- Speaker #0
Quand je pense au opportunisme, je pense aux parasites, comme le film des Coréens. Et des gens qui viennent te solliciter tout le temps, qui viennent gratter, qui viennent te fatiguer. Ça, moi, j'en ai des milliers. Aujourd'hui, je trouve que les gens veulent aller tellement vite, ils veulent tout, tout de suite, qu'ils sont prêts à tout. On a un objectif commun. Comment chacun met ses compétences à disposition de cet objectif ? On enlève les égaux. Qu'est-ce qu'on peut faire ensemble ? Parce que quand tu es dans le sport, Il faut que tu crées des liens avec les tiens, il faut que tu apprennes à jouer de manière coordonnée et à jouer à une vraie partition. Donc pour moi, c'est pareil quand tu es avec tes collègues ou avec tes partenaires, il faut que tu arrives à créer une lachine. J'essaye de me désengager de beaucoup de projets pour retrouver ma liberté.
- Speaker #1
Dans ce troisième épisode avec Almamy, on va plus loin. On parle de réseau, oui, mais surtout de posture, de la manière dont on se comporte avec les autres. de ce qu'on apporte, de ce qu'on construit. Et très vite, on comprend que son parcours ne se résume pas à évoluer dans un environnement. Il agit, il crée, il lance, il développe. Des projets, des programmes, des opportunités. Et ce qui est intéressant, c'est que tout ça reste profondément lié au sport. Comme si le terrain ne l'avait jamais vraiment quitté. Pour toi, c'est quoi la limite entre le réseau et... L'opportunisme. Parce qu'à un moment, tu l'as dit, c'est ne pas forcer, il ne faut pas que ce soit violent pour eux, qu'il y ait un frein derrière.
- Speaker #0
Moi, je pense que ce qui, en tout cas pour moi, ce qui marche, c'est la sincérité. Et quand je vais vers des gens, si effectivement j'ai besoin d'eux parce que je dois les solliciter, je vais les solliciter, mais j'ai ce côté aussi... Très humain aussi, il y a un bon contact, une bonne énergie. On va tisser des liens. Et donc ces liens vont être beaucoup plus forts que ma simple demande. Je te demande parce qu'on peut se faire confiance et je peux te demander. Je ne te sollicite pas si... Je peux te solliciter sans te connaître, mais je ne vais pas insister. Je vais te demander une fois, si tu ne me réponds pas, je ne sais pas s'il y aura une relance parce que je ne vais pas insister. Et par contre, si tu es dans mon réseau et qu'on a un lien, Je vais réussir à te demander sans gêne, naturellement, et puis en t'expliquant le contexte. Si toi, tu peux influer là-dessus, c'est super. Et puis ça m'aiderait, je te dis comme ça, mais bon. Mais voilà, après, tu disais la différence entre le...
- Speaker #1
Le réseau et opportunisme.
- Speaker #0
Le problème, c'est que je ne suis pas très bon dans le portugais.
- Speaker #1
Oui, je pense que sinon, tu n'aurais pas ce réseau-là, selon moi. Non,
- Speaker #0
je ne suis pas bon du tout. Et justement, peut-être que j'ai des codes qui sont trop figés. Mais je ne peux pas me présenter devant quelqu'un. « Salut, c'est moi, je suis l'ami d'un tel, d'un tel, d'un tel, tu pourrais m'aider ? » Non, je ne peux pas. Soit j'ai une introduction, soit je me suis introduit et tu as accepté mon introduction. Et puis après, on peut embrayer sur autre chose. Mais l'opportunisme, je le vois même comme… Moi, je vois ça comme… Je vais être dur un peu, mais quand je pense au opportunisme, je pense… Parasite, comme le film des Coréens, tu vois, et des gens qui viennent te solliciter tout le temps et qui viennent gratter, qui viennent te fatiguer, ça moi j'en ai des milliers. Et avant, je ne savais pas comment m'en défaire. Maintenant, j'ai trouvé une technique. Je ne partagerai pas, mais...
- Speaker #1
Garde-la, garde-la. Mais, tu vois, pour ces personnes-là, peut-être qu'ils ne savent pas comment faire. En fait, peut-être que c'est... Je vais parler de moi, d'accord ? Oui. Je sais, en fait... Je te parle de réseau, on parle de networking. Pour ceux qui veulent se présenter à quelqu'un, ils veulent par exemple aller à L'Oréal, ils veulent être embauchés à L'Oréal, ils vont aller voir la numéro 2, par exemple, etc. Parce qu'elle a envie de se connecter avec la personne et des fois, elle le fait peut-être maladroitement, parce qu'elle ne sait pas. Comment on apprend à créer un réseau ? Comment on fait du small talk pour se connecter avec quelqu'un ? Comment on crée une relation sans paraître ? comme un parasite. Et je pense qu'il y a des choses à connaître et peut-être se dire à la place, moi je ne voudrais pas qu'on m'aborde comme ça non plus.
