- Speaker #0
Dans notre métier, reste quand même un truc fondamental, c'est qu'on est obligé d'être intelligent. Intelligent, ça vient du latin intelligo, comprendre. Et donc il faut comprendre ce monde et toutes les lignes de force et les lignes d'influence qui bougent. La façon de communiquer, elle évolue en permanence. En revanche, on aura toujours besoin de sagacité.
- Speaker #1
Chasse-auditeurs, bonjour. L'homme grandit en se prochant dans l'avenir. Pourtant, celui-ci n'a jamais été aussi imprévisible et plus contraint. C'est ça que jour un peu plus vrai. Raison de plus, je crois, pour comprendre toujours mieux comment faire grandir les organisations humaines, entreprises, associations, dans le temps long. Plus que jamais, nous avons besoin de croissance durable et de faire du temps un allié. Avec cette entreprise, je veux au contact de fondateurs et de dirigeants qui me racontent pourquoi et comment sont nés puis ont grandi leur organisation. Nous décryptons avec eux ce qui a fait leur succès et nous tentons de comprendre leurs échecs. Et puis nous discutons du futur et des défis auxquels ils font face. Comment concilier à l'avenir croissance économique, paix durable et respect de l'environnement. Chacun sa vision, chacun ses recettes. Je m'appelle Martin Wiedelen, j'ai écrit Bluebirds. Nous proposons les services de 7000 managers de transition, consultants freelance et experts tech qui conseille ou remplace des dirigeants en Europe, en Afrique. fric et au Moyen-Orient, nous avons lancé en 2026 une offre d'exécutive search. Vous pouvez soutenir ce podcast en vous abonnant. La plupart de ceux qui nous écoutent ne le sont pas. Vous pouvez aussi découvrir Bluebirds en me contactant directement. Je dis souvent que Paris est une succession de villages. Parmi eux, il y en a un que je commence seulement à découvrir grâce à ce podcast, c'est celui de la communication. Dans ce village, il est une femme discrète que pourtant tout le monde connaît, ou presque. C'est Anne Méau. Anne a commencé sa carrière dans la politique. au service du président Giscard d'Estaing, ce fut ensuite Alain Madelin, alors ministre, et puis ce fut d'autres responsabilités encore. Un jour, en 1988, en quête de liberté, elle lance Image 7. Image 7 est l'une des toutes premières agences de communication indépendante de France. france peut-être la première année son équipe conseille les plus grands dirigeants et les plus grandes sociétés que notre pays compte dans leur manière de communiquer je vous propose donc de découvrir son histoire et celle d'image 7 à nous raconte pourquoi et comment elle s'est lancée elle tend de nous décrire sa méthode et ses recettes de succès et nous explique pourquoi et comment ses clients viennent à elle et non inverse pourquoi il lui reste fidèle parfois pendant des décennies nous discutons de ces nouveaux médias qui éclosent partout les anciens qui voient leur part d' influence diminuée. Notre rapport à l'information qui nous nous parvient, de nos nouvelles manières de nous forger une opinion et au fond, de notre rapport à la vérité. J'ai découvert une femme solide comme un roc, affable, vive, souriante. J'ai découvert une femme choisissant chacun de ses mots et reprenant les miens quand il ne lui convenait pas. J'ai découvert une femme entrepreneur, cherchant comme nous tous le bonheur et à se rendre utile. C'est à elle de dire si elle est parvenue. Je crois que oui. Une chose est certaine, j'ai été séduit. J'espère que vous le serez tout autant que moi. Bonjour Anne.
- Speaker #0
Bonjour Martin.
- Speaker #1
Alors on est à Paris dans vos locaux. Vous m'avez fait la sympathie de nous recevoir avec cette entreprise il y a maintenant quelques semaines pour ça, pour fêter le 4e anniversaire du podcast. Et à cette occasion très sympathiquement, vous avez dit, écoutez, avec plaisir pour participer à un épisode.
- Speaker #0
Vous étiez recommandé par Emery de Ligé.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc je n'allais pas lui refuser.
- Speaker #1
Bon, c'est très très sympa en tout cas de me recevoir ici. Quand j'avais dit à Agnès Guillard qui organise avec moi ce podcast que que Vous aviez la sympathie de nous recevoir, elle était évidemment très très enthousiaste. Et en toute transparence, moi qui ne suis pas dans les métiers de communication, je ne vous connaissais pas et je ne connaissais pas Image7. Et Agnès me dit « Mais Martin, comment ça, tu ne connais pas Image7, tu ne connais pas Almeo ? » Et puis, au fil du temps, j'ai bien compris que vous aviez conçu quelque chose d'assez exceptionnel, sans vouloir vous flatter, et c'est de cette histoire qu'on va raconter.
- Speaker #0
Je ne sais pas si c'est exceptionnel, parce que je ne le pense pas, mais en tout cas, j'allais dire que c'est une vie de passion. C'est en ça que c'est sympathique, voilà.
- Speaker #1
Et donc voilà, vous êtes connu un peu comme le loup blanc dans ce secteur, et pas seulement à Paris et en France. Donc évidemment, en préparant cet entretien, j'ai un peu regardé tout ce qui se disait, ce qui était écrit sur vous, notamment le dernier article de Vogue que Emry m'a communiqué. Et il y a beaucoup de choses qui m'ont touché dans cet article. Vous parlez de vérité, vous parlez d'amour aussi, des choses qu'on ne voit pas beaucoup.
- Speaker #0
J'ai toujours pensé que le bonheur était une chose importante. C'est-à-dire que je pense que pour réussir sa vie, il faut marcher sur les deux jambes, comme dirait le président Mao, qui n'est pourtant pas ma référence intellectuelle. Il faut marcher sur les deux jambes et donc il faut avoir la vie professionnelle dont on avait envie et qui nous comble, ce qui est mon cas, mais aussi une vie personnelle, solide, heureuse, sereine et avec de l'amour, bien sûr. Et c'est comme ça, d'ailleurs, qu'on avance bien.
- Speaker #1
Alors, vous n'avez pas lancé Image7 après vos études, je trouve que vous êtes diplômé de Sciences Po.
- Speaker #0
J'ai lancé à 34 ans.
- Speaker #1
Voilà. Et donc, vous avez une première carrière, notamment...
- Speaker #0
Première vie. J'aime pas le mot carrière.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
J'ai horreur du mot carrière. Ok. Moi, je pense que j'ai eu la chance de faire... J'ai fini Sciences Po, j'avais 19 ans, j'ai fait la campagne de Giscard la même année. Après, j'étais en Pré-PENA. Et en fait, un an après... Donc l'Elysée m'a appelé pour me proposer de rentrer dans un comité, de travailler pour la campagne législative qui arrivait. Et je pense qu'ils avaient, enfin je sais, qu'ils avaient choisi quatre garçons, et que c'est le président Giscard d'Estaing qui leur a dit « mais t'es une femme » . C'est pour ça que je dis toujours en riant que pour moi la discrimination n'a été que cette fois-là et positive. et je ne me suis jamais moins senti j'allais Mais c'est dans la tête aussi. Je ne me suis jamais senti défavorisé par rapport aux garçons. Parce que, il y a eu un moment où quelqu'un a fait le coup de pouce. Et donc Giscard a dit, trouvez une femme. Et donc là, ils se sont agités. Ils sont arrivés à mon CV, je pense par la campagne électorale. Je Ausha les cas, Sciences Po, droit et tout. Et le président m'a choisi parce que j'étais lauréate du concours général de version intime. Donc il s'est dit, elle doit savoir écrire. C'est bien.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et ça a commencé comme ça, une chance incroyable. Donc j'étais à l'Élysée à 21 ans, moi.
