- Speaker #0
Bienvenue dans la saison 2 du podcast de France 4 Naturisme, là où liberté, nature et authenticité continuent de se rencontrer. Pour cette nouvelle saison, je vous amène à nouveau à la rencontre de celles et ceux qui vivent le naturisme au quotidien. Au-delà des clichés, ils nous racontent leur histoire, leurs doutes, leurs déclics et cette sensation unique d'être enfin soi-même au plus près de la nature. Épisode après épisode, vous allez découvrir des parcours singuliers, des moments de partage, des confidences parfois émouvantes, parfois surprenantes, mais toujours sincères. Si cette immersion au cœur du naturisme vous parle, pensez à vous abonner pour ne rien manquer et à partager ce podcast autour de vous. Plus on est nombreux à écouter et plus ces voix porteront l'oeil. Prêt à continuer l'aventure ? C'est parti pour la saison B ! Bernard est naturiste depuis 50 ans. Je le rencontre pour la première fois au domaine de la sablière à Sainte-Private-de-Chanclos dans la gare. Bonjour Bernard !
- Speaker #1
Salut Seb !
- Speaker #0
Alors, première petite question traditionnelle, est-ce qu'on se tutoie ou est-ce qu'on se vouvoie ?
- Speaker #1
Par principe, on va se tutoyer. Chez les naturistes, on se tutoie en principe. D'accord,
- Speaker #0
c'est parfait. Donc, je voulais savoir tout d'abord, est-ce que tu pourrais te présenter ?
- Speaker #1
Ah oui, je peux me présenter globalement. J'ai 70 ans, donc forcément bientôt 70 ans. J'étais retraité, je suis retraité de la gendarmerie.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Très bien et donc marié, père de deux enfants et j'ai actuellement six petits-enfants.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et voilà.
- Speaker #0
Tout le monde naturiste ou pas ?
- Speaker #1
Tout le monde.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et on peut en parler justement parce que j'ai eu la chance que les enfants nous suivent partout parce qu'on ne leur aurait jamais imposé, donc ils sont toujours suivis. J'avais deux garçons et donc il m'a fallu intégrer deux belles filles.
- Speaker #0
D'accord, oui.
- Speaker #1
Et donc effectivement, deux belles filles. Les deux ont bien voulu faire la marche, la tentative. Et au bout de quelques jours de tentative, sont aujourd'hui naturistes convaincus. Et mes petits-enfants suivent aussi.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, la tentative, ça s'est passé ici ? Oui,
- Speaker #1
ici pour les deux. puisque ça fait quand même une vingtaine d'années qu'on est résident ici. Sauf que la particularité, il me semble que c'était une bonne solution, c'est que l'une et l'autre n'étaient pas totalement obtus au point de ne pas venir, mais on leur a proposé de venir que tous les deux. Moi et mon épouse, on les avait laissés quelques jours tout seuls.
- Speaker #0
Ah oui ? Pour que ce soit plus simple ?
- Speaker #1
Pour que ce soit plus simple pour elles.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et donc, au quelques jours, même pas au troisième jour, elle a appelé. Non, non, mais... Vous pouvez venir. Sans souci ! Après, c'est facile de comprendre que pour une jeune femme, mais je pense que c'est pareil pour un garçon, de se mettre à poil devant son beau-père ou voir son beau-père à poil, ce n'est peut-être pas évident.
- Speaker #0
Oui, bien sûr, et surtout la première fois, je pense que... Voilà,
- Speaker #1
donc voilà.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et les petits-enfants suivent. Et voilà, ils arrivent là pour les vacances, samedi.
- Speaker #0
D'accord, donc c'est parfait. Avec ta femme,
- Speaker #1
tu as transmis le bonheur d'être naturel. Ces valeurs-là, jusque-là, tout va bien.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Après, ça peut s'entendre que j'ai des amis ici qui malheureusement... Les enfants... Parce qu'on connaît quand même le fait que... Les petits-enfants peuvent être là jusqu'à 10, 12 ans sans problème et qu'arrivent à un certain âge, malgré qu'ils ont toujours vécu naturiste, ne passent plus la barrière.
- Speaker #0
Oui, la période d'adolescence notamment qui est compliquée.
- Speaker #1
Ça existe. C'est le cas pour des amis qui sont là et qui n'ont plus leurs petits-enfants ici.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que là aussi, il y a une chose qui m'interpelle. C'est qu'il y a des gens ici qui voudraient... que venir avec leurs enfants, mais qu'on n'impose pas leurs enfants de se déshabiller. On peut l'entendre. Sauf que moi, je dis une chose, c'est que moi, si mes enfants ne veulent pas se déshabiller, je ne leur imposerai pas de venir ici. Parce qu'il n'y a pas de raison, à mon sens, d'imposer à des enfants qui ne veulent pas se déshabiller de vivre avec des gens nus.
- Speaker #0
Donc moi,
- Speaker #1
dans l'esprit, je ne le ferai pas. Alors après, on nous dit aujourd'hui, oui, mais il ne faut pas les enfants. Non. Si mes enfants ne veulent pas, je ne les imposerai pas de vivre ici.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
C'est un choix.
- Speaker #0
Exactement. Justement, puisque tu as parlé de valeurs, tu as dit au moins une valeur, je voudrais savoir comment toi tu définirais justement le naturisme ?
- Speaker #1
Mais moi, tel que je l'ai vécu et tel que je le vis, c'est le respect. La valeur principale, c'est le respect. Le respect des uns et des autres. Et dans l'ensemble de la vie, du respect, de se dire bonjour, de se saluer, de se parler, de s'entendre. Après, on n'est pas d'accord sur tout. Mais moi, la valeur principale, c'est le respect.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Très bien. il n'y a pas de soucis qu'est-ce que t'apportes le naturisme dans ta vie de tous les jours toi du coup ?
