- Speaker #0
Bienvenue dans Focus Sportpreneur, là où l'entrepreneuriat rencontre l'énergie du sport. Je suis Vanina, passionnée de basket et experte en gestion et événementiel. Ici, on parle de résilience, de discipline et de leadership, mais surtout de parcours inspirants et de stratégies concrètes pour structurer et développer ton activité. Parce qu'en business comme sur le terrain, c'est la vision et l'entraînement qui font la différence. Prête, prêt à entrer dans le game ? Dans cette série d'épisodes, je reçois Catherine Duong, ostéopathe depuis 2011. Ancienne sportive de haut niveau à Handball, elle a ouvert ses premiers cabinets très jeunes avant de créer un lieu pluridisciplinaire dédié à l'accompagnement et au bien-être autour de la périnatalité, la MAB. À travers son parcours, on parle de sport, d'entrepreneuriat, de transformation professionnelle et de choix de vie. Dans ce premier épisode, on revient sur les débuts de Catherine, le sport de haut niveau, l'ouverture de ses premiers cabinets et la manière dont le sport a structuré sa vie. posture professionnelle. Bienvenue sur Focus Portponeur. Aujourd'hui, je suis ravie d'avoir Catherine. Bonjour Catherine.
- Speaker #1
Bonjour Vanina.
- Speaker #0
Comment vas-tu ? Ça va et toi ? Ouais, ça va, ça va. Je rentre direct dans le vif du sujet. Est-ce que tu peux te présenter parce qu'on ne se connaît pas ? On se connaît par le biais de Yari. D'ailleurs, je suis un petit coucou Yari. Merci pour la passe d'aise. Est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Ouais, bien sûr. Donc Catherine, On m'appelle souvent Cathy, donc tu peux m'appeler Cathy, il n'y a pas de souci. Et donc, ostéopathe depuis 2011. Là, ça commence à faire un moment. Ancienne joueuse de hand ou encore un peu joueuse de hand aussi. Et maman, d'une petite fille de 7 ans. Et puis voilà.
- Speaker #0
Donc tu fais du hand, tu fais du handball depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Alors j'ai commencé le hand à 8 ans. Et puis aujourd'hui, j'en ai bientôt 37. Donc presque 30 ans de hand. Oui,
- Speaker #0
effectivement, c'est une bonne carrière. Et donc Osteo, tu as été diplômée en 2011,
- Speaker #1
c'est ça ? Oui,
- Speaker #0
2011, c'est ça. Ok. Ce que j'ai compris, donc on a préparé quand même l'échange. Dès la fin de tes études, tu as ouvert deux cabinets. C'est ça. Moi, je connais... Est-ce que tout le monde ouvre un cabinet déjà ?
- Speaker #1
Non, en fait... C'est quand même rare les jeunes diplômés qui ouvrent directement leur cabinet. Ça arrive quand même. Après, en vrai, dans l'ostéopathie, on n'a pas besoin de grand-chose. C'est-à-dire qu'on n'a pas besoin d'investir énormément d'argent. En soi, il faut acheter une table, un bureau, des chaises. Finalement, il n'y a pas un gros investissement en termes de matériel. Après, c'est juste le risque de te lancer, de payer un loyer sans avoir vraiment encore d'expérience.
- Speaker #0
C'est intéressant parce que je me dis qu'un ostéopathe et peut-être un kinésithérapeute est déjà entrepreneur très tôt parce qu'il sait qu'il va ouvrir un cabinet. Et toi, tu en as ouvert deux. Tu peux m'expliquer ?
- Speaker #1
Honnêtement, je n'ai pas trop réfléchi. C'est des opportunités qui sont venues à moi. Je dirais que déjà, quand j'étais étudiante, mes deux dernières années d'études, je bossais déjà dans des clubs en tant qu'ostéo. Donc j'avais déjà un salaire en fait. Je travaillais aussi, j'avais mon job d'étudiante pour payer mes études. Donc en fait, j'avais déjà des sources de revenus depuis un petit moment. Donc je me sentais quand même suffisamment prête pour ouvrir mon propre cabinet. Le fait d'avoir eu l'expérience de travailler et d'avoir des patients dans les clubs où je travaillais, j'ai pas eu peur de me lancer en fait. Pour moi, c'était, voilà, je vais pas perdre du temps à travailler. à travailler pour quelqu'un, pour ensuite chercher un endroit où recommencer à zéro, tu vois, c'était un peu ça dans l'idée. Et puis si j'ai fait ce métier, c'était aussi pour être mon propre patron. Donc du coup, je me suis lancée, franchement, j'ai pas eu peur. Et les opportunités que j'ai eues, c'était vraiment des loyers qui étaient hyper abordables. Donc au final, je me suis dit, bon, let's go, et c'était bon.