- Speaker #1
Ah oui, à 21 ans. OK. Et vous dites que vous lancez ma chaîte à 34 ans, c'est ça ? OK, donc 13 ans. Qu'est-ce que ça vous a appris ces premières années à l'Élysée, mais pas seulement à l'Élysée, sur la communauté ?
- Speaker #0
À l'Assemblée nationale, dans un ministère. Je dirais que deux choses. C'est que l'Élysée, ça m'a appris, parce que c'est une époque où la politique recrutait les meilleurs, ce qui n'est plus du tout le cas. Il y avait une différence de niveau absolument colossale entre les hommes politiques de cette époque et ceux de maintenant, et entre les conseillers techniques de l'époque et ceux de maintenant. Toujours des exceptions, mais alors globalement, c'est le jour et la nuit. Donc j'ai appris à travailler, j'ai fait mon apprentissage avec des gens extrêmement intelligents, exigeants, donc ça vous tire vers le haut. Mais j'ai appris aussi que le pouvoir enferme et qu'il faut... Je pense qu'en gros, on est à un certain stade... tous avec à peu près quand même les mêmes neurones dans ces maisons-là, on a fait les mêmes études. Et ce qui fait la différence, c'est la bonne analyse et le courage de dire. Et j'en ai fait mon métier, en fait, après. Donc ça m'a beaucoup marqué le fait que souvent, les gens comprenaient qu'il y avait un problème, mais ils n'osaient pas affronter le président, le roi, le chef.
- Speaker #1
Vous dites que le niveau des politiques a fortement évolué pour ne pas dire baissé.
- Speaker #0
Considérablement, considérablement. Pas évolué, baissé. Je parle même d'effondrement.
- Speaker #1
Oui, oui. Je ne voulais pas être aussi pessimiste. Non, non,
- Speaker #0
mais moi je suis formel.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui a changé d'autre sur les politiques encore que vous conseillez aujourd'hui à rapport à ceux d'il y a 30 ans, indépendamment de leur niveau ? Qu'est-ce qui a profondément changé chez les hommes et chez les femmes décideurs publics ?
- Speaker #0
Il y a toujours des exceptions. Mais je considère que... Franchement, moi, j'ai rencontré, quand j'étais à l'Élysée, on peut penser ce qu'on veut de Valéry Giscard d'Estaing, mais il avait une pensée, un projet pour son pays, et un respect pour les Français et un amour de la France. Je crains souvent que nous ne voyions arriver dans le cirque politique des gens arrivistes. Merci. Sûrement lié à notre système présidentiel, parce que via un moment, ils se disent tous pourquoi pas moi. Et au fond, on se demande, on va arriver à la notion de pouvoir. Moi, je me méfie du pouvoir. Ce qui est intéressant, c'est le pouvoir de faire et le pouvoir pour quoi faire. Le pouvoir pour le pouvoir, ça n'a strictement aucun intérêt et ça se termine rarement bien. Et je vois plus de gens qui veulent le pouvoir pour le pouvoir que de gens qui veulent le pouvoir pour faire bouger leur pays, pour réformer, pour amener à un certain niveau. Voilà.
- Speaker #1
Sur le pouvoir, moi je voulais qu'on aborde le sujet, mais on peut l'aborder tout de suite. Quand vous dites le pouvoir pour le pouvoir, ça ne sert strictement à rien, c'est un point de vue. Dans l'histoire du monde, des hommes, et plutôt des hommes d'ailleurs, quand je dis homme, je pense à hommes et femmes, mais je pense surtout aux hommes, qui voulaient s'accaparer du pouvoir parce qu'il y a une forme de...
- Speaker #0
Du bris ?
- Speaker #1
Oui, exactement. Bon, ça sera moi, ce ne sera pas l'autre, j'aurai ce pouvoir, il y a une forme de... de jouissance à avoir ce pouvoir.
- Speaker #0
Oui, alors on est quand même depuis un certain nombre d'années en démocratie, ce qui change quand même normalement les choses, qui fait que le citoyen vote, et le citoyen vote pour quelqu'un qui le représente. Donc ça fait une offre et un choix entre des offres politiques, ce qu'il n'y avait pas à l'époque de Bonaparte, c'était autre chose. On passait de coup d'État, on prenait le pouvoir, etc. Donc là, il y a des offres politiques et je trouve que ces offres politiques s'altèrent et sont beaucoup moins fortes qu'elles ne l'étaient il y a un certain nombre d'années et que maintenant, c'est beaucoup plus des choix de personnalité que de projet. La personnalité compte, mais le projet aussi.
- Speaker #1
Un petit peu quand même. Qu'est-ce qui vous a amené à vous dire, en fait, ça fait un peu plus de dix ans que je suis dans ces cercles ? Je veux lancer mon propre projet, je veux être libre, je veux être indépendant.
- Speaker #0
Ça ne s'est pas du tout passé comme ça. Moi, j'ai donc fait de la politique avec Giscard à l'Élysée. Je l'ai accompagné quand il n'était plus président. C'est une période passionnante, d'ailleurs, que j'ai beaucoup aimée. Et puis, je me suis occupé aussi du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. Et quand mes amis, puisque moi, je suis de la droite libérale, ont repris le pouvoir en 1986, vous savez, pendant la cohabitation, j'ai dirigé la communication d'Alain Madelin, ministre de l'Industrie, où j'ai d'ailleurs appris... énormément de choses, parce que moi j'étais plutôt la littéraire, latin, grec, vous voyez le genre, et là j'ai mis les mains dans le cambouis, dans les sujets économie, industrie, etc. Et d'ailleurs, ça m'a absolument passionné. Et en 88, donc Mitterrand a gagné, et moi je ne me voyais pas faire de la politique avec les socialistes et rester dans un ministère. Je n'avais pas envie de faire moi-même. Moi, j'ai été élu... La première fois que j'ai voté, j'ai voté pour moi. Ce qui est sympa, dès que j'ai été élu. C'était quand ça ? C'était au municipal, c'était 77 les municipales. Parce que je n'avais pas le droit de vote en 114, donc voilà. Et c'était au Touquet, où j'avais une maison. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé et j'ai gardé un lien, j'ai toujours ma maison là-bas. J'ai gardé un lien très fort avec cette ville que j'aime énormément. Mais je n'ai pas voulu avoir une carrière élective. Sur un principe de bonheur, je pense que vous pouvez faire deux choses bien. c'est-à-dire un métier et une vie personnelle. Une circonscription, un métier et une vie personnelle, il y a forcément un truc qui ne marche pas. Moi, je n'étais pas une héritière, il fallait que je gagne ma vie, donc j'ai choisi. J'ai gagné ma vie en politique, pas très bien, mais largement assez. Et en 1981, je me suis dit, c'est l'occasion. Je n'avais pas vraiment de leader qui me fascinait. Moi, j'ai toujours conçu la politique comme être au service de quelqu'un. qui peut faire grandir ce pays. Et donc là, j'avais des amis que j'ai continué à aider, la bande des libéraux, mais je percevais parfaitement qu'ils n'allaient pas prendre le pouvoir. Donc je me suis dit, et d'ailleurs Alain Madelin m'a aidé dans cette réflexion, il m'a dit, tu passes ta vie à parler de création d'entreprise, pourquoi tu ne montes pas la tienne ? Et je lui ai dit, mais je n'ai jamais rien dirigé. Il s'est moqué, il m'a dit, tu nous as tous dirigés, ne t'inquiète pas, ça marchera. Et en fait, j'ai monté Image7 comme ça. Voilà. Et je l'ai monté parce que ce qui m'avait frappé, c'est qu'à l'époque, la communication d'entreprise, c'était des journalistes économiques un peu maison, que faisait travailler le BDF. Enfin, à l'époque, ça s'appelait le CNPF. Et au fond, on n'était pas encore dans l'ère où tout le monde s'emparait de toutes les informations. C'était avant l'essor des réseaux sociaux. Mais il y avait déjà un intérêt croissant et des mondes qui se décloisonnaient. Et donc, je voyais ça, moi, en politique, tout est lié. Et ce qui me frappait aussi, c'est que vous pouvez réussir un projet si vous avez des finances, un financement, les bonnes personnes, mais aussi si vous expliquez bien votre projet stratégique. Puisque aujourd'hui, tout le monde s'intéresse et se mêle de tout, surtout s'il n'y connaît rien. Donc, il faut vous essayer d'expliquer intelligemment ce que vous faites, pourquoi vous le faites. Sinon, quand vous avez une crise ou un problème, vous êtes dix fois plus rejeté. Partant de ce principe, j'ai monté Imachette avec des gens qui ne sortaient pas d'écoles de communication, mais qui avaient fait des écoles de commerce, Sciences Po, de la philo, de l'histoire, etc. et qui étaient capables de comprendre les problématiques des clients, de les analyser et surtout, parce que je n'ai pas cette obsession du diplôme, mais d'abord sa structure, un diplôme. Et comme nous, on est dans un métier de zapping, puisqu'on a plusieurs clients, si on n'est pas structuré, c'est un naufrage. Et si on veut que le client nous écoute, il faut qu'on vienne des mêmes univers que lui. Ça, c'est une des choses que d'ailleurs la politique m'a appris.
