- Speaker #0
« Hypnose et santé, le podcast d'émergence. Ce nouvel épisode est consacré à la thérapie brève, première partie. Claude Virault nous explique le concept de thérapie brève et la notion de temporalité qui y est associée et qui peut devenir un moteur interne pour le patient. »
- Speaker #1
de l'histoire de l'hypnose, Erickson et le courant de Palo Alto qui s'intéressait, qui étudiait la communication et les systèmes. A l'époque, on ne parle pas de thérapie brève, on ne parle pas non plus de la temporalité de thérapie, on sait que les thérapies, les psychothérapies durent longtemps, voire très longtemps. Ce qui posait un problème économique, en particulier aux sociétés d'assurance médicales aux Etats-Unis. Et l'histoire raconte que... Un temps est venu où certaines assurances acceptaient de rembourser seulement 10 séances. 10 séances, ça n'avait aucun sens. Mais même pour moi, dans le début de ma carrière, rappelez-vous, en moyenne, je faisais 20 séances. Donc 10 séances, ça paraissait très surprenant. Et c'est cette école en particulier de Palo Alto qui a relevé le challenge en se disant, est-ce qu'on peut soigner des gens en 10 séances ? Donc ils ont créé un modèle, un modèle avec des étapes à franchir. pour faire un soin complet en 10 séances. Un soin complet, ça veut dire atteindre un objectif réaliste. Pas tout changer d'avis des gens, mais un objectif qui, dans une conception de système, laisse penser que si cet objectif est atteint, donc le système a commencé à se modifier, et le système vivant va avoir tendance à continuer à se modifier. Il est remis en marche. En mouvement. Un peu comme un jardinier qui voit une plante qui... dépéris dans son jardin. Bon, il peut s'en débarrasser, mais il peut se dire qu'il mérite d'être soigné. Alors peut-être qu'il a déjà mis de l'engrais, taillé, aéré, et puis que ça n'a pas été très performant. Donc il y a déjà eu différents types de soins. Et puis, il se dit, en fait, peut-être simplement, cette plante n'est pas à la bonne place. Peut-être qu'il y a trop de vent, peut-être qu'il y a trop de soleil, peut-être qu'il n'y a pas assez d'eau. Alors, il cherche un autre endroit dans le jardin pour l'installer. Maintenant, elle est dans un nouvel endroit. L'objectif, c'est que cette plante se remette en mouvement, se remette en vie. Comment il va le savoir ? Parce que des bourgeons apparaissent, des nouvelles feuilles, des nouvelles branchettes. Quand le jardinier voit ces nouvelles pousses apparaître, il est ravi, il est enchanté pour la plante, parce qu'il dit, ça y est, elle s'est remise en vie. Qu'est-ce qu'il va faire le jardinier à ce moment-là ? Il va la déplacer de nouveau dans le jardin ? Ah non ! Est-ce qu'il va la tailler tout de suite ? Est-ce qu'il va continuer à faire des soins tous les jours ? Non, il va la laisser faire. De temps en temps, il viendra la voir, vérifier que tout se passe bien, et puis la plante va reprendre son cycle de vie. C'est un peu la même idée, c'est-à-dire un modèle dans lequel il y a un objectif qui est pertinent et réaliste pour la personne, et quand cet objectif est atteint, avec le postulat, qui demande quand même à le vérifier plus tard, que le système s'est remis en fonction, s'est remis en route, et que le cycle vital de cette personne-là, qui fonctionnait auparavant, peut refonctionner maintenant. Donc, thérapie brève, c'est pour atteindre un objectif, mais c'est un objectif pertinent, qui est a priori un indicateur suffisant pour penser que le système interne a retrouvé une dynamique de l'énergie. Un équilibre, une harmonie, donc une capacité d'évoluer, alors que jusqu'à présent, il était figé. Parce qu'en effet, dans le concept de thérapie brève, il y a une notion temporelle. Mais dans les maladies aussi, certaines maladies ont une vraie notion temporelle. Et on les a déjà rencontrées, ce sont les pathologies chroniques. Et les pathologies chroniques ont tendance à durer et durer et durer. Et donc la notion temporelle de temps devient centrale. Ça dure. C'est comme ça hier, c'est comme ça aujourd'hui, ce sera comme ça demain. Et donc le futur est déjà écrit d'avance. Et malheureusement, quand on fait des thérapies, ce que j'ai fait, des soins qui peuvent durer longtemps, eh bien, la