- Speaker #0
Bienvenue dans Focus Sportpreneur, là où l'entrepreneuriat rencontre l'énergie du sport. Je suis Vanina, passionnée de basket et experte en gestion et événementiel. Ici, on parle de résilience, de discipline et de leadership, mais surtout de parcours inspirants et de stratégies concrètes pour structurer et développer ton activité. Parce qu'en business comme sur le terrain, c'est la vision et l'entraînement qui font la différence. Prête, prêt à entrer dans le game ? Dans cette série d'épisodes, je reçois Catherine Duong, ostéopathe depuis 2011. Ancienne sportive de haut niveau en handball, elle a ouvert ses premiers cabinets très jeune, avant de créer un lien pluridisciplinaire dédié à l'accompagnement et au bien-être autour de la périnatalité, la MAB. À travers son parcours, on parle de sport, d'entrepreneuriat, de transformation professionnelle et de choix de vie. Dans ce deuxième épisode, on plonge au cœur de la MAB, sa création, sa vision. et le passage d'une pratique individuelle à un projet collectif autour de la périnatalité. Bienvenue dans ce second épisode avec Catherine. Bonjour Catherine. Bonjour. On a fini le premier épisode sur l'AMAB. Avant même de parler vraiment de ce que c'est l'AMAB, à quel moment tu t'es dit j'ai envie de créer, et je reprends tes termes, quelque chose de plus grand ?
- Speaker #1
Déjà quand j'ai ouvert mon premier cabinet à Saint-Maur, du coup... Du coup, je voulais vraiment travailler avec d'autres professionnels. Ça, c'était vraiment mon souhait, mon désir. Mais je ne trouvais pas les personnes que je voulais. Je n'ai pas trouvé de local qui s'y prêtait aussi. Parce que je ne voulais pas un truc comme les cabinets médicaux, un truc tout blanc qui fait très médical. Ce n'était pas du tout le concept que je recherchais. Et quand j'ai eu ma fille, je me suis dit, OK. Je travaille à 30-40 minutes de chez moi. Avec les bouchons, ça peut augmenter. En fait, je me suis dit, bon là, c'est bon, il faut que je me rapproche de chez moi. Et avec les difficultés aussi que j'ai rencontrées avec ma fille, je me suis dit, purée, moi je suis dans le milieu. Je suis spécialisée en pédiatrie et en périnatalité. J'ai rencontré des difficultés avec ma fille. Je ne trouvais pas les professionnels qu'il fallait pour... où il y avait du lien entre les différents professionnels. Et je trouvais que le soutien à la parentalité, il n'était pas bon. Et je me suis dit, moi je suis ostéo, je suis dans le milieu. Pour moi c'est difficile, alors pour une patiente lambda, mais qu'est-ce que c'est ? Comment ça se passe ? Et je me suis dit, il faut absolument que je crée un endroit où il y a tous les thérapeutes qu'il faut pour aider les jeunes parents qui ont des difficultés dans leur... premières années de vie de parents. Et donc du coup, j'ai contacté une sage femme que je connaissais depuis longtemps, qui travaille à l'hôpital. Donc je l'ai sortie de l'hôpital pour qu'elle vienne avec moi. Et donc pendant deux ans, j'ai cherché une maison où je pourrais habiliter et faire les travaux qu'il fallait pour faire ce que je voulais, vraiment ce que j'avais imaginé. Au début, c'était un appartement et j'ai vécu, j'ai franchement visité, je ne sais pas au moins 15 appartements, j'ai me suis dit mais en fait non, c'est trop petit, c'est pas du tout adapté, c'est pas ce que je veux, tu vois. Donc je me suis dit bon bah tant pis, je vais chercher une maison. Là, pendant un an, j'ai cherché des maisons sur Noisy-le-Grand parce que j'habite Noisy-le-Grand. Et là, j'ai trouvé la pépite et c'était parti. Et c'était l'année du Covid, évidemment, on s'y lance pas drôle.
- Speaker #0
Ah oui, attends. Et qu'est-ce que ça représente pour toi d'avoir justement créé ce lieu qui accompagne des futures familles, des futures mamans ? des familles ?
