- Speaker #0
Aujourd'hui, ma réussite, c'est que moi, j'ai vu mes parents charbonner. Et si tu veux, de voir où j'en suis aujourd'hui, c'était pas prévu. Moi, à part la banlieue, d'où je venais, je connaissais pas grand-chose. Donc je passe de Vitry à Porto. Il faut vite, vite t'imprimer de la culture, t'intégrer. Et tu n'as pas droit à l'erreur. J'ai mis un terme à ma carrière, vers 32-33 ans. Tu sais quand t'as l'habitude de travailler tous les matins. pour aller aux entraînements, faire ta petite sieste habituelle, avoir ton train-train, et que soudainement tout doit s'arrêter, il faut dire les termes, ça fait peur. Je me rappelle, une fois, il y a le père d'un joueur qui est venu me voir, et il m'a dit, écoute Amadou, je voudrais que ce soit toi qui accompagne mon fils. Ça a été un déclic à partir de là. Le meilleur des apprentissages, c'est de travailler avec les jeunes. Les coulisses du foot pro. Donc il sort chez Solar Editions Sport et je me suis totalement livré comme jamais et ça a été une expérience franchement extraordinaire.
- Speaker #1
Bienvenue dans Focus Sportpreneur, là où l'entrepreneuriat rencontre l'énergie du sport. Je suis Vanina, passionnée de basket et experte en gestion éventuelle. Ici, on parle de résilience, de discipline et de leadership, mais surtout de parcours inspirants et de stratégies concrètes pour structurer. et développer ton activité. Parce qu'en business comme sur le terrain, c'est la vision et l'entraînement qui font la différence. Prête, prêt à entrer dans le game ? Bonjour sur Focus Portpreneur. Je suis ravie et j'ai l'honneur d'accueillir Amado Conté. Bonjour.
- Speaker #0
Salut, salut Vanina. Tu vas bien ?
- Speaker #1
Oui, je vais bien et toi ?
- Speaker #0
En tout cas, ça me fait très très plaisir d'être avec toi. Faut qu'on va échanger.
- Speaker #1
Merci. Le plaisir est partagé en tout cas, de passer ce moment-là d'échange. Est-ce que tu peux me dire quel est ton métier aujourd'hui ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, je me définis comme un agent sportif, avant tout, conseiller sportif. Mais le terme officiel, c'est agent intermédiaire FIFA, c'est-à-dire... Tout ce qui est accompagnement de joueurs professionnels dans la gestion de leur carrière, de leur image et de leur parcours professionnel tout simplement. Agent intermédiaire FIFA.
- Speaker #1
J'ai regardé, j'ai fait mes petites recherches un peu agent intermédiaire FIFA pour te dire, j'ai cherché la définition exacte. Un agent est défini comme une personne physique disposant d'une licence de la FIFA, l'autorisant à fournir des services d'agent au nom d'un client. dans le but de conclure une transaction. Cette personne peut représenter des joueurs, des entraîneurs, des clubs, des ligues, centraliser des associations de membres. Et toi, tu as même été plus loin parce que tu parles d'accompagnement et je voulais avoir justement ta définition d'un agent.
- Speaker #0
C'est un petit peu tout ce que tu viens de dire. Après, tu gères aussi l'humain, tu gères bien plus qu'une simple carrière de footballeur. C'est assez large quand même. Après, il y a ce qui est dit. officiellement, mais en vrai, le métier d'agent, il est très, très complexe et très, très large.
- Speaker #1
Tu as raison de remettre l'humain au centre. Et surtout que toi, tu as un parcours, je ne vais pas dire particulier, mais tu es quand même un ancien joueur professionnel de foot pendant dix ans. Et tu es parti à l'âge de 19 ans de chez toi pour entrer dans un club professionnel, le FC Porto,
- Speaker #0
si je ne me trompe pas. Exact, exact.
- Speaker #1
pour comprendre... Un peu tout ça. Et avant même, parce que je ne l'ai pas dit, messieurs, dames, Amadou, tu vas sortir un livre. Là, on est en mai, si je ne me trompe pas. Nous sommes le 6 mai. Il sort le 15 mai. Tu peux donner le nom de ton livre, s'il te plaît ?
- Speaker #0
Les coulisses du foot pro. Donc, il sort chez Solar Edition Sport. Donc, le 15 mai, comme tu l'as dit. Et je me suis totalement livré comme jamais. Et ça a été une expérience franchement extraordinaire.
- Speaker #1
Merci déjà pour le partage que tu as fait dans ce livre qui sort bientôt. Et merci aussi pour le partage que tu as fait maintenant. Avant qu'on rentre un peu plus dans le livre, je voudrais bien que tu me dises si tu devais me parler du jeune Amadou de 19 ans avant d'aller à Porto, tu me dirais quoi ?
- Speaker #0
Bah écoute, comme tu l'as dit, moi j'ai commencé ma carrière professionnelle à 19 ans, ensuite j'ai un petit peu bourlingué, j'ai tourné un petit peu partout, les quatre coins du monde. Et j'ai mis un terme à ma carrière vers 32-33 ans. C'était une carrière modeste, très enrichissante, parce que j'ai beaucoup voyagé. Au-delà de l'aspect footballistique, ça m'a énormément enrichi humainement. Et je crois que c'est la plus belle des choses pour moi, de pouvoir observer le monde, les cultures, les différents horizons, tout simplement. Et ça a fait de moi, en vrai, ce que je suis aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci. Parce que, du coup, tu dis que c'est ce qui a fait ce que tu es aujourd'hui. De manière générale, le sport a permis de te construire, même au-delà d'une carrière. Totalement. Que tu en ressors par rapport au sport. Effectivement, tu étais au football, tu as pratiqué le football. Mais qu'est-ce que ça a permis, toi ? Qu'est-ce que tu penses que ça t'a enseigné ou t'a permis d'être aujourd'hui ?
- Speaker #0
Déjà, de mieux comprendre l'humain. Moi, je suis originaire de Vitry-sur-Seine, banlieue parisienne, donc avec les codes d'un jeune banlieusard. Et déjà, les codes d'un jeune banlieusard ne sont pas les codes d'un Parisien, pour commencer déjà, alors qu'on est à simplement une heure de distance. Et le fait d'avoir voyagé entre le Portugal, l'Écosse, l'Angleterre, la Grèce, l'Indonésie, et j'en passe, forcément ça t'ouvre à d'autres horizons, d'autres façons de penser, d'autres modes de penser tout simplement. Que ce soit à travers les principes de vie, la religion, etc. Et comme je te l'ai dit plus tôt, c'est... C'est un enrichissement qui n'a pas d'égal. Parce que c'est ce qui m'a construit, comme je te l'ai dit, au-delà de ma carrière. Et ce qui fait qu'aujourd'hui, j'ai une analyse totalement différente sur la gestion de mes joueurs. Et que je travaille avec des joueurs venant de... De toute horizon, de toute nationalité. C'est-à-dire que moi, dans mon agence, j'ai des joueurs maghrébins, des joueurs africains, des joueurs des pays de l'Est. Ouais, vraiment. Et j'ai vraiment un petit peu de tout. J'ai des Brésiliens, bien évidemment des Français. Et ça me permet aujourd'hui de mieux gérer cet accompagnement. Justement parce que j'ai également eu une expérience à l'étranger qui me permet de mieux gérer tout ça.
- Speaker #1
Tu le dis depuis tout à l'heure, c'est accompagnement. Agent de joueur, même si ça a l'air très contractuel quand on lit la définition.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Toi, tu parles d'accompagnement, tu parles d'humain. Tu es quand même parti à 19 ans de chez toi. Il me semble que tu ne parlais pas portugais en plus à l'époque. Comment tu l'as vécu en fait ce transfert ?
