- Speaker #0
Bienvenue dans Focus Sportpreneur, là où l'entrepreneuriat rencontre l'énergie du sport. Je suis Vanina, passionnée de basket et experte en gestion événementielle. Ici, on parle de résilience, de discipline et de leadership, mais surtout de parcours inspirants et de stratégies concrètes pour structurer et développer ton activité. Parce qu'en business comme sur le terrain, c'est la vision et l'entraînement qui font la différence. Prête, prêt à entrer dans le game ? Sur le terrain comme dans la vie, Jérémie c'est la preuve qu'avec de la rigueur et du cœur, on peut scorer partout. On se connaît depuis longtemps sur les terrains comme en dehors. Jérémie c'est le parfait mélange entre rigueur, humilité et foi en ses projets. Passionné de basket et consultant en finances, il partage sans filtre son parcours, ses échecs, ses réussites et surtout ce qu'il a appris en semant ses propres graines d'entrepreneur.
- Speaker #1
Trois épisodes pour parler résilience, équilibre et passion du jeu. Sur le terrain comme dans la vie.
- Speaker #0
Moi, je te connais, alors je ne te le dis pas par cœur, mais je te connais et tu es quelqu'un de très sociable. Tu as une facilité, en fait, à te connecter à des gens et tu aimes ça.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Est-ce que tu retrouves, est-ce que déjà ça, ça vient naturellement ? Est-ce que c'est peut-être par le biais du basket parce que du coup, tu arrives dans une nouvelle équipe, ce côté collectif où tu connais tout le monde ? Ou est-ce que, parce que j'ai l'impression que ça t'a facilité aussi dans ta carrière, parce que quand tu arrives dans une mission, tu ne connais personne. c'est pas comme tu t'as pas des fois t'as pas temps de connaître tout le monde non plus. Et il faut aller vers les gens. Déjà, au contrôle de gestion, en tant que contrôle de gestion, même en salarié, il faut aller chercher les services, aller chercher la personne qui va t'apporter l'information ou avec qui tu vas travailler. Il faut avoir ce côté social. Comment toi, tu le vois dans ton...
- Speaker #1
Je reviens à ma source. Je vais te dire une phrase toute simple. Aimons-nous les uns les autres. Mais c'est tellement simple. C'est tellement simple. J'aime les autres. J'aime les gens. Donc forcément, au bout d'un moment, j'exagère bien entendu, je grossis le trait, mais au bout d'un moment, tu finis par... T'arrives dans une équipe, la première chose que tu dis, on va manger ? Bon, attendez, vous allez tout le temps à la cantine d'entreprise, venez, on sort, on va boire un verre. Ça, c'est d'ailleurs un ancien responsable qui m'a appris ça. Un truc tout bête, il y a énormément de sujets, la meilleure façon de les solutionner, c'est au café. Parce qu'au café... on va être informel, parce qu'au café, on va pouvoir se parler de la journée d'hier, du foot et des enfants, parce qu'au café, on va pouvoir aussi aborder ce sujet un peu critique que nous n'arrivons pas à solutionner. Donc c'est vraiment ça. Et je pense qu'à partir du moment où tu aimes l'humain, tu aimes l'autre, même le plus antipathique de tous, et que tu passes du temps avec lui, tu ouvres les portes. Tu ouvres les portes. Ça demande, ça demande. C'est quelque chose qui est très demandeur parce que... Tu peux tomber sur des gens qui sont envahissants, qui te mangent le cerveau, comme je dis souvent. Mais si tu acceptes ces efforts-là, en général, je te donne, tu me donnes,
- Speaker #0
je te donne,
- Speaker #1
tu me donnes, tu me donnes, tu me donnes, tu me donnes, tu me donnes.
- Speaker #0
Créer des relations. Parce que du coup, tu as les relations personnelles et le fait d'être hyper sociable, etc. Et après, c'est comment tu bascules professionnellement. Et là, tu l'as fait, tu me l'as dit. Aller prendre un café. avoir ces discussions un peu hors réunion, qui permettent justement de créer une relation de partenaire. On revient encore sur ce sujet-là, parce que justement, vous êtes des partenaires.
