- Speaker #0
Bienvenue dans Green Cash, le podcast qui dévoile les coulisses de la finance durable. Ici, on parle impact et profit, défis climatiques, enjeux sociaux et innovations, mais surtout des hommes et des femmes qui contribuent à une finance régénérative. Parce que comprendre la finance à impact, c'est poser les bonnes questions à celles et ceux qui la font. Parce qu'à l'é rentabilité et impact positif, c'est possible. Je suis Marine Goldenberg et je suis l'attachée de presse des fonds d'investissement et des startups qui contribuent à façonner un monde nouveau et plus... plus durable. J'espère que cet épisode vous plaira, je vous souhaite une bonne écoute. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Céline Jacquelin, cofondatrice chez Possible, un cabinet d'un genre nouveau qui accompagne la bascule des activités de finance et d'investissement vers une approche systémique. Céline détient cette passion pour la finance depuis longtemps. Au lycée, alors que rien ne la prédestinait à entrer dans cet univers, elle voulait déjà craquer le mystère de la finance et du trading. Ce qui m'a marquée avec Céline, c'est d'une part son parcours qui débute dans les salles de de marché pour évoluer vers des fonctions de responsable en finance durable au sein du crédit agricole, puis en tant que coordinatrice RSE pour un cabinet d'investissement et puis finalement une prise de conscience vient tout chambouler et l'amène à remettre en question sa carrière, a quitté le monde corporate pour fonder Possible. Mais c'est surtout l'enthousiasme et la simplicité avec laquelle elle me partageait son état des lieux du monde de la finance classique et le travail qu'elle réalise avec son associé pour accompagner les acteurs institutionnels et corporate à changer leur approche. Et comme j'ai trouvé nos échanges passionnants, j'ai eu envie que Céline vienne partager sa vision du... Sa vision du monde de la finance au micro de Greencash. Cet entretien promet d'être passionnant. Céline, bienvenue chez Greencash.
- Speaker #1
Merci Marine.
- Speaker #0
Alors Céline, je vais démarrer cet entretien en te demandant ce qui t'anime et donc finalement de te présenter de la manière dont tu aurais aimé que je te présente.
- Speaker #1
Ok, déjà merci de me recevoir. Moi je m'appelle Céline, je suis une maman de deux enfants. J'ai 42 ans, je vis à Nantes et comme tu l'as dit... J'ai fait une carrière professionnelle dans le monde de la finance, plutôt dans le marché des capitaux, donc finance de marché à des postes de front office. Et voilà, je suis passionnée de beaucoup de choses. La finance, j'aime beaucoup. j'avais besoin aussi de réconcilier la partie réelle de notre monde à la partie financière que je ne peux pas quitter, mais qui nécessite quand même d'être un petit peu revue et dépoussiérée probablement. Et puis, d'un point de vue plus personnel, je dirais que je suis une maman et une femme dans une vie de famille bien speed avec des enfants préadolescents. conciliés pré-adolescents qui sont trop mignons voilà et puis une grande amatrice de théâtre, j'ai fait du théâtre pendant longtemps voilà, un petit salut à ma troupe de chœurs lyonnaise et cette passion aussi de la transmission aux autres je pense qui me vient du théâtre
- Speaker #0
Et alors, si justement on revient un peu sur ton parcours, donc cette appétence que tu as eue pour la finance dès le plus jeune âge, en tout cas assez tôt, puisque en plus c'était vraiment le sujet du trading qui t'animait, et moi je trouve ça hyper intéressant parce que, en tant que jeune femme, ce ne sont pas forcément les rôles féminins, c'est vrai que dans les films qu'on regarde, dans les salles de marché, on ne voit quand même que des hommes, je pense au loup de Wall Street, et pas tellement des femmes.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai, on n'était pas beaucoup de femmes. Alors oui, je pense que j'avais... Déjà, j'avais... Je n'étais pas hyper passionnée par les études, mais par contre, dès que ça touchait à l'économie, au monde économique, le fonctionnement un petit peu des... Finalement, des relations entre des flux d'argent et ce qui se passait dans le monde réel, etc., ça, ça m'intéressait beaucoup. De comprendre aussi, finalement, l'influence que pouvait avoir la finance. Donc ça, ça m'a beaucoup passionnée dans les études supérieures où j'ai finalement réussi à trouver ma voie et un peu à m'enthousiasmer pour un parcours qui n'était pas je dirais tracé d'avance parce que jusqu'à assez tard, au début je voulais être vétérinaire donc ça n'a absolument rien à voir et le trading c'était un peu un imaginaire je dirais quand même, moi je fais partie de la génération des années 80 et donc quand je suis arrivée sur le marché du travail c'était autour de 2007 il y avait encore, on n'avait pas encore eu la crise des subprimes il y avait un imaginaire autour de la finance de marché qui était assez puissant, en tout cas moi qui m'appelais, et par contre j'étais pas hyper bonne en maths.
- Speaker #0
Et alors quelle raison ça t'appelait ?
- Speaker #1
Parce que je trouvais ça assez passionnant de me dire qu'il y avait des gens qui comprenaient, enfin moi j'avais le sentiment en tout cas, qui comprenaient les grandes influences qu'on pouvait avoir, les grandes mécaniques d'une décision de politique monétaire qui peut influer sur des décisions d'investissement, qui peuvent... avoir des gros mouvements de marché. Cette imbrication des choses, en fait, me semblait extrêmement intéressante à venir explorer. Mais par contre, je n'avais pas un appel pour les chiffres. Donc, moi, j'ai intégré plutôt la partie marché de capitaux par la vente parce que je pense que ma personnalité était plus aussi en lien avec les clients. Et au final, j'ai travaillé pendant quasiment 17 ans sur les marchés de capitaux en tant que... sur des postes de vente ou de structuring, celles structuring. et avec une très forte attache, je pense toujours, à relier les besoins de mes clients à des montages et à des instruments qui pouvaient parfois être assez complexes, mais toujours de revenir aux besoins et aussi à être à l'aise avec le montage financier qui était présenté, toujours le relier au sens qu'il pouvait avoir pour les porteurs de projets ou pour les organisations qui étaient en train de le mettre en place. Et donc moi, je n'ai jamais eu l'impression dans le monde de la finance d'être déconnectée. c'était un peu mon rôle au final, je je trouve, dans cette dynamique de celle des marchés, d'être celle qui traduit, en fait, des besoins et des attentes d'une organisation, qu'elle soit une grande entreprise du CAC 40, qu'elle soit une collectivité locale, une grande association ou un assureur, enfin, voilà, de traduire ça dans, ben voilà, la création d'un produit ou d'une solution un peu sur mesure. Donc ça, ça m'a longtemps passionnée, en fait, de créer, en fait, des... des produits et de participer à la création de produits qui fitaient un besoin réel dans l'économie réelle au final.
- Speaker #0
Ok, super. Alors avant qu'on passe à la deuxième partie, on va entrer un petit peu plus dans le vif du sujet. Il y a une tradition sur Green Cash qui est de partager un témoignage surprise à quelqu'un que tu connais.
- Speaker #2
Bonjour Marine, c'est Yass, le co-fondateur et l'associé de Céline. de possible. Comme promis, je me permets de te faire un petit voice pour te partager, selon moi, ce qui fait que Céline est une personne incroyable. On s'est rencontré avec Céline dans l'écosystème du Shift Project, dans lequel on s'est pas mal investi bénévolement. Et je t'avoue que ça résonne pas mal avec la première qualité que je trouve assez exceptionnelle chez elle, qui est sa générosité. Céline, c'est quelqu'un qui donne et qui donne beaucoup, parfois à son détriment, mais toujours au service de sujets qui comptent. C'est quelqu'un que je trouve très inspiré, très inspirante, qui n'hésite pas à fournir l'air fort qu'il faut sur des sujets qui sont importants à ses yeux. Elle le fait toujours en prenant soin des personnes autour d'elle. Du coup, je dirais cette générosité, ce soin qu'elle peut apporter aux autres, ce côté très solaire qu'elle a. Partout où elle va, elle a toujours un grand sourire et ça donne envie de s'investir à ses côtés. Et puis, au-delà de la forme et de l'énergie, il y a quand même quelque chose d'assez exceptionnel chez elle, qui est sa capacité à délivrer et d'exceller. Donc ce qui est sûr, c'est qu'à chaque fois que Céline met les mains sur quelque chose, ça ne peut que le sublimer. Donc voilà. Je pourrais encore continuer longtemps, mais je dirais que cette générosité, ce côté très solaire, le soin qu'elle peut apporter à ce qu'elle fait, aussi bien dans le fond, dans la forme, et puis forcément à la qualité des rendus qu'elle délivre au quotidien, qu'il soit dans une approche stratégique, opérationnelle, relationnelle, est toujours présent. Donc c'est réellement quelqu'un sur qui on peut compter. et qu'il vaut mieux avoir à ses côtés dans des moments difficiles parce qu'elle sera à coup sûr nous aider à surmonter absolument n'importe quoi.