- Speaker #0
Est-ce que justement pendant vos études, il y a une formation ou peut-être une thématique sur l'entreprenariat ou comment monter son cabinet ?
- Speaker #1
Non, non, non. On a une formation d'une demi-journée sur la comptabilité, sur les statuts d'entrepreneur. Mais honnêtement, ça ne m'a pas du tout aidée parce que quand tu es étudiant, on te dit les différents statuts qui existent, de société, pas société, libéral. micro-entreprises, etc. Et en fait, ce n'est pas du tout parlant parce que tu ne sais pas encore si tu vas être locataire, si tu vas être collaborateur, si tu vas être... si tu vas fonctionner par redevance, tu vois. Donc en fait, en fonction de... Ce que tu vas avoir après, ce n'est pas le même statut. Il existe tellement de statuts que tu ne peux pas retenir quand tu es étudiant. Donc, j'ai fait des erreurs quand j'ai commencé. Je ne me suis pas du tout mise dans le bon statut. J'ai perdu un peu d'argent parce que du coup, ce n'était pas du tout avantageux. Mais j'ai fait des erreurs et puis après, j'ai rectifié. En fait, il faut juste se renseigner, je pense. Appeler des comptables, appeler des gens qui s'y connaissent dans les statuts. En vrai, maintenant, aujourd'hui, avec Internet, tu peux quand même trouver les informations que tu as besoin.
- Speaker #0
Je reviens sur deux choses. Tu as parlé de redevances, tu peux me dire ce que c'est ?
- Speaker #1
Alors il y a certains... En fait j'ai eu la chance, je ne sais pas si j'ai eu la chance parce que je crois que ce n'était pas trop légal au final. Dans mon deuxième cabinet, où j'étais, j'ai bossé avec un kiné qui fonctionnait sous forme de redevances. Et donc en gros, je ne payais pas de loyer, mais je lui reversais une partie de ce que je touchais. Donc du coup pour moi, je n'ai pas eu peur d'ouvrir un deuxième cabinet vu que... Je n'avais pas un deuxième loyer à payer. Mais en vrai, en tant qu'hostie, on n'a pas le droit de payer une redevance à une autre profession. Donc, ce n'était pas très légal. Mais c'est vrai que ça m'a quand même permis de démarrer au début.
- Speaker #0
Ça me fait penser aux apporteurs d'affaires. Justement, dans un contexte différent, on prend un pourcentage ou un montant à chaque fois qu'il y a un patient. Quand tu as ouvert ton cabinet, tes deux cabinets, tu avais quel âge ?
- Speaker #1
22 ans.
- Speaker #0
C'est hyper jeune !
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Super jeune ! Et tu l'as dit, donc t'as fait une... t'as dit erreur. Moi j'appelle ça des apprentissages. Oui, bien sûr. Le statut juridique que t'avais pris à l'époque, tu te rappelles ? Ouais,
- Speaker #1
j'étais en auto-entrepreneur.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Et c'était pas du tout avantageux forcément, donc je crois que j'ai pu changer parce que j'ai ouvert mes cabinets en septembre. Et je pense que je m'en suis rendue compte, on était au mois de mars, donc j'ai réussi à faire un courrier pour changer pour le mois de janvier. Ou alors c'était l'année d'après, je ne sais plus trop, mais j'ai rectifié quand même le truc assez rapidement.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux dire pourquoi c'était une erreur de commencer en micro-entreprise dans ton cas ?
- Speaker #1
Déjà parce que j'avais un loyer qui était à l'époque de 600 euros, je crois. J'avais ma table que j'avais achetée, j'avais le bureau, tout le matériel en fait. Donc tout ça, tu ne peux pas le déduire quand tu es un auto-entrepreneur. les déplacements kilométriques parce que mes deux cabinets étaient loin de chez moi. Donc en fait, quand tu calcules toutes les dépenses que tu as, si tu es un auto-entrepreneur, ça ne vaut pas le coup. Après, je pense que ça se vaut de quelques pourcents. Tu n'as pas une grosse marge. Mais si tu es quand même bon, c'est quand même plus avantageux d'être en micro-BNC quand tu as des charges fixes, en fait.