- Speaker #0
C'est vrai. C'est difficile de prendre les patins de l'autre, mais c'est vrai qu'aujourd'hui je trouve que les gens veulent aller tellement vite et ils veulent tout tout de suite qu'ils sont prêts à tout. Du coup, ils sont prêts même à t'harceler en se disant, je vais jouer sur la corde sensible ou Je vais le stresser au point qu'il se débarrasse de moi en disant « Tiens, prends ce que tu veux, tu as besoin de ça, vas-y, laisse-moi tranquille. » Et je trouve qu'il y a beaucoup de gens qui font ça. Peut-être que c'est moi qui renvoie l'énergie qui dit « Venez me fatiguer. » Mais là, je pense que c'est fini. Cette énergie, il y a eu un switch. Je pense que les gens ne peuvent plus.
- Speaker #1
Non, ça peut se comprendre. On ne parle pas de juste 2-3 ans, on parle peut-être de 25 ans, voire plus. Ce qui est marrant,
- Speaker #0
c'est que pour le coup, que ce soit Elmoine ou Nike, j'ai dû recevoir des milliers d'appels pour rentrer en stage chez Nike, pour avoir des produits Nike, pour rentrer... K54, je crois que c'est des dizaines de milliers d'appels. J'imagine. Donc les sollicitations, elles sont incroyables dans la vie, parce que finalement, avec le petit parcours dont on parle... Les gens, ils pensent que je peux les faire rentrer partout. Je peux les faire bosser en NBA, je peux les faire bosser chez les marques, je peux les faire bosser dans les clubs, je peux les envoyer aux Etats-Unis, je peux les envoyer à la Fédération Française de Basket, je peux... En fait, si j'avais ce pouvoir, je pense que...
- Speaker #1
Ils voient en toi peut-être l'influence que tu as. Parce que pour moi, tu es quelqu'un de très discret, très humble aussi et très discret. Tu l'as toujours été. On se connaît par le biais du basket et on a des amis en commun. Et toi, tu m'as cité plein de noms, Rizopat, ton parcours, etc. Je ne sais pas s'il y a des gens qui t'ont rencontré, qui savent tout ce que tu as fait, tout ce que tu es capable de faire. et ceux qui perçoivent ce que tu es capable de faire, ce que tu n'es pas capable d'apporter, soit ils sont bienveillants et ils rentrent dans ton cercle, entre guillemets, soit ils ne le sont pas. Et à un moment, tu ne peux pas donner ton énergie pour ça. Construisez-vous aussi. Tu l'as fait. Persévérez. Là, ils passent des messages, donc prenez-les.
- Speaker #0
C'est marrant parce que quand je suis sorti de mes cours et un de mes jobs étudiants C'était de travailler pour la junior entreprise de l'ESSEC. La junior entreprise de l'ESSEC, elle faisait quoi ? Elle proposait un service de conseil au PME-PMI. J'avais fait administration et gestion des PME-PMI. Et donc, mon kiff, c'était de faire des business plans et d'aider des gens à créer leur activité, des gens à comprendre qui sont leurs compétiteurs sur leur zone de chalandise, comprendre comment ils peuvent s'implanter. dans des réseaux de distribution, comprendre comment ils devaient communiquer, faire savoir, mettre en valeur leur savoir-faire. Et donc, c'était leur donner toutes ces billes que j'avais pu engranger dans le cadre de mon cursus pour être à la fois de bons conseils, mais me dire que j'ai contribué au succès du lancement d'une activité. Et donc, c'est encore… Ce que je fais aujourd'hui, c'est toujours… essayer de sublimer l'autre dans ses activités, ou lui donner des pistes, ou une oreille, ou un conseil, ou un conseil stratégique, ou une bonne idée, ou un ensemble d'idées pour que la personne se saisisse de ce qu'elle veut réellement.
- Speaker #1
D'accord. Mais est-ce que tu vois cette démarche-là, tu l'as dit, conseil, accompagnement, ce que tu as fait, ton parcours et ton expérience et tes études, est-ce que tu n'as jamais voulu le faire ? pour toi et ta vision à toi et crée, peut-être que je manque d'informations, mais crée ton truc à toi. Et pas accompagner, pas conseiller. Moi, je me pose la question. Je suis dans la même démarche-là, je suis dans tout ce qui est administration, finance. Je peux accompagner des gens à structurer cette partie-là, optimiser. Moi, je me vois, en fait, à monter mon truc. Mon truc. Je ne sais pas si toi, tu as cette... À un moment, tu t'es questionné par rapport à ça ?
