Speaker #0Hola et bienvenue dans ce nouvel épisode de Hors des cases ! Bon déjà j'espère que tu vas bien, toi qui écoutes cet épisode, parce que là on est arrivé en automne, littéralement ma saison prêve, mais je sais que ça déprime certaines personnes, donc j'espère que cet épisode te fera du bien. Aujourd'hui on va parler d'un sujet qui fait énormément débat, la maternité. Je pense que mon titre t'a déjà tout dit. le titre de cet épisode. Mais du coup, moi, ça m'intrigue. Est-ce que toi, tu t'es déjà demandé si tu voulais vraiment des enfants ? Pas si t'en veux un jour, parce que, bah, en général, c'est ce qu'on imagine pour la suite de notre vie. Pas si tu te vois avec une petite famille dans 10, 15 ans, parce que, bah, pareil, ça paraît assez la suite logique des choses, en tout cas dans l'éducation qu'on nous donne. Mais si aujourd'hui, au fond de toi, t'en as réellement envie. Moi, en ce moment, si je suis honnête avec moi-même, je n'ai pas envie d'avoir d'enfants. Et pour les deux questions d'avant, si un jour j'ai envie d'avoir des enfants ou si je me vois dans 10 ans avec une petite famille, la réponse est que pour l'instant, non. Et je peux paraître hyper étrange, en tout cas je me sens étrange de dire ça parce que j'ai l'impression d'être l'une des rares personnes à penser ça. J'ai l'impression que la maternité, le fait d'avoir des enfants, c'est tellement ancré en nous qu'aujourd'hui, de dire que tu ne veux pas d'enfants, C'est être à contre-courant de ce qu'on attend de toi, en fait. En tout cas, c'est comme ça que moi, je perçois la chose. Je ne dis pas que je n'en voudrais jamais, mais je ne sais pas ce que je ressentirais dans 2, 3, 5, 10 ans. Peut-être que ça changera, peut-être que non. Après, j'ai 28 ans et je n'ai toujours pas ce désir d'enfant. Et quand je réfléchis à la maternité, j'ai beaucoup de peurs, beaucoup de questions, énormément de choses qui me freinent. Et en même temps, il y a aussi l'âge, 28 ans. L'âge où t'es censée être maman, entre guillemets. L'âge où tu te rapproches de tes 30 ans et donc, comme tu le sais, une femme, elle peut pas féconder toute sa vie. Et c'est ça qui est assez paradoxal, c'est que je n'ai pas cette envie d'être maman, mais je pense que je pourrais être une bonne maman. Et je pense que je pourrais aimer profondément un enfant, être attentive à ses besoins, essayer de lui donner le meilleur. Alors aujourd'hui, j'avais envie de parler de tout ça. J'avais simplement envie de mettre des mots sur ce que je ressens, sur ce qui me fait peur. sur cette absence d'envie que j'ai parfois du mal à expliquer et sur toutes les questions que je me pose quand j'imagine cette possibilité. Donc, bienvenue dans ce nouvel épisode. Déjà, si on commence par le commencement, ne pas avoir envie d'enfant. C'est ce que je te disais tout à l'heure, c'est que je me sens hyper étrange de dire ça, de penser ça. J'ai l'impression d'être à l'écart de la société. En fait, le fait de ne pas ressentir cet instinct ou cette envie aujourd'hui... Alors que j'ai 28 ans, à l'aube de mes 30 ans, je ne sais pas, je me sens bizarre, je me dis que je ne suis peut-être pas normale. Je me dis que c'est comme dans tout, est-ce que l'envie vient en faisant quelque chose ? Je ne sais pas, comme on dit, la faim vient en mangeant. Est-ce que l'envie d'une maternité vient pendant la grossesse ? Je ne sais pas, moi j'ai des amis autour de moi qui rêvent d'être maman, qui ont eu toujours cette envie d'être maman dès leur plus jeune âge, dès qu'elles étaient même en primaire, au collège. au lycée, moi c'était rare que je jouais au bébé. J'ai dû y jouer un petit peu, mais moi j'étais plus à jouer aux barbies, à leur inventer des vies, à jouer dans la nature, à jouer dans la forêt, à m'imaginer en tant que, je ne sais pas, femme avec des pouvoirs, les libertés, qui parle aux animaux, qui parle aux arbres. Mais jamais maman. Cet instinct, il n'a jamais été présent. Et du coup, je me dis, est-ce que ça arrivera un jour ? Parce qu'aujourd'hui, on ne va pas se mentir, la place que la maternité occupe dans les attentes de la société, elle est énorme. Et encore une fois, la politique nous le prouve, quand M. Macron nous a gentiment prévenu qu'on allait recevoir des petites lettres pour, finalement, avoir des enfants. Bah oui, pour recréer plein de petits français, pour financer les retraites des gens. Plus sérieusement, quand je dis aux gens que je ne veux pas