- Speaker #1
tout simplement moi j'ai la chance d'être résident ici donc d'y vivre 4-5 mois donc de vivre 4-5 mois comme j'ai envie de vivre et puis voilà, pas plus vivre au soleil dans un coin sympa avec entouré de gens sympas voilà, tout simplement
- Speaker #0
De ce fait, tu dis que tu es là 4-5 mois dans l'année.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Le reste du temps, non. Du coup, tu es chez toi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Chez toi, tu vis nu ? Non,
- Speaker #1
pas du tout.
- Speaker #0
D'accord. Il n'y a vraiment qu'ici à la sablière ? Oui,
- Speaker #1
ici ou dans d'autres domaines ou d'autres plages.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Non, moi, à la maison, enfermé à la maison l'hiver, non, moi, je ne suis pas naturiste à la maison. D'accord. En plus, j'ai des voisins. Je ne vais pas leur imposer. En plus, mais non, je ne vis pas à poil à la maison.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
très bien. Pour moi, le naturisme, c'est la nature.
- Speaker #0
D'accord. C'est vraiment le contact avec la nature qui est... D'accord. C'est important à savoir, à comprendre.
- Speaker #1
Après, chacun fait comme il veut. Exactement.
- Speaker #0
C'est pour ça que c'est intéressant d'avoir plein de points de vue différents.
- Speaker #1
Moi, je sais, par exemple, ici, puisqu'on peut rebondir là-dessus, Ici, je sais qu'il y a des gens qui sont là, qui revendiquent le fait de pouvoir se balader partout ici, nu. En dehors du camping.
- Speaker #0
D'accord. Oui, en dehors du camping.
- Speaker #1
Alors oui, il y a des zones entre camping à côté la Genèse, à côté le Chavrier, à côté l'autre. Oui, on se déplace d'un à l'autre, on va dans la montagne en face, il n'y a pas de problème.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais aller sur le côté communal, sur la route qui arrive au camping, etc., comment on peut en croiser ? et qui revendiquent le droit de vivre nu partout, moi, ce n'est pas mon truc.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Ce n'est pas mon...
- Speaker #0
De façon d'un point de vue de l'égalité...
- Speaker #1
D'abord, c'est interdit, déjà. Mais voilà, encore une fois, respect. Moi, je veux qu'on me respecte et je respecte les autres.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
C'est tout. Ce n'est pas plus compliqué que ça. D'accord. Il me semble. Non, non,
- Speaker #0
exactement. Tu as raison. Est-ce que tu pourrais nous raconter ta première expérience naturiste ? Parce qu'elle remonte du coup à Saint-Germain. Est-ce que tu as un souvenir ?
- Speaker #1
Moi, tout simplement, c'est avec ma compagne, mon épouse, où on allait se baigner sur les bords de Seize ici, dans des coins où il n'y avait personne, parce qu'on ne cherchait pas à l'époque, mais où il n'y avait personne. Et quand on était tous les deux,
- Speaker #0
on se baignait.
- Speaker #1
Et c'est commencé comme ça. Et pourquoi ? Alors, après, comment ça a évolué ? J'ai travaillé en Gironde. Donc, lorsqu'on allait sur les plages de Gironde à cette époque-là, c'était dans les années 80, etc., il suffisait de partir à 100 mètres à droite ou 100 mètres à gauche du village sur les plages. Les gens ont clôté nu, globalement.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, bien sûr, on a continué sur le sujet. Et puis un jour, je dis à mon épouse, « Tiens, pourquoi on ne tenterait pas d'aller dans un centre ? » Elle n'était pas trop... Non, pas spécialement. Elle me dit « On va essayer. On y va une semaine. Si ça ne me plaît pas, je repars le lendemain. » Ça fait 40 ans.
- Speaker #0
C'est quoi du coup qu'il laisse réussir ?
- Speaker #1
C'est le mode de vie, c'est la qualité de vie, c'est le fait de croiser des gens sympas, de vivre au soleil sans le regard des autres, sans le regard et le jugement des autres. C'est ça la vie.
- Speaker #0
tu as raison je retrouve ça dans beaucoup de rencontres pour moi c'est ça la petite nouveauté cette année on va parler beaucoup des sensations qu'on ressent sur le corps je voulais faire une petite parenthèse sur les sens le premier je voudrais savoir quand tu fermes les yeux à quel moment tu penses Si tu devais te remémorer un moment naturiste, ça serait lequel en fait ? C'est quoi la première image qui te vient à la tête ?
- Speaker #1
Ça serait d'arriver à la plage et me jeter à l'eau.
- Speaker #0
En bas de la Céze. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Oui, en fait, je ne sais pas, ce n'est pas facile comme question, mais c'est le fait quand on arrive ici, l'ouverture du camping le 2 avril, d'ouvrir le mobilhome et si le temps le permet, ça y est.
- Speaker #0
C'est parti.
- Speaker #1
C'est parti. C'est de vivre nu, tout simplement.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et là, des jours comme aujourd'hui, de toute façon, là, avec la chœur qu'il fait, si on n'est pas sorti faire des courses pour vivre, ça fait huit jours qu'on n'en s'est pas habillé.
- Speaker #0
Oui, normal, vu la chœur qu'il fait. Voilà. C'est logique.
- Speaker #1
Donc en fait, oui, la sensation c'est ça, comme ce matin, tu sors du mobilhome et après une nuit éprouvante, il fait 20 degrés.
- Speaker #0
et il y a des jeunes dehors à 20 degrés c'est le paradis c'est bien les sensations elles sont là est-ce qu'il y a une odeur ou un son qui te ramène instantanément une sensation naturiste ?
