- Speaker #0
Quand j'ai terminé Cambridge, je me suis dit, tout le monde est content, maintenant je m'occupe de moi, je fais ce que j'ai envie de faire. Donc plutôt que d'aller travailler dans la finance ou dans un secteur qui ne me plaît pas, au moins pour ça, à minima. Je vais me consacrer à des choses que j'aime. Le vrai moment de bascule où je me dis « je pense à moi » , c'est mes 50 ans. Quand Nike m'a appelé pour me proposer le poste de marketing manager de basket, je me suis dit « je vais travailler pour la marque pour laquelle j'ai été stagiaire » . On a tous des rêves. Au moment où on rêve tous quand moi je commence le basket, je suis à l'aube de mes 15 ans. Deux mois plus tard, j'ai 15 ans. Tous ceux qui ont commencé avant moi, ils ont commencé quand ils avaient 5-6 ans. Donc moi j'arrive, je suis nul. Quand j'étais ado... Je n'acceptais pas qu'on me fasse de coups fourrés, qu'on parle mal de moi ou qu'on me trahisse. Et mon ami qui part à La Rochelle et qui me recommande Racing aurait la phrase qu'il a dite, c'est...
- Speaker #1
Bienvenue sur Focus Parpreneur. Aujourd'hui, je suis ravie d'accueillir un invité. Mais j'accueille quelqu'un avec un parcours assez difficile à résumer en une phrase. Donc je vais d'abord faire une présentation. Ancien sportif de haut niveau. Passé par le centre de formation du PSG, et oui, avec une vraie histoire marquée par le basket, à la fois comme passion, mais aussi comme moteur dans son parcours. Et oui, encore un basketteur comme moi. Derrière un parcours académique solide avec plusieurs masters, dont un passage à Cambridge, excusez-moi, une université reconnue mondialement, et c'est plusieurs masters, c'est pas un, il en a fait deux, qui va clairement ouvrir des portes et orienter la suite. Côté pro, des expériences fortes, notamment chez Nike. 11 ans en stage. Il faut qu'on en reparle. Puis à l'international avec la marque N1, où tu as travaillé sur le développement de collections textiles à grande échelle. Il y a aussi ton implication dans le développement du Quai 54. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le plus grand tournoi de streetball au monde. Et il était impliqué dès le début. Il y a les cofondateurs, donc d'ailleurs, bonjour à Madoune et salut à Thibaut. Mais il y a aussi l'équipe. En plus, il y a toute la partie média. Avec la co-création du magazine Reverse,
- Speaker #0
le book c'est un tout nouveau format, c'est à cheval entre le magazine et le book, le livre,
- Speaker #1
qui t'amène à devenir journaliste, à produire du contenu, à interviewer certains des plus grands noms du basket mondial, et pas seulement, je vais te donner juste quelques noms. Michael Jordan, LeBron James, Iverson, M. Mbappé, excusez-moi, c'est pas des petits noms, tu as été sollicité pour faire des interviews par la suite. pour InfoSport, pour l'équipe, pour France Télévisions, pour Canal+, à côté de ça, parce que c'est à côté de ça, tu développes aussi des événements, tu accompagnes des projets, tu actives ton réseau, tu envoies des joueurs aux Etats-Unis, tu travailles avec des institutions comme l'ESSEC sur le développement du sport, mais pas seulement. Bref, aujourd'hui, tu as plusieurs casquettes, entrepreneur, dirigeant, journaliste, consultant, producteur de contenu multimédia, coach, acteur. Bienvenue à Mami Souma.
- Speaker #0
Merci. J'ai beaucoup de choses.
- Speaker #1
C'est vrai. J'ai peut-être oublié des choses.
- Speaker #0
Non, enfin, oui, il y en a plein que je n'ai pas citées, mais il faudrait plusieurs épisodes, je pense.
- Speaker #1
Je pense aussi. Et aujourd'hui, tu as plusieurs casquettes, je l'ai dit. Et ce qui est intéressant, en fait, malgré cette diversité, tout est autour du sport.
- Speaker #0
Il y a toujours ce point commun.
- Speaker #1
Toujours ce fil rouge. Et je veux aussi qu'on creuse cette partie-là. Puisque sur Focus Sportpreneur, on met en avant la synergie entre le sport et l'entrepreneuriat. Et là, on est en plein dedans. Et pour moi, c'est un honneur que tu aies accepté de venir. Parce qu'au-delà de ça, en fait, pour moi, dans les plusieurs casquettes, je pense que tu es un mentor pour certains et une inspiration pour d'autres, et notamment pour moi.