- Speaker #1
Votre propre projet, il est très très clair au départ ? Vous dites, bon, on verra...
- Speaker #0
Non, je me suis dit, je savais ce que je voulais vendre, c'est-à-dire une stratégie de communication intelligente pour les groupes et le fait qu'il y avait la partie stratégique et la partie... A l'origine, c'était essentiellement parler aux médias. Maintenant, le monde a changé, les stakeholders sont beaucoup plus nombreux, et les médias, au sens étymologique du terme, se sont considérablement multipliés. Et donc j'avais un projet, j'avais la chance d'avoir des gens plus vieux que moi, qui croyaient en moi.
- Speaker #1
En tant que client ou en tant que... Non,
- Speaker #0
non, j'avais pas un rond. Donc on était très mal payés en politique, nous, à l'époque. Je me souviens de mon voisin de bureau, d'ailleurs avec qui je déjeune aujourd'hui, Marc de Citiveau, qui lui avait monté les cahiers verts, qui étaient des cahiers d'analyse économique très poussés, qui m'a dit « si tu montes une boîte, je mets de l'argent, je pars avec toi » . J'avais ma vieille copine Marie-Hélène Descamps, que j'avais connue chez Giscard, qui m'a dit « Anne, si tu montes ta boîte, j'ai un avec toi » . J'avais un garçon qui s'appelait François Bonnemain, qui avait été journaliste. patron de radio et qui avait d'ailleurs travaillé aussi à l'hôtel de ville pour Chirac, il m'a dit « je viens avec toi » . J'ai eu une série, il y a même très éphémèrement Patrice Duhamel, que je connaissais bien, qui avait été viré de tout, parce que 1981, on ne peut pas dire qu'on était dans la période de tolérance la plus complète, et qui d'ailleurs a fait preuve d'une éthique remarquable, parce que dès qu'il a retrouvé un job, il a revendu ses parts, il n'a pas fait le pantouflage que font en général beaucoup de gens. Parce qu'ils voulaient que tout soit clair. Mais tout ça m'a donné, moi, confiance d'avoir des gens qui croyaient. Et moi, j'étais quand même, j'avais 20 ans de moins qu'eux. Et d'ailleurs, je leur ai dit, mais qui va diriger ? Et son mari m'a dit, ça va être toi. Et c'est vrai que tout ça s'est passé. Puis après, la chance que j'ai eue, c'est que ça a très bien marché.
- Speaker #1
On reviendra sur cette chance, parce que je crois beaucoup à la chance, mais je pense que ça ne suffit pas aussi. Ces hommes et ces femmes qui vous ont aidés au premier jour, Je comprends qu'il y avait un enjeu de lancement financier, tout simplement. Comment ils vous ont aidé par ailleurs ? Est-ce qu'ils vous ont aidé à trouver vos premiers clients ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
J'avais instauré une réunion le jeudi matin à 8h, ce qui permettait à chacun d'aller à son boulot. Premier collaborateur qui est devenu actionnaire, et mon ami, c'est devenu le parrain de mon fils, c'est une vraie rencontre, qui s'appelle Thibault Leclerc. Et moi, on leur soumettait, à ses associés, problématique de nos clients, une problématique stratégique. Et je pense sincèrement que dans ce mélange des gens venant du journalisme, d'autres de la finance, d'autres de la politique, et tout le monde étant d'un très bon niveau, on a développé de très bonnes expertises qui nous ont beaucoup aidé à faire la différence au début. Donc en fait, mes associés m'ont aidé par leur conseil stratégique.
- Speaker #1
Bon et puis il faut trouver les premiers clients, alors ce que je comprends c'est que votre passé politique a dû aider à trouver les premiers clients.
- Speaker #0
Alors je tiens à dire que quand même arrivé en 88 avec la gauche triomphante et avoir Giscard et Madeleine sur le front, il n'y a plus... Vendeurs. Il n'y a plus vendeurs, donc non. Non mais j'avais fait un passage au ministère de l'Industrie où j'ai rencontré beaucoup de clients. J'ai eu la chance... Padlin avait monté un conseil des entrepreneurs et c'est moi qui faisais un peu le secrétariat général et je crois que ces gens-là m'ont apprécié. Et je me souviens d'un jour, mais la boîte existait déjà, je rencontre Serge Kampf à la FNAC, au Delivery Point, l'endroit où on vient chercher ses trucs, et Serge me dit « Anne, vous devenez quoi ? » Je lui dis « J'ai monté ma boîte. » Il me dit « Vous ne m'en avez pas parlé. » Je lui dis « Monsieur, je ne me suis pas permis. » Je ne suis pas du tout vendeuse, je ne suis pas une femme de marketing. Et il me dit, moi j'ai une grosse crise, et on a pris rendez-vous et on a commencé à travailler pour Capgemini, pour qui on travaille toujours maintenant. Donc tout s'est un peu passé comme ça. Je me souviens du président d'Auguste Toir, qui travaillait sur les zones d'entreprise pour Madelin. Il me dit, dis donc, tu vas faire quoi toi ? Je dis, je monte ma boîte. Et il me dit, ah, mais moi, tu sais qu'on va prendre une agence de com. Je dis, très bien. Et il me dit, ce serait quoi tes tarifs ? Alors, je dois reconnaître que je m'étais sournoisement enseigné sur les tarifs de place. Donc, je lui dis tant par mois. Et il me dit, ah, bah, écoute, c'est exactement ce qu'Intel me demandait. Une boîte qui était déjà existante. Donc, à prix égal, je préfère que ce soit toi. Et ça a été mon premier client. Voilà, tout ça a été, chaque client était une sorte. Et puis, mon premier gros client a été le quatrième client, François Pinault. qui est un client, je travaille toujours pour toutes ses entreprises, sa famille, son fils, l'Ocadéméo, enfin voilà, c'est une histoire de ville.