- Speaker #1
Très sympa.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous dire qui est cette personne ? Qui te connaît ?
- Speaker #1
Merci, merci du cadeau, c'est trop sympa, ça me touche énormément. Alors IAS, effectivement, c'est mon associé au sein de Possible. On ne se connaît pas de depuis si longtemps, on se connaît depuis un certain temps maintenant, mais je veux dire, on n'a pas fait nos carrières ensemble, on ne se connaît pas depuis 15 ans, etc. On est tous les deux des financiers. Ia, c'était un ancien trader et on s'est effectivement, comme il l'a dit, rencontrés au sein du shift. Pour revenir à ça, il faut comprendre ce qui nous a amenés au shift, mais globalement, on va en parler. On a eu une certaine évidence sur ce qu'on voulait amener au monde financier, tous les deux. Et c'était une belle rencontre, enfin c'est une belle rencontre, parce qu'on a des énergies qui se complètent énormément. Je pense qu'on est très alignés dans ce qu'on veut amener et en même temps, une manière très complémentaire de le faire. Donc voilà, ça me touchait rarement ce message. Merci pour le cadeau, c'est trop chouette.
- Speaker #0
Écoute, avec grand plaisir. Et donc, magnifique transition. pour justement amener ton parcours et ton cheminement, je dirais plus, jusqu'à la création de Possible. Quel a été un peu le constat ? Et du coup, qu'est-ce que vous proposez chez Possible pour y répondre ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'effectivement, ce qu'on amène avec Possible, c'est vraiment d'accompagner la transformation du monde financier et des acteurs financiers. financiers, que ce soit des organisations ou des personnes, en amenant une approche systémique. Donc, pour creuser ça, il faut peut-être un peu juste prendre un pas de recul. Donc, effectivement, je pense que chacun à notre niveau, on a eu ce point de bascule cette prise de conscience où quelque part sur le papier on avait beaucoup de choses voire même on était un peu dans des idéaux de ce qu'est une carrière réussie etc et pour autant moi je vais parler pour moi moi j'arrivais plus vraiment en fait à rentrer dans le système j'ai eu une bonne petite claque climatique comme beaucoup de gens à l'issue d'une conférence de Jean-Marc Jancovici donc à ce moment là tu travaillais donc là je travaillais chez CACIB donc la banque d'investissement du groupe Merci. de Crédit Agricole, où j'étais aussi référente sur la partie sustainable banking, donc où on essayait de trouver des alternatives durables à tous nos produits, à accompagner aussi et la montée en compétence des banquiers, et aussi le nouveau questionnement qu'on pouvait amener vers les clients, mais j'avais quand même ce sentiment, là, à l'issue de cette conférence, je n'ai pas pu retourner à mon desk, déjà, première chose. J'ai eu besoin de faire une pause cet après-midi-là, et en fait je me suis dit que je ne pouvais pas pouvait plus faire semblant de ne pas savoir le monde qu'on alimentait financièrement et donc le monde qu'on crée en fait le monde qu'on finance c'est le monde dans lequel on vit et en fait moi je me suis dit que c'était pas ok c'était un monde extrêmement extractif qui ne tient pas compte des limites sur les ressources connues, de l'épuisement des ressources qu'elles soient ressources en termes de matière mais aussi les ressources humaines moi je pense que quelque chose en fait qui a résonné fortement aussi en moi, c'est que je suis extrêmement attachée aux gens. Donc je pense qu'effectivement, je suis très investie dans mes relations avec les clients, vraiment. Et en fait, comme je suis très attentive au lien à l'autre, j'ai toujours été très proche de mes collègues. Et en fait, moi, j'ai pu constater quand même dans ma vie professionnelle qu'il y avait énormément de gens autour de moi qui avaient tout sur le papier et qui étaient extrêmement tristes. et qui avaient une perte de sens total. Et moi, ça me touchait émotionnellement parce que je ne savais pas quoi faire pour les aider. Et en fait, je pense qu'il y a une grande partie de ma créativité financière de réfléchir à des nouveaux produits, à des nouvelles offres, etc. qui venait de cette idée de « il faut continuer à alimenter mes collègues dans des opportunités de business pour qu'ils soient heureux » . Et en fait, j'alimentais moi-même une machine parce que je ne comprenais pas tous les enjeux. Et donc, cette conférence de Jean Covici pour moi ça a été une énorme claque parce que là je me suis dit ok en fait tu peux tu peux pas te satisfaire de juste ce que t'es en train de faire là, là maintenant en fait il y a comme une fracture qui s'est passée à l'intérieur de moi et je me suis dit en fait je me suis sentie très très seule cet après-midi là et je me suis dit je sais pas si je suis pas la seule à avoir compris ça au sein de mon organisation ce qui était faux mais ce que je veux dire une conférence qui était en présentiel c'était une conférence en présentiel à destination des Sustainable Bunkers Donc, il n'y avait pas toute la banque, mais voilà, un public un peu, on va dire, acculturé au sujet, et c'était un parcours de 18 mois où il fallait aussi, ils nous formaient à la science du climat, etc. Et en fait, moi, je me suis dit, ah ouais, mais là, c'est au-delà de ce que je pensais, en fait, en termes de gravité, pour moi, et de responsabilité. Du coup, c'est tout de suite arrivé à moi comme, en fait, on a une responsabilité et on ne le mesure pas, on n'a pas conscience de ce qu'on finance, de là où on envoie l'argent, de la manière manière dont on analyse les deals, de manière de concevoir les actifs échoués demain. Enfin, tout ça, c'était des choses qui me sont arrivées un peu en bloc. J'ai commencé à vraiment mentaliser tout ce qui était dit dans cette conférence en traduction pour des financiers. Et dans la tête, je me suis dit, mais c'est une... catastrophe, et j'ai ressenti au fond de moi un extrême fort besoin de me rallier à une nouvelle meute. Parce que ce qui s'est passé à travers de moi, c'est que je me suis sentie en brèche, et donc je savais que j'allais sortir de la meute. Enfin, je savais qu'en tout cas, mon ancienne meute financière, là, ce qui venait de se passer était un précédent, et donc j'avais besoin, très très vite, j'ai eu besoin de me raccrocher à il y a des gens qui ont compris ce qui se passait, il y a un pilote dans l'avion, j'ai besoin de me former mieux au climat, j'ai besoin de comprendre où sont les zones d'ombre j'ai besoin de comprendre quels sont les défis, quelle est la science du climat moi j'avais pas fait des études scientifiques donc tout ça était très flou pour moi c'est à l'occasion dans ce cheminement mais assez vite en quelques semaines où j'ai intégré le shit project et les shifters pour participer à des travaux sur là où ils avaient besoin il se trouve qu'il y avait un groupe sur la partie financière qui a été Merci. lancé par IAS, à l'initiative de IAS, que je ne connaissais pas encore à cette époque-là, et sur lequel, moi, j'ai pu apporter, parce qu'au final, il n'y a pas beaucoup de financiers au sein du Shift, et où j'ai pu apporter, finalement, ma connaissance de la matière financière, et en même temps, me former à la science du climat. Et donc, là, pour moi, ça a été quelque chose qui a été très rassurant, déjà, parce que j'avais l'impression de commencer à mentaliser, à mieux comprendre, mieux appréhender le problème, et aussi, je me suis rendue compte de la valeur euh que pouvaient avoir des financiers, à bien connaître et à bien maîtriser le monde financier, la structure, les codes et l'intérêt qu'il y avait à apporter ça, en fait, à d'autres disciplines et à comprendre que le monde, probablement, de demain, allait transiter s'il y avait de l'interdisciplinarité. Et au final, chemin faisant, on a beaucoup échangé avec Yass, et puis assez vite, on s'est rendu compte qu'on était tous les deux quand même des financiers, qu'on parlait pas mal le même langage, qu'on avait un peu les les mêmes visions, sans avoir les mêmes mots pour le dire, et qu'on avait envie d'amener un acteur qui nous avait fait défaut à l'époque où on s'était senti un peu sur la brèche dans la finance, et qui est celui en fait, quelque part, d'un acteur financier qui vient proposer un espace pour inventer des nouvelles règles du jeu, comprendre aussi, quelque part, les défis structurels dans lesquels on fonctionne au niveau de la finance, et oser accompagner ça. Et donc cet acteur, on l'a créé, ça s'appelle Possible, et voilà, ça, ça a été vraiment le début je dirais, du cheminement de l'idée de Possible, qui, à la base, était plus une idée de « on va monter un acteur qui va aider à investir » , etc. C'était un peu flou, c'était plus « peut-être qu'on va faire du conseil » , etc. Et puis, la proposition de valeur s'est affinée avec le temps. Et donc, en fait, aujourd'hui, chez Possible, vraiment, on accompagne ce qu'on appellerait chez nous la bascule systémique des acteurs financiers. Et donc, finalement, avec des leviers d'action qui sont… Très pragmatique parce qu'on est des financiers et on comprend le système dans lequel fonctionnent les financiers. Donc on sait aussi là où il faut qu'on les amène en termes de montée en compréhension et d'accueil de ce qui se passe émotionnellement finalement quand on commence à mentaliser. Toutes ces problématiques qui nous dépassent complètement en tant que personne. Et donc, on va accompagner des organisations, qu'elles soient des banques, des détenteurs d'actifs, donc au sens investisseur institutionnel, mais mutuel. assureurs, fonds de prévoyance, fonds de pension des fonds d'investissement et puis des banques je l'ai déjà dit sur vraiment la compréhension de quel est leur rôle dans cette chaîne, quel est leur pouvoir d'influence et comment on peut finalement poser des visions qui soient compatibles avec les enjeux socio-écologiques, les limites planétaires mais qui soient aussi enthousiasmants parce qu'en fait moi la matière financière je l'adore et il y a énormément de choses les instruments etc sont très intéressants et quelque part ne sont pas forcément le problème c'est les flux c'est la redirection, c'est la manière de compter les choses c'est les croyances qui sont derrière qui sont à à réinventer. Et donc, en fait, on a un peu deux jambes chez Possible. C'est que d'un côté, on les aide sur la partie stratégique, sur la partie déploiement opérationnel, et on y reviendra. Et aussi, on les aide sur la partie émotionnelle. Donc là, on accompagne les personnes. Et je pense que c'est aussi ça qui fait que ça résonne pas mal. C'est que nous, on est passés par là. On sait aussi accueillir ce qui se passe et on accompagne les équipes à vraiment oser incarner, poser des questions, se questionner, Merci. être plus à l'aise avec ce questionnement et finalement aller explorer une nouvelle matière en acceptant de ne pas tout savoir d'avance, ce qui est parfois difficile pour des financiers.