- Speaker #0
Merci. On a repartagé.
- Speaker #1
Non, mais vraiment, je vais commencer comme ça. Tu aurais pu faire encore plein de choses. Mais pourquoi tu es resté dans le sport ?
- Speaker #0
La liberté.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
La liberté, c'est... La liberté, les choix m'ont été imposés, j'ai envie de dire, en tant qu'enfant. On m'a poussé souvent vers l'excellence, en tout cas jusqu'au lycée. Et j'ai toujours voulu satisfaire mes parents et satisfaire les autres. Puis j'ai vécu la vie que tout le monde voulait que je mène. L'enfant qui est à l'écoute, qui s'instruit, qui lit beaucoup, qui respectue des valeurs, des codes. Quand j'ai terminé Cambridge, je me suis dit, tout le monde est content. Maintenant, je m'occupe de moi, je fais ce que j'ai envie de faire. Donc plutôt que d'aller travailler dans la finance ou... dans un secteur qui ne me plaît pas, au moins pour ça, à minima, je vais me consacrer à des choses que j'aime.
- Speaker #1
À quel moment tu as eu ce moment de bascule où tu t'es dit, là, je vais penser, entre guillemets, à moi ?
- Speaker #0
Le vrai moment de bascule où je dis, je pense à moi, c'est mes 50 ans. Donc, il n'y a pas très longtemps.
- Speaker #1
OK. Mais avant,
- Speaker #0
c'est vraiment le moment où je termine mon cursus et où mon directeur de programme à Cambridge nous oriente. vers des positions stratégiques, notamment dans les pays du Moyen-Orient. Et je vois que j'ai vu beaucoup de mes promotionnaires partir à Dubaï pour travailler dans la finance. Et il fallait valoriser, en gros, le diplôme qu'on avait. Et moi, j'ai été recruté, enfin, je ne sais pas si c'est des entretiens, pour être marketing manager chez Nike. Donc, basket, volet en balle, donc j'ai été pris. Et dans la folie, j'ai été débauché par N1, qui m'a proposé un poste à l'international. Et en fait, quand Nike m'a appelé pour me proposer le poste de marketing manager de basket, donc j'allais remplacer mon mentor Philippe Morin, qui a développé le basket, qui a lancé le Red Outdoor, avec qui on a bossé sur le développement des Canikes. Il m'a mis dans son équipe de travail pour développer les Canikes. Il m'a impliqué dans des projets de développement autour de Tariq Abdullawad, autour de Mustapha Sonko. Je me suis dit, là je vais travailler pour la marque pour laquelle j'ai été stagiaire.
- Speaker #1
11 ans ? Non mais tu peux m'expliquer ? Quand même, je voulais m'arrêter dessus.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai. Alors en gros, Philippe Morin, lui, c'était un précurseur. Il avait cette vision américaine du basket, il était déjà en lien avec eux, et il avait cette volonté de retranscrire ce qui se faisait dans l'événementiel sportif basket américain en France. Développement du streetball, développement de produits autour de la pratique du streetball, et la recherche de jeunes talents, dont Mustapha Songo.
- Speaker #1
Mustapha Songo, j'en profite comme tu veux. Une légende du basket français, Streetball. J'ai encore regardé le documentaire hier.
- Speaker #0
Champion olympique. Salut, Mouss. Joueur de Euroleague. Vraiment légende. Nous, on l'a mis en couverture de notre premier magazine. C'est dire l'importance qu'il a eue pour le basket français. Et on estimait qu'il n'était pas assez mis à l'honneur. Mais du coup, je disais...
- Speaker #1
Excuse-moi, je t'ai coupé. Donc, Tariq Abou-Louad, Moussanko. Voilà.