- Speaker #1
Le mail est la pire de toutes les inventions que je connais. Alors, je n'aime pas forcément plus le téléphone, donc bon. Mais le mail est la pire de toutes les inventions. Ça déshumanise nos relations professionnelles et ça détruit le collectif. Je connais des gens, ils sont assis. côte à côte. Il y a juste une barrière entre leurs deux bureaux. Ils ne sont pas capables de se dire, excuse-moi, tu peux me passer la facture ? Mais non, tu vois ce que je veux dire ? C'est vraiment ça. Oui, le mail, c'est important, il n'y a pas de problème pour plein de choses. Pour formaliser, pour garder des historiques, etc. Mais il y a tellement de choses aujourd'hui qu'on ne fait plus. Et on demande à notre collègue de le faire via un mail alors que, prends une liste. note tous les points dont tu as besoin. Salut, ça va ? Alors, ça s'est bien passé hier soir ? C'était cool ton resto ? Ok, d'accord. Bon, je ne suis pas venu pour discuter réellement, mais tu as vu, j'ai un peu tous ces points-là. Qu'est-ce que tu en penses ? Ça, ok, d'accord. Voilà. Je te soumets mes points. Discutons ensemble d'une deadline ou d'un plan d'action et d'une endline. Et voilà. Et au final, tu as gagné un temps monstrueux que d'envoyer 80 mails dans la journée que personne ne lira et ton truc, il n'y aura que 10% qui aura été fait.
- Speaker #0
En fait, quand tu le dis, ça a l'air très simple et ça a l'air très naturel pour toi. Je pense que tout le monde n'a pas forcément cette compétence ou ce soft skills. qui fait que du coup, il va aller vers l'autre, etc. Pour moi, c'est quelque chose qui peut aussi, quand on ne l'a pas naturellement, qui s'apprend. Et là où tu sortes de ta zone de confort au fur et à mesure. Et que du coup, quand tu le fais une fois, deux fois, tu dis « Ah ouais, c'est pas mal en fait. » Ou finalement, je suis à l'aise avec ça. Vas-y, je recommence, je réessaye, je réessaye, je réessaye. Et ça, c'est sortir de sa zone de confort, se challenger. C'est comme toi ici. Moi, je ne me posais même pas la question si ça allait ou pas. Tu dis que ça va te sortir de la zone confort. Regarde, depuis tout à l'heure, on parle, on est à l'aise.
- Speaker #1
Non, après, c'est normal. À partir du moment où tu commences à faire des choses dont tu n'as pas l'habitude de faire, tu te poses quand même quelques questions. Est-ce que ça va le faire ? Est-ce que je vais être bien ? Est-ce que je ne vais pas être bien ? Est-ce que je vais apporter... Le but, c'est d'apporter quand même une petite valeur ajoutée, de mettre sa petite pierre à l'édifice. pour toi, pour moi, pour le monde. Souvent, les entrepreneurs disent « Essaye d'avoir une idée qui te permettra de changer le monde. » Et quand on regarde cette phrase, on se dit « Je ne vais jamais trouver l'idée qui va changer le monde. » Mais en fait, le but de changer le monde, ce n'est pas forcément de changer la Terre entière. Mais déjà, commence par essayer de changer ton monde. Et ton monde, parfois, c'est juste ta relation avec ta femme. Donc finalement, ce sont des choses qui peuvent être très simples et très minimes.
- Speaker #0
On va revenir un peu sur le sport. Le lien, en fait, du coup, tu as commencé à 13 ans ?
- Speaker #1
13 ans, oui. J'ai commencé à 13 ans, j'ai arrêté à 40 et beaucoup.
- Speaker #0
Oui, 40 et beaucoup. Il ne veut pas donner son âge en donnant un peu son âge.
- Speaker #1
42, il n'y a pas de problème.
