- Speaker #0
Bienvenue dans Focus Sportpreneur, là où l'entrepreneuriat rencontre l'énergie du sport. Je suis Vanina, passionnée de basket et experte en gestion et événementiel. Ici, on parle de résilience, de discipline et de leadership, mais surtout de parcours inspirants et de stratégies concrètes pour structurer et développer ton activité. Parce qu'en business comme sur le terrain, c'est la vision et l'entraînement qui font la différence. Prête, prêt à entrer dans le game ? Sur le terrain comme dans la vie, Jérémy c'est la preuve qu'avec de la rigueur et du cœur, on peut scorer partout. On se connaît depuis longtemps sur les terrains comme en dehors. Jérémy c'est le parfait mélange entre rigueur, humilité et foi en ses projets. Passionné de basket et consultant en finances, il partage sans filtre son parcours, ses échecs, ses réussites et surtout ce qu'il a appris en semant ses propres graines en lui. Trois épisodes pour parler résilience, équilibre et passion du jeu. Sur le terrain comme dans la vie. Du coup, dans ton expérience, tu n'as pas été toujours à ton compte, tu étais salarié.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
À quel moment tu es passé de salarié à indépendant ? Parce qu'on en a parlé avant que tu te mettes à ton compte. Bien sûr, j'ai contacté pour ça,
- Speaker #1
parce que toi, tu étais déjà indépendante. C'est quelque chose qui me trottait dans la tête déjà depuis un bon moment. J'étais craintif par rapport à ça, parce qu'une famille, des enfants, une maison à payer, forcément, c'est un peu le saut dans l'inconnu. Et puis, malgré tout, aujourd'hui, je pense que c'est grâce au réseau, à Internet, c'est un marché qui aujourd'hui est beaucoup plus visible. Mais moi, quand j'ai commencé, c'était déjà très visible. Mais si on n'est pas dans ce réseau, ce n'est pas des informations auxquelles on a accès. Je fais souvent la comparaison avec un agent immobilier. Un agent immobilier, parce qu'il est dans le milieu. il connaît les prix, il connaît les biens, il sait comment ça se passe et il sait qu'on peut trouver tel type de bien, tel type de bien à tel type de prix. Si tu n'es pas sur le marché, si tu n'y travailles pas au quotidien, tu n'y as pas forcément accès et pour toi, c'est un peu plus complexe. Et c'était exactement ça. J'étais salarié, je savais qu'il y avait ce milieu du consulting en finances d'entreprise, mais j'étais très craintif parce que je n'arrivais pas forcément à trouver les annonces, les réseaux. Je n'avais aucune conscience qu'il y avait des cabinets intermédiaires entre le consultant et la grande entreprise. Donc, je restais plutôt en chien de faïence à me dire j'y vais, j'y vais pas, j'y vais, j'y vais pas. J'ai eu la chance d'avoir un collègue de travail qui s'est lancé, qui m'a dit mais il faut y aller, il faut y aller, c'est extraordinaire. J'ai donc pu prendre conseil auprès de toi et auprès d'autres. Et puis, j'y suis allé. J'ai terminé mon emploi salarié le 30 juin. Je me suis inscrit chez France Travail. J'ai postulé à deux, trois annonces. 4 ou 5 juillet, j'ai passé des entretiens. Le 10 juillet, j'étais en poste. Je n'avais ni structure, ni contrat, je n'avais strictement rien. Et ça a été à une vitesse extraordinaire.
- Speaker #0
Mais attends, parce qu'il y en a, en fait, ils veulent, et je me mets dedans. D'abord, faire la structure, que tout soit prêt, même avoir un site Internet, refaire peut-être son CV, faire les photos pro, etc. Toi, tu t'es lancé, tu n'avais même pas tout ça, tu n'avais même pas de structure.
- Speaker #1
Tout ça, je n'avais rien.
- Speaker #0
Comment tu l'expliques ça ?
- Speaker #1
Après, nous, sur notre métier, on n'a peut-être pas besoin de tous ces éléments-là. Et quand tu crées une société, c'est complètement différent si tu décides de chasser le... Le client, je ne sais pas comment expliquer, mais nous, on vend un service. Nous, on vend une prestation de service et notre prestation de service, entre guillemets, c'est nous qui la faisons. On vend du temps plus qu'autre chose. Quand tu vends un produit, tu vends un service qui est scalable, comme on dit, forcément, il faut communiquer, il faut créer toutes ces choses-là. Avec l'expérience, avec du recul, je me rends compte qu'en fait, toutes ces choses-là doivent venir après. Commence par vendre. Mais de toute façon... enfin... On peut prendre toutes les formations du monde, de l'univers. On peut écouter toutes les personnes qui ont réussi. La première chose qu'il faut faire, c'est lève-toi, va vendre. Fais du porte-à-porte.