notion de temporalité, il n'y a pas de bout, il n'y a pas de bord. Et la thérapie brève, elle sert à mettre un bord temporel. Puisqu'on va dire, on va se voir par exemple cinq séances, d'autres disent, aujourd'hui on est le 1er mars. On va se voir jusqu'à fin avril, on met une borne temporelle. Et le fait de mettre une borne temporelle, temps va générer chez un certain nombre de gens, comme si ça remettait en route l'horloge du temps. Et rien qu'en soi, de poser un cadre temporaire va avoir un effet thérapeutique. Alors, pas chez tout le monde, pas toujours suffisant, mais c'est déjà un point extrêmement important. C'est un deuxième point qu'on vient de trouver, l'objectif et la temporalité. La temporalité, elle est difficile aussi à maintenir pour un soignant. Quand j'ai appris à me former, dans ma toute première formation d'hypnose, j'avais entendu parler de thérapie brève. C'était une notion un peu curieuse. intéressante, mais pour moi à peu près irréaliste. Moi, je baignais, rappelez-vous, on est en 86, dans un milieu où seule référence que j'avais d'action psychothérapeutique était une référence psychanalytique. Donc, avec des durées très très longues. Et autant j'étais intéressé par intellectuellement par l'idée de faire des soins sur des périodes courtes, et compte tenu de ma culture, ça me semblait un peu... un peu impossible, voire même discutable sur le plan éthique. Puisque bien sûr, moi j'avais appris qu'il fallait faire des soins jusqu'à ce que les gens guérissent. Et du coup, quand j'ai commencé à faire des soins, et rappelez-vous, j'ai beaucoup travaillé avec des patients avec des pathologies complexes et anciennes de douleurs chroniques. Donc quand j'ai commencé à soigner des patients douloureux chroniques, de la même manière que des patients qui avaient des dépressions chroniques, je pouvais faire des accompagnements thérapeutiques sur 10, 20, 30, 40, 50, 60 séances. Évidemment, si les soins durent aussi longtemps, c'est que la thérapie ne fonctionnait pas. Mais ce n'est pas parce que ça ne fonctionnait pas que j'arrêtais. C'est parce que ça ne fonctionnait pas que je continuais. Et donc, je continuais à faire ce que certains auteurs ont commencé à dire. Je faisais plus de la même chose. C'est aussi un des ressorts qui a fait penser à mettre une limite en durée de soins. Parce que quand on met une limite, ça crée un... Rappelez-vous le... Ce qu'on avait évoqué une autre fois, un rendez-vous sans date est juste un rendez-vous.
- Speaker #0
Oui, on va en parler.
- Speaker #1
Ici, on met une date, on dit, aujourd'hui, on se voit pour la première fois, on va faire cinq séances, et bien, le dernier rendez-vous, ce sera la date d'être sûr qu'il y a eu un changement et que l'objectif est atteint. Et nous avons un mécanisme interne. Par exemple, vous êtes invité à une conférence ou à une réunion. Vous avez jusqu'au 15 avril pour répondre. Vous savez combien de personnes vont répondre le 15 ou le 14 ? 70% ? C'est-à-dire, c'est juste au dernier moment que l'action va se mettre en route. Ce n'est pas parce qu'on a hésité. Non, mais aujourd'hui, je dois répondre. Je vois ça parfaitement bien avec les appels à communication et à conférences pour les congrès. Si pour le prochain congrès, on a 150 interventions scientifiques, dans les 15 derniers jours, on va en recevoir 100 ou 110. C'est-à-dire que 15 jours avant, on n'en a que 30 ou 40. Et c'est un mode de fonctionnement naturel humain. C'est pour ça qu'il faut des dates. Et bien pour les changements thérapeutiques, il faut aussi des dates. Et ça change tout. Et ça change vraiment des choses. Vraiment, quand je parlais de moteur interne. Mais alors, mettre une date, il faut la maintenir ? Eh oui. Parce que qu'est-ce que j'ai fait moi dans les premiers temps ? Je disais à mes patients, on fera 10 séances. Et quand à la 10e séance, l'objectif n'était pas atteint, eh bien j'ai oublié mes 10 séances. Et je commençais à en faire 11, et 12, et 20, et 30, et 40, et je me perdais dans la temporalité, dans les objectifs. Autrement dit, j'avais une sorte d'intention de mettre une limite temporelle que je ne respectais pas. C'est-à-dire que je ne respectais pas le cadre que j'avais moi-même posé. Et en fait, j'ai été beaucoup aidé par une