- Speaker #0
Des plus petites, justement, j'ai vu cette corruption en marche, c'est-à-dire que quand les collèges ont payé pour avoir des notes, moi je ne voulais pas payer et en fait, mes tests et mes interrogations, elles étaient très différentes de ceux qui payaient.
- Speaker #1
Hello ma star, bienvenue dans ce nouvel épisode de Grosse Rageuse, le podcast des meubles qui en ont marre qu'on leur dise comment exister. Moi, c'est Jasmine. et après des années à me détester parce que je ne rentrais dans aucune case, j'ai décidé d'envoyer péter les inventions et d'enfin m'assumer, pour le meilleur et pour le pire.
- Speaker #2
Je te donne la bonne égare avec ta routine.
- Speaker #1
Aujourd'hui, je suis coach et mentor en storytelling, personal branding et copywriting. En bref, je suis celle qui t'aide à transformer les t'es trop inspirante en shut up and take my money Ici, on parle cash, on assume nos galères et on se donne la permission d'être qui on est vraiment. Sans filtre, sans bullshit, juste nous. Alors mets tes écouteurs, prends ton petit carnet, ton café, ton thé et même ton matcha et prépare-toi à un moment de pure folie. Allez, c'est parti mon kiki
- Speaker #2
Hello Corina,
- Speaker #0
comment tu vas Salut Jasmine, bien et toi
- Speaker #2
Super, je suis trop heureuse de te retrouver dans cet épisode de Grosse Rageuse. C'est l'un des premiers épisodes qui est vraiment filmé. On est actuellement dans des bureaux vers la part d'yeux, donc merci d'avoir accepté d'être ici.
- Speaker #0
Avec plaisir, avec plaisir.
- Speaker #2
Pour la petite anecdote, on l'a déjà enregistré il y a un moment, les rushs étaient dégueulasses, le son était dégueulasse, et même là on a un petit peu stressé pour le son parce qu'on a eu un traumatisme.
- Speaker #0
Mais le son c'est super important, donc let's go
- Speaker #2
Bah ouais, en plus c'est ton taf, donc tu maîtrises bien. Corinna aujourd'hui... Le sujet que j'aimerais qu'on exploite, les gens l'ont vu en cliquant sur l'épisode, ils ont vu le titre. Donc c'est vraiment l'idée de venir de rien mais pour de vrai. Le pour de vrai, je m'expliquerai, mais c'est parce qu'on est vraiment dans une ère de storytelling où tout le monde abuse du storytelling, tout le monde abuse des galères, de la misère. Et je voulais vraiment exploiter cette notion de pour de vrai avec toi parce que, tu vas nous raconter. Mais il y a... pas un storytelling pipo, on n'est pas sur du biton, on est vraiment sur une vie de travail acharné, une vie de galère. Est-ce que déjà pour commencer, tu peux te présenter
- Speaker #0
Hello, déjà merci beaucoup de m'avoir reçue ici et de m'avoir invitée. Moi c'est Corinna, j'ai 32 ans, je suis originaire de Moldavie, je suis née à Moldavie, j'ai grandi jusqu'à mes 10 ans dans un petit village perdu qui s'appelle Guidouleng. Salut
- Speaker #2
Salut les gens de Guido Leng
- Speaker #0
Ouais c'est ça Jusqu'à mes 10 ans là-bas Puis à 10 ans Je pars à la capitale Où j'habite jusqu'à
- Speaker #2
17 ans Comment ça s'appelle la capitale de la Moldavie
- Speaker #0
Chisinau Exact Et puis entre 17 et 18 Je vais en Italie où je vais y habiter pendant 5 ans avant d'arriver à 22 ici en France. Donc un beau parcours résumé en quelques lignes. Et sinon, qu'est-ce que je fais aujourd'hui Aujourd'hui, je suis experte en marketing digital pour les conseillers immobiliers avec une casquette aussi sur la création de vidéos courtes.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai, tu t'es vachement spécialisée dans ça. D'ailleurs, n'hésitez pas à aller voir le travail de Corinna, il est assez excellent sur tout ce qui va être réel, etc. C'est assez intéressant. Tu dis que tu viens d'un petit village et que tu vas dans la capitale. Comment ça se passe Pourquoi tu passes du village à la capitale
- Speaker #0
Ouais, par rapport au storytelling, le fait que tu as dit que beaucoup de gens en abusent, moi j'ai de la moitié, mais je ne l'exploite pas. Parce que parfois j'ai trop peur de tomber dans le cliché. Et parfois je me dis que les gens ne vont pas forcément y croire. Donc moi, jusqu'à 10 ans, j'habite à la campagne avec ma maman et ma grand-mère. Et puis à 10 ans, ma mère, elle part en Italie.
