- Speaker #0
Il y avait un motif qui était simple, c'était si j'ai une opportunité de retourner aux Etats-Unis, il faut que j'ai une bourse complète. Et moi, ce que je voulais, c'était des bonnes appréciations, des bonnes notes. Et en même temps, c'est ce qui me permettait de calmer mes parents. Parce qu'eux étaient déjà sur l'optique de « le basket, c'est terminé » . L'idéal, ça serait que tu rentres dans une grande école, tu vois, en admission sur titre ou bien par concours, et tu te diriges vers un vrai métier. Tu vois tes oncles, ils sont tous politiciens, ministre de l'affaires étrangères, ministre de la défense, ministre truc. Qu'est-ce que tu fais là avec tes enfantillages de basket ? De mes zéros à 25-26 ans. Je n'ai fait que satisfaire mon entourage. Je n'ai rien fait pour moi. Là, c'est ma vie qui va être en jeu. Est-ce que je vais devenir un expert comptable comme le souhaite mon oncle et puis ensuite rentrer dans certains réseaux et puis devenir un politicien ? Et puis rendre fier tout le monde ? Ou est-ce que je vais pour une femme affirmer ?
- Speaker #1
Dans ce deuxième épisode avec Almamy, on change de rythme. On revient sur ce qui l'a façonné, son environnement, sa famille, ses choix, entre cadres imposés et besoin de s'en détacher. Et au milieu de tout ça, une chose reste constante, le sport. Pas juste comme pratique, mais comme repère. Un espace où il comprend comment avancer, comment se positionner, et surtout comment créer du lien. Parce qu'à ce moment-là, quelque chose se met en place. Les rencontres deviennent des leviers, les relations prennent de la valeur. Et ce qu'il apprend dans le sport ? Il commence déjà à l'appliquer ailleurs. On a parlé sport et je reviens un peu sur la partie professionnelle. Tu as fait multi-master. Tu peux me dire quel master tu avais fait ?
- Speaker #0
J'ai fait aménagement et développement territorial. C'était un master qui avait été créé à l'époque pour aider l'agglomération d'Evry-Courcouron. à se développer.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc l'idée, c'était qu'en gros, pour les trois majeurs de la promotion, en tout cas les trois meilleurs de cette promotion-là, on était à une trentaine, on puisse accéder à des postes qui allaient nous emmener à développer l'activité économique, créer des espaces verts, rendre l'habitat plus agréable, créer du travail et de l'emploi pour les jeunes, mais surtout dans les secteurs d'activité qui étaient en déclin, et faire de... la Ville Nouvelle, parce qu'à l'époque, c'était des syndicats d'agglomération de Ville Nouvelle, un havre de paix pour le citoyen. Donc, tu reçois des subventions de l'État, et ensuite, tu les répartis. D'abord, il y a eu un gros travail de sociologie pour comprendre quel était le tissu social local. Et donc, ça, c'était un programme qui était vraiment top.
- Speaker #1
Pourquoi tu l'as choisi ?
- Speaker #0
Je ne sais pas pourquoi je l'ai choisie.
- Speaker #1
C'est quand même... Tu vois, c'est engageant, en fait.