- Speaker #0
En auto-entrepreneur, si je ne me trompe pas, ils déduisent un pourcentage. Sur le chiffre d'affaires. Mais ça ne veut pas dire, en me disant, tu as tant potentiellement de charges, mais comme tu n'es pas au réel, peut-être que toi tu dépassais déjà ce pourcentage, ce n'était pas avantageux pour toi fiscalement. Et tu ne pouvais pas, par exemple la table, je ne sais pas quel est le prix, mais en fonction du prix, tu peux immobiliser ta table sur plusieurs années, et pas juste sur une seule. Donc ok, je comprends. Combien de temps avec les deux cabinets ?
- Speaker #1
10 ans. 10 ans, ensuite j'en ai vendu un. J'ai créé la Mab, qui est une maison pluridisciplinaire, dans une autre ville que les deux autres, parce que je voulais me rapprocher de chez moi. Et j'ai vendu le deuxième, et donc maintenant j'en ai plus qu'un. Donc 10 ans avec deux, et au bout de 10 ans, j'ai créé un troisième cabinet du coup.
- Speaker #0
Est-ce que tu te rendais compte déjà en fait, à 22 ans avec deux cabinets, donc que tu as tenu 10 ans ? Est-ce que tu te sentais déjà, comment dire, tu te rendais compte que tu étais déjà entrepreneur ?
- Speaker #1
Je dirais qu'entrepreneur en tant que tel, non. Je dirais que non, mais finalement oui, parce que c'est comme quand tu ouvres une entreprise, c'est-à-dire qu'il faut gérer la communication, il faut gérer les relations avec les gens autour, il faut gérer les problèmes avec le propriétaire quand il y en a. Et donc oui, en fait, tu es quand même entreprenante, c'est sûr.
- Speaker #0
c'est de l'entrepreneuriat c'est sûr et pour moi t'as saisi aussi les opportunités parce que t'as eu l'opportunité je crois pour le deuxième cabinet parce que tu connaissais un kiné de ton club de sport si j'ai bien compris t'as saisi l'opportunité t'aurais pu ne pas oser en fait aller jusque là et franchement bravo pour ça à cet âge là parce que c'est un message pour les jeunes il est jamais tôt pour entreprendre quel que soit en fait votre parcours en tout cas top Merci. Mais en même temps, tu avais deux cabinets et... Donc tu as parlé du handball.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux me parler déjà de ton parcours sportif ?
- Speaker #1
Oui. Moi, j'ai commencé le hand très jeune, à 8 ans. C'était un parcours assez... Enfin, je ne vais pas dire... Enfin, un peu compliqué parce que je venais de Lognes-Torcy. Je vais dire Torcy parce que c'est là où j'ai commencé le hand. Et en fait, il n'y a que des équipes masculines. Donc j'ai joué avec des garçons. Et quand je n'avais plus l'âge de jouer avec les garçons, il fallait que je joue avec des filles. et en fait après plutôt bonne quand j'étais jeune. Et du coup, j'ai fini dans une équipe de filles débutantes. Je pense que je n'ai pas progressé pendant au moins 2-3 ans. J'ai changé de club, je suis partie dans un club pas trop loin où il y avait des filles, mais dans le secteur, il y avait 0 club féminin ambitieux. Le seul club ambitieux, c'était à Issy-les-Moulineaux, à 1h45 de transport. Donc en fait, pas du tout possible quand tu as 13-14 ans. Et j'ai eu la chance après d'avoir une gardienne de but qui habitait en fait dans la même ville que moi, où ses parents pouvaient l'emmener jusqu'à Olnay-sous-Bois. C'était un club qui commençait un petit peu à se développer. Les moins de 18, elle jouait en championnat de France. Donc, tu vois, déjà entre Lognes, Olnay-sous-Bois, il y avait 40 minutes de route quand même. Donc, du coup, ses parents et cette joueuse... Elle m'emmenait, elle me ramenait pour les entraînements. Donc, j'ai quand même eu cette chance. Après, mes années de moins de 10, je les ai fait à Aulnay-sous-Bois. Donc, c'était un petit peu loin. D'ailleurs, je ne sais pas comment mes parents, ils ont accepté. Je rentrais chez moi à 23 heures. C'était un peu trois fois par semaine. Je trouve que c'est quand même un petit peu abusé. Mais bon, pas le choix parce que vraiment, il y avait zéro club dans le secteur féminin. Et ensuite, arrivé en senior, j'ai eu la chance. Franchement, c'est sorti de nulle part parce que j'avais vraiment pas le niveau. Mais je suis partie à Saint-Maur, au club de Saint-Maur, où ça joue en National 1. C'était le seul club dans les environs qui a évolué à ce niveau. C'était le plus haut niveau dans le secteur. Le reste était National 3 au max. Et du coup, j'ai eu vraiment une chance d'arriver là-bas. Parce que je connaissais l'entraîneur qui arrivait là-bas. Et donc du coup, j'ai évolué en National 1 pendant quelques années à Saint-Maur.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Tu dis que tu as eu une change, mais il a peut-être vu aussi que tu pouvais apporter à l'équipe.