- Speaker #2
Toute seule comme ça
- Speaker #0
Toute seule comme ça. Et vu le fait que ma grand-mère, elle ne pouvait pas vraiment s'en occuper de moi, je suis partie avec la sœur de ma maman, habiter à la capitale. Donc tout un changement global. Donc ma mère, elle part. Il faut que quelqu'un s'occupe de moi, j'avais que 10 ans, et c'est là que je quitte mon petit village avec mes amis, avec mes habitudes, vers la capitale.
- Speaker #2
Et si c'est pas trop indiscret, pourquoi ta mère elle part et elle te laisse
- Speaker #0
Et bah elle part parce qu'il n'avait pas des opportunités de travail. En fait la Moldavie encore aujourd'hui c'est un pays qui est extrêmement pauvre. Mais à l'époque c'était très près la sortie justement de l'Union soviétique. Donc on est très très pauvre. L'unique travail entre guillemets qu'on peut faire c'est travailler les terres. Ma mère elle l'a fait sauf qu'elle se rend compte qu'elle peut pas. tout à fait subvenir à tous les besoins. Elle ne trouve pas un travail dans son domaine d'activité qu'elle a étudié.
- Speaker #2
Qui est quoi,
- Speaker #0
par exemple Dans la compta.
- Speaker #2
Ok, c'est une petite comptable.
- Speaker #0
Voilà. Et puis, elle décide de partir en Italie. Parce qu'à l'époque, donc là, on parle d'il a plus de 25 ans. À l'époque, c'était vraiment comme ça. Les gens, ils partaient à l'aventure. Ils partaient aussi clandestinement. parce que ma mère est partie clandestinement à l'Italie. Elle part pour cette raison-là, parce qu'elle n'a pas de travail. On était très pauvres, finalement. Elle essaie de m'offrir un peu à sa façon ce qu'elle peut de mieux.
- Speaker #2
C'est violent de perdre sa mère, enfin de perdre, elle n'est pas morte, mais c'est violent de voir sa mère partir et d'aller vivre avec sa tante.
- Speaker #0
Sur le coup, je pense que tu t'en rends pas forcément compte. Mais en fait, la violence, elle arrive après. Dans le sens où tu vois pas ta mère pendant 5 ans. Donc je l'ai pas vue pendant 5 ans. T'étais proche de ta mère C'était l'unique personne que j'avais. Avec ma grand-mère. Ma grand-mère, je quitte la campagne.
- Speaker #2
Donc elle,
- Speaker #0
tu la vois pas souvent non plus Je la vois quelques fois. Ouais. Et ma mère, elle part en Italie. Oui. Donc voilà. C'est violent et en même temps, c'est des choses qui sont tellement normalisées. C'est-à-dire que de cette violence-là, je me suis rendue compte un peu plus tard avec la réflexion, avec la maturité que je n'ai aujourd'hui et avec le recul que je l'ai aujourd'hui. Mais à l'époque, on me disait que c'est ça la normalité, que c'est normal, que de toute façon... Il y a toute une génération qui a été sacrifiée, parce que c'est vrai. Je ne suis pas un cas isolé. C'est presque toute ma génération. 90% des enfants de ma génération ont vécu ça, et même peut-être pire, en fait. Parce que moi, j'ai eu de la chance d'aller, entre guillemets, avec ma tante. Il y a eu des enfants qui ont été laissés avec les voisins, avec un pote, avec je ne sais pas qui. Et en fait, ils ont été peut-être battus, maltraités. Et en fait, cette violence-là, ça te semble tellement normal, tu vois. Il a, comme dans un pays en guerre ou peu importe, on s'habitue à la violence. Et du coup, on s'y habitue au fait que nos parents, ils ne sont pas là et qu'on ne le voit pas. Et surtout à l'époque, il n'avait pas WhatsApp, il n'avait pas… Je l'entendais une fois par semaine, à mode deux minutes, quoi. Même pas. C'était très différent.
