Il était une fois... le bijou

le bijou comme un bisou #53 les bijoux de Sarah Bernhardt

le bijou comme un bisou #53 les bijoux de Sarah Bernhardt

13min |14/06/2020
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Description

 Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du dimanche soir.

Il était une fois les bijoux de Sarah Bernhardt

La date et le lieu de naissance, ses prénoms, son père rien n’est acertainé chez Sarah Bernhardt parce que c’était l’époque, parce qu’elle ne le voulait pas, parce qu’elle a construit sa légende. Nous dirons qu’elle est née entre 1841 et 1844 à Paris, que sa mère s’appelait Judith, qu’elle avait 3 sœurs, que l’amant de sa tante est le duc de Morny, le demi-frère de Napoléon III, qui lui offre une éducation au couvent des Grand Champs à Versailles où elle découvre à la fois le mysticisme et le théâtre. C’est encore avec la recommandation du duc de Morny qu’elle entre au conservatoire d’art dramatique de Paris en 1859. Entre les deux écoles elle a appris les arts, l’escrime et la galanterie. 

Sa carrière théâtrale est mouvementée, elle entre en 1862 à la comédie française et est renvoyée en 1866 pour avoir giflée la sociétaire Mlle Nathalie. Alors elle signe avec le théâtre de l’Odéon. Puis elle est rappelée par la Comédie Française avant de créer sa propre compagnie puis de diriger le théâtre du Chatelet. Elle a été acclamée dans Le Passant, Ruy Blas, Phèdre, Hernani… des rôles puissants, des pièces controversées, des succès certains !

En temps que femme on lui connait un enfant Maurice Bernhardt, fils du Prince Henri Joseph de Ligne et de nombreux amants : des princes, des mondains, des artistes, un médecin. Elle aura même un époux, l’acteur Aristides Damala hélas morphinomane avec lequel elle ne restera pas mais dont elle ne divorcera pas. Elle se blesse au genou en 1887 en revenant d’une tournée, ne se soigne pas, continue à se blesser pendant ses rôles, on lui diagnostique en 1902 une tuberculose ostéo-articulaire, on la plâtre, elle gangrène et on l’ampute en 1915, alors elle jouera assise car elle refuse de porter une prothèse alors que 2 ans auparavant elle avait osé se faire faire un lifting dont la technique était alors une nouveauté plutôt risquée. 

En temps qu’actrice, elle est le dernier amour de Victor Hugo qui l’appelle la voix d’or et la première admiratrice de Jean Cocteau qui la qualifie de « monstre sacré », d’autres la nomme la divine ou l’impératrice des théâtres. Avec sa propre compagnie théâtrale, Sarah Bernhardt triomphe sur les cinq continents. Elle joue de 1880 à 1917 à Londres, Copenhague, New York, Boston, Saint Pétersbourg, Melbourne, Québec, Rio de Janeiro. Elle est la première actrice française à créer cette carrière internationale. Que son public comprenne ou non le français n’a pas d’importance. Sa renommée est si grande qu’ils viennent la voir et lui font un triomphe qui renforce encore sa notoriété. Concomitamment à ses tournées, elle prend la direction en 1893 du Théâtre de la Renaissance puis en 1899 du Théâtre des nations qu’elle rebaptise Théâtre Sarah Bernhardt. 