formation que j'ai faite à l'époque, à peu près en 90 ou 91, justement, sur les techniques de thérapie brève de cette école de Palo Alto. Ça m'a beaucoup aidé. Merci. à savoir respecter un cadre. Et c'est seulement quand j'ai été capable, ça a été très difficile pour moi, de respecter les cadres temporaires que j'ai vu que des patients évoluaient de manière absolument inattendue. Et à partir de ce moment-là, quand j'ai commencé à dire à mes patients on fera 10 séances, plus tard 7 séances ou 5 séances, je me suis toujours maintenu à ce cadre-là. Et par exemple, si je disais 10 séances, à la 9e séance, je leur disais Merci. Il vous reste une séance pour que les choses s'améliorent. Et bien ça mettait quelque chose de dynamique. Donc pour atteindre un objectif fixé d'avance, donc un changement, et cette notion d'objectif est vraiment très importante. Il faut que ce soit un objectif qui soit concret. Par exemple, quelqu'un qui aurait des douleurs telles qu'il en souffre, qu'il est très malheureux. Et quand je lui dis, ce serait quoi pour vous aller mieux ? Je voudrais juste du bonheur dans ma vie. Voilà une notion. intéressantes, mais tellement abstraites, tellement foudres. À une époque, j'acceptais ce genre de demandes. Et maintenant, on va chercher un objectif qu'on appelle le plus petit changement possible. C'est-à-dire, cette personne-là qui est figée à la maison, je vais lui dire, ce serait quoi un premier changement ? Très classiquement, la personne va me dire, le premier changement, c'est de pouvoir faire une randonnée en montagne. C'est un changement beaucoup trop gros, beaucoup trop grand. C'est légitime comme demande, mais c'est beaucoup trop. Donc, on va rentrer dans une période de négociation. Et mon métier à moi, et c'est presque de l'art quelquefois, c'est d'arriver à faire que le patient trouve légitime, réaliste, en quelques séances, par exemple, d'être capable de faire le tour de sa maison à pied. Parce que s'il est capable de faire le tour de sa maison à pied, au bout de quelques tours, il va sortir de son jardin. être capable de faire le tour du quartier, puis un peu plus loin en ville, et puis il va retrouver de la force musculaire, de la respiration, de la sécurité. Et peut-être six mois plus tard, il aura le droit de randonner en montagne. Mais si j'avais accepté qu'on va valider l'efficacité par le séjour en montagne, j'avais très très peu de chance de pouvoir l'aider. Donc j'avais beaucoup de chance de l'accompagner vers un échec. Et en fait, Les thérapies brèves sont surtout performantes pour les gens qui ont des troubles anciens et chroniques et figés, pour lesquels il faut un objectif réaliste de la temporalité, de la stimulation. Et à l'intérieur de ce cadre de quelques séances, l'hypnose est très très précieuse. Très précieuse parce que l'hypnose va pouvoir faire apparaître les premiers changements. Pas toujours ceux qui sont imaginés dans l'objectif, mais... Des choses nouvelles, des choses nouvelles. Je pense à une dame que j'ai revue il y a quelques jours. C'est une dame qui est en arrêt de travail depuis un an ou un an et demi. Dépression, angoisse, sommeil, douleur, enfin c'est des packages qui malheureusement sont souvent associés. Et quand je l'ai rencontrée, je lui ai dit qu'on pourrait faire un temps limité de séance, cinq séances que je lui avais dit à elle. Et je lui ai demandé, ça peut être quoi votre objectif ? pendant ces cinq séances, elle m'a dit que ce n'est pas compliqué. Moi, je veux retourner travailler. Alors, ça faisait déjà un an et demi qu'elle était en soins d'hiver. Je lui ai dit, cinq séances, ça va faire à peu près un mois et demi avec moi. Vous pensez que dans un mois et demi, vous êtes capable de retourner travailler ? Elle me dit non, non. Donc, on est d'accord, ce n'est pas réaliste. Et en fait, on est arrivé à l'idée que le premier changement qui serait réaliste pour elle et significatif, c'est-à-dire qui aurait une grosse valeur émotionnelle, ce serait qu'elle soit capable de... téléphoner de nouveau à sa meilleure copine qui travaillait avec elle et avec qui elle n'a pas voulu parler depuis un an et demi. Donc, on a fini par dire, elle a fini par me dire, effectivement, si je suis capable de lui téléphoner, c'est qu'il y