- Speaker #0
Là, c'est te vendre. Là, si on revient sur ton parcours à toi, c'est te vendre. Donc, quand tu as commencé à postuler sur des offres, tu as fait du coup des entretiens.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Comment était ton positionnement ? Parce que tu es passé quand même de salarié à ton compte. Ce n'est pas la même chose. Donc, comment s'est passé ton entretien ? Est-ce que tu avais de l'appréhension ? Est-ce que tu...
- Speaker #1
finalement t'es resté naturel ouais j'ai passé ça comme si c'était un entretien salarié tout en essayant de on parlait de posture tout à l'heure et je pense que c'est un élément très important dans la vie c'est Oprah Winfrey qui dit à ses enfants je crois Sois ce que tu veux devenir. Et je pense que c'était vraiment ça. C'est qu'en fait, je me suis mis dans la pose d'un consultant. Je me suis tout de suite dit, voilà, ça fait 15 ans, 20 ans que tu fais ces métiers-là. Compte à contrôle de gestion, analyse financière, data analyst, enfin toutes ces choses-là. Je pense que le panel est assez large. J'ai la chance d'avoir pu couvrir vraiment un panel très large des métiers. Et en fait... Au bout d'un moment, je me suis quand même rendu compte que oui, j'ai une certaine connaissance, oui, j'ai une certaine expertise et c'est ça que je vais vendre. Donc, je n'ai pas cherché... Alors, l'avantage, c'est que c'est un peu des entretiens très similaires quand même à des entretiens d'embauche de salariés. Donc, je n'ai pas cherché à être différent, mais je ne m'attendais pas à ce qu'on pose la question. Je ne m'attendais pas à ce qu'on pose la question. Et alors, c'est quoi vos trois qualités, vos trois défauts ? Parce que ce n'est clairement pas là que j'aurais été. Voilà, et puis l'air de rien, ça reste quand même un marché où, je ne devrais pas le dire parce que sinon on va augmenter la concurrence, mais ça reste quand même un marché où la demande est plus importante que l'offre.
- Speaker #0
Alors, je vais repréciser ça parce que, en fait, je vais aller plus en détail parce que le marché dont tu parles, là, on parle de fonction support d'une entreprise.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Parce que... directeur financier, directeur administratif financier, contrôle de gestion. C'est plutôt récent et je pense qu'il n'y en a pas énormément qui soient à leur compte. Il y en a, mais il n'y en a pas autant que ça. Et manager de transition, on en parle après, mais pour expliquer en fait à ceux qui ne connaissent pas ce que c'est. Mais oui, il n'y en a pas 15 000. Et toi, de par ton expérience, moi, comment je le perçois ? Parce que tu l'as dit, tu as fait un peu tout le spectre en fait dans une entreprise. Tu as été comptable. Tu as été contrôle de gestion, tu as été directeur financier. Tu as fait tous ces postes-là qui te permettent de voir opérationnellement qu'est-ce qu'il faut faire, à quel moment, en clôture comptable, dans tous ces éléments-là. Et tu peux te positionner clairement sur un rôle de DAF, directeur administratif financier, parce que tu sais tout ce qu'il faut faire pour la gestion d'une entreprise. Et je te rejoins, oui, le marché, il est là. Et c'est accepter aussi des entreprises qui acceptent en fait d'avoir des freelances. Parce que sur les fonctions support, les fonctions de... Quand je dis support, ça peut être le RH, la finance, les achats, les ventes, la logistique. C'est plutôt récent d'avoir des externes en fait. Et c'est comment ces entreprises-là intègrent quelqu'un d'externe avec leurs salariés et leurs collaborateurs.