- Speaker #2
Donc, tu vas dans la capitale. À la capitale, tu rejoins ta tante. Et à 17-18 ans, tu vas en Italie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
C'était prévu que tu rejoignes ta mère en Italie ou c'était prévu plutôt qu'elle revienne en Moldavie Non,
- Speaker #0
c'était prévu. En vérité, c'était prévu que moi, je rejoigne ma mère. D'accord. Parce que j'avais forcément envie de... Voilà. déjà de rejoindre ma mère. Et puis, je me rendais compte, en tout cas à l'époque, je ne sais pas quelle est la situation actuelle, mais à l'époque, je me rendais compte que je n'avais pas beaucoup de futur amour de la vie, dans le sens où je ne me retrouvais pas dans la mentalité, pas forcément. Il y avait beaucoup de corruption. Depuis petite, justement, j'ai vu cette corruption en marche, c'est-à-dire que quand j'étais aux primaires, Il avait l'enfant de la maîtresse qui était dans la même classe et du coup qui avait des notes supérieures. Quand on est au collège, on payait pour avoir des notes. Déjà au collège Déjà, déjà. Et en fait, il avait certains profs. Je ne sais même pas si je peux les appeler comme ça. Mais moi, je ne voulais pas payer justement parce que je me suis dit en fait, je ne suis pas bête. Je ne comprends pas pourquoi je dois payer. Et du coup, j'ai refusé. Et en fait, c'était... Mes tests et mes interrogations, elles étaient très différentes de ceux qui payaient. J'avais une prof de biologie, je ne vais jamais l'oublier. C'est dans quelle classe C'est 1, 2, 3. C'était au collège. Donc, je ne sais pas, peut-être que j'avais 14, 15 ans, un truc comme ça.
- Speaker #2
Et parce que tu ne payais pas,
- Speaker #0
elles vous mettaient des pièces Chez nous, je ne sais pas ici en France, mais chez nous en Moldavie, quand tu devais répondre, donc il y avait un interro, une interrogation. Donc, elle veut questionner sur les choses. Tu venais devant la classe.
- Speaker #2
Ah oui, d'accord,
- Speaker #0
oui. C'est un peu comme sur scène. Oui,
- Speaker #2
oui, je vois.
- Speaker #0
Déjà, on te donne toute la lumière sur toi. Ce n'est pas forcément ça qui me dérangeait. Et du coup, la nana, elle me posait une question et elle faisait un, deux, trois. Et si tu ne savais pas la réponse tout de suite, elle dit, si tu ne sais pas dans les trois secondes, tu ne sais pas.
- Speaker #2
Ah, ok.
- Speaker #0
Et donc, imagine.
- Speaker #2
Le stress, l'angoisse.
- Speaker #0
Voilà. Et ça, c'était... Et les questions, elles étaient bien différentes des autres personnes.
- Speaker #2
Mais est-ce que toi, tu avais des questions plus difficiles parce que tu payais pas ou est-ce qu'eux avaient des questions moins difficiles aussi parce qu'ils payaient Ou est-ce que c'était les deux
- Speaker #0
Je pense que c'était les deux. Ouais. Mais l'attitude n'était pas la même.
- Speaker #2
C'est vraiment une peste. Oui, parce que les autres, ils n'avaient pas que 3 secondes.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Ah, c'est vraiment bien. Les autres,
- Speaker #0
ils venaient... Je me rappelle encore. Ils venaient, genre, faire des... des leçons supplémentaires. où entre guillemets on faisait les contrôles comment on peut dire ça contrôle oui c'est un contrôle et ils venaient avec leurs livres ils ouvraient les livres pendant ça tranquille
- Speaker #2
elle faisait semblant qu'elle ne voit pas ah oui d'accord ok c'est à ce niveau là ok donc c'était un niveau donc imaginaux ok
- Speaker #0
Imagine-toi, tu es un enfant qui sait, qui peut apprendre, qui veut apprendre, qui veut aller plus loin. Et tu te rends compte qu'il a le petit-fils de papa qui a de l'argent et qui paye. Et du coup, lui par contre, c'est comme ça. C'est du bois. Et lui, il a des meilleures notes que toi.
- Speaker #2
Donc ça, ça représentait vraiment la Moldavie dans le sens, le côté très... Je ne sais plus comment tu l'as utilisé le mot tout à l'heure, mais il y avait beaucoup de corruption. Donc, c'est pour ça que tu savais qu'après, vers la majorité, tu irais en Italie.
- Speaker #0
Je voulais partir en Europe parce que je savais que si je veux réussir avec mes forces, c'était important pour moi.
- Speaker #2
Oui, de le faire avec tes forces, pas avec de l'argent.
- Speaker #0
En tout cas, à cette époque-là, j'aurais eu du mal. Ok.
- Speaker #2
Et donc, quand tu dis que tu voulais aller en Europe, c'est que tu avais déjà prévu d'aller en Italie ou dans un autre pays d'Europe
- Speaker #0
Initialement, c'était l'Italie. Pourquoi Parce qu'il avait ma mère. Et du coup, j'avais aussi cette envie d'être réunie avec ma mère. Sauf qu'on s'est laissé enfin, on s'est retrouvés adultes en fait. Donc pas tout à fait facile. Non,
- Speaker #2
pas évident.