Sarah Bernhardt est une femme engagée qui choisit son rôle sociétal. En 1870, pendant le siège de Paris, elle demande au préfet de police, le vicomte de Kératry l’autorisation d’installer une ambulance dans le théâtre de l’Odéon. Elle sollicite l’aide de ses admirateurs qui la ravitaille en vivres. Quand les combats se rapprochent de Paris, des lits de fortunes prennent place partout jusque sur la scène et dans les loges. Sara veille deux nuits sur trois sur ses 60 blessés y compris le futur maréchal Foch qu'elle retrouvera quarante-cinq ans plus tard sur le front de la Meuse, pendant la Première Guerre mondiale. Quand les canalisations d’eau éclatent sous le gel. Sarah trouve un vaste d’appartement rue Taitbout pour abriter ses blessés Plus tard elle apporte son soutien à Émile Zola au moment de l’affaire Dreyfus, et soutient la féministe Louise Michel. Elle prend position contre la peine de mort. Un an avant sa mort elle donne une série de galas au bénéfice des travaux de Marie Curie. En 1916, amputée, Sarah Bernhardt se fait transporter sur une chaise à porteurs style Louis XV pour va aller remonter le moral des Poilus de la Grande Guerre et invente le Théâtre aux Armées. En septembre 1916, elle se rend en Amérique pour convaincre l’opinion publique de rentrer dans la guerre au secours de la France. En 1917, elle tourne un film de propagande intitulé « Mères françaises » et une nouvelle pièce « Du théâtre au champ d’honneur ». Malgré le refus de funérailles nationales du gouvernement Poincaré, la foule immense qui l’accompagne une dernière fois reconnait en elle une pionnière, une femme libre.

Sarah Bernhardt est une femme d’affaire qui n’hésite pas à affréter un train Pullman pour transporter sa troupe et ses 8 tonnes de malles à travers les Etats Unis. Elle invente le star système en se mettant en scène et en faisant connaitre ses lubies qui lui créent une image particulière, alimentent les gazettes et scandalisent. Elle se crée une devise « Quand même » en référence à son audace et à son mépris des conventions, devise qu’elle érige en drapeau dont on lève les couleurs dans sa résidence d’été. Elle cultive une ménagerie qui choque : elle achète un guépard, un chimpanzé qu’elle appelle Darwin, des caméléons, un grand-duc, un bôa, des grenouilles, des scarabées et même un crocodile à qui elle ne pardonnera pas d’avoir croqué un de ses 3 chiens. Elle interprète des rôles masculins : Lorenzaccio d'Alfred de Musset ou Péléas dans Hamlet ou encore le duc de Reichstadt dans l’Aiglon d’Edmond Rostand. Elle est longue et mince et sa silhouette en S promeut la mode corsetée et cambrée de l’art nouveau. Ses tenues, ses déshabillés, ses chapeaux, son rouge à lèves, sa poudre de riz : tout cela est sujet à scandales mais détaillés dans les feuillets de mode que les femmes s’arrachent et copient dans le monde entier.

Elle a tout de suite compris l’intérêt de la publicité. Pour promouvoir la pièce Phèdre, elle enregistre avec thomas Edison à New York une lecture de la pièce. Elle prétend dormir dans un cercueil avec des lys blancs à la main au dessous d’un miroir orné d’une figure de vampire et s’y fait photographier afin d’en vendre les visuels sous forme de photos et de cartes postales. Elle utilise les talents de fameux photographe Nadar pour l'immortaliser dans ses rôles principaux. Et bien sûr elle veille aux affiches de ses pièces. C’est ainsi qu’elle rencontre Alphonse Mucha. L’artiste est arrivé à paris en 1887 et a débuté une carrière d’illustrateur. En 1894 il se trouve dans l'atelier de l'imprimeur Lemercier, quand Sarah Bernhardt appelle pour demander une affiche pour la pièce Gismonda, de Victorien Sardou qui se joue au Théâtre de la Renaissance dont elle est devenue la propriétaire quelques mois plus tôt. Elle cherche à mobiliser un public réticent pour la prochaine représentation du 4 janvier 1895. Aucun des affichistes de renom n'est disponible alors Mucha reçoit la commande et un délai de quarante-huit heures. A la livraison, l’imprimeur est réticent car l’affiche de Mucha est révolutionnaire. Par son format étroit et tout en longueur, sa composition avec le personnage encadré dans une arche avec le visage entouré d’une couronne de fleurs et ses couleurs en camaïeu mordorés. Sarah Bernhardt adore ! Elle déclare : « Ah ! Que c’est beau ! Dorénavant, vous travaillerez pour moi, près de moi. Je vous aime déjà ». Le public aussi est séduit et va jusque chez l’éditeur pour acheter l’affiche. Sarah Bernhardt signe avec Mucha un contrat de 6 ans pour la réalisation des affiches, des décors de scène et des costumes et les bijoux qui vont avec.