- Speaker #0
Je parle toujours pas portugais. J'avais appris quelques mots, mais entre-temps, j'ai tout oublié. D'ailleurs, je tiens à préciser que c'était une très belle expérience. Le Portugal, c'est un très beau pays, des très bonnes personnes également. Moi, cette expérience, je ne te cache pas que ça a été très difficile. Parce que c'est la première expérience. Et comme je te l'ai dit plus tôt, moi, à part la banlieue, d'où je venais, je ne connaissais pas grand-chose. Donc, je passe de Vitry à Porto. Et ça a été difficile, cet éloignement. Je te parle de ça, d'une époque où ce n'était pas vraiment encore à la mode de voyager. Aujourd'hui, tous les jeunes y voyagent, c'est démocratisé. Aujourd'hui, c'est bien, c'est beaucoup plus facile. Moi, je te dis ça, on était en 2001. Donc, quand j'arrive à Porto, dans le club, on est peut-être deux ou trois Français. Mais il y a des joueurs déjà confirmés de l'effectif, comme pour les plus anciens, ceux qui connaissent, d'Acosta. Coutinho, Victor Baia. Il y avait qui d'autre encore ? Il y avait des joueurs qui parlaient un petit peu français, mais c'était très compliqué déjà, la barrière de la langue. Parce que le portugais, c'est une langue qui est assez forte. Et comme je te l'ai dit aussi, à 19 ans, il faut vite t'imprimer de la culture, t'intégrer. Et tu n'as pas droit à l'erreur, parce qu'il n'y a personne qui te fera de cadeau. Donc du coup, ça a été une expérience très difficile, mais en même temps très enrichi. enrichissante qui m'a énormément servi pour la suite de ma carrière.
- Speaker #1
Qui t'a fait grandir aussi, puisque tu avais la famille, tu avais les potes à Vitry, en Ile-de-France, et à Porto, tu étais tout seul, tu étais accompagné, tu avais quelqu'un de ta famille ?
- Speaker #0
J'étais tout seul, ils m'ont mis dans un appartement. Et c'est vrai que chaque soir, j'étais au téléphone avec ma famille pour justement essayer de combler ce vide. Mais ça a été compliqué. Mais aujourd'hui, ce que je retiens, c'est qu'il y a beaucoup plus de facilité pour les jeunes joueurs qui vont à l'étranger. Les choses sont mises à disposition pour que ces joueurs puissent se sentir à l'aise tout de suite. Moi, à mon époque, c'était déjà un peu plus compliqué. Mais c'était pas mal.
- Speaker #1
Je dis souvent que j'ai eu un échange avec des amis. Moi, je suis issue du monde du basket, de la sphère basket. Le basket permet de se connecter quel que soit le pays où tu es. Tu es arrivé à Porto avec des joueurs de multiculture, de multipays. Finalement, c'est le jeu. qui a été pris. Comment ça s'est fait en fait ? Comment tu te connectes avec des gens justement qui ne parlent pas la même langue que toi, mais jouent le même sport que toi ?
- Speaker #0
C'est toute la magie du football en vrai. C'est que le football fédère, c'est le sport le plus populaire, on le sait tous. Il y avait beaucoup de Brésiliens, il y avait beaucoup de Brésiliens, il y avait des Espagnols, on était très peu de Français. Et justement, la magie du football fait que tout coordonne en fait. On a tout coordonné, on est là pour le même objectif. Et ça, c'est fort, ça. Il faut le souligner, tu vois. On a tendance à pointer du doigt le côté un petit peu négatif du football, mais ça, c'est une chose franchement fantastique. Et plus le temps passe, on s'en aperçoit encore aujourd'hui. Le seul sport qui réussit à fédérer... toutes les cultures, les religions, etc. encore aujourd'hui, c'est le football. Et ça, c'est beau, il faut le préserver. C'est pour ça que je dis souvent, laissez la politique en dehors du football, s'il vous plaît.
- Speaker #1
L'humain, encore. La connexion, l'humain, le réseau, la synergie, et sans même, en fait, des fois, savoir parler la langue. On parle la même langue, en fait, sur le terrain. On parlait du foot et moi, je le vois aussi au basket. Donc, merci pour le partage. Tu as une carrière de 10 ans. À peu près, si je ne me trompe pas, de 19 ans jusqu'à 32.
- Speaker #0
32, c'est ça. 32, 33, plus ou moins, c'est ça.
- Speaker #1
Tu as arrêté ta carrière. Qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ? C'est-à-dire, qu'est-ce que tu as fait par la suite ?
- Speaker #0
Moi, j'ai arrêté ma carrière. C'était aussi, comme je dis souvent, ce n'est pas évident de passer 10 ans à l'étranger. Donc, chanter, c'était le moment. Je commençais à avoir de multiples blessures, notamment au niveau des adducteurs. Et puis il faut savoir dire stop quand le corps ne répond plus présent tout simplement. Voilà, certains joueurs poursuivent leur carrière jusqu'à 40 ans, et d'autres à 32, 33, c'est propre à chacun. Après, il faut connaître son corps, et c'est vrai que ça peut faire peur de dire stop après 10 ans. Tu sais, quand tu as l'habitude de travailler tous les matins, pour aller aux entraînements, faire ta petite sieste habituelle, avoir ton train-train et que soudainement tout doit s'arrêter. Il faut dire les termes, ça fait peur. Ça fait peur et ça peut aller au-delà de la peur. Il faut dire les termes aussi. Certains finissent en dépression. Et ça, c'est une réalité parce qu'encore une fois, on n'est pas préparé à ça. On n'est pas préparé à la précarrière. Donc moi, j'ai eu la chance d'avoir comme transition mon association. avant de passer à Jean, et c'est ce qui m'a permis de garder cet équilibre.
- Speaker #1
C'est l'association Talents Sports Avenir, si je ne me trompe pas ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Quel était l'objectif de cette association quand tu l'as créée ?
- Speaker #0
Comme tu l'as compris, je suis beaucoup axé sur l'humain, pour moi c'est important. Donc je voulais garder cette connotation à travers l'humain, tout en restant connecté au football. Donc l'association, ça réunissait ces deux principes que je m'étais fixé, c'est-à-dire l'humain et le football. Cette association avait pour but de relancer les joueurs des centres de formation non conservés. Parce qu'il faut savoir... qu'en centre de formation dans le milieu du football, les jeunes, notamment avant leurs 18 ans, il y a énormément de joueurs qui ne sont pas conservés après avoir passé plusieurs années en centre de formation. Et bien souvent, malheureusement encore une fois, ces jeunes ne sont pas préparés à l'échec. C'est très important ça. Donc si tu veux, je récupérais des jeunes en compote, qui venaient avec leurs parents, et voilà quoi. On les remettait dans le droit chemin, entraînement tous les jours, etc. Des mises en relation pour leur dire... qui avaient une vie après le centre de formation et que le parcours n'était pas forcément linéaire, centre de formation, club pro. D'ailleurs, il y a plein de joueurs qui ont eu des très belles carrières sans être sortis professionnels dans leur club de centre de formation, tout simplement.
- Speaker #1
Donc, tu leur as apporté une structure. pour qu'ils continuent à être aussi dans le rythme, au cas où s'ils rejoignent un club ou un centre de formation. Et t'accompagner aussi, parce que là on parle des jeunes, je crois que tu as accompagné à peu près 500 jeunes, si je ne le trompe pas, c'est pas rien. Qu'est-ce qui a changé entre l'époque où tu avais ton association et maintenant ?
- Speaker #0
Dans les 6-7 ans d'accompagnement, Il y a peut-être 500 gamins qui ont dû passer par l'association, la moitié qu'on a réussi à replacer, à relancer. Le travail est immense parce qu'avant tout, il est psychologique le travail. Parce que tu te doutes bien qu'un jeune est très très fragile quand il n'est pas conservé du centre de formation, retour à la maison, 4-5 ans de sacrifice. néant et du coup il faut le relancer et avant que les jambes fonctionnent il faut déjà remettre la tête à l'endroit et les jeunes ils comprennent pas ils ont pas l'expérience, ils comprennent pas tout tout de suite donc ça passe par beaucoup d'échanges avec les jeunes, avec les parents Donc, comme je te l'ai dit, il y avait un entraînement par jour, des matchs amicaux, des stages à l'étranger, en Italie, en Espagne, etc. Et bien, mon carnet d'adresse, mes réseaux, les joueurs qu'on a réussi à replacer, après, forcément, on ne peut pas faire de miracle. On ne peut pas replacer tout le monde, mais en tout cas, il y a eu un taux assez élevé quand même. Et du très bon travail qui a été fait, avec très peu de moyens, parce que ça reste une association quand même à but lucratif. les subventions sexuelles avec ses galères pour en avoir, tu dois monter des projets, etc. C'était une expérience de ma vie, encore une fois, comme je le dis, c'était la transition parfaite juste avant de passer en société, agence, et c'est ce que je fais aujourd'hui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu retiens de cette période associative ?