- Speaker #0
Pas évident. Et du coup, je vais en Italie, effectivement. C'était beaucoup mieux parce que là-bas, j'ai tout de suite senti la différence entre le privilège de maman, papa, l'argent, etc. vs. faire le travail. Et du coup, être cette idée de méritocratie. genre toi tu y mets tout ce que tu peux et tu as les résultats donc je l'ai vu tout de suite par contre là je me suis confrontée à d'autres problématiques type la jalousie de mes collègues parce qu'ils me disaient vu le fait que t'es pas italienne on te met juste les notes pour te faire plaisir alors que j'étais le double slash le triple donc de travail qu'eux, ils faisaient, en fait. Et du coup, je me rappelle toujours le moment où j'avais le droit. Donc, j'étais dans un lycée économico-social. Je crois que ça correspond ici en France. Et du coup, j'avais le droit. On étudiait les lois italiennes, la constitution italienne, que je connaissais mieux qu'eux.
- Speaker #2
Ben oui.
- Speaker #0
Et je me rappelle encore le prof. J'ai eu une interrogation avec lui, donc il a posé les questions qu'il devait poser et tout. Et à la fin, il les aurait fait un grand serment dans le sens, Vous voyez, elle n'est même pas italienne, elle connaît mieux les lois que vous, les Italiens, etc. Donc ça a été un peu bizarre pour moi de l'entendre, mais surtout... Ça a encore mis un petit feu sur les rageux.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #2
Ça, c'est la meilleure manière de créer une mauvaise ambiance. Parce que ça crée encore plus de comparaisons. Les gens te détestent encore plus. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. C'est vrai que je n'ai pas toujours été la plus aimée. Mais bon, j'ai appris à vivre avec. Et voilà, arrivé en Italie, du coup.
- Speaker #2
Ok, donc 18 ans, arrivée en Italie. Tu restes en Italie jusqu'à quel âge A 22. Donc tu commences tes études supérieures en Italie Non.
- Speaker #0
Tu fais quoi Je finis juste mes études. Tu fais le bac Je fais le bac, etc. Je prends une année de césure et après j'ai envie de quitter tout simplement l'Italie.
- Speaker #2
Pourquoi Pourquoi tu continues pas en Italie
- Speaker #0
Parce que pour être transparente, j'adore... L'Italie, j'adore la nourriture, l'architecture, la culture. Les Italiens, ça m'emmerde. Je ne sais pas si c'était moi à cette époque-là qui manquait de maturité, qui manquait du fait de s'imposer, imposer aussi ce qu'on pense et du coup mettre ses limites. Mais en tout cas, je ne me suis pas retrouvée avec les gens, tout simplement. Il avait ça. Et puis, comme je t'ai dit, relation avec ma mère compliquée. Elle s'est construite toute une vie en Italie avec un conjoint.
- Speaker #2
Elle a refait des enfants ou pas Non.
- Speaker #0
Et puis, c'était pas facile pour moi. Parce qu'en fait, je suis arrivée dans une famille où je n'étais pas forcément inclue.
- Speaker #2
Tu lui en veux à ta mère encore aujourd'hui
- Speaker #0
J'ai fait beaucoup de travail. Et je ne pense pas que je lui en veux, je lui en voulais pendant très très très longtemps. Et je suis arrivée à la conclusion, tu vois, genre, en anglais tu dis, imagine à quel point tes parents devaient être fucked up to fuck you so bad. Tu vois ce que je veux dire À quel point tes parents devaient être mal pour te faire autant de mal, entre guillemets. Donc, je pense que ma mère, elle l'a fait avec les moyens de bord et avec ce qu'elle a eu. Et ça, je me suis rendue compte tard.