Pour Lorenzaccio, il lui dessine un large collier dont les motifs font écho au brocart du costume, il imagine des ornements de cheveux complexe composés de disque colorés de pierres, de verre ou d’émail et garnis de chaines qui transforme la femme en figure allégorique notamment pour la revue d’art La Plume.

Pour la création des Bijoux, Mucha a rencontré l’orfèvre et joaillier parisien Georges Fouquet qui a repris la boutique de son père en 1895 et est déterminé à renouveler le style de sa Maison. Leur collaboration permettra la création de bijoux fabuleux.

Parmi les bijoux Mucha-Fouquet le bracelet serpent créée en 1898, pour le rôle de Médée est un exemple extraordinaire : la tête est sertie d'une mosaïque d'émail, d'opales, de rubis et de diamants et repose sur le dos de la main, le corps du serpent s’enroule autour du poignet et la queue remonte sur le bras. Il est relié par une série de chaînes à un autre «serpent» qui est un anneau de doigt, la tête tournée pour faire face à celle du bracelet. L’imposant bijou est rendu flexible par un système discret de charnières. On ne sait pas exactement quand Sarah Bernhardt le vend mais il est racheté en 1964 par Joan «Tiger» Morse une styliste américaine avant de devenir la propriété de l'actrice Marlene Dietricht qui le vend aux enchères chez Christies Genève. Ce bracelet est aujourd’hui au Japon dans la collection permanente du musée Alphonse Mucha de Sakai City. Bien que ce bracelet iconique soit une pièce unique conçue pour Sarah Bernhardt, il existerait en fait trois versions du bracelet dans les archives Fouquet. Dont l'une créée en 1900 aurait été vendue aux enchères en 1989. 

Fouquet demande à Mucha de créer une collection de bijoux pour le stand Fouquet de l’Exposition internationale de Paris en 1900. Et un an plus tard lui commande la décoration Art nouveau de la boutique Fouquet au n° 6 de la rue Royale, véritable manifeste de son vocabulaire esthétique aujourd’hui conservé et reconstitué au musée Carnavalet à Paris.

En 1899 c’est René Lalique que Sarah Bernhardt sollicite pour lui créer les bijoux de son rôle de Mélissinde dans La Princesse Lointaine. Il va réaliser un pendentif en or, émail, diamants et améthyste mais surtout une couronne fermée, en métal argenté, surmonté de cinq motifs trilobés ornés de perles et pierres fantaisie avec une grande plaque en métal doré sur le devant ornée de médaillons de verre coloré imitant les pierres précieuses. Le tour de tête est décoré de turquoises et perles fantaisies et de chaque côté de la couronne, un serre-tête représente deux grands bouquets de fleurs de lys à semis de perles de fantaisie et pistils de verres brillants. Le serre-tête est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque-Musée de l'Opéra. Ce magnifique bijou de théâtre  a surement été réalisé entièrement par Lalique mais on sait que Sarah Bernhardt elle-même en a surveillé tous les détails et a demandé à Mucha d’en faire des dessins au même titre que le décor et les costumes de la pièce. Pour ce rôle de Melissinde Mucha et Fouquet lui créeront une broche en or,  émail, rubis, diamant et perle

En 1900, elle achète à Lalique le pendentif L’Aiglon en or, émail, perle et rubis pour célébrer le rôle qu’elle interprète dans la pièce d’Edmond de Rostand et que l’on peut voir aujourd’hui aux Musée des Arts décoratifs.

