- Speaker #0
Bienvenue dans Focus Sportpreneur, là où l'entrepreneuriat rencontre l'énergie du sport. Je suis Vanina, passionnée de basket et experte en gestion événementielle. Ici, on parle de résilience, de discipline et de leadership, mais surtout de parcours inspirants et de stratégies concrètes pour structurer et développer ton activité. Parce qu'en business comme sur le terrain, c'est la vision et l'entraînement qui font la différence. Prête, prêt à entrer dans le game ? C'est Racila, c'est l'énergie de trop. trois mondes réunis. Entrepreneuriat, engagement social et sport. C'est aussi une basketteuse, comme moi, une amie précieuse et une vraie source d'inspiration. À travers ses projets, elle montre qu'on peut entreprendre autrement en restant fidèle à ses passions et à ses valeurs de partage et de transmission. Dans cette série d'épisodes, on reviendra sur son parcours, ses projets et la façon dont elle conjugue entrepreneuriat et engagement. Bonne écoute ! Je vais en passer quelques-uns parce que j'ai encore ma petite liste et on a encore plein de choses à se dire. 1000 Stars.
- Speaker #1
1000 Stars, c'est tout récent. Pour le coup, si tu me demandes l'année, je peux te dire que c'est 2021. C'est l'année où ma fille est née. Et c'est une initiative que j'ai lancée. Donc ça, je suis installée au Sénégal, moi, depuis 5 ans et demi maintenant. Ça va faire 6 ans en septembre, donc plus de 5 ans et demi. Et ça, c'est une initiative que j'ai lancée au Sénégal. En fait, moi, j'ai un gros réseau. Et... mais assez international. Et je voulais... En fait, je me disais, ça va quoi d'avoir ce réseau-là si t'impactes pas ? Et je voulais trouver le moyen d'utiliser ce réseau-là pour impacter. Et à ce moment-là, à l'époque, j'ai créé un club dans le village de mes parents, un club de basket. Et les filles, elles m'ont appelée, elles m'ont dit « Oui, on a besoin de ballons, on n'a pas de ballons. » Je me suis dit « Ah, c'est trop lourd. » Et en fait, j'ai réfléchi, je me suis dit putain les filles, le seul truc qui les empêche de jouer au basket, Et ça m'a paru. tellement ridicule parce que en France, même sans être privilégiée en France, si tu as besoin d'un ballon, tu vas trouver un ballon. Tu vas acheter un ballon au pire, tu vois, mais tu vas trouver un ballon. On va t'en prêter un ou quoi. Et du coup, ça m'a paru tellement ridicule que ce qui empêche une fille de jouer au basket, de s'entraîner, ce soit de ne pas avoir de ballon. Et donc, du coup, l'idée, on a lancé une campagne de crowdfunding avec des potes au Sénégal. Et l'idée, c'était de récolter des fonds pour pouvoir acheter 1000 ballons qu'on allait distribuer dans tout le Sénégal, mais à 1000 filles, mais pas des filles au hasard. L'idée, c'était que chaque fille qu'on a, on s'est mis en collaboration avec 10 clubs dans 10 villes différentes, partout dans le Sénégal, pour encore une fois, pas faire les choses que dans la capitale, mais aussi en région. Et l'idée, c'était que, par exemple, un club nous fasse une liste de 100 filles. Et sans fil, elles reçoivent un ballon. Et c'est leur ballon. C'est pas le ballon de toute l'équipe ou c'est pas le ballon de tous les frères et sœurs. C'est leur ballon à être personnel, genre. Et c'est un ballon qui te permet d'aller t'entraîner quand tu veux, machin et tout. Mais c'est aussi un ballon qui valide un peu l'idée que tu dois rêver plus grand que ce que tu oses rêver, en fait. Et c'est un peu un ballon porte-ouverte à ce que tu... à ce que tu imagines de plus fou et de plus grand. Donc du coup, on a réussi la campagne crowdfunding, on a acheté des ballons et on est allé distribuer ces ballons, on n'a pas fini d'ailleurs, mais dans les différentes assos. Par exemple, dernièrement, on a fait une étape à Luga, dans une ville au Sénégal, et on a distribué 200 ballons. Donc l'idée, c'est qu'avec l'équipe, on est une douzaine de volontaires et on se déplace, on a les ballons, on a du goûter, etc. Donc on vient, les filles, elles jouent des matchs. et c'est marrant parce que cette journée elle est dédiée aux filles, mais du coup c'est les garçons qui organisent, donc c'est les garçons qui et c'est complètement le contraire d'habitude, mais c'est les garçons qui font la table, qui coachent, etc donc elles font des matchs, après on donne les ballons à chacune donc chacune vient, on donne son ballon on leur parle sur l'importance de ce ballon, de rêver grand on partage un peu notre expérience après on fait un petit goûter, etc et c'est hyper cool, et en fait tu vois les filles elles ont les yeux qui petit parce qu'elles ont reçu un ballon. Et c'est tellement ridicule. Mais en même temps, tu te dis que tu peux faire le bonheur d'une petite fille juste en lui donnant un ballon de basket. Et ça, il y a tellement de gens qui ont les moyens d'offrir des ballons de basket à n'importe qui. Et du coup, c'est un appel. Si vous voulez offrir des ballons de basket.