- Speaker #0
Si, je me suis beaucoup questionné parce que finalement, je pense que c'est dans ma construction d'enfant aussi, avec l'environnement familial que j'ai eu, il y a eu une bonne période où j'étais un peu seul, c'est-à-dire un livreur moi-même. Donc, dans ma façon de me construire, je me suis dit, comment je fais pour être ? heureux malgré cette solitude. Et ça, ça a été une grosse partie de ma vie, ça a été de dire, je vais procurer du bien aux gens autour de moi. Du coup, j'étais un peu l'oreille des adultes en difficulté, les femmes de la famille qui ont été trompées ou maltraitées, qui savaient les conseils, leur redonner le... Et donc, j'ai toujours gardé ça, cette fibre-là. Et le moment où il a fallu penser à moi... Ce sont des moments où je devais en priorité répondre aux attentes des parents, de l'environnement qui étaient trop forts finalement. Il y a des choses qu'on ne pouvait pas m'imposer, mais le respect de la tradition était ancré. Là, une des choses que j'ai décidé de faire en 1996 ou 1997, c'est de créer All Star Foundation. All Star Foundation, c'était quoi ? C'était un programme dans lequel j'intégrais des plus jeunes que moi qui voulaient partir aux États-Unis comme moi. Moi, j'étais déjà dans le process. Et donc, ce que j'ai fait, c'est que je leur ai dit, moi, je vous entraîne. On s'entraîne trois fois par semaine ou quatre fois par semaine. Ils sont en club. On s'entraîne. Je fais des matchs amicaux contre des N1, N2, N3 franciliennes toute l'année. Je vous mets une tenue, à l'époque, sur les dernières années, ils étaient en N1, parce que je bossais pour N1. Mais je vous mets une tenue officielle, comme ça on a des matchs officiels, vous avez des références. Je vous donne accès à une liste de junior college et d'université. Vous écrivez votre lettre en français, je la traduis en anglais, on envoie vos cassettes vidéo aux écoles. Donc déjà, je m'étais dit, je vais donner la chance à ceux qui peuvent réussir de partir au stagiaire. Donc j'ai fait ce programme-là jusqu'en 2001. En 2001, je finis mes études et en 2002, je pars à Cambridge. Donc je suis plus là. Je fais un an à Cambridge, mon master. Et après, je fais un an pour rédiger mon mémoire. Parce que j'avais le temps. Mais en fait, c'est parce que je voulais chiller à Cambridge. Cambridge, c'était trop stylé. C'est la meilleure expérience de ma vie. C'était incroyable. Et donc, je voulais chiller à Cambridge. Et puis, je m'étais créé. Donc, du coup, ce qui s'est passé, c'est qu'à partir de là, quand j'ai fini Cambridge, je suis recruté chez N1, finalement. Je bosse pour eux pendant deux ans. Entre-temps, on crée Reverse. Donc, j'avais mis un plan stand-by. ce programme. Et 2005, je décide de partir aux États-Unis pour commencer à couvrir la NBA. Et là, on me dit, tiens, il y a ta petite cousine, elle a 6 ans, et ses copines, elles font du basket, mais leur coach, il est nul. Il est super gentil, coach Kenny, mais il est nul. Je ne voudrais pas intervenir. Et donc, du coup, je recommence à entraîner, à développer leur programme, à les faire gagner. Et là, je me dis, non, il faut que je développe tu vois, il faut que je développe quelque chose et donc je crée Build Your Game. On dit souvent Big Lab, donc B-Y-G Lab, Big Lab, mais c'est Build Your Game. Et Build Your Game, c'est construire ton jeu, mais je te donne des outils pour que tu puisses être l'architecte de ton futur, que tu puisses designer ton futur. Donc, OK, ce sont des outils techniques qui vont faire que tu vas gagner en confiance. en efficacité, en développement, et puis je vais te pousser. Mais ce que je te donne, c'est ce que je fais depuis 96. Aujourd'hui, je sais qu'il y a beaucoup de coachs individuels. Moi, je coach. En ce moment, je ne coach plus, mais je coach. Et je fais du développement individuel à côté. Mais j'ai toujours fait du développement individuel parce que ça a toujours fait partie de ce qu'on m'a appris. Philippe Morin, Henri Fields, tous les coachs individuels qui m'ont eu. m'ont donné ce truc de « il faut se développer » . Et en fait, l'idée là, pour moi, en créant Build Your Game, c'était une première création qui est la mienne, qui est « ok, je mets des outils techniques à votre disposition, je vous prépare physiquement, quand vous êtes prêts, je mets à disposition mon réseau » . J'ai des amis qui sont coachs en centre de formation, donc ils connaissent d'autres coachs de centre de formation. J'ai des amis qui sont coachs en Italie. En Belgique, en Espagne, en Hollande, en Grèce, en Turquie.
- Speaker #1
Le réseau.