Sarah Bernhardt accordait une grande importance aux bijoux, qu’elle aimait volumineux et voyant. Elle porte une bague en os dans Cléopâtre comme bijou fétiche Quand elle demande un enfant à Victor Hugo, il lui envoie une de ses larmes sous la forme d’un gros diamant sur un bracelet. Elle orne la carapace de sa tortue préférée de topazes et de diamants. Elle met un fil d’or à la patte de ses scarabées qui se promènent sur ses épaules comme des pierres précieuses vivantes. Et quand elle devient myope, elle se fait créé des face à main en or, rubis et perle dont on peut encore voir un exemplaire au musée de la lunette à Morez dans le Jura.

Sarah Bernhardt s’essaiera au cinéma muet et parlant dès 1900. Elle sera distinguée Chevalier de la légion d’honneur en 1914 pour avoir « répandu la langue française dans le monde entier » et meurt en 1923 sur le tournage de La voyante de Sacha Guitry. Elle est l'une des très rares artistes françaises à avoir son étoile sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles.

Sarah Bernhardt disait « Il faut haïr très peu, car c'est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent, mais ne jamais oublier ». Elle est inoubliable.

Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous.

A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir.

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 Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du dimanche soir.

Il était une fois les bijoux de Sarah Bernhardt

La date et le lieu de naissance, ses prénoms, son père rien n’est acertainé chez Sarah Bernhardt parce que c’était l’époque, parce qu’elle ne le voulait pas, parce qu’elle a construit sa légende. Nous dirons qu’elle est née entre 1841 et 1844 à Paris, que sa mère s’appelait Judith, qu’elle avait 3 sœurs, que l’amant de sa tante est le duc de Morny, le demi-frère de Napoléon III, qui lui offre une éducation au couvent des Grand Champs à Versailles où elle découvre à la fois le mysticisme et le théâtre. C’est encore avec la recommandation du duc de Morny qu’elle entre au conservatoire d’art dramatique de Paris en 1859. Entre les deux écoles elle a appris les arts, l’escrime et la galanterie. 

Sa carrière théâtrale est mouvementée, elle entre en 1862 à la comédie française et est renvoyée en 1866 pour avoir giflée la sociétaire Mlle Nathalie. Alors elle signe avec le théâtre de l’Odéon. Puis elle est rappelée par la Comédie Française avant de créer sa propre compagnie puis de diriger le théâtre du Chatelet. Elle a été acclamée dans Le Passant, Ruy Blas, Phèdre, Hernani… des rôles puissants, des pièces controversées, des succès certains !

En temps que femme on lui connait un enfant Maurice Bernhardt, fils du Prince Henri Joseph de Ligne et de nombreux amants : des princes, des mondains, des artistes, un médecin. Elle aura même un époux, l’acteur Aristides Damala hélas morphinomane avec lequel elle ne restera pas mais dont elle ne divorcera pas. Elle se blesse au genou en 1887 en revenant d’une tournée, ne se soigne pas, continue à se blesser pendant ses rôles, on lui diagnostique en 1902 une tuberculose ostéo-articulaire, on la plâtre, elle gangrène et on l’ampute en 1915, alors elle jouera assise car elle refuse de porter une prothèse alors que 2 ans auparavant elle avait osé se faire faire un lifting dont la technique était alors une nouveauté plutôt risquée. 

En temps qu’actrice, elle est le dernier amour de Victor Hugo qui l’appelle la voix d’or et la première admiratrice de Jean Cocteau qui la qualifie de « monstre sacré », d’autres la nomme la divine ou l’impératrice des théâtres. Avec sa propre compagnie théâtrale, Sarah Bernhardt triomphe sur les cinq continents. Elle joue de 1880 à 1917 à Londres, Copenhague, New York, Boston, Saint Pétersbourg, Melbourne, Québec, Rio de Janeiro. Elle est la première actrice française à créer cette carrière internationale. Que son public comprenne ou non le français n’a pas d’importance. Sa renommée est si grande qu’ils viennent la voir et lui font un triomphe qui renforce encore sa notoriété. Concomitamment à ses tournées, elle prend la direction en 1893 du Théâtre de la Renaissance puis en 1899 du Théâtre des nations qu’elle rebaptise Théâtre Sarah Bernhardt. 

