- Speaker #0
Bienvenue sur Gym Bros, le podcast dédié à tous les gérants indépendants de salles de sport, ceux qui vivent leur passion chaque jour et font bouger leur communauté. Je suis Mathieu, fondateur de la méthode Flex, une approche en trois piliers pour multiplier le chiffre d'affaires de votre salle, attirer plus de membres et les fidéliser durablement. Dans chaque épisode, on part à la rencontre d'un gérant passionné pour découvrir ses stratégies, ses réussites, ses galères et surtout les leviers concrets qui font la différence. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Paul-Antoine qui est gérant de CrossFit Mayenne. Ensemble, on va parler business, communauté, fidélisation et gestion de salles. Salut Paul-Antoine, merci d'être là.
- Speaker #1
Merci Mathieu, merci pour l'invitation.
- Speaker #0
Avec plaisir. On va démarrer, si tu veux bien, par te présenter en quelques mots ton parcours, ce que tu as pu faire avant d'ouvrir ta structure.
- Speaker #1
Eh bien, alors avant, déjà j'ai 36 ans, je m'appelle Paul-Antoine Normand, je suis originaire de Laval en Mayenne, ce qui arrive à situer... On n'est pas très loin de la Bretagne, pas très loin de la région parisienne, un peu entre les deux. Du coup, mon parcours était sportif toute ma vie déjà. J'ai fait beaucoup de sports extrêmes, notamment je passais par le BMX. C'est vraiment là où j'ai adoré le sport et la compétition. J'ai fait quasiment une vingtaine d'années de compétition là-dedans. Et puis, j'ai dû arrêter suite à des blessures pour pouvoir rentrer à l'armée. Mon rêve, c'était de rentrer chez les pompiers de Paris. et du coup j'ai réussi mais juste avant je m'étais pété l'épaule sur une coupe d'Europe en BMX, du coup je me suis dit allez le vélo on va mettre ça un petit peu de côté parce que sinon je vais jamais réussir à rentrer à l'armée et du coup ça l'a fait avec une prépa qui ressemblait déjà à l'époque à du crossfit même si je connaissais pas la méthodologie je faisais beaucoup de poids de corps de course à pied de déplacement de charge aussi mais sans vraiment les mouvements d'haltérophilie mais ça m'a permis quand même de m'entraîner correctement et puis d'arriver sereinement le jour des tests et pouvoir même faire les records à l'époque des tests sportifs, donc ça c'était plutôt cool. Et quand je suis rentré chez les pompiers de Paris, après avoir réussi mes tests, j'ai découvert tout de suite le CrossFit, c'est là que j'ai germé une petite graine. J'ai un ami qui a commencé avec moi à l'époque, qui s'appelait Jérémy Perrechaud, peut-être que certains connaissent. Et du coup c'est lui qui m'a dit « Ah, tu ne connais pas le CrossFit ? » « Non, c'est quoi ce truc-là ? » Et puis comme tout le monde à l'époque, donc là c'était en mars 2011, ça commence à faire un petit moment maintenant. comme tout le monde à l'époque, YouTube, Rich Froning, etc. Et puis on a commencé à s'intéresser un petit peu à ça. Donc moi j'ai fait 6 ans chez les pompiers de Paris et puis mon appétit grandissant avec le CrossFit a fait que il y a un moment je me suis un petit peu décalé de la voie pompier au profit du coaching parce que je faisais du CrossFit tous les jours à la caserne et puis c'était moi qui encadrais une partie des gars aussi là-bas. Et malgré que ça me plaisait bien, que j'étais devenu explorateur longue durée, etc. et que tout était un peu tracé pour continuer, j'ai quand même quitté cette aventure pour rejoindre le coaching. Et puis, c'est à ce moment-là que j'ai rencontré ma copine qui, à l'époque, était également chef d'entreprise. Elle m'a dit, vas-y, on devrait ouvrir une salle. Il n'y en a pas en Mayenne. T'es passionné. Feu, quoi. Et puis, c'est comme ça qu'on a créé CrossFit Mayenne. Donc l'idée a germé au début 2018 et on a ouvert le 1er avril 2019. CrossFit Mayenne, la première salle à Laval en Mayenne.
- Speaker #0
Ok, donc vous avez lancé la structure tous les deux, c'est ça ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ok, si tu veux justement nous parler un petit peu de ta salle.
- Speaker #1
Eh bien, écoute, c'est une salle spécialisée en CrossFit. Bien sûr, on touche aussi à ce qui se fait autour. On a été affilié récemment à Erox, etc. Mais bon, depuis toujours, on a fait aussi des cours d'endurance un peu plus spécifiques, des cours de powerlifting, des cours d'haltérophile, bien sûr. Mais bon, la base, c'est bien sûr le CrossFit. Donc, on a assez bien développé l'entreprise dès le début, malgré le Covid. Ça n'a pas vraiment été un frein. Au contraire, je trouve que ça t'étonne. presque un tremplin parce qu'on a fait beaucoup d'événements grâce à ça du train matériel et en fait les gens ont pu ressentir qu'il y avait un vrai esprit communautaire qu'il y avait l'envie d'aider les gens aussi et donc du coup finalement ça a presque plus fait de la pluie que quoi que ce soit et ça a tellement bien marché qu'on s'est dit c'est un petit peu con de s'appeler CrossFit Mayenne à Laval et ne pas avoir d'autres structures en Mayenne qui est le département Et donc, on a ouvert CrossFit Mayenne 2 à l'époque à Château-Gontier, puis CrossFit Mayenne 3 à Mayenne. Ça faisait trois structures à gérer. Et puis maintenant, la vie a fait que je m'en suis séparé de deux, les deux dernières. pour revenir me reconcentrer vraiment à fond sur la première. Et aujourd'hui, je me retrouve avec mes deux coachs à temps plein avec qui je travaille très bien. Donc, on est trois dans la structure, plus ma femme qui est un peu en backstage, mais qui fait partie de l'entreprise. Et on gère ça de manière assez cool. Donc, en parallèle, on a fait aussi pas mal d'événements. Ceux qui connaissent, bien sûr, les mains in slowdown que j'ai créées. Mais voilà, ça a évolué gentiment.