- Speaker #1
Je pense que c'est une mentalité très française de vouloir... On a le CDI, nous. On a le CDI, on a la sécurité de l'emploi. Donc, dans l'intellect collectif, on a un peu développé ce lien naturel de la dépendance entre le salarié et son entreprise. Entre l'entreprise et son salarié. Parce que les entreprises ont peur d'avoir des salariés qui ont trop de liberté aussi. On peut le voir notamment en ce moment avec le retour, l'arrêt du télétravail parce que tout le monde a peur de ça. J'ai eu la chance de travailler moi, par exemple, dans une entreprise américaine pendant quatre ans et demi. C'est d'ailleurs mon emploi le plus long dans la même entreprise, quatre ans et demi à peu près. Le directeur financier de l'époque, je me souviens, je viens d'arriver, ça fait peut-être deux, trois mois, directeur financier monde, il nous avait fait un call, il était en télétravail au bord de sa piscine. Donc, on est là, revue financière, je ne sais plus c'était quoi le sujet exactement. Il nous dit « Hey guys, how are you ? » Il tourne sa caméra, il nous montre sa piscine et le mec, il est en short au bord de la piscine en train de nous parler de ses chiffres. Par contre, une fois que la réunion a démarré, je peux t'assurer que c'était carré, cadré. Et en fait, pour en revenir au sujet, qui est d'ailleurs ?
- Speaker #0
On parlait du fait que des entreprises acceptent un peu plus...
- Speaker #1
Le travail externe, je pense que déjà, tu as un contrat qui... Il y a un contrat qui lie l'entreprise et le prestataire. Mais vous prenez bien des fournisseurs pour certains contrats. Si vous les prenez, je ne sais pas moi, pour acheter du matériel, etc. Eux aussi peuvent vous faire défaut à un moment ou à un autre. S'ils vous font défaut, vous gérez la crise. Avec un contrôleur de gestion, un acheteur ou un directeur RH, c'est la même chose. Et je crois... que c'est une tendance qui va devenir de plus en plus lourde. Ou en fait, sur les fonctions support et même d'autres fonctions, on va aller de toute façon, on le voit dans l'IT, on va aller vers ce type de relation parce que le salariat aujourd'hui ne rémunère plus, tout simplement. Parce que le salariat aujourd'hui, c'est des débats qu'on pourrait avoir de façon qui serait interminable. En tout cas, tout ce qui tourne autour du salariat, moi, me dérange. Déjà, la dépendance, elle ne va que dans un sens très souvent. La peur de perdre son emploi, etc. Le salariat, c'est aussi accepter la politique de la maison et de voir plus ou moins y convenir que ça nous convienne ou pas. Accepter les valeurs, accepter tout un tas de choses. Or Les entreprises demandent aux salariés d'être acteurs dans le changement, la transformation, l'amélioration, le fait de faire grandir l'entreprise. Mais par contre, si tu l'ouvres, on va te taper sur les doigts. Cette liberté de la parole que l'on peut avoir, qui doit être tempérée, bien entendu, en tant que consultant, pour moi, je pense que c'est un grand avantage, aussi bien dans la réalisation du soi que pour l'enrichissement de l'entreprise. Oui, OK, on a un peu plus de liberté. Il y a d'autres univers, les anglo-saxons, en Hollande, en Allemagne. C'est tout à fait accepté et limite. Je travaillais pour un groupe japonais en France. Et pendant un moment, on a eu... Moi, j'étais responsable contrôle de gestion et on a eu une directrice financière de transition interne qui était salariée dans l'entreprise, mais qui venait d'un autre pays. Et en fait, donc, elle me demande... Est-ce qu'on pourrait continuer à travailler ensemble, etc. Ce que les RH m'avaient proposé. Mais les RH français m'avaient proposé de continuer, mais en salarié. J'ai tout de suite mis le frein. Lorsque j'en ai discuté avec elle, elle m'a regardé avec des yeux du genre, mais est-ce que c'est vraiment une question que tu es en train de me demander ? Entre le choix, entre... On s'en fout, on a un contrat et on y va, basta. Donc en fait, une fois, après avoir discuté avec elle, le contrat s'est poursuivi. Mais ça te montre un peu le... Le positionnement intellectuel par rapport à la relation au travail que l'on a en France.
- Speaker #0
Et moi, je rajouterais à ce que tu dis, et tu l'as dit un peu en filigrane, mais quand tu es à ton compte, quand tu es freelance ou consultant, tu choisis tes problèmes, tu choisis tes clients, tu choisis tes missions.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Si effectivement, la politique de l'entreprise avec laquelle tu travailles en tant que prestataire ne te convient pas à un moment donné, tu es en droit. Et ça veut dire que c'est ton choix. Ce n'est pas imposé. Après, ils peuvent très bien te virer. Ils ont le droit aussi. Bien sûr. tu as le choix de partir et de choisir une autre mission.
- Speaker #1
Ça équilibre la relation.
