaye de le faire aussi bien qu'on le veut et ne surtout pas prendre ne pas s'attacher à ce que peuvent penser les autres et tout se passe bien en fait on est sûr de ce qu'on fait Aujourd'hui, les bateaux sont quand même tous bien équipés, c'est-à-dire qu'il y a une salle de bain avec toilette par cabine. Parfois, on partage les cabines, mais quand on est une femme, généralement, soit on la partage avec une autre femme, soit on ne la partage pas. Après, moi, ça m'est arrivé il y a longtemps de devoir le faire parce qu'on était sur des petites unités, des petits navires. Ça m'est arrivé aussi une fois où on était en plein milieu de l'océan Indien. On avait, il faisait extrêmement... l'eau de la mer était beaucoup trop chaude et notre dessinélisateur était en van. Donc plus de douche, plus de toilette. Il y avait juste une toilette qui fonctionnait avec l'eau de mer. Donc on avait juste une toilette pour 35 personnes. Et pas de douche. Donc on avait des grands barils posés sur le pont qui servaient à récupérer l'eau de pluie. Et dès qu'il pleuvait, moi si je n'étais pas en car, j'arrêtais tout pour attraper mon... ma serviette, un gel douche et aller me laver sur le pouce on essaye, quand on est une femme à bord on essaye au maximum de limiter on pense qu'on ne porte pas de la même manière que lorsqu'on est à terre parce que on est en mer donc forcément c'est pas forcément évident mais pas impossible
- Speaker #2
Nous allons arriver vers la fin de ces beaux échanges. En tout cas, c'est un plaisir. Moi, j'ai envie de poser un peu une question. Si demain, on vous donnait la possibilité de choisir une qualité ou une action humaine pour améliorer le vivre sur Terre, ça serait quoi ?
- Speaker #1
Une qualité ou ?
- Speaker #2
Ou une action pour le vivre. Empathie ?
- Speaker #0
Amen. Améliorer une qualité ?
- Speaker #2
S'il y avait quelque chose qui permettrait d'améliorer ce vivre sur terre, puisque c'est un peu ça l'idée.
- Speaker #0
Moi déjà, il faudrait apprendre à vivre tous ensemble. et à s'accepter, comme quand on est en mer justement sur ce bateau on doit accepter les uns et les autres différentes cultures pour pouvoir mieux vivre ensemble et si on vit mieux ensemble on a envie peut-être de protéger notre bien commun tant qu'il y a ces disparités ces frictions, tout ça jamais on n'y arrivera pas C'est une réelle solution. Je dirais déjà de l'empathie pour essayer de mieux comprendre comment les autres vivent et pourquoi ils sont différents. Je ne sais pas.
- Speaker #1
Je ne sais pas.
- Speaker #2
Si, carrément, non.
- Speaker #1
Je pense que c'est quelque chose de fondamental. Et quand on perd de vitesse, il y a une faillite morale globale à l'échelle de la planète. On voit ce qui se passe en Palestine, on le voit avec... avec la manière dont les écologistes aujourd'hui sont prêtés, sous prétexte qu'il y a quelques extrémistes dans le monde, donc nécessairement il faut les décrédibiliser. Le manque d'empathie, c'est ne pas se soucier de la montée des eaux sur un atoll, parce que c'est loin et qu'on s'en fout. ce n'est pas soucié de la guerre, des ravages de la guerre, telle et telle partie du monde. Donc en fait, il y a une faillite morale globale et il y a cette valeur qui est l'empathie, qui a l'air d'être complètement en perte de vitesse. Et même chez les intellectuels, certains sont complètement débarrassés de l'empathie. On a l'impression que c'est vraiment quelque chose, que c'est devenu une espèce d'accessoire. Et donc, je ne sais pas comment on pourrait l'enseigner aujourd'hui aux enfants, comment retrouver cette faculté d'empathie. Mais il y a vraiment, à l'échelle de l'éducation, au niveau de l'éducation, quelque chose à faire parce qu'en fait, c'est quelque chose qui a disparu. Ou alors, ça n'a peut-être jamais existé, on n'a plus besoin qu'avant. Et je ne sais pas, mais en tout cas, c'est vraiment le mot, tu as raison.
- Speaker #0
Moi, je pense qu'il faudrait que tout le monde fasse un stage dans l'humanitaire, déjà, pour comprendre. Et voilà, ce serait peut-être la solution. C'est le manque d'humanité dans certaines classes, dans la culture, même chez nous, il faut le dire, en France, c'est hallucinant de voir à quel point certaines personnes ne se... ne se soucie pas, ne se pas toucher par le drame qui se passe autour de nous.
- Speaker #1
Donc, le métier de sarmograph, c'est aussi un métier qui peut pousser l'écologie en avant et qui accompagne le développement des nouvelles technologies, la carbone.
- Speaker #2
Merci infiniment pour cet échange. Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour la suite ?
- Speaker #0
De très beaux projets d'épave, parce qu'on attend ça avec impatience. De nouvelles recherches, de nouvelles explorations. continuer sur cette voie-là, je pense, pour moi personnellement.
- Speaker #1
C'est de continuer à avoir la chance de pouvoir participer à ce que moi j'appelle les projets spéciaux, c'est-à-dire que toute l'année on fait des... des projets offshore, du pétrolier, des EMR, etc. Et de temps en temps, il y a ces projets des barres qui surgissent et qui font un peu de piquant au métier quand même. Et effectivement, j'espère qu'il y a des beaux projets qui... qui arrivent. En tout cas, je sais qu'il y a des choses dans les tuyaux. Et je pense qu'on en a besoin. C'est vrai que ça fait un moment qu'on ne s'est pas fait de croger les pages. Puis l'ambiance, ça nous dit. Il y a tant que ça revienne.
- Speaker #2
Alors, c'est tout ce que je vais vous souhaiter avec beaucoup de paix et de prospérité pour vous accompagner et dans les 10 000 mètres de profondeur si j'ai retenu. Et puis, justement une belle opportunité. d'aller rechercher la nouvelle épave qui pourrait ouvrir un nouveau lieu de distance. Quittons le port et remontons sur le pont. J'espère que cette escale vous a plu et vous donne envie d'en savoir plus. N'hésitez pas à vous abonner à la chaîne de ce podcast pour suivre les prochains épisodes. Si vous entendez ce podcast et que vous êtes un ancien ou une ancienne étudiante qui a envie de partir, Partagez son expérience. Contactez-nous. Cela sera avec plaisir de faire escale chez vous. Toutes les informations sur le Knamen TechMare se trouvent dans le pitch du podcast et des épisodes. A très vite pour d'autres escales.