a eu du changement. S'il y a eu un premier changement, c'est le principe des escaliers et des marches ou des baby steps qu'on a déjà évoqués. Et ce modèle, cette manière de réfléchir pour un thérapeute, pour un soignant, est très, très fonctionnelle. C'est-à-dire cette intention. L'intention, c'est de remettre, que le système se remette en route. Mais comment on va savoir que le système se remet en route ? Eh bien, parce qu'il y a un changement visible, significatif, orienté. Alors, avec cette dame-là, on a fait une première séance d'hypnose. Et quand elle revient me voir, malheureusement, elle me dit, il n'y a aucun changement. Le boulot, je vois tout ça de manière aussi dramatique. Je ne peux même pas entendre parler des histoires à la télé, de travail. Non, non, non, ça ne m'a pas aidé du tout. Non, non, ça ne m'a pas aidé du tout. Autrement dit, ce qu'on a fait dans une première rencontre, une deuxième rencontre, c'est zéro. Mais chaque séance commence par une évaluation. Commence par recadrer la relation, l'alliance, la communication. Pour des gens qui souffrent beaucoup depuis longtemps, c'est très difficile parce qu'ils ont tendance à rester sur des schémas antérieurs. Alors, il faut explorer. Donc, je dis, mais est-ce qu'il y aurait, par exemple, quelque chose de différent ? par rapport à votre mari. Alors c'est difficile pour elle de penser à d'autres cadres, puisque toute son attention est tournée vers le travail. Et puis ça détresse. Ben non, est-ce que par exemple vous auriez mangé des choses différentes ? Ben non, est-ce que vous auriez fait quelque chose de nouveau avec vos enfants ? Ben non, est-ce que, je sais pas, vous seriez sorti de chez vous de manière inhabituelle ? Et là, tac, il y a son oeil qui s'ouvre et il dit... Ah oui, quand même, tiens, je... Ah oui, je n'aurais pas pensé à vous dire ça. Il y a ma sœur qui m'a téléphoné la semaine dernière. Elle m'a proposé d'aller au cinéma. J'ai été surprise de m'entendre dire oui. Et nous sommes allés au cinéma. Elle n'était pas allée au cinéma depuis qu'elle était malade à la maison. C'est-à-dire que toute son attention est orientée vers son affaire de travail. Mais moi, mon attention doit être beaucoup plus large. Et dans cette exploration plus large, je n'ai pas regardé seulement une branche de l'Atlante, mais j'ai été chercher un peu partout. Et elle est allée au cinéma. Elle y a trouvé du plaisir, elles sont allées manger une glace après, et il y a eu un moment de joie, de bonheur, de plaisir dans sa vie qu'elle avait pu. Et donc par rapport à sa capacité à téléphoner à son amie, elle n'a pas encore téléphoné à son amie professionnelle, mais je sais déjà qu'il y a un processus nouveau qui est activé. Donc aller explorer le système, là encore. Et puis il y a quelque chose qui est aussi très performant dans cette thérapie. Bref, c'est... C'est une notion de prescription. Prescription, on pense aux prescriptions médicales. Oui, ben oui. Vous allez prendre tel médicament, vous allez manger tel aliment, vous allez vous coucher à telle heure. Voilà, des prescriptions, ce sont des ordres, des consignes qui prolongent la consultation et qui vont aider le patient à évoluer. Et dans ces thérapies brèves, on va aussi faire des prescriptions. C'est-à-dire qu'on va demander à notre patient de faire quelque chose. Par exemple, j'ai vu une dame récemment avec des troubles graves du sommeil, qui est très fatiguée, très fatiguée, et je lui ai demandé, dans l'intervalle d'une semaine avant qu'on se revoie, à chaque fois qu'elle se réveille, de noter l'heure à laquelle elle se réveille. Pour noter l'heure, je lui ai dit, vous mettrez... Un petit carnet dans le couloir de votre chambre. Donc à chaque fois qu'il se réveille, il est obligé de se lever pour les noter l'heure. Alors elle me dit, mais c'est désagréable, je vais être obligé d'aller dans le couloir, je dis, de toute façon, vous êtes réveillé. Donc elle a fait ça, et elle est revenue avec son carnet, elle a noté toutes les heures de réveil. Ça sert à quoi ? Ça sert surtout et d'abord à changer les règles du jeu, à générer un changement, une toute petite modification, parce que son système est... tourne toujours de la même manière. Il est devenu figé, il est devenu rigide.