- Speaker #0
Voilà, ça équilibre la relation. Et là, en sachant ça, moi, je pense que tu es plus... Comment dire ? Ta relation est plus saine, en fait. Tout à fait. Quand tu travailles avec un client, une société, et du coup, tu avances plus concrètement et tu n'as pas, en fait, soit cette frustration parce que tu n'es pas d'accord, en fait, avec cette culture d'entreprise ou cette vision-là ou autre. Et pour moi, ça, c'est une liberté. de choisir ses problèmes.
- Speaker #1
Tout à fait. Je fais le comparatif, comme tu te mets dans une relation, mais ton partenaire te donne un préavis de trois mois si tu veux partir. Par contre, elle peut se séparer de toi du jour au lendemain. C'est pas un peu particulier, ça ? Donc, non, oui, on a la chance, nous, en tout cas, sur les métiers de la finance d'entreprise, de manquer de ressources. C'est une chance pour ceux qui sont externes, et je pense, comme je le disais tout à l'heure, qu'on va aller de plus en plus vers ça. Les jeunes générations veulent éviter en plus ces métiers, parce qu'il y a des contraintes assez importantes. Il faut être là à la tête période de l'année, il faut respecter des deadlines, il faut fournir des choses qui doivent respecter la législation, avec un espèce de formalisme très particulier, enfin tout un tas de choses qui font que les jeunes générations qui se tournent plus vers le bien-être, bien-vivre, mon travail, vont avoir un peu plus de mal avec cette espèce de... d'encadrement très strict. Aujourd'hui, on a du mal. Moi, par exemple, je cherche un comptable général.
- Speaker #0
Ceci est un message.
- Speaker #1
Si jamais vous cherchez... Et c'est vraiment pas évident, parce qu'aujourd'hui, un comptable, on va lui demander quand même de faire certaines choses qui vont lui permettre d'avoir de la tranquillité dans le mois, mais chaque clôture, il sait qu'il va être sous tension pendant 4, 3, 4, 5 jours. Est-ce que ça convient à tout le monde ? Pas forcément. Les gens veulent plutôt arriver, avoir une journée plus ou moins tranquille, et repartir. C'est aussi peut-être le niveau de salaire, et c'est peut-être ça les questions qu'il faudrait se poser. Peut-être qu'à un certain niveau de salaire, les gens iraient plus facilement.
- Speaker #0
C'est une discussion ou un débat vraiment tout autre et sans fin. Effectivement, notamment sur le domaine financier, tu es dépendant aussi des clôtures. comptables, des clôtures annuelles, mensuelles, toutes ces deadlines. Tu ne peux pas déroger. À partir du moment où tu rentres dans ce domaine-là, tu le sais. Tu sais qu'à un moment, ça va être chargé. fin d'année ou trimestrie. Enfin, ça va être chargé. Moi, je sais, là, à la rentrée, la clôture trimestrielle, la préparation du budget, la vision sur le plan moyen terme, le PMT. Ça fait partie du lot et du coup, c'est un peu plus calme avant. Donc, je prends mes vacances avant. Je m'organise avant pour que je sois opérationnel à cette période.
- Speaker #1
Tu l'acceptes. Mais est-ce que tout le monde est prêt à accepter et de dire « Ah ben, t'auras pas de vacances à Noël parce que c'est la clôture annuelle » .
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et donc, du 15 décembre au 15 janvier, tu vas être chargé comme un âne. Tout le monde n'a pas envie de vivre ça. Donc, voilà, c'est...
- Speaker #0
C'est des choix. Là, on parle finance, mais tu parlais de Noël. Tu travailles dans le secteur du jouet. Excuse-moi, tu sais qu'à Noël, avant, ça va être la même chose. Donc, en fait, tu choisis un secteur ou une activité qui, en fait, à un moment donné, ça serait le rush. Là, pour le coup, on rentre dans un autre, carrément un autre sujet. Mais le choix de ses missions... Donc, en fait... Quand toi, tu t'es mis à ton compte, tu es devenu consultant, tu as été consultant pour du contrôle de gestion. De par ton expérience, tu as choisi quand même le contrôle de gestion. C'est un choix de ta part où tu te dis, comment tu l'as fait ? En fait, tu te dis, moi, je vais proposer ça.