- Speaker #0
Ok, ta structure, tu as combien de surface ? Aujourd'hui, tu es ouvert sur quel jour de la semaine ? Et puis, un petit peu, où est-ce que tu en es niveau adhérent, niveau dynamique ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, c'est une salle qui est à maturité. On a 500 mètres carrés, on a environ 300 membres. On a un peu plus de 220 adhérents mensuels. Et puis, on a à peu près entre 100 et 150, ça fluctue, carnet séance. c'est quand même assez rare, il n'y a pas beaucoup de salles je crois qui ont autant de carnets séances mais c'est aussi dû au fait qu'on propose soit de l'illimité donc du coup les gens qui viennent 2, 3, 4 fois près de l'illimité ceux qui viennent moins payent que ce qu'ils consomment et donc sont en carnets séances on a fait ce choix pour le coup chez nous ça marche et c'est pas plus mal et puis après parfois ça permet juste de mettre le pied à l'étrier, prendre un carnet de 10 tester un petit peu, voir si les personnes ou La récurrence sur l'entraînement, c'est le cas, il rebascule vers un abonnement. Mais voilà, aujourd'hui, ça suffit pour avoir deux coachs à temps plein, plus moi en tant que gérant. La structure tourne plutôt bien, donc c'est cool.
- Speaker #0
Oui, et vous répartissez du lundi au samedi ?
- Speaker #1
Lundi au samedi, samedi assez tôt, on ne ferme pas non plus trop tard, on ferme à 16h15. Et quoi qu'il arrive, le dimanche, pour nous, c'est off et ça sera toujours off. sinon je pense que j'aurai des athlètes qui viendraient 6 jours sur 6 et en réalité c'est un peu s'éloigner de la méthodologie crossfit, j'aime bien leur dire allez faire du vélo, allez faire du K&E allez faire du padel ou je sais pas quoi mais découvrir d'autres sports ça fait partie aussi intégrante de notre objectif que de développer le sport avec des entraînements qui sont parfois un peu plus longs parce que mine de rien on est un peu calibré sur des cours d'une heure c'est assez compliqué de faire des cours plus longs et donc pour toutes ces raisons faites de l'endurance un peu plus longue et du triathlon etc à ce point.
- Speaker #0
Et justement, tu parles un petit peu vision des choses, c'est quoi la vision, l'ADN de ta salle, ce que tu as envie de transmettre au quotidien, notamment à tes adhérents ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question, parce que je pense que tout le monde y trouve des choses différentes, même si moi à la base, j'y amène une certaine rigueur, je pense, une certaine structure. Mon côté militaire fait qu'en général, c'est propre et bien rangé, que les gens se disent tout le temps bonjour. Après, j'aime inclure les gens et je pense que c'est quelque chose qu'on ne voit pas toujours partout, mais à chaque début de cours par exemple, on commence toujours par un tour des prénoms pour se présenter en tant que coach, mais aussi présenter les adhérents qui vont s'entraîner sur notre classe. Parce que vous avez beau être avec des habitués, il y a toujours un petit nouveau qui ne lui connaît pas tout le monde et c'est peut-être le meilleur moyen de l'intégrer au minimum avec son prénom. Ça, ça fait partie des petites choses. Après, le fait d'avoir des temps aussi entre chaque classe. pas partout mais moi j'aime bien avoir le quart d'heure de battement entre chaque début de cours parce que ça nous permet d'échanger de ne pas être non plus dans le speed entre deux classes d'avoir aussi les gens qui arrivent du cours et ceux qui repartent qui ont l'occasion d'échanger même si ce n'est pas très longtemps et bien ah vous avez fait combien et tout ah ça avait l'air cool je te conseille cette stratégie etc et bien ça crée une certaine émulsion de groupe je trouve et pour toutes ces raisons j'ai l'impression que mes adhérents se sentent bien où ils sont et... on a un bon taux de civilisation.
- Speaker #0
Ok. Et qu'est-ce que tes adhérents trouvent comme intérêt de venir chez toi et pas chez un autre ? Est-ce que tu as réussi à créer quelque chose selon toi qui fait que tu es arrivé à un joli niveau ?
- Speaker #1
Difficile de répondre à cette question sur ce lanceur des fleurs, mais je pense qu'on a un niveau de coaching qui est meilleur qu'ailleurs. Alors, meilleur qu'ailleurs des autres salles de foot. de fitness traditionnel on va dire que c'est relativement facile parce que je pense que quand même globalement toutes les box de crossfit cherchent l'excellence dans le coaching enfin du moins je l'espère et je pense que c'est aussi ce qui fait la différence avec du coaching traditionnel le fait que déjà on connaisse chaque adhérent et par son prénom et par ses bobos et par ses objectifs et par tout un tas de choses que du coup on a des classes qui ne sont pas non plus des classes de 50 nous on reste sur 12, 14 de part. parfois un petit peu plus, mais ça reste assez rare. On aime bien être sur des cours de 12. Donc avec un coach bien formé, level 1, level 2 et d'autres formations, c'est tout à fait envisageable de dispenser. une très bonne qualité de classe on a envie que les gens passent la meilleure heure de leur journée et ressortent avec du coaching et je pense que ça, ça se fait à chaque entraînement donc c'est déjà une vraie plus-value et puis déjà on en est aussi à la base la seule salle de crossfit du coin, puisque si vous voulez faire du crossfit en Mayenne, ça passerait par les salles que j'ai créées, forcément, il n'y en a pas d'autres parce qu'on a aussi verrouillé un petit peu le marché en Mayenne et donc je pense que ça n'a pas vraiment aidé d'autres gens à venir ouvrir leur salle Merci. Ils se sont dit, si la CrossFit Mayenne, ils sont déjà suffisamment structurés, peut-être que ça va faire beaucoup d'avoir une deuxième ou une troisième structure dans ce genre de ville, plutôt de taille moyenne, voire plus petite. Donc voilà, je pense qu'on est en concurrence indirecte avec les salles de fitness traditionnelles. On ne peut pas vraiment lutter avec des Basic Fit ou des Fitness Park, parce qu'on ne propose pas la même offre. Mais n'empêche que quand le gars va à Fitness Park, il ne vient pas chez moi. Et quand le gars vient chez moi, il ne va pas à Fitness Park. On est quand même sur une concurrence et ça, il ne faut pas se voiler la face. Il y en a, mais souvent, on retrouve des gens qui font un an, deux ans dans une structure low cost et finalement, on se rend compte assez vite que les projets, les objectifs qu'ils ont mis en place, ils ne sont pas toujours atteints et ils veulent un coaching un peu plus premium et souvent,
- Speaker #0
ils reviennent vers nous. Tu l'as évoqué, tu as connu le passage Covid. Est-ce que tu as... Tu as mis des choses en place, des actions, entre guillemets, grâce au Covid, pendant cette période Covid, et que tu as conservé encore aujourd'hui, et qui finalement n'étaient peut-être pas dans les idées de départ du projet ?