- Speaker #0
Je mettrai les comptes Instagram.
- Speaker #1
Oui, mais c'est une... À chaque fois, je dis ça, mais c'est vraiment une des plus belles aventures humaines, le truc des ballons là. C'est vraiment incroyable.
- Speaker #0
Franchement, j'ai trouvé ça... J'ai pu, effectivement... Effectivement. Un peu contribuer de loin.
- Speaker #1
Quand tu vois les filles et tout, c'est juste un ballon. C'est juste pour un ballon. Et en fait, c'est ouf.
- Speaker #0
J'attends de voir la suite. On ne va pas pouvoir tout faire, mais je voudrais un dernier... Un dernier point, et après je vais lister ce que j'ai dans la liste. Dakar Oups.
- Speaker #1
Dakar Oups, c'est quand je me suis installée au Sénégal. En fait, ici en France, les dizaines de basketballs, je l'avais créé parce que je trouvais qu'il y avait beaucoup d'inégalités entre les filles et les garçons dans le monde du basket. Et du coup, je me suis dit, je vais au Sénégal, je vais faire la même chose au Sénégal. Et en fait, en arrivant, je me suis dit, il n'y a pas un problème d'opportunité pour les filles, il y a un problème d'opportunité tout court. et après Il y a des choses qui sont faites, il y a des très belles choses qui sont faites, mais je pense par manque de moyens, c'est pas des... Toi, nous ici, on a des K54, des tournois où tu viens, on te donne un t-shirt, une paire de baskets.
- Speaker #0
Ça devient normal.
- Speaker #1
Tu repars avec 10 000 euros de lot. Ça, c'est vraiment des belles choses. Et là-bas, il y a tellement une belle communauté basket. Les gens sont tellement passionnés de basket au Sénégal, mais vraiment, c'est incroyable. Et je trouvais ça dommage qu'il n'y ait rien. Enfin, qu'il n'y ait rien. pas d'événements de... pas de qualité, parce que ce serait dénigrer les autres, mais d'événements... Ouais, toi, de beaux événements où tu reçois des bolos, où il y a vraiment des investissements qui sont faits. Donc moi, j'ai créé Dakar Oups, et je vais chercher des fonds un peu partout, des sponsors, parce que j'ai cette facilité à les chercher grâce à ce que j'ai pu faire avant, pour créer des événements. Et donc par exemple, on a la Dakar Summer League tous les ans, qui est trop, trop cool. Pendant une semaine, il y a une compétition. Le samedi, c'est la grande finale. Il y a plein de gens qui viennent. Ce n'est pas que du basket. Il y a aussi du... Tu vois, il y a du son. Il y a des animations. On fait une formation au premier secours grâce à Inspiré, parce que Diana Gandega a fait ici. Donc, c'est un truc, c'est hyper cool. Et c'est marrant parce que chaque année, du coup, l'été, on m'appelle. On me dit, c'est quand la Summer League ? Mais même des gens qui ne jouent pas, juste parce que c'est... Parce que c'est un bon moment que tu passes. Même si tu viens avec tes enfants, il y a de la musique, il y a un food truck, les gens qui jouent au basket, tout le monde est cool donc il y a ça On a fait une ligue pour les lycéens, public et privé. Et ça, ce qui est marrant et ce qui était très cool, c'est qu'au Sénégal, les lycées privés sont très privilégiés. Soit lycées français, lycées américains, hyper privilégiés. Les lycées publics n'ont pas forcément... Tout le monde n'a pas de terrain de basket dans sa cour, etc. Et en fait, tu mixes les mondes. C'est des lycéens qui ne se rencontreraient