Speaker #0Aujourd'hui, j'ai envie de te parler de nos parents, et plus précisément de ceux qui ne nous ont pas toujours transmis leur culture. Tu vois, il y a parfois des choses toutes simples qui nous manquent. Une langue, par exemple. Tu l'as entendue quand tu étais petite, tu reconnais quelques mots, tu connais sa musique, mais tu ne la parles pas. Un jour, quelqu'un te parle dans cette langue, tu souris, t'aimerais répondre, mais tu ne peux pas. Et là, tu ressens quelque chose, peut-être de la gêne ou même de la tristesse. Tu te dis, pourtant ça devrait être aussi ma langue, pourquoi je ne la connais pas ? Cela peut aussi être une recette de famille, une tradition, une chanson ou l'histoire d'un grand-parent que personne ne t'a vraiment raconté. Sur le moment, ce ne sont que des détails. Mais avec les années, tu comprends que ces détails font partie de ton histoire. Et peut-être qu'un jour, tu t'es posé cette question. Pourquoi mes parents ne m'ont-ils pas transmis tout ça ? C'est de cette question que j'aimerais parler avec toi. Le titre de cet épisode, c'est « Pourquoi nos parents ont-ils parfois effacé leur culture ? » Le mot effacé est fort, je le sais, parce que tous les parents n'ont pas rejeté leur origine, certains ont simplement moins parlé leur langue, d'autres ont laissé de côté des traditions, d'autres encore ont gardé leur culture mais sans savoir comment la partager. Je ne suis pas là pour juger nos parents, je voudrais essayer de les comprendre, mais je voudrais aussi qu'on puisse parler de ce qui nous a manqué. Parce que tu vas voir, les deux peuvent exister en même temps. Quand je pense à ce sujet, je pense d'abord à ma mère. Ma mère a quitté le Cameroun très jeune, elle est venue vivre en France et pour trouver sa place, elle a mis de côté sa langue et une partie de sa culture. Pendant longtemps, je pouvais raconter ça en une phrase, mais aujourd'hui je me rends compte qu'un départ comme celui-là, ce n'est pas juste changer de pays. C'est quitter des visages qu'on connaît, des sons, des habitudes, une façon de vivre. C'est arriver dans un endroit où beaucoup de choses sont nouvelles. Je pense à la jeune femme qui était ma mère, pas seulement à ma mère, celle que je connais. Je pense à elle avant moi. à son âge, à ce qu'elle avait laissé derrière elle. Je ne sais pas exactement ce qu'elle a ressenti et je ne veux pas inventer son histoire à sa place, mais je sais qu'elle a dû apprendre à vivre dans un autre pays et je peux imaginer que ça n'a pas toujours été simple. Quand tu arrives quelque part et que tu es différente, tu peux avoir l'impression de devoir tout expliquer, ton accent, ce que tu manges, ta façon de t'habiller, les habitudes de ta famille. Parfois, tu en parles volontiers et parfois, tu es juste fatigué d'expliquer. Alors peut-être que tu changes certaines choses, tu essaies de te fondre dans le décor, tu veux simplement vivre tranquillement. Je ne dis pas que c'est ce qui s'est passé pour tous nos parents, mais c'est une possibilité qu'on oublie parfois. Aujourd'hui, quand je repense à ma mère, je ressens deux choses. D'abord de la compréhension, je regarde son parcours avec mes yeux d'adulte, je comprends mieux qu'elle ait pu vouloir s'adapter. Et puis il y a la tristesse, parce que cette langue qu'elle a moins parlé, cette culture qu'elle a mise de côté, c'était aussi une partie de mon histoire à moi. J'aurais aimé connaître certains mots, entendre plus d'histoires, comprendre plutôt certaines choses. Pendant un temps, j'aurais pu croire qu'il fallait choisir entre ces deux sentiments. Soit comprendre ma mère, soit regretter ce qui me manque. Mais non, je peux comprendre ce qu'elle a vécu et être triste de ce que je n'ai pas reçu. Et peut-être que toi aussi tu ressens ça. Tu aimes tes parents, tu vois ce qu'ils ont fait pour toi, mais il y a encore des questions auxquelles tu aimerais avoir des réponses. Ces questions ne font pas de toi une personne ingrate. Elle