- Speaker #0
Au lycée, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire de ma vie. J'ai choisi le commerce pour faire comme mon grand frère. J'ai eu, je pense, la bonne idée à ce moment-là de me dire je vais faire mes études, moi, en alternance. Au bout d'un an, deux ans, un petit peu de lassitude qui commence à s'installer. À ce moment-là, je ne sais pas encore que je vais faire du sport ma vie parce que je n'ai même pas encore commencé la boxe. Ce que j'aime dans ce sport, c'est que c'est individuel et c'est ton travail qui te... permet d'observer les résultats derrière, en compétition. Et là, grosse remise en question dans ma vie. Qu'est-ce que je fais ? Il faut réfléchir. Et là, je décide de...
- Speaker #1
Bienvenue sur Focus Sportpreneur. Dans cette série d'épisodes, je vous propose de découvrir le parcours de Victor Basse. Ancien boxeur professionnel, champion intercontinental en kickboxing, professeur de PS, coach et... fondateur de l'aréna boxing club Anneuil Plaisance. Dans ce premier épisode, on revient sur ses débuts, son passage d'un parcours plus classique dans le commerce vers le sport, puis sur la place que la boxe a prise dans sa vie. On parle de choix, de remise en question, de compétition, de transmission, et de cette idée forte, sur un ring, personne ne peut combattre à autre place. Bienvenue sur Focus Sportpreneur. Aujourd'hui, j'accueille Victor. Bonjour, comment tu vas ?
- Speaker #0
Bonjour, salut Vanina. Très bien, merci de me recevoir.
- Speaker #1
Je suis contente de te recevoir parce que tu as un parcours particulier. Je voudrais que tu en parles, mais en premier lieu, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #0
Je m'appelle Victor Basse, j'ai 36 ans, je suis de Noisilles-Grand et j'ai eu différents parcours de vie. Là, j'en ai démarré un tout nouveau il y a environ un an. J'ai ouvert une salle de boxe et de crossfit à Neuilly-Plaisance. qui s'appelle l'Arena Boxing Club.
- Speaker #1
Ok, d'accord, d'accord. Je vais commencer direct parce que vous devez voir en fait dans la caméra quelque chose derrière, vous devez dire ce que c'est. Est-ce que tu peux me parler rapidement, comme ça on va rentrer dans les détails plus tard. Est-ce que tu peux me dire ce que c'est derrière toi ?
- Speaker #0
Donc ça, c'est une ceinture de champion intercontinental en K-1. Donc c'est un sport de combat qui utilise les poings, les jambes. Et c'est le titre le plus important que j'ai remporté en 2024.
- Speaker #1
Il me semble que ce n'est pas le seul.
- Speaker #0
Ce n'est pas le seul.
- Speaker #1
Ça a son petit poids quand même. Je ne sais pas si vous avez l'occasion de porter des ceintures comme ça. Mais bravo déjà pour ça.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
On va commencer déjà dès le début, ton parcours. J'ai cru comprendre, puisqu'on a quand même préparé l'échange, j'ai cru comprendre que tu es passé d'abord par... Une alternance dans le commerce et tu n'étais plus dans les travails de bureau.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux, à ce moment-là, à quoi ta vie ressemblait ?
- Speaker #0
Alors, au lycée, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire de ma vie. Donc, j'ai choisi le commerce pour faire comme mon grand frère. Sauf que j'ai eu, je pense, la bonne idée à ce moment-là de me dire je vais faire mes études, moi, en alternance. Comme ça, je vais pouvoir travailler en même temps. Et au lieu de perdre du temps, entre guillemets, dans des études un peu longues, sans avoir le concret, je vais travailler. Comme ça, je vais voir si ça me plaît ou pas.
- Speaker #1
Tu as voulu tester, en fait, pour voir ce que ça donne. C'est ça.
- Speaker #0
Je voulais expérimenter. Puis en même temps, tu es jeune, ça te permet de gagner ta vie, faire des voyages, découvrir le monde, profiter aussi en même temps. Donc, à ce moment-là, je travaille chez Orange. Je prends le RER tous les matins, le soir.
