- Speaker #0
Bienvenue dans Focus Sportpreneur, là où l'entrepreneuriat rencontre l'énergie du sport. Je suis Vanina, passionnée de basket et experte en gestion événementielle. Ici, on parle de résilience, de discipline et de leadership, mais surtout de parcours inspirants et de stratégies concrètes pour structurer et développer ton activité. Parce qu'en business comme sur le terrain, c'est la vision et l'entraînement qui font la différence. Prête, prêt à entrer dans le game ? Sur le terrain comme dans la vie, Jérémy c'est la preuve qu'avec de la rigueur et du cœur, on peut scorer partout. On se connaît depuis longtemps sur les terrains comme en dehors. Jérémy c'est le parfait mélange entre rigueur, humilité et foi en ses projets. Passionné de basket et consultant en finances, il partage sans filtre son parcours, ses échecs, ses réussites et surtout ce qu'il a appris en semant ses propres graines d'entrepreneur. Trois épisodes pour parler résilience, équilibre et passion du jeu. Sur le terrain comme dans la vie.
- Speaker #1
Bienvenue sur Focus Portpreneur. Aujourd'hui, je suis avec Jérémy. Jérémy, bonjour.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #1
Donc, je suis contente en fait de te recevoir et je vais t'attaquer direct.
- Speaker #2
Allons-y.
- Speaker #1
Tu m'as dit que c'était un challenge de venir ici.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #1
À ce podcast-là. Pourquoi ?
- Speaker #2
J'ai quand même... Moi, j'ai beaucoup de leitmotiv, beaucoup de petites phrases qui m'accompagnent dans ma vie de tous les jours. Et il y en a une que j'aime beaucoup, qui est pour vivre heureux, vivons cachés. Je n'ai pas l'habitude de me mettre en scène, je n'ai pas l'habitude de me mettre en avant. Mais néanmoins, je pense que dans le monde d'aujourd'hui, ce sont quand même des choses importantes. D'être capable de parler en public, d'être capable de s'affirmer face à d'autres personnes. Aujourd'hui, professionnellement, j'évolue et je vais devoir aller vers ce genre de choses. Donc, je pense que ça va être un excellent exercice.
- Speaker #1
Bon, content de te sortir de ta zone de confort.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Pour donner un peu d'éléments, on se connaît aussi, parce que j'ai beaucoup de mes invités qui font partie de ma sphère basket, de l'écosystème basket. Et tu l'as dit, en fait, tu es très discret. On se connaît au moins depuis, je crois, plus de dix ans.
- Speaker #2
Même plus que ça, je pense.
- Speaker #1
Plus que ça. Et la chose qui est assez intéressante, c'est qu'en fait, les événements basket en Ile-de-France ou en France, j'en ai beaucoup fait. Et je t'ai très, très, très peu vue, sauf en fait dans des matchs officiels. Je t'ai très peu vue en fait en France. Je t'ai surtout vue sur des tournois à l'étranger. Donc pour dire en fait que le vivre heureux, vivre gâché, fin
- Speaker #2
là c'était clairement c'était le cas en tout cas bien sûr j'ai pas fait du basket le monde basket je m'en suis toujours tenu un peu à distance pas par choix mais juste par volonté j'ai joué au basket parce que j'aimais être sur le terrain regardez c'est ce qu'il y a de plus agaçant c'est frustrant, moi je veux toucher la balle, jouer je suis comme les enfants, donnez moi un ballon et je cours partout après quand t'es sur le côté enfin Il y a de très beaux événements basket en France aujourd'hui, dans le monde même je pense, mais si ce n'est pas pour jouer, autant rester chez moi.
- Speaker #1
Tu as commencé tôt en club, là j'enchaîne directement avec le club, mais du coup tu as commencé, tu as joué où et tu as joué à quel niveau ?
- Speaker #2
Alors moi j'ai commencé le basket, j'avais 13 ans, dans la ville où j'ai grandi, pour la nommer Garges-Sercelles, Garges-Légonesse. j'ai joué j'ai fait tout toutes mes catégories jeunes jusqu'à 18 ans dans ce club. Et ensuite, j'ai joué à Saint-Denis jusqu'à devenir champion National 3. Je ne sais plus en quelle année d'ailleurs. Ça commence à remonter.