- Speaker #0
Je vais te dire comment ça s'est passé. Quand j'ai terminé une première année en sciences économie, je venais de subir une opération, donc je me suis dit, quand je reviens de cette opération, je repars aux Etats-Unis. Je suis reparti aux Etats-Unis, je n'ai pas eu de bourse comme je voulais, c'était trop onéreux. Du coup, quand je reviens... Je me dis, je vais aller faire ma deuxième année de Sciences Eco. Et j'ai un cousin qui me dit, j'ai trouvé un DUT technique de commercialisation dans lequel il y a une option basket. Et il n'y a que des basketteurs. Je dis non. Il me dit, écoute, c'est que des joueurs de N1, N2. L'équipe, elle est trop forte. Ils ont fait une sélection de janvier à juin. Ils ont pris 21 joueurs au lieu de 25 et une fille. Et donc... On vient, c'est en septembre, moi j'ai passé tout mon été aux Etats-Unis, j'ai fait American University, Georgetown, George Mason, j'ai visité plein de facs, j'ai eu des bourses partielles en dernière minute, mais c'était des aides pas assez conséquentes pour que je puisse rester. Donc je me dis, il faut que je rentre en France et je vais rentrer dans mon cursus de sciences économiques. Donc lui il me dit ça, il dit est-ce que je peux intégrer ? Il me dit bah non, on a fait les sélections de janvier à juin. Donc du coup, je lui dis, donne-moi le numéro quand même, j'appelle, on ne sait jamais. Et j'appelle l'école, long story short, je dis, écoutez, moi je suis en centre de formation au Paris Saint-Germain, là j'ai une bourse à Georgetown, ils me disent quoi ? T'as une bourse à Georgetown ? Je dis ouais, j'ai une bourse partielle, j'ai eu 3000 dollars, mais je ne peux pas payer plus. Vous avez les preuves ? Je vous envoie les courriers, je vous envoie les documents, j'envoie les documents, ils me disent, vous pouvez passer ? Je passe, et ils me prennent dans ce DUT. Donc je fais un DUT technique de commercialisation, dont je finis majeure de promotion. Quand le DUT se termine, Moi, ce que je veux, c'est retourner aux Etats-Unis. Mais entre-temps, j'ai eu une deuxième opération, donc... Je me dis, en attendant, il faut que je fasse quelque chose. Et on me dit, on a créé un master, aménagement et développement territorial, et peut-être que vous, les basketteurs qui étiez dans ce DUT, vous pourriez venir.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Moi, j'ai dit, moi, je veux bien, parce qu'on a été champion de France quand on était justement en DUT. Donc, en fait, je suis réussi à rentrer dans ce cursus. Moi, j'étais encore blessé, je n'ai pas beaucoup joué avec eux, mais j'ai joué une partie de la saison. Ce sont eux qui ont fait le taf. Et comment ça s'appelle ? J'ai été champion de France. Et donc, ils me proposent ce master en me disant que les autres vont me suivre et qu'on va continuer. Donc, je me dis qu'il va y avoir une pérennité dans cette pratique de basket. On était coachés par un coach croate qui venait de Croatie pour nous préparer et nous emmener à ce titre. Ce n'est pas un titre qui a été galvaudé. Il faut savoir qu'on jouait contre des joueurs de Pro B. Genre, il y avait Christian Cliante qui était à Lille, qui était super fort. Il y avait des gens de Pro B qui jouaient contre nous. On a gagné. Donc, ça m'a emmené à cette IUP et qui m'a donné ce master en aménagement et développement territorial. Et comme j'avais été majeur de promotion, moi, j'ai été pris dans cette IUP. Mais les autres ne m'ont pas suivi. Et puis finalement, l'option basket, elle est tombée à nous.
- Speaker #1
OK, d'accord.
- Speaker #0
J'ai fait ce master, ça s'est bien passé. Il faut savoir que pendant que je faisais ces études, ma grande difficulté, c'est que j'étais en rééducation tous les matins à l'INSEP. J'ai fait rééducation de 96 à 97. Et à 97, j'ai eu ma seconde rupture des tendons rotuliens. Donc, rééducation de 97 à 98. Mais ça n'allait pas, 98 à 99. J'ai manqué tous les cours du matin. J'ai rattrapé et malgré ça, j'ai eu des bonnes notes. Mais j'ai été absent pendant près de trois ans et demi. J'ai fait quatre ans de rééducation, trois ans et demi, j'étais absent tous les matins en cours.
- Speaker #1
Donc, tu dois avoir une certaine discipline et rigueur dans ton travail. Est-ce que dans ta tête, c'était je dois rattraper le retard ou je suis à fond et de toute façon...
- Speaker #0
Alors, il y avait un motif qui était simple, c'était... Si j'ai une opportunité de retourner au Stade Unis, il faut que j'ai une bourse complète.
- Speaker #1
Tu as toujours ce rêve dans ta tête à ce moment-là.
- Speaker #0
Et donc si je dois avoir une bourse complète, je dois même avoir des aides financières en plus parce que j'ai un bon dossier scolaire. Et moi, ce que je voulais, c'était des bonnes appréciations, des bonnes notes dans le dessin d'avoir à un moment donné une aide financière si je repars au Stade Unis. Et en même temps, c'est ce qui me permettait de calmer mes parents. Parce qu'eux étaient déjà sur l'optique de « le basket, c'est terminé » . L'idéal, ça serait que tu rentres dans une grande école, en admission sur titre ou bien par concours, et tu diriges vers un vrai métier. Tes oncles, ils sont tous politiciens, ministre des Affaires étrangères, ministre de la Défense, ministre truc. Qu'est-ce que tu fais avec tes enfantillages de basket ? Chez nous, il n'y a pas de... de troubadours, tu vois,
- Speaker #1
ça c'est leur discours,
- Speaker #0
c'est pas bien, tu vois, sportifs, musiciens, ça n'existe pas.