- Speaker #1
Franchement, je ne l'avais jamais rêvé aussi grand, ce projet. Je suis hyper fière et j'adore travailler dans cet endroit. Les filles que j'ai recrutées parce que je les ai choisies, ce n'est pas juste qu'elles sont venues ou que je les ai trouvées nulle part. Je les ai vraiment choisies pour leur qualité humaine et évidemment aussi un peu professionnelle. On s'entend vraiment toutes hyper bien, il y a une vraie synergie dans le cabinet. On est vraiment toutes hyper contentes d'être là. C'est une petite maison cosy où on enlève les chaussures. Et du coup... C'est souvent des femmes qui font les retours. Les papas aussi le font, mais c'est surtout les femmes qui nous disent « Qu'est-ce qu'on se sent bien ici ? On se sent comme à la maison. Qu'est-ce que c'est agréable de pouvoir, par exemple, quand on vient me consulter, et que je sais qu'il faut qu'il y ait la psychologue, la sophrothérapeute ou la sage-femme qui prennent le relais, on va communiquer. » Et puis la maman, elle se sent suivie, elle se sent vraiment épaulée. Pas juste, allez voir votre médecin ou allez voir une sage-femme, n'importe laquelle. Et puis, tu n'as pas de lien, tu vois. Là, tu as un vrai lien. La patiente, elle sait qu'on communique entre nous et elle se sent vraiment prise en charge. Je pense que c'est vraiment ça le mot, c'est elle se sent prise en charge, tu vois.
- Speaker #0
Tu n'as pas voulu faire, là, tu ne l'as pas dit parce que ce n'est pas, mais ce n'est pas un centre médical.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
C'est vraiment une maison et tu es la maison de l'accompagnement et du bien-être autour de la périnatalité. de la grossesse, des enfants. Et comment tu as fait pour assembler toutes ces personnes qui sont d'autres disciplines ? Comment tu les as, entre guillemets, recrutées ? Comment tu as pu regrouper tout ça ? Parce que tu as commencé avec la sage-femme, tu me l'as dit. Comment s'est passée la suite ?
- Speaker #1
Alors au début, j'avais que la sage-femme et la sophrologue. Donc d'ailleurs, je la remercie parce qu'elles m'ont fait confiance. parce qu'elles ont accepté c'était complètement en travaux c'était vraiment le début du projet et finalement j'ai mis des annonces et il y a eu beaucoup de bouche à oreille donc petit à petit j'ai recruté après une pédiatre, une consultante en lactation après est venue la micro-kiné une deuxième sophrologue en fait de Et la prod de Yoga Pilates aussi, elle était là dès le début. Elle est arrivée un petit peu après, mais vraiment, dès le début, elle était là aussi. Et en fait, bouche à oreille, les filles que j'ai recrutées, elles m'ont recruté d'autres personnes. Donc voilà, ça s'est fait un peu comme ça. Et jusqu'à aujourd'hui, on est 13, voilà.
- Speaker #0
Oui, quand même, j'avoue. Et comment tu as fait pour trouver les financements ? Parce qu'il fallait financer. Tu as parlé, tu as fait des recherches de lieux. Il fallait monter le dossier. Comment ça s'est passé un peu administrativement pour construire ta maison ?
- Speaker #1
En fait, j'ai fait un montage. J'ai juste fait un business plan. J'ai tout fait toute seule. J'ai fait un business plan. J'ai eu des promesses de location avec la sage-femme, la sophrologue et la prof de yoga après. Moi qui étais ostéo, donc j'allais apporter aussi un loyer. Et donc du coup, c'est quand même passé assez facilement le financement. Je n'ai pas eu de difficulté du tout. Je suis quand même passée par un courtier, mais on n'a pas eu besoin de faire de micmac en fait. Je n'ai pas eu de difficulté du tout. Et j'ai signé le prêt veille du confinement. Donc je l'ai senti qu'il allait arriver et j'ai mis un peu la pression au banquier en me disant non, non, mais il faut signer, il faut signer, parce que je pense que si je l'avais fait après, je pense que je n'aurais pas eu le prêt. Donc voilà, en vrai, je n'ai pas eu de difficulté. C'est vrai que je n'ai pas eu de difficulté. Je pense que j'ai fait un très bon montage financier, toute seule, comme une grande. Et c'est passé sans difficulté.
- Speaker #0
Top. Ouais. Et donc, du coup, ton expérience de cabinet t'a déjà aidé peut-être à préparer ce... Tu savais déjà un peu ce qu'il voulait finalement. T'as déjà...