Sarah Bernhardt est une femme engagée qui choisit son rôle sociétal. En 1870, pendant le siège de Paris, elle demande au préfet de police, le vicomte de Kératry l’autorisation d’installer une ambulance dans le théâtre de l’Odéon. Elle sollicite l’aide de ses admirateurs qui la ravitaille en vivres. Quand les combats se rapprochent de Paris, des lits de fortunes prennent place partout jusque sur la scène et dans les loges. Sara veille deux nuits sur trois sur ses 60 blessés y compris le futur maréchal Foch qu'elle retrouvera quarante-cinq ans plus tard sur le front de la Meuse, pendant la Première Guerre mondiale. Quand les canalisations d’eau éclatent sous le gel. Sarah trouve un vaste d’appartement rue Taitbout pour abriter ses blessés Plus tard elle apporte son soutien à Émile Zola au moment de l’affaire Dreyfus, et soutient la féministe Louise Michel. Elle prend position contre la peine de mort. Un an avant sa mort elle donne une série de galas au bénéfice des travaux de Marie Curie. En 1916, amputée, Sarah Bernhardt se fait transporter sur une chaise à porteurs style Louis XV pour va aller remonter le moral des Poilus de la Grande Guerre et invente le Théâtre aux Armées. En septembre 1916, elle se rend en Amérique pour convaincre l’opinion publique de rentrer dans la guerre au secours de la France. En 1917, elle tourne un film de propagande intitulé « Mères françaises » et une nouvelle pièce « Du théâtre au champ d’honneur ». Malgré le refus de funérailles nationales du gouvernement Poincaré, la foule immense qui l’accompagne une dernière fois reconnait en elle une pionnière, une femme libre.

Sarah Bernhardt est une femme d’affaire qui n’hésite pas à affréter un train Pullman pour transporter sa troupe et ses 8 tonnes de malles à travers les Etats Unis. Elle invente le star système en se mettant en scène et en faisant connaitre ses lubies qui lui créent une image particulière, alimentent les gazettes et scandalisent. Elle se crée une devise « Quand même » en référence à son audace et à son mépris des conventions, devise qu’elle érige en drapeau dont on lève les couleurs dans sa résidence d’été. Elle cultive une ménagerie qui choque : elle achète un guépard, un chimpanzé qu’elle appelle Darwin, des caméléons, un grand-duc, un bôa, des grenouilles, des scarabées et même un crocodile à qui elle ne pardonnera pas d’avoir croqué un de ses 3 chiens. Elle interprète des rôles masculins : Lorenzaccio d'Alfred de Musset ou Péléas dans Hamlet ou encore le duc de Reichstadt dans l’Aiglon d’Edmond Rostand. Elle est longue et mince et sa silhouette en S promeut la mode corsetée et cambrée de l’art nouveau. Ses tenues, ses déshabillés, ses chapeaux, son rouge à lèves, sa poudre de riz : tout cela est sujet à scandales mais détaillés dans les feuillets de mode que les femmes s’arrachent et copient dans le monde entier.