- Speaker #2
Oui, en vieillissant. Oui. Et aujourd'hui, vous êtes proche avec ta mère ou ça a brisé quelque chose
- Speaker #0
Aujourd'hui, on est beaucoup plus proche que ce qu'on était par le passé. Oui. On est proche, mais il y a quand même des sujets sur lesquels on ne va pas y aller. On essaye d'éviter un peu tous les deux
- Speaker #2
Il y a des trucs qu'on évite d'en parler Ouais c'est ça Donc quand tu lui dis bah bon je pars de l'Italie Et tu décides d'aller en France Pourquoi la France
- Speaker #0
Bah parce que J'avais deux connaissances En Moldavie Qui après le bac sont venues en France A Nice Et du coup je gardais toujours le lien Je posais des questions Et du coup comment ça se passe passe, comment, qu'est-ce que vous aimez, où est-ce que vous en êtes, etc. Et elles m'ont donné un peu d'infos par rapport à comment ça se passe, etc. Et en même temps, moi je découvre le français en Italie. Je commence à apprendre le français en Italie. Et j'avais une prof, le contraire de ce que j'ai pu avoir en Moldavie. C'est-à-dire qu'elle était très investie, ça se voyait qu'elle faisait ça avec passion. C'était simple avec elle, c'était soit tu étudies, soit tu étudies. Il n'avait pas de demi-mesure, même ceux qui étaient les plus flemmards dans ses cours, ils bossaient. Ils n'avaient pas de choix. Et je suis arrivée, déjà eux ils avaient commencé le français, je crois qu'ils avaient fait un an ou deux. Donc, j'ai dû rattraper un peu tout. Même aujourd'hui, j'ai du mal avec les accents parce que cette partie, je ne l'ai pas faite religieusement comme il fallait. Et puis, donc, elle, elle était tellement passionnée par rapport à ce qu'elle faisait qu'elle m'a transmis un peu cette passion-là. Parce qu'initialement, je suis tombée un peu amoureuse de la langue française. Et puis, je me suis dit, bah... pourquoi pas essayer et vu le fait que j'étais tellement dans un environnement toxique Voilà je me suis dit why not donc je suis partie comme ça à Nice alors Non, même pas. Même pas, parce qu'en fait, j'ai demandé les renseignements et en fait, je comprends tout à fait. J'ai essayé, entre guillemets, de dire est-ce que je peux venir chez vous Après, je comprends, c'est normal. Les gens ne peuvent pas t'héberger à l'infini et c'est tout à fait normal. Donc, le fait que j'ai compris que je n'avais pas forcément sur qui compter, j'ai dû trouver d'autres solutions. En même temps, à l'Italie, j'avais cette prof de française qui m'a conseillé de passer un DELF. Je ne sais pas si ça te dit quelque chose. C'est un examen pour le français.
- Speaker #2
Ok. Oui, c'est un peu comme le... Comment ça s'appelle en anglais Le TOEIC.
- Speaker #0
C'est ça. Donc, je passe cet examen et là, je rencontre une dame qui me dit... Je lui dis, en fait, oui, moi, je vais aller en France alors que j'avais zéro toussant. c'est un autre truc t'as visualisé là je disais à tout le monde que je me disais tu manifestais oui mais genre en terminale donc tu sais tout le monde te demande où est-ce que tu vas tu es en France moi je vais en France donc moi c'était c'était ça la manifestation les gars je n'avais aucun plan aucune touche mais j'allais en France donc on me regardait en mode ok et puis il se trouve que je fais cet examen qu'une des examinatrices elle m'a dit me demande pourquoi tu fais cet examen, machin, machin. Donc, je lui explique que je vais en France. Du coup, elle me demande comment tu y vas, chez qui, machin, machin. Du coup, je dis, je ne sais pas encore, mais je vais. Donc, le cas désespéré qu'elle a eu en face, elle me dit, oui, mais tu as déjà entendu de au-père ou hors-deux. Je dis, c'est quoi ça Du coup, elle m'explique que c'est être fille au-père, tu es hébergée dans une famille et que... Grosso modo, tu trouves une famille en France, tu pars en France. Je dis, ça a l'air sympa. Donc, je reviens à la maison. Le jour même, je crée directement un compte au père. Je le crée, je dis un peu où est-ce que je vais y aller, etc. Il se trouve que j'ai trouvé cette famille qui avait besoin de moi. On a fait une interview en mode Zoom. Et c'est comme ça que je prends mes billets. Et j'arrive en France.
- Speaker #2
Et où ça alors Dans quelle ville
- Speaker #0
À Rennes. En vrai, c'était un petit village pontréant à côté de Rennes.
- Speaker #2
Mais donc tu deviens fille au père et en parallèle tu fais des études.
- Speaker #0
Je deviens fille au père et pour les huit premiers mois, je m'occupe de la petite fille Adèle qui aujourd'hui c'est une très grande fille déjà. En parallèle, quelques mois après, je commence les études de français. Parce qu'à l'époque, et je pense que maintenant c'est pareil, pour pouvoir suivre un cursus d'études supérieures, il faut que tu aies au moins le niveau B2. Ok. Or, moi à l'époque, j'avais un B1. D'accord. Donc, il a fallu rattraper le retard, passer ce diplôme-là pour pouvoir ensuite tout simplement déposer ta candidature.