- Speaker #0
Il se fait faire un pas de côté.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, un pas de côté. Et ce pas de côté, on va pouvoir inviter le patient à en faire un tout petit quelquefois, quelquefois un plus grand, selon sa capacité. Mais il faut que ce pas de côté soit ajusté. Ajusté, et que le patient se sente capable de le faire et s'engage à le faire. Là, on va trouver les notions de motivation, coopération, confiance. Donc, de faire quelque chose de différent, d'adapter. à sa compétence, sa capacité, son énergie, son système. Alors ça peut être comme là, de changer quelque chose dans son sommeil. Ça peut être aussi de téléphoner, de regarder une nouvelle chaîne de télé. Et en fait, c'est très proche de ce qu'on fait en hypnose, puisqu'en hypnose, on va aussi permettre à des parties du mental de se réactiver, d'utiliser des choses nouvelles. Et bien là, ça va être un peu pareil. Ces prescriptions sont très performantes aussi. Elles font partie de l'ensemble du processus de soins. Donc vous voyez, établir une relation, l'empathie, la distance, le système, la temporalité, les cycles de vie, le cas de thérapie brève, les objectifs, les prescriptions. Tout cet ensemble-là, l'hypnose devient très performante. Vous voyez, on est loin de ce qu'on avait pu laisser évoquer. On fait de l'hypnose juste comme ça. En fait, non, l'hypnose fait partie d'un ensemble beaucoup plus vaste, beaucoup plus vaste de techniques de soins. D'ailleurs, que ce soit, par exemple, pour une intervention chirurgicale, il y aura toujours un temps d'alliance thérapeutique, qui n'existe pas forcément autrement. Il y aura toujours un temps d'exploration des lieux agréables ou des lieux sûrs. Oui, tantôt. Faire penser à autre chose. Et donc, ce n'est pas seulement l'infirmière ou l'anesthésiste qui dit « maintenant, je vous invite à vous imaginer au bord de la mer » . Non, c'est le patient qui va décider. On part toujours de ses compétences, de ses ressources. Donc là, vous voyez, dans un cas très aigu, on va devoir faire autre chose que de l'hypnose. Mais dans les cadres très chroniques, que ce soit, on a parlé de dépression, de douleur, mais ça va être aussi pour les troubles alimentaires. pour les dépendances au tabac ou à l'alcool, on va avoir aussi une sorte de surface d'intervention. beaucoup plus large que l'hypnose seule. Il faut apprendre à manier tout ça. Et ça demande un certain temps en termes d'expérience professionnelle, de formation, d'expérience avec les patients et d'apprendre à travailler au début avec quelques patients seulement avec lesquels on se sent plus à l'aise, puis un peu plus de patients, puis un peu plus de patients, puis un peu plus de patients. Je vais juste conclure ces outils-là aussi avec ce qu'on a parlé, que l'hypnose... On va aussi travailler avec le système, par exemple, de la thérapie brève. Mais en hypnose, on va aussi travailler avec d'autres professionnels de santé, c'est-à-dire sur des collaborations. Et c'est extrêmement important, des collaborations, d'abord sur le plan diagnostique, pour faire les bilans, pour explorer les difficultés. Parce qu'une anxiété peut venir d'un trouble de la thyroïde, une douleur. Dans le dos, il peut venir d'un trouble digestif ou d'un trouble rénal. Une insomnie peut venir d'une perturbation endocrinienne. Donc, même si ces exemples-là, ce sont des choses qui vont être volontiers soignées par hypnose ou par un psychologue ou quelqu'un comme moi, à la base, il faut toujours penser qu'il peut y avoir un autre type de trouble, une autre pathologie, pas seulement une pathologie psychologique, mais aussi... quelquefois une pathologie organique, et donc savoir la détecter, savoir la repérer, et donc savoir aussi confier ces patients-là, soit à un kinésithérapeute, soit à une dentiste, à une sage-femme, ou à un chirurgien. Donc il y a encore un système encore plus vaste dans lequel vit le patient, un système avec d'autres intervenants thérapeutiques, avec son médecin généraliste, avec son kinésithérapeute, avec... Dermato et que dans certains cas, pas toujours, mais dans certains cas, il faut se concerter, il faut réfléchir ensemble, se nourrir les uns des autres pour aider certains patients. Vous voyez, il y a différents niveaux comme ça, depuis la manière de savoir dire bonjour jusqu'à la manière de savoir communiquer avec un autre professionnel de santé. Et tout ça fait partie du soin.
- Speaker #0
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