Elle a tout de suite compris l’intérêt de la publicité. Pour promouvoir la pièce Phèdre, elle enregistre avec thomas Edison à New York une lecture de la pièce. Elle prétend dormir dans un cercueil avec des lys blancs à la main au dessous d’un miroir orné d’une figure de vampire et s’y fait photographier afin d’en vendre les visuels sous forme de photos et de cartes postales. Elle utilise les talents de fameux photographe Nadar pour l'immortaliser dans ses rôles principaux. Et bien sûr elle veille aux affiches de ses pièces. C’est ainsi qu’elle rencontre Alphonse Mucha. L’artiste est arrivé à paris en 1887 et a débuté une carrière d’illustrateur. En 1894 il se trouve dans l'atelier de l'imprimeur Lemercier, quand Sarah Bernhardt appelle pour demander une affiche pour la pièce Gismonda, de Victorien Sardou qui se joue au Théâtre de la Renaissance dont elle est devenue la propriétaire quelques mois plus tôt. Elle cherche à mobiliser un public réticent pour la prochaine représentation du 4 janvier 1895. Aucun des affichistes de renom n'est disponible alors Mucha reçoit la commande et un délai de quarante-huit heures. A la livraison, l’imprimeur est réticent car l’affiche de Mucha est révolutionnaire. Par son format étroit et tout en longueur, sa composition avec le personnage encadré dans une arche avec le visage entouré d’une couronne de fleurs et ses couleurs en camaïeu mordorés. Sarah Bernhardt adore ! Elle déclare : « Ah ! Que c’est beau ! Dorénavant, vous travaillerez pour moi, près de moi. Je vous aime déjà ». Le public aussi est séduit et va jusque chez l’éditeur pour acheter l’affiche. Sarah Bernhardt signe avec Mucha un contrat de 6 ans pour la réalisation des affiches, des décors de scène et des costumes et les bijoux qui vont avec.

Pour Lorenzaccio, il lui dessine un large collier dont les motifs font écho au brocart du costume, il imagine des ornements de cheveux complexe composés de disque colorés de pierres, de verre ou d’émail et garnis de chaines qui transforme la femme en figure allégorique notamment pour la revue d’art La Plume.

Pour la création des Bijoux, Mucha a rencontré l’orfèvre et joaillier parisien Georges Fouquet qui a repris la boutique de son père en 1895 et est déterminé à renouveler le style de sa Maison. Leur collaboration permettra la création de bijoux fabuleux.

Parmi les bijoux Mucha-Fouquet le bracelet serpent créée en 1898, pour le rôle de Médée est un exemple extraordinaire : la tête est sertie d'une mosaïque d'émail, d'opales, de rubis et de diamants et repose sur le dos de la main, le corps du serpent s’enroule autour du poignet et la queue remonte sur le bras. Il est relié par une série de chaînes à un autre «serpent» qui est un anneau de doigt, la tête tournée pour faire face à celle du bracelet. L’imposant bijou est rendu flexible par un système discret de charnières. On ne sait pas exactement quand Sarah Bernhardt le vend mais il est racheté en 1964 par Joan «Tiger» Morse une styliste américaine avant de devenir la propriété de l'actrice Marlene Dietricht qui le vend aux enchères chez Christies Genève. Ce bracelet est aujourd’hui au Japon dans la collection permanente du musée Alphonse Mucha de Sakai City. Bien que ce bracelet iconique soit une pièce unique conçue pour Sarah Bernhardt, il existerait en fait trois versions du bracelet dans les archives Fouquet. Dont l'une créée en 1900 aurait été vendue aux enchères en 1989. 

Fouquet demande à Mucha de créer une collection de bijoux pour le stand Fouquet de l’Exposition internationale de Paris en 1900. Et un an plus tard lui commande la décoration Art nouveau de la boutique Fouquet au n° 6 de la rue Royale, véritable manifeste de son vocabulaire esthétique aujourd’hui conservé et reconstitué au musée Carnavalet à Paris.