- Speaker #0
Mais je trouve ça passionnant ce que tu dis parce qu'en fait, finalement, dans la prise de conscience, je trouve que, surtout quand on est derrière nos ordinateurs ou qu'on regarde des conférences, qu'on lit des articles, des recherches et en fait il y a un peu ce sas la prise de conscience, il y a un truc très violent derrière, parce qu'on a un sang assez impuissant. Et je trouve que ce qui est hyper intéressant avec ce que vous proposez, c'est que vous vous amenez vers cette prise de conscience, mais vous êtes aussi là pour faire le relais. Finalement, toi, ce que tu as vécu, tu as eu la prise de conscience, et après, tu as dû retourner à ton bureau, et c'est un peu, débrouille-toi avec ça. Alors que là, vous êtes là pour dire, alors, OK, la réalité, c'est ça, on ne va pas se voiler la face. Oui, c'est violent, donc il y a le sas que vous créez avec cette sécurité émotionnelle d'accueillir, en fait Et ensuite d'accompagner pour designer la réponse. Et en fait, aujourd'hui, c'est ce qui est dur. S'il y avait un mode d'emploi de justement de la roadmap pour être le parfait écolo dans la finance ou dans l'industrie ou peu importe, ça serait facile alors qu'en fait, aujourd'hui, on est dans une époque où il faut designer justement les solutions.
- Speaker #1
Oui, et puis surtout, en fait, c'est qu'on a souvent des réflexes quand même de solutions. alors que là on peut apporter certaines réponses on peut mieux comprendre le système, on peut essayer de l'influencer mais je pense que la manière aussi de répondre qui est très un peu product centric tu vois, enfin de dire souvent les solutions c'est les solutions des services et des nouveaux produits. Et en fait, parfois, la solution, ou en tout cas la réponse, qui permet d'adresser le mieux l'enjeu, c'est plus un travail de lien, un travail de posture, et qui n'est pas en soi ni un produit, ni un design précis. Et donc, il y a vraiment aussi toute une manière, je dirais, de trouver les réponses qui est nouvelle aussi dans la matière qu'on travaille et qui est quelque part un peu influencée par la double approche qu'on a, qui est celle d'un côté, une fois qu'on a compris le rôle qu'on a, le réfléchir à c'est quoi mon rôle demain dans un monde qui a transité ou dans quel monde je veux influencer. Et donc, qu'est-ce que je dois faire pour l'influencer ? Et puis après, comprendre aussi un certain nombre de freins, etc. C'est comprendre le système. Et donc, on amène dans la finance cette approche qui, quelque part, est une approche systémique de comprendre les enjeux socio-écologiques comme étant des crises interconnectées, interdépendantes, extrêmement complexes et sur lesquelles, en fait, les réponses anciennes, qui sont très optimistes, d'optimisation ou très solutions. Voilà, le technosolutionnisme ne fonctionne pas en fait, elle rend ce système malade et on arrive un peu au bout, en tout cas c'est notre croyance, de ce chemin-là.
- Speaker #0
Alors justement, peut-être qu'avant de parler des différentes structures que vous accompagnez, poser une définition parce que moi c'est vraiment quelque chose que m'avait interpellé quand on a échangé la première fois c'est cette notion que vous amenez de l'approche systémique dans la finance ouais voilà donc si tu peux un peu nous expliquer c'est vrai que
- Speaker #1
Alors déjà, nous, l'idée n'est pas d'amener un nouveau concept de plus alors qu'on s'en sort tout juste de l'ESG, de la durabilité, de l'impact. Il y a énormément de mots pour... En fait, la vision systémique, et donc le fonctionnement de la vie au final, la systémie, qu'est-ce que c'est ? C'est finalement la manière dont les éléments interagissent ensemble, s'influencent et co-évoluent. Et donc finalement nous ce qui nous tient à coeur c'est de comprendre qu'en tant que financier on évolue dans des systèmes et que si on veut les influencer il faut comprendre la dynamique relationnelle entre les différentes parties. Et il y a quelque chose qu'on sait très bien faire depuis 100 ans parce que le monde d'optimisation duquel on vient a été designé comme ça, c'est celui du silo. C'est à dire qu'en fait on sait très bien analyser les différentes parts, une banque sait très bien analyser un marché. spécifiques les artisans les fondations des moyennes entreprises les grandes entreprises les institutionnels un investisseur c'est très bien analysé sa classe d'actifs les infras le pays les actions cotées et c'est en revanche On a un peu plus de mal à avoir une vision du tout. Alors on va avoir des politiques globales, d'influence, etc., mais qui vont tomber dans un système qui est plus, peut-être parfois politique, à un plus haut niveau, et moins financier. Et puis, il y a quelque chose qu'on ne s'attarde pas du tout à venir analyser, c'est la relation entre les parties. Et au final, la systémie, c'est vraiment ça. C'est le lien entre les parties qui font que le tout est plus que la somme simple des parties. Et donc, comme il y a souvent, je vais le citer, finalement, ce n'est pas l'arbre ou la forêt, mais c'est les liens entre... l'arbre et la forêt. Et en fait, c'est ça qu'on travaille avec la systémie. Alors ça peut paraître encore assez conceptuel, mais au final, c'est de dire qu'il est possible aujourd'hui de faire la transition dans un moment où on est vraiment dans un changement de paradigme fort et où il est nécessaire de questionner les approches, de comprendre quel est le fonctionnement de la structure et les croyances sous-jacentes fortes qui conditionnent en fait la totalité des règles, des manières d'être et des manières de faire, parce que c'est être ancrée dans les patterns de la structure et de venir travailler les relations parce qu'il n'y a que elles qui peuvent influencer la structure pour faire en sorte qu'elle change. Et donc ça, c'est vraiment notre travail. Aujourd'hui, c'est possible, c'est de venir poser de manière très pragmatique à l'heure après sur des thèmes, des thèses d'investissement, etc. Et de dire, en fait, il est possible derrière d'avoir un levier en orchestrant... Différentes classes d'actifs, en les faisant cohabiter les unes avec les autres, en orchestrant aussi les relations au sein d'un écosystème, peut-être beaucoup plus rapproché, territorial, sur une chaîne de valeur, pour faire en sorte qu'on n'optimise plus seulement un point de la chaîne, ce qui a été ce qu'on a très bien su faire les 30 dernières années, mais qu'on vient plutôt accompagner une dynamique de transition globale. Et c'est ce dont on a besoin aujourd'hui. Passer d'une économie carbonée à une économie décarbonée, ça nécessite que tous les points de la chaîne transitent les uns avec les autres en collaboration. Et ça, ça s'apprend.
