- Speaker #0
Peuvent bien avoir à se raconter deux femmes que 37 années séparent. Nina a bientôt 26 ans, j'en ai 63. Nous travaillons dans le même studio et nous tendons toutes les deux le micro aux autres. Et chacune à notre manière, nous cherchons à comprendre ce qui donne du sens à une vie. Mais avons-nous les mêmes rêves, les mêmes peurs, la même vision de l'avenir ? Et surtout, que pouvons-nous encore nous transmettre ? C'est ce que j'ai envie de découvrir aujourd'hui avec Nina Waynes. créatrice du podcast COPS. Bienvenue dans Histoire de Femmes. Coucou Nina !
- Speaker #1
Hello !
- Speaker #0
Bienvenue dans ce superbe studio ici chez Streambox. C'est un studio que tu connais bien aussi, non ? Déjà,
- Speaker #1
j'arrête pas de sourire, c'est trop bien. Et puis oui, on est un peu à la maison ici.
- Speaker #0
On est à la maison ici toutes les deux. On se partage ces micros. Et je suis vraiment enchantée de t'avoir ici dans mon épisode Histoire de Femmes. Histoire de femmes de deux générations vraiment bien différentes. On en a des choses à raconter, on en a des choses à partager.
- Speaker #1
Je me sens tellement honorée. On avait déjà fait un épisode ensemble sur mon podcast du coup. Et là, le rôle s'inverse. C'est drôle et ça me fait trop plaisir.
- Speaker #0
Alors, je vais directement te poser une question. Imagine-toi, tu es la petite Nina et je t'offre une boîte de crayons de couleurs avec plein de couleurs différentes. Et je te demande de dessiner le monde. dans lequel vit la petite Nina. Alors, quelle couleur tu choisis et qu'est-ce que tu dessines ?
- Speaker #1
Waouh, c'est une question incroyable. Je pense, la première couleur qui m'est venue, c'est le bleu. Mais je pense parce que je suis quelqu'un d'assez rationnel et donc je vois tout de suite la planète, le monde, la Terre, etc. Je pense que je vois un monde plein de couleurs où je m'émerveille de tout, tout le temps. Sur mon podcast, on avait parlé, tu sais... La faculté de voir les petites choses, les petits oiseaux, les petits papillons et tout. Je n'ai pas plein de couleurs, du rose.
- Speaker #0
C'est pour ça que je suis habillée comme ça aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, plein de couleurs.
- Speaker #0
Et tu dessines quoi ?
- Speaker #1
Ce serait probablement un environnement avec de la nature. La beauté d'un arbre, un oiseau, un insecte, un papillon. Oui, oui. Aujourd'hui, ce serait ça, je pense.
- Speaker #0
Et si tu étais Nina aujourd'hui à 26 ans, est-ce que tu fais le même dessin et tu choisis les mêmes couleurs ?
- Speaker #1
Je choisis les mêmes couleurs, avec des couleurs plus naturelles. Et je pense que je rajoute une montagne sur le dessin.
- Speaker #0
Ok. Et pourquoi la montagne ?
- Speaker #1
La montagne parce que...
- Speaker #0
C'est quoi ta symbolique en fait ?
- Speaker #1
Mais justement, la question est hyper intéressante. Je pense que parce que je me rends compte aujourd'hui, à presque 26 ans, que la vie, c'est un peu des up and down. Et je trouve que la métaphore, tu vois, de la montagne est intéressante. Parce que c'est... Oui, tu gravis quelque chose, tu ne sais pas trop où tu en es, tu ne vois pas le sommet, tu ne sais pas ce qui t'attend et tout. Et en fait, le chemin est là. Et non, je ne sais pas, la montagne. Peut-être qu'on reparlera de cette métaphore à la fin de la conversation. Parce qu'en fait,
- Speaker #0
tu imagines bien que je n'ai pas posé cette question par hasard, naturellement. Et tu y réponds déjà à pas mal de choses de ce que nous allons parler ensemble dans cet épisode. Et déjà, merci pour ça, c'est vraiment super. Moi, je te vois sous deux facettes. Je te connais un petit peu quand même maintenant. Et je vois deux facettes de toi. Je vois cette facette un peu de la fée Clochette. Tu me fais penser à la fée Clochette. Ou bien à une libellule, tu vois ? Ou même à une licorne. Donc moi, je te vois un peu... Tu te souviens de ces petits jouets de petits poneys avec des cheveux pleins de couleurs ?
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Moi, je te vois un peu comme ça. Mais en même temps, je vois une jeune femme qui a beaucoup de réflexions, qui se pose énormément de questions, dont le cerveau est toujours en ébullition. Et qui vit dans un monde quand même actuel qui n'est pas simple. Et donc, ma deuxième question t'amène à te dire, je voudrais que tu fasses l'exercice inverse. Tu vois une femme qui a 37 ans de plus que toi. Comment tu me vois ?
- Speaker #1
Je vois les personnes qui me sont plus âgées, entre guillemets, comme des sages. Je sais que ça peut paraître un peu bizarre, mais en tout cas, toi, je te vois un peu comme un... Comme un mentor, comme une femme comme ça qui a la capacité de te guider. Bon, après, c'est aussi en rapport avec ton activité de coaching, etc. Mais c'est vrai que j'ai souvent tendance à me dire, les personnes, tes aînés, par exemple, en fait, elles ont des clés et elles ont traversé des expériences qui peuvent t'aider. Alors, écoute un peu ces gens. Même si certaines personnes qui me sont plus âgées ne sont pas toujours en adéquation avec le monde dans lequel je vis. Parce que l'époque est différente, l'histoire, la géopolitique, tu vois, le contexte sociétal est différent. Mais je pense que les émotions, les expériences, l'amour, les questionnements de vie, ils sont à peu près similaires. Et tu vois, je lisais un livre l'autre jour. Non, c'était un podcast. J'écoutais un podcast où on disait en fait, on n'est pas si extraordinaire que ça. On traverse tous à peu près les mêmes choses dans la vie. Alors, instruis-toi, regarde les autres, parle aux gens.
- Speaker #0
Je vais rebondir sur ce que tu dis. C'est quoi pour toi la signification d'extraordinaire ?
- Speaker #1
Je pense que quelqu'un d'extraordinaire, c'est quelqu'un... qui est dans une faculté à s'écouter pleinement et à se dire, je fais les choses pour moi, je m'exprime avec mes pensées, en fonction de mon vécu, de mes rêves aussi. C'est un peu ce mélange de passé, présent, futur, qui je suis vraiment. Et c'est l'expression de cette authenticité, je pense que ça rend les gens un peu extraordinaires. Parce que fondamentalement, on est tous complètement différents. Donc on est extraordinaires. Mais à vouloir se fondre dans un moule, à vouloir répondre à une société qui veut qu'on tende vers... la même chose, je sais pas, par exemple la richesse, le toujours plus la croissance, en fait on en perd cette authenticité qui nous rend extraordinaire Oui,
- Speaker #0
c'est ça, donc à l'inverse être ordinaire, c'est quoi pour toi ?
- Speaker #1
Être ordinaire, je pense que c'est rentrer dans un moule un peu préfabriqué et c'est aussi ça j'ai un peu expérimenté c'est écouter les pensées limitantes des autres, ça je pense que devenir ordinaire Ça passe forcément péjoratif. Bon, là, je l'exprime un peu de manière péjorative, mais être ordinaire, je pense, c'est faire comme les autres veulent de nous.
- Speaker #0
On reviendra sur ces questions-là. Elles sont dans mes fiches. Tu m'as directement amenée vers le bon chemin. Pour que les personnes qui nous écoutent, qui nous regardent, te connaissent un petit peu mieux, raconte-moi comment est né COPS, en fait, ton podcast. Comment est-ce qu'il est né ? Pourquoi est-ce qu'il est né ?