- Speaker #1
En chemise. Voilà,
- Speaker #0
en chemise. Rien à voir avec la vie sportive.
- Speaker #1
Et tu as identifié un décalage entre ce que tu faisais et ce que tu voulais être.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
À quel moment, c'est au moment où tu étais en chemise dans le RER, justement, comme tu le disais ?
- Speaker #0
Ouais, en fait, c'est venu petit à petit. déjà un petit peu... Au bout d'un an, deux ans, un petit peu de lassitude qui commence à s'installer. À ce moment-là, je ne sais pas encore que je vais faire du sport ma vie. Parce que je n'ai même pas encore commencé la boxe. Mais je sens qu'il y a quelque chose dans lequel je ne m'épanouis pas dans ce travail-là. Et à ce moment-là, je ne fais presque plus de sport. Alors que j'en ai fait depuis mes 6 ans à mes 18 ans.
- Speaker #1
D'accord. Alors attends, l'alternance, c'était en quelle année ?
- Speaker #0
C'est de mes 18 à mes 22 ans.
- Speaker #1
Et la boxe, tu as commencé à quel moment ?
- Speaker #0
La boxe, j'ai commencé à 20 ans.
- Speaker #1
À 20 ans. Et avant, tu faisais d'autres sports ?
- Speaker #0
Avant, j'ai fait du foot et de l'athlétisme.
- Speaker #1
D'accord. Donc, sport collectif, sport individuel et sport individuel.
- Speaker #0
Et sport individuel. Mais j'ai toujours fait au foot, je faisais tous les matchs. En athlétisme, je faisais les compétitions. J'ai toujours aimé la compète.
- Speaker #1
D'accord. Et la boxe, pourquoi la boxe du coup ?
- Speaker #0
Alors, la boxe, ça fait un an et demi, je fais presque plus de sport. Je vais un petit peu à la salle, je prends du poids, je ne suis plus très dynamique, etc. Je suis un petit peu physiquement que je me dégrade. Je me dis, tiens, il paraît que la boxe, ça fait bien sécher. Ça permet d'avoir une bonne condition physique. Bon, allez, je vais aller tester.
- Speaker #1
Ok. Ce que tu disais, alors... Ton corps se dégrade, c'est une chose, mais comme tu as fait du sport très jeune pendant très longtemps et d'un coup tu t'arrêtes. Il y a ça aussi,
- Speaker #0
il y a l'aspect mental. Ça se trouve, ça joue aussi dans le fait que je ne m'épanouis pas au travail. Il me manque quelque chose dans ma vie.
- Speaker #1
D'accord, pour te dépenser physiquement et aussi mentalement.
- Speaker #0
Et mentalement, exactement.
- Speaker #1
Donc du coup, tu as changé, parce qu'on a parlé juste de sport, mais tu as changé de direction. professionnel aussi. Qu'est-ce qui s'est passé en fait ?
- Speaker #0
Du coup, je commence la boxe. Parallèlement, je continue le travail chez Orange. Je passe du DUT à la licence. Ensuite, je passe de la licence au master, toujours en alternance. À chaque fois que je change de diplôme, je change de poste. J'essaye un peu tout. Je fais au début commercial. Après, je fais responsable grand compte. La vente, ça me Merci. ne plaît plus trop. En master, je passe au service achat. Je me dis peut-être que je vais préférer acheter que vendre. Mais là, toujours, ça ne va pas. Et en même temps, là, ça fait presque deux ans que je fais de la boxe. Et j'aime ça. J'ai commencé, j'ai fait mes premiers combats un an avant. J'ai gagné. Je commence à prendre du niveau. Et ce que j'aime dans ce sport, c'est que c'est individuel. Et c'est ton travail qui te... permet d'observer les résultats derrière, en compétition. Et là, grosse remise en question dans ma vie. Qu'est-ce que je fais ? Il faut réfléchir. Et là, je décide de tout arrêter, en fait.