- Speaker #1
Eh bien, je ne crois pas. Je pense qu'on avait mis en place des actions avant le Covid, qui ont simplement perduré. Le fait de faire juste le petit check avant, eh bien, mine de rien... Je pense que dans la plupart des box de CrossFit, ça fonctionne comme ça. Mais malgré tout, pendant le Covid, on ne faisait pas la bise, on faisait des checks aussi. Et ça, on l'a instauré depuis le début. Le côté hygiène, le côté le fait que tout le monde range et nettoie son matériel à la fin des cours, c'était déjà le cas avant. Donc, ça n'a certainement pas eu de raison de changer après. Donc, je ne pense pas qu'il y ait eu une véritable révolution. Les gens se sont juste sentis peut-être accompagnés plus ici qu'ailleurs. il n'y a pas eu spécialement d'évolution à ce niveau-là. Peut-être que tu as des exemples où je vais me dire, ah ouais, tu as raison.
- Speaker #0
Non, mais peut-être des idées d'action, d'événements, d'animation que tu as fait peut-être à distance et que tu as renouvelé après en salle.
- Speaker #1
Ce n'est pas très fun du distanciel. Je travaille assez peu avec les zooms, etc. On n'a pas eu le choix de s'y mettre et on l'a fait, bien sûr, pendant le confinement. Tout le monde est reparti. Il n'y avait plus rien dans la salle. notamment le deuxième, mais aussi pendant le premier, de distribuer du matériel. Il ne restait plus que le rig et les cordes. C'est le seul truc qu'on n'a pas décroché. Et donc forcément, il y a eu les petits appels à chaque adhérent. Il y a eu les zooms un petit peu tous les jours pour dispenser le workout of the day. Même si c'était à une heure fixe, on n'a pas fait six sous sept créneaux, mais on en a fait un au moins par jour et c'était cool. Donc il y en avait un qui avait un kettlebell, l'autre une dumbbell, l'autre un eco-bike, l'autre machin. Mais on pouvait quand même faire des choses, il fallait juste se casser un petit peu les méninges. Et non, non, ce n'était pas une période si difficile. On a gardé le chiffre d'affaires parce qu'on a continué de donner du service. Et je pense que les gens l'ont compris, se sont aussi adaptés, ont vu qu'on ne s'en fichait pas à deux. Donc voilà, on a pu rebondir. Et la période la plus dure, en réalité, c'était presque la période où on avait pu reportir sur les classes, mais en extérieur et à 5, parce que là, en réalité, on a dû faire des séances. Je ne sais pas combien, on faisait des séances de 30 minutes, je crois. Et on en faisait, je ne sais pas combien dans la journée, pour pouvoir accueillir le même volume que ce qu'on aurait dû faire habituellement. Et donc là, je me rappelle des hivers, il y avait les skierks dans la neige, on faisait du biathlon, c'était des JO. C'était assez rigolo. Ça a un peu niqué le matériel, mais bon, on n'avait pas trop le choix. beaucoup bossé en extérieur pendant je ne sais pas combien de temps d'ailleurs, plusieurs mois, ça m'a paru interminable ce truc-là, et quand on a eu la chance de revenir dans la salle, c'était vraiment le grand luxe on a eu vraiment l'impression que le CrossFit est trop bien on a de l'espace, on a une atmosphère qui est sécurisée on a du matériel, on a des coachs je pense que les gens se sont sentis vraiment valorisés quand ils ont pu revoir tout ce qu'ils avaient le droit de faire
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que justement le fait qu'ils soient mis en avant, valorisés, et plus la qualité du coaching, c'est ce qui les fait rester en termes de fidélisation, et surtout aussi c'est ce qui leur permet de parler, d'être les meilleurs ambassadeurs finalement de ta structure, et ce qui a fait au fur et à mesure grandir, construire la salle, et qui permet aujourd'hui de bien fonctionner ?
- Speaker #1
Oui, il y a plusieurs choses qui les fait rester, je pense déjà c'est le lieu. En réalité, les gens sont fidèles avant tout à un lieu plutôt qu'à un coach. Ça, je m'en suis assez vite rendu compte. il y a toujours des liens d'affinité avec les coachs mais globalement tu peux parfois changer des coachs sans changer de lieu et il y a quand même une fidélisation qui se fait. Maintenant si tu veux les garder tes adhérents depuis 7 ans et plus parce qu'il y a des affiliés maintenant même en France qui ont plus de 10 ans et c'est vraiment cool, je pense que c'est pas que par l'événement, oui on peut faire des petits événements etc mais parfois les gens peuvent s'en lasser si on fait toujours la même chose je pense que c'est par le niveau d'exigence que tu leur demandes si tu dis ok lui il est bon vas-y je vais pas le coacher Merci. où c'est bon tu sais faire les pull-ups, très bien, tu passes à côté d'une évolution et le gars une fois, deux fois, trois fois au bout d'un moment il va se dire pourquoi je ne fais pas de l'open gym, pourquoi je ne paierais pas un peu moins cher dans une autre salle. Eh bien, même mes compétiteurs, même si c'est des compétiteurs on parle d'un niveau international ou quoi, mais il y a toujours des gens qui veulent faire des slowdowns, il faut avoir un œil sur eux, peut-être même plus que pour des débutants et ne pas les lâcher et être encore plus exigeant, avoir un œil plus aguerri encore. Ça nécessite de la formation au niveau des coachs parce que forcément, ça nécessite de voir les fautes et de pouvoir les corriger. Mais je pense que quand tu es exigeant avec tes athlètes, ils ont envie de revenir aussi parce qu'ils se sentent toujours progresser. Et il faut vraiment penser à ces athlètes intermédiaires avancés qui peuvent stagner. Et donc, du coup, pour éviter qu'ils stagnent, il faut pouvoir leur proposer des choses. Et ça va aussi avec les cours spécifiques parce qu'ils peuvent se rendre compte que, tiens... sachant que j'ai quand même une difficulté sur l'haltérophilie, ce serait pas mal que j'en bosse. Et si tu ne proposes pas de cours d'haltéro, mine de rien, ils vont peut-être avoir des difficultés pour continuer à évoluer, parce que s'ils ne viennent pas sur la classe où il y a de l'haltéro, ou les deux classes dans la semaine où il y a de l'haltéro, c'est dommage, ils se sont passés à côté. Donc proposer des nouveaux cours avec des courses P, très très exigeants pour le coup, sur la gym, sur l'haltéro, etc. Ça leur permet de faire évoluer un petit peu tout le monde, et donc ils sont contents quand ils passent des choses qu'ils n'avaient pas passées avant. Je pense que tout le monde est pareil, tout le monde a envie de progresser.