- Speaker #1
OK. Alors, COPS, c'est K-O-P-S, Keep Our Planet Safe. après cops c'est aussi un mot que j'utilise pour parler de mes copains mes cops parce qu'il y a ce phénomène aussi de proximité d'amour aussi de l'autre et d'envie de ma part d'avoir un impact positif sur le monde en fait c'est né d'une petite fille qui adore la nature et qui est toujours beaucoup plus intéressée par ce qui se passe dehors que dedans donc en dehors d'elle on va dire d'accord fait que maintenant je suis une pro de l'introspection donc il y a ce truc qui vient aussi soit hum hum C'est vraiment cet amour intellectif pour ce qui m'entoure, pour la nature, et aussi un amour de l'autre. Dans toutes les différences et toutes les variantes que ce soit, que ce soit un animal, un arbre ou quelqu'un, tu vois. Il y a vraiment ce mot, c'est amour autour de moi, qui gravite. Et puis après, j'en ai fait mes études. Et puis pendant mes études, je me suis dit, mais en fait, ce que j'aime, c'est communiquer. Et c'est parler aux gens, c'est avoir des deep talk. Du coup, je me suis dit, podcasteuse, c'est vraiment incroyable. Et donc, j'ai appelé mon podcast COPS, prendre soin de soi, de l'autre et du monde qui nous entoure.
- Speaker #0
Tu as fait des études dans la biologie, non ? Oui,
- Speaker #1
j'ai fait cinq ans de biologie et après, j'ai fait un autre master en écologie. On est parti vraiment du petit et on est devenu un peu macro avec la société, le monde, la politique, la philo, l'économie, tout ça.
- Speaker #0
S'il y avait un mot qui devait te définir, un seul, ce serait lequel ? Après, je te donnerai le mot avec lequel moi, je pourrais te définir.
- Speaker #1
Je pense que, on en parlait en backstage tout à l'heure, je pense que mon mot préféré, c'est le mot équilibre. Mais ce n'est pas le mot qui me parle le plus pour le moment. Pour le moment, il y a un mot que j'aime beaucoup, on en parlait aussi, c'est le mot paix. Parce que c'est ce vers quoi je tends, mais que je n'arrive pas vraiment à toucher pour le moment. Parce que, tu vois, la montagne, on est dans cette phase.
- Speaker #0
Trouver l'équilibre pour enfin un jour arriver à une paix intérieure.
- Speaker #1
Oui, en sachant que la paix, ce n'est pas non plus mon objectif. Ce n'est pas le sommet de la montagne. Mais la paix, c'est ce que je veux faire dans ce chemin de montagne.
- Speaker #0
Ça rejoint ma phrase préférée. Exactement. Alors, pour vous, ma phrase préférée, je vais vous la redire. Nina, elle la connaît bien et c'est une phrase que j'utilise. très souvent et quand je peux faire quelques signatures pour mon livre notamment j'écris toujours ça le bonheur n'est pas au bout du chemin le bonheur est le chemin je te vois bien monter et descendre cette montagne et hop et en avant et ce chemin infini et qui est encore extrêmement long où il y a plein de choses qui vont arriver qui vont t'enrichir et qui vont te mener à la personne que tu as peut-être envie d'être et si moi je devais te définir avec un mot ce serait curieuse
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ah oui, oui.
- Speaker #0
J'adore ta curiosité, en fait.
- Speaker #1
Oui, ça, c'est vrai que c'est plus une caractéristique. Oui, oui, à fond.
- Speaker #0
C'est la curiosité, c'est curieuse. Tu es curieuse de la vie, tu es curieuse des autres. Tu es curieuse du temps qui passe. Vraiment curieuse, moi ça me parle énormément parce que ça montre ta richesse en fait et l'intérêt que tu as de tout ce qui t'entoure. On parlait aussi des petites coccinelles, on se met à quatre pattes, on cherche les coccinelles et ça nous émerveille en fait. C'est ça, c'est la curiosité de la vie au quotidien. Alors évidemment tu parles beaucoup d'environnement, tu parles beaucoup de tout ce qui nous entoure, de cette planète aujourd'hui. Qu'est-ce que tu pourrais dire ? Est-ce que parfois tu penses que les gens de ma génération ont fait énormément de bêtises, que votre génération aujourd'hui doit payer les pots cassés de ce que nous avons fait ou les personnes qui m'ont précédé ?
- Speaker #1
Oui, mais d'un point de vue écologique, c'est vrai qu'il y a ce principe de responsabilité que j'ai beaucoup appris, notamment pendant mes études en écologie. C'est vraiment, oui, en fait, vous avez un peu merdé et alors je ne dis pas qu'on n'est pas parfait. Mais il y a eu un peu de casse. Et maintenant, le principe de responsabilité, c'est de voir cette casse, de l'assumer, d'en prendre les responsabilités et de se dire, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Parce que le principe de responsabilité, c'est pas dire, j'ai fait du mal, désolé. C'est, j'ai fait du mal, je le vois. Et maintenant, qu'est-ce qu'on peut faire ensemble ? Et tu vois, du coup, ce truc aussi intergénérationnel est hyper intéressant. Et donc, cet échange aussi est intéressant. Pareil que, il y a ce truc macro-écologique. de problèmes socio-écologiques, d'une case qui est naturelle, de la nature. Et puis, il y a aussi tout ce qui est de l'ordre des pensées limitantes, des traumas, de donner notre vécu à la génération d'avant, d'après.
- Speaker #0
Le sac à dos qu'on vous transmet, rempli de toutes sortes de briques bien pesantes.
- Speaker #1
C'est que ce sac à dos, il arrive sur plein de pans différents de notre vie. Que ce soit notre environnement, donc là l'écologie, j'en parlais, mais aussi de notre éducation, par exemple. Je voulais juste faire ce petit...
- Speaker #0
Et donc, cette problématique un peu intergénérationnelle... Moi, parfois, je me pose des questions. Je vois les jeunes qui bougent, qui se battent pour l'environnement, etc. Mais qui sont, à mon sens, parfois contradictoires. Je te donne un simple exemple. Cette folie d'acheter online. Et ces paquets qui... et partent, reviennent, et partent, reviennent, et partent, reviennent. Et comment tu vis ça ? Comment vivent les gens de ton âge par rapport à cette contradiction constante, en fait ? Oui,
- Speaker #1
ça, en fait, on appelle ça la dissonance cognitive. C'est le fait d'agir à l'encontre de ce qu'on estime être bien. Et j'avoue qu'à l'heure actuelle, je ne sais pas pourquoi est-ce qu'on est tant dans cette forme de dissonance cognitive, mais je pense qu'aussi... Il y a ce truc de « je sais que c'est mal et je le fais quand même parce qu'on me dit que » ou « parce que le monde va dans ce sens » . C'est très dur pour moi aussi. Je vis aussi de la dissonance cognitive alors que je suis écologique dans mes pensées, dans ce que je raconte, dans ce que je prône. Tu fais ces achats comme ça à Tempestif Online ? Non, non. quand même il y a aussi des collabs parce que je fais aussi un peu d'influence sur les réseaux il y a aussi des collabs que je refuse par exemple, si c'était non, Chihine qui m'a contactée elle aurait dit gentiment de ne plus me contacter heureusement que tu as refusé mais tu vois la dissonance cognitive par exemple je sais que manger de la viande c'est une des industries les plus polluantes et en plus il y a l'éthique animale mais pourtant ça m'arrive d'en manger prendre l'avion, tu vois je prends aussi l'avion parce que tu vis toujours dans une société et qui n'est pas parfaite. Et donc, c'est très difficile d'être parfait quand le monde ne l'est pas. Et puis, il y a ce double truc. Il y a la dissonance cognitive et puis après, il y a la pureté militante. Et je sais qu'il y a des choses que je fais qui ne sont pas bonnes. Je ne suis pas parfaite. Donc, ça, c'est la pureté militante. Mais être parfait,
- Speaker #0
qu'est-ce que ça veut dire ? Parce que la perfection, ça n'existe pas de toute façon.