- Speaker #0
Je retiens que les jeunes, ils ont besoin d'être accompagnés dans les centres de formation. C'est la chose qui m'a le plus marqué. en terme de psychologie comme j'ai, tu vois, leur apprendre que vous pouvez aussi échouer. et rebondir dans autre chose. Vous ne serez pas tous des footballeurs professionnels. C'est peut-être dur à l'entendre, mais il faut le dire, parce qu'il ne faut pas leur vendre du rêve. Il faut leur dire, ces jeunes. Donc moi, ce que je retiens, c'est qu'il faudrait plus de psychologues, mettre des cellules de psychologues pour justement accompagner ces jeunes, pour qu'ils puissent se réinsérer en cas d'échec, tout simplement.
- Speaker #1
Psychologue ou coach mental ?
- Speaker #0
Les deux, parce que les deux sont importants. Coach mental aussi, et puis psychologue, parce qu'on a tous un caractère, sensibilité différent. Donc certains vont se retrouver avec un psychologue et d'autres avec un coach mental. Mais pourquoi pas les deux ?
- Speaker #1
C'est compatible. Ce n'est pas incompatible. Bien sûr,
- Speaker #0
totalement.
- Speaker #1
Je travaille aussi avec des associations, et une notamment, All Parisian Basketball. Donc là, on parle de la sphère basket. On dit souvent que 99% des joueurs qui passent chez nous, c'est des jeunes, ils ne sont pas forcément pros, ils ne vont pas devenir pros. Qu'est-ce qu'ils vont faire en fait à côté ? Ils ne vont pas tous devenir des Wembi, parce qu'il y a le projet Wembi, comme il peut y avoir des projets Babé. C'est comment on peut les accompagner en fait dans ce sens-là ? Ok, c'est peut-être des projets associatifs, des projets entrepreneuriaux. Ça peut être effectivement comment poursuivre ses études, donc on les accompagne sur cette partie-là. Et donc, après, donc... 10 ans de carrière joueur pro, 5-6 ans en associatif, et tu es devenu agent de joueur. Par rapport à ce que tu m'as dit dans l'accompagnement que tu as fait avec l'association, j'ai l'impression que ce que tu fais aujourd'hui, finalement, c'est un cheminement naturel. Exactement. C'était une bonne transition. Qu'est-ce qui a fait que tu es passé agent ?
- Speaker #0
Voilà, très bonne question. Après, ça ne faisait pas partie du plan. Moi, j'étais voué complètement dans mon projet d'association et j'aimais beaucoup ce que je faisais. Mais comme tu le sais, quand tu as une association, tu ne génères pas beaucoup d'argent. Et il faut bien vivre également. Et la deuxième chose aussi, pour être sincère, c'est qu'il y a de plus en plus de joueurs qui me sollicitaient comme un agent, alors que je n'avais pas le statut d'agent. Et je voulais pas avoir ce conflit d'intérêt. Moi, j'étais pas un agent. Donc, finalement, je faisais des mises en relation avec des agents. Et ça se passait pas toujours bien. Et du coup, quand tu prends la responsabilité de présenter un agent à un joueur et que ça se passe pas bien, tu sais comment ça se passe. Après, on revient vers toi. Oui, l'agent que tu m'as présenté, etc. Donc, j'ai arrêté par la suite de faire des... Alors que ça faisait partie du projet. Bon, du moins, je n'ai pas arrêté, mais je prévenais en amont, en prévenant que je n'étais pas responsable en cas d'échec. Voilà, parce que tu ne peux pas arrêter de faire une relation. Et je me rappelle, une fois, il y a le père d'un joueur qui est venu me voir, un joueur qui joue à Monaco d'ailleurs. Et il m'a dit, écoute, Amadou, je voudrais que ce soit toi qui accompagne mon fils. et c'est vrai que ça a été un déclic à partir de là et à partir de là je me suis dit écoute je vais voir ce que ça donne ça m'a fait plaisir cette considération plus un jour qu'il jouait en stand de formation à Monaco c'était la génération, il y a qui qui est sorti de cette génération il s'appelle Jason Madu il y en a un ou deux qui ont terminé pro lui par la suite il s'est orienté dans autre chose Mais si tu veux, ça a été vraiment le déclic. Et donc du coup, à partir de là, je me suis prêté au jeu et ainsi de suite, entre les pères, les joueurs qui venaient me voir en me demandant « Amadou, je veux que c'est toi qui sois mon représentant » . Et au bout d'un moment, il faut structurer tout ça. Donc de là, j'ai créé ma société, j'ai commencé à m'entourer d'un avocat comptable, etc. Mais encore une fois, là tu pars du bas de l'échelle. Ce qui t'attend derrière, c'est beaucoup de travail pour essayer d'arriver au sommet.
- Speaker #1
Tu disais justement, tu as fait en sorte de te professionnaliser.
- Speaker #0
C'est ça, exactement.
- Speaker #1
Tu peux m'en parler un petit peu, s'il te plaît ?
- Speaker #0
C'est ça. Donc, il y a des dates prédéfinies de la FIFA. La FIFA, si tu veux, c'est l'organisation mondiale. Chaque pays passe des examens et tu passes comme un examen classique. Tu as une série de questions, de réponses et tu dois avoir un certain nombre de bonnes réponses pour valider ton examen. Donc, il y a beaucoup de droits juridiques, etc. Ça va être assez varié. Et une fois que tu as la validation, tu es qualifié comme agent en termes de FIFA.
- Speaker #1
Ok. Tu dois le préparer, ça ? Comment ça se passe en termes de préparation ?
- Speaker #0
Comme un examen classique, tu as tes révisions, etc. Tu ouvres les bouquins. Tu révises tout, quoi. Et être prêt au jour J pour répondre et valider ton diplôme.
- Speaker #1
Donc, d'une certaine façon, tu es retourné à l'école. Carrément. Tu es redevenu un étudiant.
- Speaker #0
C'est carrément ça. Après, ce qui est bien, c'est qu'aujourd'hui, tu peux le passer aussi à distance. Tu n'es plus obligé de te présenter sur place. Ça a évolué maintenant. Et puis, avant d'être agent intermédiaire FIFA, tu étais, on va dire, entre guillemets, conseiller sportif, tu vois, conseiller sportif. Et après, agent intermédiaire FIFA, c'est officiellement, là, tu as le titre officiel.
- Speaker #1
Et tu peux représenter, du coup, les joueurs.
- Speaker #0
Exactement, contractuellement, etc., etc.
- Speaker #1
Donc, tu accompagnes des joueurs pros aujourd'hui. Donc, tu en as une cinquantaine et tu en as une trentaine sous contrat. C'est bien ça ?
- Speaker #0
Exactement, ça va plus ou moins une cinquantaine, un peu plus de 30 sous contrat. Les autres, c'est avec des mandats, parce qu'il y a différents types de contrats de collaboration. Il y a des contrats de représentation, justement. Il y a des mandats exclusifs, non exclusifs, des autorisations. C'est pour ça que je te dis une cinquantaine de joueurs. sous contrat en joignant les deux, c'est-à-dire mandat plus contrat de représentation. Et officiellement, sous contrat de représentation, j'en ai un peu plus de 30.