jamais en dehors du terrain de basket. Et encore une fois, c'est ce terrain de basket qui lie les gens qui viennent de différents mondes et qui met tout le monde à la même hauteur, en fait. Parce que tu te retrouves avec des enfants de diplomates, etc., qui partagent le ballon avec des gamins qui viennent de partout et nulle part. Et souvent, c'est ces gamins qui viennent de partout et nulle part qui remportent la compétition. Mais parce que, et ça a une explication pour moi, c'est que ces enfants de lycée privé, quand c'est les vacances, ils partent en vacances, ils vont à Sali, c'est la petite côte. Ils vont en France, ils voyagent, ils font plein d'activités. Les gamins qui sont en lycée public, quand c'est les vacances, ils galèrent. Quand tu galères, tu vas sur un terrain de basket et tu vas jouer. Donc c'est des gamins qui jouent tous les jours au basket. Quand tu t'ennuies, ils vont jouer au basket. Et du coup, c'est un autre... Ils ne vivent pas dans le même monde, en fait. Mais c'est bien d'avoir croisé leur monde. Et cette compétition, j'ai aimé beaucoup. Et on fait aussi des programmes de formation pour les... Toujours, même si c'est mixte, il y a toujours ma volonté de mettre un peu plus en avant les filles. Moi, ce que j'aimerais bien, c'est qu'il y ait plus d'arbitres et de coachs filles au Sénégal. Donc, on forme des arbitres et des coachs féminines, dédiés aux femmes. On fait plein de programmes. Il y a des programmes où c'est vraiment des événements purement entertainment. On s'amuse bien et tout. Et après, il y a des trucs où c'est plus pour du social. Midstar, c'était porté par Dakar Oups. Où c'est vraiment avoir un impact.
- Speaker #0
Là, pour ceux qui ne te connaissent pas, t'as dit... Et encore, je n'ai pas fini. Je pense que je n'en ai pas. Il y a des projets que tu as montés.
- Speaker #1
Tu as participé.
- Speaker #0
Il y en a plein. Non, pour moi, ce n'est pas forcément dans tous les sens. Parce qu'il y a un truc qui est assez marquant. C'est que, pour la marque, pour d'autres, tu as identifié une problématique. Tu as voulu apporter une solution. Tu t'es dit, moi, je vois comme ça. Comment je peux répondre à cette problématique ? Peu importe ce qu'il y a à faire derrière, je vais le faire. Parce que, OK... Tout le monde ne sait pas forcément lancer une campagne de crowdfunding. Et toute la logistique qu'il y a derrière, ils nous disent que ça va être compliqué. Je ne le fais pas. Toi, tu voulais répondre à un problème. Et à chaque fois, on parle du t-shirt tout à l'heure, c'est tout bête. Le club de basket, il n'y en avait pas dans le 20e. Je suis du 20e, j'ai été dans le 11e. Il n'y en avait pas dans le 20e. En tout cas, pas qui me parlaient ou je ne le connaissais pas. Mais pour les filles, il n'y en avait pas. Donc, tu as répondu à des problématiques que tu as identifiées. Donc, pour moi, tu n'es pas parti dans tous les sens. C'est là où tu voyais qu'il y avait... Déjà, tu suivais ta passion. Tu suivais, en fait, ta vision des choses et comment... Et je veux m'arrêter sur quelque chose, en fait, parce que je l'ai noté pour plus tard. Il y a un post que tu as fait. Je te reprends avec mon bel accent. Create the things you wish existed.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Tu peux traduire et en parler, s'il te plaît.