- Speaker #1
Justement, cette influence en fait familiale, parce que tu as dit déjà, il y a des politiciens, etc., mais je sais qu'il y a une influence par rapport à tes parents, par rapport à tes grands-parents notamment, comment ça a influencé ton parcours, ou peut-être ton évolution ?
- Speaker #0
Moi je les ai observés. Parce que c'était des personnes qui avaient à la fois une certaine aura, mais surtout des fonctions qui étaient importantes pour toute une communauté. J'ai un de mes grands-pères qui était président de la chambre de commerce en Guinée et qui a développé toute l'industrie. Donc il a travaillé avec la Russie pour emmener des usines, il a créé la première usine de pain, la première usine de bonbons, les premières flottes de bus qui ont traversé tout le pays. Il y avait ce regard admiratif. Et de ce qu'il a pu faire. Et un autre de mes grands-pères, c'était un chef de service à l'Institut Gustave Roussy en hématologie. Et lui, il recevait toute la diaspora africaine, politique, économique. Donc, ils venaient tous à la maison, des présidents, des ministres, des trucs. Donc, il y avait des grands repas, il y avait une façon de se tenir, une façon aussi d'aider les autres. Parce que finalement, lui, il traitait des cancers. Donc, il les traitait souvent. Il les traitait... beaucoup de cancers du sein, donc beaucoup les femmes de ces dignitaires. Et en fait, toutes ces personnes m'ont toujours à la fois respecté et gardé dans leur giron, là où les enfants ne restaient pas avec eux, mais m'ont toujours partagé plein de choses. Du coup, j'ai toujours eu envie de... de les rendre fiers de moi. Donc ça m'a donné envie au moins de toujours choisir des voies droites, des voies de succès ou des voies de réussite qui pourraient à un moment donné faire qu'ils soient fiers de ce que j'ai accompli ou de ce que j'ai accompli. Je pense que mes parents, eux, ils sont plus terre à terre. Pour eux, le sport, je faisais du théâtre. Et je me souviens en seconde, la directrice de l'école, elle m'a dit à mon père, votre fils, il a un réel talent. Vous comprenez là qu'il a rempli à lui seul la salle de théâtre de la ville, celle d'Erani, et qu'à chaque fois on vient tous pour le voir, et à chaque fois qu'il y a une représentation, on revient tous pour le voir. Mon père il m'a dit, le théâtre c'est terminé. Ici chez nous il n'y a pas de troubadours, sachez-le. Il n'y a que des gens qui vont étudier, qui vont apporter ou contribuer. Donc c'était très difficile, tu vois, de... de vivre dans cette dualité entre les grands-parents qui me mettaient un peu le pied à l'étrier, qui me faisaient confiance et qui me partageaient, qui étaient un peu comme des mentors pour moi. Et puis mes parents qui étaient trop exigeants, trop durs. Mon père, c'était... Dans une ancienne école, on aurait dit que c'était l'ex-URSS. Il manquait une grosse moustache. Et puis c'était bon.
- Speaker #1
Mais tu as réussi quand même à trouver cet équilibre à un moment donné. Où toi-même, en fait, tu reproduis... D'une certaine façon, parce qu'ils étaient exigeants, et pour leur raison, aujourd'hui, tu étais quand même major de ta promotion, pas qu'une fois. Effectivement, il y avait le théâtre, tu m'en as parlé, belle découverte, j'aurais bien voulu voir ça. Il n'est jamais trop tard, je dis ça, je dis rien. Parce que j'y ai pensé aussi. Et tu étais bon aussi. En fait, tu avais plein de choix, et effectivement, tu as suivi plutôt la voie. de faire des grandes écoles, mais tu as rembasculé vers le sport. Moi, j'ai répondu à ce que vous aviez voulu, mais je peux le faire au niveau du sport. Je veux avoir de l'impact. Parce que pour moi, dans ce que tu fais aujourd'hui, dans la transmission que tu fais, parce que tu coaches aussi, tu fais des camps, le partage que tu fais, c'est avoir un impact long terme.