- Speaker #0
Qu'est-ce que le basket t'a appris et qui te sert aujourd'hui, notamment dans ton aventure entrepreneuriale ?
- Speaker #1
Qu'il n'y a pas de limite, vraiment. Moi, j'ai commencé le basket et le coach emblématique du club où j'ai commencé, paix à son âme, m'a dit quand je suis arrivé en dernière année cadet, j'étais surclassé. Je jouais avec les seniors, mais il m'a dit, et c'est vrai qu'une fois qu'il m'a dit ça, j'ai compris beaucoup de choses qui ont pu se passer auparavant. Il m'a dit, t'es pas un mauvais joueur, mais tu joueras jamais plus haut que la départementale. Quatre ans après, je suis revenu, j'étais en National 3. Et en fait, je... Alors, ce n'était pas le but. Je n'ai pas fait souvent... Ouais, non, j'étais revanchard. Rien de tout ça. Mais en fait, ça m'a surtout appris dans le sport. Le sport t'apprend que, oui, quand tu te dépasses, tu peux vraiment atteindre des niveaux que tout ton environnement et même toi-même ne pensais pas pouvoir atteindre. Le sport t'apprend que no pain, no gain. Mais il y a vraiment des gains. Il y en a vraiment. Il y en a vraiment. Le sport, t'apprends la relation aux autres, à vivre dans un groupe. Le sport, t'apprends la résilience, t'apprends l'abnégation. Le sport, t'apprends la transmission, la communication. Le sport collectif, c'est... Et aujourd'hui, mon fils fait un sport collectif et je trouve ça extraordinaire. Tout le monde devrait en faire, quoi. Tout le monde devrait en faire. Il y aurait déjà moins de guerres, je pense. Peut-être pas. Je dis peut-être des conneries. Mais vraiment, c'est... Et puis... Aujourd'hui, mes frères viennent tous de ce sport-là. Et pourtant, je ne les ai pas rencontrés forcément très jeunes. Je les ai plus rencontrés dans la vingtaine. Mais aujourd'hui, c'est ton pied, mon pied. Tu as un problème, appelle-moi, t'inquiète, j'ai ton dos. Je protège ton dos.
- Speaker #0
J'en profite de cette dédicace à la team 118 de 118. Je pense qu'ils se reconnaîtront. On connaît les failles. On connaît ça. T'as l'ordre historique.
- Speaker #1
Équilibre. Équilibre.
- Speaker #0
Mais tu l'as dit, en fait, est-ce que le basket t'a aidé à te sociabiliser ?
- Speaker #1
Non, j'étais déjà sociable. T'étais déjà sociable. Je suis un animal social. Non, mais moi, je ne peux pas vivre sur une île tout seul. Robinson Crusoe, j'ai un poster dans ma chambre. Je ne sais pas comment il a fait, le mec. J'aurais peut-être pu réussir parce que j'aurais parlé aussi... Moi, j'aurais eu plein d'ennemis sur l'île. Moi, j'aurais eu des arbres, des chiens, des Ausha, des grains de sable.
- Speaker #0
Ça ne m'étonne pas de toi. Franchement, ça m'étonne pas de toi. Et si tu devais faire un parallèle entre un match difficile et une mission compliquée ?
- Speaker #1
C'est une excellente question, ça. Je n'ai jamais réfléchi à ça.