- Speaker #1
Et donc, je fais ma part. Alors, je sais que parfois, ça ne suffit pas. Mais je pense que dans ma vie au quotidien, j'essaie de faire aussi suffisamment de choses pour influencer. Tu vois, la good influence, pour influencer les gens à comprendre le monde dans lequel ils vivent et comment est-ce qu'ils peuvent aussi impacter les choses.
- Speaker #0
Tu as énormément de douceur dans ta manière de parler, de t'adresser aux gens, etc. Tu as une douceur aussi envers l'extérieur, mais est-ce que ce n'est pas quelque chose pour te permettre de vivre dans cette violence actuelle ?
- Speaker #1
Ah si, parce qu'en fait, ça m'est arrivé quand j'étais un peu plus jeune de faire du militantisme un peu plus... Pas hard, j'ai jamais fait les soulèvements de la terre, des choses comme ça. Enfin, hard. Pour moi, je veux dire, ces actions comme ça, c'était un peu compliqué à gérer. Et en fait, je me suis rendue compte, dans ce milieu un peu militant, que j'avais beaucoup de mal à me sentir en paix et calme. Et je me suis dit, ok, tu milites pour quelque chose, et il y a un peu de colère, d'agressivité qui doit sortir. Mais j'en venais à un point où j'étais vraiment pas du tout... apaisée, j'étais stressée, je faisais beaucoup d'éco-anxiété. Je me suis dit, mais attends, je me bats et je mets toute ma colère pour combler un stress et une anxiété qui, au final, ne disparaissent pas. Et donc, en plus du stress et de l'anxiété, je commence à avoir de la colère. Ça ne va pas. Donc, je me suis dit, en fait, mon militantisme, ça va être la culture de l'émerveillement, ça va être montrer aux gens les belles choses de la vie, ça va être leur faire découvrir des choses spirituelles, émotionnelles qui sont un peu plus douces. Et là, je me sens beaucoup plus en adéquation.
- Speaker #0
Parce que là, tu es dans un partage.
- Speaker #1
Je suis dans un partage et surtout dans un militantisme beaucoup plus doux pour moi. Et je me suis trouvée... Et cette douceur peut ne pas l'être du tout pour quelqu'un d'autre. Mais à nouveau, chacun trouve sa paix et jauge un peu son bonheur comme il est, en fonction de qui il est.
- Speaker #0
Ça me fait penser à une des philosophies qui me parle énormément. Tu sais de quoi je parle, toi tu me connais. On parle beaucoup de stoïcisme quand on a nos conversations Nina et moi. Et c'est ça en fait, c'est comment vivre les choses avec lesquelles on n'a pas de contrôle. Donc on a toujours deux possibilités en fait. On a du contrôle sur pratiquement rien, sauf sur la manière dont nous on vit les choses. Et donc ça c'est important. Donc je me pose souvent cette question, est-ce que c'est quelque chose que je peux résoudre ? Si je dis oui, je me mets en action et j'essaye de résoudre, d'agir. Si je dis non, j'essaye de mettre cette énergie de côté vers autre chose, quelque chose que je peux finalement résoudre mais à ma manière. C'est ce que tu viens de dire, non ? C'est ce que tu as résumé en fait, c'est ça ? C'est exactement ça.
- Speaker #1
C'est qu'en fait, il y a eu un moment donné où j'ai compris qui j'étais, ce qui m'a permis de mettre mes limites. Et ce n'était pas mes limites dans le sens, je te redonne le contexte militant, « Oh, ma limite, vous êtes trop agressif, ça ne me plaît pas. » Non, je ne peux pas vous changer, vous êtes comme ça, c'est comme ça. C'est comment est-ce que moi, je peux essayer de plus m'écouter. Et tu vois, c'est comme, allez, on va appeler ça le développement personnel, c'est comme quand... quand on parle de soi dans l'émotion, etc., je te donne mes limites, mais je ne te donne pas mes limites pour que toi, tu changes. Je te les donne pour moi, comprendre comment je peux réagir face à cette situation qui me déplait.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis, parce que quand tu parles comme ça, c'est compliqué d'agir comme ça, je trouve. C'est très difficile de souffrir. Parce qu'en plus,
- Speaker #1
je suis quelqu'un qui suis super fort dans le contrôle. Et donc, par exemple... Par exemple, dans le couple, quand je vais donner une de mes limites, je parle du couple parce que c'est quelque chose que vous connaissez tous.
- Speaker #0
Et que je te rassure tout de suite ou je te donne encore un petit peu de pression supplémentaire. Mais ça ne s'arrête pas. Ça ne s'arrête pas. À 63 ans, c'est la même chose. C'est le même raisonnement.
- Speaker #1
Et tu vois, je donne mes limites dans l'espoir que ça puisse changer. Mais en fait, à un moment donné, tu t'aimes suffisamment pour dire, désolé, c'est ma limite, donc c'est moi qui vais devoir changer quelque chose en moi. Et à la limite, si ça ne me plaît pas et que juste ma réaction ne suffit pas pour que j'arrête de me sentir mal, ben...
- Speaker #0
La puissance du non.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
C'est ça, non ? Arriver à dire non ?
- Speaker #1
Mais c'est horrible parce que quand tu mets tes limites et que tu es quelqu'un d'hyper perfectionniste ou que tu es quelqu'un tout simplement qui adore être dans le contrôle, en fait, tu te dis... C'est super frustrant parce que tu as envie que ça change, tu as envie que l'autre change. Mais se changer soi, c'est peut-être même encore plus dur.
- Speaker #0
Se changer soi, c'est difficile parce qu'en fait, on projette souvent sur l'autre ce qu'on voudrait qu'il soit. Et on ne respecte pas finalement la personne qu'on a en face de soi. Avec ses qualités, avec ses défauts, c'est un petit peu ce qu'on fait toutes et tous. C'est que quand on tombe amoureux, on tombe amoureux de la personne qu'on voit en face de soi. Et puis, à force de vivre avec... On a envie que la personne réponde beaucoup plus à nos attentes. Et on oublie en fait qui était la personne qu'on a eue le premier jour en face de soi et qui nous a ébloui, non ?
- Speaker #1
Mais tu sais, c'est hyper marrant parce que c'est vraiment dans mon actualité. C'est ce truc de dire, quand tu tombes amoureux d'une personne, tu tombes amoureuse de cette personne ou amoureux de cette personne. Mais tu tombes aussi d'une certaine manière amoureux d'un potentiel.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et ça, c'est une projection. D'une projection. Alors c'est chouette. Et c'est aussi une preuve d'amour parce que tu te dis, j'ai confiance en cette personne, je sais ce qu'elle peut devenir. Ou quand cette personne te fait peur de ses rêves et que tu te dis, waouh, cette personne a des ambitions de dingue. Et du coup, tu te projettes. Et donc, c'est une forme aussi de preuve d'amour, d'avoir confiance en l'autre. Là où c'est dangereux, c'est quand vraiment, tu n'es amoureux que d'un potentiel. D'une projection.
- Speaker #0
De l'homme ou de la femme avec qui tu as envie de vivre. Et en fait, tu voudrais qu'ils correspondent à tes attentes.
- Speaker #1
À tes attentes.
- Speaker #0
Ça, c'est difficile, je trouve.
- Speaker #1
Et tu vois, on revient aux limites. En fait, c'est vraiment ce cycle. Et c'est comment est-ce que moi, je vais pouvoir contrôler mes propres réactions ? Est-ce que je veux vraiment qui je suis ?