- Speaker #1
Non, parce qu'honnêtement, j'avais 18 ans. Je n'avais vraiment pas du tout le niveau pour jouer en National 1. Je pense que j'avais le niveau National 3 à l'époque. Je jouais demi-centre. J'ai eu ma formation en tant que jeune en tant que demi-centre. Parce qu'encore une fois, dans mes équipes jeunes, il n'y avait pas de club. Donc, en fait, il y avait très peu de joueuses qui étaient dans mes équipes où vraiment, elles avaient un bon niveau. Donc, en fait, pour évoluer, c'est compliqué. Et finalement, physiquement, j'ai plus le physique d'une hélière. Et donc, du coup, je suis arrivée en National 1. On m'a dit, tu vas finir à l'aile. Donc, dans toutes tes équipes jeunes, tu n'as eu qu'une formation de demi-centre et que tu finis à l'aile en National 1, tu dis que c'est quand même improbable. Et honnêtement, je n'avais pas du tout le niveau. Après, on est arrivée dans une équipe où il y avait du changement. Ça ne s'est pas très bien passé d'ailleurs les deux premières années parce qu'on est descendu la deuxième année en National 2. et Et du coup, on a changé d'entraîneur en cours d'année. Il y a un entraîneur qui est arrivé, par contre, qui était super. Et là, vraiment, c'est là où j'ai vraiment senti que j'avais passé un cap et que j'ai progressé.
- Speaker #0
Mais tu es arrivée dans un club, donc National 1, tu ne l'avais jamais fait. Tu n'as pas eu d'appréhension, justement ?
- Speaker #1
Non, parce que j'avais rien à perdre. Moi, le hand, c'était quand même une passion. Je ne voulais pas en faire mon métier. Je n'avais pas du tout de prétention de jouer à tel niveau ou tel niveau. Pour moi, c'était que du plus. On m'a proposé d'aller là-bas, j'ai saisi l'opportunité. Et puis après, par chance, j'y ai joué, alors que franchement, je n'avais pas un niveau extraordinaire. Mais voilà, j'ai quand même eu l'opportunité d'y jouer quelques années.
- Speaker #0
On revient encore sur le sujet. Tu as osé saisir l'opportunité. Et ça a pu te faire avancer plus vite, parce que tu aurais pu très bien te dire, en fait, non, je n'ai pas le niveau, je n'y vais pas.
- Speaker #1
C'est ça. Tu te dis,
- Speaker #0
j'y vais, j'ai rien à perdre. Tu vois, ce n'est pas la même chose. Et je le vois aussi dans ton parcours. Tu as ouvert tes deux cabinets, tu as eu une opportunité, tu y as été en fait.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et franchement, bravo, tout le monde n'ose pas passer ce cap. Et franchement, ça se voit sur ton parcours. Quels sont les, par rapport au sport, quelles sont les valeurs du sport qui t'accompagnent dans ta vie d'entrepreneur ?
- Speaker #1
Honnêtement, je pense tout. C'est pour ça que j'aime autant ce sport, parce que l'esprit d'équipe, la persévérance. Pour moi, d'ailleurs, c'est ce que je dis toujours à ma fille, c'est que je lui dis, tu choisis le sport que tu veux. Mais je veux que tu fasses au moins un sport collectif. Parce que pour moi, c'est l'école de la vie. Tu as l'entraide, tu as vraiment le partage, le dépassement de soi. Tout ça, pour moi, c'est des choses qui m'ont aidée dans mon quotidien et dans ma construction de femme. Donc non, pour moi, le sport collectif, c'est vraiment ce qui m'a apporté le plus dans ma construction.