dit simplement que tu as envie de connaître ton histoire. Il y a une autre idée dont j'aimerais te parler. Et si certains parents avaient mis leur culture de côté parce qu'ils pensaient nous protéger ? Imagine un parent qui arrive en France, il découvre les difficultés de la langue, il sent parfois le regard des autres, peut-être qu'il a du mal à se faire comprendre. Quand il a un enfant, il se dit « je veux que mon enfant ait la vie plus facile que moi » . Alors à la maison, il choisit de parler français. Il se dit que ce sera mieux pour l'école, pour les amis, pour se sentir à sa place. Dans sa tête, il n'est peut-être pas en train de se dire « je vais lui enlever une partie de ses origines » . Il se dit plutôt « je vais lui éviter certaines difficultés » . Bien sûr, je ne peux pas affirmer que tous les parents ont pensé comme ça. Chaque famille a ses raisons et parfois il y a aussi des sujets trop douloureux pour être racontés. Mais ce qui me frappe, c'est qu'on peut faire un choix avec une bonne intention et que ce choix peut quand même laisser un manque. Je te donne un exemple. Je vais te raconter quelque chose que j'ai vécu avec ma grand-mère maternelle. Un jour, ma mère a décidé de faire venir sa mère du Cameroun. Ma sœur et moi, on ne parlait pas sa langue, alors forcément, communiquer avec elle était compliqué. On ne pouvait pas discuter naturellement, on ne pouvait pas apprendre à se connaître comme on l'aurait voulu. Et ce qui me faisait mal, c'est que ma mère nous reprochait de ne pas créer de lien avec elle. Elle ne comprenait pas pourquoi on n'avait pas le même attachement que pour notre grand-mère paternelle. Mais notre grand-mère paternelle, on la voyait beaucoup plus souvent, on passait du temps avec elle, on avait partagé des moments, des souvenirs. Ce lien s'était construit tout simplement. Avec ma grand-mère maternelle, c'était différent. Il y avait la distance, les années et surtout cette langue qu'on ne parlait pas. Et en plus de ça, on se sentait coupable de ne pas pouvoir éprouver le même amour. C'était comme une double peine. D'abord, on ne nous avait pas transmis la langue, et ensuite, on nous reprochait de ne pas réussir à créer ce lien. Comme si la faute venait de nous. Aujourd'hui encore, j'y repense, je trouve ça triste, parce qu'un lien, ça ne se commande pas, ça se construit, et parfois, il faut nous donner les moyens de le construire. Ce n'est pas forcément un drame, mais si ça se répète, ça peut finir par faire mal. Tu peux demander... Pourquoi est-ce que je me sens étrangère dans ma propre famille ? Tu vois ce que je veux dire ? Tes parents ont peut-être voulu que tu t'intègres plus facilement, mais aujourd'hui, tu aimerais aussi pouvoir entrer dans une autre partie de ton histoire. Et parfois, tu n'oses pas le dire. Parce que tu as peur de blesser, tu as peur que ton père ou ta mère entendent une accusation. Toi, tu voudrais juste dire, j'aurais aimé que tu m'apprennes cette langue, j'aurais aimé que tu me racontes davantage. Mais tu te demandes si ton parent va comprendre. Alors tu gardes ça pour toi et sans le vouloir... un nouveau silence s'installe. Peut-être qu'on peut essayer de parler autrement au lieu de commencer par « Pourquoi tu ne m'as rien transmis ? » Tu pourrais dire « J'aimerais mieux connaître cette partie de notre famille. Est-ce que tu peux m'en parler ? » Ce n'est pas une formule magique. Ton parent ne sera pas forcément prêt. Mais c'est une façon d'ouvrir la porte. Et surtout, retiens ceci. Tu peux reconnaître tous les efforts de tes parents sans faire comme si rien ne t'avait manqué. Maintenant, j'aimerais te parler d'une chose que je trouve assez belle. Et si une partie de notre culture était restée là sans qu'on s'en rende compte ? Quand on parle de transmission, on pense souvent à la langue, aux fêtes, aux vêtements, aux traditions qu'on connaît par leur nom. Mais parfois, on reçoit autre chose. Une manière d'accueillir quelqu'un, une