- Speaker #0
Et tu vois, c'est vraiment super de voir qu'avec cette fameuse différence d'âge, on est quand même toujours sur la même chose. Et ça me fait penser à une autre question. Comment est-ce qu'on vit aujourd'hui, quand on a 26 ans, cette vie remplie d'injonctions ? Cette vie est remplie de choses que l'on doit faire, que l'on doit être ou que l'on pense devoir être, que la société nous demande d'être. Comment est-ce qu'on vit ça au quotidien quand on a 26 ans ?
- Speaker #1
J'avoue que moi, ça m'a, pour d'abord expliquer ce que ça m'a fait ressentir avant de dire comment est-ce que je le vis, un peu d'anxiété quand même. Surtout, on parlait ça tout à l'heure de l'écologie. Il faut faire ceci, il faut faire cela. C'est une anxiété aussi de, dans dix ans, tu ne pourras plus jamais prendre l'avion parce que c'est un stress. Maintenant, je me dis que dans mon contexte à moi personnel... Ok, je constate que j'ai de l'anxiété, par contre ça ne m'empêche pas d'agir et de juste utiliser les bénéfices de ma vie pour être bien. Ce n'est pas parce que j'ai des injonctions dans ma vie, dans la société, etc., que ça va m'empêcher d'être bien. Parce que j'ai un peu ce privilège. J'ai un peu le privilège d'être bien entourée, d'avoir un contexte politique, social, économique, familial, éducation, qui soit hyper propice au bien-être. Et donc, je pense que si un jour je chute, ce sera vraiment désolant parce qu'il y a des gens qui n'ont jamais eu cette chance.
- Speaker #0
Oui, mais est-ce que ça ne te donne pas un sentiment énorme aussi de culpabilité et de responsabilité ? Est-ce que tu te donnes aussi le droit de dire ça ne va pas ? Est-ce que j'ai le droit de dire ça ne va pas ?
- Speaker #1
Hyper intéressant. Oui, je me l'accorde. Par exemple, typiquement, là, j'ai une période où je me sens... vraiment pas hyper bien dans mes chaussettes, dans mes chaussures.
- Speaker #0
Est-ce que je peux me permettre de te demander pourquoi ? En fait,
- Speaker #1
je pense que je suis dans la période de ma vie où je rencontre le plus de changements. Et j'ai toujours eu une vie très calme, très posée, où tout n'était pas prévu, mais tout était dans le flot. Un peu pris en charge par ton entourage. C'était pris en charge, je ne devais me poser aucune question. Là, j'ai quitté ma maison familiale, j'ai un peu, comme dirait ma mère, coupé le cordon. Et puis, des séparations autour de moi, des questionnements. J'ai arrêté l'UNIF après sept ans d'études. Donc, tu vois, ça aussi, c'est un changement. Je me suis posé beaucoup, beaucoup de questions dans mes relations amoureuses. Beaucoup de séparations, puis des questionnements, puis d'autres relations, etc. Et donc, oui, en fait, je pense que c'est vraiment cette succession et cette accumulation qui a fait que je me sens un peu perdue. Je me sens un peu... En fait, c'est vraiment perdu. Je me sens perdue.
- Speaker #0
Oui, parce que moi... qui suis quand même très présente sur les réseaux sociaux. Puis, tu sais, j'ai des enfants qui sont extrêmement présents sur les réseaux sociaux. Donc, je vois aussi tous ces commentaires négatifs qui sont effrayants, finalement, cette méchanceté terrible. Et je me dis que ce qui revient souvent, c'est oui, mais elles n'ont pas le droit de se plaindre. Ils n'ont pas le droit de se plaindre parce que déjà, ils sont comme ça. Ils viennent de telles familles. Ce sont des gens aisés alors que personne ne sait et ne connaît notre histoire. Donc, on a comme ça des tampons, tu vois, terribles, des cachets. Ils n'ont pas le droit de se plaindre. C'est ça que je voulais te poser comme question. Comment on vit ça, finalement ? Parce que tu n'as jamais le droit de ne pas être bien, toi, alors que d'autres ont plein de problématiques.
- Speaker #1
Oui, et puis, ça te revient tout le temps. Moi, par exemple, quand je pose une question sur les réseaux sociaux, comment est-ce que vous vivez les phases de down, etc. Et qu'après, j'explique un peu ma situation. C'est, tu n'as pas le droit de te plaindre, tu as vu la victoire. Et puis, c'est vrai, quand on voit mes réseaux, je fais du sport, j'ai mon cheval.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
C'est vrai qu'il y a ce truc, t'as pas le droit. Mais en même temps, il y a toujours mieux, il y a toujours pire.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. Mais on te donne plus cette autorisation.
- Speaker #1
Non. Et en même temps, il y a quand même une partie de moi qui le comprend. Je m'accorde le droit de ne pas être bien, mais je m'accorde aussi le droit d'aller mieux.
- Speaker #0
Heureusement.
- Speaker #1
Et du coup, d'agir en conséquence pour retrouver cette petite flamme et cette joie de vivre qui ne m'a jamais perdue. Ce n'est pas parce que j'ai eu une période où je suis hyper perdue que je suis malheureuse. Mais c'est vrai que... franchement là je suis en train de m'accorder non, merde en fait, j'ai le droit de me sentir pas bien, même si j'ai une belle vie même si j'ai un entourage, même si j'ai un chouette copain, même si j'ai des amis même si j'ai une famille,
- Speaker #0
même si même si parce que ton questionnement ce qui se passe ici dans ton cerveau équibou, équibou, équibou, il est à toi il t'appartient en fait et c'est pas parce qu'on vient d'un milieu comme ceci ou d'un milieu comme cela qu'on n'a pas le droit de se remettre en question de se poser des questions en fait Merci. Et aujourd'hui, je trouve qu'il n'y a plus du tout de neutralité, il n'y a plus de questionnement, c'est toujours ou bien blanc ou bien noir, t'es là ou t'es là. Tu n'as plus le droit d'être là.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Tu n'as plus le droit d'hésiter, tu dois te positionner. Et si tu ne te positionnes pas là ou là, t'es nulle, t'as plus ta place en fait. C'est dur ça quand même.
- Speaker #1
Mais tu sais que c'est hyper marrant parce que...
- Speaker #0
Moi ça me rend mal à l'aise en fait.
- Speaker #1
Sur les réseaux, on m'a souvent dit que je n'étais pas assez... pas incisives mais que j'étais pas assez tranchée.
- Speaker #0
Oui, mais c'est ça, en fait.
- Speaker #1
Parce que, par exemple, si je parle d'écologie, ben oui, mais tu pourrais plutôt plus être comme ça ou plutôt dire ça. C'est ça. Et en fait, on m'a beaucoup reproché aussi ma nuance. Mais oui, mais la vie, c'est la nuance. C'est pas que du blanc, c'est pas que du noir. Et là, pour l'instant, je suis dans cette phase un peu de grisaille. C'est pas négatif, c'est pas positif. C'est ni l'un ni l'autre. Il n'y a pas de jugement de valeur entre le bien et le mal quand je dis que c'est une grisaille. Mais j'essaye de trouver un juste milieu. Quand, par exemple, je vais parler sur les réseaux du... du fait qu'on est perdu dans la vie, je me sens obligée de relativiser.
- Speaker #0
Et tu te sens obligée quelque part de t'excuser ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Excusez-moi de ne pas avoir finalement de gros problèmes.
- Speaker #1
Oui, je le sens. Je le sens et pour l'instant, j'en ai besoin. Je n'arrive pas trop à l'assumer.