- Speaker #1
non comme ça de but en blanc non parce que tu habites aussi dans la région oui j'habite dans la région pas très loin d'ailleurs certains nous ont répondu quand on était plutôt au sud-est
- Speaker #0
et qui venaient d'autres régions, vous en avez parlé de l'odeur. Les cigales ? Voilà. Les cigales ? Exactement. C'est pour ça. Non,
- Speaker #1
je suis originaire d'un village à 20 kilomètres d'ici. D'accord. Et j'habite à 40 kilomètres d'ici, donc moi je suis chez moi ici. Donc l'odeur, le bruit, les cigales, le soleil, non, c'est pas de sensation.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il y a un plat du coup alors qui te ramènerait au naturel ?
- Speaker #1
Un plat ?
- Speaker #0
Ouais, un plat. Un goût, un... Allez,
- Speaker #1
on y va, la plancha ! la plancha avec les copains allez aujourd'hui la plancha il y a quelques années c'était le barbecue mais aujourd'hui les barbecues ça n'existe plus on n'a plus le droit d'ailleurs oui la plancha l'apéro plancha avec les copains pour le côté partage très
- Speaker #0
bien très bon choix quelle est la sensation physique que tu préfères dans la pratique du naturisme ? Est-ce que c'est l'eau, le vent, le bruit sur la peau ?
- Speaker #1
L'eau. Je vais dire l'eau. Et puis comme ce matin, au réveil, à 6h du matin, 6h30, devant le mobilhome, 20 degrés, le jour qu'il se lève.
- Speaker #0
Ok. Ouais.
- Speaker #1
Et voilà.
- Speaker #0
La sensation de douceur matérielle. Voilà,
- Speaker #1
tout simplement.
- Speaker #0
D'accord. Ok, ok.
- Speaker #1
Ouais, ouais.
- Speaker #0
Si tu devais résumer... ton lien avec le naturisme, juste avec un seul sens, ça serait lequel ?
- Speaker #1
Liberté.
- Speaker #0
Ah non mais un sens, la vue, l'ouïe, le goût, le toucher, l'odeur... C'est compliqué.
- Speaker #1
La vue, pourquoi pas ? Pourquoi pas la vue ? Mais... Ouais, non, je sais pas... Non, c'est difficile d'avoir vraiment une sensation. Non, pas l'odeur, non. Pas l'odeur, tout le fait, non. Non, oui, la limite, oui. Le bonheur a l'air sur la peau, quoi.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
oui. Non,
- Speaker #0
mais après la vue, je prends... Oui, si, si. Non, non,
- Speaker #1
mais je veux dire... Non, mais après... Ouais, non, c'est la sensation de... Oui, du soleil, de...
- Speaker #0
Ouais. OK. Ça revient un petit peu à nos moutons. Tout à l'heure, tu as parlé du coup que tu avais deux garçons.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu as des petits-enfants.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, je vais m'intéresser un petit peu à cette transmission que tu as faite. Ça s'est fait de manière naturelle ou…
- Speaker #1
Oui, ça s'est fait de manière… Parce que moi, mes enfants, le fait qu'on est naturiste depuis toujours, même avant d'être mariés, donc eux, ils n'ont connu que ça, enfin entre guillemets, comme vacances à la plage, que ce soit à l'océan. ou ailleurs. Et donc, du coup, oui, ils n'ont connu que ça. Et mes petits-enfants, pareil, ils sont nés naturistes et puis bon.
- Speaker #0
D'accord. Et tu n'as jamais eu, ils n'ont jamais eu de soucis, entre guillemets, tu vois, peut-être pas avec tes petits-enfants, mais est-ce qu'avec tes fils, lorsque le corps évolue, quand on a perdu la adolescence, est-ce que vous avez eu des échanges ? Oui, non,
- Speaker #1
mais on en discute facilement. Tu vois, là, Ce week-end, il m'en arrive trois. Ça part de 17 ans, la plus grande. J'en ai une qui a 23 ans, mais aujourd'hui elle travaille ailleurs. Enfin, l'année dernière, elle travaillait ici.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Bref. Donc là, celle qui arrive au week-end a 17 ans, son frère a 13 ans et j'ai un autre plus petit qui arrive qui a 6 ans. Donc évidemment, avec la grande à 17 ans, oui, forcément. Mais non, la difficulté en fait, c'est par rapport aux autres. Moi, je vois que ce n'est pas elle-même. C'est quelquefois... Et c'est peut-être un débat qu'on pourrait avoir sur la fréquentation des campignons naturistes aujourd'hui. C'est qu'aujourd'hui, on voit bien qu'il y a des parents qui ne veulent rien dire aux enfants, qu'il faut être machin, et qui, du coup, ne vont pas, entre guillemets, imposer à leurs enfants d'être nus. Et c'est dommage parce que, encore une fois, je peux l'entendre parce qu'il n'est pas question de forcer. C'est pas la question. Mais sauf que moi, mes enfants, s'ils ne veulent pas se déshabiller, je ne les amènerai pas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà, c'est tout. Je ne les forcerai pas. Mais comme je disais tout à l'heure, je ne les forcerai pas à vivre à des gens nus si eux ne le veulent pas. Donc, moi ça arrive, ma petite fille par exemple, ça arrivait l'année dernière, je leur avais repartir, elle prend un sac, elle prend un maillot de bain et je lui dis « mais tu vas où ? » « Ah ben aujourd'hui, ma copine machin et l'autre machin ont dit qu'aujourd'hui on mettait un maillot. » « Ah bon d'accord, hein ? » C'est un peu ça, c'est entre eux.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Pareil, moi des fois je la vois à la plage nue avec une copine et puis avec deux garçons en short, presque ça me dérange pour elle.