d'enfants, tout le monde me dit « tu verras, tu changeras d'avis, tu es encore jeune, ça va venir » . Mais on me répète cette phrase depuis presque 8 ans. Depuis presque même 10 ans. Parce qu'on me parlait déjà du fait d'avoir des enfants avec mon ancien petit ami. Après, est-ce que je n'en voudrais jamais ? Est-ce que j'en veux juste pas maintenant ? Et est-ce que j'en voudrais un jour ? J'ai pas la réponse à toutes ces questions. Ce que je sais, c'est juste que, aujourd'hui, à l'heure actuelle, et depuis que je suis née, je n'ai pas cette envie d'avoir des enfants. Peut-être que ça changera d'avis, mais... il y a cette peur aussi de changer la vie trop tard. Imagine, je change d'avis, imagine, j'ai cette envie soudaine d'avoir des enfants quand j'ai 40 ans. Et que là, on me dit, bah madame, vous n'êtes plus en capacité d'avoir des enfants, vous êtes trop vieille. Et c'est ça aussi, je trouve, qui est dur en tant que femme, c'est que quand tu n'as pas cette envie, quand tu n'as pas un cadre pour avoir un enfant, tu as la pression du temps. On te dit tout le temps, lâche prise, prends ton temps, tu as la vie devant toi. Mais en ce qui concerne les enfants, tu ne l'as pas. L'homme l'a. Ça, il n'y a pas de débat là-dessus. Mais une femme, elle n'a pas le temps. Il y a la pression du temps, la pression de l'âge, la pression de son corps, de ses capacités de son corps à avoir des enfants. Donc là, à l'heure actuelle, moi, je n'ai pas envie d'enfant. Je peux très bien me projeter avec une vie sans enfant, en étant une tata plus que comblée. Et en même temps, qui me dit que dans quelques années, je ne regretterai pas ce choix. Donc que faire ? Avoir un enfant sans en avoir envie ? Je ne sais pas. Bon, après, on est d'accord, il faut un cadre pour avoir un enfant. Mais en tout cas... ce sentiment de devoir toujours expliquer, justifier ce choix, alors qu'il n'est même pas encore définitif, je trouve que ça empire ce sentiment de se sentir étrange, de se sentir hors des cases, de se sentir différente. Pourquoi moi, je ne veux pas d'enfant ? Alors déjà, il y a toutes les choses qui me font peur. Je ne vais pas te sortir la liste, parce que j'en ai une, au fait de ne pas avoir d'enfant concrètement, mais avant ça, on va parler de la grossesse et de l'accouchement. Déjà, je trouve qu'à l'époque, les femmes, elles n'étaient pas aussi conscientes de tout ce qui leur arrivait pendant l'accouchement ou pendant une grossesse. Aujourd'hui, on est informé sur tout. Alors c'est bien, c'est bien de savoir, c'est bien d'être curieux. Mais comme je disais dans mon épisode précédent, est-ce que c'est pas finalement s'apporter plus de difficultés ? Des fois, j'aimerais être dans l'inconnu. J'aimerais être ignorante finalement. Parce que je me dis... Des fois, les gens ignorants, ils ont peut-être une vie plus belle, ils ne se posent pas autant de questions, ils ont moins de peur. Moi, le problème, c'est que je me suis renseignée sur tout ça, la grossesse, l'accouchement, tous les risques qu'il y a. Et évidemment que mon cerveau, il ne pense qu'à ça, il ne pense pas au fait d'avoir un enfant parce qu'il ne connaît pas ça. Par contre, tout ce qui est décrit du avant, je ne le connais pas, certes, mais je peux très bien l'imaginer. Alors que le bonheur d'avoir un enfant, son propre enfant, ça, je ne peux pas l'imaginer. Donc déjà, la grossesse et les transformations physiques. Tout ce que ça implique pour le corps, le rapport à soi, le fait de se voir transformer, de se voir grossir, le corps qui change. Moi j'ai déjà eu ça avec Krone et j'avoue que ça me terrifie en fait, déjà, de se retrouver dans un corps différent. D'avoir ce fameux postpartum, cette dépression postpartum, soit de ne plus être enceinte, soit de ne plus se reconnaître. Il y a tout un travail psychologique aussi. Et donc forcément, selon moi, ça implique le fait d'être assez bien mentalement pour accepter ça. d'être assez bien dans son corps pour accepter ça. Et puis justement, on parle du fait que j'ai connu ça avec la maladie de Crohn. Et moi, j'ai tout cet aspect-là de la santé qui me terrifie. Parce que quand tu tombes enceinte, tu dois arrêter tes traitements. Il y a de fortes chances que tous tes symptômes s'arrêtent. Que le bébé qui est en train de naître, de grandir dans ton ventre, enlève tous tes symptômes. Mais tu as une chance sur deux pour qu'après l'accouchement, La maladie revienne dix fois pire. Il y a un