- Speaker #1
D'accord. On parle de joueurs, mais à la base, ce sont des jeunes joueurs avec des rêves. Comment tu les accompagnes humainement aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, il faut savoir qu'aujourd'hui, contrairement à l'association, ce n'est pas le même accompagnement. Avec l'association, c'était des jeunes qui sortaient de ces centres de formation. Et tu n'accompagnes pas de la même façon un jeune qui sort de la descente des formations et un joueur professionnel confirmé. Moi, il faut savoir qu'aujourd'hui, à ce jour, tous les joueurs que j'accompagne ont un statut professionnel. Et c'est des joueurs... professionnels, qui ont des très bons salaires, qui ont des vies de famille, etc. Donc l'accompagnement, il est beaucoup plus mature. Et là, forcément, c'est plus agréable. Mais je pense que mon expérience au sein de l'association, le fait d'avoir travaillé avec beaucoup de jeunes, Ça m'a formé comme pas possible. Aujourd'hui, c'est ce que je dis souvent, c'est ce que je dis aux jeunes agents quand ils me consultent pour me poser deux, trois questions sur le cheminement. Je leur dis tout simplement, le meilleur des apprentissages, c'est de travailler avec les jeunes. Parce qu'avec les jeunes, tu vas tout connaître. Tu devras gérer le jeune, ses émotions, ses caprices, les parents parfois qui sont plus capricieux que les jeunes. Les tontons, etc. C'est super formateur, c'est bien ça.
- Speaker #1
Je reviens en arrière, mais tu disais jeunes. Ils avaient quel âge, les jeunes que tu as accompagnés sur la période d'association ?
- Speaker #0
Entre 17, 16, 17. Et après, ça pouvait aller jusqu'à 20 ans. Ouais. Ouais, jusqu'à 20 ans. Parfois, il y avait des joueurs professionnels aussi, mais assez jeunes. On ne prenait pas au-dessus de 23, genre. On avait un noyau de jeunes joueurs relativement.
- Speaker #1
Tu dis accompagnement, mais là maintenant, c'est de la collaboration finalement.
- Speaker #0
Aujourd'hui, je suis vraiment dans... Ça reste de l'accompagnement, mais tu peux aussi employer le terme collaboration. Mais c'est totalement différent, effectivement.
- Speaker #1
D'accord. Et on est quand même... Le football aujourd'hui, on entend des montants quand même énormes. Donc, tu dois gérer l'humain dans un monde de gros chiffres. En gros, c'est ça. Comment tu fais pour garder la lucidité, justement, parce qu'il y a des contrats importants, il y a la vie d'un joueur peut-être jeune. Comment tu fais, justement, pour être lucide et rester lucide, en fait, avec tout ça ?
- Speaker #0
Ce n'est pas évident. Je m'adapte en fonction de mon client, quand j'ai mon client en fonction du joueur, parce qu'on a tous un rapport différent à l'argent. Donc, je m'adapte beaucoup au joueur et son entourage. Et en fonction du profil, j'ai un positionnement. Je te donne un simple exemple. tu as un joueur issu d'un milieu précaire, on va dire, et que les besoins de la famille passent par lui, là, tu comprends tout de suite que... que lui n'est pas là pour plaisanter, et puis l'argent, ça représente énormément pour lui. Tu vois ? Et quitte à sacrifier sa carrière, entre guillemets, en allant dans certaines destinations pour prendre plus d'argent, il n'hésitera pas une seule seconde. Là où d'autres joueurs diront, je préfère prendre un petit peu moins, mais aller dans ce pays... plutôt qu'aller là-bas. Parce qu'il n'est pas forcément dans le même besoin, il n'y a pas forcément la même pression familiale, etc. C'est pour ça que je te dis, c'est vraiment du cas par cas, quand je gère mes joueurs. Mais encore une fois... Aujourd'hui, le football, ça génère beaucoup d'argent. Tout le monde veut devenir millionnaire parce que, après, tout ce qu'on voit à la télé, c'est des chiffres réels. Mais ce n'est pas les chiffres de tout le monde.
- Speaker #1
Tu fais bien de dire qu'il ne faut pas vendre du rêve. En préparant l'émission, tu me parlais du projet. Beaucoup veulent faire du projet Mbappé et au basket, le projet Wemby. Exact. Bon, ils sont jeunes, ils viennent d'arriver, mais en fait, ça a toujours été le cas depuis plusieurs années. Dans notre échange, c'est ce que j'avais perçu, c'est être au centre, l'humain est au centre, tes valeurs, l'éthique. C'est comme ça que tu essayes d'accompagner ou collaborer avec les joueurs aujourd'hui. Est-ce que c'est ce que tu attendais, toi, par exemple, quand tu étais joueur ?
- Speaker #0
Tu sais, moi, je... Moi j'ai vu mes parents charbonner déjà très tôt. Mes premiers souvenirs, j'avais 5-6 ans. Je voyais les parents aller travailler toute la journée, rentrer le soir et c'était fracassé. Et je ne sais pas grand-chose. À l'époque du franc, aujourd'hui si tu dois convertir, c'est le smic. On mangeait bien à notre faim, mais les vacances étaient limitées. J'avais une paire de baskets, je tournais je ne sais pas combien de temps avec. Mais je n'étais pas malheureux, mais c'était une situation assez difficile. Donc, moi, j'ai grandi avec ces valeurs de travail, la droiture, faire les choses correctement. Et je pense que quand tu arrives à tenir le cap, finalement, tu te sens bien dans ce que tu fais. Mais tu ne peux pas avoir de coups bas.
- Speaker #1
Dans ton livre, dans les coulisses du foot pro, tu veux montrer justement une autre face du football. C'est quoi pour toi le message clé que tu veux faire passer et à qui tu t'adresses avec ce livre ?
- Speaker #0
Alors ce livre, il est destiné pas seulement aux acteurs du monde du football, mais il est destiné en vrai un petit peu à tout le monde. Parce que ce que je dénonce, enfin ce que je dénonce, ce que je décris plutôt dans ce livre, Beaucoup de personnes peuvent s'y retrouver. C'est-à-dire, déjà, pour parler du football, comme ça peut être le cas pour le basket, c'est l'après-carrière. L'après-carrière, malheureusement, on n'y est pas préparé. Voilà, je parle de dépression après les carrières, les divorces cachés, parce qu'il y a cette gêne, les mauvais investissements. pour des personnes qui ont généré beaucoup d'argent pendant leur carrière et dont on a du mal à comprendre qu'ils se retrouvent avec des déficits énormes après avoir gagné des sommes qui ne sont pas irréelles. Donc je parle un petit peu de tout ça dans le bouquin. Je parle aussi du parcours d'entrepreneur, etc. De savoir faire preuve de résilience. Ce bouquin aussi, c'est... si à travers ce bouquin, je réussis à motiver, à donner de la force, de l'énergie, ne serait-ce qu'une seule personne, pour moi, je serais super content déjà que ce bouquin ait vu le jour.
- Speaker #1
Tu as parlé de résilience, tu en parles dans ton bouquin. On a passé rapidement ta carrière de joueur pro. À quel moment ta résilience a été importante ? Parce qu'à un moment, tu as dit, tu avais des blessures, etc. Donc, ce n'est pas simple de revenir de blessure, de revenir tout court, mentalement, au-delà du physique. Comment, toi, tu le vois par rapport à ta carrière ?
- Speaker #0
Ce n'est pas simple. Tu sais, même pendant ma carrière, je me suis retrouvé dans des pays où il y avait des retards de salaire de 4 à 6 mois. C'est aussi un autre point que j'évoque dans le livre, qui est aussi une réalité. Tu pars à l'étranger pour vivre de ta passion, vivre ton rêve. Mais quand tu te retrouves dans une équipe avec un contrat de 2-3 ans et qu'au bout de 6 mois, tu as déjà 3 mois de salaire de retard, comment tu fais pour vivre si ta famille n'a pas les moyens de t'aider ? Ça, c'est un autre point qu'il faut... il faut évoquer, parce qu'il y a beaucoup de pays aujourd'hui qui payent les salaires en fonction des résultats. Ce qui n'est pas normal. Alors oui, tu me diras, il y a les lois FIFA, etc., les procédures. Mais c'est très compliqué, parce qu'aujourd'hui, déjà, pour entamer une procédure... il faut avoir les moyens d'avoir un avocat. Les avocats, ils ne font pas de bénévolat. Tu le sais mieux que moi. Et tout ce qui est procédure, il faut attendre un an, deux ans, etc. Et tu fais une procédure contre une institution, contre une société, parce qu'un club, c'est une société. Et forcément, ce n'est pas évident.