- Speaker #0
D'accord, parce que tu penses que les deux garçons ont un jugement par rapport à elle ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, mais moi les deux gamines qui sont là, des gamines de 16-17 ans et puis deux garçons qui ont le même âge à peu près, 16-17 ans, 18 ans, j'en sais rien. Mais eux sont en short, les deux gamines nues. Oui,
- Speaker #0
ce n'est pas l'inéquilibre.
- Speaker #1
Pour moi, je suis un peu gêné pour ma gamine. Et je comprends qu'elle rentre en me disant « ouais, machin » . En fait, ce n'est pas à elle de se rhabiller, c'est aux autres, aux parents, aux gens, ou aux responsables du camping, quelque part, de faire un peu respecter les règles.
- Speaker #0
Du coup, si on part de ce principe-là, est-ce que tu as vu une évolution ? là-dessus, au niveau de la pratique du naturisme ? Comme ça fait 50 ans que tu as dit que tu as dû voir une certaine forme d'évolution.
- Speaker #1
Oui, je l'ai vu dans la mesure, effectivement, à une époque, c'était beaucoup plus « contraint » que ça l'est aujourd'hui. Aujourd'hui, encore ici, encore heureux, que ce soit à la piscine notamment, il y a les ménageurs et tout, qui imposent la nudité ou machin. C'est moins le cas à la plage, à la rivière. Et cet après-midi, pas plus tard que cet après-midi, il y avait trois gamins qui étaient avec des bermudas. Voilà, après... Bon, voilà.
- Speaker #0
Est-ce que c'est une évolution du coup du monde de l'apurisme ? Oui,
- Speaker #1
je crois qu'à une époque, on n'aurait pas... À une époque, ça n'aurait pas été accepté.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Oui, il y a une dizaine d'années de ça, on ne l'aurait pas... pas toléré.
- Speaker #0
Et du coup, toi, à titre perso, est-ce que tu sais pourquoi justement il y a cette évolution ? Non,
- Speaker #1
parce que pour moi, encore une fois, c'est l'évolution globale de la société et c'est l'évolution aujourd'hui qu'on le voit bien, c'est la vie quotidienne. Aujourd'hui, les enfants, on leur impose... Enfin, non mais c'est vrai, quand on voit la société dans sa globalité, on voit bien qu'aujourd'hui, l'enfant n'est pas... Je mets toujours des guillemets parce qu'il ne faut pas... Mais l'enfant roi. C'est un peu ça. Donc, en fait, il ne faut pas les contraindre. Alors, OK, attention, encore une chose.
- Speaker #0
Oui, oui, ce que par rapport à ce qu'il y avait avant.
- Speaker #1
Mais il faut le rappeler. Il suffit parce qu'on le voit ici. Moi, je vois des gamins qui vont arriver ou des gamines qui vont arriver avec un bas de maillot ou un short à la piscine, que le maître nageur va leur dire, oh, il le quitte de suite. Sans problème. Et ou à l'inverse, tu vas voir ici, parce que comme il y a des maîtres nageurs à la piscine qui le disent et qui font respecter ces mêmes enfants jeunes, garçons, filles, que tu vas voir le matin nus à la piscine, parce que l'après-midi, tu vas les trouver en maillot à la plage.
- Speaker #0
Je me permets de te couper, c'est juste que c'est paradoxal parce que...
- Speaker #1
Oui, c'est paradoxal. Tu vois, dans la piscine,
- Speaker #0
ils sont nus et dans la sèche, ils vont être habillés.
- Speaker #1
Oui, oui, parce que pourquoi ? Parce qu'ici, à la piscine en haut, il y a quelqu'un qui va faire respecter la règle. Alors qu'en bas, il n'y a personne. Il n'y a pas de gardien de la nudité. Moi, je me souviens, mais c'est très vieux. enfin c'est très vieux, Arnaud Schott de mémoire ou même peut-être déjà au Renat, il y avait des résidents à l'époque qui étaient nommés et qui sur la plage surveillaient la pratique naturiste.
- Speaker #0
Ok d'accord.
- Speaker #1
A l'époque, alors je ne sais pas si ça existe toujours, mais ça existait à l'époque, il y avait des gens qui étaient en charge de faire respecter la pratique sur le domaine. Le naturisme,
- Speaker #0
ouais d'accord. Et justement puisque tu parles de l'époque, c'était comment justement à l'époque ? La sablière, est-ce que tu as connu au tout début ? Moi, pour moi,
- Speaker #1
aujourd'hui, je vis à la sablière comme j'y vivais il y a 30 ans.
- Speaker #0
D'accord. Il n'y a pas de problème.
- Speaker #1
Après, avec l'évolution technique, on réclame que le téléphone portable fonctionne alors qu'il ne fonctionne pas partout. Oui, c'est vrai. Voilà, par exemple, si tu veux... Si on compare les choses, aujourd'hui, on voit autour de nous les mobilhommes. Soyons concrets. Tu vois, les mobilhommes aujourd'hui, climatisation, télévision, lave-vaisselle, bon, voilà. Après on dit, ouais mais maintenant c'est cher. Oui mais quand on demande tout ça...
- Speaker #0
Il y a un conflit qui est apparu.
- Speaker #1
Même pas, on ne va pas chercher à 40 ans d'avoir des mobilhommes, il n'y en avait pas. Mais tu venais à un camping.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Tu plantes tes tentantes et puis je n'étais pas à la télé, le téléphone, le lave-vaisselle, ce n'était pas le sujet. Tu allais laver ta vaisselle au sanitaire commun, tu faisais des rencontres, tu discutais, c'était un lieu de vie.