risque qui est là. Et j'avoue qu'au vu de ce que j'ai vécu avec cette maladie, le fait qu'aujourd'hui je sois en rémission, que ce soit stable, bah désolé mais j'ai pas envie de risquer ça pour avoir un enfant. Aujourd'hui je n'ai pas la capacité de me dire que je risque ma santé pour mettre au monde un enfant. Ça m'angoisse beaucoup trop de prendre ce risque-là. Et puis parlons aussi... des risques de l'accouchement finalement, de la douleur, des complications, de l'inconnu, mais surtout des complications. Je ne vais pas détailler tout ce que je sais ici, mais quand on se renseigne et tout ce qu'il peut y avoir comme complications, mais pour moi, c'est horrible et ça me fait peur. Le fait de perdre contrôle sur ton corps, de ce qui peut se passer, d'avoir des déchirures, juste le fait d'en parler, ça m'angoisse. Donc déjà, dans le process d'avoir un enfant, sachant que j'ai peur et je suis contre ce process-là, déjà c'est un peu compliqué, on est bien d'accord. Et puis, la peur aussi de devoir gérer une grossesse tout en vivant avec une maladie chronique. Ne serait-ce que le après, éduquer un enfant, alors que j'ai moi-même mes hauts, mes bas, qu'il y a des jours où clairement j'ai pas l'énergie pour faire quoi que ce soit, et là tu viens me foutre un gosse entre les pattes ? Non mais... c'est trop pour moi vraiment c'est trop pour moi et je sais que ce sont des peurs hyper personnel Et qu'aujourd'hui, on a de la chance d'être quand même bien accompagné médicalement parlant, le corps médical, que toutes les techniques sont faites pour être bien. Et en même temps, pareil, j'ai vu tellement de reportages qui te disent que la manière dont on accouche dans des hôpitaux, c'est une manière qui favorise la prise en charge par les médecins, les gynécos, etc. Mais qui n'est pas du tout bonne pour la mère, qui la fait souffrir. Je te le dis, moi demain je suis enceinte, je dois accoucher, j'accouche chez moi dans ma baignoire en position, la bonne position quoi. Tout ce qu'on fait souffrir aux femmes juste pour améliorer la qualité de vie des gens qui y bossent. Je suis d'accord, mais en fait c'est la femme qui accouche. Donc déjà juste ça, par principe, tout ce truc d'accouchement ça me terrifie. Il y a une autre peur, c'est est-ce que je me sens prête ? Parce que je te le disais, il y a la peur de devoir gérer une grossesse tout en vivant avec une maladie. chronique. Je te parlais de la fatigue, du fait que des fois j'arrive pas à gérer mon temps, etc. Mais je sais profondément que je serai une bonne maman parce que j'ai conscience de tout ça. Mais en fait, le fait de pouvoir me projeter comme une mère aimante sans pour autant ressentir l'envie de le devenir aujourd'hui, je le sais que c'est une bonne chose. Mais en même temps, je me pose la question de comment est-ce que je peux être une bonne mère sachant que moi-même j'ai encore l'impression d'être une enfant. J'ai 28 ans. Quand je me compare avec des gens Du même âge que moi, je me dis, putain mais qu'est-ce qu'ils sont matures, qu'est-ce qu'ils sont adultes. Moi j'ai l'impression d'être une enfant. Déjà toute ma vie on m'a traité comme une enfant à cause de ma taille. Déjà on me voit, on me donne, j'allais dire 10 ans de moins, j'abuse un peu mais en même temps j'abuse pas parce que des fois on me prend encore pour une mineure. Mais en général on me donne 20, 21, 22, 23, 24, 25 ans grand maximum. Donc déjà tout ça... Toute cette société, tous les gens, tout mon environnement me traitent plutôt comme une enfant ou en tout cas une jeune adulte. Pas du tout comme quelqu'un qui va avoir 30 ans. Donc déjà mon environnement ne favorise pas ce sentiment-là d'être une adulte. Puis on ne va pas se mentir, le fait aussi d'être revenue chez mes parents, le fait aussi d'avoir ce besoin de ralentir, de refaire tout ce qui me fait du bien. Je me suis remise au coloriage, je regarde des Disney, je... Je fais que des trucs que je faisais quand j'étais enfant, comme si l'enfant en moi, elle n'avait pas fini de grandir, comme si cet enfant en moi avait besoin d'être rassuré. Donc comment, moi, je peux avoir un enfant, sachant que je me sens encore moi-même très enfant ? Comment est-ce que je peux avoir un enfant, sachant que je continue à me construire, et sachant que je n'arrive déjà pas à me gérer moi-même ? Comment est-ce que je peux prendre la responsabilité de gérer un autre être humain ? C'est ça qui est compliqué aussi. C'est