- Speaker #0
Et après, là je parle juste de la partie européenne, en Croatie, en Serbie. Donc si le talent est là, la recommandation elle part. Il faut matcher avec les attentes des clubs. Ce n'est pas juste avoir le réseau. Je connais la plupart des agents. Donc si demain, et même ceux que je ne connais pas, je peux y avoir accès. Donc si quelqu'un cherche un agent, on peut étudier ce que les agents proposent pour aider un joueur à aller vers sa carrière que lui, il aura décidé.
- Speaker #1
Mais pourquoi justement tu proposes ces outils, ces boîtes à outils ? Est-ce que c'est parce que toi, tu ne l'avais pas eu ? À l'époque ?
- Speaker #0
Il y a un peu de ça. Parce que je me disais, à l'époque, je me souviens quand j'étais en Chambelade France Universitaire, quand on a gagné, dans notre équipe, on avait tous appelé Gouna pour dire, « Hé Gouna, tu peux me représenter ? » Il lui disait, « Bah ouais, bah ouais, bah ouais ! » Il y a des joueurs qui représentaient vraiment, qui plaçaient. Et puis nous, moi, je croyais qu'ils me représentaient, mais je n'ai jamais eu à le solliciter vraiment. Donc, je me disais, en fait, Il n'y avait pas beaucoup d'agents à l'époque. Et quand j'ai créé le programme, je me disais, l'idée, c'est de pouvoir donner l'opportunité à quelqu'un qui a le potentiel, fille ou garçon, d'aller au niveau professionnel, d'être bien conseillé. Mais surtout, de poser ses conditions. Pas juste de venir et de dire, trouve-moi un club. De dire, moi, j'ai un plan. Je veux être suivi, je veux être accompagné. Je veux qu'il y ait des pubs sur moi. Je veux passer à la radio. Je ne veux pas juste être un joueur et qu'on parle de mes stats. J'ai un plan de carrière. Et puis, on va penser à comment on fait pour que j'économise 70% de ce que je gagne. Où est-ce qu'on le réinvestit ? Je ne dois vivre qu'avec ça.
- Speaker #1
Tu vois, à long terme. Tu les emmènes à long terme pour qu'ils puissent avoir cette longévité et cette carrière.
- Speaker #0
Et après, il y a eu le côté, OK, je vous aide à vous développer. Mais après quoi ? Est-ce que vraiment, donc ils sont tous contents, parce que quand t'arrives avec tes enfants et que tu sais pas dribler, tu sais pas shooter, et que finalement, on te voit avec du handle, de la réussite, de la propreté, de l'efficacité, des bons placements, des bonnes protections, finalement, tu rentres dans les codes de ce qu'attendent les clubs de plus haut niveau. Et puis, dans ton environnement social, tu deviens quelqu'un. Parce qu'avant, t'étais personne, t'étais introverti, tu parlais pas, tu répondais pas. Mais là, ce que je t'ai donné comme outil, ça t'a donné une confiance. Ça t'a conféré un autre statut dans ton environnement. Donc finalement, maintenant, tu es la star, tu es la personne avec qui tout le monde veut être, la personne qui est cool parce que tu joues bien en basket. Et donc, après, l'idée, c'est de se dire comment tu transposes ça dans un autre secteur parce que finalement, tu viens de le faire en trois ans dans le basket. Ça veut dire que si tu acquiers des compétences demain en intelligence artificielle, en plongeant dans la tech, peut-être que tu vas être pareil et que tu vas être la star de toutes les entreprises qui vont faire appel à toi. Comment tu fais pour transposer ça ? L'idée, c'est vraiment d'être sur des parallèles qu'on va créer pour que la personne puisse se projeter, elle puisse se créer demain et réussir, et lui dire que voilà.
- Speaker #1
Tu parles là pour moi aussi de personal branding. C'est donc la marque personnelle. On entend beaucoup parler de ça en ce moment. Mais toi, tu le proposais déjà, tu l'avais déjà pensé, tu l'as intégré dans ton... je ne sais pas si tu appelles ça un programme mais là dans ce que tu me dis demain on veut une grosse académie en vrai il faut juste donner lui en fait une vraie salle un vrai complexe privé et là il va faire tu peux développer ça moi je trouve ça génial là on est sur la transmission au delà de ça on est à la transmission c'est une vraie volonté que tu as on est sur la transmission et comme j'ai déjà dit à certains
- Speaker #0
Ce que j'ai acquis, j'ai acquis parce que j'ai eu beaucoup de blessures, cette opération en tout, et donc ça veut dire des process de rééducation incroyables où tu perds ta mobilité, tu perds ta motricité, tu perds ta flexibilité, tu as l'impression d'être un robot quand tu reviens, il faut tout reprendre à zéro à chaque fois. Je me dis, ok, j'ai acquis des compétences parce que j'ai dû me rééduquer, ce qui m'a permis d'aider des jeunes. qui ont des problèmes de motricité, des enfants qui ne savent pas courir, tu les vois en situé parce qu'ils ne savent pas attraper la balle, ils ont peur et tout, j'ai aidé des enfants comme ça. À l'ESSEC, j'ai eu des gens qui étaient ultra débutants et pas du tout coordonnés, et des athlètes de très haut niveau. Et comment tu fais pour... Le fait d'avoir travaillé avec tous ces publics, du coup, ça me permet de m'adapter à chaque fois. Et donc d'aider tous ces gens à... en tout cas, se uniformiser dans la qualité d'exécution au niveau du basket et derrière, de pouvoir s'exprimer. Mais oui, l'idée, c'était de pouvoir créer cette première... Cette première...