- Speaker #1
Comment tu fais, du coup, dans ces cas-là, quand tu as justement cet impératif de vie, de salaire ? Mais tu dois donner le meilleur de toi-même sur le terrain.
- Speaker #0
Là, justement, c'est ton caractère et ton entourage qui fera la différence. Si tu as un entourage fort, solide, qui réussit justement à te maintenir concentré, parce que si tu ne maintiens pas cette force mentale, finalement, tu auras tout perdu. Tu auras tout perdu. Donc, faire preuve de patience, de résilience. et avoir un bon agent qui puisse t'accompagner justement dans tout ce qui est juridique, etc. Mais surtout, surtout, surtout, essayer de faire abstraction à ça et de rester performant sur le terrain. Parce que ça, c'est la base de tout, en fait.
- Speaker #1
Ce n'est pas simple.
- Speaker #0
Ce n'est pas simple du tout.
- Speaker #1
Ce n'est pas simple du tout. On a parlé du coup de ta carrière professionnelle, ta période associative. Maintenant, agent, mais tu es surtout entrepreneur. Parce qu'agent, tu l'as dit tout à l'heure, tu as créé une SAS. Enfin, tu as créé une société. Tu as créé une SAS. Tu t'es entouré. Comment, en fait, quelles sont l'expérience passée ? En quoi ça t'a servi, donc le sport notamment ? En quoi ça t'a servi en tant qu'entrepreneur ?
- Speaker #0
Ça m'a servi à tout. Ça m'a servi à tout parce que... Je pense qu'il faut emmagasiner pas mal d'expérience avant de monter sa société et d'avoir les épaules pour la gérer. C'est mon point de vue. Et c'est pour ça que j'aime rappeler que j'ai eu cette période d'association qui m'a servi de transition parfaite. Parce que gérer une société aujourd'hui, tu t'imagines bien que ce n'est pas évident. Moi aujourd'hui, j'ai un assistant. Je travaille avec un avocat que j'appelle en cas de besoin, pas toujours. Et j'ai une comptable. Ensuite, c'est moi qui gère, 50 jours. Donc, tu imagines bien la difficulté. Mais aujourd'hui, ce qui me permet justement de pouvoir gérer, c'est mon expérience et tout ce que j'ai accumulé par le passé.
- Speaker #1
Tu t'es construit un écosystème. Donc, tu travailles avec un avocat que tu as choisi et en qui tu peux avoir confiance. Totalement. Une comptable, un assistant. Il y a d'autres personnes. d'autres personnes, c'est des gens qui sont, si on parle... Donc concrètement, c'est des gens qui sont dans ta société ou qui sont externes à ta société, qui sont prestataires ?
- Speaker #0
Mon assistant, il est de la société, c'est mon assistant officiel.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et la comptable et l'avocat, c'est des collaborateurs externes. Ok. Avec qui je travaille depuis pas mal d'années, avec qui j'ai déjà fait des deals, qui sécurisent en cas de transfert, juridiquement sur des gros contrats. quand c'est nécessaire, après, mon mat' comptable gère tout ce qui est là, tout ce qui n'est pas trace, comme tu t'imagines.
- Speaker #1
Oui. Comment tu les as choisis ? Parce qu'il faut savoir s'entourer, tu l'as dit déjà en tant que joueur. Là, en tant qu'agent, tu dois encore plus t'entourer parce que derrière, il y a des contrats importants, il y a des vies derrière aussi. Bien sûr. Comment tu as su t'entourer ? Tu les as sélectionnés ? Comment ça se passe ? Non,
- Speaker #0
mais c'est une très bonne question. Parce que... Tu as vraiment une très bonne question. Parce que là, de dire ça comme ça facilement, un avocat, un comptable, etc. Mais il faut tomber sur le bon avocat avec qui tu vas bien connecter. Aujourd'hui, l'avocat, il y a une très bonne relation, un bon rapport. On s'appelle de temps en temps, la comptable pareil. Mais avant de tomber sur eux, j'ai eu des déceptions.
- Speaker #1
T'en as eu d'autres.
- Speaker #0
Exactement. Et comme je dis souvent, quand tu trouves le bon, ne cherche pas à changer parce que ce n'est pas évident de trouver la bonne personne avec qui l'alchimie passera bien, avec qui la connexion, etc. Aujourd'hui, je suis content d'être avec eux, ça se passe super bien. et je compte pas les...
- Speaker #1
Délégager. Ceci est un message apparemment. Mais tu... L'avocat, c'est son métier. La partie comptable, c'est son métier aussi. Et t'as parlé aussi d'assistant. À un moment, il a fallu du coup, tu délègues. Est-ce que t'as eu tout de suite un assistant ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Tu peux m'expliquer à quel moment t'as eu le déclenchement pour... Ok, il faut que je délègue.
- Speaker #0
Parce que... À un moment, ça devenait too much. Et avec la vie de famille aussi, parce qu'il faut maintenir un équilibre. Et j'y tiens, cet équilibre, parce que pour moi, il est fondamental pour pouvoir être performant, j'ai besoin de cet équilibre. Et du coup, j'ai reçu un assistant, enfin un jeune agent, une trentaine d'années. Donc, il n'était pas encore au point, mais c'est ce que je voulais. D'ailleurs, je ne voulais pas une personne au point. Mais il avait déjà de très bonnes bases et j'ai continué à le former. Et aujourd'hui, je suis pleinement satisfait de son travail parce que justement, j'ai participé à sa formation et on est en contact toute la journée. Donc, ce qui me permet justement de pouvoir décharger sur pas mal de dossiers. Et c'est très bien comme ça. Il y a un bon équilibre.
- Speaker #1
tu as
- Speaker #0
tu voulais pas qu'il soit au point tu peux développer s'il te plaît pas récupérer enfin recruter un agent qui est au point il viendra avec ses méthodes de travail avec sa vision sa vision des choses qui sera peut-être bonne ou pas Mais ce que je voulais moi à tout prix, c'est qu'elle soit compatible avec la mienne et qu'on ait la même vision. Et la meilleure chose pour ça, c'est que je forme un jeune justement avec ma vision et mon expérience. Ça veut dire qu'aujourd'hui, pour être sincère avec toi, parfois il prend des décisions sans même me consulter. Parce que c'est déjà mon mode de raisonnement.
- Speaker #1
Tu as choisi l'humain, le savoir-être. Avant le savoir-faire d'une certaine façon, avant son expérience, parce que déjà, tu voyais que ça matchait avec la façon dont il voyait les choses et avec la tienne, et qu'il acceptait aussi que tu le formes à ta façon de travailler, à ta méthode. Donc là, ça fait combien de temps que vous travaillez ensemble ?
- Speaker #0
Quatre ans.
- Speaker #1
Donc tu as pu déléguer, donc tu as choisi quelqu'un à qui déléguer. Tu as eu du mal au début à déléguer ?
- Speaker #0
Non, je n'ai pas eu du mal, mais c'est vrai que ça demande quand même beaucoup. Au détail, ce n'est pas évident parce que tu dois toujours reprendre, etc. Et ce que j'ai bien aimé, c'est qu'il a cette faculté à apprendre et à mémoriser. C'est très important pour éviter de me répéter systématiquement. Aujourd'hui, je suis satisfait de lui. Il travaille très bien, il a l'écoute, il a une bonne posture professionnelle. Et puis, on a la même vision.
- Speaker #1
C'est ta suite entourée. Bravo pour ça. Ce n'est pas forcément simple. Effectivement, on peut tomber sur des gens qui, sur le papier, peuvent être parfaits. Mais finalement, dans la réalité, ce n'est pas le cas. Bravo que tu aies passé le cap. Ça doit faire un moment maintenant, mais passer le cap de délégué parce que ce n'est pas forcément le cas pour tout le monde.
- Speaker #0
Au bout d'un moment, tu n'as pas le choix. Quand la structure a commencé à prendre du poids, du volume. Comme on dit, tu ne peux pas être fourré au moulin. Ce n'est pas possible. Tu veux avoir de la qualité dans ton travail. Tu es obligé de t'entourer de bonnes personnes qui te correspondent.
