Speaker #0Mastar, j'espère que tu vas bien. Aujourd'hui, on va parler d'un truc qui me trotte dans la tête depuis quelques jours et je sens que ça va faire écho chez toi, très fort. Tu sais, quand t'as l'impression que ta personnalité t'interdit d'être humaine, genre vraiment humaine, avec des moments de faiblesse et tout le bordel. Eh bien, figure-toi que j'ai vécu un truc qui m'a fait réaliser à quel point je me mets une pression de dingue juste parce que je suis... et bien moi. Tu vas voir, c'est toute une histoire, c'est toute une prise de conscience, et c'est même une prise de conscience que j'ai envie de nuancer. Et je sens que certaines d'entre vous vont se reconnaître. Si vous êtes là, c'est pas pour rien. Alors déjà, pour la petite mise en contexte, je reviens du Mexique, et c'est pour ça que cet épisode de podcast arrive après quelques semaines. J'ai passé deux semaines au Mexique, c'était fabuleux, et c'est pas trop le sujet du jour, mais on pourra y revenir, c'était vraiment un moment. Très très sympa. J'ai fait beaucoup de villes, j'ai traversé 7 ou 8 villes, je suis partie de Mexico jusqu'à Playa del Carmen en passant par plein de petits endroits et c'était vraiment très très cool. Enfin bref, avant de partir au Mexique, j'étais Ausha des entrepreneurs. Tu sais, ce fameux événement. Celui organisé par Laurine Bémer, alias la meuf en rouge, et Alice, Alice 4 designers. Et attention, je n'y étais pas pour me la couler douce, j'y étais en tant qu'intervenante. Je faisais partie du staff et je présentais un coaching. J'étais là-bas donc en mode professionnel, avec ma casquette, la fameuse, celle de coach badass. Et là-bas, je donnais une formation que j'avais créée spécialement pour l'event. J'ai nommé Story Alchemy. C'était une pépite d'une heure pour aider les entrepreneuses et les entrepreneurs à construire une histoire de marques qui déchirent et surtout qui les différencient de la concurrence. Et franchement, pour être honnête avec toi, ça a cartonné. Trois ateliers, trois groupes différents, des sourires partout, des prises de conscience qui fusent. Bref, j'étais en mode I'm that bitch. Beaucoup de sentiments, beaucoup de modus, franchement c'était full love et j'ai adoré. D'ailleurs, j'ai tellement adoré que j'ai proposé quelque chose qui n'était pas prévu dans le programme. Avant d'aller me coucher le soir vers 22h parce que je me couche tôt, je suis une petite vieille, j'ai proposé aux personnes qui le souhaitaient de manière facultative, ce n'était pas obligatoire, de se réveiller un peu plus tôt et de faire un atelier LinkedIn avec moi d'une heure, une heure et demie avant le brunch pour pouvoir bosser. des postes, écrire des postes dans la joie, la bonne humeur avec un café bien serré et beaucoup de sourire. Et là ça part en cacahuètes. Le lendemain matin je me réveille avec une sensation ultra bizarre un moment où mon corps me dit ma fille ça va pas le faire aujourd'hui et donc j'ai l'impression que c'est de l'anxiété, je suis pas trop sûre ça me réveille en trombe, il est peut-être 7 heures et là je cours et la première réaction c'est d'aller prendre un Xanax, en me disant c'est de l'anxiété qui fait des siennes, je vais gérer ça. Et là, c'est le festival. Je t'ai parlé des détails, mais disons que mon corps a décidé de faire son petit one woman show, et j'étais pas du tout consentante. Version très très trash, tellement trash que même moi, la meuf qui parle de tout, j'hésite à te raconter. C'est-à-dire que j'ai eu envie de vomir, j'ai eu envie d'aller aux toilettes, enfin bref c'était archi panne d'anxiété, j'ai commencé à pleurer, à appeler ma mère et tout, ça