- Speaker #1
On reviendra sur Pinot parce que vous en parlez régulièrement dans les médias et puis je suis un peu curieux aussi parce que ça raconte l'histoire dans l'histoire. Ce qui me frappe aussi beaucoup, et c'est encore aujourd'hui vrai, mais j'ai l'impression que c'était vrai dès le premier jour, mais vous allez me confirmer ou pas, c'est que, et vous venez de l'exprimer, vos interlocuteurs sont des directions générales, des PDG. et de grandes ou très grandes entreprises. Est-ce que c'était dès le départ votre souhait de dire, moi, Image7, ce sera ce positionnement-là et je n'en sortirai pas ? Ou est-ce qu'en fait, ça s'est fait aussi un peu naturellement parce que c'est votre nature de parler à ces gens-là et que le reste, ce n'est pas du tout condescendant ce que je dis, mais ça vous intéresse moins, on va dire ?
- Speaker #0
Je crois que tout ça, tout est une somme de hasard. Mais quand vous conseillez, moi j'ai eu la chance... J'ai aussi assez rapidement conseillé la banque Lazard, qui m'a mis à l'époque de Michel David Veil. Et que ce soit à l'époque, il y avait ces grands banquiers qui se battaient et qui se détestaient, mais qui étaient des mecs incroyables, Bernem, Bruno Roger, As et tout. Et ils se sont dit, la petite, elle a du caractère, elle est compétente, elle comprend la finance. Tu sais, quand on n'a pas eu peur de Giscard, on n'a pas peur de grand monde. Je n'ai jamais rencontré dans ma vie quelqu'un de plus impressionnant que Giscard. Et donc, ils m'ont recommandé sur des grosses opérations financières à leurs clients. Et c'est comme ça qu'a démarré cette espèce de conseil au patron. Après, moi, je dis, on adopte et on travaillera très bien avec les directions de la com, mais on n'a absolument aucun mépris, au contraire, pour les directions de la com. Il y a des boîtes maintenant, là aussi, les choses ont évolué. Mais moi, je me souviens, chez Pinault, mon interlocuteur, il n'y avait pas de dire com, c'était Patricia Barbizet, avec qui on faisait le point. Parce que je ne voyais pas Pinault tous les jours, vous voyez ?
- Speaker #1
Bien sûr. Mais donc, ça s'est fait naturellement, vous dites ? Oui,
- Speaker #0
oui. Mais je travaille aussi avec des directions de la communication.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr, bien sûr. Ok. Alors, parlez-nous un tout petit peu de votre relation professionnelle avec les Pinault, parce qu'on vous l'a dit, ce n'est pas seulement la société, c'est aussi la famille.
- Speaker #0
Il n'y a rien à raconter, si ce n'est que quand vous travaillez avec quelqu'un depuis, écoutez, je crois que c'est 90, donc vous faites vous-même les calculs. Ça bâtit, on a vécu ensemble, des succès, des choses difficiles, toujours dans la loyauté et l'affection. Donc il y a des liens qui se créent, mais c'est normal. Vous ne pouvez pas, moi je pense qu'en plus, tout le monde n'est pas forcément comme ça, mais je pense qu'on défend mieux les gens qu'on respecte. Voilà, alors aimer, je ne peux pas vous dire que j'ai une passion pour tous mes clients, mais en tout cas j'ai du respect pour eux. Et puis il y en a un certain nombre pour qui j'ai une... J'ai une vraie affection. Vous voyez là, moi j'ai défendu il y a dix ans Hermès face à LVMH. Axel Dumas, c'est quelqu'un pour qui j'ai du respect et de l'affection. J'ai la faiblesse de penser que c'est réciproque parce que ces choses-là vont dans les deux sens. Et si vous voulez, je le dis toujours à mes collaborateurs, si vous voulez que les gens vous écoutent, il faut qu'ils sentent que vous les respectez, que vous les écoutez. que vous les aimez un peu. Si vous voulez pouvoir leur dire des choses par moments un peu raides et difficiles, il faut qu'il y ait un flux qui passe.
- Speaker #1
Ah non, il y a quand même quelque chose d'un peu... Surprenant n'est pas le terme, mais moi qui m'interroge, dans la relation que vous entretenez avec vos clients, il y a deux questions. C'est un, comment vous les acquérez ? Vous venez nous raconter une ou deux histoires à ce sujet.
- Speaker #0
Alors, je tiens à dire que je n'ai jamais fait de prospect.
- Speaker #1
J'y viens.
- Speaker #0
Donc en fait, vous voyez ce jeu, par exemple, Martin Bouic, c'est François Pinault qui m'a recommandé à Martin, qui lui dit en gros, j'aime pas trop les communicants, il lui a dit mais elles ne ressemblent pas aux communicants, c'est un chef d'entreprise, elle a monté sa boîte, elle est loyale, elle va te plaire. Et puis, ça fait lui aussi, je crois, près de 20 ans que je travaille avec lui. Et c'est pareil, on peut bâtir des relations personnelles avec les gens avec qui on travaille.
- Speaker #1
Et du coup, ça répond à la question suivante, c'est que ces relations si fortes et si longues que vous avez entretenues avec ses clients... Là aussi, moi, ça m'interroge. Je me dis qu'il y a une relation directe entre le dirigeant et vous, à titre personnel. Oui,
- Speaker #0
mais vous voyez, par exemple, les successions se font très bien.
- Speaker #1
Oui. Comment vous l'expliquez ? C'est unique dans votre métier, non ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si c'est unique, mais en tout cas, la règle pour que ça marche, il faut se donner beaucoup de mal, il faut se remettre en cause en permanence, il ne faut jamais penser qu'on a raison parce qu'on a eu raison il y a cinq ans. Il faut savoir que le métier change en permanence et on est là pour éclairer le client et l'aider lui aussi à avancer dans un univers qui change, qui bouge et tout.