façon de cuisiner, une habitude à table. Une expression qu'on répète depuis l'enfance, un geste que faisait notre grand-mère. Je ne dis pas que chaque habitude vient forcément d'un pays ou d'une origine, des familles très différentes peuvent faire les mêmes choses. Mais parfois un petit détail nous donne envie de poser une question. Imagine que tu prépares un plat d'une certaine façon et un jour ta tante te regarde et te dit « Mais tu sais que ta grand-mère faisait exactement pareil ? » Tout à coup ce geste prend un autre sens. Tu te dis « Tiens, j'ai peut-être gardé quelque chose d'elle sans même le savoir. Je trouve ça touchant. » Cela ne remplace pas une langue qu'on ne parle pas, ça ne fait pas revenir toutes les histoires qu'on n'a jamais entendues, mais ça nous rappelle que tout n'a pas forcément disparu. Dans mon cas, cette réponse est particulière. Je suis née au Cameroun, j'ai grandi en Côte d'Ivoire entre 6 et 18 ans, puis je suis revenue en France. L'Afrique a toujours fait partie de ma vie, de mes souvenirs, de la personne que je suis devenue, et pourtant, cela ne veut pas dire que j'ai reçu tout mon héritage de la même façon. J'ai connu l'Afrique. mais j'ai aussi ressenti le besoin de mieux comprendre certaines parties de mes origines, et surtout cette histoire familiale qui me relie au Cameroun. Et puis il y a eu mon retour au Cameroun, et là j'ai vécu presque l'inverse. Dès mon arrivée, ma famille m'a accueillie comme si j'avais toujours été là. Je ne me suis pas sentie étrangère, personne ne m'a reproché de ne pas être revenue plus tôt, personne ne m'a demandé de me justifier. Mes cousins ont été formidables avec moi, ils ont été présents, attentionnés, aimants, je me suis sentie accueillie comme un vrai membre de la famille, tout simplement. Et je me souviens d'une chose qui m'a particulièrement touchée. Quand je suis arrivée au village, plusieurs personnes m'ont dit que je ressemblais à ma grand-mère. Ça peut paraître tout simple, mais pour moi, ce n'était pas rien. C'était comme si cette ressemblance venait confirmer quelque chose. Oui, j'étais bien de cette famille. Oui, j'avais ma place ici. J'avais passé du temps à chercher ce lien avec mes origines, et là, on me le renvoyait naturellement, sans que j'aie besoin de prouver quoi que ce soit. Quand je suis retournée au Cameroun, quelque chose a changé dans mon regard. J'ai pu me rapprocher de cette part de moi, pas seulement avec ma tête, mais aussi avec ce que je ressentais. Mais je veux vraiment te dire quelque chose, tu n'as pas besoin de prendre un avion pour commencer à retrouver tes racines. Parfois, tout commence autour d'une table, avec une question, avec une photo, avec le souvenir d'une personne de la famille. Tu peux découvrir beaucoup de choses sans aller très loin. Et peut-être que la première chose à retrouver, ce n'est même pas une tradition, c'est une conversation. Il y a quelque chose d'important que je ne voudrais pas oublier. Même quand on comprend pourquoi nos parents ont fait certains choix, on peut encore avoir mal. On peut se dire, je sais que ce n'était pas facile pour eux, mais moi j'aurais aimé autre chose. Je me souviens aussi de mes amies métisses ivoiriennes quand je vivais en Côte d'Ivoire. Certaines retournaient dans leur village pour les fêtes ou des événements de famille. Elles retrouvaient leurs cousins, elles connaissaient des mots de leur ethnie, elles avaient accès à des choses que moi, je ne connaissais pas de la même manière. Et dans ma tête, je les trouvais plus africaines que moi. C'est étrange quand j'y repense parce que moi aussi j'avais grandi en Afrique, mais elles, elles avaient ce lien avec leur village, avec leur famille, avec une langue. Et je pensais qu'il me manquait quelque chose. Aujourd'hui je vois bien que je me comparais à elle, je mesurais mon appartenance à ceux qu'elle connaissait et que je ne connaissais pas. Comme si mes origines avaient besoin d'être prouvées. Alors que