- Speaker #1
Attends, là, c'est à quel âge ?
- Speaker #0
Là, j'ai 22 ans.
- Speaker #1
Ouais, donc t'as 22 ans, tu décides de tout arrêter, donc ton alternance, ou en tout cas ta carrière dans le commerce. C'est ça. Dans le commerce. Quand tu dis tout arrêter, parce que c'est vrai que tu as parlé de boxe, en fait, mais il y a le fait d'être ta carrière sportive et ta carrière professionnelle, parce que pour l'instant, tu n'as pas... Qu'est-ce que tu as fait aussi professionnellement ?
- Speaker #0
Professionnellement, j'ai eu un DUT, technique de commercialisation. J'ai eu une licence pro. Et là, je suis en master première année.
- Speaker #1
Et c'est là que j'arrête. OK. Et donc là, la bascule ?
- Speaker #0
C'est ça. Donc là, j'arrête d'aller à l'école à la fin du premier semestre. Par contre, je termine mon... J'arrête pas à moitié.
- Speaker #1
Effectivement.
- Speaker #0
Par contre, je suis réglo, je continue à aller au travail jusqu'à la fin de mon année d'alternance.
- Speaker #1
Oui, il faut bien l'argent quand même.
- Speaker #0
Quand même. Exactement.
- Speaker #1
Et donc, tu as décidé de tout arrêter. Mais qu'est-ce que tu fais après ?
- Speaker #0
Là, je profite. Je m'entraîne tous les jours. Je continue à évoluer en boxe. Et au bout d'un moment, il faut que je fasse quelque chose professionnellement. Parce qu'il faut savoir qu'en France, la boxe, surtout la boxe pieds-poings, en boxe anglaise, ils ont le même problème, ça ne paye pas. Très rares sont ceux qui peuvent en vivre. Donc, il va falloir quand même travailler. Mais c'est là où je me dis, je vais travailler dans le sport. Je vais faire un métier qui est en accord avec ma passion. Et en plus, j'aime tellement ça, j'ai tellement aimé ce sport que j'ai aussi envie de le transmettre. Moi, physiquement, j'ai senti des changements, mentalement aussi. Et j'ai envie d'apprendre aux autres, d'aider les autres et de transmettre ça. Pas forcément que la boxe, même faire une transformation physique et mentale.
- Speaker #1
Tu as dit quelque chose, la boxe, tu as vraiment aimé ça. ça t'a transformé, tu peux dire qu'est-ce que t'as aimé,
- Speaker #0
qu'est-ce que t'aimes le plus ce que j'aime le plus alors D'un point de vue loisir, c'est vraiment le fait que quand tu t'entraînes, tu ne penses à rien d'autre. C'est tellement exigeant techniquement, physiquement, que tu n'as pas le temps de penser à... Les personnes que je connais qui font de la boxe juste en loisir, ils ne pensent plus aux soucis pendant une heure, une heure et demie. Ils sont focus sur ça et ça permet vraiment de relâcher. Et je pense que c'est le sport qui permet le plus... plus d'être focus pendant ton entraînement et d'oublier tous tes problèmes. Et après, pour ceux qui font des combats, comme j'ai fait, t'as l'adrénaline de monter sur le ring. Au début, il n'y a pas trop de public, c'est des compét amateurs. Et plus t'évolues, plus il y a du monde, plus t'es mis en avant, plus t'as toujours cette pression avant les combats, t'as cette motivation dans la préparation. Quand tu sais que t'as un combat pendant un mois, un mois et demi, Ta vie, elle a énormément de sens, en fait. Tu sais pourquoi tu te lèves, tu sais pourquoi tu t'entraînes, tu sais pourquoi tu fais un régime. Et c'est hyper stimulant, tu te sens vivant, en fait. C'est ça que j'ai aimé.
- Speaker #1
C'est ça que t'as aimé, que t'as retrouvé, que t'avais pas, du coup, dans le commerce, désolé Orange, pour le coup.