- Speaker #1
Base, socle.
- Speaker #0
Et maintenant, ma réflexion, elle est justement celle que tu dis, comment je fais pour rassembler toutes les pièces du puzzle. Parce que là, maintenant, en fait, il y a des millions de pièces de puzzle. Et même si je les ai rassemblées par famille aujourd'hui, je peux créer quelque chose de plus grand. Mais j'ai envie de te dire que la vraie question, ce n'est pas tant pour moi, est-ce qu'il faut que je crée mon activité ? C'est plutôt de me dire qu'avant, je dépendais par exemple de Philippe Morin pour faire des événements qui me prenaient comme stagiaire. Aujourd'hui, je suis totalement indépendant, mais ça fait longtemps que je suis indépendant.
- Speaker #1
Indépendant plutôt.
- Speaker #0
Ça fait longtemps que je suis indépendant. Parce que j'ai fait plein de choses que je n'ai pas annoncées, ni fait savoir, que je suis indépendant dans ce que je veux faire, mettre en place. Pour moi, aujourd'hui, le nier de la guerre, c'est de créer des interdépendances avec d'autres personnes, comme toi par exemple, qui sont indépendants, qui ont des compétences, mais comment on fait pour lier ces indépendances, créer des interdépendances et faire quelque chose de plus grand, mais avec des gens à la fois bienveillants, justes, et peut-être qui vont embrasser mes valeurs et qui ne seront pas... Comment ça s'appelle ? Des cartes-pileurs qui veulent juste venir t'écraser et prendre tout ce que tu as mis en place pour dire « Moi, j'ai mis en place, c'est moi. Je suis le fondateur. J'ai, j'ai, j'ai, j'ai. »
- Speaker #1
C'est assez... Pour en parler avec d'autres personnes, c'est assez récurrent, ça.
- Speaker #0
Bon, ce n'est pas problématique, c'est la vie. Mais il y a un moment donné où je me dis... Comment tu fais pour... Il faut identifier les bonnes personnes, trouver les synergies possibles et après lancer quelque chose qui soit à la fois sain et où tout le monde s'y retrouve. Et souvent, quand tu proposes des synergies, les gens disent « Non, mais moi, il faut que je calme plus parce que c'est moi qui ai... Et en fait, ils n'ont rien fait. Ils sont venus s'ajouter sur le plateau comme ça.
- Speaker #1
Il y a un ami qui dit Et... Il faut que l'ego soit au service du projet et pas le projet au service de l'ego. Et ça, à chaque fois, ça retentit en moi en tout, parce que c'est effectivement le cas. Et il a eu, on va dire, des rencontres malencontreuses. Mais tu es quand même multi-activité, multi-casquette. Comment tu arrives à ne pas te perdre dans tout ça ? Comment tu t'organises ?
- Speaker #0
Des fois, j'ai... Quand je vais chez des gens, j'observe, tu viens chez eux et l'endroit il est saturé. Il est saturé de livres, de journaux, la table à manger elle est remplie de stylos, de plein de choses, et des courriers, il y a tout. Puis tu arrives chez eux et tu leur dis... Au fait, je vais parler d'un article incroyable sur... Et la personne, elle arrive et elle dit « Ah oui, oui, oui ! » Et elle va dans un tas de je ne sais pas quoi, elle tire une feuille et elle dit « Il est là ! » Mais en vrai, dans l'amas d'activités que j'ai, j'arrive à tout dissocier. Sauf dans des périodes où il y a des collisions entre tous les calendriers. Là, ça devient très dur. Alors, quand c'est le K54, j'ai la chance d'avoir une grosse équipe. Tu vois, autour de moi, en moyenne, on est entre 46 et 50 dans mon équipe. Je suis celui qui s'occupe juste de la partie sportive. Et donc, du coup, c'est le moment où je peux déléguer. Sur les autres projets, je suis souvent au cœur de l'action et j'ai toutes les infos. Et ce ne sont pas forcément des infos que je peux juste partager. Les gens vont pouvoir les traiter. Ou j'ai les leviers. Parce que si j'appelle tel ou tel partenaire, il va répondre. Si je demande à un coéquipier ou à un stagiaire ou à un collègue de le faire, il n'y aura pas de réponse. Donc du coup, je vais quand même, quoi qu'il arrive, impliquer. Donc j'essaye de naviguer. Tant qu'il n'y a pas trop de stress. Si je sens le stress monter, comme c'est quelque chose que je combats, il y a des choses qu'on ne contrôle pas. Mais si je peux ne pas être en situation de stress, je ne le ferai pas. Donc du coup, si je dois couper, je coupe. Si je dois reporter, je reporte. Mais je vais m'organiser pour... Gérer, et puis parfois gérer le plus urgent, et le gérer bien au plus vite. et après, revenir sur un rythme normal. J'essaie de faire en sorte que ces temps-là ne soient pas trop longs.