ce n'est pas parce que tu ne parles pas une langue ou que tu ne connais pas tous les usages de ta famille que tu es moins légitime dans ton histoire. Parfois tu vois quelqu'un qui parle naturellement avec ses grands-parents, qui connaît les histoires de sa famille, qui s'est préparé les plats de son enfance et tu te dis « j'aurais aimé avoir ça moi aussi » . Peut-être que tu ressens de l'envie ou de la colère. Peut-être même que tu culpabilises de ressentir ça. Mais derrière ces émotions, il y a souvent quelque chose de simple. Tu aimerais te sentir plus proche d'une partie de ton histoire. Et ce désir a sa place. Ce qui me touche aussi, c'est qu'on se pose parfois ces questions assez tard. Quand on est enfant, on ne pense pas forcément à demander d'où vient telle expression ou pourquoi une tradition existe. Et puis on grandit, on vit. Et puis un jour, on réalise qu'on ne connaît pas l'histoire d'un grand-parent. Ou qu'on aimerait transmettre quelque chose à son propre enfant sans vraiment savoir quoi raconter. Et parfois, la personne qui aurait pu répondre n'est plus là. Ça, c'est difficile. Il faut accepter que certaines réponses ne viendront peut-être jamais. Je n'ai pas envie de te dire que tout finit toujours par s'arranger. Ce ne serait pas vrai. Mais je crois qu'on peut avancer même avec des questions sans réponse. Pour ma part, je ne veux pas réduire l'histoire de ma mère à ce qui me manque. Elle est tellement plus que ça. Et en même temps, je ne veux pas non plus faire semblant de n'avoir aucun regret. Je peux l'aimer, la comprendre et reconnaître ma tristesse. Je peux aussi accepter qu'elle ait sa propre façon de voir les choses. Et je peux choisir de faire quelque chose de ce manque, plutôt que de rester bloqué dedans. Cela ne veut pas dire tout pardonner, surtout si certaines paroles t'ont blessé ou si tes origines ont été rabaissées. Tu as le droit de dire que ça t'a fait mal. Pour moi, c'est aussi là que la spiritualité entre en jeu. Pas forcément avec de grandes réponses. Mais dans cette façon d'écouter ce qu'on ressent, d'essayer de comprendre sans se mentir, et de ne pas obliger son histoire à être parfaite, je crois qu'on peut aimer sa famille et continuer à chercher qui l'on est. Les deux ne s'opposent pas. Alors une fois qu'on a compris tout ça, qu'est-ce qu'on fait ? Parce que parler du manque c'est important, mais je crois qu'on peut aussi essayer de retrouver quelque chose. Pas tout d'un coup et surtout pas comme s'il fallait passer un examen pour mériter ses origines. Tu n'as pas besoin de parler parfaitement une langue pour avoir le droit de dire qu'elle fait partie de ton histoire. Tu n'as pas besoin de connaître toutes les traditions, ni de voyager partout, ni de prouver quoi que ce soit aux autres. Tu peux commencer simplement. Par exemple, demande à ton parent, quand tu étais petit, à quoi ressemblaient tes journées ? Quelle plate te rappelle le plus ton enfance ? Ou encore, est-ce qu'il y a une chose de ton pays qui t'a beaucoup manqué quand tu es parti ? Ce sont des questions simples, mais parfois elles ouvrent des histoires qu'on n'avait jamais entendues. Et si tu as envie, tu peux aussi dire ce que tu ressens. Tu pourrais dire, je ne te reproche pas forcément tes choix, mais aujourd'hui j'ai envie de mieux connaître cette partie de moi. Peut-être que ton parent te racontera beaucoup de choses, peut-être qu'il ne saura pas quoi répondre, et peut-être qu'il ne voudra pas en parler. Il faut aussi laisser de la place à ça. Si cette porte reste fermée, il y en a peut-être d'autres. Une tante, un oncle, un cousin, une vieille photo, une chanson, une personne de confiance qui connaît l'histoire de ta famille. Tu peux aussi apprendre quelques mots d'une langue, essayer une recette, lire sur une région, mais fais-le à ton rythme. Je voudrais vraiment enlever cette pression qu'on peut se mettre. Parce que parfois, quand on a l'impression d'avoir manqué quelque chose, on veut