- Speaker #1
Ce que vous venez de dire, Anne, ce serait vrai. Pour beaucoup de sociétés de service, moi je ne connais pas votre secteur, je ne connais pas le secteur de communication, je ne prétends pas le connaître. Je connais en revanche bien d'autres secteurs de service, dont le nôtre, dont celui que j'incarne. Et je n'ai pas du tout la prétention de comparer les relations que j'ai moi avec mes clients et celles que vous avez avec les vôtres, parce que je ne les connais pas. Mais ce que j'observe dans les métiers de service à forte valeur ajoutée, c'est que, effectivement, soit vous êtes capable de créer un relationnel très très fort, intuitu-personné, entre le dirigeant et donc votre client et j'ai un peu l'impression que c'est ce que vous faites un peu naturellement, un peu nativement vous dites vous-même je ne fais pas d'acquisition vous voyez combien j'ai,
- Speaker #0
je dois avoir 200 clients à l'année, on a fait les totaux je ne suis pas super woman,
- Speaker #1
donc ce n'est pas moi qui est truc,
- Speaker #0
donc moi j'ai cette relation avec un certain nombre de grands patrons, mais par exemple moi ce que j'aime c'est ce que je ne connais pas aussi donc quand je repère Alors... Un jeune patron que je trouve particulièrement intelligent, éveillé, avec un regard aigu et qui peut m'apprendre des choses. Je crois que ça va dans les deux sens. Il ne faut pas arriver, doc, en se disant, toi mon coco, tu ne comprends rien à la com, je vais t'expliquer. Nos clients, ils ont bâti des choses qu'on n'a jamais été foutus de bâtir et qui sont des trucs extraordinaires. Donc, il faut arriver avec humilité et il faut leur apporter ce qu'on peut leur apporter. Moi, j'ai nourri mon expérience, mon expertise et mes neurones de tout ce que j'ai aussi appris dans toutes les situations avec mes clients et en dehors d'ailleurs. Alors, c'est quoi la méthode
- Speaker #1
Anmeo ? La première chose, c'est bien recruter. C'est-à-dire que je pense que nous sommes une maison, on n'est pas une agence, que ici, quelqu'un pourrait être recruté, il passe au crible de tout le comité de direction qui le voit, qu'il y a bien sûr un critère de compétence, mais il y a aussi un critère de valeur. Et je pense que cette maison est un petit bijou, parce que quelque part, vous voyez, je ne suis pas sûr qu'il y ait beaucoup d'autres endroits On a un WhatsApp commun qui s'appelle Image7Stronger, où tout le monde dit, t'as une note là-dessus, tu peux m'envoyer ça. Ici, personne ne protège sa copie, il y a vraiment une intelligence collective. On travaille vraiment tous ensemble. Et je pense que tout le monde arrive au bureau plutôt heureux d'arriver, parce que c'est un foisonnement d'intelligence, de réflexion, d'intelligence collective, de brainstorming ensemble. On n'est pas chacun sur notre dossier avec notre coup de... pour ne pas que l'autre ne regarde pas sa copie. Et donc, ça veut dire qu'il faut que les gens aient des qualités humaines et morales. Donc, il faut qu'ils aient des compétences qui matchent et qui apportent des compétences supplémentaires à ceux qui sont déjà là. Mais il faut aussi qu'ils arrivent à ce qui n'est pas si facile, à rentrer dans la culture image 7. Ils arrivent toujours tous en se disant que c'est facile. Ils souffrent un an. Oui, parce qu'ils sont beaucoup plus difficiles qu'ils en ont l'air comme ça. Ça se mérite quand même de rentrer dans la maison. Et après, ça se passe très bien. Donc, je pense que les clients savent. Moi, je travaille sur un principe de subsidiarité. Moi, j'interviens quand l'autre ne peut pas faire ce que je peux faire. Vous voyez ce que je veux dire ? Et quand moi, j'arrive, je leur présente dès le début une équipe. Ils savent avec qui ils travailleront. Il n'y a pas d'eau. Et je pense que la chance qu'on a maintenant, c'est qu'Image7 existe. en dehors d'Admeo, qu'on a beaucoup, en particulier d'étrangers qui arrivent, qu'on a gagné beaucoup d'appels d'offres, et qu'on a une équipe incroyable, et que la maison est beaucoup plus large, Dieu merci, et c'est ça qui d'ailleurs, moi-même, ressource et ressource toute la maison, ça n'est pas que du conseil à... Oui, on est la boîte qui a le plus de patrons du CAC 40 en conseil, c'est vrai, mais en même temps, je pense qu'on s'est énormément... développé dans le secteur du sport, pas grâce à moi, grâce à Xavier Coutu. On s'est énormément développé dans le secteur des médias, grâce à ma fille Charlotte Mouarret, grâce à Emery aussi, grâce à un certain nombre. On s'est énormément développé aussi sur les... Moi, j'aime bien repérer des jeunes patrons qui peuvent devenir des... J'aime l'entreprise. En fait, c'est peut-être ça la clé.
- Speaker #0
J'ai l'impression que vous aimez les hommes parce que c'est la première fois que vous me parlez de secteur, mais jusqu'ici, vous me parliez d'hommes et de femmes.
- Speaker #1
Parce qu'on peut travailler sur tous les secteurs, mais quand les gens arrivent à vous, surtout les... Alors en plus, on a monté une équipe de publics à faire, qui alors ça, je le soutiens fièrement, est franchement la meilleure de tout Paris. Une équipe extraordinaire. Et donc, pour un étranger, on a à la fois la connaissance du réseau politique, la connaissance du réseau administratif. La connaissance du microcosme français, plus une expertise stratégique et des réseaux et des médias. Et là où je suis, moi j'ai fait le pari, parce que je suis prudent, je ne suis pas une aventurière, et je sais ce que je sais faire, je me suis dit qu'on ne m'attendait pas aux Etats-Unis, c'est bien gentil, bon voilà. Donc je veux être la meilleure ici et rester la meilleure, et que dans 30 ans, on soit les meilleurs, vous voyez ? Donc ça veut dire évoluer, bouger, toujours recruter des gens, et puis faire évoluer aussi la culture de la maison, faire bouger les gens. Par exemple, nous, il fait cinq ans qu'on s'est mis à la culture de l'IA, qu'on a formé les consultants, qu'on a nos propres outils, notre propre équipe, pour que les consultants n'aient pas peur, parce que souvent les gens se bloquent parce qu'ils ont peur de ce qui... Et je pense qu'il ne faut pas avoir peur, c'est formidable tout ce qui bouge, tout ce qui change, il faut l'intégrer, il faut le comprendre, il ne faut pas se laisser bouffer. Et ça n'empêche que dans notre métier, reste quand même un truc fondamental, c'est qu'on est obligé d'être intelligent. Intelligent, ça vient du latin intelligo, comprendre. Et donc il faut comprendre ce monde qui bouge, et toutes les lignes de force et les lignes d'influence qui bougent. C'est pour ça que moi j'organise ici un jeudi par mois des conférences, avec ça peut être un climatologue. Ça peut être un avocat spécialiste des classes action, ça peut être un spécialiste de cybersécurité, ça peut être un grand spécialiste de la Chine. On voit bien qu'il y a plein de choses qui changent. En géopolitique, il n'y a pas que la tech qui évolue, il y a le monde globalement qui évolue. Et donc, la réponse de la com et la façon de communiquer sera forcément, elle évolue en permanence. En revanche, on aura toujours besoin de sagacité, c'est-à-dire de gens qui ont l'esprit bien organisé, la culture générale et historique qui leur permet de remettre les choses dans le contexte, et la curiosité d'aller voir tout ce qui bouge et tout ce qui change. Il y a, par exemple, vous reprenez le secteur de l'agriculture, c'est incroyable ce qui se passe dans ce secteur, et tous les sujets, et tout est relié maintenant. Moi je pense que les gens qui ont une mentalité myope, comme ça, vous voyez, en fait tout est relié dans le monde moderne. Tout est relié, et je pense d'ailleurs que la digitalisation, l'ouverture par l'information a accéléré le reliement de tous ces mondes. Et ce qui est intéressant, c'est de comprendre les interactions et d'avoir une vision holistique des choses. Et si on arrive à avoir ça, ce qui demande un travail permanent, une curiosité permanente, là, moi, par exemple, Thibault Leclerc, on en a parlé hier, il va monter des chantiers de prospective. Parce que donc, je reviens à l'agriculture. L'agriculture, c'est lié à la santé. Regardez la recrudescence de cancers chez les jeunes, de maladies et tout. C'est relié, enfin... On voit bien, c'est relié au problème climatique, c'est relié... Tu as tout, il faut qu'on comprenne ce qui se passe, il faut qu'on comprenne la vérité, il faut qu'on arrive à savoir, je dis toujours, il faut savoir ce qui est vrai et ce qui est faux, parce que tout le monde est en incantation. Donc ça nous demande quand même de nous plonger avec sérieux dans les sujets et avec des gens prospectifs. Donc nous, on va sur deux, trois sujets comme ça, essayer... pour nous, ce n'est pas pour les clients, c'est pour nous, pour les consultants, pour être meilleurs. Et pour du coup, appréhender les problématiques des clients un peu plus intelligemment et pas seulement je vais trouver un gros média qui...