- Speaker #0
Top, bravo. En tant qu'ostéo, à un moment, tu soignais... des athlètes, tout en étant toi-même athlète. Quelle est, selon toi, qu'est-ce que ça change dans la manière de pratiquer ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça change ? Alors là, aujourd'hui, en fait, moi, j'ai travaillé dans un club professionnel dès mes dernières années d'études et de côtoyer le milieu professionnel. En plus, c'est un milieu professionnel masculin, d'un club quand même assez emblématique qui existe depuis très longtemps. et euh En fait, vu que j'ai toujours baigné dans ce milieu, dans le milieu du sport, mon frère a joué un petit peu en D1. D'ailleurs, c'est dans ce même club où je travaille aujourd'hui et où j'ai travaillé à l'époque. En fait, pour moi, c'était assez normal. Tu vois, l'exigence, la rigueur, le professionnalisme de connaître son corps. Parce que moi-même, en fait, quand tu joues en N1, forcément, c'est quand même un niveau qui est plutôt bon. Tu dois avoir une certaine exigence dans ton hygiène alimentaire, dans la prise en charge de tes blessures, les soins, etc. Même si, attention, ce n'est pas tous les joueurs qui sont professionnels, qui sont à l'écoute et qui sont sérieux. Mais tu as un cadre quand même minimum. Donc du coup, en vrai, pour moi, j'ai toujours baigné dedans. Donc ça n'a pas trop changé ma manière de pratiquer. Je pense que ma pratique, elle s'est faite aussi autour de ça, de cette exigence-là.
- Speaker #0
Un ostéo qui ne pratique pas... pas le sport. En fait, c'est ça. Quelle est la différence que tu aurais avec lui, tu vois, dans ta façon de pratiquer ? Dans sa manière de pratiquer. Qu'est-ce qui fait que toi, c'est un... Pour moi, c'est un plus, en fait. Déjà que toi-même, tu es athlète, tu vis du sport, et en plus le même sport, je précise, et que tu, justement, tes patients sont aussi des sportifs de haut niveau.
- Speaker #1
Oui. Eh bien... Je pense que déjà, en termes de traumato, je pense que je suis assez bonne parce que forcément, quand tu fais ce sport-là, tu connais la traumato. Je pense aussi, tu vois, dans la partie préparation physique, ce que t'as besoin, même dans la spécificité du geste du handballeur, que ce soit un ailier, un arrière, un demi-centre, un pivot, un gardien, tu vois, ça demande quand même pas les mêmes... ça a vraiment pas du tout les mêmes besoins. Et donc du Merci. cette capacité d'adaptation et de réflexion par rapport à la spécificité du sport, je pense que pour moi, c'est plus facile.
- Speaker #0
Oui, tu as une meilleure compréhension de ce qui est attendu, de ce qu'il fait par rapport à son poste.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et ça te fait gagner du temps. Je pense, oui, quand même, à ce niveau-là. OK. Le fait d'être sportive, est-ce que tu as eu une relation différente, justement, avec les athlètes ? Est-ce que c'est comme tu le disais ? Peut-être, comme tu sais qu'il a ce poste-là, tu sais vers quoi tu vas le diriger ou ce que tu vas faire. Est-ce que ça a aidé ? Ça revient un peu à ma première question, mais est-ce que ta relation était différente ?