- Speaker #0
Le principe du camping même. Oui. Et si on fait le nostalgique, est-ce que ça te manque cette période comme c'était avant ou non ?
- Speaker #1
Non, ça ne me manque pas. C'est juste que c'est une constatation d'évolution de la société,
- Speaker #0
c'est tout. Du coup, est-ce que cette modernité et ce confort, par exemple, donc d'un certain côté a plu à des résidents, à des personnes qui venaient en vacances, mais d'un autre côté, est-ce qu'on n'a pas perdu un partage du coup ?
- Speaker #1
Un partage, un échange ? Oui, parce que quand tu fais douche commune, sanitaire commune, vaisselle commune, forcément tu parles, tu rencontres, tu vois ces gens. On croise toujours, on n'a rien contre moi toujours. Mais c'était des lieux d'échange, oui.
- Speaker #0
Bien sûr. Et ces lieux d'échange, est-ce que tu les retrouves toujours maintenant à la 16 en bas ?
- Speaker #1
Oui, on les retrouve à la piscine parce qu'au bout des années, on voit un peu les mêmes têtes, on voit les gens. Mais oui, ces lieux existent, que ce soit à la piscine ou à la rivière. À force, on se connaît, on se croit. Ah tiens, vous êtes toujours là. Oui, bien sûr. Mais voilà. Non, mais le truc, c'est qu'on nous dit aujourd'hui... on veut la télé, on veut la clim, etc. Puis on dit c'est cher, on ne peut pas rester plus de 8 jours ou plus de 15 jours parce que c'est trop cher. Alors est-ce que s'il n'y avait pas tout ce confort, peut-être qu'on pourrait rester un peu plus ? C'est un peu ça où je réfléchis. Moi après, je ne juge pas. Moi je constate.
- Speaker #0
Et est-ce que le... parce qu'on est quand même entouré vachement de nature, ici je trouve.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Est-ce que le naturisme t'a permis d'avoir un regard différent par rapport à la nature ? Est-ce que tu fais un petit peu plus attention par rapport à la nature ? Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Bien sûr, le fait de vivre dans la nature apprend à la respecter. Bien sûr. Bien sûr, aide à la respecter, effectivement. Oui, oui.
- Speaker #0
Et de même, on parle de nature mais on ne parle pas du corps.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Le corps en lui-même.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'ai entendu, certains m'ont dit que le naturiste faisait attention à son corps. Et au tout début, il y avait même une charte du naturisme qui était de manger de telle manière, faire telle chose, etc.
- Speaker #1
Alors, oui, j'en ai entendu parler. C'est une pratique du naturisme que moi je ne connais pas. Voilà, ce style de pratique. Mais c'est vrai, oui, effectivement, il y avait des gens où ça rentrait la nourriture, le rachat et tout. Moi, je te rassure, ici, c'est apéro avec les copains, c'est...
- Speaker #0
Tu as bien compris.
- Speaker #1
C'est plat de chat, c'est... Écoute, cette semaine, c'est pas compliqué. On est quoi aujourd'hui ?
- Speaker #0
Mercredi. Mardi.
- Speaker #1
Bon, eh bien, la semaine dernière, on a fait trois soirées.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Alors, on ne se pète pas la gueule. On ne se saoule pas. Mais voilà. Oui,
- Speaker #0
mais vous passez des bons moments.
- Speaker #1
Voilà, donc non, on ne se contraint pas, ni sur le plan de l'entretien corporel, de la santé, etc. Moi, je n'ai pas de contrainte avec ça.
- Speaker #0
D'accord. Non. Ok, ok.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Du coup, tout à l'heure, on a parlé du... Tu es devenu naturiste en navigant au niveau de la Cèze. Oui,
- Speaker #1
en pratique, oui.
- Speaker #0
Et si je fais un rapide calcul, donc du coup, début années 70, est-ce qu'il y a un lien possible avec cette époque un peu de... Je n'ai pas connu. Oui,
- Speaker #1
je crois qu'il y avait une espèce de liberté qu'on ne voit beaucoup aujourd'hui. Moi, je vois, par exemple, un truc tout bête. Aujourd'hui, je vais passer, par exemple, demain, ce week-end prochain, je dis tiens, je vais passer le week-end au Gros du Roi, ou à Palavas, ou machin. Je longe la plage devant la ville. Il n'y a plus une fille, c'est nu.
- Speaker #0
Ah oui, ça c'est vrai. Non mais... Alors même chez nous, c'est pareil. Non mais...
- Speaker #1
Non mais tu as raison. C'est pas une critique, c'est une constatation.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Voilà. Donc là, on était... Post 68H, peut-être c'était aussi une période de libération. Alors on peut le contester, j'en sais rien. Mais de libération oui.
- Speaker #0
Mais c'est marrant parce que tu nous as dit que tu étais un ancien gendarme à la retraite. Je pense que les trois quarts des personnes imaginent qu'un gendarme c'est... ça rentre dans des cases, etc.
- Speaker #1
J'en ai connu d'autres. J'en ai rencontré ici. J'en ai rencontré d'autres. D'ailleurs, mon voisin de mobilon m'a dit que c'était un peu impossible.
- Speaker #0
Tu vois, par rapport à cette histoire de 1968, qu'on allait contre l'État établi, tout ça, c'est pour ça que je...
- Speaker #1
Attention, après, c'était toujours dans le respect de la chaîne. C'est pas parce qu'on allait se baigner à poids dans la cèze qu'on allait le faire au milieu du village, que c'était toujours à l'écart. On faisait attention de ne choquer personne, tout simplement.