que dans mes pensées, je me considère vraiment enfant. J'ai du mal. Je n'arrive pas à avoir un job classique. J'ai peut-être un syndrome de l'enfant, je n'en sais rien. Je ne sais même pas si ça existe. Mais c'est quand même assez étrange d'avoir 28 ans et de ne pas se sentir adulte. J'ai peur des responsabilités. J'ai peur de prendre des décisions. J'ai peur de faire les mauvais choix. Je suis anxieuse dans beaucoup de sphères de ma vie. Alors imagine si j'avais un enfant. Et en même temps, C'est peut-être le fait d'avoir un enfant qui me responsabiliserait et qui ferait ce switch dans ma tête. Ça se trouve, c'est ce qui me manque à ma vie. Il y a tellement de femmes qui ont changé leur vie en devenant maman. Mais je pense qu'il y a quand même une sacrée différence entre aimer les enfants, penser qu'on serait une bonne mère et vouloir réellement devenir mère. Moi, voilà, j'adore les enfants. J'adore les enfants des autres. J'ai même travaillé avec des enfants. Et c'est d'ailleurs aussi ça qui ne m'a pas donné envie d'avoir des enfants. Parce que quand tu vois les enfants des autres... pas forcément des gens que je connais, mais quand je travaillais en centre de loisirs, quand je voyais le comportement, quand je voyais la différence aussi d'éducation, ou ne serait-ce juste de génération entre la mienne et ces enfants-là, aujourd'hui les enfants sont de plus en plus compliqués, ils ont accès à de plus en plus de choses, il y a aussi tous les écrans qui sont là. Moi je me dis que ce n'est pas des conditions dans lesquelles j'ai forcément envie d'avoir des enfants. Et quand je voyais les parents qui rentraient du boulot, récupéraient leurs enfants, qui avaient passé la journée au centre de loisirs, et qui disaient, le centre de loisirs c'est trop bien parce qu'à la maison on ne fait rien, parce que papa et maman ne sont pas là tellement ils sont pris par le travail, etc. Je ne sais pas, je me dis, ce n'est pas une vie. Et en même temps, je me dis, mes parents ils ont fait ça. Et d'un autre côté, quand j'y pense, je n'ai jamais ressenti le manque de mes parents. Moi j'ai toujours, je ne sais pas, j'ai toujours vu mes parents être là, investir, nous emmener en vacances, jouer avec nous, passer du temps avec nous. C'est cool. Et c'est ça qui est assez attenant, c'est que j'ai grandi dans une famille aimante qui nous a tout donné, et du coup, je pourrais vouloir reproduire la même chose. Et ce serait mon rêve, franchement, d'avoir... des parents comme j'ai eu. Bon, il y a des choses, je n'ai pas forcément envie de reproduire, on est d'accord ? Je n'ai pas envie de devenir mon père et ma mère. Chaque personne peut s'améliorer, etc. Mais je veux dire, moi, j'ai super bien grandi. Et quand je vois des familles, des gens qui ont grandi dans des familles complètement détruites, qui ont vécu beaucoup de malheurs, qui ont vécu de la violence, etc. et qu'eux ont envie d'avoir des enfants, je me dis, c'est étonnant que moi, je n'en veuille pas, en fait. Mais je pense que, justement, Il y a ce poids de la responsabilité que j'ai et sur lequel je suis hyper consciente, c'est accompagner un être humain pendant des années, être présente, répondre à ses besoins. Demain, si je suis maman, je vais être investie à 100%. Je vais faire les choses bien. Et peut-être que, en fait, tu ne fais jamais les choses bien, puisque maman, des fois, ça te tombe un peu comme ça sur le nez, tu vois, et tu apprends. Mais je pense que c'est encore... Je ne sais pas si j'ai une quête à la perfection ou d'attendre le bon moment, parce que sûrement que ce bon moment, il n'arrivera jamais. Je sais pas, moi, quand je vois des gens autour de moi qui ont des enfants, c'est parce qu'ils se sentent prêts à avoir des enfants, parce qu'ils ont envie d'avoir des enfants. Et même quand ça arrive par accident, ils sont contents. Moi, demain, ça arrive par accident, c'est la fin de ma vie. Aujourd'hui, il arrive ça, je suis au bout du rouleau. C'est vraiment la cerise sur le gâteau du pire qui pourrait m'arriver là, actuellement. Et je sais que c'est des propos qui pourront choquer certains, mais dans les conditions dans lesquelles je suis actuellement... Ce serait vraiment horrible pour moi d'avoir un enfant actuellement, vraiment. Et du coup, je me demande, est-ce que finalement, il faut avoir construit sa propre vie avant d'accueillir un enfant ? Je ne pense pas, sauf que moi, c'est comme ça que je perçois la