- Speaker #0
Parce que tu en as eu des missions complexes ? Bien sûr,
- Speaker #1
bien sûr, bien sûr. Et j'ai transpiré, crois-moi, comme sur un match difficile. C'est bien que tu me dises ça parce que je vais dire un truc qui ne me... qui ne me concerne alors pas du tout et je suis très mauvais là-dessus, c'est accepter la défaite. Je suis très très mauvais là-dessus. Mais quand je dis accepter la défaite, c'est dans le but de pouvoir l'analyser pour savoir mieux rebondir. Le parallèle entre un match difficile et... Ben c'est... Ne lâche pas. Tu sais, les Américains, ils disent souvent... La différence entre ceux qui réussissent et ceux qui ne réussissent pas, c'est ceux qui se sont montrés tous les matins. Tu vois ? Et c'est vraiment ça. Dans un match difficile, ça ne devait pas arriver. Ok, on passe. C'est quoi l'action d'après ? Ça ne devait pas arriver. Ben on passe encore. C'est quoi l'action d'après ? Et avoir cette mentalité de se dire, on va y arriver. À un moment ou à un autre, on va y arriver. Et dans le monde professionnel, je pense que c'est vraiment la même chose. Il faut se mettre des objectifs, des objectifs très hauts, le plus haut possible. Mais une fois que tu rentres dans le day-to-day work, oublie tout ça. Ça, c'est du domaine du rêve. Maintenant, c'est quoi l'action à réaliser maintenant ? Et surtout... C'est maintenant. C'est maintenant. J'ai une affiche, j'ai écrit sur une affiche un truc qui est extrêmement simple et qui m'a vraiment fait progresser sur énormément de choses, c'est finis ta to-do list. Tu ne vas peut-être pas la finir aujourd'hui. Et plus tu montes, en général, tu ne la finis jamais. Quand il y a une action qui sort, il y en a douze qui rentrent. Donc, tu ne la finis jamais et tu dois certainement faire des choix. Mais finis-la. Pas demain. Pas dans deux heures. Fini là. Et ça, c'est valable pour toutes les choses dans la vie. Appelle cette personne. C'est nul parce qu'en fait, j'ai l'impression vraiment de faire le podcasteur. On est dans un podcast.
- Speaker #0
Jusqu'à la preuve du contraire, là, on y est.
- Speaker #1
Appelle cette personne que tu dis que tu vas appeler depuis six mois. Va déposer cette feuille aux impôts que tu dois déposer depuis trois semaines. Fais ce virement que tu dois faire depuis deux heures. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Fais ton engagement avec toi-même. C'est ça que tu me dis en fait. C'est exactement ça.
- Speaker #1
Toi-même, tu prends des propres engagements avec toi-même. Fais-les maintenant. Maintenant.
- Speaker #0
Bon, là, c'est clair. Appelle la personne que tu avais mise dans ta liste depuis je ne sais pas combien de temps.
- Speaker #1
Arrête de fumer cette cigarette et de boire cette bière de trop. On se connaît.
- Speaker #0
Est-ce que dans ton parcours, tu as eu des doutes ?
- Speaker #1
Mais j'en ai tous les jours.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'en ai tous les jours et heureusement. Et je pense que ça doit faire... partie de... Ça doit être quelque chose qu'il faut savoir... Il faut être capable de vivre avec ça. Il en faut. Est-ce que j'en suis capable ? Est-ce que j'ai bien fait les choses ? Est-ce que j'ai eu la bonne posture ? Est-ce que j'ai parlé correctement ? Est-ce que j'ai pas été trop dur ? J'ai mis un tampon, un mec. C'est la première fois de ma vie, mais je pense que c'était vraiment nécessaire, tu vois.
- Speaker #0
On parle pas physique. Oui,
- Speaker #1
je reprécise, en tout cas. Non, bien sûr. Il a un problème de posture et je pense que c'était important de lui rappeler certaines choses. Que tu aies un problème de posture et qu'il n'y ait pas d'impact, ce n'est pas grave, mais que ça crée des risques qui peuvent être beaucoup plus importants. À ce moment-là, tu es obligé d'agir. Mais une fois que tu as fait ça, est-ce que je me suis bien comporté ? Est-ce que j'ai eu les bonnes attitudes, les bons mots ? Je pense que c'est avec ça que tu arrives à progresser et de te dire toujours... La petite marche d'après. La petite marche d'après.
- Speaker #0
Quel était le plus gros moment de doute ?