- Speaker #0
Surtout que c'était à l'époque où ça venait de passer de France Télécom à Orange. Je sais pas si tu te rappelles, il y avait des petits soucis. Donc, il y avait une ambiance au travail qui était... Moi, j'étais jeune, mais j'avais des collègues qui étaient plutôt 50-60 ans. Eux, ils n'avaient pas de la good vibes au travail.
- Speaker #1
Oui, ça n'aide pas. Ça n'aide pas, en fait. Avoir les bonnes conditions pour travailler et être performant aussi.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
OK, OK. Et du coup, tu es devenu... pas dit, donc t'es devenu professeur de PS. C'est ça.
- Speaker #0
Donc, alors, avant d'être professeur de PS, du coup, j'ai pris la voie la plus simple, la plus rapide. Donc, qu'est-ce que je vais faire de ma vie ? J'ai passé diplôme de coach. Ok. Donc, d'abord, muscu. Muscu, ok. Coach en musculation et cours collectif. Donc, c'est un BPJEP, ça s'appelle, ça se passe en un an. J'étais en alternance aussi, dans une salle. de muscu, je faisais de l'accueil, des programmes de muscu, des cours collectifs, step, cuisse, abdo fessier. J'aime ça, je rencontre des gens, je conseille des gens. Ça me fait plaisir, j'adore.
- Speaker #1
J'avais oublié qu'on pouvait le faire en alternance, ce diplôme. Du coup, tu as toujours voulu le garder en alternance ?
- Speaker #0
J'ai eu de la chance parce que dans la promo où j'étais, j'ai eu aussi la chance de le passer à l'INSEP. J'étais dans une promo spéciale pour les sportifs. Donc, tu avais la moitié de la promo qui était réservée aux athlètes de l'INSEP pour leur permettre de se reconvertir plus tard. Et tu avais une dizaine de places qui étaient ouvertes au public sous test physique, entretien de motivation. Donc, moi, grâce à la boxe, j'ai pu intégrer cette promo de l'INSEP. Et dans ma promo, tout le monde était en stage. Quand tu es en stage, tu payes ton diplôme. Tu n'es pas beaucoup payé. Et moi, j'ai eu de la chance. J'étais le seul à avoir un contrat pro. Je n'ai pas payé mon diplôme. Et j'avais aussi une meilleure rémunération.
- Speaker #1
C'est l'avantage de l'alternance parce que tu expérimentes en direct ce que tu apprends. Ou pas. Dans la théorie. Je suis passée aussi par là. Non, mais top. Donc là,
- Speaker #0
je me dis que j'ai quand même une chance aussi, comme par hasard, je trouve un contrat pro, je suis le seul, juste à côté de chez moi.
- Speaker #1
Et tous les entretiens, tests physiques que tu as faits, justement, pour accéder à ce diplôme-là, ton expérience de commercial, entre guillemets, t'a aidé ou pas ?
- Speaker #0
À l'oral, oui, c'est sûr que quand il faut essayer de convaincre quelqu'un, Tout mon passé, à 18 ans, j'étais en relation avec des personnes qui en ont 40, 45. Ça peut paraître impressionnant, mais il faut vite. On n'a pas le temps de prendre un mois, deux mois pour prendre ces marques. Au bout d'une semaine, il faut essayer d'être performant.
- Speaker #1
Tu m'as dit que tu as été responsable grand compte. Ensuite, oui. Tu peux raconter rapidement ce que c'est pour les non-connaisseurs. Moi, j'en connais un peu. J'en ai rencontré quelques-uns. Je sais, mais ce n'est pas...
- Speaker #0
Donc en fait, tu travailles avec des directeurs de gros services. Donc c'est du B2B, business to business. Et là, tu traites avec des gros portefeuilles.
- Speaker #1
Aussi jeune, je trouve ça assez...
- Speaker #0
J'étais assistant du responsable grand compte, mais il me déléguait quand même pas mal de choses.
- Speaker #1
Donc ça veut dire qu'il te faisait confiance. Il a réussi son recrutement, du coup, d'une certaine façon. Il n'a pas été trop déçu quand tu as arrêté ?