- Speaker #0
Alors, est-ce que justement tu peux maintenant nous parler un peu des différentes structures que vous accompagnez chez Possible, donc que ce soit les investisseurs institutionnels, les banques d'investissement, les asset managers, et nous illustrer un petit peu à quel moment elles sont se retrouvent bloqués, comment vous les accompagnez et voilà, quel est l'output, je dirais, de votre accompagnement.
- Speaker #1
Oui, alors ça c'est intéressant parce qu'évidemment, on n'arrive pas en disant, on va te faire changer de paradigme, je pense qu'on passerait un peu pour des fous. en fait on a un certain nombre d'ouvre-boîtes qui nous permettent quand même finalement d'accompagner quelque part en douceur mais assez rapidement mais en tout cas d'amener toute cette nouvelle posture et cet travail sur le lien dans des cadres rassurants et un peu structurés, donc par exemple nous on aime beaucoup le cadre de ACT, donc ACT c'est Accelerate Climate Transition c'est un cadre pour la transition bas carbone qui agissent a été monté par l'ADEME en France, et donc qui permet à des organisations, que ce soit des entreprises, ou des banques, ou des assureurs, etc., de décarboner leurs activités. Donc ça, c'est un cadre qui est très structurant. Le acte pas à pas, en gros, il permet de poser un constat, ensuite de poser une vision, puis de travailler sur ces flux, de se baser sur des bilans carbone, etc. C'est hyper pragmatique, et ça part du climat. Nous, on le twiste un peu à la version possible, et donc en fait, on amène à côté, en fait, de ce travail, tout ce que je viens de te dire, c'est-à-dire le travail sur la relation au niveau de l'équipe qui va porter le projet, au niveau du comex de l'organisation, pour que ce soit aussi très incarné et qu'ils comprennent l'enjeu en tant que posture de financier leur rôle, et puis qu'ils s'autorisent finalement à réfléchir différemment dans du temps long à ce que que devrait être demain un acteur bancaire, ce que devrait être demain un assureur, quels sont les enjeux auxquels ils font face dès aujourd'hui. Et ensuite, ça se traduit par tout un cheminement qui, souvent, arrive finalement par des laboratoires d'innovation pour designer des nouveaux produits, des nouveaux services ou même des nouvelles postures. Donc, peut-être pour imager. avec des exemples assez concrets. On a accompagné une banque sur un parcours acte qui avait des enjeux de rester au service, finalement, de ses clients, de continuer à fournir des prêts. Donc là, on n'était plus sur une banque type retail qui adresse le grand public.
- Speaker #0
Alors déjà, excuse-moi, je me permets de t'interrompre. À un moment donné, qui vient te chercher et quel est le constat de... Est-ce qu'on est bloqués, on a un peu ce sentiment qu'il faut que ça bouge. Je n'ose pas trop l'assumer. En fait,
- Speaker #1
les gens qui viennent nous chercher sont plus à la fois dans vous êtes des financiers, donc on vient vous chercher parce qu'on sait que vous comprenez notre sujet. Donc vous allez pouvoir nous faire avancer sur la matière. Et en même temps... les questionnements nous dépassent un peu. Donc, on ne sait pas trop par où commencer, clairement. Et c'est pour ça que je trouve ça intéressant, moi, d'avoir quand même un cadre très structurant qui permet de les accompagner au travers d'un certain nombre d'étapes pour... prendre conscience de leurs enjeux, déconstruire ensuite un certain nombre de croyances, poser une vision et rêver un peu. Mais en fait, tout ça se fait dans un cadencement qui est logique, qui arrive petit à petit et qui permet d'avoir un flot, je dirais, qui fait que c'est acceptable généralement. aussi émotionnellement et qu'on n'est pas en train de tout bouleverser pour, in fine, mettre en place un plan d'action qui va permettre effectivement de continuer parfois certaines activités, mais du coup, avec quelque part une timeline d'arrêt et de réussir à se positionner sur, ok, en fait, ces activités-là, je sais qu'aujourd'hui, elles sont délétères pour la planète, pour x, y, mais... Je suis obligée dans un premier temps de continuer de les alimenter. Par contre, ce qui est important, c'est de commencer à en faire venir d'autres qui, petit à petit, prendront le relais. Et en fait, notamment dans le secteur financier, il y a un gros enjeu. Ce n'est pas comme dans les secteurs industriels où quand on monte une usine ou quand on monte une infra, on est parti pour 30 ans. La finance, elle est très habilitante. Donc en fait, l'enjeu n'est pas sur le stock, mais vraiment sur les flux. Quel est le futur qu'on shape ? Qu'est-ce qu'on va chercher ? Qu'est-ce qu'on finance ? Dans quoi on investit ? Et donc il y a vraiment ce point de bascule à dire en fait ne vous flagellez pas sur le monde d'avant et sur le stop que vous portez parce qu'en fait vous aviez une activité qui était liée au développement économique, moi je ne suis pas du tout jugeante sur la partie du passé, je viens aussi de ce monde-là. En revanche, l'idée maintenant, c'est de dire, OK, maintenant qu'on sait dans quel futur on se positionne et comment on va venir influencer ce futur. Et qu'est-ce qu'il faut qu'on arrête petit à petit ? Et qu'est-ce qu'il faut qu'on commence dès à présent ? Et ça, c'est assez fort, je dirais. C'est aussi… très important d'avoir en face des dirigeants, des comex qui incarnent quelque part un peu c'est aussi un nouveau leadership cette manière de faire parce que ça veut dire quand même d'oser porter des projets assez différents qui peuvent parfois être un peu visionnaires qui peut-être dans un premier temps vont être sur une part relativement limitée du portefeuille mais qui ont le mérite d'exister de prototyper les choses et qui d'ailleurs permettent cette fameuse projection, ces nouveaux résultats récits en fait. Et je pense aussi que les jeunes générations, mais pas que, qu'un certain nombre de professionnels dans le monde de la finance en ont besoin. Donc c'est ça en fait. Les gens viennent nous chercher, je dirais parce qu'on est très rassurants en tant que financiers, parce qu'on connaît la matière, parce qu'on a été, voilà, la méthode ACT, financing et ACT banking, on n'est pas énormément de cabinets à pouvoir les accompagner. Nous, on est co-auteurs au côté de l'ADEME de la démarche ACT pas à pas pour le monde de la finance. On a fait un travail vraiment conjoint avec Merci. de se poser les bonnes questions et de faire en sorte que le vocable soit adapté à des financiers parce qu'en fait sinon ça... ça tombait un peu à côté du sujet pour des financiers donc il y a un travail très pragmatique très opérationnel qui permet de les amener là-dedans et puis après c'est laisser un peu de place à l'émotion au bouleversement au questionnement, se dire que c'est ok et surtout se dire que c'est ok de plonger un peu dans l'inconnu et de faire avec les autres parce qu'on a des réflexes en tant que financiers qui sont très gestion du risque, donc si je ne sais pas peut-être je coupe le risque ou je vais chercher la solution mais surtout je ne dis pas que je ne sais pas. Et en fait, accepter d'appréhender le système et la complexité du système, c'est aussi accepter de dire je ne sais pas, mais je vais aller explorer avec les autres. Et parfois ça, c'est déjà une étape personnelle qui demande un cheminant.