- Speaker #1
Tu sais, j'ai un cerveau à deux neurones. Si, le plus gros moment de doute, si j'en ai eu un. J'en ai un très fort. J'ai parlé de ma reprise d'études en 2008. Puis, on a voulu monter cette structure. En fait, j'ai rejoint trois associés qui montaient une société de site web et d'applications mobiles. Je fais mon stage chez eux. En compta. La compta, c'est trois boîtes. Point. Ils font... Donc, je fais mon rapport de stage, j'ai 20 sur 20. Et j'en suis très fier, d'ailleurs. Et donc, ils me proposent ce poste. Viens rejoindre nous, deviens gérant de la boîte. Je suis devenu gérant de la boîte.
- Speaker #0
Tu passes de stage à gérant de la boîte.
- Speaker #1
Après, on est dans une structure de trois personnes, c'est que des ingénieurs informatiques. La compta, l'administratif, c'était le dernier de leurs soucis. Ça leur coûtait bien moins cher de prendre quelqu'un de... Prendre un cabinet, etc.
- Speaker #0
Tu minimises quand même, mais il y en a, juste avec deux personnes, ils n'y arrivent pas. T'as quand même... Voilà, on t'a proposé ça parce qu'ils sentaient déjà, peut-être,
- Speaker #1
que tu avais des capacités pour... C'est sûr que j'ai géré des trucs que j'aurais jamais pensé affronter, en tout cas. Et en fait, cette structure s'est arrêtée parce qu'un jour, j'ai découvert que l'un des associés principaux ont créé des sites Internet. Et disons qu'à la fin du site Internet, tu as toujours besoin de petits ajustements, de petits trucs. Donc, le client revient vers toi en disant « change-moi la couleur, le truc, le machin » . Et ça te fait une ou deux journées que tu peux vendre. Et lui, il les vendait en parallèle sur sa structure en tant qu'auto-entrepreneur.
- Speaker #0
D'accord
- Speaker #1
que tu le fasses, c'est pas grave. Que je le découvre par la bouche de la cliente, il y a un problème. Et à partir du moment où l'affectio societis, la confiance s'est brisée, j'ai tout arrêté. J'avais tellement donné pendant trois ans dans cette structure, on parlait de nuit blanche, on parlait d'implication, on parlait de sortir de sa zone de confort, on parlait de prendre des risques, on parle de prendre des risques, je me suis retrouvé avec une ardoise de presque 20 000 euros. que j'ai remboursé d'ailleurs. On parle d'engagement vis-à-vis de certaines personnes. J'ai mis six mois à m'en remettre. Alors, mon fils est né dans la même période. On est début 2012. Je me suis dit, je vais reprendre un travail tout de suite. Let's go, allez, on y va, vas-y, en compta, en gestion, en truc. Je vais forcément trouver un truc. Mais quand t'arrives sur le marché du travail, que t'as géré une petite structure pendant trois ans, et qu'on commence à te dire, mais vous avez vraiment fait ça ? Elle est zig, cette société ? Vous pouvez me montrer un cabisse ? Est-ce que là, tu commences à douter et tu commences à douter très fort ? Et j'ai redémarré au SMIC, assistant comptable.
- Speaker #0
Mais tu te rends compte que du coup, tu as été entrepreneur, tu as fait partie d'une... Enfin, avant même d'être salarié. Non,
- Speaker #1
j'avais été salarié avant.
- Speaker #0
Tu avais été salarié avant, mais ce que je veux dire, c'est que déjà, tu avais déjà cette fibre et cette expérience, en fait, déjà très tôt. Et finalement, tu veux rejoindre... tes velléités, tes volontés d'entrepreneuriat ? Est-ce que justement le fait que tu aies pu gérer ça, en fait, à un moment donné, tu as donné trois ans de ta vie à fond, tu te dis, finalement, je peux tout faire. Comment tu vis cette expérience, même si effectivement, c'était un moment de doute ? Comment tu la vis maintenant ? Comment tu la vois maintenant, là, en tant que... 20, 10, 22, 12, enfin longtemps après ?