- Speaker #1
Déjà, le contrôle de gestion, pourquoi ? J'ai commencé par la compta et j'ai eu la chance de basculer au contrôle de gestion. Pourquoi le contrôle de gestion ? Parce que le contrôle de gestion, c'est... Alors, il y a beaucoup de production de chiffres, beaucoup de production de tableaux, d'analyses, etc. Mais c'est ce travail analytique qui m'intéresse vraiment. C'est cette capacité. Dans le contrôle de gestion, on a aussi cette chance de participer au pilotage de la société. Le contrôle de gestion, c'est mettre en place les outils qui te permettent de sortir les chiffres pour permettre d'aider à la décision. Et c'est bien que tu abordes ce sujet parce que c'est la suite logique de ce que je veux faire, à savoir plus tard, je l'espère, pouvoir être dans le reprenariat. C'est ça, c'est que tu participes, tu aides, tu conseilles sur la stratégie à avoir pour l'entreprise grâce aux chiffres financiers, chiffres de vente, j'en sais rien moi, tous ces chiffres. Et j'ai toujours trouvé ça excitant. Moi, je trouve ça extrêmement valorisant. Et c'est aussi, par exemple, le contrôle de gestion est aussi une voie qui te permet d'accéder très rapidement à des personnes à forte séniorité. des DG, des administrateurs de sociétés, des directeurs. Pourquoi ? Parce que tu es le détenteur, tu produis, tu es le détenteur de la donnée. Et même si au début, tu n'as pas forcément ces capacités analytiques, si tu es suffisamment bien câblé, entendre ces personnes-là travailler avec ce que tu as produit te permet toi-même... de développer et d'acquérir cette compétence analytique pour aider à la décision. Et aujourd'hui, on est tous conscients qu'on est dans un monde qui s'accélère. Les détenteurs de société, les dirigeants qui ont le pouvoir de décider et qui souhaitent décider, ont besoin de décider avec le plus de sécurité possible, le plus rapidement possible. En général, ils ont plutôt tendance à venir et à se poser dans ton bureau en disant « alors tu m'aides ou pas ? » Alors les premières fois que ça t'arrive, qu'est-ce qu'il se passe ? Prends des, tu redresses ta chemise. Mais une fois passée cette surprise, très vite tu arrives à déclencher des relations avec des personnes auxquelles tu n'aurais jamais pensé accéder, en tout cas moi quand j'étais jeune. Donc c'est extrêmement valorisant.
- Speaker #0
Merci pour tous ces mots, parce que du coup, pour ceux qui ne savent pas, je suis aussi contre le gestion. Et là, il a exactement décrit en fait ce métier qui est hyper intéressant. Et je dirais en plus que ce que tu n'as pas dit, même si tu produis des chiffres, à chaque fois je le dis, mais des chiffres de qualité, tu t'assures que c'est fiable en fait en amont.
- Speaker #1
Il vaut mieux d'ailleurs.
- Speaker #0
Je dis toujours en fait l'autocontrôle, parce que si tu produis en fait, Si à un moment, tu donnes des informations erronées à un dirigeant, ou autre, là, tu perds en crédibilité. Donc, la fiabilité de l'information, la qualité de l'information, hyper importante, et ça fait partie des responsabilités du contrôleur de gestion. Et là où moi, du coup, j'ai un autre aspect où je vais dans le process, justement, pour m'assurer que cet informatant que tu vas produire derrière, elle va être fiable dès le départ, et le process dès le début de l'entrée de l'information jusqu'à la fin. Et ça, moi, je trouve ça encore plus, moi pour moi, passionnant, parce que je rentre dans le Merci. dans l'audit des process administratifs, financiers, et m'assurer que derrière, ton dirigeant, en fait, il a les bonnes infos, il sait qu'il est... Bien sûr. Voilà, il peut compter, en fait, sur ces informations-là.