- Speaker #0
Mais je comprends parce que je reviens à ma toute première question et à la boîte de couleurs que je t'ai donnée. La petite Nina qui était justement... à 1000% dans cet émerveillement, dans cette découverte, elle n'a pris que des couleurs, plein de couleurs. Là, tu viens de parler de gris et de grisaille. C'est comme si, à un moment donné, tu avais refermé cette boîte, je trouve. Parce que peut-être, tu ne t'autorises plus à mettre plein de couleurs.
- Speaker #1
Mais oui, mais parce que t'es aussi façonnée par ce que te disent les autres. Et c'est hyper dur aussi de s'affranchir du regard des autres. Mais j'ai lu un truc intéressant. En fait, je regardais une vidéo d'une fille qui est sur les réseaux aussi, qui s'appelle Chloé. Et elle expliquait... Attends, qu'est-ce qu'elle expliquait déjà ? Ah oui. Pourquoi est-ce qu'en fait, c'est hyper dur de s'affranchir du regard des autres ? Et pourquoi en fait, c'est plutôt sain de faire attention au regard des autres ?
- Speaker #0
Ok, explique.
- Speaker #1
Ok. Là, je vais essayer d'être nuancée, un peu comme toujours. Donc, on parle évidemment de ne pas être obsédé, rentrer dans une forme d'obsession du regard des autres, ou vivre uniquement dirigé par ça. Mais pourquoi est-ce que c'est si important de se préoccuper du regard des autres ? C'est parce qu'on est des animaux sociaux, qu'on vit dans une collectivité, et que par conséquent, nos actions ont un impact sur ce qui nous entoure. Donc, le fait qu'on ait la vie des autres, on prenne les commentaires, les critiques, qu'on soit impacté par les compliments, par aussi les conflits, en fait, c'est sain. C'est peut-être même normal. Et donc, je pense que maintenant, je suis beaucoup plus ouverte à faire attention. Alors, en d'autres mesures, à faire attention au regard des autres parce que je sais que j'ai un impact. Et c'est chouette. Ça prouve que je suis dans une collectivité et que je suis toujours un animal social. Loin de ces trucs qu'on te vend sur les réseaux d'empowerment où t'es, c'est toi avant tout le monde. Non, en fait, je suis moi avant tout le monde parce qu'il n'y aura que moi qui veut m'accompagner jusqu'au bout de ma vie.
- Speaker #0
Tu es la seule et unique personne avec qui tu vis 24 heures sur 24.
- Speaker #1
Mais mon objectif étant toujours d'avoir un impact positif sur le monde. Et donc, voir que j'impacte les gens, c'est cool.
- Speaker #0
Alors bon, maintenant, je fais quand même en sorte de prendre un peu un step up et de regarder un peu ces choses par-dessus, parce que je sais que ce sera moi avant tout. Mais je fais quand même attention à ce que j'ai comme impact sur les autres.
- Speaker #1
Comment est-ce que tu vois ces injonctions et cette puissance du regard des autres sur une femme de mon âge, en fait ? Comment toi, à 26 ans, tu vois l'image d'une femme de 63 ans en face de toi ?
- Speaker #0
Ah mais déjà, les injonctions ne sont pas les mêmes.
- Speaker #1
C'est quoi ?
- Speaker #0
J'ai l'impression que... En fait, c'est parce que j'ai écouté tous tes podcasts, j'ai regardé tous tes podcasts, j'ai parlé à tous tes invités. Mais tu vois, c'est cette injonction à la performance, cette injonction à être visible. Tu dis souvent que les femmes, depuis 50 ans, vont se sentir invisibles, un peu effacées. Parce qu'il y a ce tabou de la vieillesse, parce qu'il y a ce tabou que la beauté, c'est la jeunesse, ce genre de conneries.
- Speaker #1
Le jeunisme à tout prix.
- Speaker #0
Voilà. Et donc, les injonctions ne sont pas pareilles, mais j'ai un peu peur aussi que ces injonctions soient de pire en pire à vivre, enfin avec l'âge, pire en pire avec l'âge à vivre. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Tu veux dire par là qu'elles vont encore s'accentuer ?
- Speaker #0
Mais j'ai peur que les injonctions que je vis maintenant...
- Speaker #1
Parce que tu sens que tu en as moins que moi, par exemple ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Oui, parce qu'aussi, ma génération a cette faculté à se sentir un peu plus libre.
- Speaker #1
Ah, ça c'est une question intéressante. Je voudrais que tu approfondisses ça, parce que... Moi, je n'ai pas cette sensation. Mais je te laisse... Par rapport à ma génération ?
- Speaker #0
Oui. Ok. Mais en fait, moi, j'ai l'impression... Après, c'est parce que peut-être que je m'entoure des personnes qui pensent comme moi, j'écoute les mêmes podcasts, les podcasts qui me parlent. Donc, il y a aussi un peu... Tu attires ce que tu vibres. Je pense qu'il y a un peu de ça aussi.
- Speaker #1
Que tu es dans toute cette sphère un petit peu de psychologie. Oui, voilà,
- Speaker #0
exactement. Mais j'ai quand même l'impression que la génération qui m'entoure se veut du bien, veut se sentir libre. n'a pas les mêmes obligations que ta génération, par exemple, ou que la génération de mes parents ou de mes grands-parents. Là où, je vais prendre l'exemple un peu plus radical, ceux de mes grands-parents, c'était, tu vis pour travailler, et puis la femme, elle s'occupe des enfants.
- Speaker #1
Ok, dans ce sens-là. Alors que nous,
- Speaker #0
c'est, non, déjà, j'ai pas envie d'avoir d'enfants, et en plus, je veux être une businesswoman. Bon, c'est pas mon cas, mais c'est un cliché que j'utilise pour... illustrer mon propos. Je pense qu'on s'est vraiment dit, notre génération, on veut être libre, libre d'être qui on veut être, sans se soucier de ce que papy, mamie, Paul, Jacques, disent et veulent de nous.
- Speaker #1
Est-ce que c'est possible ?
- Speaker #0
Je pense que oui. Et tu sais, il y a un de mes documentaires préférés, ça s'appelle Shimla, une fugue des temps modernes. Et il y a un moment donné dans ce film où il y a un des... C'est un documentaire, donc il y a une des personnes interviewées qui dit « Quand tu te libères de tes peurs, tu seras libre. » Et quand je parle de peur, je parle aussi d'injonction, parce que c'est une forme de peur. Tu sais, quand par exemple mes parents, mes grands-parents, ou n'importe quelle personne que je vais rencontrer dans ma vie va me dire « Moi, j'ai vécu ça, donc tu devrais peut-être le faire comme ça. » C'est une injonction. Et du coup, en moi, ça me met une peur. Je me dis... Ça va me faire de l'introspection, je vais oversinker tout le temps, je vais suranalyser, surpenser, interpréter des choses. Peut-être que cette personne a raison, ça me remet en question mes propres perspectives d'avenir, mes propres rêves, ça crée de la peur. Quand je me libérerai de ça, je serai libre. Parce que la liberté, c'est quelque chose... C'est pas quelque chose... C'est pas palpable. La liberté, tu te l'accordes, c'est psychologique. Et donc, cette forme de liberté, je pense qu'on arrive de plus en plus, en tout cas dans ma génération, à se l'accorder. Je ne dis pas que c'est facile.
- Speaker #1
Non, non.
- Speaker #0
Mais à nouveau, pour moi, c'est peut-être plus facile que pour quelqu'un d'autre.