- Speaker #1
Donc, c'est créer les choses que tu aurais aimé avoir. Et ça, c'est vraiment... Donc, déjà, comme tu dis, et ça, je pense que... Moi, je suis quelqu'un de très modeste et très timide, mais il y a un truc que j'aime assez chez moi, c'est que je n'ai pas de limites. Donc, tu ne peux pas me dire oui, mais ça, je l'ai appris grâce à tout ce que j'ai fait, que je n'avais pas de limites et que je me donne les moyens. Quoi qu'il arrive, je me donne les moyens. Tu vois, par exemple, là au Sénégal, au début, je n'avais pas forcément de sponsor. Du coup, c'était mon salaire que je mettais dans ça. Mais ça ne me dérangeait pas parce que s'il ne va pas dans les baskets ou dans les sacs, il va dans ça en fait et moi je préfère qu'il aille dans ça qu'à l'époque J'étais comme tout le monde à l'époque, j'achetais même pas, je les recevais gratuitement. Tu fais des baskets, j'adore les baskets, les sacs, j'adore ça. J'adore voyager, donc c'est mon argent que je mettais dedans. Et il y a juste quelques années où je me suis dit, l'argent il va aller là plutôt que d'aller là. Mais il va unir des gens et il va permettre à des gens de passer une bonne journée. Et c'est ce qui me faisait faire sans compter. Mais encore une fois, si t'es pas passionné, tu fais pas ça. et donc cette phrase là que j'aime beaucoup Et à chaque fois, les filles, je la répète. Parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup, beaucoup de choses qui sont faites pour les jeunes qui jouent au basket. Tu vois, en France, encore plus qu'au Sénégal, mais là, moi, depuis que je suis partie, j'ai dit non, mais moi, il n'y avait pas tout ça. Tu vois, à chaque fois qu'il y a un événement, il y a des joueurs NBA qui viennent. Quand il y a des joueurs NBA qui viennent, il y a des activations qui sont faites pour les jeunes. Les filles, elles rencontrent, même les jeunes, les garçons, ils rencontrent les joueurs NBA. Il y a des programmes qui sont faits. Mais des trucs que nous, on n'aurait jamais osé. Nous, on était content d'avoir un tournoi 3-3 avec en lot des bouteilles de Sunny Delight. Donc, c'est un jus. Toi, à l'époque, K54, ils donnaient des combes, des peignes. C'est tout ce qu'ils donnaient. Aujourd'hui, ils distribuent des paires de Jordan, etc. Mais nous, on était content d'avoir notre peigne et de passer un bon moment au K54. Et du coup, il y a tellement de choses que j'aurais aimé avoir avec du recul. Je me dis qu'il y a tellement de choses que j'aurais pu faire si j'avais eu. Et du coup, c'est ça, en fait. Je sais que t'apprends en faisant des erreurs, en grandissant, etc. Mais si on peut faciliter la vie de... Toi, on a suffisamment d'épreuves, chacun, et surtout les femmes noires et les petites filles noires, du coup. Il y a suffisamment de choses qui sont difficiles. Si on peut faciliter sur certaines choses, bah, facilite-toi, en fait. Et c'est ça, en fait, c'est de créer des choses que moi... Et la chance que j'ai, c'est que je suis une fille. Du coup... Des fois, je me dis, si moi, j'aurais bien aimé avoir ça, c'est une fille. Et en fait, c'est pour ça que pour moi, c'est important que je me bats un peu pour ça. Et c'est très compliqué. Mais il n'y a jamais de fille dans les grandes instances, là. Les trucs de décision, là où tu prends les décisions. Et en fait, le problème, c'est que si tu n'as pas de femme à ces endroits-là, comment tu peux savoir ce qui est bon pour les gens pour qui tu fais les choses ? Comment tu peux savoir qu'une fille, elle a besoin d'avoir des toilettes ? Dans un gymnase, sur un terrain, même un terrain extérieur. Comment tu peux savoir qu'une fille, elle a ses règles tous les mois et que si elle veut pouvoir aller au basket, si elle n'a pas des toilettes ou elle va pouvoir changer sa serviette hygiénique, elle ne va pas y aller. Et du coup, c'est là qu'on coupe en fait les... C'est là que naturellement, tu exclues en fait les filles de l'espace sportif parce que tu ne crées pas les choses qui leur permettent de se sentir bien. Et ça, si tu n'es pas une fille, on ne peut pas reprocher aux garçons. Ils n'ont pas leurs règles, donc ils ne peuvent pas anticiper, etc. Mais ce qu'on peut leur reprocher, par exemple, par contre, c'est de ne pas prendre en considération la vie des femmes et des filles et de ne pas mettre de femmes et des filles dans ces... En fait, tu ne peux pas te mettre à la place de quelqu'un que tu n'es pas. Donc, fais en sorte que tout le monde soit représenté dans un espace où les décisions sont prises pour que les décisions aient un impact sur tout le monde. Et c'est pareil pour les personnes portes de handicap. Moi, je ne saurais jamais... ce qu'il faut pour quelqu'un qui porte un handicap sur un terrain, parce que moi, je ne l'ai pas. Donc, je ne peux pas me mettre à sa place et imaginer, est-ce que là, il va pouvoir accéder ou pas ? Mais dans ces cas-là, prends l'habit et entoure-toi de personnes qui peuvent faire en sorte que ton espace, il est adapté à tout le monde. Et en fait, c'est ça, cette phrase. C'est vraiment essayer d'améliorer, de faciliter les nôtres. Quand je dis les nôtres, moi, du coup, je parle pour les femmes noires, les filles noires, parce qu'on a galéré. Et encore, je n'ai pas vécu toutes les galères qu'une femme peut avoir, mais au moins que je puisse faciliter sur ce que moi j'ai vécu et que je peux améliorer facilement.