- Speaker #1
Et ce qui est assez génial avec ce métier, c'est qu'en fait... Tout le monde peut le faire. Et c'est ça que les gens n'ont pas conscience, c'est que c'est vraiment un métier. Alors attention, ce ne sera pas du jour au lendemain. Et puis c'est extrêmement vaste, contrairement à ce qu'on pense. Tu as parlé de process, il y a des notions d'audit, il y a des notions de chiffres, il y a des notions légales. Enfin bon, bref. Mais vraiment, tout le monde peut le faire. Et en fait, tout le monde le fait de façon... sans même le savoir. Pourquoi ? Tout le monde fait un budget. À la maison, j'ai mon loyer, j'ai mes dépenses, j'ai mes machins, combien il va me rester à la fin de l'année ? Tout le monde le fait. Je veux partir en voyage, il va falloir que je mette tant de côté. Ah ben tiens, on veut acheter une maison, d'accord, mais alors on va pouvoir. C'est du contrôle de gestion. C'est du contrôle de gestion. Et ah ben tiens, cette banque, elle me prend taux de frais, je vais aller plutôt dans telle banque. Ah, je vais mettre telle banque. C'est du contrôle de gestion. Je contrôle ma propre gestion personnelle. Et en fait, c'est mettre la même chose au service d'une entreprise. Alors, bien entendu, ça nécessite de développer tout un tas de compétences annexes, mais c'est exactement ça. Et c'est pour ça que j'invite énormément les gens à le faire. Mon associée dans l'immobilier, elle a fait le casse du siècle. Elle a fait le casse du siècle. Elle était commerciale et elle a repris ses études. Bravo à elle pour faire des études de... des études en contrôle de gestion, justement. Et du jour au lendemain, elle a basculé. Et du jour au lendemain, elle n'a même pas fait... Je pense qu'elle a dû faire deux ans de salariat, deux ans ou trois ans de salariat. Elle est devenue consultante. Parce que, par contre, elle, elle a ce mindset. Et je la trouve extrêmement brillante par rapport à ça, parce que, justement, elle n'est pas académique dans ses méthodologies, mais par contre, elle a ce pragmatisme. Et c'est vraiment le terme, être pragmatique, parce qu'à la fin, ce qu'on a besoin, c'est de décider, c'est de prendre une orientation. Et elle est extrêmement forte là-dessus.
- Speaker #0
Sur les compétences, et justement, c'est intéressant ton histoire, ancienne commerciale, en contrôle de gestion, il faut savoir communiquer et vulgariser les termes financiers à des gens non financiers. C'est exactement mon problème. Ce n'est pas le plus simple. C'est comment comprendre ? Parce que certains, en fait, quand ils entendent contrôle de gestion, ils viennent contrôler mes chiffres, me dire pourquoi je suis en écart avec le budget, ou est-ce que ça ne va pas ? On est des business partners, je le précise. Et savoir communiquer avec les différents services, le RH, la comptabilité, le dirigeant, le technicien, la logistique, c'est une vraie compétence. Et faire comprendre qu'on est un business partner. on est là pour les accompagner. Pour moi, ces compétences de communication ou de commercial, parce qu'à un moment, il faut savoir argumenter aussi, je suppose que ça lui a bien servi aujourd'hui pour son métier.
- Speaker #1
Bon contrôleur de gestion, tu l'as parlé, c'est la fiabilité des chiffres. Ça, c'est la première partie, la fiabilité des process, deuxième partie. Et c'est ma vision personnelle. Les meilleurs contrôleurs de gestion, c'est ceux qui ont la capacité à opérationnaliser les chiffres. Tu parlais de la capacité à être business partner de tous les services. Un contrôleur de gestion assis dans son bureau, ce n'est pas un bon contrôleur de gestion. Ça, il va le faire les trois, quatre, six premiers mois parce qu'il va mettre en place les outils pour obtenir et produire du chiffre. Mais ensuite, il doit passer son temps avec la personne qui travaille réellement, avec la personne qui produit. avec la personne qui vend, avec la personne qui embauche, pour lui dire, écoute, tu devrais plutôt aller dans cette direction, parce que je pense qu'on parlait d'aide à la décision, c'est vraiment ça la finalité. Un bon contrôleur de gestion, c'est lorsqu'il s'assoit, il est à la fois le procureur, parce qu'il te contrôle, ce qui peut être très dérangeant pour la totalité des gens, mais ensuite, c'est aussi ton avocat, parce qu'il va t'aider, t'orienter, te guider dans tes décisions. en espérant prendre les meilleures décisions et celles qui vont apporter le plus de valeur ajoutée. Et la valeur ajoutée, ce n'est pas forcément du chiffre. Ça peut être du bien-être, ça peut être de la qualité au travail, ça peut être des qualités environnementales, des décisions qui permettent à l'entreprise d'être plus verte, ça peut être du développement durable, ça peut être... Voilà, la valeur ajoutée recherchée.
- Speaker #0
Ce métier-là est vraiment intéressant. En tout cas, je suis tombée dedans. Pour moi, ça reste passionnant en tout cas. donc non mais venez restez salariés par contre pas de concurrent mais du coup t'as commencé en tant que contrôleur de gestion donc consultant en contrôleur de gestion et maintenant tu es directeur financier, manager de transition Je vais te laisser reformuler, mais tu t'es mis à ton compte il y a combien de temps ?