- Speaker #0
Et alors, si on revient à l'accompagnement que vous avez fait avec cette banque,
- Speaker #1
on a des accompagnements de type parcours acte qui nous permettent d'ancrer sur des étapes très opérationnelles et puis de s'autoriser à arriver. Et puis derrière, moi, là où je suis assez fixe, fière du résultat, c'est que en s'autorisant dans le temps long à imaginer la banque qu'on veut être en 2030, puis en 2050, ça permet aussi de se dire parfois, moi en 2050, je ne serai plus là, donc je peux imaginer... des choses un peu qui me font plaisir en tant que personne même si elles me semblent assez peu réalistes mais c'est là où ça devient intéressant donc nous on a un gros travail aussi de projection d'incarnation de prospective presque de regarder les signes faibles et voyez comment demain un rôle de financier peut prendre cette place là ou qu'est-ce qu'un financier devrait être pour accompagner ces mouvements là et donc de commencer à insérer dans le business as usual les prémices en fait de ces futurs produits qui demain seront le cœur de leur activité. Et donc c'est là où après, avec cette banque par exemple, on a eu des prototypages de nouveaux services ou de nouveaux produits qui viennent peu à peu s'insérer dans l'offre classique et puis qui permet aussi d'alimenter eux leur réflexion sur, il n'y a pas de demande sur l'épargne durable. Alors, je ne suis pas tout à fait d'accord. Peut-être qu'il n'y a pas de demande sur les clients que toi, tu connais avec le prisme que tu as. Mais si tu regardes plus large et que tu sors simplement des clients que tu connais toi, regarde aussi ce qui se passe sur des néo-acteurs qui vont très vite, qui lèvent beaucoup d'argent et qui ont des clients qui arrivent de manière assez massive. Alors, pour vous, ça ne vous fait pas peur parce que c'est une goutte d'eau qui correspond à 1% de vos encours. Mais ils ont fait ça en 12 mois. Et le fait est que tout le monde n'est pas des alatoyas du green. Et donc, il y a beaucoup de gens qui ont besoin d'être rassurés par un acteur plus robuste ou plus connu qui doit aussi prendre cette place et faire cette pédagogie, venir embarquer les jeunes, les femmes dans le rapport à l'épargne, etc. Un autre exemple pour illustrer sur une autre frange de clients, ça va être par exemple un investisseur institutionnel type un fonds d'épargne. On a ce sujet aujourd'hui sur les instit, que ce soit des assureurs ou des mutuelles, de travail de double matérialité. Ça, ça a vraiment été aussi amené par la réglementation. Et je pense qu'il y avait...
- Speaker #0
On peut rapidement définir ce qu'est la double matérialité. Oui, la double matérialité.
- Speaker #1
En fait, il y a quelque chose d'assez intéressant qui a été amené notamment par la réglementation CSRD, qui est de dire, pose-toi la question de quels sont les risques financiers qui pèsent sur toi. lié à la transition dans les risques que tu portes ou dans les actifs que tu as en portefeuille. Donc ça, c'est vraiment qu'est-ce que je peux perdre financièrement parce que je suis exposée. Et ça, c'est une matérialité financière, ce qu'on va appeler une matérialité simple. Et puis ensuite, on a la double matérialité qui est de dire, mais qu'est-ce que mon modèle d'affaires, comment il l'influe négativement, peut-être positivement, mais souvent négativement aussi sur la planète, les hommes, le vivant, etc. Et donc d'avoir cette réflexivité de dire, je porte des risques et je peux avoir des pertes financières, mais aussi de l'autre côté, j'influence par mes activités. Et donc, en influençant, j'ai aussi un pouvoir d'action. Dieu sait que chez les financiers, il est important, ce pouvoir d'influence. C'est hyper important. Et en fait, la CSRD a mis ça, avant que ça ne devienne un texte éminemment comptable et quand même très, très dense. Mais il y avait quelque chose qui était assez intéressant dans le début du texte, qui était de poser son modèle d'affaires sur sa chaîne de valeur étendue. Je pense que c'est un exercice que quand même un bon nombre de dirigeants de COMEX, d'instances stratégiques dans les organisations ne fait pas, ou en fait, ne prend pas assez le temps de faire. de vraiment poser qui on est dans quelle chaîne de valeur quel est notre rôle et quelles sont nos influences quelles sont nos interdépendances et en fait ça c'est c'est extrêmement puissant parce que ça permet aussi dans le monde qui évolue aujourd'hui de voir pour des acteurs de l'assurance ou de la mutuelle les les risques qu'ils portent au passif, que ce soit sur des biens ou sur des personnes, qui s'intensifient avec, d'un côté, les risques climatiques très physiques, il y a plus de dommages, etc. Mais même au niveau des personnes, on commence à avoir, avec l'Institut européen Copernicus, etc., des vrais éléments sur le risque pour la santé mentale, la santé physique des gens. Et donc, en fait, il y a des gros sujets d'accompagnement, de prévention sur les risques liés à la santé, sur le réchauffement climatique, etc. Mais de l'autre côté, il y a cette prise de conscience que je peux influer positivement sur ces risques au travers des actifs que j'investis. Et donc là, on commence à avoir un travail intéressant de dire comment je peux monter un programme d'investissement qui vienne lui-même résonner favorablement avec les risques que je veux amoindrir de l'autre côté. Et au final, on travaille plutôt en circularité et dans une logique, moi, que je trouve très sensée, qui adresse le système et la robustesse de l'ensemble. En fait, de dire, plutôt que de couper les risques et de sortir ou de diversifier de manière outrancière ce qu'on a fait historiquement dans l'allocation des portefeuilles en silotant toutes les choses, choses, c'est plutôt de dire je comprends où sont mes zones de risque et comment je vais essayer de les rendre plus robustes et de les renforcer pour éviter de finalement demain totalement abandonner et rendre inassurables certaines zones du coup qui dit inassurables dit non bancarisables et un territoire non bancarisable c'est un territoire dans lequel il n'y a plus aucune vie ni économique, ni sociale, ni humaine à terme, si on pousse le trait.
- Speaker #0
Je pense qu'on l'oublie souvent quand on parle du risque assurantiel on oublie la contrepartie de ça. ça ou ce que ça engendre.
- Speaker #1
Ah bah exactement. Donc à quel point c'est, voilà, c'est impactant. Exactement. Et donc l'idée derrière, bah une fois que quelque part, voilà, donc là les gens arrivent chez nous avec ça, de dire, bon ça je commence à le comprendre, maintenant qu'est-ce que je fais parce que ça me dépasse en fait, c'est éminemment complexe. Et c'est là où nous on adore et c'est... C'est une matière qu'on aime beaucoup travailler, qui est celle de dire, maintenant qu'il y a des enjeux qu'on va pouvoir adresser, qu'on va pouvoir cartographier, et on va orchestrer ces classes d'actifs de manière à ce qu'elles rendent plus robustes ton portefeuille au service d'une problématique que tu veux adresser. Donc typiquement, on va accompagner des investisseurs sur des thématiques telles que l'inassurabilité ou bien le bien vieillir. En fait, le bien vieillir, en soi, ce n'est pas une thèse d'investissement. Ce n'est pas quelque chose qui est investissable. Il y a beaucoup de choses dans le rapport au vieillissement, dans le rapport au senior, même à notre rapport. par rapport au vieillissement, etc. Donc il y a des choses qui ne sont pas en soi palpables et pas investissables. Pour autant, c'est un enjeu extrêmement démographique dans les pays matures.
- Speaker #0
Vous avez accompagné certains acteurs institutionnels sur ces... Et là,
- Speaker #1
on accompagne en ce moment un acteur institutionnel sur le sujet du bienveillir et justement dans un cas vraiment très concret d'orchestration multicapitale avec une approche systémique. Et donc du coup, c'est aussi là où moi je suis assez fière de ce qu'on fait chez Possible qui est de dire qu'on est en train de faire passer un champ conceptuel Merci. de la systémie et qui existe aussi d'un point de vue scientifique avec des bonsoirs depuis longtemps.
- Speaker #0
Pour que tout le monde comprenne, quelle était la problématique de départ ? Parce que je trouve que c'est hyper intéressant comme sujet. Quelle était leur problématique ou leur enjeu au départ sur cette thématique ?