- Speaker #1
J'avais assisté à tes matchs en plus à l'époque. Ce n'était pas en fait en venant te voir toi. Mais je me rappelle, tu étais toujours aussi avec le binôme
- Speaker #2
Cyril. Tout à fait, c'est mon frère.
- Speaker #1
Voilà, plutôt la famille. Et vous aviez tous les deux les cheveux longs.
- Speaker #2
C'était jadis. C'était jadis. C'était même un élément constitutif. Les cheveux longs, pourquoi ? Déjà, j'aimais ça. Mais aussi parce que c'était l'affirmation d'une identité différente. On voulait se démarquer. On était jeunes et impétueux. Et avoir les cheveux longs faisait partie de mon identité.
- Speaker #1
Et vous démarquez aussi par votre jeu, parce que vous étiez bon. En tout cas, de mon point de vue, vous étiez très bon. Merci. Vous l'êtes. Sûrement encore aujourd'hui. Moi,
- Speaker #2
j'ai raccroché.
- Speaker #1
Ce qui paraît depuis un an et demi. Mais en tout cas, je voulais remettre un peu ces éléments-là et cette historique-là parce qu'on s'est découvert entre guillemets à l'étranger. On a bien matché, on a bien discuté, on a les mêmes délires et la même passion aussi. Et en plus de ça... Aujourd'hui, t'es entrepreneur. Tu peux me parler ? J'essaye, ouais. Voilà, t'essayes.
- Speaker #2
J'essaye toujours de rester très humble par rapport à ça. Parce que être entrepreneur, c'est un peu le sujet en vogue. Tout le monde essaye de monter son truc, etc. J'essaye, je vais plutôt dire que je suis un agriculteur. Je sème des graines et on voit quel projet va fonctionner demain. J'apprends au quotidien, je me suis planté sur certains projets. D'autres fonctionnent tant bien que mal. Mais voilà, aujourd'hui, ça fonctionne. Notamment le fait d'être seul consultant, ça permet quand même de gagner bien sa croûte.
- Speaker #1
Du coup, tu es consultant, tu peux dire en quoi tu es consultant ?
- Speaker #2
Donc moi, je suis consultant manager de transition en finances d'entreprise. Je couvre un peu tous les rôles qui vont du contrôle de gestion jusqu'à la direction financière. Ça pourrait être bizarre pour beaucoup de personnes de se dire, pourquoi il peut aussi bien assumer des rôles de manager que des rôles d'opérationnel ? Je ferme la porte à rien en tout cas. De mon côté, ce qui compte surtout, c'est le chèque à la fin du mois.
- Speaker #1
Vous voyez le sérieux du monsieur quand même. Juste avant, on parlait de cheveux longs, baskets, etc. Là, d'un coup, il a mis une ambiance sérieuse. Mais ça fait partie de ton métier aussi. Tout à fait. Parce que tu es à ton compte, tu es consultant, tu travailles avec des managers, tu travailles avec d'autres peut-être directeurs financiers, mais tu travailles aussi avec des directeurs généraux. Tout à fait. Donc, c'est normal que tu aies justement cette posture, parce que c'est une posture à prendre, un positionnement à prendre. On en a parlé il y a quelques instants. Mais tu es aussi, en fait, papa. de trois enfants,
- Speaker #2
mariés. Oui, tout à fait. J'ai trois enfants qui animent ma vie. Et d'ailleurs, avec mon épouse, on a un peu fait le grand écart. Deux enfants rapprochés aujourd'hui qui ont 13 ans et 11 ans bientôt. Et puis, des vacances, beaucoup de chaleur au retour. Et un enfant est arrivé. Aujourd'hui, elle aura bientôt 3 ans. À 2 ans et demi, elle vient de faire sa rentrée scolaire. Première rentrée scolaire.
- Speaker #1
Comment t'arrives à jongler ou à trouver ton équilibre vie pro, vie perso, surtout en tant que consultant freelance ?