- Speaker #0
Ça fait partie de l'accompagnement complet auprès de tes adhérents. Tu vas aussi savoir les guider, les conseiller sur ces types de cours SP ? Oui, c'est pour ça que je ne suis pas spécialement fan de l'open gym.
- Speaker #1
On le propose quand même. Il y a toujours des gens qui ont envie de faire un petit peu plus, etc. Mais je n'aime pas que mes adhérents sortent des classes. je veux garder une à deux classes par semaine au moins même avec les gens qui ont une programmation souvent c'est des programmations que mes coachs font et là du coup je trouve que c'est cohérent parce que ils connaissent la programmation du jour et donc ils vont pas faire n'importe quoi par rapport si t'avais une programmation qui venait d'ailleurs parce que finalement tu suis telle prog ou telle prog c'est très bien mais quand tu vas faire la classe tu vas peut-être refaire quelque chose que t'as déjà fait et donc être éclaté etc c'est pas très cohérent Merci. Mais le fait de garder un pied dans la classe, je prends toujours l'exemple d'Anitores Dottir et d'autres, c'est que tu as beau être une championne ou un champion, ça n'empêche pas que revenir aux fondamentaux, être coaché, être encadré, de voir que le coach est en capacité de savoir si tu es en surentraînement, en surecuperation, ou que finalement, tu es pas dans la meilleure forme du moment et qu'il va falloir quand même adapter l'entraînement. Ou alors, à l'inverse, on te pousse un petit peu plus que ce que tu as l'habitude de faire tout seul dans ta prog dans ton coin. ça me semble important. Donc j'évite de laisser des brebis s'égarer toutes seules. Allez, reviens vers moi, fais le port avec nous. Et t'inquiète pas, tu vas la prendre, ta cartouche, et tu vas voir que c'est vachement plus sympa quand on est ensemble.
- Speaker #0
Salut, c'est Mathieu. J'ai lancé Repair Sport, une newsletter premium bimensuelle pour les pros du sport santé. Gérant de club, boxe de crossfit, coach, l'idée est simple. Toutes les deux semaines, tu reçois un briefing de 10 minutes avec les signaux marchés, des chiffres clés, une étude scientifique expliquée simplement, des tendances internationales et des opportunités business concrètes. C'est neutre, actionnable et chaque chiffre est sourcé. Si tu veux prendre une longueur d'avance, repère sport, le lien est en bio Instagram. On va parler un petit peu toi de ton rôle de gérant, de chef d'entreprise. Quel est un petit peu ton quotidien, ta semaine, qu'est-ce que tu fais au sein de ta structure ?
- Speaker #1
Maintenant j'avoue que c'est quand même vachement plus agréable que ça n'a été, puisque avant j'étais quand même au four et au moulin, donc à être. et sur le planning et à faire la gestion avec les gars la gestion et le management bref ça faisait beaucoup de choses, aujourd'hui je suis beaucoup plus en arrière et c'est très très bien et je pense que si tous les owners ont ce rôle ils vont avoir beaucoup plus la capacité de développer leur entreprise parce qu'on n'est pas la tête dans le gibbon tout le temps et le fait d'avoir un pas de recul et d'avoir une vision un peu plus d'ensemble ça permet toujours de pouvoir corriger les petits couacs et réadapter. Donc aujourd'hui, moi, je suis là vraiment pour gérer mes coachs. J'ai quand même le rôle d'être coach, on va dire, avec un petit oeil quand même sur la programmation, encore que globalement, c'est la programmation CrossFit à fil de programming aujourd'hui qu'on utilise. Donc, on garde une grosse trame. et on change des trucs qui nous plaisent un petit peu moins ou des trucs qu'on a envie de faire qui sont un petit peu plus fun parce que ce n'est pas toujours très fun. Nous, on aime bien ce côté quand même crossfit sympa. Il ne faut pas toujours faire des trucs rigolos, mais si on ne fait que des thrusters et des burpees et des U, il faut changer. On a la chance d'avoir pas mal de matos. Donc oui, on va utiliser les sleds, oui, on va utiliser les pegboards, oui, on va utiliser des trucs qui changent un petit peu et qui sont sympas. Maintenant, moi, je suis plus dans le côté… La gestion de la salle, parce qu'il y a toujours des petits travaux, il y a toujours du ménage aussi, des trucs un petit peu qui sortent de l'ordinaire, ce n'est pas forcément les vestiaires. Il y a ce côté gestion des réseaux sociaux, puis la gestion administrative globalement. Maintenant, j'ai aussi un petit peu de temps pour moi, et ça c'est cool, parce que je peux m'entraîner tous les jours avec mes athlètes, et ça c'est un truc que j'adore faire. C'est tous les jours à midi et demi, je suis avec la classe, et du coup je me fais coacher par mes coachs, et en même temps, je les aide à encadrer la classe. Du coup, ça montre aussi que ce n'est pas « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais » , non, c'est « faites ce que je dis et ce que je fais » , parce que ça marche. Si aujourd'hui, je reste encore un petit peu compétitif, ça devient compliqué à se qualifier sur les throwdowns, mais quand même, c'est qu'en fait, la programmation, elle fonctionne. Ce qui compte, c'est mettre de l'intensité et puis de continuer à être encadré et d'évoluer au niveau technique. Et donc, finalement, j'aime beaucoup ce petit moment de 12h30 à 13h30. C'est plutôt cool. En fait, moi, je ne fais quasiment que ça. Je fais une heure d'entraînement, c'est cette heure-là. Les autres heures de sport que je peux faire, c'est d'autres sports, pas forcément du crossfit.
- Speaker #0
Et finalement, cette heure d'entraînement, est-ce qu'elle n'a pas un réel avantage pour toi en tant que gérant et en tant que coach ? C'est-à-dire que finalement, tu restes aussi connecté au plus proche de tes adhérents, de ce que vivent tes adhérents. Mais ça te permet aussi d'avoir un regard, un œil critique dans le bon sens du terme pour tes coachs, pour aussi les faire évoluer aussi par rapport à ce que tu peux vivre toi en tant que, finalement, un grand. Exactement.