- Speaker #0
Alors là, on va parler un petit peu du corps dans la société. Souvent, quand je dis que je commence à faire mes podcasts avec les naturistes, je me fais un petit peu chandrer par les copains, bien sûr. Et je voudrais savoir, pour toi... Pour personne d'autre, pour Bernard. Quand on est nu, est-ce qu'il y a une attirance pour le sexe opposé ou pas ?
- Speaker #1
Non. Évidemment non. Non, évidemment. Non, non, non. Honnêtement, bien sûr qu'on croise des jolies filles ou qu'on va croiser des beaux garçons pour ceux qui préfèrent regarder les garçons, peu importe. Mais non.
- Speaker #0
Non, je n'ai jamais vu, je n'ai jamais moi vécu de choses... Non, non, pas du tout. Moi, personnellement, tu vas faire les courses, tu sors en ville, etc. Tu vas croiser une jolie fille bien habillée, tu vas la regarder de la même façon que tu... Non, pour moi, il n'y a pas de... Non, non, franchement, celui qui vient ici pour ça, il se trompe.
- Speaker #1
Très bien. On va dire quand même que malheureusement, il y a pas mal d'abrigames.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et c'est vrai qu'il faut bien souligner... Non,
- Speaker #0
mais je dis non.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
D'ailleurs, entre nous... Enfin, entre nous... Oui.
- Speaker #1
Il y aura un petit peu plus... Moi,
- Speaker #0
je n'ai jamais vu de garçon traverser la rivière ou la piscine avec des... Bon, bah, fait.
- Speaker #1
On s'est compris.
- Speaker #0
On s'est compris. Bon.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Voilà. Non, non, franchement, non. Alors si celui qui fait... qui vient pratiquer le naturisme, pour ça il a tout faux.
- Speaker #1
D'accord. Est-ce que tu trouves, je t'ai déjà plus ou moins posé la question, mais est-ce que le naturisme s'est développé avec le temps ? Est-ce que maintenant, c'est pareil, on a cette image de se dire le naturisme est une population vieillissante parfois, est-ce que tu constates la même chose de ton côté ? Ou alors au contraire,
- Speaker #0
ça se rajeunit maintenant avec une certaine éducation ? Oui et non. Oui parce que effectivement, comme nous ici, plusieurs mois dans l'année, c'est sûr qu'au printemps, en octobre, en septembre, etc., les jeunes travaillent et donc ils ne sont pas à la sablière. Donc effectivement, ici, la population est plus âgée. Mais non, moi l'été, et là d'ailleurs ça commençait, on voit arriver quand même beaucoup de jeunes femmes, enfin les jeunes femmes, les jeunes familles, avec des petits, et non. Pour moi, non, ça continue.
- Speaker #1
Oui, il y a toujours...
- Speaker #0
Pour moi, ça vit.
- Speaker #1
Il y a toujours ce mélange intergénérationnel. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Pour moi, oui.
- Speaker #1
Et au niveau fréquentation, est-ce qu'on est plus sur une population française ou est-ce qu'on retrouve d'autres...
- Speaker #0
Ici, il y a quand même beaucoup d'Hollandais, beaucoup d'Allemands, mais c'est pareil. Là, il y avait beaucoup d'Allemands il y a quelques jours parce qu'ils nous ont expliqué qu'ils étaient en vacances, que c'était une période de vacances en Allemagne. Après, à un moment donné, oui, il y a ici la majorité des étrangers, c'est Allemands hollandais.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Oui, il y en a beaucoup, oui, et heureusement.
- Speaker #1
Du coup, c'est top, ça permet aussi d'échanger entre pays.
- Speaker #0
Ça permet d'échanger et puis ça permet aussi effectivement de faire vivre. Le camping ? Oui,
- Speaker #1
c'est sûr.
- Speaker #0
Parce qu'il constitue quand même une forte population.
- Speaker #1
Et en étant naturiste, quelle a été ta plus belle surprise ? Compliqué.
- Speaker #0
Ma plus belle surprise ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ouh là !
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un truc qui t'a marqué plus qu'un autre ?
- Speaker #0
Alors oui, j'en ai une, allez. Oui, non, non, c'est que... C'est que, à l'époque, j'habitais Lyon.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et j'avais une cousine de mon âge qui habitait également Lyon. Et on se fréquentait, on se recevait. Et un jour, à la table, on dit « Tiens, ce week-end, on part passer un week-end du côté du Ventoux. » Ah bon, très bien. Ah ouais ? Ben nous aussi ! Mais vous allez ouvrir un tour. Ah, c'est à Bédouin, côté Bédouin. Ah, mais nous aussi. Tu ne serais pas à Bélizy ? Ben si. Et donc, c'était... Voilà.
- Speaker #1
Parfait.
- Speaker #0
C'était de retrouver ma famille, ma cousine avec ses enfants, et nous, nos enfants, se retrouver...
- Speaker #1
Et tu ne savais pas à la base qu'elle était astriste. Et elle ne savait pas que tu n'étais...
- Speaker #0
Non plus.
- Speaker #1
C'était énorme.
- Speaker #0
Oui, c'est super.
- Speaker #1
Donc, ça veut dire qu'il y avait vraiment un lien dans la famille. C'est...
- Speaker #0
Non, je ne sais pas. Non, mais les parents n'y étaient pas. Ses parents, oui. D'accord. Non, pas du tout. Non, je sais. Voilà, donc on parle d'une surprise.
- Speaker #1
Exactement, c'est une belle surprise. Exactement.
- Speaker #0
Mais comme ici, pareil, mon voisin qui occupe un mobilhome ici, un jour je sors de la piscine et j'entends « Oh, Bernard ! » Et c'était un collègue de travail de Marseille.
- Speaker #1
Énorme.