- Speaker #1
Alors là, pour le coup, c'est parti de... En fait, nous, aujourd'hui, notre travail, c'est un fonds de pension. Notre travail, c'est de préparer financièrement la retraite des gens. Maintenant, préparer la retraite des gens financièrement, c'est aussi s'assurer qu'ils ont la capacité de vivre leur retraite en bonne santé. Donc c'est parti de là, de dire comment je fais en sorte que ma boucle, elle boucle, et qu'est-ce que je peux proposer de plus à mes adhérents ? de simples actions de prévention ou de bons gestes santé, etc. Comment moi, avec l'argent que je dois déployer au service, et qui est l'argent de ses adhérents, ça peut leur servir au final et faire en sorte qu'on ait des co-bénéfices ? je prépare votre retraite, vous me confiez cet argent, et moi, je l'investis de manière responsable, etc. J'ai coché toutes les cases, maintenant, je veux aller plus loin. Et donc, du coup, comment je viens adresser ce sujet-là en prenant cette hauteur et en me disant qu'il y a quelque chose ici à aller chercher ? à faire travailler toutes les classes d'actifs que je sais très bien travailler de manière quelque part indépendante. Mais je comprends bien que le bienveillir, en fait, il peut s'adresser sur toutes mes classes d'actifs et qu'elles peuvent s'apporter des co-bénéfices, elles peuvent se répondre les unes les autres si je mentalise et que je pose ce système de manière correcte. Évidemment, nous, on est arrivés là avec notre vision de la partie systémique, notre manière de faire très cadrante sur posons une théorie du changement, définissons bien quels sont vos bénéficiaires, posons les moyens et les leviers d'action que vous avez, vraiment appliquer finalement le cadre de la pensée systémique à de la finance, et puis derrière, venir travailler en collaboration avec des acteurs qui sont très habilitants pour réussir à... à venir explorer cette matière-là. Donc des cabinets spécialisés dans l'impact qui eux aussi finalement, à la lumière de ce qui est amené là, se disent, même eux en fait, sont en propre réflexivité sur aujourd'hui il y a beaucoup de fonds à impact qui cherchent l'impact pour l'impact et l'impact est presque devenu un output alors que la dynamique systémique, elle nous dit qu'on peut escompter des effets mais que peut-être ce qui va se passer dans le système et les réponses qui vont nous être renvoyées seront des boucles de rétroaction dites positives qui vont se renforcer, mais elles peuvent aussi être négatives, elles peuvent avoir des effets plus délétères ou des effets négatifs qu'on n'avait pas imaginés. Et donc, il faut savoir lire et écouter ce système. Et c'est une pratique. Nous, on est au début des petits padawans de ça, mais en tout cas, on amène ça au monde financier. Et moi, je trouve que ce n'est pas une boxe supplémentaire de l'ESG, de la durabilité, etc. C'est vraiment quelque chose, je trouve en tout cas, en tant que financier, d'extrêmement. sensé et qui permet quand même de venir adresser la finance, le champ de la finance d'une manière nouvelle qui questionne énormément les croyances, le fonctionnement, mais qui est très opérationnalisable. C'est quelque chose qui est possible.
- Speaker #0
C'est absolument passionnant. Alors, est-ce que tu pourrais nous expliquer justement comment concrètement vous structurez des produits ou des services d'investissement et d'épargne durable ? et aussi pourquoi c'est important finalement et les difficultés que vous pouvez rencontrer en la matière.
- Speaker #1
Après, sur les exemples, je t'en ai donné quelques-uns. Pourquoi c'est important ? Parce que le rôle de la finance, finance, il est extrêmement habilitant, comme on l'a dit. Donc, il y a vraiment un enjeu, en fait, à accélérer le fléchage des flux financiers vers, quelque part, les enjeux qui sont importants pour faire transiter notre système. Là où on a, aujourd'hui, un peu, parfois, des difficultés, c'est que notre travail, il est un peu à deux niveaux, je dirais. Il y a un travail très direct, très pragmatique. On va créer des nouveaux produits, on va mapper le système, on va travailler sur les classes d'actifs les unes avec les autres. on va essayer de bien les mentaliser pour qu'elles apportent des co-bénéfices. Ça, ça peut paraître facile. La réalité, c'est que derrière, il y a quand même un énorme travail d'influence indirecte et de travail sur les liens. Donc ça, c'est quelque chose qui nous tient énormément à cœur. Chez Possible, on a une sous-entité qui s'appelle Possible Care dont la L'éducation, c'est celle-ci, c'est vraiment de prendre soin, finalement, de chacun des niveaux du système qu'on adresse. Ça commence par nous, c'est quelque chose qu'on fait énormément au sein de notre propre système chez Possible, mais quand on accompagne des clients, quelque part, on a toujours un peu quatre niveaux. Le premier étant ce que je vais peut-être appeler l'équipe cœur, donc vraiment les gens qui incarnent ce projet, le lead. on compare tout à l'heure, de leadership un peu nouveau, mais c'est de dire, en fait, oser arriver avec une innovation financière qui essaie de dire, en fait, moi, je vais venir investir sur la thématique du vieillissement ou la thématique de l'adaptation au changement climatique, mais je vais le faire en revoyant ma posture et en vous proposant de collaborer, de se mettre autour de la table, de faciliter des espèces de dialogue, etc. Enfin, très honnêtement, ça peut paraître extrêmement... C'est vachement dur pour des financiers. Il y a tout un travail relationnel sur l'équipe qui incarne de dire comment ils se sentent aussi empoirés. Comment ils se sentent puissants. Comment ils se sentent la la capacité d'oser le faire et aussi de l'incarner. Et moi, je trouve que c'est intéressant de travailler notamment avec des asset owners sur le sujet parce que, quelque part, ces dernières années, ils se sont parfois assez éloignés de leur matière financière. C'est-à-dire qu'ils ont beaucoup... beaucoup délégué les investissements à des sociétés de gestion dont, voilà, ils sont devenus des super sélectionneurs de fonds, etc. Et c'est génial. Mais parfois, du coup, ils se sont un peu éloignés de la matière réelle. Et en fait, là, il y a une idée de dire, en fait, la durabilité, c'est pas simplement juste de cocher des cases extra-financières. C'est aussi de dire qu'il y a une logique, en fait, dans ce que tu veux influencer, dans les risques que tu portes. Et donc, saisis-toi de ça, en fait, et amène des Des choses dont la relation sort de certaines relations très client-fournisseur, avec des fonds, etc., qui peuvent parfois même être un peu presque conflictuelles, alors qu'il y a une matière à aligner les intérêts qui est très, très forte, mais à le faire réellement. Mais pour ça, il faut se mettre autour d'une table pour en discuter. Il faut un petit peu travailler différemment. Alors après, on a aussi des acteurs. Donc là, je dirais équipe cœur. Après, il y a les partenaires avec qui tu travailles. Si tu as une intention forte d'impact, etc., ou de vouloir avoir un impact positif sur une technologie. thématique c'est de qui tu t'entoures aujourd'hui dans l'impact parfois on a du mal à à bien cerner, à bien toucher du doigt ce que peuvent être cette notion d'additionnalité. Comment, par mon action, j'apporte plus que simplement du capital, etc. Et ça, c'est vraiment la matière qu'on travaille, c'est de dire, demain, la finance, c'est des capitaux financiers, mais c'est aussi une approche multicapitale, où il y a du capital humain, du capital relationnel, de l'intelligence émotionnelle, du capital, parfois, industriel, etc. Il y a énormément de choses à apporter. Et en fait, ça, ça se travaille, Et... Et ça s'accompagne. Et il y a certains partenaires qui commencent à être mûrs et qui peuvent accompagner ça aussi, parce qu'ils ont compris le changement systémique dont on parle, qu'ils ont compris que la manière de siloter certaines classes d'actifs ne fait plus trop de sens aujourd'hui quand on va faire transiter des chaînes de valeur globale. Peut-être que le monde du VC ou le monde du PI, tel qu'on le connaît, qui finalement s'enchaînent les uns après les autres à mesure qu'il y a une croissance dans certains fonds, peut-être que demain, on aura des fonds qui seront... VC to infra. Et en fait, c'est OK, parce que ce qu'on est en train d'amener, c'est la transition globale d'un monde. Et c'est peut-être OK d'aujourd'hui accompagner une innovation qui passe peut-être par une technologie ou une nouvelle manière de faire industrielle et que demain, dans le temps long, ce sera des usines, etc. Et qu'on n'a pas envie d'exit au deuxième ou troisième temps parce qu'en fait, on porte ce projet qui est un projet beaucoup plus global. Et ça, finalement, je trouve que c'est assez intéressant à venir... exploré peut-être que demain on aura des poules d'investissement qui viendra faire ruisseller différentes différents capitaux certains certains capitaux plutôt de philanthropie pour un peu sidé certains programmes certains certains capitaux en equity certains capitaux en dette externe et peut-être que la bonne manière de faire pour qu'un territoire transite c'est d'enquêter ses capitaux à un niveau un peu plus global et que les parties prenantes ils soient soit ils soient tous acteurs mais finalement pas en dépendant eux-mêmes et mon détenant une partie de ce système entre il ya mille choses à explorer donc sur cette partie deuxième niveau je dirais c'est au niveau des partenaires voient qu'ils aient mature qui se pose des questions et qui est aussi dans cette posture assez nouvelle de qu'est ce qu'on a envie de faire en tant que financier après j'irai un troisième niveau qui est vraiment pas parfois quand même en tant que financier qu'on soit des investisseurs ou des banques, on a un lien direct avec la matière, donc on peut vraiment sentir l'impact sur certaines choses. Et donc à ce niveau-là, il y a quand même ici... avec ce lien direct, une réflexion à avoir sur, j'ai prototypé un certain nombre de choses, qu'est-ce que je peux venir estimer de l'impact, des effets attendus, est-ce que je dois réajuster, est-ce que j'ai une dynamique différente à avoir. Puis le dernier niveau qui nous plaît aussi beaucoup, c'est vraiment celui d'orchestration, c'est de dire, il y a un tout en fait, je me suis attachée à mes parties, je me suis attachée à mes relations, il y a un tout global. Et au final, ça, il faut aussi l'orchestrer. et créer des espaces d'interaction, de partage de pratiques, peut-être de co-investissement ou de co-bénéfice, qui permettent d'aller beaucoup plus loin et de travailler encore plus cette notion d'additionnalité. Je pense qu'il y a quelque chose ici à venir travailler sur l'additionnalité qui n'est pas tout à fait mûre encore, et qui, il y a plusieurs acteurs, amène des premières solutions. Et c'est OK d'avoir plein de manières différentes de mentaliser la chose. L'idée c'est juste d'avoir envie quand même de commencer à se mettre autour d'une table en tant que financier pour pouvoir en discuter et élaborer des stratégies prototypées.