chose. Moi, j'aimerais pouvoir, je ne sais pas, me sentir bien, être dans un bon cadre de vie pour accueillir un enfant, pour bien l'accompagner, pour répondre à ses besoins, pour être présente. Et tout ça, ça passe aussi par les blessures, les traumatismes. Il y a aussi ça, c'est notre histoire personnelle, elle influence notre manière d'aimer et d'éduquer. Et en fait, moi j'ai cette envie de me sentir bien mentalement avant d'envisager la maternité. J'ai pas envie d'être enceinte, d'accoucher et de transmettre tous mes traumas à mes enfants. J'aimerais en fait pouvoir casser, pouvoir couper tous les schémas familiaux qui m'entourent, que ce soit du côté... de ma mère, de mon père, de leur famille, d'anciennes générations. Je ne veux pas transmettre involontairement des blessures. En fait, je me suis tellement renseignée sur tout ça, sur le transgénérationnel, sur le def perso, sur... Je ne veux pas, en fait. J'aimerais, moi, me sentir bien pour pouvoir accueillir un enfant, en fait, dans le meilleur cadre possible. Et sûrement que ça n'existe pas et que ça n'existera jamais, ce cadre. Après, je n'ai pas non plus envie d'être une mère parfaite, parce que ça n'existe pas, les mères parfaites. Et cet épisode, il n'est pas du tout là pour dire « Oh my God, toi, tu as eu un enfant alors que ton couple n'est pas stable, alors que ta situation financière n'est pas stable, alors que tu n'en voulais pas forcément, alors que ci, alors que ça » . Pas du tout, chacun fait ce qu'il veut. Je te partage juste ma vision des choses et la raison pour laquelle aujourd'hui, je ne veux pas d'enfant. Je te partage juste mes peurs, tout ce que je pense. Et je pense que, oui, en fait, je n'ai pas envie d'être une mère parfaite parce que ça n'existe pas. et que justement c'est aussi l'imperfection qui fait que chaque être humain... est un individu différent. Si on était tous parfaits, ce serait chiant. Mais j'aimerais être une mère suffisamment consciente pour accompagner au mieux un enfant et pour reconnaître aussi ses difficultés et pour savoir se remettre en question aussi. Moi, je ne suis pas d'accord que c'est parce que tu es adulte, c'est parce que tu es parent que tu as les réponses à tout. Non, c'est notre première fois sur Terre, à tous, on n'a pas toutes les réponses. Et je pense qu'un enfant peut apporter autant que le parent apporte à l'enfant. Mais comme je te disais, il y a ce risque de repousser indéfiniment ce fait de vouloir des enfants en attendant d'être complètement réparé, d'être bien, de se sentir adulte, de se sentir bien mentalement, de ne plus avoir ses blessures, etc. Je ne pense pas que ce soit obligatoire d'être parfait pour devenir parent, comme je disais, mais c'est vrai que voilà, moi j'ai peur de transmettre tout ça, j'ai peur. finalement que mes blessures, que le fait que ma santé mentale elle soit pas hyper bien actuellement et peut-être pour toujours, j'en sais rien, ça fasse de moi une mauvaise mère. Je pense que c'est ça en fait, je pense que je suis consciente que c'est facile d'être une mauvaise mère, que les enfants c'est aussi ingrat. Bon voilà quand j'étais plus jeune j'avais beaucoup de difficultés avec ma mère je... voilà dès qu'elle me faisait des reproches, dès que ci, dès que ça, je la détestais, j'étais... Désolée maman, je sais que t'écouteras ça, mais c'est vrai, toute la partie du lycée, on se prenait la tête tout le temps. Et c'était compliqué. Et je sais qu'elle faisait de son mieux avec toutes les clés qu'elle avait pour être la meilleure mère possible. Mais c'est compliqué parce que les enfants, c'est aussi ingrat, les ados, c'est aussi ingrat. Aujourd'hui, j'ai le recul pour savoir que ma mère, elle a ses propres traumatismes, que mon père a ses propres traumas aussi, dus par leurs parents, par leurs grands-parents, par toute cette génération d'avant. Et je sais que mes parents, ils ont fait du mieux qu'ils pouvaient. Et je sais que des fois, ils ont peut-être fait des erreurs, peut-être qu'il y a certaines choses qu'ils regrettent, j'en sais rien. Moi, je sais qu'il y a des choses qui... qui ont pu me blesser, qui font qu'aujourd'hui, j'ai des traumas sur plein de choses. Je sais que tout ce que je fais, c'est pour essayer de les rendre fiers. Et là, de me voir retourner à la maison, de ne pas savoir quoi faire, de ne pas avoir de job, j'ai l'impression de les décevoir, d'être une mauvaise fille. J'ai l'impression que tout ce