- Speaker #0
C'est pour ça, en fait, que je voulais t'inviter. Aussi, parce qu'au-delà du basket, et maintenant, avant aussi, mais t'es invitée aussi dans des tables rondes, t'as eu un trophée du CIO. Tu peux en parler rapidement ?
- Speaker #1
Oui, c'est un trophée qui a été décerné par le comité international olympique. Donc, c'est l'instance qui gère tout ce qui est Jeux olympiques, etc. Et c'est un trophée de l'égalité, de la diversité et de l'inclusion. Et en fait, c'est une récompense, notamment pour MedStar, c'est une récompense pour les initiatives. qu'on fait avec Dakaroo, Steadies and Basketball pour la diversité et pour l'inclusion dans le sport et notamment les filles. Et je dis on parce que ce qui est important, ce qui est vraiment important et c'est très très important, c'est que je ne fais pas les choses toutes seules. C'est que moi je peux avoir les idées mais les idées folles que j'ai là, il y a toujours des gens pour me suivre. Il y a toujours des gens qui me disent... J'ai toujours plein d'idées. Il y a des trucs un peu fous, etc. Et il y a toujours des gens qui me disent, ah bah ça on peut le faire. Ah bah ça si t'as besoin de moi, viens. Et en France, c'était déjà le cas et toi, t'en fais partie. Tu m'as suivie sur les scènes de basketball, sur plein de choses où c'est des idées qui sortent et qui sont après retravaillées en équipe, etc. Mais alors au Sénégal, c'est encore pire. Au Sénégal, limite, tu dois refuser pour pas qu'on soit trop, parce qu'après, sur les frais, etc., c'est trop. Mais au Sénégal, t'as toujours quelqu'un pour tuer. Et pourquoi ? Parce que c'est des choses qui sont impactantes et qu'au Sénégal... Je trouve, à la différence de la France, on veut rendre les choses meilleures pour les plus jeunes. Ceux qui jouent au basket, qui galèrent encore aujourd'hui parce que les terrains sont pourris, etc. Tout ce qu'ils veulent, c'est rendre les choses meilleures pour les jeunes basketteurs. La solidarité, pour moi, au Sénégal, elle est vraiment, vraiment forte. Et du coup, j'ai toujours des gens pour me suivre et pour m'aider et pour m'appuyer, etc. Si ce n'est pas financièrement, c'est logistiquement, etc. Donc, c'est hyper important pour moi de souligner que ce ne sont pas des choses que je fais toute seule. Parce que toute seule, même avec toute la bonne volonté, la passion, etc., je ne pourrais pas tout faire. Tu ne peux pas, tu es un être humain. J'ai une fille maintenant, donc toi. Mais toi, par exemple, c'est ça. C'est que quand je fais ça, je sais qu'il y a un tel qui s'occupe de ma fille. Et ça, en fait, le support système est hyper important. Tu ne peux pas faire tout ça si tu n'as pas tous ces gens qui t'aident derrière. Et ça commence par la famille. Mes frères et sœurs, mon petit frère, il est venu au Sénégal l'année dernière. Il nous a aidés à faire sur une étape. Et à chaque fois, je fais des crowdfunding et tout. Ils mettent de l'argent dedans, etc. Donc, c'est hyper important d'être bien entouré pour pouvoir faire tout ça.