tout rattraper très vite. Mais retrouver ses racines, ce n'est pas une course et surtout ce n'est pas une liste de choses à réussir. Tu as le droit de garder certaines traditions et d'en laisser d'autres. Tu as le droit de découvrir ton héritage à ta manière. Transmettre, ce n'est pas obligatoirement refaire exactement ce que nos parents ou nos grands-parents faisaient. Et c'est aussi pour ça qu'avec mes propres enfants, j'ai voulu faire autrement. Pour moi, c'était important qu'ils connaissent le continent africain, qu'ils voient cette partie de mon histoire. Je ne pouvais pas imaginer qu'ils grandissent sans avoir au moins cette possibilité. Je les ai déjà emmenés en Afrique et j'aimerais maintenant qu'ils découvrent aussi le Cameroun. Ma dernière y est déjà allée, mais pas mes aînés. J'ai envie qu'ils puissent découvrir... Les lieux, rencontrer la famille et se faire leurs propres souvenirs. Pas parce qu'ils ont quelque chose à prouver, mais parce que cet héritage fait aussi partie de leur histoire. Je ne peux pas leur transmettre tout ce que je n'ai pas reçu, mais je peux leur ouvrir une porte. Et ensuite, ce sera à eux de choisir ce qu'ils voudront faire. Cela peut être raconter une histoire à son enfant, lui apprendre le sens de son prénom, lui expliquer d'où venait sa grand-mère ou simplement lui montrer qu'il a le droit d'aimer toutes les parts de lui-même. C'est peut-être ça au fond qui me parle le plus. On ne peut pas décider à la place de nos parents de ce qu'ils auraient dû nous transmettre, mais on peut se demander ce qu'on aurait aimé faire vivre aujourd'hui. Avant de terminer, j'aimerais te proposer une petite chose. Pense à un souvenir de ta famille que tu aimerais garder. Ça peut être une odeur dans une cuisine, une phrase, une façon de rire, une personne qui t'a marqué. Une chose que tu aimerais découvrir. Pas dix choses, une seule. Peut-être que tu aimerais connaître l'histoire de ton prénom. Peut-être que tu voudrais apprendre un mot dans la langue de ta mère. Ou simplement te demander à ton père comment il vivait quand il était jeune. Tu n'es pas obligé de le faire demain, tu peux simplement garder cette idée avec toi. Alors pourquoi nos parents ont-ils parfois effacé leur culture ? Peut-être pour s'intégrer, tout simplement. Peut-être pour nous protéger. Peut-être parce que certains souvenirs étaient trop difficiles. Et parfois parce qu'ils ne savaient pas comment nous transmettre tout cela. Je ne crois pas qu'il existe une seule réponse. Ce que je sais, en revanche, c'est qu'on peut essayer de comprendre leur choix sans nier ce qu'on a ressenti. C'est ce que j'apprends moi aussi en repensant à l'histoire de ma mère. Je vois mieux la jeune femme qui a quitté le Cameroun pour construire sa vie ailleurs Et je vois aussi la fille qui aurait aimé recevoir davantage de cette culture. Ces deux parts de moi ont le droit d'exister et j'aimerais que tu puisses toi aussi faire de la place à toute ton histoire. À ce que tu as reçu, à ce que tu n'as pas reçu, à ce que tu choisiras peut-être de transmettre un jour. Si je devais te laisser avec une seule question, ce serait celle-ci. Dans ce que tu n'as pas reçu, qu'est-ce que tu aimerais faire vivre à ton tour ? C'est aussi pour cela que j'ai créé Il était une fois. pour parler de nos origines, de nos questions, de nos chemins sans avoir besoin de rentrer dans une case. Merci d'avoir passé ce moment avec moi. Si cet épisode t'a parlé, tu peux me dire en commentaire quelle partie de ton héritage tu aimerais mieux connaître. Et si tu as envie de continuer cette conversation, alors abonne-toi à Il était une fois. N'oublie pas, tu ne peux pas toujours changer ce qu'on ne t'a pas transmis, mais tu peux choisir ce que tu vas faire vivre aujourd'hui. C'était Michel pour Il était une fois. A bientôt ! Je suis tout à la fois, toutes mes terres vivant, moi je suis le pont, je suis la voie, je suis l'histoire qui avance avec moi. Je suis tout à la fois,