qu'ils ont fait pour moi, le fait d'avoir payé mes études, etc., j'ai l'impression de tout foutre en l'air, littéralement. de jeter tous leurs efforts en l'air. Donc en fait, il y a une époque où j'étais là en mode « Ah, j'ai les pires parents du monde, alors que vraiment pas. » Et là, moi, j'ai juste peur qu'ils se disent « Bah, ma fille, elle sait rien faire de sa vie, elle sait pas, c'est moins que rien. » Je sais qu'ils penseront pas ça, mais voilà, en fait, c'est ça aussi. C'est que d'être parent, ça fait peur. Parce que tu sais que c'est pas le cas, mais tu sais que du jour au lendemain... Ton enfant, il peut te rejeter, genre. Que t'auras beau lui donner tout l'amour du monde, peut-être que des fois, tu l'as mal fait. Peut-être que des fois, tu t'es mal exprimé. Peut-être que des fois, tu te remets à faire des choses que tu détestais chez tes parents. Et en fait, c'est inconscient et t'as l'impression de devenir tes parents. Moi, quand je disais, je rêve d'avoir des parents comme les miens, il y a des schémas que je n'ai pas envie de reprocher. Parce que je sais que ça vient des grands-parents et de ci et de ça. Et en fait, c'est toute cette peur-là qui me dit... Punaise, mais la responsabilité d'avoir des enfants, c'est énorme. Parce qu'aujourd'hui, tu as aussi la société. Et ça, ça fait hyper peur. Dans quel monde on est aujourd'hui pour faire grandir un enfant ? Et ce n'est pas du tout une insulte, ce que je vais dire ou quoi que ce soit, mais de mon point de vue, je trouve que d'avoir un enfant dans notre société actuelle, c'est un peu égoïste. Mais en même temps, je comprends les gens qui ont envie d'avoir des enfants. Mais selon moi, désolé, mais ça fait hyper peur. La situation économique dans laquelle on est, le coût de la vie, la stabilité financière. Aujourd'hui, c'est compliqué d'avoir de l'argent de côté, c'est compliqué d'acheter. D'ailleurs, je ne sais pas comment les gens font. Mais dans quel monde nos enfants vont grandir si on en a ? Et pour ceux qui en ont, sans parler de la situation économique, juste le contexte politique, les conflits, le climat. Il y a tellement d'incertitudes concernant l'avenir. Que moi, ça me fait flipper et que je me dis, ce ne serait pas du tout responsable d'avoir un enfant dans ces conditions-là. Déjà, moi, de mon point de vue à moi, 28 ans, dans 50 ans, j'en aurai 78, je ne sais même pas dans quel état sera le monde, dans quel sera le climat. Enfin, désolée, mais déjà, entre quand j'étais petite et maintenant, il y a eu tellement, tellement, tellement de changements, ça fait peur. Donc, comment avoir un enfant dans ces conditions-là ? La responsabilité de faire naître un enfant dans un monde que je trouve tellement inquiétant et tellement anxiogène. Moi, je vois que je souffre de l'anxiété à cause de tout ça. Désolée, mais je n'ai pas envie d'avoir un enfant qui se retrouve avec des maladies chroniques comme moi aussi, parce qu'il y a ça aussi, c'est génétique, je peux le refiler aussi déjà. Ou alors qui vivent avec de l'anxiété, ou qui vivent avec des violences. Enfin, en fait... J'aimerais tellement avoir un enfant et être sûre de pouvoir lui offrir un environnement stable et sécurisant. Et quand je compare, je vois mes parents quand ils m'ont eu ou quand ils ont eu mon frère, ils étaient dans un environnement stable et sécurisant, ils nous ont apporté de l'amour, on a toujours eu un toit, on a toujours été bien. Et aujourd'hui, je me retrouve quand même, malgré tout ça, avec de l'anxiété. Parce que c'est l'environnement qui perturbe le truc. Mais pareil, si on attend que le monde soit parfait avant de devenir parent, on va avoir un enfant. personne n'aurait des enfants. Donc ça, c'est vraiment mon ressenti, mes interrogations. Et voilà, je n'ai pas de conclusion, je n'ai pas de bonne ou mauvaise réponse par rapport à ça. Je pense qu'il n'y a pas de bonne ou mauvaise époque non plus pour avoir des enfants. Mais je dis juste que le monde dans lequel on grandit actuellement, il est tellement terrifiant que je ne sais pas, moi j'aurais peur. Enfin, je vois à l'époque, quand on était petits, on jouait devant la maison, avec d'autres enfants, etc. Aujourd'hui... Mais il y a tellement de fous. Après, peut-être qu'il y en avait encore avant, mais aujourd'hui, c'est tellement médiatisé que je trouve que tout fait peur, quoi. Enfin, t'as plus confiance en personne, tu... Le nombre de gens qui me disent « moi je