- Speaker #0
Du coup, ça m'amène à faire cette transition. Dans la saison 1 de Greencast, j'ai reçu beaucoup des investisseurs qui sont investisseurs dans le VC, Venture Capital, c'est-à-dire qui investissent dans les stades plutôt d'entreprises jeunes et qui souvent créent un premier fonds et qui se plaignaient justement alors d'avoir dans ces premiers fonds des difficultés à convaincre des investisseurs institutionnels. et que parfois, ils se retrouvent face à des investisseurs qui prennent un petit peu l'impact pour de la philanthropie. Oui. Alors... Ça m'intéressait de savoir déjà, toi, quel était ton ressenti aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a encore ce besoin de convaincre ? Est-ce que c'est peut-être des logiques de temps aussi qui sont différentes ? On entend beaucoup que dans le VC, dans la Climate Tech, on est sur du temps long, on voit de plus en plus de fonds evergreen, c'est-à-dire sans date de fin. Voilà, quel est un petit peu ton ressenti, ta grille de lecture à toi ?
- Speaker #1
Alors... Ça m'amène plusieurs choses. Je pense déjà premièrement sur un peu l'image urbaine de l'impact de la philanthropie, etc. Je trouve qu'on en revient un peu. Je pense que que par contre, il y a quelque chose qu'il faut arrêter de... Enfin, quand il y a de l'impact et quand on travaille à compter la valeur autrement, il ne faut pas non plus se dire qu'on va réussir à être dans le monde d'hier très extractif et à amener des returns qui sont d'un autre temps et d'un autre mode de faire. En revanche, ceci étant posé, l'impact, ce n'est pas de la philanthropie. Je pense que ça commence... Enfin, ça, c'est quelque chose qui, maintenant, est euh... je dirais, assez acquis du point de vue des investisseurs. Je pense que mon premier constat, c'est vraiment les standards minimums, le minimum vital de la durabilité, il a énormément monté. Donc oui, on entend beaucoup le recul arrière, le baclage, etc. La réalité, quand même, concrètement, c'est qu'aujourd'hui, la plupart des institutionnels, au sens à cet honneur, ont des politiques d'investissement durable, et même les plus petits se sont mis au niveau des exclusions d'une sortie progressive des énergies fossiles, etc. la ce chemin-là, il est fait.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux dire quand tu dis que le niveau des standards a beaucoup monté ? Est-ce que tu en es une ?
- Speaker #1
C'est vraiment ça. Les chartes d'investissement responsables, elles sont partout, même des petites mutuelles, même des petits investisseurs qui vont avoir peut-être 100 millions d'euros dans le cours sous gestion. Ça y est, ils ont eu des politiques d'exclusion, ils sont au fait de comment suivre ces nouveaux risques-là, ils les ont intégrés dans les portefeuilles. Donc, quelque part, cette première matérialité simple, elle est là. On a des politiques d'exclusion. On fait attention à intégrer l'extra-financier ou les enjeux de durabilité dans la manière dont on va analyser les nouvelles propositions. Et puis, après, il y a un peu ceux qui ont envie de passer la vitesse supérieure. Et là, je suis d'accord, on n'est pas arrivé au point de bascule de la masse. Mais on commence à avoir quand même des acteurs qui ont envie, ou ont compris, et ont envie de faire les choses un peu différemment, notamment parce qu'ils ont réfléchi. leur posture d'une manière globale et leurs risques d'une manière globale. Et là souvent, alors moi je trouve qu'il y a des espèces qui sont assez intéressantes qui amènent ça, il y a la convention des entreprises pour le climat, que ce soit sur des formats territoriaux, ou bien sur des formats spécifiques au monde financier, on a eu quand même des gens qui en sont sortis avec des prises de conscience de dire il y a quand même quelque chose à faire, de voir si je ne peux pas réorienter mes flux financiers, mon activité au service du vivant, au service d'une économie plus juste, plus durable. Donc ça, ça a permis un certain nombre de prises de conscience. Maintenant, ça c'est je dirais le côté enthousiasmant. Le côté... ancrage croyances qui reste très très forte parce que c'est le système dans lequel on vit un système il est il est structuré par par un modèle mental et par des croyances qui sont très très fortes nous le modèle mondial dans lequel lequel on est depuis quelque part la révolution industrielle. C'est un modèle où l'homme est au-dessus de la nature, où on est très extractif et où on a, en termes de croyance, une croyance sur l'optimisation du monde. des ressources sur le court terme. Ça, c'est le monde dans lequel on fonctionne. Et donc, c'est celui qui guide aussi derrière toutes les règles qui sont mises en place, toutes les règles de valorisation, toutes les règles, le rapport au temps, comme tu le disais, la manière de compter les choses, ce à quoi on donne de la valeur, qui n'est que le financier à ce stade. La manière dont... on procède à la gouvernance des choses, qui a le pouvoir, qui dessine. Ça, c'est très ancré, en fait, dans aussi un modèle de croyance sous-jacente. Et donc, en fait, ce n'est pas juste de se dire, il faut revoir le rapport au temps. Avoir des instruments du type Evergreen, c'est une bonne chose. Ça permet d'amener, finalement. Mais quelque part, c'est un peu la petite poudre du dessus. C'est la manière de saupoudrer. On ne s'attaque pas à la croyance sous-jacente. Donc là, on a quand même, moi je trouve que du coup, l'approche systémique, elle permet quand même de venir poser ça. C'est-à-dire, quel est le monde, quelles sont les croyances fortes qui structurent notre pensée ? Et c'est ok en fait, quelque part, c'est pas de bonne faute. on est éduqué dans ce modèle-là. Par contre, c'est déculpabilisant et surtout, mais c'est tellement riche du coup de comprendre ça et de dire, ok, mais maintenant que je comprends ça, alors j'ai la capacité de venir proposer des choses pour l'influencer différemment et pour planter un certain nombre de graines qui vont pouvoir influencer sur ces croyances sous-jacentes, ce rapport au temps long, ce rapport à la valeur, etc. Mais ça du coup, Merci. Déjà, c'est un premier travail et c'est aujourd'hui à la fois une opportunité et aussi un gros frein parce que derrière, il y a quand même un certain nombre de personnes qui sont très confortables dans ce système-là et qui ne sont pas forcément moteurs pour ce changement. Maintenant, moi, ce que je constate, c'est qu'une fois qu'on commence à conscientiser ça, moi, personnellement, en tout cas, ça m'a aidée à être très enthousiaste dans la manière de l'aborder et de manière très pragmatique à me ramener à des choses qui sont très intéressantes. qui sont ancrés dans de la science, dans des modes de faire, etc. Derrière, les leviers d'action sur un système, ils ont été posés scientifiquement par Donnella Midos, par d'autres penseurs de la pensée systémique, Capra, et qui permettent justement de venir constater le mode de fonctionnement du vivant, de ses systèmes, et de dire, il est possible d'amener ça dans nos pratiques, dans nos modes de faire, dans nos usages, dans nos modèles économiques, dans nos modèles sociaux, etc. Et donc du coup, je trouve que c'est un levier qui est assez fort. Et puis après, il y a, comme tu disais, voilà la couche des instruments, des informations, comment on partage informations, quels nouveaux instruments on va venir faire et émergées, etc., qui disent quelque chose des acteurs qui sont dans une certaine maturité par rapport à ça, et qui permettent de venir, quelque part, s'ouvrir à de nouvelles pratiques. Par exemple, les fonds Evergreen, il y a une espèce de croyance sur... Ah non, l'Evergreen, moi, j'y vais pas. On ne fait pas. Ça ne coche pas notre case. Mais en fait, c'est une manière hyper simpliste de ne pas rentrer dans ce qu'est un fond Evergreen, parce qu'en fait, un fond Evergreen peut proposer de la liquidité, peut répondre à la problématique qu'on a aujourd'hui de faire émerger et transiter des chaînes de valeur. Donc en fait, il peut y avoir un certain nombre d'éléments extrêmement positifs par rapport à la matière qu'on veut travailler. Et en fait, il y a parfois des idées et des croyances, là, pour le coup. coup, à débunker, qui est celle dans laquelle on a un narratif qui est tellement ancré que je trouve assez frappant, en fait, quand on y pense comme ça. Celui du caride et de l'alignement des intérêts par le caride sur le fait de dire...