allait pas du tout. Et tu vois le truc le plus ouf dans cette histoire, c'était pas la gastron elle-même, c'est pas le fait d'avoir mal au ventre, d'avoir envie de vomir etc, et d'être malade ça arrive. Le plus fou, c'est ma réaction. Ma réaction qui m'a déçue et qui m'a fait peur de moi-même. Enfin, qui m'a fait peur. En fait, elle m'a fait peur, ouais. J'étais là, j'étais malade comme un chien, loin de chez moi, dans le cadre du travail. Et la seule chose que je faisais auprès de mes collaborateurs, mes collaboratrices, et de tout le monde, c'était de m'excuser. Je m'excusais encore et encore et encore. Pardon, pardon, je suis désolée. Comme si être malade était un crime. Et tu sais, je me suis dit que c'est parce que je suis extravertie, en fait. Parce que je prends beaucoup de place, parce que je fais beaucoup de blagues, parce que je parle fort, parce que je déborde d'énergie. Et donc, en tant que personne qui vit en société, waouh, et en tant que meuf conditionnée par la société, j'ai intégré que prendre beaucoup de place, être très drôle, être très... dans tous les sens, être extravertie, rire, être un peu tête en l'air, ça ne me donnait pas le droit d'être faible. Tu vois ce que je veux dire ? Ça ne me donnait pas le droit d'être faible, ça ne me donnait pas le droit d'être malade. Et là, la seule chose que je me disais, c'est « Putain, ils vont penser que je ne suis pas professionnelle. » « Putain, ils vont penser que je ne suis pas professionnelle. » Alors qu'en fait, j'étais juste malade, et ça arrive. Mais je me disais « Eh ben voilà, ça va être la preuve. » qu'on ne peut pas me faire confiance. Et donc, je n'arrêtais pas de m'excuser. Tout le monde me disait, mais Jasmine, c'était incroyable, tu n'as pas besoin de t'excuser, tu as fait plus que ce que tu devais faire. Mais en fait, je culpabilisais. Je culpabilisais parce que pour moi, à partir du moment où tu es trop drôle, trop tatouée, trop bruyante, trop percée, trop grosse, trop tout, ça, c'est une chose, mais il faut que dans le cadre du travail, tu sois parfaite. Et forcément, être malade, même si ce n'est pas une tare et que ça arrive et c'est OK. ça m'enlevait de la perfection. Ça enlevait de la perfection à mon travail. Et c'était insupportable pour moi. Et oui, la société capitaliste et consumériste est bien passée par là. Et je ne peux pas te dire que j'ai trouvé une solution à ça. Ce serait faux, en fait. C'est juste une prise de conscience. J'ai juste pris conscience que, effectivement, je... Je me mettais une pression pas possible parce que j'étais extravertie et parce qu'il fallait que je sois tout le temps dans la performance de l'excellence. Parce que sinon, ça donnait raison aux gens qui pensent que l'extraversion est une preuve de manque de professionnalisme. Et j'ai tout lié à mon extraversion en me disant ouais mais non c'est parce que j'en fais trop. Et donc vu que j'en fais trop, il faut que lorsque je suis au travail, ce soit parfait, etc. Et j'ai fait une newsletter pour parler de ce sujet-là, vous voyez. Et j'ai une cliente. qui a commenté et qui m'a dit quelque chose d'assez pertinent. Et je vous lis le commentaire. Donc la cliente, c'est Kaotartrojet. C'est aussi une personne qui est devenue une copine. Voilà, ça fait longtemps qu'on se connaît. Et elle me dit... J'ai adoré lire cette newsletter, Jasmine. Je me demande si ça a vraiment à voir avec l'extraversion ou si l'extraversion n'est pas un simple prétexte que ton cerveau prend pour justifier sa peur d'être trop ou pas assez. Dans le sens où si tu étais introvertie, il se dirait peut-être la même chose. Mon introversion m'interdit d'être malade