En 1899 c’est René Lalique que Sarah Bernhardt sollicite pour lui créer les bijoux de son rôle de Mélissinde dans La Princesse Lointaine. Il va réaliser un pendentif en or, émail, diamants et améthyste mais surtout une couronne fermée, en métal argenté, surmonté de cinq motifs trilobés ornés de perles et pierres fantaisie avec une grande plaque en métal doré sur le devant ornée de médaillons de verre coloré imitant les pierres précieuses. Le tour de tête est décoré de turquoises et perles fantaisies et de chaque côté de la couronne, un serre-tête représente deux grands bouquets de fleurs de lys à semis de perles de fantaisie et pistils de verres brillants. Le serre-tête est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque-Musée de l'Opéra. Ce magnifique bijou de théâtre  a surement été réalisé entièrement par Lalique mais on sait que Sarah Bernhardt elle-même en a surveillé tous les détails et a demandé à Mucha d’en faire des dessins au même titre que le décor et les costumes de la pièce. Pour ce rôle de Melissinde Mucha et Fouquet lui créeront une broche en or,  émail, rubis, diamant et perle

En 1900, elle achète à Lalique le pendentif L’Aiglon en or, émail, perle et rubis pour célébrer le rôle qu’elle interprète dans la pièce d’Edmond de Rostand et que l’on peut voir aujourd’hui aux Musée des Arts décoratifs.

Sarah Bernhardt accordait une grande importance aux bijoux, qu’elle aimait volumineux et voyant. Elle porte une bague en os dans Cléopâtre comme bijou fétiche Quand elle demande un enfant à Victor Hugo, il lui envoie une de ses larmes sous la forme d’un gros diamant sur un bracelet. Elle orne la carapace de sa tortue préférée de topazes et de diamants. Elle met un fil d’or à la patte de ses scarabées qui se promènent sur ses épaules comme des pierres précieuses vivantes. Et quand elle devient myope, elle se fait créé des face à main en or, rubis et perle dont on peut encore voir un exemplaire au musée de la lunette à Morez dans le Jura.

Sarah Bernhardt s’essaiera au cinéma muet et parlant dès 1900. Elle sera distinguée Chevalier de la légion d’honneur en 1914 pour avoir « répandu la langue française dans le monde entier » et meurt en 1923 sur le tournage de La voyante de Sacha Guitry. Elle est l'une des très rares artistes françaises à avoir son étoile sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles.

Sarah Bernhardt disait « Il faut haïr très peu, car c'est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent, mais ne jamais oublier ». Elle est inoubliable.

Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous.

A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir.

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Il était une fois les bijoux de Sarah Bernhardt

La date et le lieu de naissance, ses prénoms, son père rien n’est acertainé chez Sarah Bernhardt parce que c’était l’époque, parce qu’elle ne le voulait pas, parce qu’elle a construit sa légende. Nous dirons qu’elle est née entre 1841 et 1844 à Paris, que sa mère s’appelait Judith, qu’elle avait 3 sœurs, que l’amant de sa tante est le duc de Morny, le demi-frère de Napoléon III, qui lui offre une éducation au couvent des Grand Champs à Versailles où elle découvre à la fois le mysticisme et le théâtre. C’est encore avec la recommandation du duc de Morny qu’elle entre au conservatoire d’art dramatique de Paris en 1859. Entre les deux écoles elle a appris les arts, l’escrime et la galanterie. 

Sa carrière théâtrale est mouvementée, elle entre en 1862 à la comédie française et est renvoyée en 1866 pour avoir giflée la sociétaire Mlle Nathalie. Alors elle signe avec le théâtre de l’Odéon. Puis elle est rappelée par la Comédie Française avant de créer sa propre compagnie puis de diriger le théâtre du Chatelet. Elle a été acclamée dans Le Passant, Ruy Blas, Phèdre, Hernani… des rôles puissants, des pièces controversées, des succès certains !

En temps que femme on lui connait un enfant Maurice Bernhardt, fils du Prince Henri Joseph de Ligne et de nombreux amants : des princes, des mondains, des artistes, un médecin. Elle aura même un époux, l’acteur Aristides Damala hélas morphinomane avec lequel elle ne restera pas mais dont elle ne divorcera pas. Elle se blesse au genou en 1887 en revenant d’une tournée, ne se soigne pas, continue à se blesser pendant ses rôles, on lui diagnostique en 1902 une tuberculose ostéo-articulaire, on la plâtre, elle gangrène et on l’ampute en 1915, alors elle jouera assise car elle refuse de porter une prothèse alors que 2 ans auparavant elle avait osé se faire faire un lifting dont la technique était alors une nouveauté plutôt risquée. 