- Speaker #0
Je pense aussi que tu es bien entouré parce que tu inspires d'autres personnes, comme moi, la première. tu m'as inspiré depuis le début,
- Speaker #1
c'est aussi pour ça que je me suis mis dans l'associatif etc et je voudrais te remercier on arrive à la fin en fait est-ce que je peux rappeler une chose je t'en prie, vas-y j'ai une chose à rappeler, je ne sais pas si tu en souviens mais à l'époque c'était en 2000 comme t'aimes bien les années là je crois que c'était en 2016 on a participé à un atelier sur le syndrome de l'imposteur toutes les deux Et c'était un atelier qui était donné par Hello Villa, une association qui aidait les femmes et les entrepreneurs sociaux aussi. Et je me souviens très bien parce qu'on a participé et il y avait un jeu. Il fallait qu'on imagine ce qu'on voulait être dans cinq ans. C'est quand c'était en 2016, je crois. Ou 2015 peut-être. Il fallait qu'on imagine ce qu'on voulait être, où on voulait être et ce qu'on voulait faire dans cinq ans. Et je me souviens que moi, ma réponse était, je vais être au Sénégal, travailler dans le basket et être entourée. Être au Sénégal, c'est fait. Travailler dans le basket, c'est fait. Être entourée, c'est fait. Et je me souviens que toi, tu avais dit que tu voulais être entrepreneur en Ile-de-France toujours, mais dans le contrôle de gestion. Et je pense qu'entrepreneur, c'est fait. En Ile-de-France, c'est fait. Et contrôleur de gestion, c'est fait. Donc, on s'est imaginé dans cinq ans et cinq ans plus tard, on est là où on est. Quand tu manifestes un peu les choses, que tu dis ça, dans cinq ans, je veux faire ça. En fait, tu vas plus facilement te donner les moyens de le faire. Et en fait, tu vas te rendre compte que c'est possible. Surtout, nous, les femmes, on a tendance à se douter, etc. Mais en vrai, toi, même moi, aujourd'hui, je doute. Mais à chaque fois, je me souviens de cet atelier-là. Et je me dis, il y a cinq ans, je me suis imaginée exactement où je suis. Donc, arrête de douter, en fait, et fais les choses parce que ce que tu as voulu, tu l'as eu. Et tu vois, cet atelier, pour moi, il a été aussi hyper... Au même titre que la phrase de Boki qui disait... t'es avec et pas pour, cet atelier, pour moi, il est hyper... C'est ma boussole quand je doute, en fait. Je me dis, mais ce que je voulais il y a 5 ans, je l'ai. Donc, en fait, ce que je veux dans 5 ans, je l'aurai.
- Speaker #0
Si tu parles d'entrepreneuriat et maternité, comment toi, tu l'as vécu ?
- Speaker #1
Comment j'ai vécu entrepreneuriat et maternité ? En fait, je pense que tout ce que j'ai fait avant là... Et en fait, j'ai fait tellement de choses et que ça m'a obligée à essayer de m'organiser, etc. Et bien, en fait, ça m'a aidée, je pense, sur la maternité. Parce qu'en fait, être maman, c'est être entrepreneur. Mais vraiment, c'est un truc de ouf. Et oui, je pense que ça m'a vraiment aidée. Mais c'est aussi, je l'ai dit, mais c'est aussi être entourée. C'est d'être entourée. Toi, tu ne peux pas reprendre aussi vite le taf si tu n'es pas entourée. Et ça, je pense que, tu vois, par exemple, je n'aurais pas pu être entourée. Je pense vraiment que je n'aurais pas pu faire ce que je fais là en France. En fait, il y a un support système au Sénégal qui est complètement différent. Tu vois, je vis avec ma cousine qui est là. Dès que j'ai un souci, j'appelle mes autres cousines qui sont aussi à Dakar. J'ai quelqu'un qui s'occupe du ménage, j'ai quelqu'un qui me fait à manger. Moi, je ne conduis pas, j'ai un chauffeur. Et tout ça, en fait, c'est des choses que je peux me permettre là-bas, parce que financièrement, je peux me les permettre. mais mes cousines c'est juste que mes cousines elles sont présentes et tout. Et la vie, en fait, là-bas, elle est différente. Déjà, les enfants, ils sont considérés différemment. Ils sont considérés tout court, là-bas. Et en France, on ne facilite pas les... Enfin, moi, je vois des histoires de ouf. J'entends des gens dire oui dans le train, oui. Les enfants, ils font d'autres bruits et tout. En fait, en France, on ne considère pas l'enfant comme un être humain à part entière. Alors qu'au Sénégal, c'est l'être humain par excellence à part entière. Donc, quand tu as un enfant, tout le monde t'aide. Tu ne peux pas avoir un enfant et des sacs et marcher dans la rue. En galérant comme ça, sans que quelqu'un prenne des sacs ou que quelqu'un prenne ton enfant, tu ne peux pas t'écrire un peu sur ton enfant sans qu'on dise « Ah, laisse-le, c'est un enfant, il ne fait que vivre. » Donc les gens, ils les considèrent autrement. Donc déjà, toi, tu te permets… Il y a des choses que tu… Toi, par