- Speaker #0
Philippe Morin, chaque fois qu'il avait un projet un peu novateur, il voulait avoir autour de lui différents types de conseils. Donc il faisait appel à Henry Fields, qui était l'Américain le plus titré en France, un coach qui a été joueur en France et qui avait cette double culture américaine et française. Il faisait appel à des gens en qui il avait confiance dans le basket et parmi les jeunes qu'il avait identifiés. Je figurais et il faisait appel à moi chaque fois qu'il avait un projet. Tiens, là on va lancer une campagne autour de Tariq Abdelouad. J'ai besoin de quelqu'un là. Tu ne veux pas faire un stage ? Je dis, ben, j'ai école. Tu habites à Saint-Holomone. On est à Saint-Holomone. Tu viens, tu viens quelques heures par semaine. On s'arrange après l'école, avant l'école. Le mercredi, tu ne fais rien. On s'entraîne le midi. Il y avait un gymnase dans l'enceinte des quartiers de Nike à Saint-Holomone. Et donc, je pouvais aller m'entraîner. Il me donnait des habits, on allait au magasin, il me donnait des habits tout neufs. Et derrière, je travaillais sur des projets. Et donc, chaque année, il me mettait sur des projets. Il m'a mis sur le Hoopy Rose à Bercy. Quand les joueurs NBA, Scottie Pippen, Charles Barclay sont venus, donc j'étais sur le projet. Il m'a mis sur plein de projets à chaque fois. Et soit je devais lui faire part de mes connaissances, que j'avais une réelle connaissance du basket high school et universitaire américain. Parce que j'étais abonné à Slam, mais j'étais abonné à d'autres magazines. New Sport avant, qui étaient des magazines de sport, qui parlaient de sport US en anglais. Donc j'avais toute cette culture. Et comme je les recevais chaque mois, tout ce que je disais, je l'avais en tête. Et en même temps, la chance que j'avais, c'est que j'étais à Sergi. Et à Sergi, il y avait le câble. Le câble avant tout le monde. Le câble était en test à la Défense et à Sergi. Donc j'avais accès au basket américain. Câble,
- Speaker #1
du coup, pour avoir les chaînes... D'autres chaînes que les chaînes hertziennes.
- Speaker #0
Et à l'époque, il n'y avait que six chaînes hertziennes. Et nous, on avait le câble. Ce qui fait qu'on avait MTV, on avait la culture hip-hop, et on avait les chaînes de sport qui nous permettaient d'avoir accès à des matchs universitaires et à la culture universitaire américaine.
- Speaker #1
Ça, c'était en quelle année ?
- Speaker #0
Ça, c'était les années 90 à... On va dire 99. Mais 88, le cap,
- Speaker #1
c'était 88. C'est pour les plus jeunes, en fait. Ils ne vont peut-être pas comprendre. En fait, il n'y avait pas beaucoup de chaînes à une époque. On n'avait pas accès à toutes ces chaînes-là. Et c'était s'ouvrir, en fait, à un autre monde, entre guillemets. Et du coup, tu as pu profiter de ça. Et vous, petite parenthèse, vous voyez sur l'expertise basket. Et là, on n'est qu'au début, en fait. Au début de notre échange.
- Speaker #0
C'est impressionnant. C'est impressionnant. Et celui qui m'a... qui m'a motivé à aller chercher encore plus d'informations, c'est Samir Hamoudi. Samir Hamoudi, c'est un footballeur américain qui est devenu journaliste et qui était spécialiste sur différentes chaînes du câble. Il est passé par RMC, l'équipe, BeinSport. Il était spécialiste de basket américain. Et à chaque fois, il m'apprenait des nouvelles choses. Donc à chaque fois, j'allais chercher les informations. Je demandais à mon réseau américain qui était le joueur qui est. Et je voulais savoir qui étaient les différents acteurs à mon âge. qui avaient des chances de percer parce que moi, j'étais encore dans l'optique de devenir un basketeur pro. Donc, il fallait que je comprenne comment eux travaillent pour moi arriver à ça.
- Speaker #1
Tu as fait ce rêve de devenir joueur NBA, il me semble, si on précise vraiment.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Il y a le fait de travailler, on va dire son talent, ses compétences, son jeu, et le fait de connaître le contexte. Et toi, tu as fait ce choix-là de comprendre dans quoi tu irais. Ce n'est pas forcément le choix de tout le monde. Pourquoi justement cette bascule ? C'est ce côté curieux que tu as ?