- Speaker #0
Ensuite, j'ai changé de service pour le master. Donc, de toute façon, il savait que c'était pour un an. Oui,
- Speaker #1
donc ça va alors. Donc, tu as été coach. Tu as passé, du coup, ton diplôme.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu t'es senti déjà, quand tu as commencé à faire ces formations de coach, etc., est-ce que tu t'es senti plus aligné avec qui tu étais ?
- Speaker #0
Déjà, oui, je me sens beaucoup mieux. Je suis très heureux, je me sens épanoui. Mais je sens qu'il me manque encore un petit truc. Professionnellement, je sens qu'avec juste ce diplôme, je vais un peu plafonner financièrement. Et je vais plafonner surtout dans l'après. Je me dis que ça reste un travail, même si je fais des choix. Du jour au lendemain, j'arrête le commerce. J'essaie de quand même faire des choix réfléchis pour l'avenir. Et là, quand je me projette à long terme, je me dis que dans 15-20 ans, je vais être usé à faire que ça. Je réfléchis à quelque chose d'un peu plus durable. Et ce n'est même pas à la fin de ma formation de coach. Merci. pendant la formation de coach.
- Speaker #1
Tu aimes les challenges. Mais tu vas jusqu'au bout, visiblement.
- Speaker #0
Après, je vais au bout des projets. Pendant cette formation de coach, à la moitié, je m'inscris à... J'ai de la chance que cette formation est de janvier à janvier. Et en mars-avril, je me dis... Pour la rentrée de septembre, je m'inscris à la fac en STAPS. pour passer le concours ensuite pour être prof de PS. Donc, ce qui se passe, c'est que de septembre à fin décembre, je cumule la fac, les entraînements de boxe, le travail de coach et la formation de coach. Donc, évidemment, je ne réussis pas mon premier semestre. J'ai 8,5 sur 20. Mais ce qui est bien, c'est que tu as le droit de... compensée avec le deuxième semestre. Au deuxième semestre, je me libère les cours de la formation de coach, je me libère le travail dans la salle de sport. Je n'ai plus que la boxe et je me concentre sur STAPS. Je suis en L3. Ils m'ont pris en L3 directement grâce aux équivalences.
- Speaker #1
C'est la licence 3 à L3. C'est la troisième année.
- Speaker #0
Et là, je me mets à fond dedans. Je dis, il faut que je rattrape mon 8,5. Il me faut minimum 11,5. Je n'ai pas le temps de redoubler, là.
- Speaker #1
Tu as fait 12, tu as fait 11,5. Et du coup, après, derrière, tu as fait pile poids ce qu'il fallait.
- Speaker #0
J'ai eu 12 et quelques. Donc, je compense et j'ai mon année. Parce que là, quand je suis en L3 Stabs, du coup, moi, j'ai 24 ans, je crois. Les autres dans ma classe, ils ont 19, 20. J'ai pas le temps moi. Oui,
- Speaker #1
T'étais le premier rang, t'étais hyper sérieux. Je te dis rien, je suis en train de réviser.
- Speaker #0
Moi je fais pas les soirées étudiantes et tout. J'ai pas le temps pour ça. Surtout que de toute façon, il faut aussi une bonne hygiène de vie. La boxe, je passe de amateur à semi-pro. Je continue à évoluer. Voilà, il faut le choix concentré.
- Speaker #1
tes focus en fait tes objectifs parce que c'est pas juste un objectif mais à un moment tu parce que là t'as à peu près 24 ans c'est ça ? je trouve que pour 24 ans effectivement tu dis t'as des responsabilités, tu dois quand même faire rentrer de l'argent comment t'expliques le fait que tu sois sensible justement à cette partie financière et que tu le rentres dans tes objectifs ? Et pas uniquement sur la partie sportive.
- Speaker #0
Parce que moi, je suis parti vers 18 ans chez mes parents. Et je n'ai pas envie de revenir. J'ai envie de rester indépendant.