- Speaker #2
Donc, on va dire après peut-être un an. Tu rentres à la fac
- Speaker #0
Moins, parce que j'arrive le 5 janvier 2015. Et en septembre, je pars à la fac. Donc environ huit mois, plus ou moins.
- Speaker #2
Tu fais une fac publique Oui,
- Speaker #0
je fais une fac publique. Je fais un Focom. Et ça aussi, c'est une drôle d'histoire. parce que je sais pas aujourd'hui mais à l'époque c'était très très recherché.
- Speaker #2
Bah oui,
- Speaker #0
mais en fait,
- Speaker #2
ça ne crée plus aujourd'hui. Mais moi aussi, il faut que... C'était,
- Speaker #0
je pense qu'à l'époque c'était genre, tu sais pas quoi, qu'est-ce que tu veux faire, tu vas à un infocom, tu vois, un peu. Et pour être complètement transparente, moi j'ai eu beaucoup de... Je voulais faire beaucoup de choses. Je voulais faire du journalisme, je voulais... Enfin surtout, à l'époque un peu plus mature. Je voulais faire du journalisme parce que j'étais assez douée dans l'écriture, j'étais assez douée à être à l'aise en public. Et du coup, je me suis dit, ça a l'air sympa. Et puis, quand je suis allée aux journées des portes ouvertes, j'ai pris les dépliants, j'ai gardé tout ce qu'il avait dans la liste. Je me suis dit, ok, ça, ça a l'air le plus convenir. Donc, je suis allée un peu par élimination. Ça avait l'air justement à quelque chose qui... pourrait éventuellement me correspondre mieux. Et à l'époque, quand je suis allée donner les documents, ou en tout cas créer ma candidature, je me rappelle encore, c'était les portes ouvertes, et la nana, elle me dit Oui, mais bon, il faudrait que tu postules ailleurs, parce que je suis pas certaine que tu vas être prise. Il y a vraiment beaucoup de personnes qui veulent, et donc tout le monde n'est pas forcément... Oui,
- Speaker #2
bien sûr.
- Speaker #0
Sauf que moi, j'ai un tempérament de tout ou de rien, donc j'ai postulé. Un seul endroit, c'était ça, au rayon. Donc, voilà. Heureusement, j'ai été prise.
- Speaker #2
Heureusement que c'était ça, parce que sans ça, ça n'aurait été rien et tu n'aurais pas été dans le podcast, là. C'est ça.
- Speaker #0
Mais pour comprendre un peu le... Là, avec le récul, je me dis, mais meuf, un peu de sécurité, non Non, en fait, c'était soit ça, soit rien de tout. Donc, je rentre. Au début, c'était super difficile. parce que j'avais qu'un niveau B2 en fait alors que les cours ils étaient pas niveau B2 c'est ça et surtout là on a un langage simple à la fac t'as surtout des profs avec un certain niveau de langage et ils le font peut-être exprès peut-être pas mais en tout cas ils ont un dialogue assez soutenu
- Speaker #2
tenue il est d'ailleurs il ya bourdieu qui est un auteur de ce que le gmc la bourdieu il parle de la violence symbolique et qu'il ya beaucoup de violence symbolique dans les dans les amphis de fac parce qu'en fait la moitié des gens comprennent pas ce qu'ils racontent ouais donc
- Speaker #0
il m'a dit je me rappelle encore comme je connais des notes je reviens de stresser à la maison à essayer de comprendre ce que j'ai pris un autre est pareil là la première année ça a été le double, voire le triple de travail par rapport au français. Et du coup, j'étais... Je me dis, c'est quand que ça va arriver ce moment-là où je vais tout comprendre, quoi. Parce que c'était pas facile.
- Speaker #2
Et ça se passe comment Tu fais une licence d'info-con et après, tu vas en école
- Speaker #0
Et après, je vais à une école de commerce.
- Speaker #2
Laquelle
- Speaker #0
ISEC. Ok. ISEC, à Lyon.
- Speaker #2
Tu passes un concours
- Speaker #0
Non, je n'ai pas de concours. Mais par contre, l'être de motivation, il fallait trouver une alternance de deux ans. Donc, bon courage avec ça. Moi, j'habitais encore à Rennes. Et du coup, il fallait trouver à Lyon. À l'époque, donc là, je te parle d'environ 8-9 ans. Aujourd'hui, faire un entretien vidéo, c'est normal. Tout le monde accepte.
- Speaker #2
Avant, c'était un truc de ouf.