- Speaker #1
Je pense oui. En plus, quand je travaillais à l'époque, c'est au club de Ponto-Handball, à l'époque où je travaillais, j'étais la seule dans le staff médical. Donc, il n'y avait qu'une ostéo. Il n'y avait pas de kiné. Il y avait un médecin, mais il était à l'extérieur. Il ne venait pas, il ne venait que sur les matchs. Et je crois qu'à l'époque... il n'y avait même pas de kiné sur le banc. Je crois que ce n'était même pas obligatoire. Je ne me rappelle plus. Ou alors, on avait peut-être un kiné qui venait que sur les matchs. Je ne sais plus. Du coup, les joueurs se référaient qu'à moi. J'étais le médecin, le kiné, l'ostéo, je faisais tout en même temps. Du coup, déjà, moi, ça m'a permis de vraiment apprendre, forcément, d'être face vraiment à la traumato, aux soins directs, à l'urgence. Et en plus de ça, je faisais un peu la réathlée à l'époque, tu vois. Donc, tu vois, vraiment la réathlée et la phase avant le retour de terrain, quand il y avait des retours de blessures. Donc... Des fois, je leur faisais même des petits exos un peu spécifiques au poste. C'était des petits trucs très courants. Ce n'était pas vraiment sur le terrain. Et du coup, je pense que ça, ça a créé quand même une vraie relation de confiance avec les mecs. Et le fait qu'ils ne voulaient pas aussi parfois se déplacer parce que c'était loin d'aller chez le médecin, etc. Du coup, ils me faisaient vraiment confiance, une confiance aveugle. Donc ça, je pense, oui. Le fait de savoir que j'étais dans le milieu et de voir que je connaissais bien le sport et la spécificité. de chaque poste et de chaque besoin, je pense que ça a aidé dans la relation de confiance.
- Speaker #0
Juste pour les non-connaisseurs, tu as dit traumato et tu as dit réathlé. Est-ce que tu peux dire les deux définitions ?
- Speaker #1
Traumatologie, c'est en gros... Quand je dis traumatologie, c'est par exemple, tu as une blessure, poser un diagnostic d'opportunité, c'est-à-dire savoir à peu près est-ce que potentiellement tu as ça et ça qui est touché, donc un ligament ou c'est plus une fracture, etc. Et donc, forcément, te référer vers le médecin rapidement. Et après, la réathlétisation, c'est la partie après une blessure, avant de retourner sur le terrain.
- Speaker #0
Merci pour ces précisions, parce que du coup, c'est pas forcément... Oui, c'est vrai, pour moi,
- Speaker #1
ça paraît le plus...
- Speaker #0
Moi, ça me parle un peu quand même, donc je préférais préciser. Pour clôturer cette première partie, parce que j'ai pas dit que c'était en trois parties, donc c'est pour cette partie. Quel conseil tu donnerais à un ostéo qui veut se lancer, qui veut ouvrir justement son cabinet ?
- Speaker #1
Je lui dirais que c'est dur, qu'il ne faut pas lâcher, mais que s'il est bon, il va y arriver. En fait, les jeunes ostéos de nos jours, ils ont peur parce qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de concurrence. Mais moi, je pense quand même qu'il y a de la place pour tout le monde, parce qu'il y a de plus en plus de patients qui consultent des ostéopathes, par rapport à l'époque où moi je me suis installée, par exemple. et Et je pense que si t'es bon, si tu travailles en équipe, c'est-à-dire que si t'arrives à communiquer correctement avec les autres professionnels, je pense que ça peut marcher. Même si c'est saturé, en tout cas en région parisienne, ça commence à être vraiment saturé, parce qu'on est vraiment nombreux. Mais je pense quand même que ça peut marcher. Mais par contre, voilà, faut bosser. Parce que malheureusement, je trouve que les jeunes, de plus en plus, ils veulent plus bosser le samedi, ils veulent plus bosser le soir. Ils veulent plus bosser entre midi et deux. En fait, si tu pars comme ça, c'est sûr que ça ne va pas marcher. Parce que quand tu commences, tes premiers patients, c'est les patients d'urgence. Donc, c'est le soir, c'est le samedi, c'est entre midi et deux. Et si tu n'es pas disponible quand eux, ils le sont, ils vont aller voir quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
Accepter les contraintes et effectivement bosser pour te faire un nom aussi. Exactement. Et saisir les opportunités comme toi, tu l'as fait. Exactement. Et que tu as continué à faire pour te faire connaître aussi. Parce que c'est aussi, d'une certaine façon, c'est aussi ta publicité. elle est ostéopathe dans un club sportif depuis longtemps je peux peut-être aller la consulter parce que si elle est là c'est pas pour rien après moi dans mon cabinet je ne fais pas les sportifs je fais que les bébés et les femmes enceintes on est virale effectivement et ça c'est un vrai comment dire j'ai trouvé ça étonnant en fait que tu partes dans cette direction après t'as fait vu que Tu avais ton parcours aussi, les vacations dans les clubs, je ne sais pas comment on appelle ça, mais tu travailles avec des clubs sportifs, du coup tu avais les deux, en fait, je vais appeler thématique, mais du coup tu avais les deux... J'avais la double casquette. La double casquette, et que tu continues en plus encore aujourd'hui. Donc tu as quand même encore ta passion qui est encore là. Et en autre conseil, parce que tu l'as dit, tu as rencontré des problématiques sur le statut, qu'est-ce que tu conseillerais en fait en premier statut pour quelqu'un qui se lance notamment avec un cabinet ?