- Speaker #1
Alors moi, je me suis mis à mon compte en 2022, en juillet 2022. Si je te refais le parcours assez rapidement, j'ai eu une première mission. Je pense que c'était plus une mission de test. Je suis resté deux, trois mois dans une petite boîte. J'ai assuré les affaires courantes. En gros, une mission, je ne servais à rien. J'ai fait trois slides, j'ai envoyé, basta. Derrière, j'ai eu une vraie mission. Très complexe, très compliqué. On m'a demandé de remplacer quelqu'un qui était là depuis 22 ans sur un périmètre. Personne ne savait ce qu'il faisait. Les chiffres étaient toujours bons, les informations étaient toujours correctes, mais personne ne savait ce qu'il faisait. Et en fait, on m'a dit, tu reprends son périmètre. Ok, super. Sauf qu'en fait, je n'ai jamais eu de passation avec lui. Alors, je te passe les détails de mon arrivée. C'était rocambolesque. Mais j'ai fait un an dans cette boîte. Puis j'ai basculé dans une nouvelle société où d'abord je suis arrivé en tant que contrôleur de gestion. Cinq, six mois après, j'ai eu un périmètre. Puis ensuite, j'ai eu un petit projet un peu confidentiel suite à la part d'un client important. À la suite de ça, je suis devenu manager contrôle de gestion, head of controlling. Puis le directeur financier est arrivé, j'ai dû l'aider à sa prise de fonction. j'ai également une autre aider la prise de fonction de la responsable contrôle de gestion salariée, puisque l'entreprise voulait un salarié. Parce que la mission qui me restait à faire, c'était vraiment... Personnellement, là, on me faisait passer d'un travail de manager à un travail de stagiaire, et je n'en avais vraiment pas envie. Puis j'ai fait deux, trois petites missions. Et donc là, je suis devenu manager financier, directeur financier pour une entreprise industrielle depuis quatre, cinq mois. Mission extrêmement complexe. Comment j'y suis arrivé ? C'est aussi ta capacité à te vendre. Et la qualité du travail que tu fournis et la posture et ta façon de communiquer, c'est vraiment un ensemble de choses parce qu'il faut garder à l'esprit qu'il faut agir comme un salarié quand tu es dans l'entreprise, parce que les consultants, sinon, peuvent être très vite mis à l'écart. Tu es un salarié, tu es un partenaire, tu fais partie de cette entreprise. Et c'est le cas. Mais en même temps, il faut garder cette posture qui te permet quand même de dire attention. Le meilleur exemple, c'est les vacances. En général, il faut faire en sorte de ne pas discuter ces vacances. Tu ne peux pas les imposer, mais il y a des petits mots comme ça qui te permettent de démontrer que tu peux prendre tes vacances quand tu veux. Pourquoi ? Je vais faire en sorte que la continuité de service soit maintenue. Fin de la discussion. Ça veut dire qu'en gros, le travail sera fait, même si je ne suis pas là. Donc, même si je pars là, là ou là, même s'il y a des impératifs, le travail sera fourni. À partir de là, tu n'es plus dans un positionnement de salarié, tu es dans un positionnement d'externe, de consultant.
- Speaker #0
Tu fais bien de préciser ça, parce que c'est vrai que quand on se met à son compte, on peut s'absenter quand on veut. Mais par contre, le côté pour moi, pour montrer aussi qu'on a une conscience professionnelle, c'est dire que... ok, je pars, mais je ne pars pas à un moment critique, c'est-à-dire où il y a une deadline, et dans ton cas, par exemple, une clôture comptable, et que de toute façon, même si tu pars, tu sais que le travail va être fait et dans les temps. Et ça, tout le monde peut se mettre à son compte. Mais si tu n'as pas cette conscience professionnelle, cette autodiscipline, où tu es aussi dans l'anticipation, la proactivité, pour être plus précis, ça peut être compliqué d'être à son compte. Quand t'es salarié, c'est différent. Tu dois être proactif quand tu pars en vacances, etc. Mais quand t'es à ton compte, c'est vrai que là, c'est que tu demandes pas à être en congé. C'est que tu dis, je suis absent. Et pour moi, c'est un positionnement, et tu l'as dit, qui est complètement différent. Et à un moment, il y en a qui... Moi, je me mets dans le cas. Quand je me suis lancée, je me suis dit, j'étais encore dans un positionnement de salarié. Je me suis dit, est-ce que je peux prendre mes congés ? Non, en fait, non, mais c'est je serai absente. Je suis pas là.