- Speaker #2
Je pense, et de toute façon c'est des choses qu'on apprend même quand on veut se lancer dans l'entrepreneuriat, je suis accompagné d'une femme exceptionnelle, qui est mon équilibre dans ma vie perso en tout cas. Et je pense que, d'ailleurs c'est même... clairement, je fais le constat pendant que je t'en parle, c'est même le fait de m'être marié avec elle qui m'a permis de passer un step, passer un cap. J'ai essayé certaines choses avant, ça a plus ou moins fonctionné. Moins fonctionné que plus, d'ailleurs. Mais une fois que je me suis marié avec elle et qu'elle était bien au courant de ses velléités, elle a quand même apporté un cadre dont j'avais besoin. Un entrepreneur, ça peut partir un peu dans tous les sens. C'est toujours animé de grands rêves, mais on a besoin d'être entouré de personnes qui sont un peu plus structurées, un peu plus terre à terre pour nous ramener dans le quotidien et dans la réalisation des choses pas à pas.
- Speaker #1
Bravo à elle et puis bravo à toi aussi d'avoir cette, de te rendre compte en fait des personnes qui t'entourent et de comment elles arrivent à t'équilibrer ou à te structurer. Et non, top.
- Speaker #2
Je veux quand même rebondir sur ce point là parce que... Vas-y. Aujourd'hui, c'est des réflexions qui sont importantes, surtout en ce moment. J'ai la chance d'être entouré de personnes extraordinaires au niveau familial, au niveau personnel avec mon épouse et au niveau de mes amis. J'ai deux sœurs de sang, mais j'ai une famille spirituelle, une famille de cœur assez importante. Je pense que tu es certainement au courant. On fait quelques voyages de temps en temps, notamment avec certains d'entre eux. Et cette famille est vraiment extraordinaire et elle fait vraiment partie de mon équilibre. Je t'en parle, j'ai de l'émotion, j'ai de l'émotion dans la voix et même dans le cœur. Mais vraiment, ces gens-là, j'y tiens vraiment comme la prunelle de mes yeux.
- Speaker #1
Bon, c'est un message. Vous l'avez entendu, ce message d'amour là. Il l'a fait, il est dans l'émotion.
- Speaker #2
Il faut qu'on se le dise, on ne va pas attendre la tombe pour se dire qu'on s'aime. C'est vraiment important.
- Speaker #1
Non, mais en tout cas, j'espère qu'ils auront bien reçu ce message-là. Si vous ne l'avez pas entendu, si vous ne vous reconnaissez pas...
- Speaker #2
Je vous envoie la vidéo.
- Speaker #1
Je ferai une petite vidéo rien que pour ça. Ça sera cadeau. Tu m'as dit, en fait, en échangeant pour préparer l'échange... que tu étais un pur produit de la méritocratie.
- Speaker #2
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Tu peux m'expliquer un peu, s'il te plaît ?
- Speaker #2
Je pense qu'aujourd'hui, le monde a un peu évolué, mais nous qui... Alors moi, je n'ai pas de crainte à dévoiler mon âge, j'ai passé la quarantaine, qui avons plus commencé à travailler et rejoindre le monde professionnel dans les années 2000, fin des années 90, début 2000, ce n'était pas aussi évident. Et la voie royale, c'était d'avoir des diplômes. J'avais les capacités, mais je n'avais ni l'entourage, ni la volonté peut-être, de m'impliquer suffisamment pour réussir dans un cadre scolaire qui est quand même très strict. Et pur projet de la méritocratie parce que j'ai essayé, j'ai fait un Dug en cinq ans, que je n'ai pas eu.