- Speaker #1
Le truc qu'on souffre le plus en général en tant que coach, c'est de ne pas recevoir de feedback. Et c'est toujours intéressant de dire, « Tiens, pourquoi tu as fait ça ? » « J'ai fait ça pour telle raison. » « Ah, ok, d'accord. » Mais tu aurais peut-être aussi pu l'amener comme... Peut-être que sur ton listen plan, il aurait fallu changer ça, Et tu verras, tu vas gagner du temps. Et puis finalement, le coaching sera mieux. Et puis en même temps, tu as raison d'être très proche de mes athlètes. Ça permet de garder la température, d'instaurer aussi un climat qui est un peu sympa. Parce qu'en réalité, quand tu as et le coach, et le owner, et les adhérents, souvent, c'est un entraînement qui plaît bien. Et tu vois, le midi et demi, c'est tout le temps blindé. Donc finalement, ça fonctionne assez bien. C'est pas que grâce à moi. avant tout grâce à l'horaire, mais ça contribue à une atmosphère qui est sympa. Et puis moi, je continue quand même à coacher puisque dès que les coachs sont malades en vacances ou blessés, hop, je suis la troisième roue de secours. Et ça permet d'avoir une continuité, de ne pas juste être... Je souffrais un peu de ça à l'époque où j'avais plusieurs structures. C'est d'être un peu le patron incognito. Je déteste ça. J'ai envie de connaître tout le monde, que tout le monde me connaisse et qu'on évolue ensemble. Si tu arrives un petit peu comme ça et que finalement, tu ne coaches jamais vraiment et que c'est qui lui déjà ? Je trouve que dans le crossfit, ça ne marche pas. Il faut être là avec les gars.
- Speaker #0
Est-ce qu'aujourd'hui, tu te sens plus coach ou plus gérant, chef d'entreprise ?
- Speaker #1
Non, maintenant, je ne suis plus coach. Après, j'adore coacher et en réalité… Je suis presque content quand les gars me disent « Attends, je peux poser une journée de congé là ? » Parce que ça me remet dedans et c'est très très cool. Mais non, non, aujourd'hui, je ne suis plus… Tu vois, j'ai fait une dizaine d'années de pompier, seulement six vraiment à la BSPP, mais avant j'étais volontaire. Là, ça fera bientôt une dizaine d'années dans le coaching aussi. Je pense qu'on a des phases et qu'on évolue tous et qu'en réalité, je ne dis pas que je veux passer la page. garder quand même ce côté coaching et je continue à me former, etc. Il y a plein de choses que je trouve intéressantes. Mais je vais plutôt aller vers la gestion et puis développer d'autres petites choses. Là, en ce moment, je développe pas mal d'événements essentiels, que ce soit sur du team building avec pas mal d'idées, soit sur l'événement sportif. Mais il y a aussi d'autres choses qui m'intéressent. La programmation neurofonctionnelle, c'est des trucs que j'adore développer notamment avec Steam Care et tout. Bref, c'est des choses vers quoi je vais aller et qui restent dans le lien avec le fitness. mais qui me permettent d'évoluer quand même. Donc je pense qu'on a tous envie de continuer à évoluer, mais maintenant, moi je suis tellement amoureux de la méthodologie crossfit que j'ai besoin de m'entraîner tous les jours en crossfit, je trouve ça génial.
- Speaker #0
Et finalement, cet équilibre qui évolue au fur et à mesure des années, est-ce que tu ne prends pas autant de plaisir, peut-être même plus ?
- Speaker #1
Oui, je me prends plus. Avant, je m'entraînais solo. Je ne me suis jamais vraiment trop entraîné tout seul parce qu'encore une fois, à l'armée, à 17h, c'était rassemblement et on savait ce qu'on allait faire. Il y avait toujours un groupe avec qui je pouvais m'entraîner et le niveau était assez élevé pour se tirer la bourre. et se mettre des méga cartouches. Mais bon, on avait 20 ans, on faisait n'importe quoi et on était des machines de guerre. On dormait mal, on mangeait mal, mais on faisait des séances de l'espace. Et puis après, je me suis retrouvé un peu plus tout seul dans mes années de formation, de coaching. Quand il n'y avait pas de boxe de crossfit, j'allais en compétition tout seul. C'était relou, tu vois. Je m'entraînais un peu tout seul avec une programmation. Guillaume Magnois. Je te fais un salut, j'ai pas réussi à tenir la prog tellement parce qu'il y avait tellement de volume que ça me pétait la gueule. Et puis tout seul c'est pas très rigolo. Et aujourd'hui c'est cool parce qu'il y a plein d'adhérents qui progressent. Il y en a toujours un ou deux qui viennent d'un sport spécifique, de la gym, du vélo ou quoi que ce soit et ils vont te mettre une branlée monumental sur un wood. Et donc du coup ça te permet de te remettre un peu les idées en place et de te dire ah ouais... Lui, il ne fait pas de CrossFit depuis longtemps, mais là, il m'a roosté sur ce vote. Ce n'est pas normal. Il va falloir que je progresse. Même si j'ai dit, je veux garder au minimum le fitness, voire de continuer à progresser. Et donc, aujourd'hui, j'ai une vraie équipe pour m'entraîner. Quand on part en compétition, on part souvent à plusieurs. Et ça, c'est très, très cool. Il y a vraiment eu une communauté qui s'est installée. C'est sympa.
- Speaker #0
OK. Et aujourd'hui, en tant que chef d'entreprise, est-ce que tu as des marqueurs, des métriques, ceux qui sont importants et que tu suis vraiment au quotidien très finement ? Ou est-ce que comme ça roule, tu peux lâcher un petit peu plus de l'est là-dessus et tu te concentres sur d'autres aspects du métier ?