- Speaker #1
C'est ça, en fait. Moi, les discours que j'ai souvent avec des jeunes femmes de ton âge, je trouve ça passionnant parce que, tu vois, elles sont comme des chevaliers. La liberté, et ça. Et en fin de compte, je les regarde et je me dis, mais est-ce que tu prends le temps, parfois, de juste te poser quelque part ? Toi, c'est encore différent parce que tu as cet impact tellement fort avec la nature, avec ton cheval. Tu prends ce temps-là d'être un peu déconnectée de la vie quotidienne, des réseaux, etc. pour être dans la nature. Mais la plupart des jeunes femmes que je connais aujourd'hui, dans mon monde à moi, ce n'est pas le cas. Elles font plein, plein de choses. Et je me dis, est-ce qu'on s'accorde encore ce temps ? Et je voudrais te demander, parce qu'on parlait de choses matérielles, pour toi, le luxe extrême, c'est quoi ?
- Speaker #0
Une vie remplie d'amour.
- Speaker #1
Une vie remplie d'amour.
- Speaker #0
Je me suis déjà fait la réflexion. Après, ça reste des projections mentales, donc peut-être que la réalité serait un peu différente. Je pense que si je perdais... Tout ce qui m'est matériel, ça aurait beaucoup moins d'impact que si je perdais tout l'amour que je suis capable de donner et de recevoir. Quelqu'un qui a de l'amour et qui a aucune ressource matérielle ne dira peut-être pas ça. Mais c'est mon point de vue.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Parce que, il y a tout le temps, vous avez certainement... Enfin, je dis vous, parce qu'en parlant à l'audience, mais... T'as-tu déjà vu ces vidéos sur Instagram où t'as une personne âgée... limite presque mourante, qui va dire quand tu seras sur ton lit de mort, est-ce que tu vas retenir ton billet de 500 balles ? Par contre, les gens qui t'ont aimé, les personnes qui t'ont soutenu, les sourires de tes enfants, de ta famille, la passion que tu as pu ressentir avec ton copain, ta copine, c'est ça qui fait un être humain. Et en fait, je me suis déjà fait à la réflexion, qu'est-ce qu'une vie si elle n'est pas remplie d'amour ? Et ce n'est pas forcément l'amour de quelqu'un, ça peut être l'amour des choses, de la beauté, d'une lumière, de l'émerveillement. Et l'amour, ce n'est pas forcément aimer quelqu'un. Tu peux aimer la nature, tu peux aimer la musique, l'art, ça connecte tellement l'art aussi. Je ne sais plus trop quelle était la question, mais l'amour.
- Speaker #1
C'est l'amour. Le luxe extrême, je te le demandais. Tu veux savoir pour moi ce que c'est, le luxe extrême ?
- Speaker #0
Bien sûr, oui.
- Speaker #1
Le temps.
- Speaker #0
Oui, le temps. Mais le temps passait à faire quoi ?
- Speaker #1
Le temps passait à prendre le temps de savoir que tu es là, que tu vis dans le moment présent, dans une espèce de plénitude de choses que tu ne peux pas contrôler, mais que tu peux essayer de maîtriser.
- Speaker #0
Donc, c'est... Le temps, c'est prendre le temps de l'amour. Parce que quand tu visualises, quand tu te réancres et tu dis « Ok, maintenant je suis dans le moment présent » , t'es dans une ouverture d'esprit qui n'est autre que l'amour. T'es dans l'amour. Et tu vois, c'est ce que je disais tout à l'heure, quand tu te libères à tes peurs, tu seras libre. Et quand t'es plus dans la peur, t'es dans l'amour.
- Speaker #1
Est-ce que les jeunes de ta génération sont conscients de ça ?
- Speaker #0
Je suis pas sûre.
- Speaker #1
Parce que toi, t'as plein de copains, plein de copines. qui ne sont peut-être pas dans le même cheminement que toi, philosophique. Mais comment vous avez cette connexion entre vous ? Comment vous vivez ça entre vous, cette symbolique du temps ?
- Speaker #0
Alors, à nouveau, c'est t'attires ce que tu vibres, t'attires qui tu es.
- Speaker #1
Tu es entourée de personnes qui...
- Speaker #0
Et puis les personnes qui ne connectent pas avec moi, qui ne prennent pas le temps long. Tu vois, par exemple, quand je vois mes amis, on n'est jamais dans une optique de performance. On se voit même... une heure, mais c'est une heure où on ne fait pas grand-chose, où on papote, on a des deep talk, on discute de la vie et tout. Et donc, c'est vrai que ce rapport au temps, pour moi, est vraiment très important.
- Speaker #1
J'allais te poser ça comme question, parce que je sais que pour toi, c'est quand même une question importante, non, ce rapport au temps. Tu avais un jour, dans une de tes vidéos, parlé de fail. C'était quoi ton mot faux ? La faux mot. La faux mot.
- Speaker #0
FOMO c'est la fear of missing out c'est la peur de manquer quelque chose qui fait que du coup t'es toujours dans une optique de faut que je fasse ci, faut que je fasse ça, faut pas que je fasse ceci faut que je pense déjà après voir ce truc aller à cet event, aller voir cette personne sinon je vais manquer un truc de dingue mais le temps il est là et puis ça se trouve c'est hyper contradictoire et en fait j'ai réappris Manovo tu vois tout à l'heure je te parlais de mon film préféré Shimla qui a été réalisée par Victoria Guillemont, qui a aussi un podcast que je trouve hyper passionnant. Et elle m'a parlé, pour la première fois, du slow time, de la slow life. À nouveau, équilibre. Je ne dis pas non plus que toute la vie doit être tranquillou.
- Speaker #1
Non, parce que ça, ce n'est pas la réalité du quotidien.
- Speaker #0
Parce qu'il y a cet équilibre. Et puis même, on n'est pas fait de blanc, on n'est pas fait de noir. Mais je pense que cette faculté a retrouvé conscience. que le temps est la seule chose que tu peux vivre. Parce que ton passé, c'est juste un souvenir. Ça n'existe plus. Il existe sous forme de souvenir. Ton futur, c'est une illusion.
- Speaker #1
Parce que tu n'as pas de contrôle sur ton passé. Il est passé et tu n'as absolument aucun contrôle sur ton futur. Il n'est toujours pas là.
- Speaker #0
Par contre, la seule chose sur laquelle tu peux avoir un minimum de contrôle... C'est ton présent.
- Speaker #1
C'est ton présent.
- Speaker #0
Même si, à nouveau, le présent ne dépend pas que de toi.
- Speaker #1
Non, Tu vois ? Certainement.
- Speaker #0
Mais comme c'est la seule chose sur laquelle tu peux un peu agir. Et bien juste, vis maintenant, respire, pose-toi. Si par exemple, les gens qui écoutent ce podcast maintenant, je ne sais pas dans quel contexte ils écoutent le podcast, est-ce qu'ils sont dans leur voiture, est-ce qu'ils le regardent dans leur canapé ?
- Speaker #1
On ne va pas leur dire de fermer les yeux.
- Speaker #0
Non, ne pas fermer les yeux, mais prenez une seconde pour regarder autour de vous et dire, le temps est maintenant.
- Speaker #1
Et c'est pour ça que je te disais que pour moi, mon plus grand luxe, c'est le temps. Parce que, sans être naturellement pessimiste ou négative, mais si tu prends un maître ruban, Et sur ton mètre ruban, tu indiques 26 ans. Il va jusqu'à 100, ton mètre ruban. Le morceau de 0 à 26, il est beaucoup plus court que celui qui va aller jusqu'à 100. Par contre, tu avances sur ton mètre ruban, tu arrives à 63, 64, et je vais vers le 100.
- Speaker #0
Donc, il y a peut-être encore plus. Pour toi, cette urgence de vivre et de vivre le moment présent et de ne plus rester dans cette illusion, vivre le présent comme une illusion du futur.
- Speaker #1
Parce que je voyais, j'imaginais les Noëls et je me dis, ok, 64, on dit la moyenne d'âge d'une femme, 84, j'espère plus. Ça veut dire 20 Noëls.