- Speaker #1
C'est quoi encore le Dug ? Tu sais l'équivalence maintenant ? Oui, pour les jeunes,
- Speaker #2
le Dug, c'est un bac plus deux universitaire qui était avant la licence.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
et puis finalement j'ai été travailler j'ai fait plein de choses, j'ai fait plein de métiers je faisais de l'intérim à l'époque j'ai repris mes études pour valider un DUT GEA en 2008 et à partir de là j'ai essayé de monter une petite entreprise avec des partenaires dans la création de sites web et d'applications mobiles ça n'a pas fonctionné sort est pu d'ailleurs, c'est bien dommage Et à partir de là, j'ai vraiment, après cette expérience, j'ai recommencé tout en bas de l'échelle. Assistant comptable, comptable général, responsable comptabilité générale, directeur comptable. Ici, c'est transformé en, je passe les détails, mais contrôleurship. Puis, j'ai eu la chance de rencontrer quelqu'un qui est devenu un ami, que je considère comme mon mentor. m'a fait basculer au contrôle de gestion, donc contrôleur de gestion. Il est parti, il m'a laissé sa place, il m'a poussé à ce que je devienne responsable contrôle de gestion. Puis j'ai eu la chance de devenir manager de transition. Et au travers du management de transition, j'ai atteint des postes aujourd'hui à séniorité importante en devenant directeur financier, manager financier. Je n'ai pas de diplôme. En tout cas, j'ai un bac plus deux ou l'équivalent. Mais je n'ai pas d'autre expression que de dire que c'est le charbon qui m'a permis d'atteindre ces niveaux-là. Personne ne voit quand on travaille, mais les nuits blanches, aujourd'hui, je ne les compte pas. Elles se voient sous mes yeux. Après, j'ai la chance de faire quelque chose que j'aime. Donc forcément, je ne me sens jamais forcé. Mais je peux vous dire qu'à 3h du matin, quand vous êtes en train de faire une clôture comptable, parce que vous savez que le lendemain, vous avez votre client ou votre responsable qui va vous demander les chiffres, lui-même sait que ce n'est pas faisable. Mais c'est tellement un challenge personnel, j'aime tellement ça, que finalement, on arrive quand même à faire quelque chose. Et grâce à ça, et grâce aux personnes que j'ai pu rencontrer au travers de mon parcours professionnel, j'ai pu évoluer, j'ai pu grandir. J'ai été prendre les choses. C'est par le travail que j'ai vraiment obtenu, le poste d'après. C'est en apportant un travail de qualité que j'ai pu vraiment évoluer. J'en suis quand même assez fier. J'en suis quand même assez fier.
- Speaker #1
Tu peux l'être, parce que pour moi, tu fais partie des gens qui ont appris en faisant Learning by Doing. Je fais partie aussi. Je n'ai pas forcément les diplômes. Et tu n'es pas resté qu'à un poste. tu aurais pu en fait rester juste sur la partie, on va dire collaborateur comptable. Mais à chaque fois, tu as eu cette, je ne sais pas si c'est une ambition ou pas, ou si ça a eu la possibilité ou pas, mais tu es passé en fait à chaque fois sur des postes un peu plus élevés ou avec plus de responsabilités. Ça veut dire que tu as appris sur le tas, que tu as appris aussi potentiellement de tes erreurs, parce que ça, ça veut dire que tu t'es remis en question. Et ça, pour moi, ce n'est pas forcément le cas de tout le monde, parce que si tu ne te remets pas, selon moi, assez en question, tu ne peux pas évoluer. Et à aucun moment, tu n'as essayé soit de reprendre tes études ou soit de faire, par exemple, une VAE, une valorisation des acquis d'expérience ?
- Speaker #2
J'y réfléchis, j'y réfléchis souvent. Mais j'ai parlé de mon amour pour l'école. Et puis, il faut monter des dossiers administratifs, remplir des papiers. J'ai fait ça pendant 15 ans. Ça me saoule au plus haut point. Un jour, ça viendra certainement. Tu parlais d'ambition. Je pense que s'il faut être animé d'une certaine ambition quand même pour aller vers ce genre de choses. Parce qu'on parle beaucoup de zone de confort, mais sortir de sa zone de confort, c'est accepter de se faire mal. C'est valable dans le sport, c'est valable dans la vie de tous les jours, c'est valable au travail. Je connais peu de personnes qui font leur 9-17, qui évoluent, qui peuvent évoluer aussi vite, à part s'ils ont le réseau. À part s'ils ont le réseau. Et d'ailleurs, c'est bien pour eux s'ils ont ces avantages-là. Mais oui, il faut accepter, il faut avoir une ambition, il faut avoir un espèce de moteur. qui nous anime à l'intérieur pour toujours se dire je vais aller chercher l'étape d'après. Et je reste quand même, je suis quand même assez lucide en me disant que c'est quand même des choses qui m'animent depuis l'adolescence. Je n'ai pas grandi dans un environnement favorisé, mais j'ai quand même eu cette chance d'avoir un père qui ramenait toutes sortes de lectures à la maison. Alors, je n'avais pas la télé, donc il fallait bien faire quelque chose. Mais je l'en remercie parce qu'on pouvait passer du