- Speaker #1
Non, en réalité, ça ne roule jamais assez. On a toujours envie de progresser dans notre business comme dans tout le reste. Et donc, si ça roule, c'est bien. mais il va falloir aller trouver des leviers supplémentaires, développer des choses. Après, on a un business qui est… Alors, il n'y a pas de business en France qui est facile. Loin de moi l'idée de dire ça, parce qu'entreprendre, c'est quand même un combat de tous les jours. Même quand on pense que c'est gagné, ce n'est jamais vraiment gagné. Mais le fait d'avoir de la récurrence avec l'abonnement, franchement, c'est quand même génial. Parce que si on n'est pas trop mauvais, on garde une rétention et on sait à un an, à deux ans, exactement le chiffre d'affaires qu'on va faire. Donc tous les mois, évidemment, tu fuis ton chiffre d'affaires et tu es capable de voir assez facilement si ça progresse. Même ta trésorerie, elle va te le dire. Donc ça, pour le coup, c'est assez cool parce qu'on n'a pas des business où on ne va pas avoir de trésorerie pendant six mois et puis blinder de trésorerie pendant six mois. Enfin bref, il y a des business qui sont beaucoup, beaucoup plus compliqués que le nôtre. On n'a pas de stock à gérer, etc. Donc on a un renouvellement qui se fait tout seul. Maintenant, il faut aller chercher aussi à augmenter son panier moyen et ça, ça passe par la vente additionnelle. Alors on peut se casser les dents. Tiens, ça, ça marche, ça, ça ne marche pas. Et c'est peut-être ça qui est un peu plus compliqué, mais il faut tester. C'est toujours plus facile de tester quand tout va bien, parce que quand tout ne va pas bien, tu es à l'euro près et il va falloir faire des choix sans trop te craquer, et c'est difficile d'investir. Maintenant, quand tout va mieux, tu peux te permettre d'investir et parfois de passer à côté d'un truc et de dire, bon, OK, j'ai testé ça, ça n'a pas fonctionné, j'ai un peu de stock, c'est relou, mais bon, ça va s'écouler au fur et à mesure. Maintenant, on a des métriques qui sont quand même plus faciles à gérer, encore une fois, que dans l'alimentaire. où, tu vois, ma femme, elle vend des produits dans le design, et bien, le client qui a consommé aujourd'hui, c'est très bien, dans le marketplace sur Internet, c'est très bien, mais pour le faire racheter demain, comment est-ce que je fais ? Et il faut toujours aller rechercher de nouveaux clients. Alors que nous, si on a nos cours qui sont tous remplis, et qu'on arrive à payer nos coachs, et qu'on arrive à se payer soi, et que les factures, ce n'est pas un problème pour les payer, bon, déjà, c'est quand même pas mal. maintenant si tu veux aller un peu plus loin il va falloir trouver des solutions donc je pense qu'il faut creuser un petit peu la tête mais faire des trucs qu'on aime aussi ça sert à rien de partir dans des trucs où je me dis ok là je vais c'est game changer je vais faire 30 000 euros à l'année supplémentaire oui mais j'aime pas ce que je fais ça va pas tenir il faut trouver quelque chose que t'as envie de faire
- Speaker #0
Et justement, dans ces actions que tu as mises en place, est-ce que tu en as une ou deux qui te viennent à l'esprit ? Tu te dis, waouh, finalement, ça a cartonné, je suis content de l'avoir mis en place. Et au contraire, est-ce que tu en as, que tu as mis en place et que tu étais persuadé que ça allait fonctionner et finalement, ça a été cata et tu l'as arrêté ?
- Speaker #1
Bon, assez simplement. Il y a des collections de vêtements que tu fais, par exemple, qui fonctionnent très bien et tu ne sais pas pourquoi. Pourquoi l'année d'après ou la saison d'après, tu en refais une ? Il faut éviter d'avoir trop de stock, je pense, parce qu'après, tu te retrouves avec des produits qui sont invendables. La mode est un peu passée et du coup, tu te retrouves avec des trucs que tu vas brader et donc perdre la totalité de ta marge. Oui, ça s'est évidemment arrivé. Maintenant, en faisant de la pré-vente, déjà, tu ne peux pas trop te foirer. Tu proposes un produit, tu fais essayer et puis finalement, les gens ont envie de consommer, ils payent. 6 semaines après, tu reçois tes produits. Et là, même si tu n'as pas fait une marge incroyable, parce qu'il faut être honnête, dans le textile en crossfit, pour faire de la marge, il faut quand même s'accrocher. Donc, c'est plutôt en réalité la communication. Il y a marqué Crossfit Man sur le t-shirt avec la marque un peu à la mode. Si tu marges, tant mieux. Mais en réalité, tu ne vas pas marger tant que ça pour le temps que tu auras fait pour créer la collection, la vendre, la distribuer. Bon, derrière, par contre, tu as des gens qui vont porter tes couleurs. Et ça, ça peut générer quand même un retour sur investissement avec le mec qui va faire le triathlon de je ne sais pas quoi, de Deauville. Il a marqué CrossFit Man. Tu es content parce qu'il représente ta marque et c'est cool. Donc, il y a des collections qui peuvent fonctionner. Pareil, je trouve que mes adhérents ne consomment pas énormément de produits alimentaires, même si on propose évidemment de la boisson, des bars, etc. on marche tellement peu là dessus qu'en plus quand les mecs te payent avec le TPE tu reprends encore une couche etc et donc gagner de l'argent avec ça c'est compliqué donc je le considère plutôt comme un service supplémentaire ok quand tu viens tu pourras si tu veux avoir le distributeur de telle boisson machin ou tu pourras avoir ton petit truc maintenant je pense que c'est pas vraiment là dessus que tu peux vraiment marger il y a d'autres choses qui fonctionnent quand même mieux Je pense que c'est l'événement où c'est les entretiens individuels avec les athlètes où tu peux proposer des services un peu plus premium. Je pense notamment à parler de nutrition, à parler de profilage biologique, à parler d'autres choses. Et puis le team building, il faut aller chercher l'argent où il peut y en avoir et c'est rarement vers le consommateur, plutôt vers les autres business en réalité. Mais ce n'est pas simple, parce qu'il faut rentrer.
- Speaker #0
Exactement. Et toi, en tant que gérant sur ces quelques années, sur quoi tu as le plus évolué ?
- Speaker #1
Ma rigueur administrative, je pense.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Non, en toute franchise, la première année, je n'avais pas l'impression d'entreprendre.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tout était facile. J'ai commencé à me sentir entrepreneur. quand j'ai eu la deuxième structure et quand j'ai eu la troisième structure. Et en fait, ça va avec la gestion des problèmes. Une salle de plus, ce n'est pas deux fois plus de problèmes. C'est huit fois plus de problèmes. Trois salles de plus, ce n'est pas trois fois plus de problèmes. C'est mille fois plus de problèmes. Et en fait, un entrepreneur, c'est juste un mec qui essaye de résoudre des problèmes toute l'année, toute la journée. Et donc, oui, clairement, j'ai dû me structurer un petit peu pour anticiper les problèmes futurs. pouvoir essayer de les régler. Après, des fois, tu as de la chance et puis tout se passe bien. Des fois, tu as un peu moins de chance et puis tu as des choix que tu as faits qui ne sont pas optimaux. Et il va falloir les corriger assez vite et prendre les bonnes décisions au bon moment parce que ce n'est pas quand l'avion se crache qu'il va falloir penser à résoudre les problèmes. Donc, non, non, ce n'était pas toujours évident.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Mais voilà.
- Speaker #0
Et finalement, tu as réussi à construire, à trouver aussi un équilibre qui te permet à ce que, quand tu coaches, Tu prends du plaisir à coacher, tu as de la qualité de coaching, tu ne t'épuises pas aussi parce que tu as en effet tous ces autres aspects de gestion d'entreprise. Et est-ce que finalement, la plus grande réussite, ce n'est pas cette équipe que tu as réussi à trouver après ces quelques années ?