car je ne suis pas assez. Qu'en penses-tu ? En tout cas, c'est comme ça que mon cerveau me joue des tours. Mes réflexions personnelles du moment tournent aussi beaucoup autour d'être trop ou pas assez, rapport à mon cyberharcèlement entre autres. Et j'ai trouvé un exercice qui m'apaise beaucoup. Lister toutes les choses où je pense être trop ou pas assez, pour chacune développer un argumentaire sincère d'acceptation que je suis pile ce qu'il faut, que tout m'a mené à celle que je suis aujourd'hui, et accepter que c'est ma réalité. actuelle plutôt que de se projeter dans une réalité différente qui n'existe que dans notre imagination. Exemple, je suis trop extravertie, j'accepte de parler fort et d'attirer l'attention, je sais que c'est le fruit de mes expériences, de mon TDAH et j'accepte de prendre cette place qui est pile la bonne taille. Je suis reconnaissante de pouvoir m'exprimer fort et au fond, j'adore me rendre visible. Et ensuite elle a mis PS, on t'aime pile comme tu es, bise. Et j'ai trouvé ce commentaire auquel je n'ai pas encore répondu, je suis une très mauvaise... euh... répondante. J'ai beaucoup de mal à répondre sur tous mes canaux, mais euh... Donc je vais y répondre. Mais j'ai trouvé ce commentaire très pertinent. Donc déjà l'exercice que Kauthar nous propose, donc il faut savoir que Kauthar est une coach exécutive et elle est formée sur plein de techniques de neurosciences et donc je pense que cet exercice, c'est bien le fruit de sa réflexion et le fruit de son expertise. Je le trouve super bien fichu, donc je vous le partage, j'espère qu'il vous aidera. Je répète l'exercice, elle nous propose dans un premier temps de lister toutes les choses où on pense être trop ou pas assez. Et ensuite, pour chacune, développer un argumentaire sincère d'acceptation, que je suis pile ce qu'il faut, que tout m'a mené à celle que je suis aujourd'hui, et accepter que c'est ma réalité actuelle, plutôt que de se projeter dans une réalité différente qui n'existe que dans notre imagination. Donc déjà, je vous file cet exercice, et puis dans un second temps, j'aimerais répondre à ce qu'elle dit, quand elle me dit, je me demande si ça a vraiment à voir avec l'extraversion, ou si l'extraversion n'est pas un simple... prétexte que ton cerveau prend pour justifier sa peur d'être trop ou pas assez, dans le sens où si tu étais introverti, il se dirait peut-être la même chose. Mon introversion m'interdit d'être malade car je ne suis pas assez. Et je pense que Cahoutard a une fois de plus raison. Ce que je veux dire par là, c'est que quand j'ai écrit la newsletter et que quand je l'ai vécue, pour moi ma prise de conscience était je suis extravertie, je suis extravertie, je suis très drôle, je prends beaucoup de place et donc je n'ai pas le droit d'être malade parce que si je suis malade ça... enlève à mon professionnalisme et donc les gens vont dire bah voilà elle c'est que la petite rigolote et tout. Mais en fait je crois que ça a plutôt à voir avec le fait que toute ma vie j'ai eu l'impression de ne pas être assez. Et je suis tout le temps en train de performer que ça soit même avec mes amis. C'est très très rare les personnes enfin non c'est faux. Mes amis je ne performe plus avec eux parce que je peux avec avec eux je peux être qui je suis et il y a des jours où bah j'ai pas envie donc je m'en tape. Mais par exemple la dernière fois c'est tout bête et j'ai eu rendez-vous avec mon psy, c'était il y a trois jours. J'ai eu un rendez-vous avec mon psy et genre, je n'avais rien à raconter. Enfin, il n'y avait rien qui allait mal, donc je n'avais rien à raconter de mal. Vous voyez, je n'avais pas de