- Speaker #1
Parce qu'en fait, ce n'est pas compliqué. Quand tu fais un prêt, tu sais combien ça va te coûter. Tu sais à peu près combien ça va te coûter par mois. Tu sais à peu près ce que ça vaut un loyer quand tu es au stéo. Donc, tu sais combien tu peux mettre à louer tes pièces. Tu fais des promesses de location avec tes futurs locataires. Vu que j'avais déjà une bonne partie des locataires, j'avais moi, j'avais une sage-femme, j'avais la sophrologue et la prof de yoga pilates. Donc, en fait, elles m'ont fait des promesses qui faisaient que la banque, ils avaient la garantie de se dire, OK, dans tous les cas, il y aura au moins ça qui va rentrer en argent. Donc... Donc, ils n'ont pas eu peur du tout et c'est parti.
- Speaker #0
Et toi, tu n'as pas eu d'appréhension ? Parce que autant tu parles des banquiers, mais là, du coup, de quoi ?
- Speaker #1
Si, forcément. En vrai, je te dis ça, mais c'est vrai que ma banque, dans laquelle je suis depuis toujours, ils ne m'ont pas suivie dans le projet. Ils ne m'ont pas suivie, donc c'est vrai que j'ai dû prendre une autre banque. Donc, j'ai eu des difficultés sans vraiment avoir de difficultés, parce que ça ne m'a pas stressée. Parce que dans tous les cas, je voulais jouer la négociation sur les taux d'intérêt. Donc, c'était OK de changer de banque. Je n'avais pas trop de problèmes sur ça. Et, mince, j'ai oublié ta question du coup.
- Speaker #0
Non, je disais en fait que c'était, tu vois, même moi j'ai oublié.
- Speaker #1
Tu m'as dit par rapport à, est-ce que ça m'a aidé d'avoir déjà eu mes cabinets pour me lancer ? Voilà,
- Speaker #0
exactement, pour monter ton dossier de financement. Parce que tu avais déjà, pour tes cabinets, tu savais, tu me l'as dit en fait, tu as le loyer, tu savais déjà à peu près tes charges, tu sais en fait comment gérer un cabinet. Donc après là, c'est plus grand effectivement, c'est gérer une maison avec plusieurs praticiens. Donc finalement, tu étais... déjà, tu n'avais pas d'appréhension pour ça ?
- Speaker #1
Si, j'ai quand même eu un peu de stress déjà parce que les locataires que j'avais, ça ne comblait pas toutes mes charges au début. Je savais que j'allais devoir sortir quand même un peu de ma poche. Mais j'étais OK avec ça. Et en fait, au final, très rapidement, dès que j'ai ouvert, j'ai eu d'autres locataires. Très rapidement. En fait, ça a été. En tout cas, en termes de dépenses et d'entrée d'argent, j'étais bien. Et ce qui m'a un peu stressée, c'était la gestion, je pense. Comment j'allais gérer ? Et en fait, c'est un taf monstrueux. Il faut gérer la gestion du ménage. C'est des trucs bêtes, mais c'est une vraie gestion. L'organisation entre chacune. Mettre des règles. Parce que c'est un peu ça. Ça, c'est un peu particulier parce que je suis locataire, donc je suis la collègue de tout le monde. Mais en même temps, je suis aussi la propriétaire. Donc, du coup, il faut réussir à garder un peu ta place sans dire que je suis la patronne, parce que je ne suis pas la patronne, tu vois. Et donc, en fait, ça, ça s'est fait quand même assez naturellement. Les filles que j'ai choisies, en plus, c'est des filles très respectueuses. Donc, tu vois, elles respectent les lieux, elles nettoient derrière elles. Tu vois, les lieux sont bien entretenus. Et moi, il y a un truc aussi, c'est que je sais qu'il y a certains propriétaires dans des cabinets, tu vois, quand il y a un truc qui est cassé, une porte qui est cassée ? Ils vont mettre 3-4 mois à agir. Moi, je suis sur les lieux. Il y a un problème, la chasse d'eau est cassée, le plombier est là dans la journée ou le lendemain. Je ne vais pas laisser traîner, je lui travaille. Forcément, j'ai tout intérêt à que ce soit réglé rapidement. Ça aussi, je pense que les filles, elles apprécient. Moi, je suis assez maniaque. Je veux que ce soit... Je suis assez exigeante sur le lieu. Les patients enlèvent leurs chaussures, donc je veux que ce soit propre. Donc, si je dois changer les tapis, payer pour changer les tapis, je vais les changer. Si je dois payer pour faire des travaux, je ne vais pas avoir peur de payer. Tu vois, il y a beaucoup d'entrepreneurs qui se disent, oh non, ça va me coûter de l'argent. Non, c'est de l'investissement, tu vois.