- Speaker #0
C'est vrai. Encore une fois, l'objectif de départ pour moi, alors c'était certes de réussir dans le basket, mais quand j'ai décidé de choisir les différents programmes que j'ai choisis scolairement, c'était de m'affranchir. Et m'affranchir de l'entreprise, m'affranchir de mes parents, et m'affranchir de tous. Comment ? Partons sur l'acquisition de compétences, qui ferait que je pourrais me vendre. Comme je veux à l'entreprise. Quand j'ai passé mes entretiens chez Nike, on m'a expliqué, voilà, on est en open space, on vit comme ci, on vit comme ci, on vit comme ça. Il y a telle et telle contrainte. Moi, je lui dis, en fait, telle contrainte, non. Il n'y a pas une contrainte qu'on va m'imposer, sauf si je n'ai pas le choix. C'est-à-dire que si je dois nourrir ma famille, que je n'ai pas le choix, on est dans une situation de crise et que je dois prendre un job que je n'aime pas. Je vais le prendre. Si j'ai des obligations, je vais le faire. Mais sinon, je vais mettre mes compétences à profit de certaines personnes dans mes conditions. Si je dois m'arrêter de travailler, je m'arrête de travailler. Si je dois m'occuper de ma famille, je m'occupe de ma famille. Si je dois dormir, je dois. Si je dois voyager, je dois voyager.
- Speaker #1
Mais en fait, tu as vu, entre guillemets, tu as mis un cadre. Tu dis, moi, je peux travailler comme ça. Je n'ai pas envie de travailler comme ça. Mais tout le monde ne fait pas ce genre de choses. Tu avais quel âge déjà quand tu as commencé à dire « En fait, c'est comme ça que vous me prenez ? »
- Speaker #0
Je pense que c'est au sortir de Cambridge. Parce qu'au sortir de Cambridge, tout de suite, en tout cas, c'était il y a 23 ans, tout de suite, mon statut a changé dans le regard de tous. Chez Nike, j'étais stagiaire jusqu'en 2000-2001. Après, j'ai eu des missions de conseil. Je suis rentré chez N1, donc je ne pouvais plus travailler chez Nike. Mais au moment où j'ai annoncé sur les réseaux que j'avais Cambridge, j'ai eu plein d'offres de boulot. J'ai retenu celles qui m'intéressaient. Et en l'occurrence... Nike m'a parlé tout de suite parce que j'allais prendre le relais de Philippe Morin et je me disais, je vais faire vivre ça à son héritage. N1 m'a parlé parce que c'est une marque que j'ai découvert à New York en 98 et que j'ai adoré. J'ai acheté des produits, j'ai eu la première mixtape, j'ai remplacé une vidéo et je me suis dit... C'est quoi ce concept incroyable ? Un joueur qui est neutre, sans visage, qui représente l'intégralité des basketteurs, pas une nationalité, pas une couleur, et qui est athlétique et tout, et qui trash talk. Donc, si tu veux, au moment où les opportunités se présentent, je me dis de mes zéros à 25, 26 ans, Je n'ai fait que satisfaire mon entourage. Oui,
- Speaker #1
ça qui revient à chaque fois.
- Speaker #0
Je n'ai rien fait pour moi. Là, c'est ma vie qui va être en jeu. Est-ce que je vais devenir un expert comptable, comme le souhaite mon oncle, et puis ensuite rentrer dans certains réseaux et puis devenir un politicien, et puis rendre fier tout le monde, ou est-ce que je vais pour une fois m'affirmer ? J'ai choisi de m'affirmer. Il faut savoir que quand on crée Reverse avec mes deux associés, Guillaume et Julien, mon père me dit « mais tu continues tes enfants de CH ? » Toi, toujours tes expériences, elles sont dans l'amusement, le sport. Et quoi ? Tu vas reprendre la musique ? Tu vas reprendre le théâtre ? Sois sérieux mon fils, il y a un avenir brillant devant toi. Prends les bonnes décisions, tu vois. Et puis, je pense que dans la diaspora, il y a aussi l'image du nom de famille. Il y a plein de choses qui font qu'on s'attend à ce que tu choisisses d'autres voies. Donc, les gens ne comprennent pas comment tu vas te spécialiser dans certains masters, comment tu vas avoir une fibre entrepreneuriale que tu vas développer, comment tu vas avoir cette vision sociologique, une compréhension de la vie du territoire. Et puis, tu crées un magazine de basket. Ça va pas chez toi, qu'est-ce qui se passe ? Réveille-toi ! Et pourquoi pas ? Ils ont envie de me secouer. Même mes amis, même mon entourage très proche, les gens m'ont jugé pour ça. Tu peux pas faire Cambridge et puis tu travailles dans des... Enfin, tu crées une PME qui génère même pas assez d'argent. C'est pas viable. Mais, pour répondre, c'est le moment où j'ai décidé de m'affranchir. C'est Django Unchained. Mais je n'ai pas fini.