- Speaker #0
Oui, c'est angoissant dit comme ça. C'est angoissant. Angoisse unlock là.
- Speaker #1
20 Noëls quoi. 20 Noëls avec les tiens, 20 Noëls avec ta famille. Va à Noël à faire un arbre de Noël avec tes petits-enfants s'ils ont encore envie de faire un arbre de Noël avec toi. Va à Noël à préparer un repas ensemble. C'est effrayant. Donc pour moi, mon plus grand luxe aujourd'hui, c'est ça. C'est essayer de voir les petites choses du quotidien et s'émerveiller de tout ce que je peux encore voir aujourd'hui, de tout ce qu'on m'accorde à voir aujourd'hui, parce que j'ai cette chance aussi, déjà d'avoir... mes deux yeux, d'avoir encore une tête qui pense plus ou moins correctement et qui garde encore un petit peu une mémoire tu vois, et ça c'est je pense au plus on va aller en âge, au plus on a, bah oui, cette préciosité du moment présent en fait.
- Speaker #0
Oui, préciosité moi je parlerais même presque d'urgence à la vie tu vois d'un appel à la vie.
- Speaker #1
Oui mais l'urgence te donne de nouveau une injonction.
- Speaker #0
Oui je comprends
- Speaker #1
Mais ça, c'est l'avantage, tu vois, d'avoir une discussion avec cette génération, plein de générations d'écart, en fait. Mais parce que ton urgence n'est pas mon urgence.
- Speaker #0
Non, c'est clair.
- Speaker #1
Et tu sais, parfois, quand je suis en manque, en fait, d'appels téléphoniques de mes petits-enfants ou d'aller voir mes petits-enfants ou même mes enfants. Mais mes enfants, au moins, je peux les avoir régulièrement au téléphone. Mais je suis très frustrée parfois, comme Mamouni, de ne pas être assez présente avec les petits-enfants. et je me dis... Mais ils ne m'appellent jamais, etc. Et je me dis, mais mon Dieu, est-ce qu'eux sont conscients que je ne suis pas éternelle ? Et moi, j'ai une gourmandise énorme de profiter d'eux. Mais je ne me l'accorde pas toujours, puisque ma vie actuelle et la société dans laquelle je vis fait que je suis encore une femme hyper dynamique. Parce qu'il faut que je paye mon loyer, il faut que je paye mes factures. La pension, ce n'est pas encore pour tout de suite. Chaque année, elle se rallonge, Et cette urgence de vivre pleinement, c'est compliqué, c'est difficile. Donc, j'essaye de profiter des petites choses.
- Speaker #0
Mais tu es stoïcienne.
- Speaker #1
Oui, ça m'aide énormément. Ça m'aide énormément. Avant, j'étais du style à râler, râler quand il pleuvait, quand il faisait gris. En bonne italienne que je suis, moi, j'aime le soleil. Et alors, j'ouvrais la fenêtre, il pleuvait, il faisait gris, je râlais. Aujourd'hui, je me dis, je vais sortir mon plus beau parapluie. Et peut-être que je vais aller danser dans les flaques. I'm singing in the rain. Est-ce que je ne peux pas contrôler la pluie qui tombe ? Non, c'est sûr. Et j'aimerais que les générations, mon souhait, j'aimerais que les générations actuelles vivent ça sans attendre d'arriver au bout de leur maître ruban. Quelle est cette conscience de l'urgence peut-être ? En tous les cas, de la préciosité du temps qui passe et des moments présents et de s'entourer des choses les plus positives possibles chaque fois. Chacun et chacun avec ses possibilités dans le monde dans lequel chacun et chacune vit, comme tu disais, en fonction du milieu, du lieu, etc. Mais de se dire je suis quand même encore toujours là. Et je vais, si tu me permets, donner un exemple que j'avais donné à ma petite fille quand elle était toute petite et que parfois elle râlait un peu. Je disais écoute, tu as cinq doigts. On va regarder cinq choses positives qui sont arrivées aujourd'hui dans ta journée. Si la première, tu as ouvert les yeux. La seconde, t'es dans un lit douillet. La troisième, t'as pu prendre une bonne douche chaude. La quatrième, t'as eu un bon petit déjeuner. Et la cinquième, Mamouni est là pour te raconter une histoire. et essayer de lui faire prendre conscience que la simplicité parfois des moments, des échanges des amis est-ce que c'est simplement dire bonjour à son facteur qui t'a déposé un courrier ou aller prendre ses 5 minutes pour prendre ton petit café le matin et être conscient de je bois mon café avant d'aller travailler parce que ma journée de boulot gelée elle est là ça
- Speaker #0
c'est important c'est marrant que tu dis ça parce que il y a quelque chose que je trouve vraiment regrettable C'est que le cerveau humain se concentre beaucoup trop sur ce qui a été négatif. Même si, par exemple, tu as 24 heures dans ta journée, il y a une demi-heure qui s'est mis hyper mal passée.
- Speaker #1
C'est ça que tu vas arrêter.
- Speaker #0
Tu as eu une dispute avec quelqu'un, c'est ça. Mais oui, mais les autres, elles ont quand même plus de value. Et en fait, non, pour ton cerveau, il va se concentrer que sur ça. C'est fatigant. Et c'est regrettable parce qu'une demi-heure peut devenir une mauvaise journée. Une mauvaise journée peut te faire dire, j'ai vraiment passé une semaine de merde.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et puis après, tu dis, cette période-là, t'es vraiment pas cool. Et puis, cette relation m'a minée, alors que c'était une relation parmi d'autres.
- Speaker #1
Et tu remets tout en question. Et c'est fatigant.
- Speaker #0
Et en fait, le cerveau humain est presque programmé pour ça. Mais est-ce que ce serait pas peut-être un peu culturel aussi ? Que ce serait aussi un peu du mimétisme de nos parents qui sont comportés comme ça, de nos proches, de nos trucs.
- Speaker #1
De là, l'importance justement de...
- Speaker #0
La positivité absolue. Honnêtement, je connais pas de personne qui soit fondamentalement 100% positive.
- Speaker #1
Non, c'est pas... possible, je crois.
- Speaker #0
Mais je trouve regrettable que cet équilibre soit trop vers la négativité. Et honnêtement, je ne suis pas du tout là à dire que vous êtes regrettable. Pas du tout, parce que moi aussi, je pense comme ça. Mais c'est un apprentissage.
- Speaker #1
Et tu vois, c'est pour ça, moi, ça me mine quand je vois des gens négatifs sur les réseaux, ou des gens qui sont méchants, mais vraiment cette méchanceté pure et dure sur une critique de quelqu'un qui fait quelque chose, mais qui au moins fait quelque chose. C'est peut-être pas bien, c'est peut-être nul, c'est peut-être mal fait. C'est peut-être ridicule, mais elle a fait quelque chose.
- Speaker #0
Je suis complètement d'accord avec toi. Il y a aussi ce truc, c'est de comprendre que la méchanceté, la colère des gens, elles reflètent de leur propre frustration de vie.
- Speaker #1
Et ça, il y en a de plus en plus. Donc,
- Speaker #0
il ne faut pas non plus leur en vouloir, parce que déjà, ça arrive à tout le monde. Et puis en plus, ça veut juste dire qu'on a encore plus de choses positives à faire. Et du coup, c'est une porte ouverte pour se dire, en fait, j'ai plein de choses à faire pour faire de ce monde un monde plus réjouissant. Et donc, c'est chouette. Parce que du coup, c'est des opportunités. Plutôt de se dire, je vais fuir ce monde, ça me plaît pas. Ou de devenir pareil. Parce qu'il y a aussi cette forme de mimétisme. Mon voisin m'a dit un truc hyper méchant quand je suis ressortie de chez moi ce matin. Et du coup, je vais donner la balle noire à quelqu'un d'autre. Bah non !