veux pas faire garder mes enfants parce qu'on sait jamais, il y a des fous partout » et je sais pas, en fait d'être parent ça te rajoute un stress énorme et je pense que t'arrêtes de t'inquiéter pour toi et que tu commences à t'inquiéter pour ton enfant mais âge 24. Et il y a aussi cette peur-là finalement que j'ai, c'est de plus me sentir moi-même le jour où j'aurai un enfant. En fait, le père je pense qu'il a pas trop ces questionnements-là. Genre Le père, même si demain il devient papa, il sera toujours considéré comme un individu. Alors qu'une femme, du moment où elle devient mère, elle est considérée comme mère. C'est devenu une maman. Elle perd totalement son statut de femme. Faire la fête, compliqué. Voir ses amis, compliqué. Il y a toujours des enfants qui sont là. Enfin, tout tourne autour des enfants. Et ce n'est pas du tout un reproche, mais je trouve que le père, il n'a pas du tout ce truc-là, en fait. Je sais pas, le père il veut sortir un soir avec ses potes, aucun problème. La mère, c'est, elle doit s'organiser, et si, et ça, et gérer les enfants, et je trouve ça injuste en fait. Et moi je sais que demain si j'ai des enfants, mais je veux pas perdre mon identité de femme. Je veux pas me sentir que mère. Mais le problème c'est que le corps change, la mentalité change, c'est que tout tournera autour des enfants, parce que tu t'inquièteras des enfants, parce que toute ta vie sera autour des enfants. Et pour moi, aujourd'hui, je vois ça comme une contrainte. Avoir des enfants, aujourd'hui, sachant que je n'en veux pas, c'est une contrainte pour moi. Désolée, mais je suis dans un avion, j'entends un enfant pleurer. Je n'en veux pas à l'enfant, déjà, je plains les parents. Mais moi-même, je me dis, mais mon Dieu, mais vivre ça ? Non, c'est trop pour moi. J'ai tellement de charges mentales, je suis tellement déjà anxieuse à l'idée de tout. Je suis stressée déjà à l'idée de tout. Je ne sais même pas vers où je vais, quel est mon avenir, quel est mon futur, quels sont mes projets. Comment est-ce que je peux avoir un enfant là-dedans ? Ah bah c'est sûr que ça me donnera un projet, ça c'est clair. Mais je sais pas, même voyager, mon rêve c'est de voyager autour du monde. Pour moi c'est trop de contraintes. Après, la question que je me pose c'est, est-ce que je n'en veux pas ou est-ce que j'ai peur d'en vouloir ? Et c'est là aussi où il y a toute cette question. Aujourd'hui j'ai une absence vraiment réelle d'en avoir. Mais c'est vrai que plus les années passent et plus quand même je me projette. à peut-être avoir un enfant, parce que vraiment, je sais que j'aurais tellement, tellement, tellement d'amour à donner. Et je vois déjà comment je m'occupe des enfants autour de moi, que ce soit des enfants de ma famille, que ce soit des enfants que quand je bossais au centre de loisirs, mais tout l'amour que j'avais à donner. Je sais que j'ai énormément d'amour à donner. Et que normalement, un enfant, a priori, il est toujours plus ou moins là. Donc je sais potentiellement que ça, ça me fera... Ça me procurera tellement de bonheur. Et juste d'y penser, ça me fait sourire. Parce que je sais que le jour où j'aurai un enfant, ce sera la plus belle chose au monde en vrai. Mais aujourd'hui, j'en veux pas. C'est ça qui est bizarre. C'est qu'avant, quand même, je me projetais pas d'en avoir. Maintenant, je me projette un peu quand même. Un minimum. Mais du coup, c'est pour ça que je me dis, est-ce que c'est pas la peur ? Parce que vraiment, ça, par contre, la peur de la grossesse et la peur de l'accouchement, elle est quand même bien là. Et la peur de transmettre ma maladie. La peur d'être une mauvaise mère et la peur de l'emmener dans un monde effroyable. Vas-y, demain, si c'est les Hunger Games, je n'ai pas envie d'avoir un enfant. Mais oui, quand même, cette image d'avoir une vie avec un enfant, ça m'attire quand même. Je pense que ça vient combler des choses qui manquent quand tu n'as pas d'enfant. Ça vient t'apporter tellement d'amour et tellement de bonheur. Et je pense que j'aimerais vivre ça quand même dans ma vie. Et c'est ça qui est... compliqué, c'est que j'arrive quand même à imaginer une belle relation avec un enfant sans désirer être enceinte. En fait, je pense que c'est peut-être la maternité qui me fait peur et que j'ai vraiment pas envie d'avoir. Et c'est là où, du coup, vient tout ce sujet-là. Je pense que j'ai envie d'avoir un enfant, mais que j'ai pas