- Speaker #0
Il y a la curiosité, mais il y a aussi la volonté d'y arriver. Parce que finalement, on a tous des rêves. Mais au moment où on rêve tous, quand moi je commence le basket, je suis à l'aube de mes 15 ans. Deux mois plus tard, j'ai 15 ans. Tous ceux qui ont commencé avant moi, ils ont commencé quand ils avaient 5-6 ans. Donc moi j'arrive, je suis nul, première année. Et rapidement, avec le coach que j'ai eu, l'équipe que j'ai eue, j'ai évolué très rapidement dès la première année. Donc j'ai été pris en sélection du Val d'Oise, puis après en sélection Île-de-France. Deux ans après, j'étais en Espoir. Dans la même année où je suis passé Espoir, je me retrouve à faire des entraînements avec les pros, à être sur leur banc. Donc en fait, tout a été figurant.
- Speaker #1
Là, j'ai une question parce qu'effectivement, tu as progressé énormément vite. ils ont repéré aussi ton talent parce que je pense qu'il y en a qui t'ont donné la chance aussi et qui ont repéré ça. Tu jouais, tu as évolué, là on est pur basket, mais tu as évolué uniquement en club ou tu as joué à l'extérieur en streetball ?
- Speaker #0
Alors concrètement, je ne dirais pas streetball tout de suite parce que quand j'ai commencé à jouer, c'est avec mon voisin, Michael Nakache, nos maisons étaient mitoyennes. On avait une petite haie. Et il avait un panier de basket d'enfant, avec un petit ballon. Et on se faisait des concours de shoot. Puis après, quand on a commencé à être vraiment bons sur les concours de shoot, on mettait le panier devant notre parking et on jouait nous un contre un. Donc moi, mon jeu, c'était de jouer contre lui, lui contre moi. Bon, on dunkait parce que c'était des petits paniers. Et finalement, on a décidé de s'exporter vers le playground de la ville. Et puis moi, j'ai un cousin, un Moustapha Somari, qui jouait avec Moustapha Sonko. qui me dit, si tu joues au basket, viens jouer avec nous. Et il m'emmène au CIS à Cliancourt. Et donc au CIS à Cliancourt, il y a des joueurs qui sont professionnels ou qui sont nationals, une à l'époque, et qui sont très très forts, et qui sont le futur du basket français. Donc il y a Oustaf Fassonko, il y a Macron, Dumasci, je parle de ceux qui ont été en équipe de France. Et il y en a d'autres, il y a Tarek Abdouloahad, et il y a plein de joueurs qui sont professionnels, et qui sont jeunes, et qui jouent en street. à chaque vacances scolaires. Et moi, j'arrive dans cet univers, sorti de Saint-Olemon en département. Il faut comprendre que quand j'arrive là, il n'y a que des joueurs super forts. Mais je viens de l'écosystème de Sergi. En venant de l'écosystème de Sergi, j'ai MTV. Donc, comme j'ai des ongles qui sont aux États-Unis, je suis habillé comme un Américain. C'est-à-dire, à l'époque, on voit des baguilles, on voit des chemises larges que dans le Prince de Bel-Air. Et j'ai la chance d'avoir un cousin qui était tout le temps aux Etats-Unis, à Madone-Sidipé, le fondateur du K54, et lui, il allait déjà emmener des habits. Et donc, je me retrouve habillé comme un Américain, et surtout, je suis dans l'écosystème de Sergi, très bon étudiant, je fais du théâtre, et mon kiff, c'était de devenir basketteur ou rappeur. Donc, j'intègre un groupe de rap. Et en rappant, mon cousin m'emmène à OCS Cliancourt en disant « J'ai un cousin qui fait du basket, il faut qu'il joue. » Et à Cliancourt, à cette époque, il y a 200 joueurs dans le gymnase, mais il y a 5 équipes, il y a 25 joueurs qui jouent. Les autres, ils regardent. Mon cousin me présente et ils me font jouer avec eux. Je ne suis pas bon, donc je me fais tirer les oreilles par tout le monde. Les jeunes, c'était à l'époque Thierry Zieg. On n'était pas beaucoup. Il y avait Mickaël, Uri, Thierry Zieg et moi, on était 76, 75. à venir jouer, sinon tous les autres c'était des 72, 71, c'était plus vieux. Et il se trouve qu'on joue, et puis quand on finit de jouer, à l'époque, dès qu'on terminait, on allait au KFC à Châtelet, et mon cousin dit, lui il rappe. Donc je rappe. Et quand je rappe, tu vois plein de grands, 2,5 mètres, 30 kilos et en bas, qui sont en train de danser à côté de moi. Mais il est trop fort, il est trop fort. Il est plus fort que Shabarang. Et donc, je suis devenu un peu leur chouchou. Et tu reviens demain, tu reviens demain. Et du coup, j'ai commencé à jouer avec eux. C'est-à-dire que j'ai joué avec Moustapha, avec Magloire, avec Madiane, avec tous les joueurs de l'époque qui étaient des joueurs connus sur les Playgrounds. Et en fait, ils m'ont aidé à réussir mon niveau de jeu. à être dans la diversité beaucoup plus forte et à me dire que potentiellement, moi aussi, je peux y arriver. Et puis, ils étaient tous dans des grands clubs. Moi, j'étais en département. Et je ne connaissais pas les voies pour arriver au haut niveau. Et c'est dans ce mix de personnes que j'ai rencontré que j'ai commencé à comprendre qu'il y avait des centres de formation, qu'on pouvait aller jouer plus haut, qu'on pouvait être en sélection. Et c'est ce qui m'est arrivé, finalement, c'est que je... Dans ce parcours un peu sinueux, rapidement, j'ai été repéré parce que je défendais bien, parce que j'étais athlétique et que j'apportais à l'équipe et que j'étais déterminé. J'étais une vraie force, donc du coup, j'ai été pris.