- Speaker #1
C'est à ce moment-là qu'on démontre une expertise. C'est la capacité... De toute façon, à partir du moment où on t'embauche en tant que consultant, c'est qu'on embauche un expert. Si on embauche un expert, ce que le client attend, un client satisfait, c'est un client qui n'entendra pas parler de toi. Et que quand il aura besoin de toi, il aura la réponse à ce dont il a besoin. Quand tu atteins ce stade-là, en général, tu as un client satisfait, tu as un consultant satisfait, et ça roule. Et moi, je connais des gens, ils sont en CDI de consulting.
- Speaker #0
ils sont dans la même boîte depuis je ne sais combien de temps c'est très bien pour l'entreprise alors je ne devrais pas le dire parce que sinon on risque d'avoir quelques problèmes c'est vraiment ça tu te retrouves dans une situation où en fait le client est content, le consultant est content le travail est fait le travail est fait dans les temps on respecte les dédales, on a une qualité de service pour l'entreprise voilà après je m'organise comme je m'organise à la fin des fins de toute façon c'est comme ça que déjà en tant que salarié je voulais travailler Merci. ne me prends pas la tête sur comment on fait est-ce que le résultat te convient ? si tu veux rentrer si tu veux vraiment rentrer dans la machinerie viens on s'assoit je te montre il n'y a pas de problème mais après tu me laisses tranquille et c'est vraiment ça en fait comment tu fais justement quand tu,
- Speaker #1
puisque tu as parlé tu as fait différentes missions quand tu arrives dans une nouvelle mission comment tu fais pour fédérer l'équipe ou justement rentrer dans une équipe parce que ça fait un peu comme un tiens Un coach qui arrive dans une nouvelle équipe et qui ne connaît pas les joueurs, là, tu changes.
- Speaker #0
L'humilité, je pense que tu prends l'un des meilleurs exemples. On en parlera certainement tout à l'heure. Le parallèle avec le monde sportif, les sports collectifs est très important. L'humilité. Déjà, tu arrives dans un environnement que tu ne connais pas. Donc, sois franc et dis-le. Écoute, je ne sais pas comment on fait. Aide-moi. Demande de l'aide. Et surtout, je pense que ce que tout le monde attend en général d'un consultant, c'est de craquer les difficultés, de mettre à plat les points, de faire disparaître les points bloquants. Donc, à toi d'avoir cette capacité d'analyse pour tout de suite identifier quel est le javelot dans le pied de mon client. Une fois que tu as retiré le javelot, maintenant, quel est le boulet qui est attaché ? Ok, alors sérieux, tu as enlevé le javelot, tu as enlevé le boulet, maintenant, on va pouvoir penser les plaies. Est-ce que maintenant, tu peux te lever ? Est-ce que tu peux marcher ? Et à partir du moment où tu apportes cette aide, forcément, tu arrives à fédérer. Tu arrives à fédérer. Mais je pense que c'est l'humilité, il faut être humble. Je pense que tu as l'expertise, tu comprends les sujets et tu peux t'asseoir avec des gens, ils vont te refaire le monde. ça veut dire que la situation qu'ils vont te présenter tu l'as vu 50 fois dans 50 contextes différents tais-toi tais-toi, attends, attends c'est pas grave attends, laisse-le t'expliquer il y a peut-être des petites subtilités dont tu n'auras pas qui vont pouvoir t'aider et c'est vraiment ça qui est important aujourd'hui j'ai une mission en tête où il y avait vraiment quelqu'un avec qui j'avais beaucoup de mal parce que cette percèle elle était envahissante mais Merci. envahissante comme pas possible. Donc il a fallu justement trouver le juste milieu et le juste degré pour pouvoir lui montrer que j'ai quand même besoin de mettre en place des frontières. Mais en la laissant au début m'envahir, elle m'a fait gagner un temps tellement précieux que finalement à la fin c'est l'une des personnes que j'ai le plus remercié. Parce que je pense que cette mission je l'aurais peut-être pas réussi si elle avait pas eu ce comportement là. Donc tu vois c'est qu'est-ce que je peux tirer de meilleur de toutes les situations. et ensuite créer les espaces dont tu as besoin bien entendu
- Speaker #1
Merci d'avoir suivi ce nouvel épisode avec Jérémy Dans le prochain, on parlera d'humains de relations, de doutes et de ce que le sport peut nous apprendre sur la vie et l'entrepreneuriat Crois-moi, la suite est encore plus inspirante