- Speaker #1
Oui, j'imagine. Parce que là, tu m'as dit quelque chose. Avec justement tes 50 ans. Oui, parce qu'il a 50 ans, on ne dirait pas. Mais avec tes 50 ans, tu passes encore un cap. Parce que là, tu as parlé à 25 ans, tu as décidé de t'affranchir. Mais là, 25 ans après, tu t'es posé des questions. Tu t'es peut-être remis en question. Peut-être qu'on y viendra. Qu'est-ce que je veux ? Comment je me vois peut-être demain, moi, avec ce que j'ai, avec tous les bagages que j'ai faits ? Et dans quelle direction je vais ? Et je reviens sur quelque chose, parce que quand on a échangé pour préparer notre rendez-vous du jour, tu m'as parlé réseau, beaucoup réseau. Tu as construit ton réseau au fur et à mesure, quand tu es partie aux États-Unis, dans tous tes événements. Le réseau, ça peut être un peu vague pour certains. Comment toi, tu l'as construit concrètement ?
- Speaker #0
Le point commun de mon réseau, ça reste le basket. Il y a déjà tous les événements sur lesquels j'ai travaillé ou tous les événements auxquels j'ai participé. Donc quand je suis joueur et que j'arrive au CIS Client Court, je rencontre plein de joueurs qui vont être des joueurs professionnels, donc qui font déjà partie de mon réseau. Quand je vais faire un 5-star camp aux Etats-Unis, je rencontre des joueurs qui vont finir par jouer à haut niveau ou qui vont au moins aller en NCAA, en Division 1, et qui vont faire partie de mon réseau. Quand je participe au camp Nike, en tant que joueur, puis en tant que coach, et même coach of the year, enfin assistant coach of the year deux ans de suite, je rencontre des coachs américains avec qui j'échange. par courrier, parce qu'à l'époque, il n'y a pas d'Internet. Ça veut dire que je leur envoie des lettres, je leur dis, je compte venir aux États-Unis, je compte étudier aux États-Unis, j'ai besoin de travailler sur tel aspect de mon jeu, Ces coachs, comme Steve Smith, qui est le coach de Hockey l'Académie, qui est un coach célèbre aux États-Unis, qui a eu Carmelo Anthony, qui a eu plein de stars NBA, ce coach me répond. Il m'envoie des exercices, je lui envoie la lettre, elle met 15 jours pour arriver aux Etats-Unis, trois semaines plus tard, non, un mois plus tard, je reçois sa réponse, avec des exercices de shoot, des exercices de développement individuel, des contacts de coach, des contacts d'école, donc ce sont des gens dont j'ai pu me rapprocher. et qui font toujours partie de mon réseau. Quand je pars aux États-Unis pour visiter des écoles, j'ai des coachs comme Greg Aichery, qui était le coach de Jartin à l'époque, qui sont dans mon réseau. J'ai des coachs, tous les coachs que j'ai sollicités, ils sont dans mon réseau. Mais ces coachs, qu'est-ce qu'ils font ? Ils m'envoient des messages. Est-ce que tu as un jeune prospect ? Est-ce que toi, ta vie se passe comme tu veux ? Est-ce que tu évolues comme tu veux ? C'est super, c'était une superbe rencontre. Est-ce que tu as des prospects ? Donc moi, je regarde dans mon entourage. Tiens, là, tel coach cherche tel type de joueur. Mon petit frère, je lui ai trouvé une bourse à Yukon l'année où Yukon est champion. Il aurait dû aller à Yukon. Je lui ai trouvé une bourse à Arizona. Arizona, ils ont fini en Elite 8. Mais tous ces gens-là, ce sont des gens que j'ai croisés dans des camps, dans des événements. Et au moment où on crée Rivers, Ça devient exponentiel. Parce que du coup, la raison pour laquelle mes associés font appel à moi pour entrer dans un reverse, c'est ce réseau, c'est le nombre de joueurs que je peux toucher en France, en Europe, en Afrique et aux Etats-Unis surtout. Et du coup, je te connais et tu connais Kobe. Vanina, fais en sorte de me mettre en relation avec Kobe. Tu vas me dire, je ne peux pas te mettre en relation avec Kobe, mais je vais te mettre en relation avec son préparateur physique. Je vais appeler le préparateur physique. Le préparateur physique, je vais être en lien avec lui. Et lui, il va finir par m'être en lien avec Kobe. Et je vais toujours aujourd'hui connaître quelqu'un qui connaît la personne que je veux atteindre. Est-ce que je vais l'avoir dans 75% des fois ? Non. Mais la persévérance fait que, tu vois, au moment où je deviens journaliste par la force des choses, parce que mes coéquipiers me demandent, mes associés, mes coéquipiers, tu vois comment je réfléchis ? C'est la team. C'est la team. Ils me demandent de rédiger, je leur dis, je ne suis pas très confiant et tout. Si, si, si, on voudrait que tu rédiges avec ton ton. Et comme on a un magazine sur un ton qui est décalé, c'est ce que je fais. Du coup, j'attire les regards, j'attire aussi à un moment donné l'intérêt des chaînes de télé. Parce qu'elle me dit, mais comment tu fais pour avoir LeBron James ? Ou comment tu fais pour avoir Iverson ? Ou comment tu as fait pour avoir Derrick Rose ? J'étais à Chicago. Et j'ai persévéré pendant trois semaines. J'étais aux entraînements tous les jours. Et puis finalement, il a fini par me répondre. Et j'ai eu le temps que je voulais. Et donc du coup, ils disent, plutôt que de prendre un dictaphone et écrire ton article, prends une caméra, filme, et nous on te rachète les images.