trucs tristes à raconter et tout. Et pendant toute la séance, je me disais, il doit s'ennuyer, il doit s'ennuyer. Et à la fin, je lui ai dit, vous n'êtes pas trop ennuyé ? Il me dit, bah non, pourquoi et tout. Je dis, bah, on a parlé de tout et rien, quoi, mais je ne suis pas arrivée. Parce que moi, à la base, j'ai des gros problèmes, quoi. Et je lui ai dit, je ne suis pas arrivée avec des problèmes. ultra profond, ultra douloureux et tout. Et il me dit, mais c'est OK, Jasmine, c'est mon métier de vous accompagner et quand vous arrivez et que vous n'êtes pas dans l'urgence, c'est bien parce qu'on peut travailler sur d'autres choses, des trucs un peu plus profonds. Là, par exemple, il veut qu'on travaille sur mon Ikigai, etc. Bref. Et il me dit, voilà, on n'est pas dans l'urgence, donc on n'est pas dans la solution immédiate, donc on travaille sur des trucs plus profonds. Et en fait, là, je lui ai expliqué que quand j'avais rendez-vous avec lui, j'étais un peu dans une performance où j'avais envie de le stimuler. Vous voyez ce que je veux dire ? J'ai tout le temps envie de stimuler les gens. Et avec mes amis, ça va parce que je les connais depuis longtemps et que je n'ai plus rien à prouver. En tout cas, selon moi, je n'ai plus rien à leur prouver. Je suis stimulante, elles le savent, sinon on ne serait pas amies. Elles me stimulent aussi, sinon on ne serait pas amies. Et puis voilà. Mais avec les gens que je viens de rencontrer ou dans le cadre du travail, il faut toujours que je sois dans une ultra performance. Et en fait, là, moi, j'ai lié ça à l'extraversion. Mais je crois qu'en fait, même si je n'étais pas extravertie, je me dirais non, mais en fait, il faut toujours que je sois au top du top du top. top du top, alors qu'en fait j'ai l'impression déjà d'être quand même pas mal, mais je me sens jamais assez en fait, vous voyez ce que je veux dire ? Je me sens jamais assez, ou je me sens toujours trop, mais jamais équilibrée, jamais pile poil ce que je suis, jamais à la bonne place. Et donc elle a raison qu'à outard est-ce que c'est pas mon cerveau qui a trouvé l'excuse de l'extraversion, et sur un malentendu j'aurais pu trouver l'excuse d'autre chose un jour, vous voyez ce que je veux dire ? Peut-être qu'en fait je suis juste tout le temps dans la peur de pas être assez, ou dans la peur d'être trop et que je suis pas assez dans l'acceptation. l'acceptation de moi dans le contexte et dans ce que je suis en train de vivre, vous voyez. Donc voilà, je sais pas. Moi, je suis pas du genre à vous donner des solutions et à vous dire, bah voilà, j'ai trouvé la solution, j'ai réfléchi, et puis voilà. C'est faux. J'ai pas trouvé la solution, j'ai juste posé ça comme ça et j'en ai parlé à mon psy et je vais avancer sur ça. C'est tout. Et donc, bah voilà. Si vous, vous vous sentez concerné par cette problématique d'être trop ou pas assez, Et si vous avez l'impression d'avoir trouvé une excuse, par exemple je suis trop extravertie, je suis trop introvertie, je suis trop jalouse, je suis trop timide ou quoi, posez-vous la question si ce n'est pas juste une excuse, comme nous le dit Kauthar, et en fait si ce n'est pas juste qu'on a du mal à être 100% nous et à nous accepter, et à décharger sur une excuse. Et puis dans un second temps, n'hésitez pas à faire le petit exercice de Kauthar. Puis voilà, merci beaucoup Kauthar, si vous vous sentez concerné. Si vous vous êtes reconnus dans ce propos ou quoi que ce soit, eh bien, ça m'intéresserait bien d'en apprendre un peu plus. Vous avez accès à tous mes réseaux, tout ça, dans la description. Donc, n'hésitez pas à m'écrire. Je vous fais des gros bisous et...