- Speaker #0
Voilà. Donc c'est des petites surprises. Oui,
- Speaker #1
mais c'est un plaisir.
- Speaker #0
Mais la plus belle surprise, effectivement, c'est de se retrouver en vacances, en famille.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et puisqu'on reste sur les impressions, tu m'as dit qu'au début, c'était ici de manière sauvage, on va dire. La première fois que vous êtes venu ici, c'était avec ta compagne. Oui, bien sûr.
- Speaker #0
À la Sablière.
- Speaker #1
Du coup, ça a été quoi ? Quand tu es arrivé ici, ça a été quoi ta première impression en arrivant à la Sablière ?
- Speaker #0
Le bonheur de la campagne quoi. Alors que oui, je connaissais mes premières expériences en camping naturiste, c'était Oronat et Arnaud Schott.
- Speaker #1
Les tout premiers du coup.
- Speaker #0
Les premières fois vraiment où on a débuté, c'est Oronat.
- Speaker #1
Et alors du coup alors ?
- Speaker #0
Débuté en camping, pas le naturel.
- Speaker #1
Alors du coup on est arrivé à Oronat la première fois du coup, quand tu as passé cette fameuse barrière tenue par un Allemand d'ailleurs à l'époque.
- Speaker #0
Encore une fois, je vais me répéter, mais la liberté.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est tout, il n'y a pas d'autre. Et là, pareil, la liberté, la nature.
- Speaker #1
Surtout qu'en plus, au Ausha, à l'époque, il n'y avait pas tous ces mobilhommes et tout.
- Speaker #0
C'était moins modifié que le centre-village. Oui, c'était... Nous, on était en caravane.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
dans des mémoires, je ne me rappelle pas qu'il y avait des mobilhommes.
- Speaker #1
Si c'était les années 70, il y avait des brides de construction,
- Speaker #0
mais ce n'était pas... Oui, c'était un peu plus tard. Ça devait être dans les années 4. 95, 90 par là.
- Speaker #1
D'accord. Oui, donc du coup, il y avait déjà eu quelques constructions, effectivement. Donc, et comment tu te sens du coup, quand tu arrives au mois d'avril ici, comment tu te sens quand tu arrives à la Sabia ?
- Speaker #0
Heureux, heureux de retrouver la liberté. Au lieu de retrouver la liberté de vivre. Moi, je me doutais que tu allais me dire ça. Oui, mais en même temps, alors, la liberté de vivre au soleil et puis, et puis la liberté de retrouver, pareil, les amis.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Ici, Parce que quand on est retraité, qu'on a une maison, bon, voilà, on a quelques connaissances, mais ce n'est pas pareil. Alors qu'ici, c'est quotidien, quoi. Ici, c'est toujours des... Tu vas à la piscine, tu vas rencontrer, tu vas blaguer. Partout où tu passes, tu rencontres, tu blagues, tu as toujours des contacts et des rencontres. Et le fait, évidemment, de retrouver la nature, de retrouver la vie au soleil, ça campagne aussi de cette vie en collectivité.
- Speaker #1
D'accord. Et qu'est-ce que tu aimerais nous partager de ce lieu, de la sablière ?
- Speaker #0
Que c'est un lieu magique, qu'on aimerait que ça dure, que ça perdure, et que l'esprit naturiste de la sablière perdure.
- Speaker #1
parce que du coup il y a un esprit ici à
- Speaker #0
Sablières bien particulier toi qui as fait d'autres établissements ici il y a vraiment pour moi il y a un esprit Sablières qui est lié justement à une pratique du naturisme qui est respectée et ce que nous qu'on souhaite quand on parle de la reprise du camping par une société très bien c'est la vie Merci. Heureusement, et nous, tout ce qu'on souhaite, c'est que les dirigeants, et aujourd'hui c'est le cas, c'est qu'ils fassent en sorte que l'esprit qui a été initié par Gabi, et puis les résidents, et puis tous les gens qui fréquentent la Sableya, que cet esprit perdure.
- Speaker #1
C'était quoi cet esprit du coup ? Tu peux nous livrer le secret. Mais non,
- Speaker #0
mais par exemple, aujourd'hui, il n'y a pas de secret. C'est justement de faire en sorte que les gens soient respectueux du site et des lieux et de la pratique, tout simplement. C'est tout. Parce que malheureusement, parfois, on va rentrer des gens ici, on se demande ce qu'ils sont venus y faire. Mais ce n'est pas spécial à Sabir, je pense que c'est partout. Je pense que ce serait bien que ce soit en plus au-delà de la pratique naturiste à la piscine, que ce soit vraiment que quelque part, de temps en temps, il y ait quelqu'un, responsable ou autre, qui rappelle à ces gens pourquoi ils sont là et quand on passe le portail, à quoi on s'engage.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Voilà, tout simplement.
- Speaker #1
On va peut-être refaire un historique. Peut-être. Non, mais expliquez-toi le mot. Non,
- Speaker #0
mais peut-être une petite fiche à l'accueil où on expliquerait que, voilà, Madame, Monsieur, vous pénétrez dans un domaine naturiste, ceci vous impose de vivre nu autant que la nature, enfin, le temps le permet, etc. Et que, par respect des autres, voilà, petit à petit, comme ça. Oui, bien sûr. Donc, leur face est quand même un peu signée. Pas comme j'ai entendu il y a 15 jours ou 3 semaines à la piscine, des gens qui étaient là avec une gosse qui avait 6 ou 7 ans, 5 ans, 6 ans, j'en sais rien. Et des gens qui ont dit, mais madame, monsieur, voilà. Ah mais non, c'est pas obligé de toute façon. Ben si, c'est obligé, elle est plus mou, mais elle ne vient pas là quoi. Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
C'est ça que nous on souhaite, c'est que quand même, quelque part, il y ait ce... maintenir cet esprit par une petite discipline. Je ne parle pas d'une rigueur, mais de rappeler quand même aux gens parce qu'on sent que ça déborde vite.