envie de vivre la maternité. Et aujourd'hui, mon ressenti actuel, et c'est là que c'est assez fou, c'est que depuis que je suis petite, je te l'ai dit, j'ai jamais ressenti l'envie d'être. maman, j'ai jamais ressenti l'envie de jouer trop à la maman, je pense que j'y jouais quand j'étais petite quand même mais c'était pas ce qui prédominait en tout cas je m'en souviens pas par contre il y a un truc qui est bien ancré depuis que j'ai conscience du fait d'être maman que c'est là du fait d'avoir un enfant etc c'est que je veux adopter un enfant, ça c'est vraiment c'est là et ça fera le sujet d'un autre épisode Petit teaser ! Non mais en tout cas, je crois que si je devais retenir quelque chose de toute cette réflexion, c'est que, encore une fois... t'as pas besoin d'avoir une réponse définitive aujourd'hui. Et je pense qu'aujourd'hui, on est quand même dans une société où les gens sont plus ouverts d'esprit et que tu as le droit de ne pas vouloir d'enfants. Et je trouve qu'aujourd'hui, c'est bien que de plus en plus de personnes me disent haut et fort et qu'ils se mettent en avant et qu'ils disent, voilà, moi j'ai pas d'enfants et je suis heureux. Et je pense que c'est aussi important de, voilà, que c'est ok d'avoir des peurs, de se poser des questions, de réfléchir. Est-ce que ça impliquerait aussi sur le corps, la santé, le couple aussi, j'en ai pas parlé, mais comment ça peut aussi changer un couple et la personne aussi qu'on est ? Et tout ça, ça fait partie de mes peurs. Je sais pas si cette envie, elle viendra un jour, en tout cas cette envie d'adopter, elle est là, elle est bien présente, mais pareil, c'est 5 ans, 5 ans minimum de paperasse, et les gars, j'aurai 33 ans. Et pareil, il faut avoir une stabilité financière, etc. Enfin bref, c'est... C'est une galère. Mais en tout cas, je crois qu'aujourd'hui, on met énormément de pression autour de la maternité. Comme si, à un moment donné, on était censé avoir ce déclic. Ce qui fait que quand on ne l'a pas, on se sent différent. Et comme si ne pas en avoir envie aujourd'hui était forcément une phase, quelque chose qui allait finir par changer, une décision qu'on regretterait forcément plus tard. Mais la vérité, c'est que personne ne peut savoir à notre place ce qu'on ressentira dans quelques années. Et moi, je n'ai pas envie de... de prendre une décision aussi importante simplement parce que j'ai peur de regretter de ne pas l'avoir prise en fait. J'ai pas envie de me forcer à avoir un enfant juste parce que j'ai peur de jamais en avoir. Enfin du coup c'est hyper voilà contradictoire. Voilà mais j'ai pas forcément non plus envie d'attendre peut-être d'être parfaitement réparée même si c'est ce que j'ai envie mais je pense que ça n'arrivera jamais comme d'avoir un enfant dans un monde idéal et je pense que ces conditions elles existeront jamais en fait. J'ai envie si un jour je décide de devenir mère, que ce soit une décision que je prends avec envie, conscience et une certaine sérénité, plutôt que par obligation ou parce que le temps passe, comme je te le disais. Aujourd'hui, malgré mes 28 ans, je suis encore en train de me construire, j'ai encore des choses à comprendre sur moi, des choses à vivre, des projets à explorer. Et pour le moment, je n'ai pas envie de devenir maman et je n'ai pas envie d'avoir d'enfant. Et peut-être que dans quelques années, je réécouterai cet épisode et je penserai complètement différemment et je me dirai... quoi ? Elle a osé dire qu'avoir un enfant c'était une contrainte, mais la folle ! En tout cas, si toi aussi tu te poses toutes ces questions, que t'as pas forcément envie d'avoir d'enfant, que t'hésites, ou alors à l'inverse, que tu en rêves absolument, moi j'aimerais savoir comment est-ce que tu vis tout ça. Parce que je pense qu'on devrait pouvoir parler de maternité autrement que comme une évidence, et qu'exprimer ses doutes sans avoir à nous défendre, c'est quelque chose qui est important. parce que moi j'en ai marre de me justifier et j'en ai marre de toutes ces questions de bah alors c'est pour quand les enfants ? Bah j'en veux pas, voilà. En tout cas merci d'avoir pris ce temps avec moi comme d'habitude, d'avoir écouté ce que j'avais à partager aujourd'hui. J'espère que cet épisode t'aura plu et on se retrouve très vite dans un nouvel épisode de Hors des Cases. D'ici là, prends soin de toi et rappelle-toi que t'as le droit de construire une vie qui te ressemble. Ciao ciao !