- Speaker #1
Tu essaies de faire des arbitrages pour prioriser en fonction des cas. Et comment tu te ressources ? Parce que du coup, tu m'as parlé d'énergie à un moment donné. Je pense que la question est venue il n'y a pas longtemps. Mais comment tu fais pour te ressourcer ? J'ai assisté à une table ronde avec la numéro 2 de L'Oréal, Monde, et qui disait qu'en fait, des fois, elle les rencontre, il y a des mauvais moments, il y a des bons passages, elle a une sorte de de bouteilles d'oxygène, et c'est en voyant ses équipes évoluer, en échangeant, en transmettant, en partageant avec les autres, ça lui permet de remplir sa bouteille. Toi, c'est comment ?
- Speaker #0
Je vais faire avec tout le monde ? Non.
- Speaker #1
Non, attends, chacun sa va s'en faire.
- Speaker #0
Moi, c'est le yoga. C'est le yoga, méditation, yoga, silence. Donc... Quand je ne peux pas, parce que des fois je suis sur la route, je ne peux pas aller en cours de yoga, le silence. Et donc le silence, respiration, dans un endroit où je me sens confortable, peu de lumière, silence total. Et puis quand j'ai terminé ma petite retraite silencieuse, je pense à ce que... je pense et je formule ce que je vais réaliser. Donc, il y a le côté visualisation, vraiment, mais il y a aussi le côté, entre guillemets, passage à l'action de ce que je veux faire. Et je dis bien en général, sauf quand il y a plein d'imprévus qui tombent d'un coup, je mets en place ce que je dis après. Donc, c'est plutôt ça.
- Speaker #1
Et tu as aussi cette autodiscipline de mettre en place ce que tu dis. Parce que... Enfin, tu es multicasquette. Pour moi, à un moment donné, tu as plein de sujets et tu as plein de projets. C'est comment toi, tu te disciplines et tu as cette rigueur pour aller jusqu'au bout. Et tu te dis, ouais, non, je ne vais pas aller peut-être sur Instagram ou je ne vais pas faire ci ou ça parce que j'ai ça à faire. Et tu acceptes... Je vois que tu... Tu sais que tu dois dire non à des choses parce que tu es focalisé sur quelque chose.
- Speaker #0
Ce que tu dis, c'est important, parce que finalement, ce que je vois, moi, c'est que quand je me mets sur des projets, j'ai cette notion de sacrifice. Je ne sais pas si d'un point de vue... Mon second prénom, c'est Ismaël. Et dans la religion musulmane, c'est celui qu'Abraham doit sacrifier et qui accepte d'être sacrifié. Je me demande si quand mes parents m'ont donné ce nom, ça ne m'a pas donné ce sens du sacrifice. Parce que pour le coup, j'ai eu des opportunités pour être marketing manager Europe de Jordan. Mais quand tu penses à ce poste, tu dis que c'est extraordinaire. Mais quand j'ai vu les moyens qui ont été mis sur le poste à l'époque, que je trouvais vraiment limités, C'est plus le nom de marketing manager qui fait bien chez Jordan Brand que le poste en soi. Mais ce que je veux te dire, c'est qu'à l'époque, j'étais directeur technique de mon club. Et puis, j'avais un rôle important.
- Speaker #1
Club de basket. De basket.
- Speaker #0
Donc, tous les parents, enfin, beaucoup de parents plutôt, pas tous les parents, beaucoup de parents comptaient sur moi. Les autres dirigeants comptaient sur moi. Je m'étais engagé. Je n'ai pas bougé. Parce que je me suis engagé pour une saison. Ou je me suis engagé pour deux saisons. Et en fait, quand tu as un engagement, c'est difficile. Mais des fois, je fais des choix que je trouve fous. Mais au moins, je me sens bien dans les baskets parce que j'ai tenu mon engagement. Donc pour moi, je mets un point d'orgue à y arriver. Il m'est arrivé d'échouer. Mais en général, je fais tout ce qui est possible pour arriver à tenir mon engagement. Et maintenant, j'essaye. de me désengager.