- Speaker #1
Je comprends la motivation. Ce n'est pas contre vous les parents, je pense. C'est ça.
- Speaker #0
J'aime ma liberté. J'ai envie de rester indépendant financièrement. Donc, il n'y a pas le choix.
- Speaker #1
C'est une bonne motivation. C'est ça. Ça, je n'en doute pas. Donc, Pour ton parcours de boxe, on va aller un peu plus loin. Comment, comment... Donc, tu as commencé dans un club. Comment ça a commencé ?
- Speaker #0
J'ai commencé juste à côté de chez moi, à Villers-sur-Marne, donc à la Kona Team. Et ensuite, j'ai fait d'autres clubs. Donc, cette première année-là, je n'ai pas fait de combat. J'ai appris, j'ai perdu une dizaine de kilos. Je me suis remis vraiment en forme, etc. Et ensuite, c'est un club qui est très bien... Si tu veux faire du loisir, mais aussi si tu veux combattre, mais avec déjà un certain niveau. D'accord. Après, il y en a qui ne quittent jamais ce club, ils font tout leur parcours ici. Mais moi, je sens que j'ai envie d'un accompagnement un peu plus personnalisé pour mes premiers combats. Donc, je vais dans un autre club. Là, je fais mes premiers combats, je gagne. J'adore cette sensation, l'adrénaline.
- Speaker #1
Que tu as découvert du coup ? Que j'ai découvert. Mais attends, à quel moment tu te dis, parce qu'au début c'était plus pour l'hygiène de vie, à quel moment tu t'es dit je veux faire des combats ? Ce n'est pas une obligation, normalement.
- Speaker #0
Ce n'est pas une obligation. Surtout que quand je vais à mon premier an d'entraînement de boxe, jamais je ne ferai de combat. Ah, quand même.
- Speaker #1
À quel moment ça a switché ?
- Speaker #0
L'envie de se tester. Et puis, j'ai toujours aimé la compétition. Donc, j'aime ce sport de plus en plus. Il faut que j'aille encore au bout du projet. Je veux essayer un premier combat pour voir. Parce que la boxe, les combats, soit t'aimes, soit t'aimes pas. Il y a plein de personnes qui font... un, deux combats et ils arrêtent. Parce que t'es soit fait pour ça, soit t'es pas fait pour ça. Et ça, tu peux le savoir que sur le rythme.
- Speaker #1
Mais quand tu dis est-ce que t'es fait ou pas pour ça, moi j'entends aussi, est-ce que t'es prêt ? Il y en a pour eux, c'est peut-être plus facile de donner les coups que d'en prendre. Moi je l'entends aussi comme ça. Toi, t'as eu cette appréhension au démarrage ?
- Speaker #0
J'ai pas eu l'appréhension de recevoir les coups parce que quand tu t'entraînes aussi euh... pour des combats, tu te mets dans des situations où tu fais du sparring. Le sparring, c'est du combat, mais d'entraînement. On n'a pas le droit de se mettre KO, mais on se met en difficulté aussi. Donc là, déjà, c'est un premier test pour savoir si tu aimes ça ou pas.
- Speaker #1
Et puis c'est sécurisant en disant qu'on ne va pas être avec de gros bleus.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Mais OK. Et donc, tu as changé de club.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et la suite, comment ça s'est déroulé ? Donc là,
- Speaker #0
j'ai fait deux clubs différents. En fait, à chaque fois que je montais un petit peu en niveau, j'avais envie de changer de club pour être dans une structure qui était alignée avec mon nouveau niveau et mes nouveaux objectifs. Il faut savoir que la première fois que j'ai fait des combats, je me disais que j'allais rester comme ça, combat amateur, débutant amateur, etc. Et puis petit à petit, je remontais un peu le curseur dans mes objectifs. Mon objectif, c'était de devenir semi-pro, ça s'appelle. Donc, tu es un petit peu payé pour les combats, mais tu as déjà presque plus de protection. Tu es déjà dans un niveau qui est sympa, où tu vas prendre beaucoup de plaisir. Et ensuite, je suis retourné dans mon premier club, donc à Villiers-sur-Marne à la Konatim. Pour là, ça y est, j'étais pour devenir pro, entre guillemets. Parce que pareil, on ne fait pas que ça, on travaille tous à côté. Mais voilà, on est dans l'élite en fait. On est dans le meilleur niveau. C'est comme s'il y avait des divisions au foot. On est en première division en fait.