exemple, si j'ai une galère avec Aïcha, je la ramène au travail et je sais très bien qu'on ne va rien dire. Mais ça, en France, jamais je ne le ferai. Parce que je sais peut-être que devant, on ne va rien dire. mais je sais que derrière on va me dire oui ça se fait pas machin et tout alors que là-bas au contraire tu te ramènes ton enfant, pas tous les jours mais tu le ramènes, il est calme ça fait partie de toi en fait et là-bas ils acceptent ça et aussi je suis hyper bien entourée donc si demain j'ai une urgence je le fais, si il y a une urgence mais que j'ai ma fille, je la prends je sais qu'on va s'occuper d'elle des fois il y a même des gens qui me demandent elle est où Aïcha ? si je ne l'ai pas, qu'est-ce que tu fais là en fait ? on est venu pour elle elle fait partie du... et c'est aussi ça que j'ai fait en sorte qu'elle fasse partie de moi. Et du coup, les gens, ils me prennent avec Aïcha. Genre, personne ne me dit jamais « Mais tu prends ta fille partout, c'est pas relou, etc. » C'est genre, c'est comme si c'était mon sac à main. Et on ne me dit pas « Oui, tu prends ton sac à main partout, c'est bizarre. »
- Speaker #0
Je me rappelle à la Meira League, tu étais venue avec elle.
- Speaker #1
J'avais tout avec elle. Je la posais, les gens, ils s'en occupaient. À un moment donné, la femme de Amara, Aïcha, elle s'en est occupée. Quand je fais mes tournois au Sénégal... je l'ai et les gens s'en occupent et je sais que j'ai pas à m'inquiéter au travail des fois je l'ai et c'est pas grave tu vois c'est vraiment je pense la considération qu'on a de l'enfant toi là bas si t'es une femme bah on va pas te toi c'est normal en fait que t'es enfant et c'est même très bien et donc du coup on va te considérer autrement et toi du coup ça te permet d'être moins stressée toi ici je stresserais mais toi je sais pas si l'école s'est annulée bah tu stresses du coup t'annules tout et il y a des choses que tu te Tu ne te permets pas de faire. Mais en plus, comme je viens souvent avec elle en France, je vois que mon comportement, il change. Tu prends des pincettes, tu dis chute plus souvent. Alors qu'en Sénégal, jamais je dis chute à les jeunes. C'est normal d'avoir un enfant. Donc, je pense que l'entrepreneuriat maternité au Sénégal, il a été beaucoup plus simple pour moi. Mais aussi grâce à tout ce que j'ai fait avant. Tout ce que j'ai fait avant, ça m'a appris à compartimenter, à mettre des priorités aussi. Parce qu'à un moment donné, Quand je n'étais pas maman, tu dis oui à tout. Quand tu es maman, tu ne peux pas dire oui à tout. Moi, je n'aime pas dire non. Et quand je n'étais pas maman, ça me stressait de dire non. Donc, tu fais l'effort et tout. Là, si c'est non, c'est non. Encore plus si c'est non parce qu'il y a un truc avec ta fille. Et ça ne me stresse pas, il n'y a rien. Donc, je pense que tu switches vraiment, tu passes dans un autre mode qui fait que tes priorités ne sont pas les mêmes. Mais que tu ne vas pas te culpabiliser de prioriser ta famille, en fait. Et puis surtout, tu apprends à lâcher prise, en fait. Tu apprends qu'il y a des choses que tu ne veux pas contrôler. Et que si tu ne veux pas les faire, ce n'est pas très grave. Parce que tant qu'il n'y a pas mort d'homme, il n'y a rien qui est grave, en fait. Et ça, je l'ai appris vraiment avec ma fille. Parce qu'il y a des choses que je voyais, je me disais, je vais au basket. 4 ans. Et il y a des choses, je me disais, je vais faire ça, je vais faire ça. Mais tout court. mais quand t'es maman au début tu dis ouais je vais à l'été jusqu'à tel âge, à mettre des couches lavables, etc. Il y a des choses que tu ne contrôles pas, tu ne veux pas. Tu es là, tu viens d'accoucher, tu as ta vie toute la journée, machin. Il y a des choses que tu ne peux pas faire. Et même avec toute la volonté du monde, tu ne peux pas le faire. Donc laisse tomber. Accepte-le. Tu ne te prends pas la tête. Accepte. Et ça, maintenant, je l'applique aussi dans ma vie personnelle. Il y a une chose au taf. Tu ne peux pas faire, en fait. S'il n'y a pas plus de monde, tu ne peux pas faire. Toi, tu ne peux pas faire en sorte qu'il y ait plus de monde. Donc, laisse, en fait. Il n'y a pas mort d'homme. C'est juste un peu à lâcher prise. Et ça, je pense, dans l'entrepreneuriat, c'est hyper important de lâcher prise. Et pas trop non plus. Mais en tout cas, de savoir lâcher ce que tu ne peux pas contrôler. Parce que sinon, tu te mets du stress en plus. Tu te bloques sur d'autres choses. Et dans l'entrepreneuriat, ça peut aller très, très vite.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un dernier mot quand même pour clôturer ?