- Speaker #1
Du coup, au centre de formation du PSG. Je ne savais même pas qu'il y en avait un à l'époque.
- Speaker #0
À l'époque, juste pour la petite histoire, c'est un ami en sélection qui partait à La Rochelle, qui était en premier à l'époque en centre de formation, qui me dit Bon, moi, j'étais au Racing. Je t'ai recommandé, tu vas y aller. Et j'y vais. Il me dit, c'est un centre d'information, si tu vas, t'inquiète pas, t'es grand, ils vont te prendre. J'y vais et je passe les tests et je marche sur tout le monde. Donc, je ne comprends pas ce qui se passe. Et le coach dit, en fait, ce qui serait mieux, c'est que tu reviennes demain. Parce qu'on nous a dit que tu étais grand, athlétique et tout, mais ici, c'est l'équipe 3, t'as rien à faire ici. Je dis, mais l'équipe 3 de quoi ? C'était l'équipe 3 cadettes.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc, je reviens le lendemain. Franck me reçoit, je fais l'entraînement, je marche sur tout le monde, il me dit « mais t'as rien à faire ici, faut que tu reviennes vendredi » . Et l'équipe, je dis « mais je comprends pas, c'est quoi ces systèmes ? » Mon père dit « moi je veux pas faire tous les jours Saint-Ouen-de-Port-de-Clichy » . Et je me retrouve rapidement à revenir le vendredi en Cadet France à l'époque, donc U18 France. Et là, on est en avril, et le coach dit « moi chaque entraînement, je garde deux joueurs, parce qu'on venait faire des essais. Si je vous garde, vous pouvez revenir » . si je vous garde pas vous revenez jamais pour moi c'est clair et donc en fait à chaque entraînement il donnait une liste de noms c'était tous les noms qui ne revenaient pas donc en fait chaque entraînement mon coeur sortait c'est quoi cette torture je sais pas qui c'était mais c'est quoi cette torture et donc c'était le coach lui il s'appelait Dorigo bah jusqu'à fin juin je revenais tous les vendredis et finalement il a jamais dit mon nom et donc fin juin il me dit bienvenue au Racing donc tu vas jouer avec moi Mais j'ai donné ton profil au centre d'information, je pense que tu vas aller jouer en espoir. Effectivement, j'ai été pris avec eux. À l'époque, dans mon équipe, il y avait Joseph Bissang, qui est le président du syndicat des arbitres Euroleague. J'ai été pris au centre d'information du PSG, alors que j'avais en réalité un an et deux mois de basket, parce que j'ai fait deux ans de basket au préalable, avec huit mois d'arrêt parce que j'avais mal au dos. Croissance trop rapide.
- Speaker #1
il n'y en a que cette chance-là, une croissance trop rapide, une croissance courte, mais en fait, déjà, tu as donné tellement de noms qui, pour moi, sont des grands noms des personnalités du basket français, qui ont évolué et qui ont fait leur cheminement jusqu'à aujourd'hui, et toi, tu n'as jamais eu d'appréhension ? On rentrait avec les grands, entre guillemets. OK, tu rappais, etc. Mais tu devais montrer que tu étais capable, en fait, sur le terrain. Au centre de formation, quand tu as fait justement les essais, à chaque entraînement, on te dit peut-être que tu ne vas pas être pris. Tu étais quand même à 100 %. Tu ne te posais pas de questions. Tu disais, j'y vais à fond.