- Speaker #1
Effectivement. Dans la préparation de notre échange, tu as souvent utilisé le terme prendre les escaliers. En tant qu'entrepreneur, qu'est-ce que ça veut dire pour toi concrètement ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, les jeunes, comme je le dis souvent, moi, je fais partie des... Enfin, je ne suis pas un ancien, mais bon, je fais partie... Je fais partie des personnes qui disent que les jeunes d'aujourd'hui sont très courageux, c'est bien ce qu'ils font, etc. Voilà, moi, je suis plus dans cette voie plutôt que de dire les jeunes d'aujourd'hui font tout de travers, patati patata. Non, c'est bien ce qu'ils font, ils entreprennent assez tôt, etc. Je le vois avec les gens autour de moi. Et justement, il faut les motiver dans cette voie. La seule chose sur laquelle je pourrais mettre un petit bémol, c'est qu'ils sont un petit peu impatients. Ils veulent tout et tout de suite, malheureusement. Et il faut prendre le temps de bien élaborer son projet, de ne pas avoir peur de tomber sur certains détails. de réajuster et le projet, tu commenceras à en voir, à en récolter les fruits seulement après 5 ou 6 ans. Et encore. Ils ne veulent pas l'entendre. Si tu leur dis 5 ou 6 ans, ils abandonnent tout de suite. Oui, il faut prendre le temps. C'est bien ce qu'ils font les jeunes aujourd'hui. Vraiment, ils font pas mal de projets, il y a pas mal de trucs à disposition aujourd'hui. Moi, à mon époque, il n'y avait pas grand-chose. Il n'y a pas grand-chose aujourd'hui. Il y a plein de trucs à faire. Allez-y, foncez.
- Speaker #1
Si on veut entreprendre aujourd'hui, il y a des organismes qui accompagnent gratuitement. On peut même avoir des prêts d'honneur si besoin. Ils aident à faire le business conva. Tout ce qui est autour. On ne peut pas dire que l'information n'est pas là. Mais il faut aller la chercher. Il faut travailler. Parce que du coup, c'est travailler. Ce n'est pas de 8h à 17h, surtout quand on est entrepreneur. Je pense que tu travailles aussi le week-end des fois.
- Speaker #0
Il n'y a pas d'heure.
- Speaker #1
Il n'y a pas d'heure, voilà.
- Speaker #0
3h24.
- Speaker #1
Donc, ça c'est lié aussi à ton métier, pour le préciser aussi. Bien sûr. Mais ce n'est pas tout brillant. Il n'y a pas que l'argent en fait. Et je pense que c'est le chemin qui est plus important pour moi que la cagnotte. La cagnotte, c'est la cerise sur le gâteau derrière. Mais d'accord. Comment tu pilotes tout ça aujourd'hui ? Donc, tu es agent, tu représentes les joueurs, donc tu as une société. Comment tu gères ?
- Speaker #0
Je vais juste rebondir sur ce que tu m'as dit plus tôt, c'est très intéressant. Quand tu me dis qu'il n'y a pas que l'argent qui pilote, c'est un point aussi important, parce qu'il faut aussi le rappeler, la notion du plaisir dans ce qu'on fait. Pour moi, c'est quand même fondamental. C'est ce qui permet justement de ne pas abandonner en cas d'échec, etc. Et cette notion, il faut la mettre aussi en avant. Avant même de l'argent, etc. Mais évidemment, moi, ce n'est pas un sujet tabou pour moi, l'argent, où il y a beaucoup de personnes qui ont du mal. Je n'ai pas de souci avec ça. Oui, on est là pour faire du chiffre, pour gagner de l'argent, pour bien vivre, etc. Et ce n'est pas interdit, j'ai envie de dire. Mais le plus important est la notion du plaisir, de prendre du plaisir dans ce qu'on fait. Voilà. Et je pense que c'est la plus belle chose, parce que malheureusement, tout le monde n'a pas la chance de prendre du plaisir dans son activité professionnelle, pour diverses raisons, parce qu'on n'a pas tous les mêmes responsabilités. Mais c'est vrai que s'il y a possibilité de prendre du plaisir dans un projet, il faut foncer. C'est pour ça que je dis souvent... Aux jeunes, dès que vous pouvez monter un projet qui vous convient, allez-y. Parce qu'après, parfois, quand les taux se resserrent, il y a un peu moins le choix. Parce que finalement, il y a peut-être des responsabilités.
- Speaker #1
Tu as parlé de plaisir et aussi savoir pourquoi on se lève le matin. Parce qu'effectivement, quand on est salarié, on sait qu'il y a un salaire à la fin. Mais quand on est entrepreneur, pourquoi on se lève déjà ? C'est déjà, il faut payer nos propres factures, déjà à la base. Payer peut-être les salaires ou les factures des prestataires avec lesquels on travaille. Et avoir surtout pour moi un objectif long terme, avoir une vision. Si on n'a pas cette vision-là, pourquoi on se lève le matin ? C'est ça, qu'est-ce qu'on veut mettre en place. Mais merci en tout cas pour ce rappel-là.
- Speaker #0
Non, mais cette vision, elle est super importante quand on est jeune, cette vision à long terme. Moi, aujourd'hui, ma vision, elle est sur du court, moyen terme. Je suis à une étape de ma vie où je ne me projette plus trop sur du long terme. Encore une fois, parce qu'aujourd'hui, je suis un peu plus stable. si tu veux, si je dois te faire te décrire ça. Nous, la période des transferts, elle est au mois de janvier et au mois de juillet et août. Moi, les objectifs, je me les fais souvent sur du court-moyen terme. Les objectifs, ils sont sur le prochain mercato. Parce que la société est déjà installée, j'ai déjà le nombre de joueurs. Si tu veux, moi, je me dis au prochain transfert mercato, il faut que je réalise deux à trois opérations. Si j'en fais qu'une seule, c'est déjà pas mal. parce que quand j'ai commencé ma première opération en amateur, j'ai dû mettre trois ans pour la faire. Tu comprends ? Donc, c'est ça le cheminement. C'est un beau cheminement quand même.
- Speaker #1
On a parlé tout à l'heure, est-ce qu'on en parlait de prendre les escaliers, mais patience ? Parce que tu m'as aussi parlé de la patience. Et là, typiquement, si tu n'es pas patient, tu risques de louper des contrats ou autre. Mais du coup, tu m'as dit ton plan en moyen terme, parce que du coup, c'est d'une certaine façon, c'est comme si tu faisais ton budget. Quel est mon objectif sur l'année qui arrive, ou l'année d'après plutôt ? Ok, je sais que tu vois, tu as déjà ta stratégie entre guillemets. En gros, il faut que je travaille plus ou je travaille plus entre cette période et cette période parce que c'est à ce moment-là que ça se joue. Comment tu t'organises du coup ? Parce que je reviens sur ma question de tout à l'heure, mais comment tu t'organises par rapport à ça, déjà ? Et comment tu t'organises au quotidien, tout court ? Ça, c'est le deuxième point.
- Speaker #0
Alors, il y a... Il y a des méthodes de travail. Si tu veux, moi, hors période mercato, là, je suis sur de la gestion des joueurs et recrutement, certains profils de joueurs qui correspondent à nos critères, bien évidemment. Et la période mercato, c'est vraiment la période clé, la période phare où tu es vraiment sur des transferts. C'est pour ça que je préfère... le terme accompagnement parce que ça englobe tout, l'accompagnement sportif. Parce que c'est vraiment deux accompagnements différents. Pendant le Mercato, les joueurs sont très stressés. parce qu'ils sont en fin de contrat ou parce qu'ils ne seront pas conservés par leur club. Tu as les directeurs sportifs aussi qui nous appellent, qui nous mettent une pression, nous les agents, pour nous demander de trouver une porte de sortie pour les joueurs, etc. Donc si tu veux, c'est vraiment cette période où il y a énormément de pression, que tu sais de gérer au mieux. et sinon, en dehors de la perte du mercato, tu fais... tu mets tout en place pour essayer de maintenir ton joueur au top niveau, performance, etc. S'il faut mettre un nutritionniste, un préparateur physique à disposition, tu es vraiment dans l'accompagnement pour qu'il soit le plus performant. Donc, si tu veux, en fonction des périodes, je ne sais pas si j'ai répondu à ta question.