- Speaker #0
Donc on le rappelle, le caride, c'est le l'intéressement.
- Speaker #1
L'intéressement des sociétés de gestion qui gèrent des fonds de private equity au succès de... de leurs investissements et le fait qu'ils sont alignés à parfois certains indicateurs d'impact ou certains indicateurs de succès liés à la durabilité par exemple et de se dire en fait comme on est investi à vos côtés et qu'on a des indicateurs à venir chercher pour pouvoir déclencher notre caride, alors on est totalement aligné. Là, moi aussi, ça m'amène, il y a mille autres manières de s'aligner et de répartir la valeur différemment. Et on a extrêmement bien éduqué, finalement, en narratif, les investisseurs à ne pas questionner cette question du caride. Et typiquement, dans nous, les consultations qu'on accompagne, dans cette nouvelle posture qui est celle de dire... de posture d'investisseurs je veux travailler des relations différentes avec mon écosystème avec mes partenaires financiers et je les invite à venir réfléchir ensemble à comment on peut s'indexer tous et s'aligner tous à un partage de la valeur différent et à questionner un ce car il voilà et ça veut pas forcément dire que tout va sauter mais en tout cas il ya d'autres manières de faire et ça n'est pas parce qu'il n'y a pas de carrière aride qu'il n'y a pas un alignement du GPS, ou en tout cas de la société de gestion à la stratégie du fonds. Et le caride n'est pas en soi un gage d'alignement non plus. Et donc en fait, il y a pas mal de choses, il y a pas mal de croyances en fait qui sont aussi des choses dans lesquelles on a quelque part bien formaté le discours sur cet alignement.
- Speaker #0
C'est passionnant, mais on pourrait rester ici deux heures, mais comme je sais que tu as des contraintes d'agenda, je propose d'attaquer la dernière partie de cet entretien et de te demander si tu as une croyance personnelle ou professionnelle qui est profondément controversée.
- Speaker #1
Ah, alors,
- Speaker #0
j'ai l'impression quand même que vous en avez parlé.
- Speaker #1
En fait, je ne sais pas si j'ai une croyance controversée. Je pense que ce qu'on amène, en tout cas, je pense que ce qui n'est pas forcément partagé par tous, je ne sais pas si c'est controversé, mais en tout cas, tout le monde ne se questionne pas sur, je ne sais pas, aborder la complexité, j'ai envie d'aller l'explorer, et c'est ok pour moi de dire que je ne peux pas le faire tout seul, que je dois le faire en interdisciplinarité, etc. Je pense que c'est... c'est une des clés de la transition de nos modes de vie et de nos sociétés, mais que ça n'est pas forcément partagé par tous. Donc je ne sais pas si c'est controversé, mais en tout cas, je dirais que nous, on accepte aussi d'accompagner des stratégies financières et émotionnelles, les deux à la fois. Et donc ça, c'est peut-être un peu... disruptif et non pas controversé ok est ce qu'une personne qui t'a profondément inspiré ou marqué dans ton parcours alors moi comme je te dis je suis hyper attaché aux gens donc j'ai rencontré au dos sur tout mon parcours financier beaucoup de personnes des hommes des femmes qui m'ont beaucoup inspiré souvent donné beaucoup d'énergie donc peut-être quand même dans cette nouvelle partie maintenant de ma vie professionnelle avec possible il ya la rencontre avec marie eckland que tu as reçu je crois dans ton podcast qui pour moi fait partie quand même de ces personnalités financières qui sont vraiment visionnaire et assez pionnière dans leur manière de déconstruire les choses et qui ont à mon sens intégré voilà beaucoup de ce qu'on nos discussions d'aujourd'hui sur la vision systémique. l'interdépendance, la manière d'accompagner les choses. Donc ça, c'est vraiment, je pense, quelqu'un qui compte aujourd'hui et que je trouve inspirante. Je pense que IAS qui intervenait au début du podcast, je pense que c'est beaucoup de chance de trouver une personne aussi sur laquelle on arrive à s'aligner professionnellement et qui donne la force d'avancer et de soulever des sujets qui sont plus grands que nous et sur lesquels il faut quand même beaucoup de courage pour sortir d'une industrie et oser venir la bousculer un petit peu. Et puis après, je dirais qu'en influence... Dans la partie conceptuelle, évidemment, il y a beaucoup de lectures sur la partie systémique, etc. Il y a des travaux qui sont beaucoup moins datés, qui sont ceux d'un organisme européen qui s'appelle Transcap Initiative et qui est vraiment aussi en train d'explorer la partie systémie et notamment sur la partie financière, qui ancre pas mal aussi dans la... dans le concept ce qu'on vient nous décliner en matière opérationnelle et bien après moi je suis assez influencé par par pas mal de mouvements de mouvances artistiques et c'est donc je dirais que ça me parle beaucoup moins dans la partie accompagnement des émotions et c'est de de lire Les choses qui me font du bien, qui me permettent d'alimenter un imaginaire. Donc là, ce qui me vient par exemple par rapport à ça, c'est un livre qui a été écrit par une personne qui s'appelle Jeanne Hénin, qui s'appelle « Les mots qu'il nous faut » et qui crée des nouveaux mots pour nommer les sentiments, les choses de la vie et de cette nouvelle manière de faire. Par exemple, il y a un mot pour... le lien le lien le soin au lien dans cette idée tout à l'heure des racines, de l'arbre et de la forêt qui s'appelle la sylvoculture et ça c'est assez inspirant, je trouve vraiment ça me fait du bien d'avoir des lectures comme ça, et puis après il y a des choses aussi assez visuelles en termes d'art qui me parlent beaucoup quand on me demande mais vous faites quoi en systémie il y a aujourd'hui pas mal de graphistes ou de photographe qui amène ces notions d'enchevêtrement, d'interdépendance, de lignes, etc., dans l'art systémique, ça s'appelle, qui, moi, me parle visuellement pour amener ces choses-là. Et puis, peut-être une dernière sur la partie prospective, parce qu'en fait, moi, j'ai énormément besoin d'alimenter mon imaginaire et de me projeter sur des futurs possibles, etc. Et donc il y a une personne qui s'appelle Noémie Aubrin, je crois, qui écrit une newsletter qui s'appelle Futur, avec un S entre parenthèses, et elle c'est une prospectiviste, moi je trouve ça fantastique, parce qu'elle invente des choses, elle invente des jobs, des fiches de poste. postes de demain, etc. Il y a des gens même qui lui répondent et qui postulent, c'est énorme. Et moi, ça a été très inspirant pour moi parce que dans certains accompagnements pour des banques, on a créé des fausses fiches de postes d'un membre du COMEX de demain, d'un trader de demain, etc. Et en fait, c'est assez fertile d'un point de vue imaginaire pour derrière s'autoriser à penser un peu de manière divergente.
- Speaker #0
C'est fou, je trouvais à quel point on ne s'autorise pas même à écrire. Amen. à faire mal ou à faire l'imparfait ouais carrément ce qui pourrait être l'objet d'un prochain épisode ok alors pour terminer est-ce que tu as une actualité que tu souhaites nous partager et nous dire un petit peu comment on peut te contacter actualité
- Speaker #1
à partager et bien de dire que POSITIVEL accélère sur 2026, sur la fin d'année et sur 2026. Comme j'ai dit tout à l'heure, on va accompagner le déploiement du acte finance et je pense que si la lumière de tout notre échange, ça amène des questions, ça appelle certains de tes auditeurs qui ne les hésitent pas, voilà, à rentrer en contact avec nous, parce que on est sympa. Et puis, on amène les choses de manière sereine dans les équipes. Et on peut nous contacter avec notre site internet, que possible.fr, sur LinkedIn. Et puis, par mail, il y a nos contacts sur le site internet.
- Speaker #0
Ok, génial. Et bien écoute, un immense merci merci à toi c'était passionnant et bah écoute à très bientôt merci beaucoup au revoir Céline Vous venez d'écouter Greencash, le podcast où l'argent vient financer un amir fertile. Si cet épisode vous a plu, s'il vous a inspiré, partagez-le, abonnez-vous et laissez-moi un avis 5 étoiles. Je sais que c'est pénible, mais c'est très précieux pour moi et mon travail. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode. A bientôt sur Greencash.