- Speaker #1
C'est pas facile.
- Speaker #0
Moi,
- Speaker #1
j'en parle pour moi, mais...
- Speaker #0
J'essaie de me désengager de beaucoup de projets pour retrouver ma liberté. J'ai réussi à m'affranchir une fois du jour familial et puis même de la société, parce qu'on attendait autre chose de moi. Et là, maintenant, j'essaie de me désengager des choses qui font que je ne pourrais plus, que je ne pourrais pas, ou en tout cas, maintenant vivre les choses que j'ai envie de vivre. Et donc là, il faut que je retrouve ma liberté. Là, je suis en plein dedans.
- Speaker #1
C'était le bon moment pour l'épisode. Avec tout ce que tu as vécu dans le sport, parce qu'on n'a pas assez creusé, enfin, on a creusé, en fait, parallèlement la partie entrepreneuriale, parce que tu as plein de casquettes. En fait, quelles sont les valeurs ? du sport que tu retrouves dans l'entrepreneuriat ?
- Speaker #0
Je dirais déjà un but. Quand je jouais, ce n'était pas juste le fait de jouer. Moi, quand je jouais, en espoir, j'avais fait tout un travail pour arriver là et lorsque je perdais, je pleurais. Les gens ne comprenaient pas. Ok, t'as 16 ans, ils ont tous 20, 21, mais pourquoi tu pleures ? Parce que pour moi, je mettais mon cœur, mon être dans ça. Ce que je retrouve dans l'entrepreneuriat, c'est que là, par exemple, dans la création de Build Your Game, c'est ma volonté, j'ai encore mis mon cœur, ma volonté de transformer des vies. Ou de contribuer, excuse-moi, parce que je n'ai pas ce pouvoir-là, mais de contribuer à transformer des vies en biens. De donner des opportunités à des gens qui méritent de vivre des choses qu'ils n'auraient jamais vécues s'ils étaient restés ici. Parce que quand tu vas en NCA, et que tu es dans des vestiaires qui sont meilleurs que ceux de la NBA, que tu es starifié encore plus que quand tu es en NBA, parce que tout le monde te connaît sur le campus, tout le monde te vénère. qu'on te met dans des conditions de vie et de respect, et même une affection forte, tu vis une expérience qui est incroyable. Les valeurs que je vois, ce sont les valeurs de détermination, ce sont les valeurs d'alchimie. Parce que quand tu es dans le sport, il faut que tu crées des liens avec les tiens, il faut que tu apprennes à jouer de manière coordonnée et à jouer à une vraie partition. donc pour moi C'est pareil quand tu es avec tes collègues ou avec tes partenaires, il faut que tu arrives à créer une alchimie. Il faut que ce soit une expérience, pas juste une activité. Créer Reverse, pour moi c'est une expérience parce que, un, je permets, moi c'est déjà quelque chose que je fais d'être en lien avec le haut niveau, ça faisait partie de moi, mais je permets au lectorat d'être proche des joueurs, je permets à mes collègues. d'être proche des joueurs à travers mon réseau et je permets sans ostentation. Je leur ouvre mon réseau et donc du coup, ils peuvent être proches d'eux et dans ce monde. Et donc là, pour moi, c'est un truc qui est important, ce partage et l'objectif commun. On a un objectif commun. Comment chacun met ses compétences à disposition de cet objectif. On enlève les égaux, qu'est-ce qu'on peut faire ensemble ? Et à titre d'exemple, au Quai 54, dans mes équipes, j'ai des DRH, j'ai des CEOs, j'ai des gens qui sont des exécutifs dans des multinationales, des directeurs exécutifs dans des multinationales, qui viennent comme bénévoles au Quai 54, qui donnent des bouteilles aux joueurs, qui les accompagnent à l'hôtel, qui viennent se ramener de manger, et puis qui seront créés dessus par Paul, Pierre et Jacques tout le temps. Ils ne disent rien parce qu'en fait, ils sont là pour le succès du K54 et parce qu'ils veulent m'aider dans cette entreprise. Et donc ça, c'est une richesse énorme. Et d'ailleurs, quand j'ai fini par avoir un groupe assez conséquent, la chose que je leur ai dite, c'est échanger avec ceux que vous ne connaissez pas. Faites connaissance les uns les autres. Vous allez créer un réseau puissant ici sans le savoir. Il n'y a que des bonnes personnes que j'ai choisies, vous êtes là, rencontrez-vous. Moi je vais faire le lien, mais ne faites pas les timides. C'est maintenant, c'est pas après, c'est pas tout à l'heure, c'est pas demain. Parmi les valeurs, il y a aussi le fait d'être... Oh mince, j'en perds mon latin. T'en perds ton latin. Quand tu es... Quand tu prêtes attention aux autres. Quand tu es altruiste. L'altruisme c'est important parce que finalement... Tu fais en sorte que ton environnement, tu t'assures que tout le monde va bien, et que si tu peux aider quelqu'un, tu vas l'aider, si tu peux lui laisser du temps parce qu'il a besoin de temps, tu vas lui laisser. Et ça change toute la donne, parce que la personne qui est considérée comme ça... Elle va s'impliquer différemment dans le projet. Elle va être là pour toi. Elle va te soutenir là où tu ne penses pas et elle va t'ouvrir ton réseau là où à un moment donné vous êtes tous bloqués, vous n'avez pas de solution, elle va te dire « mais je pense, j'ai telle personne, elle va pouvoir nous aider » . Mais ça c'est parce que tu l'as considéré. Et sans tricher, on n'est pas en train d'acheter la, comment ça s'appelle, l'aval des gens et puis leur soutien, mais quand t'es toi et que t'es comme ça... Ça change tout. Et là, encore une fois, pour moi, ce sont les énergies. Tu envoies des bonnes énergies, ils les reçoivent. À un moment donné, ils te redonnent des bonnes énergies.