- Speaker #1
D'accord. Le mouvement pourrait s'essouffler par exemple.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
D'accord. D'après toi ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Pourquoi faudrait-il venir à la Sabir ?
- Speaker #0
Venir à la Sabir ? Pour vivre heureux. Pour vivre heureux dans la nature, au soleil, et dans la tenue favorite que les gens se baignent à la cèze et puis faire de belles rencontres et rencontrer des gens sympas.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Tout simplement.
- Speaker #1
Écoute, pareil, petite nouveauté pour cette saison, on a décidé de faire un portrait chinois. du naturiste est-ce que tu sais le portrait chinois ? non, pas comme ça vas-y tu vas te découvrir vas-y je vais juste te poser pareil quelques petites questions et tu vas me répondre ce que tu as envie de répondre d'ailleurs et si tu as envie de développer tu peux développer je crois qu'à part abâcher ce que j'ai dit tu ne sais pas les questions que j'ai allons-y si pour toi le naturisme était une couleur ce serait laquelle ?
- Speaker #0
couleur le bleu pourquoi ? bleu du ciel.
- Speaker #1
Si le naturisme était une musique ou un son, ça serait lequel ? Ou laquelle, si c'est une musique ?
- Speaker #0
Une musique ou un son ? Une musique afro, une musique afro-cubaine, un peu... Oui, salsa. Oui, salsa.
- Speaker #1
Si le naturisme était un lieu qui soit... réel ou imaginaire, ça serait lequel ?
- Speaker #0
Un lieu réel ? L'Assemblée.
- Speaker #1
Je savais que tu allais répondre à ça.
- Speaker #0
J'aurais pu te dire... Oui, parce que j'ai cité, parce que partout je suis passé...
- Speaker #1
Oui, mais quand tu parles de l'Assemblée, tu en parles vraiment avec amour. Oui,
- Speaker #0
parce que oui.
- Speaker #1
Si le naturisme était une sensation, ça serait laquelle ?
- Speaker #0
C'est ce que je t'ai dit tout à l'heure. J'ai du mal à expliquer. C'est le corps au soleil, la nature. Vivre sans vêtements, au contact de l'air. L'air pour la peau. Oui, je n'ai pas de définition.
- Speaker #1
Si le naturisme était un animal, ce serait lequel ?
- Speaker #0
Alors là, quelle question ? Le naturisme, un animal ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Franchement. Non, je colle. Un animal ? Non.
- Speaker #1
On en a dit plein pourtant déjà.
- Speaker #0
Moi, ça ne me vient pas. Un animal comme ça ? Je ne sais pas. Un paresseux ? Allez ! Pas mal,
- Speaker #1
pour être tranquille au soleil.
- Speaker #0
Voilà, oui.
- Speaker #1
On ne m'en avait pas sorti le paresseux. Le premier. Si l'inturisme était une phrase ou un mot, ce serait laquelle ou lequel ?
- Speaker #0
vivre libre.
- Speaker #1
Très bien. Et juste une ultime et dernière question et après je te libère.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Quel conseil tu donnerais à un non-naturiste qui chercherait à vivre l'expérience ?
- Speaker #0
Juste tester. Tester, simplement. Dans un endroit... Voilà. Déjà, peut-être tester seul, dans un lieu un peu isolé. rien que déjà la sensation de vivre nu dans un lieu isolé mais dans la nature chez soi ça n'a aucun intérêt mais dans la nature aller se baigner peut-être et puis après effectivement de prendre un week-end dans un domaine comme la Sablière ou comme Bélizy non mais attends ne serait-ce qu'un week-end et peut-être hors saison qu'il y a moins de monde peut-être Et puis se lâcher. Et puis de toute façon, tous ceux qui ont essayé, moi je ne connais pas qui ont reculé. Si ?
- Speaker #1
Eh bien, j'ai croisé pas mal de personnes qui m'ont dit exactement la même chose que ce que tu viens de dire là.
- Speaker #0
Essayer, c'est adopter.
- Speaker #1
Ah oui, c'était le slogan de Abélésie, tu vois. Ah, d'accord. Il y a une dame Abélésie qui m'a dit, c'est la phrase que tu viens de dire là. Ah, d'accord, parfait. Voilà. Donc,
- Speaker #0
tu vois. Oui, oui, non, mais voilà. Oui, parce qu'il n'y a pas cette... Tout à l'heure, on parlait de sexualisation entre guillemets de la nudité. Ça n'existe pas. C'est juste le respect des uns et des autres, gros, maigre, petit, grand.
- Speaker #1
C'est bien de le préciser.
- Speaker #0
Bien sûr, mais comme je te disais, tu vas en ville, tu sors, tu vas dans les magasins, tu vas croiser des jeunes hommes ou des jeunes femmes. Tu dis « waouh » . Bien sûr. D'accord, peut-être, mais sans plus de jugement, sans plus de valeur. Ce n'est pas… d'accord et c'est ouais c'est voilà
- Speaker #1
Ok, c'est très bien. Écoute Bernard, je te remercie énormément pour les échanges, c'était top. On vient de passer un petit au mois.
- Speaker #0
Tu retiendras ce que tu voudras. Il n'y a rien à rajouter, à enlever. Je vais du coup tout retenir.
- Speaker #1
Merci de nous avoir écoutés. On se retrouve très prochainement pour un nouvel épisode. Et si l'aventure vous tente, rendez-vous sur www.francecadnaturisme.com pour plus d'infos. Allez, à bientôt !