- Speaker #1
Alors, il fallait passer par là et je pense que l'échec fait partie du succès. C'est des choses que j'ai apprises justement à ce moment-là, où en fait, à ce moment-là, j'avais découvert qu'aux États-Unis, ils avaient créé un truc qui s'appelle les « fail conférences » . Pour justement, parce qu'on parle toujours des succès, mais on ne parlait jamais des échecs. Et c'est justement des entrepreneurs à succès qui venaient raconter lors de conférences le nombre d'échecs qu'ils avaient essuyés auparavant. Et j'ai... euh... C'est à ce moment-là que j'ai découvert ces choses-là et ça m'a vraiment aidé à passer à l'étape d'après. Oui, j'avais cette mentalité de me dire je peux tout faire. Oui, j'étais sorti de cette expérience en me disant c'est bon, let's go. Mais on est quand même une fonction support. Et c'est ça qui est complexe. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, nous, notre expertise, notre métier, c'est une fonction support. On peut accompagner des gens qui font de vraies choses. Mais nous, si on n'accompagne pas ces gens-là, tu vois ce que je veux dire ? Je ne vais pas faire... Alors, attention, je vais minimiser. Il y a des choses dans la cabeça qui tournent et qui peuvent vraiment sortir et qui peuvent être scalable. Mais avec du recul, il fallait passer par là. C'était le chemin normal. Ça a été un moment très compliqué avec mon épouse parce que justement, elle a vécu ces trois années de Dancy. Elle a vu des revenus. C'est génial, allez hop, on part en Repdom. Et derrière, il n'y a plus rien pendant quatre mois. Donc, tu sais, c'est voilà. On a vécu quand même à la gorge financièrement. même plus qu'à la gorge, tu vois. Et à un moment, elle m'a dit, elle m'a dit, bon, ton petit truc, là, c'est sympa, mais ça ramène rien dans la gamelle. Maintenant, il est là, tu nous trouves une solution. Donc, je l'ai un peu fermé. Je suis retourné au charbon, comme tous les salariés du lundi matin. Fallait passer par là. Je pense que c'est... Quand je parlais d'équilibre, c'est à ça que te permet d'avoir un partenaire de vie. C'est ça, c'est te ramener à des choses beaucoup plus... beaucoup plus terre à terre, à te structurer. Parce que j'aurais été tout seul à ce moment-là et je repartais en bille en tête sur un autre projet, alors que j'ai une ardoise de 20 000 sur les épaules et que j'ai peut-être un gamin qui est en train de naître, tu vois ? Donc, ouais, ça a été un très gros moment de doute. Avec du recul, même, des années après, je me suis dit est-ce que finalement, je ne suis pas tombé... Je déteste le terme. Je n'ai pas été dans une sorte de dépression. Parce que, ben, tu ne te lèves pas le matin, tu tournes en caleçon toute la journée. Tu regardes des trucs complètement débiles à la télé, des trucs qui sont à l'opposé de tout ce que je suis. Je ne regarde vraiment pas la télé. Si, le foot, le basket, il n'y a pas de problème. Et puis, tu es seul. Tu es seul. La solitude de l'entrepreneur, tu la vis au quotidien quand tu es dans l'aventure. Mais quand tu échoues, alors là, vas-y.
- Speaker #0
Comment tu remontes ? Comment tu arrives à rebondir ? Et tu dis plusieurs choses. c'est déjà euh Comment bien s'entourer ? Parce que tu as travaillé avec des personnes, quelqu'un qui a trahi ta confiance. C'est comment compter ? Comment avoir confiance et savoir s'entourer de personnes fiables quand tu lances un projet. Pour moi, je trouve ça important parce que trois ans de ta vie, si à un moment c'est compliqué, tu ne peux pas...