- Speaker #1
D'accord. Et donc ton premier combat,
- Speaker #0
comment ça s'est passé ? Premier combat en pro ou en amateur ?
- Speaker #1
En pro.
- Speaker #0
En pro.
- Speaker #1
Quel est le plus marquant ? L'amateur ou le pro ?
- Speaker #0
Tous. L'amateur parce que découvert de la sensation. C'est ça. Premier combat pro, donc je perds. Le deuxième, je perds aussi. Sauf que je détecte en fait que c'est un problème mental. Il faut savoir, il y a une question de quand tu montes sur le ring, moi j'avais ce problème de question de la légitimité. Donc, je n'ai pas honte de le dire. Ça te bloque, en fait. Ça inhibe un peu tes sensations, ta vision, ton relâchement. Et en boxe, si tu es un peu... Je ne sais pas si tu es à ta place ici, c'est impossible de performer.
- Speaker #1
Comment tu... Du coup, tu l'as travaillé, en fait, entre-temps. Alors, comment tu l'as identifié ?
- Speaker #0
Alors, je l'ai identifié sur les sensations, en fait. Je ne comprends pas, là. En fait, au... Quand je boxais avant, je me sentais bien, libéré. Dès que je boxais, je me dis, lui, je pense que sur le papier, je suis meilleur que lui. Je suis confiant, je me sens bien. Et dès que je passe en pro, je me sens lourd sur le ring. Je suis essoufflé rapidement, alors que je suis connu pour avoir un très bon cardio dans la boxe. Il y a un problème. Et en fait, je parle avec un préparateur mental qui, lui, me fait le... me fait ce déclic-là, en fait.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc on fait ce travail. Il me dit, même si tu as commencé la boxe à 20 ans, si aujourd'hui tu es pro, c'est que tu es légitime. Donc maintenant, par contre, il va falloir faire ses preuves. Soit on arrête, soit tu arrêtes et tu n'es pas fait pour ça, soit tu te bats pour montrer que tu es à ta place. Et là, derrière, troisième combat, je gagne, quatrième combat, je gagne, cinquième, je gagne. Là, j'ai le déclic.
- Speaker #1
Quand tu as perdu ton premier combat, tu étais dans quel état d'esprit ?
- Speaker #0
J'étais déçu, remis en question. Donc, c'était encore pire. En fait, j'ai fait le pire travail mental pour aborder le deuxième.
- Speaker #1
Ah bah oui, c'est ce que j'allais te dire en fait.
- Speaker #0
J'ai perdu. Ça se trouve, je n'ai pas le niveau en fait. Ça se trouve, je ne suis pas à ma place. Donc, en fait, le deuxième, je crois, les sensations,
- Speaker #1
c'était encore pire. Bah oui, tu m'étonnes. C'est ça. Et du coup, parce que les deux premiers amateurs, c'est ça ? Et après, le troisième, c'est pro ? Non, ça c'est mes deux premiers combats pro.
- Speaker #0
Sur la partie amateur, si on peut revenir rapidement dessus, j'ai fait en tout 28 combats en amateur. J'ai dû en gagner un peu plus que 20. J'ai gagné titre de champion de France en boxe taille en amateur, donc classe D c'était à l'époque. Ensuite j'ai gagné un titre de champion de France en classe B, en kickboxing. J'ai été aussi, l'année où j'ai repris des études pour être professeur de PS, j'ai fait le championnat de France universitaire en boxe anglaise, que j'ai gagné. Donc là, il fallait faire neuf combats pour gagner. J'ai gagné les neuf. Et voilà, ça m'a fait trois titres en amateur.