- Speaker #0
Tu l'as précisé, c'est un investissement. Et tu l'as dit aussi, tu voulais que les femmes qui viennent soient à l'aise. Déjà, elles viennent, en fait, elles enlèvent leurs chaussures. Oui, c'est clair déjà. Tu dis, ok, déjà, je suis dans une bonne ambiance, je suis reposée, je suis sereine. Et tu as voulu créer quelque chose que tu voulais avoir ?
- Speaker #1
Oui, je pense que j'aurais bien aimé, quand j'étais enceinte et que je suis devenue maman, j'aurais bien aimé trouver un endroit comme ça. En fait, c'est comme ça que j'ai imaginé. Je me suis dit, ok, toi, tu es enceinte pour la première fois, qu'est-ce que tu aurais aimé avoir ? Tu aurais aimé pouvoir prendre des cours de yoga, de pilates ? qui fait un peu ta grossesse, pouvoir échanger si tu as des difficultés, si tu as des difficultés émotionnelles, si tu as des questions autour de ton accouchement. Tout ça, le retrouver dans un même endroit, c'est ça que je voulais.
- Speaker #0
Merci pour elle. Merci pour elle, en tout cas. Avec tout ce que tu as vécu entre le sport, les cabinets, la mab. Comment tu définirais ton évolution professionnelle, ton identité professionnelle ?
- Speaker #1
Je pense qu'elle est en constante évolution. Je le dis souvent parce que je suis aussi formatrice.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
t'as pas dit. C'est un autre sujet. Et je le dis tout le temps qu'en tant qu'ostéo, je pense qu'on est en constante évolution. Donc, un ostéo qui reste dans son coin, qui n'évolue pas, qui ne voit pas ce qui évolue autour de lui, ce qui se passe aussi autour de lui, je pense que ce n'est pas un bon ostéo. Donc moi, je pense que j'apprends tout le temps, tous les jours. Même de mes étudiants, j'apprends aussi d'eux, tu vois. Donc, je pense que l'ostéo d'il y a 15 ans et celle d'aujourd'hui est complètement différente. Mais en tout, quoi, en tout. Dans la prise en charge, dans la manière de parler aux patients, de communiquer, dans la technicité, dans tout ça, je pense que je suis complètement différente. Pas du tout la même personne, forcément.
- Speaker #0
Oui, j'allais dire, justement. Et en tant que personne ici, ça t'a changé ?
- Speaker #1
Oui, forcément, ça m'a changé. J'ai évolué. J'ai mûri, je suis devenue maman. Donc forcément, tu changes aussi en tant que personne.
- Speaker #0
Et tu l'as dit en fait, c'est que toi en tant qu'ostéopathe, entre aujourd'hui et maintenant, tu as évolué. Tu disais un ostéopathe, s'il veut justement évoluer avec son monde, il doit voir ce qu'il y a autour. Mais qu'est-ce que tu conseillerais à un ostéopathe qui veut justement lancer quelque chose comme la mame ?
- Speaker #1
Je lui dirais quand même d'abord de prendre de l'expérience. Parce que je pense que tu peux pas être jeune, diplômé et directement créer un truc comme la Mab. En tout cas, ça aura pas la même synergie parce que je pense que il faut d'abord te tromper. Trouver des gens avec qui bosser, c'est pas juste j'investis, j'achète des murs, je construis ça et je trouve une sage-femme, un machin, un machin. En fait, déjà, il faut que tu saches dans quel type de domaine tu as envie de travailler, quel type de personnes avec qui tu as envie de travailler, comment tu as envie de travailler avec eux, parce que tu as plusieurs manières de travailler aussi. Et je pense que ça, quand même, tu as besoin d'une certaine expérience pour te lancer, pour faire un projet directement bien, tu vois. Parce que je pense que dans un cabinet, une réputation, ça peut très vite être négatif. Donc, si tu crées un lieu et que tu as des thérapeutes qui ne sont pas bienveillants, ça te détruit complètement tout le cabinet. Et pour rechanger l'image du cabinet, je pense que ça peut être compliqué. Après, je ne sais pas, peut-être que je me trompe, mais en tout cas, c'est l'idée que je vois. C'est la manière dont je vois les choses, en tout cas.
- Speaker #0
Merci pour ces conseils. On va finir la deuxième partie sur ça. On se retrouve sur la troisième partie, sur la partie entrepreneuriale, organisation et management.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
À bientôt. À bientôt. La MAP, ce n'est pas seulement un lieu, c'est un projet, une vision et un vrai changement de posture pour Catherine. Dans le dernier épisode, on va parler de ce que ça implique concrètement au quotidien. Organisation, management, communication et équilibre personnel.