- Speaker #1
Je pense qu'il y aura toujours une part de risque à partir du moment où tu t'associes avec quelqu'un. Il y en a toujours une parce que même si tu t'associes avec cette personne qui est l'équivalent de ton frère et même plus encore... Demain, cette personne, elle rencontre un partenaire de vie ou une partenaire de vie qui lui retourne le cerveau, tu n'y pourras rien du tout. Donc, il y a toujours une part de risque. Et c'est aussi pour ça que l'entrepreneuriat peut apporter autant de gains. C'est parce que tu as du risque humain, tu as du risque émotionnel, tu as du risque sentimental, psychologique, financier. Des risques tellement importants que forcément, les gains sont proportionnels au risque que tu engages. Mais les échecs aussi peuvent être aussi doux. autant douloureux dans l'autre sens. Donc, choisir des bons partenaires,
- Speaker #0
c'est toi et ton nez. Choisir le bon partenaire, mais en acceptant aussi ce risque que ça pourrait ne pas marcher. Mais du coup, toi, tu penses que maintenant, tu pourrais rebondir plus facilement que justement...
- Speaker #1
Oui, parce que j'ai appris une chose, c'est ne mets pas toutes tes billes dans le même panier. Voilà, à partir du moment où mon erreur, et c'est pour ça que ça a été douloureux, c'est que Toutes mes billes, j'en avais deux dans le paquet. Il n'y en avait pas beaucoup. Mais toutes mes billes, je les ai mises dans ça. Donc forcément, quand il n'y avait plus de billes, je ne pouvais plus jouer. C'est pour ça que je te disais, je me sens plus comme un agriculteur qui plante des graines. C'est qu'aujourd'hui, j'ai compris ça. Je l'ai bien appris. Je sème, mais je ne sème pas. pas, j'essaye de semer un peu de blé, un peu d'orge, un peu d'épautre, un peu de trucs un peu différents un peu partout. Ça ne pousse pas, ça ne pousse pas. Écoute, c'est relou. Ça fait très mal parce que parfois, tu mets des petites sommes très rondelettes et que ça aurait pu payer un beau voyage. Mais puis, voilà, c'est ça être entrepreneur, je pense.
- Speaker #0
Tu l'as dit tout à l'heure, tu dis vivre heureux, vivant caché. Comment tu concilies avec l'entrepreneur et le fait qu'il faut se montrer ? Parce que du coup, t'es obligé en fait, quand t'es à ton compte, de savoir te vendre, d'aller réseauter, de créer du réseau. Mais du coup, il y a aussi le fait de se, entre guillemets, cacher, comme tu dis. Comment t'arrives à concilier les deux, toi ?
- Speaker #1
Moi, ce qu'il faut cacher, c'est ta vie privée. C'est ton cocon. C'est ta maison. C'est ce que je disais toujours. On a toujours été très d'accord là-dessus avec ma femme. Dehors, c'est la guerre. Quand on ferme la porte ici, là, tu vois la petite musique d'ascenseur ? Ça doit faire ça dans la maison. Tu dois sentir cette espèce de... Tu dois être comme dans un spa à la maison. Et pourtant, chez moi, il y a un maximum de travaux. Donc crois-moi, en ce moment, c'est un bordel sans nom. Mais quand je rentre, quand je ferme la porte, je veux pouvoir dire... home, tu vois. Et pourtant, crois-moi, parce que je suis un animal social, j'ai besoin d'être dehors. Moi, c'est un besoin. C'est vraiment... Mais quand je suis chez moi, quand t'as des enfants, c'est un peu moins évident. Et il vaut mieux avoir un peu de place. Surtout quand t'as des enfants... Bon, non, peu importe l'âge, d'ailleurs. J'allais dire surtout quand t'as des enfants en bas âge. Mais c'est pas vrai. Petits enfants, petits problèmes. Grands enfants, grands problèmes. Mais ouais, c'est... C'est ce cocon-là que moi, je privatise. Et il y a très, très, très peu de personnes qui y ont accès.
- Speaker #0
Je comprends.