- Speaker #1
Si, si, si. Non, mais totalement. Parce que tu as répondu à ma question et même tu as été plus loin. parce que c'est vrai que... En fonction de l'activité qu'on fait quand on est entrepreneur, on est obligé de faire en fonction de saisonnalité. En fonction de la saison. Est-ce que je peux te prendre comme exemple ? Désolé si ce n'est pas pour te... Un vendeur de glace, il va vendre des glaces surtout en été. Donc, il va peut-être préparer tout ce qu'il faut peut-être sur la période de... Peut-être hiver, printemps, pour être là quand il faut en été. Et c'est une stratégie que tu as. Est-ce que cette stratégie, entre guillemets, ou cette mise en place, cette façon de travailler, Tu l'avais déjà parce que tu connaissais déjà cette expérience, parce que tu as été justement joueur ? Ou tu l'as appris en fait sur le tas ? Tu l'as découvert ?
- Speaker #0
Je l'ai appris sur le tas, comme beaucoup de choses. Tu sais, la seule chose dont je ne peux pas acheter, c'est l'expérience. On dit souvent que l'argent achète tout. ou presque tout, en tout cas, une chose qui est sûre, et là, je suis convaincu, c'est que l'espérance ne s'achète pas. Et je pense que c'est la plus belle des armes, je crois, l'expérience. Parce que ça ne s'explique pas, c'est l'expérience, tu vois. L'expérience, c'est ton expérience, tu l'as créée au fil des années par les échecs, par tes réussites. partout en vrai. Et ça, c'est fondamental.
- Speaker #1
Tu peux avoir l'expérience, mais tu peux ne pas en apprendre les apprentissages, ou en ressortir les leçons. Et moi, dans ce que tu me dis, c'est que tu l'as fait. Parce que du coup, je ne sais pas à quel moment tu as commencé à bien distinguer ces deux phases et à mettre en place des choses, dans l'accompagnement des joueurs, etc. Là, je suis sur ça, là, je suis sur ça. Est-ce que tu te remets en question pour justement performer pour tes joueurs ?
- Speaker #0
Justement, c'est qu'à chaque fois, tu essaies de t'améliorer sur certains détails. Et tu penses avoir tout vu jusqu'au prochain dossier. Tu te dis, mais en fait, je n'étais pas préparé à ça. Et tu ajustes en conséquence, en fait. Tu ajustes en conséquence, en fonction des situations. Et je te le dis, chaque fois, je me dis, mais... Je suis vraiment surpris sur des situations, sur des dossiers, des choses nouvelles qui viennent à moi, que je dois gérer. C'est aussi la beauté de mon travail, sinon ce serait trop facile.
- Speaker #1
C'est trop simple.
- Speaker #0
Trop simple, exactement.
- Speaker #1
Et comment tu... parce que là, tu as différentes situations, tu peux avoir des situations compliquées. Comment tu gères quand ça arrive ?
- Speaker #0
Alors moi je dis jamais je ne sais pas faire.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ça fait pas partie de mon vocabulaire, mais je dis pas non plus que je sais tout faire. Je fais tout simplement.
- Speaker #1
Tu fais tout simplement.
- Speaker #0
Je fais au mieux. Ok. Voilà, je fais au mieux, je donne le maximum, je raisonne, stratégie, justement je fais par rapport à mon vécu, j'analyse et je fais. Alors parfois, je peux me louper. Parce que à tout âge, on se loupe. Même après 30 ans d'expérience, on peut toujours se louper, continuer à apprendre, corriger, s'améliorer. C'est le cheminement d'un homme, tout simplement. Mais je fais. Je fais, voilà. Je fais et toujours avec beaucoup de positivité. Ça, c'est vraiment mon état d'esprit, c'est très important. Moi, je ne fais que des ondes positives. C'est ça, quoi. en foutu. devant, ça va bien se passer, ça va bien se passer. Et même quand ça se passe mal, ça se passe bien. C'est très important pour moi.
- Speaker #1
Tu m'as dit quelque chose, là, tu disais tu fais, tu t'améliores, ça n'a pas marché, tu refais. Là, on parlait d'entrepreneuriat, mais si on revient sur ta carrière professionnelle, c'était déjà le cas.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu... à l'entraînement, qui justement vous permet de répéter quelque chose pour que ce soit le plus naturellement possible. Tu corriges peut-être des choses. Tu revois ton match d'avant pour corriger des choses. Tu étais déjà dans cette démarche-là ?
- Speaker #0
Alors, ma carrière, moi, elle est très complexe. Pour être sincère avec toi, parce que j'étais un joueur très talentueux. Je n'ai pas bénéficié d'un bon accompagnement d'un représentant sportif. Et quand j'étais plus jeune, j'avais un fort caractère qui n'était pas toujours bien maîtrisé.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc si tu veux, c'était difficile pour un coach de me cerner déjà. Et aujourd'hui avec le recul, je comprends que ce n'est pas évident de gérer un groupe de 25 joueurs, etc. Le coach ne peut pas forcément... Voilà, ce n'est pas évident, tu vois. Mais quand tu es là, tu ne le comprends pas forcément. Moi, j'avais beaucoup, beaucoup de mal avec certaines choses qui me semblaient injustes. Et malheureusement, ça a été manifesté trop... c'est trop visible, quoi. Donc, ça m'a coûté deux, trois situations délicates avec des clubs. Mais j'arrivais toujours à rebondir parce que j'avais quand même du talent. Sinon, je n'aurais pas fait une carrière de 10 ans. Et puis, mais ça m'a aussi pénalisé parce que, justement, je n'ai pas eu cet accompagnement. et j'ai pas eu comme je te dis tout à l'heure, cette personne cette personne qui aurait pu avoir les mots justes pour justement m'apaiser me faire part de son expérience tout ce que j'essaye d'apporter aujourd'hui avec les joueurs que je représente
- Speaker #1
Et à travers ton livre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, à travers mon livre, exactement. D'ailleurs, il y a pas mal d'anecdotes de ma vie, de mon enfance, de ma carrière de footballeur en passant par l'association, jusqu'à ce jour avec la société et les joueurs que je représente dans les quatre coins du monde. C'est vraiment un livre assez complet. Je rentre aussi dans les coulisses, comme le disent les titres du livre, les coulisses du monde du foot pro. Et je rentre vraiment dans les détails que monsieur, madame, tout le monde peut se poser. Parce que c'est des questions qui me reviennent souvent. Les parents me posent certaines questions. Donc je me suis dit, écoute, je vais me livrer dans ce bouquin. Je vais expliquer un petit peu l'envers du décor. leur faire répondre à toutes les demandes qu'une personne lambda peut se poser tout simplement.
- Speaker #1
Et ça, on le voit à tous les niveaux. Enfin même, on le voit à tous les niveaux. Après, on ne va pas rentrer dans ce sujet-là. C'est quoi ta plus grande fierté aujourd'hui ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, ma réussite, justement, comme je te le disais plus tôt, c'est que moi, j'ai vu mes parents charbonner. Et si tu veux, de voir où j'en suis aujourd'hui, c'était pas prévu. Moi, j'ai pas fait de longues études, je vais pas me jouer un rôle. Tout ce qui est diplôme, non, par rapport au contexte familial. Très, très mouvementés, où déjà les parents, c'était pas des parents qui ont étudié en France, donc ils venaient avec leur culture du bled, etc. Donc déjà pour le soutien scolaire, c'était déjà un peu biaisé pour commencer. Deuxièmement, l'environnement dans lequel je me trouvais ne facilitait pas les choses. Donc si tu veux, moi, quand je vois où je suis aujourd'hui, c'est déjà une réussite. Voilà, il faut savoir apprécier ce qu'on a aussi. bien évidemment je veux continuer à évoluer mais de voir ce que j'ai aujourd'hui c'est déjà une réussite je suis déjà très très fier de ça parce qu'il faut aussi apprécier, c'est important
- Speaker #1
Non t'as raison, en tout cas bravo pour ton parcours jusqu'à maintenant et de toute façon le livre n'est pas une finalité c'est un... Un moment dans ta vie.