- Speaker #1
Tu as parlé persévérance et je pense que c'est important. Le fait aussi, parce que tu disais, tu rencontrais peut-être des coachs, mais tu leur écrivais derrière, donc tu les sollicitais pour qu'ils te répondent. Donc, c'est créer une relation. Et puis après, long terme, parce qu'après, je pense que vous vous revoyez au fur et à mesure et ça élargit en fait ton réseau. Et comment, pour toi, c'est entre la différence, c'est plus pour les autres et pour moi aussi, la différence entre quelqu'un qui a du réseau et qui sait l'utiliser ? Tu l'as un peu dit en filigrane.
- Speaker #0
La différence, je pense qu'il y a plusieurs piliers. Peut-être la vision de ce que tu veux faire et de comment ce réseau, tu peux le mettre à profit. La différence, c'est aussi le fait de savoir l'entretenir. Et je vais te donner l'exemple d'une amie qui est attachée de presse. et qui a contribué fortement au succès du Quai 54, parce qu'elle nous avait passé sur Télé Matin à l'époque, sur Canal+, sur Le Grand Journal.
- Speaker #1
C'est pas rien.
- Speaker #0
Et quand je vois comment c'est elle aussi qui m'a inspiré dans le fait d'entretenir mon réseau, c'est qu'elle prend constamment des cafés avec tous les ponts de la presse française. Presse féminine, mode, informations généralistes, lifestyle, elle est toujours en lien avec eux. Elle entretient. Donc quand tu entretiens, c'est facile d'activer. Après, il y a le fait d'aussi être disponible pour ce réseau. C'est-à-dire qu'à défaut de pouvoir changer leur vie ou changer leur activité, toujours leur dire que s'ils ont besoin de toi, tu es là pour eux. Si toi, tu peux faire quelque chose pour eux, il ne faut pas qu'ils hésitent. Ils comprennent qu'eux aussi pourront s'appuyer sur toi un jour. Et parfois, ce réseau, il fait appel à toi parce qu'on visite Paris. Je suis là avec ma copine et on a trois jours. Qu'est-ce que tu nous préconises ? Et tu les emmènes partout. Et tu vois, ils sont hyper reconnaissants. Mais derrière, ils continuent d'ouvrir des portes. Et c'est des petites choses. Mais pour moi, ce qui fait la différence, c'est déjà, il faut l'identifier, le réseau. Savoir l'activer sans le faire fuir. et peut-être lui faire part des bénéfices que lui aussi va pouvoir en tirer potentiellement si jamais il est aidé. Ça, ça peut être aussi un levier.
- Speaker #1
Ce qui est fort ici, c'est de voir comment tout s'entrelace. Le sport, les études, les rencontres, rien n'est isolé. Chaque expérience nourrit la suivante. Et surtout, il y a cette capacité à créer du lien, à construire des relations solides, durables. Pas dans l'intérêt immédiat. mais dans une logique de confiance. Parce que ce qu'il a appris sur le terrain, le collectif, le respect, l'engagement, Al-Mahmi le transpose naturellement dans sa manière d'avancer. Et c'est ce mélange-là qui devient puissant. Dans le prochain épisode, on va voir comment tout ça se transforme en quelque chose de concret. A bientôt sur Focus Portpreneur.