- Speaker #0
En fait, ce qui a changé la donne, c'est une information que je n'ai pas donnée. C'est que j'étais en sélection et celui qui m'a recommandé, il a dit quelque chose qui, moi à l'époque, j'étais très susceptible. Donc les mots, c'était super important. Je fais très attention à l'autre. Je fais très attention à ce que je dis. Je prends soin de l'autre. Et quand j'étais ado, je n'acceptais pas qu'on me fasse de coups fourrés, qu'on parle mal de moi ou qu'on me trahisse. Et mon ami qui part à La Rochelle et qui me recommande Racing, en vrai, la phrase qu'il a dite, c'est « Il est grand, il est athlétique, il défend bien. Il est nul, mais il fera l'affaire. » Et quand le coach de l'équipe 3 me dit ça et qu'il me dit que je n'ai rien à faire là, en fait, je le prends. en grippe. Aujourd'hui, c'est un marketing manager chez Adidas. Je crois qu'il est à La Réunion maintenant. C'est un peu ta moi, mais bon. Il avait dit ça. Et quand il a dit ça, mon mindset s'est transformé. Et en fait, ça a changé ma vision des choses. Et j'ai dit, en fait, je n'ai plus d'amis. Parce que je le prenais pour un frère. Et pour moi, il m'a sali. Parce que je n'étais pas nul. La preuve, c'est mon ascension fulgurante à un moment donné. Et je suis rentré sur le terrain déterminé. Et en plus de ça, quand je suis arrivé en équipe 1, la U18 France du PSG, du Racing à l'époque, le coach avait demandé aux espoirs de décembre et au mec qui était fort de m'intimider pour voir comment j'allais réagir. Et ça a forgé mon caractère. Ça veut dire que j'ai changé complètement. fermé. Quand je rentrais entre les quatre lignes du terrain, j'avais plus d'amis. Moi, je suis nul, on va voir. J'attends que tu ne touches pas la balle. Et quand tu vas toucher la balle, tu ne marques jamais avec moi. Tu vas souffrir. Et donc, c'était mon point d'ordre. Et donc, ça, ça m'a emmené, ça m'a permis d'évoluer pendant très longtemps, jusqu'à ce que j'arrive en Croatie. Mais bon, c'est un autre sujet.
- Speaker #1
C'est un autre sujet, mais moi, je trouve ça... En fait, j'entends et je comprends ce que tu dis. À un moment, tu veux prouver que tu n'es pas nul, tu as ta place et tu peux aller la chercher.
- Speaker #0
Ça fait tomber toutes les barrières. En fait, tu n'as plus de peur. Tout ce que tu as à faire, c'est prouver. C'est élever ton niveau de jeu, mais surtout élever ton niveau de concentration. Ce n'est pas te laisser prendre par les émotions, c'est vivre l'instant en se disant comment je peux optimiser chaque instant. Et en fait, quand tu rentres dans ce... Dans ce mindset-là, c'est comme si tu étais dans la zone. Parce que quand tu es dans cette zone-là, ton focus est tel que tu veux constamment. Tu vas marquer les gestes que tu connais. En tout cas, si tu les maîtrises, tu vas les faire à la perfection dans le bon timing. Les opportunités, tu vas les saisir au bon moment. Il n'y aura pas de train que tu vas laisser passer.
- Speaker #1
Tu vois ? Merci pour la petite référence, Slam Dunk. Moi, tu es dans la zone. Je vois déjà les images pour ceux qui connaissent.
- Speaker #2
Ce qu'on entend ici, ce n'est pas juste le début d'un parcours, c'est une construction. Le sport comme point de départ, pas seulement comme passion,
- Speaker #1
mais comme cadre. Un cadre qui impose des règles, rigueur, répétition, discipline, exigence. Et sans forcément en avoir conscience, il développe déjà des réflexes qu'on retrouve ailleurs. Apprendre à tenir, à progresser, à rester concentré quand ça devient difficile. Parce qu'au fond, ce qu'il construit sur le terrain, Il le réutilisera plus tard, ailleurs. Et c'est là que la bascule commence. On en parle dans le prochain épisode.