- Speaker #1
Non, juste comme tu dis, en fait, j'ai coché pas mal de cases de ce que je voulais être et j'espère juste que ça va continuer parce que j'ai un gros projet. J'aimerais bien cocher. Mais toujours, c'est toujours un projet qui... En fait, ce qui est important pour moi, c'est que ce que je fais... Aujourd'hui, en tout cas, je pense qu'à l'époque, j'étais jeune comme tout le monde. Mais en fait, aujourd'hui, moi, ce qui est le plus important pour moi, c'est que ce que je fais impacte. Mais pas juste un pacte, parce qu'on aime bien dire un pacte, etc. C'est pas un pacte, mais que ça ait du sens pour d'autres personnes, en fait. Je pense que je suis à une période de ma vie où je veux juste faire les choses pour les gens. Moi, j'ai kiffé. Je voulais kiffer tout ce que j'ai fait. Je rends grâce à chaque fois parce que j'ai vraiment kiffé ce que j'ai pu faire. Et je me dis, ça y est, tu vois, j'ai eu ce que je voulais. Mais maintenant, ce que je veux, c'est faire pour que les autres et aussi et surtout les jeunes, surtout les jeunes filles. Et encore plus les jeunes Sénégalais et Sénégalaises aujourd'hui. Du coup, c'est vraiment mon goal. Et je pense que quand on met ce genre d'intention, les choses sont toujours plus faciles à faire. Et même, je pense que c'est pour ça aussi qu'on est amis. C'est quelque chose qui est important pour moi, c'est l'authenticité et la bonne intention. Elles t'aident à aller plus loin. Mais vraiment, l'authenticité et la sincérité. Elles t'aident à aller plus loin. Et puis, surtout, tu restes droit dans tes bottes, en fait. Donc, tu... Je ne dis pas que c'est un dernier mot de la fin un peu bizarre. Non,
- Speaker #0
non, non. C'est très bon. Moi, je te dis merci. Merci à toi d'être venue. Et merci pour tout ce que tu as fait. Et merci pour tout ce que tu es en train de faire et ce qui va arriver, parce que je sais que ce n'est pas fini. Et moi, je le dis, hein. À quand le film ? Le livre. J'ai dit film. À quand le livre ? Moi, j'attends le livre, parce qu'il y a encore plein de choses, en fait, dont on n'a pas parlé. et si ça peut inspirer d'autres personnes que ça inspire, j'espère qu'en tout cas Vous avez pu apprécier ce moment d'échange. Et à bientôt sur Focus Parpreneur. Merci d'avoir suivi cette série avec Syrah Sila. Son parcours multi-casquette montre qu'on peut entreprendre tout en s'engageant. Et que l'entrepreneuriat peut aussi s'exprimer à travers le social et le sport. J'espère que son histoire vous aura inspiré autant qu'elle m'inspire au quotidien. L'entrepreneuriat,
- Speaker #1
c'est comme le sport.
- Speaker #0
Ça demande persévérance, énergie. et patient. Merci d'avoir suivi Focus Sportpreneur. On se retrouve bientôt pour de nouveaux défis.
- Speaker #1
Ciao !