- Speaker #1
Clairement, aujourd'hui, tous les jours, je me dis, ah oui, OK, j'ai travaillé dur. Les trois dernières années, elles étaient vraiment difficiles à beaucoup de niveaux. même sur le plan humain, j'ai eu beaucoup de déceptions humaines, mais c'est comme ça. Et aujourd'hui, j'ai vraiment l'impression de changer de vie. Je peux construire des projets personnels que je n'aurais pas imaginés avant parce que le manque de temps fait que… Donc, quand on entreprend, il faut vraiment penser que c'est un marathon. Il ne faut pas se voir à un an, deux ans, trois ans, est-ce que je suis capable de tenir ce rythme ? Non, c'est au minimum sept ans déjà. Avant sept ans, finalement, tant que tu n'as pas remboursé ton premier prêt, tu ne peux pas vraiment gagner. Donc ne dites pas félicitations à quelqu'un qui ouvre sa salle. Dites félicitations à quelqu'un, ça fait dix ans qu'il a sa salle. Et voilà. Parce qu'il sera passé par l'ensemble des problèmes qu'on peut avoir sur le chemin. Et ça veut dire qu'il a réussi à résoudre ses problèmes. Ou du moins qu'il est en cours. Donc non, je pense que quelqu'un qui est jeune, qui entreprend tout seul ou quoi, il faut aussi se préserver un petit peu. Pas commencer à ouvrir les samedis, les dimanches, les machins. faire 10 heures de cours par semaine parce qu'en fait, tu vas baisser ton niveau d'exigence et ta qualité de coaching. Alors, il n'y a pas que le coaching en réalité, ce qui est aussi le fait de te faire connaître parce que tu as beau avoir le meilleur coaching du monde, si personne ne le sait, il n'y aura personne dans ta salle et donc tu ne vas pas pouvoir proposer des coachings. Mais aussi s'épuiser au coaching fait que quand tu vas rentrer le soir chez toi ou quand tu vas avoir terminé entre deux cours, est-ce que tu auras vraiment la tête ? à remettre le nez dans les réseaux sociaux, dans les machins, pour pouvoir faire venir du monde ou aller sur le marché distribuer des flyers ou faire des événements de RBO à 7h du matin. Peut-être que tu n'auras pas cette énergie-là, alors que c'est de l'énergie qui est au moins aussi importante et très certainement plus importante encore.
- Speaker #0
Ok. Et justement, tu disais, dans 7 ans, pas 3 ans, Si on a une vision de 7 ans pour toi, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter ? Qu'est-ce que tu as envie ?
- Speaker #1
Dans 7 ans de plus ?
- Speaker #0
Oui, dans 7 ans de plus. Est-ce que tu y as pensé ?
- Speaker #1
Oui et non. Parce que la vie n'est pas toujours faite de ce qu'on a envie. Alors, il faut aller vers une ligne à peu près de... Oui, je pense qu'aujourd'hui, on est arrivé à une maturité dans notre structure. Malgré tout... il faut aussi voir que le crossfit il évolue et il faut réussir à avoir une petite longueur d'avance sur le fait que peut-être le crossfit va changer il faudra s'adapter alors je ne parle pas de la méthodologie crossfit, je parle plutôt de l'entreprise crossfit et donc même si je suis fondamentalement amoureux de la méthodologie peut-être qu'il y a des choses que je vais devoir changer sur les prochaines années, alors j'espère pas parce qu'en réalité je trouve que pour l'instant c'est bien mais est-ce que le grand public va toujours recevoir aussi correctement la méthodologie, je ne sais pas donc on verra comment ça évolue maintenant dans 7 ans en réalité je pense que dans 7 ans j'aurais vendu et j'aurais changé de secteur et que je serais parti vers autre chose encore justement
- Speaker #0
tu dis justement il y a eu quand même pas mal d'évolutions sur ces dernières années on voit qu'il y a des marques qui s'installent d'autres méthodologies il y a notamment la marque Aerox et tout, on voit que les choses évoluent, changent les mentalités aussi auprès des adhérents est-ce que tu penses que ça va continuer à beaucoup bouger ces prochaines années ou est-ce qu'on va trouver quelque chose de stable, d'équilibre par rapport aux adhérents, parce qu'on a vu avant Covid, pendant le Covid, l'après Covid, c'est en train de revenir sur autre chose. On voit qu'en 10 ans, il y a eu quand même pas mal de mouvements. Comment tu vois, quelle est ta vision un petit peu sur ce côté sport, le sport dans nos structures, dans nos salles ?
- Speaker #1
C'est une bonne question et c'est bien malin celui qui est capable de répondre, je pense. Le crossfit est un peu le grand-père ou le père de l'ensemble de ce qui en découle. Aerox, c'est ni plus ni moins qu'un descendant du crossfit. Sauf qu'il n'y a pas de méthodologie. C'est juste un événement. Et c'est très bien, il n'y a pas de souci, vous faites un événement. Mais Aerox n'a rien construit. Il s'est servi des pratiques, des pratiquants de crossfit pour créer quelque chose. Et il y a eu avant lui la Spartan Race, il y a eu d'autres choses et il y en aura d'autres. si on étudie un peu le marché américain du fitness, on se rend compte qu'il y a encore des choses qui ne sont pas arrivées en France, qui ne vont pas tarder à arriver c'est sûr, parfois à des tarifs invraisemblables est-ce que c'est mieux que du crossfit et c'est beaucoup plus cher je ne suis pas persuadé que ce soit mieux par contre c'est sûr que c'est plus cher Pourquoi ça plaît ? Il y a probablement des choses à voir là-dedans. Maintenant, je pense que CrossFit est suffisamment solide pour pouvoir continuer à proposer une expérience aux utilisateurs qui est très, très cool, avec des vrais résultats. Maintenant, il ne faut pas se diluer de trop. Il faut continuer à se former, à voir ce qui se fait ailleurs, mais en gardant quand même... assez proche de la méthodologie, je pense, au quotidien. Et pourquoi pas faire des événements extérieurs. Je n'ai rien contre le fait de faire des événements IROX ou je ne sais pas quelle autre marque. Mais il n'y a pas de raison que si on continue à... En fait, le CrossFit peut un peu s'autodétruire avec des coachs qui proposeraient des choses un peu bas de gamme ou moins proches de la méthodologie. Maintenant, si... Je pense que c'est malin de leur part de faire en sorte que tous les owners soient level 2 parce que mine de rien, même si c'est pas grand chose, quand on est level 2, on a peut-être un attachement qui est un petit peu plus avancé à la méthodologie que si on ne l'était pas. On se rend compte quand même que c'est pas n'importe quoi d'avoir pu définir c'est quoi le fitness. Si on suit ça, il n'y a pas vraiment de raison que ça meurt. Mais s'il y a des coachs qui font un peu n'importe quoi, tu vas faire du crossfit. t'es déçu parce que ah ouais c'est ça le crossfit en fait c'est un peu de la merde j'ai un gros risque de me blesser et puis le coach il m'a pas du tout encouragé il m'a pas du tout coaché il était à peine présent bah en réalité je donne raison aux gens qui font cette expérience là oui c'est de la merde si c'est pas correctement coaché par contre si tu vas dans une bonne structure avec des coachs qui prennent soin de toi et qui font pas n'importe quoi bah c'est peut-être la meilleure chose que tu puisses connaître et la seule question que tu te diras c'est que tu vas te poser c'est pourquoi j'ai pas commencé plus tôt donc On verra comment ça évolue.