- Speaker #1
Là, tu m'as parlé de... Enfin, si on fait une sorte de résumé, là, pour moi, il y a beaucoup d'humains, il y a beaucoup de relations, il y a beaucoup de fédérer, en fait, les autres. Et ça revient à ton... Comment dire ? À ton parcours, en fait. Pour moi, ce que tu dis, c'est être authentique, en fait, dans la relation. Tu as parlé de sincérité, d'être bienveillant et tu as réussi à construire. Les gens viennent, ton équipe, c'est certain, peut-être qu'ils viennent pour bosser avec toi aussi, accessoirement, parce qu'il y a le Quai 54 et l'événement est énorme. Mais en faire partie et faire partie de ton équipe, ce n'est pas rien, parce que tu bosses encore dix fois plus derrière et tout le monde ne voit pas ce que tu fais derrière. L'homme de l'ombre, d'ailleurs. On va devoir commencer à clôturer notre échange. On pourrait en rester longtemps dessus. Mais je voudrais quand même que tu me dises c'est quoi pour toi ta vision là ? Parce que tu es en pleine réflexion, mais c'est quoi le Al-Mamid demain ?
- Speaker #0
Le Al-Mamid demain, il peut déménager à San Francisco ou à Bijan ou ailleurs. Impacter son nouvel environnement, essayer de créer des interdépendances avec des acteurs locaux qui ont un poids et repenser un futur complètement différent, from scratch, donc à partir de zéro, ou redévelopper de manière adaptée des choses que j'ai déjà faites. au goût d'aujourd'hui, et pour terminer, je dirais je pourrais très bien être en simple autonomie, créer mon petit verger, faire pousser mes légumes, m'occuper des miens, faire rire les miens, parce que ça j'adore, bon allez, c'est que je fais exprès de faire des... Ce que j'appelle des non-funny jokes. Des non-funny jokes parce qu'en fait, du coup, ça fait un peu rire les autres. Mais l'idée, c'est toujours de donner le sourire aux gens. Ce que tu... En tout cas, moi, je ressens quand les gens vont bien ou pas bien, quand ils cachent ou ne cachent pas. Et du coup, j'en joue pour essayer d'apporter toujours cette touche de bien-être, de bonne humeur, de sourire à mon environnement direct.
- Speaker #1
Un mot pour décrire ton parcours ?
- Speaker #0
Libre.
- Speaker #1
Merci,
- Speaker #0
Amélie. Avec plaisir.
- Speaker #1
Merci, en tout cas. Si vous voulez découvrir d'autres choses sur Amélie, il y a d'autres épisodes, d'autres podcasts qui existent. Merci d'avoir été généreux dans ton partage. Avec plaisir. Notez, moi en tout cas, j'ai plein de choses à noter. Je vais revoir tout ça parce que je pense qu'il y a des choses hyper importantes que tu as dites et qu'on peut réutiliser et qui sont des outils pour des personnes demain. notamment le réseau, entre autres, mais discipline, rigueur, travail, autodiscipline, persévérance aussi, et ne pas lâcher. Merci et à bientôt sur Focus Sportpreneur. Ce qui ressort ici, c'est une cohérence. Entre ce qu'il a appris dans le sport et la manière dont il construit aujourd'hui. Le collectif, la transmission, l'engagement. Ce ne sont pas juste des valeurs, ce sont des lignes directrices. Il ne s'est pas éloigné du sport. Il l'a transformé en projet, en accompagnement, en opportunité pour les autres. Et finalement, c'est peut-être ça le vrai fil rouge. Utilisez ce que le sport lui a appris pour construire bien au-delà du terrain. J'espère que ces trois épisodes avec Alma Misuma vous ont plu. Moi en tout cas, ils m'ont inspirée. A bientôt sur Focus Parpreneur.