Lucky Luke à Capital, lire tout l'univers et terminer la journée avec la Bible. Et je pense vraiment que c'est ce qui m'a vraiment construit en partie. Je comprends aujourd'hui avec du recul et la maturité que c'est ce qui a généré chez moi cette ambition. C'est ce qui m'a donné envie de m'ouvrir au monde. et en même temps de me dire j'ai une anecdote quand j'étais je devais avoir 13-14 ans et puis on était chez des amis, chez mes parents et mes parents me demandent, on est tous là à table et mes parents qui me demandent mais qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? et je leur dis je veux être chef d'entreprise donc ne venant pas d'un milieu favorisé, ça fait des blagues Et ça termine toujours par commence déjà par aller à l'école, sois sérieux à l'école et après, on verra. Et il y a une question qui est venue qui est, si tu es chef d'entreprise, qu'est-ce que tu feras ? J'ai réfléchi en deux secondes et je me suis dit, je ne sais pas, je vais acheter du savon de Marseille, je vais le râper, je le mettrai en boîte et je vais vendre de la lessive comme ça. Tout le monde rigole, etc. Mes parents me l'ont ressorti. Mes parents me l'ont ressorti et c'est vrai que je m'en souviens assez clairement, mais que tes parents puissent se souvenir de ce genre de choses démontre quand même que dès cet âge-là, il y avait quelque chose qui m'animait et j'avais déjà cette ambition en tout cas.
- Speaker #1
Tout à l'heure, tu m'as dit qu'il faut un moteur pour avoir cette ambition. C'est quoi ton moteur ? C'est être chef d'entreprise ?
- Speaker #2
Je suis obligé d'aller sur un terrain qui est très privé, qui est très personnel, mais non, ça ne me dérange pas, c'est ma foi. Moi, j'ai quand même ça. C'est la base de la base de la base. C'est les profondeurs de mon moi. On disait que le studio était un endroit de psychanalyse, de thérapie. Eh bien, nous y sommes. c'est pas mon intention j'ai vraiment quelque chose qui m'anime qui est ce en quoi je crois et ça depuis mon plus jeune âge et ça m'anime ça me donne la vie Ça me permet toujours d'avoir cette volonté d'aller après, de monter la marche supplémentaire. Et ouais, j'ai ce moteur-là, c'est ce qui crée mes valeurs, c'est ce qui crée cette ambition, c'est ce qui crée ces objectifs de vie, ces rêves. Parce que je pense que pour être entrepreneur, pour réaliser des choses dans sa vie, il faut rêver. Il faut rêver. Et plus on rêve grand et plus on atteint des choses extraordinaires. si tu veux l'univers t'auras Tu auras une constellation, si tu veux une constellation, tu auras un système solaire. Si tu veux un système solaire, tu auras une planète et je peux descendre comme ça jusqu'aux toilettes. Tu veux la Lune, tu auras la Terre. Tu veux la Terre, tu auras un pays, un appartement, un continent. Donc, je ne dis pas que je me suis mis la barre très haut parce que ce n'est pas vrai. Il y a des choses que je rêve depuis très longtemps. Je me suis toujours dit que ce serait inatteignable. Aujourd'hui, ça commence sérieusement à me titiller. Je me dis, finalement,
- Speaker #1
pourquoi pas ?
- Speaker #2
Peut-être qu'on pourrait y aller. Peut-être qu'on pourrait y aller.
- Speaker #1
Sur ton cheminement professionnel, comme tu es un produit de la méritocratie, est-ce que tu as rencontré des obstacles ? Est-ce que tu as un exemple ?
- Speaker #2
Bien sûr. Je pense que le premier de tous les obstacles, il est individuel, personnel et psychologique. On a grandi dans une génération et dans un milieu qui est... Je suis fort, je suis un battant, je n'ai pas de faiblesse. Et puis on avait des images, des personnes qui nous entouraient, qui nous véhiculaient ces images-là. Mais la psychologie individuelle, personnelle, que moi j'ai appris, c'est des sujets sur lesquels je me suis concentré sur le tard, je me suis quand même rendu compte que j'étais bourré de biais et de syndromes en tout genre. Et je pense que l'un des plus forts que j'ai eu à affronter, c'était le syndrome de l'imposteur. Ça a été aussi peut-être un avantage, parce que comme tu te sens un imposteur, t'en fais toujours plus. Donc, voilà. J'essaye toujours de mettre le curseur au milieu. Mais le fait de ne pas avoir les diplômes, de venir d'un environnement qui n'est pas forcément favorisé, avec une voie qui était toute tracée, où on était censé finir chez Lidl, pardon pour la marque. Lorsque j'étais face à des personnes qui venaient d'un milieu favorisé, qui avaient fait des études, qui étaient, j'aime bien cette expression, qui étaient bien câblées, comme on dit beaucoup dans le milieu professionnel, j'avais toujours ce ressenti ou cette appréhension de me dire est-ce que finalement je suis à ma place ? Est-ce que la qualité de mon travail est suffisante face à la qualité du travail de ces personnes-là ? Et d'ailleurs, c'est dans le cadre d'un bilan de compétences que le mentor, le coach qui m'accompagnait m'a fait prendre conscience de ce syndrome.