- Speaker #0
Et moi, je me rappelle que je passais les premières étapes. Et dans mon innocence, je proposais aux entreprises de faire la deuxième étape en visio et ensuite la troisième en physique, si jamais vraiment ça correspond. Et je me rappelle qu'on m'a recalée parce qu'ils ont vu ça comme un manque de motivation de ma part. Mais sauf que moi, c'était de l'argent que je n'avais pas payé sur les trains. Donc, j'ai eu comme ça plein de réfus à cause de ça. une deuxième fois à faire à nouveau des candidatures et j'ai essayé de booker, je me rappelle encore aujourd'hui, sur une journée j'ai booké tous mes rendez-vous pour pouvoir ne pas faire d'aller-retour c'est ça, mais je me rappelle c'était le lendemain de la coupe du monde j'avais travaillé jusqu'à 5h de maths parce que je travaillais comme serveuse en parallèle merci le café tu étais claquée j'étais claquée merci Et j'ai fait plein de rendez-vous et j'ai eu la chance de trouver une alternance. Comme ça que j'ai pu rentrer à INSEC parce qu'INSEC, ils m'avaient accepté à condition que je trouve cette alternance de deux ans.
- Speaker #2
Et donc, tu fais l'alternance et après, tu fais quoi
- Speaker #0
Donc là,
- Speaker #2
tu as Bac plus 5,
- Speaker #0
tu fais quoi Là, j'ai Bac plus 5. Ça ne me suffit pas parce que moi, dans la vision idéale de vie, je me dis, je veux un emploi. emploi stable, je veux monter les échelons, je veux travailler dans une grande boîte, je veux,
- Speaker #2
je veux,
- Speaker #0
je veux. Même si constamment, je sais, et je le dis même, moi, je vais créer une entreprise, d'accord, mais pour moi, plus tard, c'est genre 40 ans.
- Speaker #2
C'est pas mal.
- Speaker #0
Il faut de l'expérience, il faut que je connaisse les bonnes personnes, que je sois à l'aise, etc., etc., que j'ai beaucoup d'expérience. d'expérience, d'expertise, que je me sois prouvée.
- Speaker #2
Oui, que tu peux le faire.
- Speaker #0
Voilà. Donc, je décide de partir sur un autre master. Cette fois-ci, un master spécialisé.
- Speaker #2
Oui, donc un master d'un an.
- Speaker #0
Oui, un master.
- Speaker #2
Un master spé, oui.
- Speaker #0
Un master spé. Cette fois-ci, à Aumillon. Ok. Donc, encore une fois, j'ai envie de démontrer que je peux. Oui. Mais voilà, une meilleure école de commerce en France. Oui. Du coup, c'est un peu. un peu une revendication aussi envers moi-même. Voilà, d'où tu viens. Tu vas monter tous les échelons, tu vas faire le mieux du mieux. Ce que je fais, je trouve une super boîte aussi.
- Speaker #2
Après ou en même temps
- Speaker #0
En même temps, parce que je fais pendant mon cursus une sorte de stage de six mois. Et j'ai aussi les CDI. Un CDI plutôt confortable. dans mes conditions, bien payée. Donc, toutes les cases...
- Speaker #2
Ce que j'ai,
- Speaker #0
tout ce que tu voulais. Voilà, tu vois, je suis arrivée là où je voulais être. Et pourquoi En théorie, je dois être super contente, heureuse, machin, machin. Mais en vérité, je ne le suis pas. En vérité, je manque de sens. En vérité, je passe mes journées à faire des choses que ça ne m'apporte rien. En vérité, il y a aussi en même temps le conflit ukrainien, la guerre entre l'Ukraine et la Russie qui éclate.
- Speaker #2
Qui est encore d'actualité et là c'est un truc de fou.
- Speaker #0
Sauf que ça, ça m'affecte beaucoup parce qu'il faut savoir que la Moldavie c'est entre l'Ukraine.
- Speaker #2
Et la Russie. Ah, ok.
- Speaker #0
Donc on est très très proches au final de ce qui se passe. Ça m'affecte énormément. J'ai aussi des amis qui sont ukrainiennes. Et à ce moment-là, j'ai un petit déclic. Parce que je me dis, mais attends, en fait, une guerre peut éclater. Tout ça peut aller, voilà, mal. Et moi, là, je suis en train de me plaindre et de dire que je vais me lancer à 40 ans. Mais ça se trouve, je n'y arriverai même pas. Voilà. Et à ce moment-là, je me rappelle encore, c'est un lundi matin. Déjà, je passe le week-end à pleurer par rapport à la guerre qui venait juste d'éclater. Je passe le week-end à le lit, je passe le week-end à pleurer. Alors que... Ma vie n'est pas à danger. Et puis, lundi matin, j'ai une réunion. Je ne sais pas pour quelles raisons, juste après la réunion, je me mets à pleurer. Comme pas possible. Alors que personne ne m'a insultée, personne ne m'a dit quelque chose de mal. Oui, mais ça ne va pas quoi. Ça ne va pas. Et puis, je prends une décision, que je quitte la boîte.