- Speaker #1
On a un champion. C'est pas pour rien qu'il y a la voiture qui est ici. Donc non, mais attends, bravo. Attends, parce qu'on a parlé des deux premiers. Le premier, bon. Tu l'as perdu, il y avait toute une remise en question. Passer du premier au deuxième déjà, ça veut dire que t'as voulu faire le deuxième ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ou c'était, t'as voulu mais avec réticence ? Non,
- Speaker #0
j'ai voulu mais pour me prouver encore. J'aime les défis. C'est aussi pour ça que je fais de la boxe. Je n'ai pas fait un combat en pro. Je dirais un jour en buvant un café, moi, j'étais boxeur pro. Alors, je n'en ai fait qu'un. Je vais vraiment aller au bout du truc. Même si à la base, quand j'ai commencé la boxe, jamais je me dis que, quand j'ai commencé les combats, jamais je me dis que je vais boxer en pro. Mais petit à petit, je remonte mes objectifs et mes curseurs. Et là, je me dis, ça y est, je suis en pro. J'ai envie de gagner au moins un titre en pro. J'ai envie de continuer à écrire mon histoire, continuer à évoluer. D'autres, je ne veux pas abandonner. Mais en même temps, il y a le questionnement. Je perds le deuxième. Et là, c'est là où je prends le préparateur mental. Je me dis, je ne peux pas avoir ce niveau et à l'entraînement dans tout mon passé en amateur. Et avoir ce niveau en pro, ce n'est pas cohérent. Ce n'est pas moi. Il y a un truc à faire.
- Speaker #1
On t'a proposé d'en voir un ou c'est toi qui t'es dit, il faut que je travaille cet aspect-là ?
- Speaker #0
C'est moi qui me le suis dit. Après, j'ai de la chance, j'avais un collègue qui avait un pote qui était préparateur mental. Donc, il m'a donné son numéro. Et c'est resté mon préparateur mental pendant toute ma carrière en pro.
- Speaker #1
C'est vrai que dans la préparation, tu m'as dit, quand tu combats, c'est toi et toi. Par rapport à ce que tu m'as dit, c'est effectivement le cas. Et je vais embrayer déjà sur l'entreprenariat. Est-ce que tu trouves justement que c'est un peu la même chose ?
- Speaker #0
Le lien, c'est tout droit. La connexion entre les deux. Je pense qu'il y a la sensation d'un combat de boxe, que ce soit dans la préparation, le jour J et tout ce que tu es amené à affronter en tant qu'entrepreneur, c'est intimement lié.
- Speaker #1
Et toi, tu ne laisses pas les détails de côté parce que, enfin, ce n'est pas un détail, je reformule, parce que tu as analysé en fait, peut-être avec des pairs ou pas, mais tu as analysé en fait ta défaite et tu as essayé de corriger ou d'améliorer en fait ces aspects-là, dont le mental, pour atteindre tes objectifs. Et pour moi, c'est comme si, en tout cas dans l'entrepreneuriat, tu as une stratégie. OK, ton plan A, il n'a pas fonctionné. Tu fais le plan B et tu vois comment tu peux avancer.
- Speaker #0
Il faut rebondir, il faut s'adapter. Et pour ça, il faut identifier les problèmes. Et puis derrière, il faut travailler sur ses points faibles pour les transformer en force.
- Speaker #1
Il semblerait que tu l'aies fait.
- Speaker #0
Il semblerait que tu l'aies fait.
- Speaker #1
Dans ce premier épisode, on a découvert le parcours de Victor. Ses débuts dans le commerce, son déclic vers le sport, son évolution dans la boxe, ses 58 combats, mais aussi la manière dont il a appris à gérer la pression, les doutes et la préparation mentale. Dans le prochain épisode, on entre dans la création de l'Arena Boxing Club. Le déclic entrepreneurial, les choix, les risques, les travaux, les imprévus et tout ce qu'il faut gérer quand on passe d'un projet à une vraie salle ouverte au public.