- Speaker #1
Donne-lui une balle blanche.
- Speaker #0
Donne-lui une balle blanche. Et dis juste... Et tu vois, ça c'est toi qui m'as appris, c'est cette pensée stoïcienne. Mais c'est pas personnel. C'est pas contre toi. Peut-être que t'as fait un truc qui l'a déplu et donc c'était ton action. Mais c'est ton action, c'est pas toi.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Ton action ne te définit pas. Donc, toi, tu as fait un truc qui a des plus, etc. Une vidéo, un haters. OK, il n'a pas aimé ta vidéo, mais n'oublie pas que c'est juste un reflet.
- Speaker #1
Ça, j'adore. J'adore ce que tu viens de dire. Ton action ne te définit pas.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ou le regard des autres ne te définit pas.
- Speaker #0
Oui, oui. C'est hyper dur à...
- Speaker #1
Mais c'est tellement beau. Il faudrait qu'on écrive ça tous les jours. Passe à son miroir. Ton action ne te définit pas. Ou le regard des autres ne te définit pas. C'est leur vision. C'est leur réalité, c'est leur bagage, c'est leur sac à dos.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ne l'accepte pas. Je voudrais encore juste te poser deux questions.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu aimerais que les femmes, ou les hommes bien sûr, de ma génération, comprennent de votre génération actuelle ? Qu'est-ce qu'on ne comprend pas ?
- Speaker #0
Je pense qu'avant de répondre à cette question, j'aimerais l'élagir un peu, et j'aimerais plutôt que... Peu importe la génération, on apprenne à se connaître soi-même avant d'essayer de comprendre la génération. Quelque chose qu'on ne contrôle pas, qu'on ne maîtrise pas du tout. Quelque chose qu'on ne connaît pas. Moi, par exemple, je te connais toi, mais je ne connais pas ta génération. Et je ne connais pas ce que vous vivez. Je ne connais même pas ce que ma génération vit dans tous ses pans différents. Je ne le sais pas. Donc peut-être d'abord essayer de savoir. Je me pose les questions pour moi. qui je suis vraiment moi-même. Et là, j'individualise à fond celles et ceux qui nous écoutent, qui je suis moi-même, avant d'essayer de comprendre l'autre personne, avant d'essayer de comprendre pourquoi cette personne réagit comme ça, pourquoi elle me parle comme ça, pourquoi elle fait ceci, cela. Non.
- Speaker #1
Tu réponds très bien à cette question parce qu'en fait, je voulais t'amener sur ce chemin-là. Toute cette génération et ma génération, il y a tellement d'hommes et de femmes avec des facettes différentes. Il n'y a pas une génération. Je suis peut-être différente de certaines femmes de mon âge. Je suis peut-être à l'inverse de femmes de mon âge. Donc en fait, l'essentiel avant tout, c'est d'abord de qui je suis moi, vers quoi j'ai envie d'aller moi, et comment moi, je peux observer les autres par rapport à ce que... je suis et à mon ressenti qui va évoluer comme ça sur ta montagne. Au peu que tu sois là ou là, tu auras toujours, un regard différent. Quand tu es là au fond du trou, tu vas devoir regarder très haut le ciel pour remonter. Quand tu seras là, tu regarderas l'horizon puis tu vas retomber. La vie, c'est ça en fait. Et pour clôturer, Nina, ma dernière question qui est ma... Question évidemment phare de chaque épisode, mon fameux miroir. Je vais te tendre ce miroir et je vais te demander, voilà, aujourd'hui Nina, je te donne mon miroir, tu as 63 ans ou 64 ans, qu'est-ce que la femme de 64 ans va dire merci à Nina de 26 ans pour ce qu'elle lui a apporté dans sa vie ? Tu remercies ta future Nina avec quoi ?
- Speaker #0
Je n'espère pas me dire ça. Je sais que je vais le faire. Merci d'avoir toujours écouté ton instinct et d'avoir fait des choses folles.
- Speaker #1
Merci d'avoir toujours écouté ton instinct et d'avoir fait des choses folles. Je pense qu'on peut... Le transmettre à celles et ceux qui sont là derrière.
- Speaker #0
Oui, tu vois, avoir osé faire des choses. Et ça répond parfaitement à toutes les dynamiques qu'on a abordées ici. C'est le regard des autres, les injonctions, les trucs. Non, en fait, je l'ai fait. Anyway, je l'ai fait. Je l'ai fait peu importe ce que vous pensiez. Je l'ai fait. J'ai pris votre opinion. Je l'ai enregistrée quelque part. Mais ça ne m'a pas empêchée de faire ce que j'avais envie. Et surtout, j'ai... J'ai fait des choses folles, j'ai écouté mon instinct et c'est cette petite voix. Ma maman, elle m'a toujours dit, écoute ta petite voix. Même si je te dis un truc et que tu n'es pas d'accord, écoute ce que toi, tu ressens. Parce que ton corps et tes émotions te parlent.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et ça, peut-être même avant que ton cerveau...
- Speaker #1
Là, tu le sais,
- Speaker #0
en fait. Franchement, je vais faire un épisode de podcast sur le somatique. Est-ce que ton corps... te fait passer par message. Ton corps, c'est avant toi. Merci de l'avoir écouté. En plus, ton corps, c'est ton véhicule. Donc, si tu ne l'écoutes pas...
- Speaker #1
Pour clôturer cet épisode, je voudrais vous faire une petite métaphore. Imaginez que vous êtes le petit pousset et vous avez plein de cailloux. Mais vous ne les avez pas dans votre poche, vous les avez dans votre chaussure. Et vous marchez sur votre chemin. Ça fait mal aux pieds quand même. On a mal aux pieds, mais on continue. Quelle serait la chose la plus intelligente à faire en fait ? Nina, qu'est-ce que tu fais toi ?
- Speaker #0
J'enlève mes chaussures. Comme j'ai fait, au premier degré. Pour l'anecdote, je suis partie à Paris il y a quelques semaines. T'avais mal aux pieds ? J'avais hyper mal aux pieds, je me suis baladée en Paris toute la journée, pieds nus.
- Speaker #1
Quand on a mal aux pieds parce qu'on a des cailloux dans sa chaussure, la chose la plus simple à faire, c'est de s'asseoir un moment, enlever ses chaussures, enlever les cailloux, tu marches pieds nus, Se reconnecter à la terre, pourquoi pas. Et se reconnecter à l'essentiel en fait. Laisser la douleur de côté, continuer à avancer, mais d'une manière un tout petit peu plus légère. Voilà. Ma belle Nina ! C'était incroyable ! Mais quels chouettes échanges !
- Speaker #0
En plus, ta conclusion avec la douleur, ça m'a donné d'autres idées, mais à un moment ça doit... Oui,
- Speaker #1
qu'elle a le cerveau qui bout tout le temps ! Quand on est en studio ensemble, on n'arrête jamais ! Je voulais te remercier pour tout ce que tu nous as transmis, pour ta joie de vivre, ta pétillance, d'être la jolie licorne pleine de couleurs ou le petit poney plein de couleurs que tu es. Je te souhaite de rester comme ça tout le long de ta vie et merci d'être là. Merci à vous toutes et à tous ! de continuer à nous écouter. Et vraiment, si vous aimez ce qu'on fait, venez nous soutenir, mettez ce fameux pouce, parce que c'est important, ça nous permet d'avoir des chouettes invitées encore sur ce plateau, aussi bien pour Nina. Allez écouter COPS, c'est des pépites, c'est des merveilles, moi je me réjouis. C'est Nina. Allez écouter tous ses podcasts, suivez-nous, mettez du love, mettez du like, c'est ça l'amour. Donnez-nous de l'amour et comme ça on peut continuer.