- Speaker #0
Ok. On va arriver sur la dernière question de ce podcast. Si tu avais un jeune coach diplômé qui vient dans ta salle et qui a besoin de conseils, qu'est-ce que tu pourrais lui donner comme conseil, le conseil numéro un, pour qu'il puisse réussir et qui, selon toi, est peut-être le plus important ?
- Speaker #1
De jamais arrêter de vouloir apprendre. et de se former de manière assez holistique pas être buté borné avec ce que fait CrossFit c'est très bien mais il n'y a pas que ça donc il faut essayer de piocher ce que tu peux prendre, il y a des choses où tu vas te dire ok ça c'était de la merde j'ai payé une formation pour pas grand chose mais malgré tout dans ce truc t'as forcément pris quelque chose qui était intéressant donc faut jamais arrêter d'être curieux je pense parce que quand tu arrêtes d'être curieux, tu t'arrêtes d'avancer, tu stagnes et les gens, au bout d'un moment, vont se rendre compte que tu n'es peut-être pas si légitime que ça. Et puis, essaie de garder la passion parce que le jour où tu n'as plus cette passion, cette petite flamme de vouloir encadrer des gens et de les faire progresser, c'est peut-être qu'il faut changer de domaine. Donc, je ne sais pas, le jour où tu ne te sens plus en adéquation avec ce que tu fais, arrête de le faire parce que tu vas plutôt... rendre ça néfaste que positif je pense que c'était le meilleur conseil c'est le premier qui me vient en tout cas ok, je te remercie peut-être sans tourer moi j'ai été beaucoup trop autodidacte à l'époque dans ma région il n'y avait pas grand chose et du coup j'ai dû me former un petit peu tout seul et j'ai perdu beaucoup de temps aujourd'hui les coachs que j'ai eu en formation dans ma structure je leur ai donné l'ensemble de mon savoir assez rapidement et des axes de réflexion un peu plus et c'est pas parce que tu donnes ton savoir que tu le perds au bien au contraire donc tu le multiplies et il faut aller vers des gens qui sont pas avare de conseils parce que même si tu vas pas tout utiliser il y a forcément des choses de l'expérience de la personne qui sont bonnes à prendre peut-être qu'aujourd'hui je ferais pas comme ça mais on pourra réfléchir des évolutions, etc. Et faites des drop-in aussi. Rendez-vous compte qu'il y a des structures qui font des choses moins bien que vous. Ça peut arriver. Puis des structures qui font des choses parfois mieux. Et je suis souvent malheureusement déçu quand je fais des drop. C'est une réalité. Mais il y a toujours quelque chose à prendre. Et quand je ne suis pas déçu, je suis content parce que je me dis ce gars-là, il est sur la même voie que moi et je vois que c'est un copain crossfit. On a très certainement fait les mêmes rencontres ou les mêmes formations et ça nous a amené là. Et je suis content de voir qu'il y a encore des gens qui pensent à travailler de la même manière que moi. peut-être pas 50%
- Speaker #0
mais il y en a et du coup c'est cool ce qui revient à ton premier conseil finalement quand tu dis être curieux c'est de ce que je comprends une globalité sur la curiosité c'est pas que à travers des réseaux sociaux que à travers la salle d'à côté c'est un
- Speaker #1
ensemble en fait je dirais même que les réseaux sociaux alors c'est pas néfaste parce que voilà on va pas cracher sur les réseaux sociaux il y a beaucoup de bonnes choses mais je vois des trucs des fois je me dis ouf Donc là, le gars se croit coach ou quoi, et il explique des trucs qui sont totalement nuls. Et si tu fais ça, au mieux, il ne va rien se passer pour ton athlète. Au pire, tu vas le blesser. Mais ne croyez pas forcément les Instagrammeurs. Il y a plein de gens qui ont 300 follows sur Instagram et qui ont tellement de choses à vous apprendre. Et ce n'est pas forcément le cas à l'inverse. Donc, ouais. pas toujours regarder ce qui se fait sur les réseaux. Pas toujours.
- Speaker #0
Il vaut mieux le vivre en direct.
- Speaker #1
Oui, l'expérience que vous pouvez avoir humainement déjà, elle peut être incroyable. Il y a vraiment beaucoup de gens en France qui font du super boulot et c'est rarement ceux qui ont la lumière. Il y en a qui ont la lumière et qui font du très bon boulot, il n'y a pas de souci, mais ce n'est pas tout le temps.
- Speaker #0
Ok, écoute, je te remercie encore une fois, Paul-Antoine, pour ton partage.
- Speaker #1
Merci, Mathieu.
- Speaker #0
Et ta transparence aujourd'hui. C'était top, franchement. J'espère que ceux, si vous nous avez écoutés et que vous êtes gérants ou peut-être futurs gérants d'une salle, j'espère que cet épisode vous a inspiré, vous a plu, avec plein de bonnes choses. Donc voilà, chez Jim Bros. Notre mission est claire, vous aider à performer durablement. Avec notre méthode Flex, on accompagne les dirigeants à multiplier leurs chiffres d'affaires, à attirer plus de membres et les fidéliser sans sacrifier leur équilibre ni leur passion. Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous en lien en bio Instagram. Et si vous avez aimé cet épisode, surtout abonnez-vous, laissez-nous des notes sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et partagez-le à d'autres gérants indépendants de salles de sport. Voilà, c'était Mathieu pour Jimbrose, le podcast des gérants qui veulent passer au niveau supérieur. À très vite.
- Speaker #1
Merci Mathieu.
- Speaker #0
Un nouvel épisode. À bientôt.