- Speaker #0
Il y a une expression, ce n'est pas une expression d'ailleurs, c'est un sigle VUCA qui est né aux Etats-Unis il y a maintenant, je crois que c'était il y a 20 ans, VUCA c'est pour Volatile, Uncertain, Complexe et Ambigu. Et c'était un système de pensée fait par l'armée américaine. Et en fait, il s'applique beaucoup, de plus en plus, je trouve, aux entreprises. Moi, j'en parle beaucoup en interne à mes clients.
- Speaker #1
J'aime pas le mot ambigu. Moi, je pense que les choses sont complexes. Ça veut pas dire ambigu. C'est-à-dire que je ne crois pas qu'il faille trop jouer de l'ambiguïté.
- Speaker #0
Je suis pas en train de dire qu'il faut en jouer. Ce que j'observe, c'est que parfois, il l'est.
- Speaker #1
Mais je pense que si dans votre tête, vous n'avez pas un positionnement clair, la première chose, c'est d'avoir un positionnement clair et de savoir où on veut aller. Après, vous... vous l'expliquez, et vous pouvez jouer sur des ambiguïtés. Mais il faut arrêter de prendre les gens pour des cons, parce qu'ils sont de plus en plus informés, et de plus en plus intéressés par les problématiques externes. Et je pense que si vous les trompez une fois, vous ne les trompez pas deux fois. C'est peut-être la problématique des politiques, qui à force d'être ambiguës, et d'avoir oublié ce que c'était d'être clair, et engagé et sincère, a complètement perdu la confiance des gens. Donc je maintiens que... L'ambiguïté peut être un instrument, mais ça peut être extrêmement dangereux. Et en tout cas, derrière, il faut qu'il y ait une grande clarté de vue.
- Speaker #0
Et vous allez dans le sens de la question que je voulais vous poser, parce que le monde qui soit VUCA, ce n'était pas un souhait, c'est ce que je l'observe, et puis ça a été largement théorisé. Après, j'entends vos remarques. Mais je fais le lien maintenant avec votre métier, et vous avez un peu commencé à répondre à la question. Dans un monde qui est de plus en plus VUCA... comment votre métier, lui, a évolué ? Vous avez commencé à répondre, il faut un positionnement clair, il faut une ligne de droite, et puis...
- Speaker #1
Non, il faut surtout comprendre l'évolution du monde. C'est quoi la com ? Moi, je dis, j'avais même, d'ailleurs, il y a un moment où, quand Juppé voulait revaloriser les langues mortes, j'avais fait, moi, une petite pastille, on m'avait fait faire une pastille de pub sur le latin et le grec, qui, à mon avis, sont les deux mamelles de la communication. Je m'explique, pour être un bon communicant, il faut avoir une tête organisée et structurée. La première des choses, c'est de ne pas se tromper de priorité. Le nombre de conneries en communication qui sont faites parce que les gens se précipitent pour faire la lune de Paris Match, alors que leur sujet est peut-être de réfléchir, de se planquer, de ne pas y aller. La com, ce n'est pas être visible dans les médias. La com, c'est bien savoir quel est son axe, qu'est-ce qu'on veut expliquer, où on va. Puis après, on fait un plan média. Et le grec, c'est après, justement, ce chemin de traverse pour avoir L'imagination de trouver le concept, la formule, le truc de com', l'idée qui illustrera par des faits la doctrine que vous soutenez. Donc il faut les deux choses. Quand un monde change et le monde est en bouleversement complet, cette structuration intellectuelle est toujours nécessaire. Mais il faut l'appliquer. La pire des choses, c'est de penser qu'on a raison, qu'on a su. ce qui arrive d'ailleurs à beaucoup de... diplômés de bonnes écoles, qu'on a réussi un diplôme, qu'on a été bon, donc on applique nos vieilles règles. Ça, et moi je pense que les études, ça ne vous apporte qu'une chose, ça vous apprend à travailler et ça vous apprend à penser, à vous ouvrir. Et après, une fois que vous avez votre logiciel au point, il faut l'appliquer avec beaucoup de curiosité et d'humilité à tous les bouleversements du monde. Je veux dire, alors en plus, la France, c'est un des problèmes de ce pays. D'ailleurs, on s'est longtemps encore cru un grand pays. On n'est plus vraiment un grand pays. Il faut comprendre ce qui va se passer entre la Chine, entre l'Inde. Ça fait partie des rapports de force absolument indispensables à comprendre. Vous ne pouvez pas communiquer. pour un grand groupe si vous ne comprenez pas le monde dans lequel il évolue. Alors, là-dedans, il y a aussi l'évolution des médias. Enfin, ça, c'est le B.A.B.A. Si vous n'êtes pas capable de comprendre l'évolution des médias, il faut faire un autre métier.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui change en ce moment, fortement, dans votre métier ? Il y a évidemment la multiplication des médias, puis leur forme, et puis peut-être aussi le ton. On va glisser sur un sujet que je vais absolument aborder, qui est la vérité.
- Speaker #1
Au fond, une fois que vous avez le positionnement stratégique, vous le prouvez, Presque plus par des actes, donc par des présences à des événements, par des engagements sur des causes, que les médias classiques n'ont plus du tout le poids qu'ils avaient auparavant. C'est pour ça qu'ils souffrent autant. Et après, il y a des trucs techniques. On voit bien que les formats longs, par exemple le podcast, c'est 10 000 fois plus repris en référencement que si vous avez un bon papier dans les échos. Voilà, dans ça, le monde a bien changé. Et il y a un moment, quand à l'étranger, on veut savoir qui vous êtes et ce que vous faites, on ne se fait pas faire une revue de presse. On va directement sur Google. Donc ça, c'est des trucs, des évolutions. On voit bien qu'il y a des médias qui ont, parce qu'ils ont intelligemment su, par exemple, le Monde a bâti des accords très tôt avec Chabjipiti, ce qui fait qu'ils sont repris beaucoup plus. Oui. Mais ça, c'est de la cuisine. C'est pas du...
- Speaker #0
Donc pour le dire autrement, votre métier n'aurait pas fondamentalement changé. Les outils, la cuisine, les outils.
- Speaker #1
Le monde a changé. Le monde a changé énormément. Donc ça veut dire que les vieilles recettes ne marchent plus. Mais en revanche, la formation, la démarche, moi je crois beaucoup à la démarche. La démarche intellectuelle est la même.
- Speaker #0
Je voudrais qu'on aborde les sujets sur la vérité, vous en parlez souvent dans votre communication. Moi, c'est le sujet qui me passionne.
- Speaker #1
Je ne prétends pas détenir la vérité, je ne suis pas illuminé, je vous rassure.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a changé dans le rapport à la vérité, ou en tout cas la vérité que vos clients essayent de mettre en avant ?