- Speaker #0
En finalité, ce sera quand je serai mort.
- Speaker #1
Le legacy. Qu'est-ce que tu vas laisser derrière ? C'est vrai. Pour ceux qui rêvent du foot pro ou qui veulent devenir agent, aujourd'hui, tu leur dirais quoi ?
- Speaker #0
Je leur dirais que ça demande beaucoup de travail, d'être patient. Comme j'ai beau le dire, comme j'ai l'habitude de le dire, de faire les choses étape par étape. Tu ne penses pas que tu vas commencer avec ta première transaction à prendre des grosses sommes. Et parfois, tu ne prendras rien. Mais tu devras te contenter et avoir la satisfaction d'avoir réalisé un deal, ce qui est déjà très bien. Et que progressivement, à travers ton travail, ton sérieux, ta discipline, mais que ça peut prendre quelques années. Ça aussi, il faut être prêt à l'entendre, parce qu'il y a beaucoup d'ex-collègues qui ont mis la clé sous le tapis, parce qu'ils n'avaient pas assez de patience, ou peut-être parce que les stratégies n'étaient pas bien élaborées. Donc moi, un jeune agent, je dirais, soit patience et de travailler avec le plus d'honnêteté possible, de dire les choses clairement, de ne pas vendre du rêve aux joueurs pour pas vendre du rêve aux joueurs pouvoir le récupérer et de garder ta ligne de conduite quoi.
- Speaker #1
Et tu dirais quoi à un jeune entrepreneur ?
- Speaker #0
Un jeune entrepreneur, d'être patient, d'être patient, de faire preuve de résilience, voilà tomber neuf fois, se relever dix fois et de se servir de ses échecs justement pour s'améliorer. et de ne pas abandonner.
- Speaker #1
On retrouve... C'est exactement pour ça que j'ai voulu faire ce podcast. Parce que là, on a parlé entrepreneur, mais du coup, c'est des choses que tu dirais à un jeune joueur ou aussi à un agent. La résilience, la persévérance, la détermination, le travail, la patience. C'est des choses qu'on voit dans la vie tous les jours, mais qui, en plus avec le sport, quand tu fais le parallèle entre les deux, c'est assez fort. Et c'est assez... ça se coïncide. Mais ceux qui n'ont pas fait de sport vivent déjà toutes ces expériences-là et se mettent des mots en face de tout ça.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est totalement tout ce que tu viens de décrire.
- Speaker #1
Est-ce que ce livre, finalement, c'est aussi un message à toi-même ?
- Speaker #0
Alors, ce livre, c'est un message à moi-même et c'est également... C'est aussi un besoin. Parce qu'à travers ce livre, j'ai pu me livrer comme jamais, comme je suis quelqu'un de très pudique. Et je n'ai pas l'habitude de m'ouvrir. C'est un livre où je me suis mis, pas à nu, mais presque. J'ai pu dévoiler certaines choses que je n'avais jamais dites. Très intéressante. J'ai pu faire des analyses de détails sur l'univers du monde professionnel. Je pense que c'est très important. Et puis aussi, c'était surtout, Mon parcours, c'est-à-dire du jeune gamin de Vitry, issu d'une famille avec beaucoup de frères et sœurs, où l'environnement était compliqué, qui n'a pas eu une grande scolarité, mais qui malgré tout a réussi à se faire un peu plus de temps. réussi à s'en sortir. Je pense que c'est ça qu'il faut retenir. La persévérance, se battre et quel que soit d'où tu viens, même si tu es un produit de ton environnement, tu as quand même l'écart entre les mains et qu'il y a toujours possibilité de s'en sortir. Et je pense que c'est surtout ça le message.
- Speaker #1
Pour réussir, possibilité de s'en sortir avec du travail. de la patience, étape par étape. Comme tu l'as précisé. Ton chemin n'a pas été linéaire. Tu as eu la transition avec l'associatif qui t'a permis encore d'avoir une autre vision des choses. Parce que du coup, tu as ta casquette ancien joueur, casquette associatif, casquette entrepreneur, casquette agent joueur, qui, toutes ces expériences, te permet d'accompagner au mieux, je pense, tes joueurs, ce que tu aurais voulu, toi, finalement, peut-être, quand tu étais plus jeune. Et merci de t'être livré aussi sur cet échange. Ce n'est pas simple toujours de se livrer. Tu l'as fait et peut-être que le livre t'a permis de te livrer peut-être un peu plus là aujourd'hui. Il y a des choses que tu ne m'aurais peut-être pas dit avant d'avoir écrit ton livre.
- Speaker #0
Totalement. Après, écrire un livre, ça ne faisait pas partie du plan. comme je l'ai dit. Mais ça a été un plaisir, un exercice vraiment magnifique dont je suis très, très fier. Et j'espère qu'il pleurera aux lecteurs qui pourront s'offrir ce livre, tout simplement.
- Speaker #1
Ton livre sort le 15 mai, donc Les coulisses du monde pro. Et je vais finir avec quelques questions. Tu ne réfléchis pas trop, tu me réponds. Non, je ne me réponds pas. Un mot pour décrire ton parcours.
- Speaker #0
Persévérance.
- Speaker #1
OK. Quel est l'outil indispensable dans ton quotidien d'entrepreneur aujourd'hui ?
- Speaker #0
Portable. Je ne voulais pas le dire, mais c'est une réalité.
- Speaker #1
C'est une réalité. Il fait tout. Il ne fait pas que téléphone. Limite, des fois, je téléphone moins que...
- Speaker #0
Portable. J'essaie de diminuer, mais c'est un outil de travail aujourd'hui.
- Speaker #1
Quelle est la meilleure décision que tu as prise récemment ?
- Speaker #0
Refuser une destination où un joueur voulait aller.
- Speaker #1
OK. D'accord. Quel a été le plus gros défi que tu as surmonté cette année ?
- Speaker #0
Le plus gros défi, c'est que je représente un joueur qui vient d'Afrique. Et ses papiers se terminaient, il restait un mois. Soit je trouvais un club, et le club où il atterrissait, justement, ça lui permettait de renouveler ses papiers, et soit il retourna en Afrique. Et je recevais des coups de fil tous les jours de sa famille. Tu t'imagines l'impression ? Oui. Et ça, c'était vraiment un défi, finalement. On a pu le transférer. Il a pu signer son contrat. Et aujourd'hui, il a pu renouveler ses papiers. Parce que là, on dépasse le cadre du football. Et ça, c'était un défi vraiment... énorme que j'ai reçu. Pour te dire, dans ce projet, je n'ai même pas pris un euro. Mais la satisfaction était tellement grande que je suis très fier de ça. C'est pour ça que je te dis, la notion du plaisir aussi est très importante au-delà de l'aspect financier.
- Speaker #1
On revient sur l'humain. On revient sur l'humain. Une personne qui t'inspire particulièrement.
- Speaker #0
Une personne qui m'inspire ? Il n'y en a pas. Moi,
- Speaker #1
il n'y en a pas. Tu as le droit de dire qu'il n'y en a pas. On a eu cet échange juste avant où tu me disais, en fait, tu as fait ton chemin. Tu n'avais pas forcément de rôle modèle. Exactement. Tu t'es adapté à la situation.
- Speaker #0
Je n'ai pas de modèle, proprement dit. Ma carrière, mon parcours de vie, c'est moi et moi. Je n'ai pas de mentor. Je n'ai pas de... Tu vois. Après, comme... Voilà. L'inspiration, c'est ma mère. Elle est venue du bled, ça va à peine parler français. Elle a charbonné toute sa vie pour venir aux besoins de ses enfants. Elle y a laissé sa santé, derrière, opération, ses genoux, épaules, etc. Et aujourd'hui, de voir que tous ses enfants sont responsables des sociétés, etc. Pour moi, c'est elle ma source d'inspiration. Tu vois,
- Speaker #1
t'en as une. Merci Amadou.
- Speaker #0
C'était un plaisir. J'ai pris beaucoup de plaisir à échanger avec toi. Et j'espère que les gens qui nous écouteront apprécieront également.
- Speaker #1
Merci à toi. En tout cas... Merci d'avoir passé du temps et à bientôt sur Focus Parpreneur.