- Speaker #1
Ah, t'as fait prendre conscience de ce syndrome ? Tout à fait. D'accord. C'est-à-dire que moi,
- Speaker #2
j'en avais même pas conscience.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
C'est-à-dire que... Et il y en a d'autres, il y en a d'autres. J'ai besoin de personnes.
- Speaker #1
Ah.
- Speaker #2
Je ne demande pas d'aide. Je ne demande pas d'aide parce que je... Je ne veux pas déranger. Et puis, je rejoins encore le « je suis fort, je vais m'en sortir, je vais y arriver » . Et c'est vraiment des choses sur lesquelles j'ai dû beaucoup apprendre. Puis ça demande une certaine forme d'humilité aussi, de dire « écoute, je n'y arrive pas, comment tu peux m'aider ? »
- Speaker #1
On revient en fait sur ce que je disais tout à l'heure. Tu as su en fait à un moment remettre en question ce que tu faisais, la façon dont tu le faisais, et tu as changé en fait. Et pour moi, c'est ce que... Je pense qu'il peut aider justement à passer des caps et à se dire, bon, OK, j'ai le syndrome d'imposteur où je vais tout faire tout seul à un moment. J'accepte de déléguer. Quand tu passes manager, il faut accepter de déléguer. Tu ne peux pas tout faire.
- Speaker #2
Ça aussi, ça a été une grande étape professionnelle. Ça,
- Speaker #1
c'est une grande étape professionnelle où on veut tout faire. Tu as fait des postes qui étaient très, très opérationnels. Tu es passé manager. Pour passer manager, pour moi, tu ne peux plus faire autant d'opérationnels que ça. Quand je dis opérationnels, attention. Ce n'est pas apéjoratif, c'est dire qu'il faut avoir une vision un peu plus stratégique, un peu plus en hauteur.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #1
Et donc, du coup, donner aussi et communiquer cette stratégie ou cette vision à ses collaborateurs pour justement qu'ils aillent dans le même sens.
- Speaker #2
Surtout quand tu as fait et que tu es un amoureux du travail bien fait. Quand tu délègues, c'est d'accepter que d'autres vont faire le travail à 80% et pas à 120% comme toi.
- Speaker #1
Ou différemment.
- Speaker #2
Et ça, c'est encore pire.
- Speaker #1
Ou différemment.
- Speaker #2
C'est des choses que je détestais quand on me disait « Non, mais pas du bleu, mais du rouge. » Ça, c'est les choses qui me faisaient grimper au plafond. Donc aujourd'hui, j'essaie vraiment de faire attention. Mais quand on t'apporte des choses, soit c'est un arc-en-ciel et que c'est illisible. Enfin, je parle de tableau financier, bien entendu. Ou qu'on t'apporte des choses, il y a trois chiffres qui se battent en duel. Il faut prendre sur soi pour faire comprendre que la qualité du travail n'est pas aux attendus et que tu souhaiterais avoir quelque chose d'un peu plus cohérent, sans tomber dans le micro-management qui consiste à dire « alors mets du bleu, mets du rouge, mets moins, moins de ce... » « Non, je ne veux pas des moins, je veux des parenthèses, enfin voilà, toutes ces choses-là. »
- Speaker #0
Premier échange rempli d'authenticité avec Jérémy, entre parcours, valeur et mentalité de méritocratie. On se retrouve dans le prochain épisode pour parler du grand saut vers l'indépendance et de ce que ça change quand on passe du salariat à la vie de consultant.