Speaker #1Très bonne écoute et très bon visionnage de films et de séries francophones. Aujourd'hui, je vous propose de plonger dans l'univers de HPI, une série qui a débuté en 2021 et qui a immédiatement trouvé son public, au point d'être aujourd'hui à sa quatrième saison. C'est HPI le doigt notamment à son personnage principal, Morgan Alvaro, interprété par Audrey Fleureau. Elle est une personne HPI, haut potentiel intellectuel, comme le titre de la série l'indique, et elle va devenir consultante pour la police. Mais sa personnalité ne s'encadre pas. pas vraiment dans ce contexte rigide et procédural de la police. Ce qui la caractérise le plus, c'est son QI extrêmement élevé, qui la rend capable de résoudre les enquêtes les plus complexes en un clin d'œil, là où d'autres mettraient des semaines, voire des années. Là où elle est moins douée, c'est dans les interactions sociales. Elle n'a pas du tout les codes de la bienséance, elle est crue, directe, et souvent très maladroite avec les autres. C'est ce décalage qui fait tout l'intérêt du personnage. Son intelligence hors norme contraste avec ses difficultés à comprendre les conventions sociales. Mais c'est aussi ce qui la rend très attachante. Dès qu'elle entre en scène, on peut s'empêcher de sourire face à ses répliques cinglantes et son sens de la répartie. Heureusement, au fil des saisons, on découvre aussi une certaine vulnérabilité derrière cette façade exubérante et c'est rafraîchissant pour le spectateur qui pourrait commencer à se lasser. L'intrigue de HPI repose donc sur cette femme hors du commun qui croise la route de la PJ de Lille et qui devient consultante pour résoudre les crimes les plus mystérieux. Cette dynamique est renforcée par son binôme, le commandant Karadek, incarné par Mehdi Nebu. Là où Morgan est chaotique, Karadek, lui, est rigide, ordonné, procédurier. Il est à cheval sur les règles, toujours soucieux de respecter les procédures et d'analyser les preuves avec méthode. Et c'est là... que l'alchimie opère, deux personnalités aux antipodes qui se retrouvent à collaborer. Les étincelles sont inévitables, mais au-delà de ça, ils se complètent merveilleusement bien. Dès la première saison, on suit avec plaisir leurs interactions qui alternent entre disputes et moments de complicité. Karadek, qui est un personnage très rigide au début, commence à s'adoucir grâce à l'influence de Morgane. Au fil des épisodes, leur relation évolue. Une simple relation professionnelle à une complicité plus intime. Cette évolution est l'un des points de fort de la série. Le spectateur est témoin d'une attirance croissante entre eux, mais une attirance compliquée, presque impossible à concrétiser à cause de leurs différences profondes. Pourtant, on espère tous qu'un jour, ces deux personnages finiront par assouvir leurs attirances. C'est presque un Bollywood et c'est la recette d'une série addictive. Sans spoiler, Morgane tombe enceinte dans la saison 4. L'une des grandes questions qui se posent alors est de savoir qui est le père de son enfant. En fait, cette saison 4 est tellement concentrée sur ce sujet que les enquêtes passent presque au second plan. Mais je ne vous spoil pas et je vous laisse apprécier cette dernière saison qui prend un tournant très différent du reste de la série. Ce que j'apprécie particulièrement, c'est la façon dont la série, malgré ses aspects comiques et légers, parvient à dévoiler une facette plus profonde des personnages. Derrière l'exubérance de Morgane, on devine des blessures, des traumatismes qui expliquent son comportement parfois imprévisible. C'est un personnage complexe qui ne se laisse pas cerner facilement. Et au fil des saisons, on découvre que son excentricité est aussi une forme de protection. Un moyen de tenir les autres à distance et de ne pas montrer ses faiblesses. Cela la rend d'autant plus touchante et ça empêche le personnage de devenir répétitif ou lassant. Un autre aspect qui fait la force de HPI, c'est définitivement la richesse des dialogues et la diversité des registres de langues utilisés par les personnages. C'est une série idéale pour les apprenants de français car elle propose un véritable éventail de styles linguistiques. Morgane, par exemple, parle souvent d'une manière très familière, voire vulgaire. Une des expressions récurrentes de Morgane est zigouiller qui signifie tuer de façon familière. C'est un terme qu'on n'apprend pas forcément en classe de français langue étrangère, mais qui revient ici fréquemment dans les dialogues. En face, Karadek, lui, est beaucoup plus formel, et même si son langage est souvent plus soutenu, il n'hésite pas à descendre dans un registre plus familier quand la situation l'exige. Et je trouve que ça peut vraiment vous donner de bons exemples de comment on peut mélanger les registres de langue et construire sa personnalité en français dans différents environnements, familiers, amicaux, professionnels. et administratif par exemple. En conclusion, HPI est une série qui parvient à allier humour, intrigue policière et profondeur émotionnelle. Divertissant, mais c'est aussi un formidable outil pour apprendre le français grâce à ses dialogues variés et ses expressions authentiques. Que vous soyez là pour l'humour, pour les enquêtes ou pour la prestation d'actrice d'Audrey Fleureau qui s'amuse sans aucun doute avec ce personnage ou pour suivre la vie tumultueuse de Morgane Alvaro, il y a toujours quelque chose. Ouvrir dans HPI.