- Speaker #1
Quand j'ai démarré, il y avait une crise qui se réunissait, je ne sais pas, à 10 au MEDEF, ou ça s'appelait le CNPF. Il y avait un journaliste un peu maison qui donnait le ton de la suite et tout le monde s'en foutait, etc. Puis après, moi j'ai vécu ça quand il y a eu la crise de la Société Générale, c'est la stupéfaction de Daniel Bouton et de ses équipes quand sur RTL, ils ont entendu Kerviel en direct dans l'émission pour Madame Michu l'après-midi, Oui. expliquer que les gens de la Soggen étaient des gros salauds, profiteurs, etc. Et là, c'est un choc de culture, parce que c'est des gens qui avaient l'habitude, mais qui le faisaient très bien. Et d'ailleurs, la première chose dans cette crise qu'a fait la Société Générale et qui a sauvé la banque, c'est de rassurer les marchés financiers en leur disant que oui, il y a eu un loupé, oui, il y a eu une escroquerie, mais que tout le reste était sain. Et ça a été un énorme boulot. Et c'est grâce à ça que la banque a été sauvée. Mais il y a eu un... tumulte médiatique qui a correspondu à un vrai truc culturel de compréhension que maintenant l'opinion publique se mêle de tout et s'intéresse à tout. D'une part parce qu'ils sont informés par les réseaux sociaux que eux-mêmes réagissent. D'autre part par le fait que les élites se sont tellement trompées qu'il n'y a plus de respect du sachant. Moi ça me frappe, t'as une crise du yaourt. On va chercher le grand professeur de médecine pour... On se dit qu'il est acheté par, pas cité dans les entreprises, mais par l'entreprise de yaourt. On va citer, justement, le patron de la boîte, on dit il défend sa boîte. T'as une vieille aigrie de mauvais poil qui a mangé un yaourt et qui a eu une brûlure d'estomac. Je caricature. Et qui sort que ce yaourt est dramatique, et d'ailleurs elle, elle a eu de la bile pendant une semaine. On met son point de vue au même niveau. C'est ça qui s'est passé et qui a bouleversé quand même la communication des entreprises. Ça n'est plus de l'entre-soi. Avec d'ailleurs de très bonnes choses, et c'est là où la vérité rentre, c'est que tu ne peux plus régrer tes petits problèmes entre quelques-uns, tu ne peux plus mentir, parce que tout se sait et tout finit par se savoir. Et le petit malin qui pense qu'il peut mentir et que ça ne se saura pas, Ça se saura toujours.
- Speaker #0
Bon, là, j'ai envie de dire que c'est les cas un peu faciles, même si ce n'est jamais facile en absolu, mais je suis dans le relatif. Il y a les cas où les vérités sont... un peu transformé, pour ne pas dire carrément inversé. Et aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, c'est assez facile, et d'ailleurs ça se fait tous les jours, de voir des contre-vérités apparaître.
- Speaker #1
C'est bien pour ça qu'on ne peut plus se planquer. C'est bien pour ça qu'ils ont tous besoin de communiquer. C'est bien pour ça qu'on pouvait, il y a 30 ans, dire à un patron, ne bougez pas. demain on parlera d'autre chose, c'est fini. Aujourd'hui, non seulement ce n'est pas vrai, mais en plus ça reste dans votre empreinte digitale, il n'y a rien de plus compliqué que de dégager un truc d'une empreinte digitale. Donc ça veut dire qu'il faut communiquer souvent plus rapidement, on ne peut plus prendre son temps. En général, je dis qu'il faut une communication immédiate qui n'empêche pas. De réfléchir, parce qu'on ne peut pas, quand il y a une crise, tout de suite savoir ce qui s'est passé, etc. Mais il faut tout de suite une réponse d'attente.
- Speaker #0
J'en viens du coup à la relation que chacun entretient avec les journalistes, et le rôle que ces journalistes ont. Vous disiez, ça a complètement changé.
- Speaker #1
Moi, je pense que la presse économique s'est professionnalisée considérablement, et la presse financière aussi. Et je pense d'ailleurs que les gens qui font mon métier se sont professionnalisés aussi. Donc au fond... On peut avoir des échanges presque techniques. Nous, on est là pour répondre à leurs questions, tu vois, et leur expliquer des choses. Parce qu'il y a aussi beaucoup de choses qui jouent de malentendus. C'est-à-dire qu'on se précipite, on est persuadé d'avoir compris, donc il faudrait expliquer les choses, etc. Moi, je crois plus à la pédagogie, à l'explication et à l'honnêteté qu'au copinage. Je veux dire par là que... Quelle que soit ta relation avec quelqu'un, si tu lui mens une fois, enfin moi je sais pas comment vous êtes, moi si on me ment une fois, je vous fais plus jamais confiance. C'est assez simple la vie. Bah professionnellement c'est pareil. Et nous on a besoin que le journaliste, nous, les gens nous aiment pas forcément, ils m'achètent. Parce qu'on n'est pas complaisant, on n'est pas... Mais je pense que personne ne vous dira comment.
- Speaker #0
Je comprends.
- Speaker #1
Et je pense que si on met notre tête sur le billot, sur un truc, et qu'on dit au journaliste je t'assure, il en tient compte dans son équation. Il vérifie partout, mais ça tient compte. Je pense que c'est pas forcément le cas pour tous mes confrères. Qui d'ailleurs disent eux-mêmes, il y en a qui ont fait des interviews en disant que le monde le mensonge fait partie de la communication. Moi, je pense que le mensonge, ce n'est pas moral, en plus, mais c'est très, très contre-productif.
- Speaker #0
Oui, mais je n'étais pas tellement dans le changement des journalistes. Vous avez dit, la presse économique, la presse financière, c'est énormément professionnalisé. Mais je ne sais pas si le rôle des journalistes, je pense surtout aux journalistes télé, mais écrite aussi, en fait, ne doit pas changer à l'avenir. Qu'est-ce que je veux dire par là ? C'est que cette recherche de la vérité, Elle n'est pas innée pour tout le monde. Je ne sais pas, pour le journaliste, elle est davantage ou moins développée. Non,
- Speaker #1
mais là, vous parlez de l'investigation.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Vous ne parlez pas de l'économie.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Voilà. L'économie... L'investigation, c'est quand même encore très marginal. Voilà, la presse-investigation, d'abord, moi, je pense que la presse-investigation, c'est un contre-pouvoir de la démocratie. Et moi, je suis pour les... Je suis libéral, donc check and balance. Moi, on ne donne pas la garde du lait Ausha. Voilà. Donc il faut des contre-pouvoirs. Il paraît que les Ausha ne boivent pas de lait, d'ailleurs. Je suis chien, je ne suis pas chat, donc je n'en sais rien. Mais j'aime beaucoup ce vieux proverbe. Donc la presse-investigation, c'est un contre-pouvoir. Maintenant, quand ça devient un débat idéologique, il faut le démonter et il faut répondre. Est-ce que vous voulez que je vous dise ?
- Speaker #0
On a un peu parlé de l'évolution des politiques. J'aimerais qu'on revienne sur les patrons et les grands patrons. Vous dites, moi j'aime bien aller chercher les gens qui peuvent apprendre des choses.