- Speaker #1
Ça dépend en vrai s'il a un loyer ou pas. Si tu es juste en rétrocession et que tu es collaborateur, ça veut dire que tu n'as pas de charge. Je pense que pour ton entrepreneur, ça peut être avantageux. Après, à partir du moment où tu fais de la route, que tu payes un loyer, que tu as des charges fixes, pour moi, il faut être en micro-BNC.
- Speaker #0
D'accord. Tu as dit rétrocession.
- Speaker #1
Rétrocession, c'est quand tu travailles pour un ostéo et que tu payes un pourcentage. des patients que tu reçois. En gros, tu n'es pas dans ton cabinet. Tu travailles pour quelqu'un.
- Speaker #0
Mais tu vois, tu as parlé de redevances, tu as parlé de recessions, d'ouvrir son cabinet. Est-ce que ce genre de... En fait, quand tu es à l'école, est-ce qu'on te dit justement, voilà comment tu peux travailler demain en tant qu'ostéo ? Oui,
- Speaker #1
tu as quand même un cours d'une journée où tu expliques les différents statuts, les différentes possibilités, ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, etc. Si, si, tu as quand même un cours d'une journée.
- Speaker #0
D'accord. Mais toi, tu voulais être ta patronne.
- Speaker #1
Moi, honnêtement, oui. Parce qu'encore une fois, j'avais la chance de gagner quasiment un SMIC juste avec les clubs avec lesquels je travaillais. Je ne cherchais pas à gagner de l'argent à tout prix. Ce n'était pas ça le but. Tu fais une collab, tu veux te faire la main, etc. Mais j'avais déjà des patients, j'avais déjà une base de salaire. Donc, je n'avais pas peur de me lancer.
- Speaker #0
Est-ce que le fait que tu travaillais à côté t'a aidé à te lancer plus vite ?
- Speaker #1
Oui, c'est sûr.
- Speaker #0
Aussi bien financièrement que mentalement ? Oui, c'est sûr.
- Speaker #1
Après, moi, je travaille depuis que j'ai 16 ans. Donc tu vois, quand j'ai été diplômée, même pas un an après, j'ai acheté mon premier appartement. Donc tu vois, je travaille depuis que j'ai 16 ans. Donc forcément, j'ai pas peur de me lancer, de dépenser de l'argent, d'investir de l'argent dans un cabinet parce que je gagne de l'argent, j'ai de l'argent de côté, je sais gérer mon argent. Non, j'avais pas peur.
- Speaker #0
Bravo déjà pour ça.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Pour juste conclure cette première partie, est-ce que tu peux me dire ce que c'est, très en une phrase, la MAB ?
- Speaker #1
Alors la MAB, c'est la Maison de l'accompagnement et du bien-être. C'est une maison que j'ai transformée en cabinet pluridisciplinaire où on n'a que des femmes qui travaillent, des femmes qui sont spécialisées autour de la famille, dans le sens général. Donc on a deux sages-femmes, une puéricultrice. une micro-kiné, une masseuse en drainage lymphatique, deux ostéopathes, une naturopathe, deux sophrologues, sophre-thérapeutes, une prof de yoga pilates, une naturopathe, je ne sais plus si je l'ai dit, une consultante en lactation, je pense que c'est pas mal.
- Speaker #0
Combien de personnes ?
- Speaker #1
Je pense que je n'ai oublié personne. En tout, je crois qu'on est maintenant 13.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
On va finir sur ça et on va en parler plus dans le prochain épisode. Dans cet épisode, on a posé les bases du parcours de Catherine. Le sport, la discipline, les premiers cabinets et cette façon très instinctive d'entreprendre. Mais à un moment, exercer seul ne lui suffit plus. Dans le prochain épisode, Catherine nous raconte comment est née l'envie de créer un lieu plus global, plus collectif. La Mav.