- Speaker #2
Et que tu te lances à toute fonte.
- Speaker #0
Oui. Donc, dans l'après-midi, je contacte mes managers. Je leur dis, en fait, je me barre. Sauf que le truc, ça fait trois mois que je suis en CDI. Donc, je leur dis, j'ai pris ma décision, je m'en vais.
- Speaker #2
C'est bien accueilli
- Speaker #0
Ça va. Peut-être derrière. Oui,
- Speaker #2
mais devant,
- Speaker #0
ça va. Mais devant, ça va. Donc, Je quitte. Je me dis, ben voilà, c'est finito, c'est un autre chapitre qui se lance.
- Speaker #2
Et là, tu lances quelque chose qui te convient avec tes valeurs, ta mission.
- Speaker #0
C'est ça. Et là, je lance mon autre entreprise. Je me lance un peu dans le vide parce que j'avais des compétences, certes, dans mon domaine d'activité, mais j'avais énormément de compétences. que je ne maîtrisais pas et je ne soupçonnais pas que je dois avoir. Type commercial, type faire des factures, l'administratif. Il y a énormément de choses que je ne maîtrisais pas à l'époque. Donc je me lance.
- Speaker #2
Et donc aujourd'hui, ça fait 3 ans, 4 ans que tu as ton compte Oui,
- Speaker #0
ça fait 3 ans que je suis à mon compte.
- Speaker #2
Et tu as vraiment un parcours de fou parce que tu as vraiment tout fait pour... faire ce que tu voulais dans ta vie, ça fait quoi de réussir à enfin être à la bonne place après avoir galéré, être passée dans plusieurs villes, de plusieurs pays
- Speaker #0
C'est beau parce que je suis fière, mais en même temps, j'avais une copine qui me dit mais tu ne te rends pas compte Et en fait, je ne me rends pas compte. Parce que dans ma tête, je n'avais pas d'autre choix. Quand les gens me disent mais comment t'as fait pour moi, je n'avais pas d'autre choix. C'est juste fallait, si je voulais m'en sortir, si je voulais fallait justement que je travaille pour en fait, c'est normal. Mais aujourd'hui, je suis fière c'est que les débuts, c'est le moi. C'est vraiment le début de la Corina qui s'en sort la Corina qui a envie de réussir. La Corinna aussi qui a envie de ne pas se faire chier. La Corinna aussi qui a envie d'être heureuse. Et du coup, même dans mon business, il y a des choses que je travaille pour que ça se passe le mieux possible, pour que je sois dans ma zone de génie, pour que je sois accomplie et je le suis déjà. Mais c'est un travail qui se fait…
- Speaker #2
Oui, sur le long terme, jusqu'à la fin.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #0
Et je n'ai pas forcément une ambition de construire tout un empire. Après, on est très différents. Moi, j'ai juste envie d'avoir une entreprise qui me rend la liberté. Parce que c'est la première raison pour laquelle je me suis lancée dans l'entrepreneuriat. C'est la liberté. en premier. Et si moi, en ayant cette liberté-là, je peux aider aussi d'autres personnes à avoir la leur, c'est jackpot.
- Speaker #2
Super. Je te remercie, Corina. Merci beaucoup d'avoir accepté d'être dans cet épisode de podcast. Merci de nous avoir raconté ton parcours. N'hésitez pas à suivre Corina. Je vous mettrai toutes les informations pour la suivre sur Instagram et LinkedIn. Et si vous êtes des experts en immobilier ou que vous évoluez dans le monde de l'immobilier, n'hésitez pas à travailler avec Corinna, elle saura vous aider.
- Speaker #0
Merci Jasmine.
- Speaker #2
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Ciao, ciao.
- Speaker #1
Ciao. Et voilà, c'est déjà fini ma star. Alors sache que c'était un pur plaisir de partager ce moment avec toi. Si cet épisode t'a parlé, montre-moi tout ton amour. Abonne-toi et mets-moi 5 étoiles sur ta plateforme d'écoute préférée. En attendant, tu peux me retrouver sur Instagram. arrobase jasmine.tweetoo sur ma newsletter Walk Me Up ou encore sur LinkedIn jasmine.tweetoo Tu trouveras tous les liens et toutes tes informations en description. Et puis, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Allez, stay tuned, my little fat bitch.