- Speaker #1
Vivre heureux, vivons cachés, c'est ta relation de couple. Personne ne doit la connaître. Mais vraiment, personne. La relation que tu as avec tes enfants, garde-la pour toi. La relation que j'ai avec mon fils, ce n'est pas la relation que j'ai avec ma fille. Et ce que mon fils sait... ma fille n'a pas forcément besoin de le savoir j'aime trop leur dire mais occupe toi de tes fesses tout simplement parce que quand j'ai une discussion avec quelqu'un c'est entre toi et moi c'est notre relation, c'est notre moment à nous et je pense que c'est ça pour vivre heureux, vivons cachés c'est la relation que j'ai avec Cyril, les gens n'ont pas besoin de la savoir donc ce qui se passe entre nous les gens n'ont pas besoin de les difficultés qu'ils rencontrent que je rencontre, que l'on partage pour lesquelles on s'entraide personne n'a besoin de le savoir, tu vois. D'ailleurs, c'est pour ça que c'est mon frère, parce qu'il est encore pire que moi.
- Speaker #0
Mais qu'est-ce que tu retiendrais, pour un peu clôturer, puisqu'on arrive à la fin de notre échange, mais... Qu'est-ce que tu voudrais que tes enfants, s'ils voient cet épisode, notre échange dans dix ans, qu'est-ce que tu voudrais qu'ils retiennent ?
- Speaker #1
Il y a une phrase que j'ai prise auprès de mon pasteur, d'ailleurs, qui dit « il n'y a pas de succès sans successeur » . Et je pense que c'est l'une des phrases les plus profondes que j'ai entendues dans ma vie. C'est qu'au soir de ma vie, j'aurais réussi... pas parce que j'aurais eu de l'argent, pas parce que j'aurais laissé des livres ou une mémoire. L'héritage, c'est de laisser des gens émotionnellement, sentimentalement, intellectuellement, psychologiquement forts. C'est des gens qui ont envie d'être peintres, qui ont envie d'être punk à chien. Écoute bien ce que je te dis.
- Speaker #0
Tu as dit quoi ?
- Speaker #1
Punk à chien. Je ne connaissais pas. C'est une expression qui vient du sud. Je regarderai sur Google. T'as envie d'être punk à chien, c'est ton choix. Mais si t'es bien, si tous les jours tu te lèves avec la banane, si t'as cette joie de vivre, si t'aimes la vie, alors j'aurais réussi. J'ai un sportif et une artiste à la maison. Tu vois le grand écart ? Donc c'est ça. Et puis, c'est pas que forcément avec tes enfants. C'est aussi de me dire, par exemple, c'est quelque chose qui me travaille depuis des années. J'ai grandi dans un lycée en ZEP. On dit ça, c'est ZEP. Je crois que ça a changé maintenant, mais j'aimerais pouvoir un jour pouvoir retourner dans un lycée et puis tenir, je ne sais pas, des petites séances d'une heure sur la vie, l'entrepreneuriat, le machin, le truc. Mais si tu arrives à transmettre à un seul de ces jeunes la banane, le fait de se lever, de vouloir faire ce que tu aimes, de se réaliser, alors ouais, c'est bon. C'est bon, je... je pense que j'aurais apporté ma petite contribution à ce monde.
- Speaker #0
Merci Jérémie. Merci en tout cas pour cet échange. On va vraiment clôturer. Mais est-ce que tu aurais un dernier mot ou une dernière phrase pour un entrepreneur qui veut se lancer ?
- Speaker #1
Fonce, ne te pose pas de questions. Tu ne mangeras pas. Peut-être pendant un moment, mais vas-y. Parce qu'en fait, le truc, c'est que le gain, il est sur tout. tout d'abord personnel. Le fait de se construire, de se réaliser, c'est ce qu'il y a de plus important dans la vie. Quitte à avoir le ventre vide.
- Speaker #0
Foncez, réalisez-vous, mais mangez quand même un peu. Merci et à bientôt sur Focus Portpreneur.
- Speaker #1
Merci d'avoir suivi cette série spéciale avec Jérémie sur Focus Sportpreneur. Trois épisodes d'authenticité, de parcours et de partage. Parce qu'entreprendre, c'est avant tout un état d'esprit. Continue à se mettre et graine.
- Speaker #0
à croire en ton jeu et à construire ton propre terrain. A bientôt sur Focus Sportpreneur.