- Speaker #1
Moi j'ai un petit faible, je reconnais, pour le patron entrepreneur et pour le type dont c'est la boîte. J'aime mieux, je les aime mieux que les managers parce que, il y a des managers formidables, moi je vous prends le type qui dirige Bouygues, Olivier Roussard, Fonchon, c'est un mec, il y en a plein, enfin je connais plein de patrons absolument extraordinaires, mais ce que j'aime chez le patron entrepreneur, c'est que je pense qu'il voit les choses dans le long terme. Moi, je pense que dans la vie, il ne faut jamais rater l'immédiateté, mais si on veut construire, il faut être dans le long terme. Et je pense que ce sont en général de bien meilleurs actionnaires que les fonds d'investissement, les trucs qui, au fond, veulent une plus-value pour pouvoir sortir vite, etc. Les patrons, donc les familles. Et nous, on travaille, c'est vrai, quand je regardais ça l'autre jour, on travaillait avec un nombre de familles hallucinantes, de grandes familles capitalistes. Et j'aime bien ça, moi. J'aime bien ça parce qu'ils sont ancrés dans le futur, dans la transmission. Et en fait, moi je vais vous dire, je pense qu'il n'y a qu'une chose importante et grave dans la vie, c'est la mort. Donc c'est la fin de la vie. Et c'est vrai que le fait de réussir à bâtir des choses qui... Moi, j'aime les choses qui durent. Je pense que c'est le seul défi à la mort, c'est les choses qui durent.
- Speaker #0
Et est-ce que ces patrons entrepreneurs, vous les avez vus changer avec le temps ? Ou finalement, ils s'est passé un peu les mêmes aujourd'hui par rapport à il y a 30 ans ?
- Speaker #1
Je ne sais pas ce que vous appelez changer. Je reviens sur les mêmes trucs. Je pense que pour être un bon patron... Il faut avoir d'abord énormément de bon sens. Il faut avoir beaucoup de ténacité et d'opiniâtreté. Il faut être curieux et ouvert aux autres et comprendre, mais en même temps, il faut avoir le cuir dur parce que vous décidez seul. Le patron, c'est une forme de solitude. Parce que vous êtes le dernier recours et c'est tout. Tout ça, ça reste vrai. Et vous pouvez avoir des gens remarquablement intelligents. Moi, je sais que je vois beaucoup, surtout plutôt beaucoup de jeunes femmes qui ont envie de monter des trucs et tout. Et je leur dis attention. Le critère du bon patron n'est pas... Bien sûr qu'il faut être intelligent, c'est évident. Mais il y a des gens très intelligents qui ne peuvent pas être chefs d'entreprise et qui sont beaucoup mieux dans une équipe qui apporte beaucoup plus il faut être capable de faire face à une indépendance et une solitude la liberté a un contre... il y a un prix à payer
- Speaker #0
Il nous reste assez peu de temps, Anne, je voudrais quand même aborder la campagne qui arrive. Je vous rassure, on ne va pas parler de contenu politique, mais on va rester sur l'angle de la communication. Qu'est-ce qui va changer dans cette campagne que vous voyez venir ?
- Speaker #1
Ce que je n'arrive même pas à comprendre, c'est qu'une série de candidats ne réalisent pas que beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses se passent sur les réseaux sociaux. Et d'ailleurs, c'est Mélenchon qui fait une campagne absolument remarquable sur les réseaux sociaux. Et après, c'est Marine. Et ce n'est pas un hasard au-delà d'autre chose. Mais je veux dire, ils se sont emparés de ces outils populistes et qui permettent de dialoguer immédiatement. Et je trouve que les autres candidats sont en retard. Et je pense que ça ne veut pas dire devenir populiste que de réagir et de se servir de cet outil.
- Speaker #0
Là, vous vous placez du côté des candidats. Je me place du côté du citoyen. Qu'est-ce que vous recommandez à ceux qui nous écoutent et qui vont s'informer avant de voter, de faire pour faire ce choix en conscience ?
- Speaker #1
Alors d'abord qui suis-je pour recommander ? Donc moi je recommande... Je suis moi-même absolument perdu et effaré dans l'offre politique qu'on nous fait. Non, je pense qu'il faut qu'il... Qu'ils fassent un petit effort quand même pour lire, parce qu'en général les gens ne font pas les programmes des gens, pour ne pas se réveiller extrêmement surpris. Donc lire, lire les choses, comprendre ce qu'il y a derrière. Et puis c'est là où la télé n'est pas un mauvais outil. La télé, elle vous permet de regarder quand même les débats, parce que la télé met quelqu'un en vérité. C'est au fond, dans une émission de télé, que vous repérez, si vous êtes attentif, le plus de choses sur quelqu'un que vous ne connaissez pas.
- Speaker #0
Ok. Anne, on arrive au bout de notre petite discussion. Est-ce qu'il y avait un sujet que vous vouliez absolument aborder, qu'on n'a pas abordé, que vous souhaitiez partager avec ceux qui nous écoutent aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je suis là pour répondre à vos questions. Je peux juste dire que l'entreprise, c'est lourd, c'est exigeant, mais c'est un vrai bonheur parce que c'est... C'est le seul endroit où on est vraiment libre, si on travaille.
- Speaker #0
Liberté de travail. On se parle dans 5 ans, 10 ans, à quoi ressemblera Image7 ?
- Speaker #1
J'espère la même chose en beaucoup mieux et en très différent. Ce que je veux dire, c'est que je pense que je voudrais qu'il y ait... Vous savez, mes collaborateurs ont fait un mantra, une formule. Ils disent que Image7, c'est le courage de dire, la liberté de faire. La volonté d'exceller, j'espère qu'il m'achète, restera le courage de dire, la liberté de faire, la volonté d'exceller.
- Speaker #0
Merci Anne. C'est un art délicat de raconter sa propre histoire. Anne n'est pas du genre show-off. Elle est toujours très vigilante à ne pas trop en faire. Mais il faut aussi dire les choses très simplement. Image 7 est une immense réussite. Ses mots, Anne aurait eu du mal à les dire. les prononcer. Anne nous raconte dans cet épisode quelques ingrédients de l'alchimie qu'elle a réussi à créer entre elle, son équipe et ses clients. Pour celles et ceux parmi vous qui, comme moi, dirigent des sociétés de service, vous jalouserez un peu, pas trop j'espère. Cette capacité géniale qu'a Imageset a attiré les clients sans effort et elle est gardée toute une vie. En termes d'acquisition, et de fidélisation client. C'est peut-être le Graal, c'est du moins ce que je pense. Il y a aussi un ingrédient de ce succès qu'elle évoque sommairement et sur lequel je souhaite revenir. Anne s'appuie sur une formation en béton armé, et ses équipes aussi. Les études ne font pas tout, elle le dit elle-même, mais les études aident beaucoup. Certes, le diplôme ne garantit plus une carrière, et c'est tout à fait normal. Certes, aussi, il y a à bouleverse notre rapport à l'accès à la connaissance et à l'apprentissage, mais le diplôme reste un phare, et le restera encore longtemps. Continuez de vous former inlassablement, N'arrêtez jamais d'étudier. Apprenez à appréhender la complexité croissante du monde, comme Diane. Et enfin et surtout, faites étudier vos enfants. Que ces études soient manuelles ou intellectuelles, rappelez-leur qu'il y a toujours une marche au-dessus de laquelle ils se tiennent. Faites-leur voir cette marche et aidez-les à la monter. C'est cela peut-être le chemin de l'excellence. Si vous avez aimé notre discussion, partagez l'épisode, commentez et abonnez-vous sur votre plateforme d'écoute préférée. Et si vous avez des sujets sans invité, je suis comme toujours joignable sur LinkedIn. Merci Anne et Agnès Guillard, grâce à qui cette rencontre a pu se tenir. Merci à tous pour votre fidélité et à très bientôt.