En temps qu’actrice, elle est le dernier amour de Victor Hugo qui l’appelle la voix d’or et la première admiratrice de Jean Cocteau qui la qualifie de « monstre sacré », d’autres la nomme la divine ou l’impératrice des théâtres. Avec sa propre compagnie théâtrale, Sarah Bernhardt triomphe sur les cinq continents. Elle joue de 1880 à 1917 à Londres, Copenhague, New York, Boston, Saint Pétersbourg, Melbourne, Québec, Rio de Janeiro. Elle est la première actrice française à créer cette carrière internationale. Que son public comprenne ou non le français n’a pas d’importance. Sa renommée est si grande qu’ils viennent la voir et lui font un triomphe qui renforce encore sa notoriété. Concomitamment à ses tournées, elle prend la direction en 1893 du Théâtre de la Renaissance puis en 1899 du Théâtre des nations qu’elle rebaptise Théâtre Sarah Bernhardt. 

Sarah Bernhardt est une femme engagée qui choisit son rôle sociétal. En 1870, pendant le siège de Paris, elle demande au préfet de police, le vicomte de Kératry l’autorisation d’installer une ambulance dans le théâtre de l’Odéon. Elle sollicite l’aide de ses admirateurs qui la ravitaille en vivres. Quand les combats se rapprochent de Paris, des lits de fortunes prennent place partout jusque sur la scène et dans les loges. Sara veille deux nuits sur trois sur ses 60 blessés y compris le futur maréchal Foch qu'elle retrouvera quarante-cinq ans plus tard sur le front de la Meuse, pendant la Première Guerre mondiale. Quand les canalisations d’eau éclatent sous le gel. Sarah trouve un vaste d’appartement rue Taitbout pour abriter ses blessés Plus tard elle apporte son soutien à Émile Zola au moment de l’affaire Dreyfus, et soutient la féministe Louise Michel. Elle prend position contre la peine de mort. Un an avant sa mort elle donne une série de galas au bénéfice des travaux de Marie Curie. En 1916, amputée, Sarah Bernhardt se fait transporter sur une chaise à porteurs style Louis XV pour va aller remonter le moral des Poilus de la Grande Guerre et invente le Théâtre aux Armées. En septembre 1916, elle se rend en Amérique pour convaincre l’opinion publique de rentrer dans la guerre au secours de la France. En 1917, elle tourne un film de propagande intitulé « Mères françaises » et une nouvelle pièce « Du théâtre au champ d’honneur ». Malgré le refus de funérailles nationales du gouvernement Poincaré, la foule immense qui l’accompagne une dernière fois reconnait en elle une pionnière, une femme libre.

Sarah Bernhardt est une femme d’affaire qui n’hésite pas à affréter un train Pullman pour transporter sa troupe et ses 8 tonnes de malles à travers les Etats Unis. Elle invente le star système en se mettant en scène et en faisant connaitre ses lubies qui lui créent une image particulière, alimentent les gazettes et scandalisent. Elle se crée une devise « Quand même » en référence à son audace et à son mépris des conventions, devise qu’elle érige en drapeau dont on lève les couleurs dans sa résidence d’été. Elle cultive une ménagerie qui choque : elle achète un guépard, un chimpanzé qu’elle appelle Darwin, des caméléons, un grand-duc, un bôa, des grenouilles, des scarabées et même un crocodile à qui elle ne pardonnera pas d’avoir croqué un de ses 3 chiens. Elle interprète des rôles masculins : Lorenzaccio d'Alfred de Musset ou Péléas dans Hamlet ou encore le duc de Reichstadt dans l’Aiglon d’Edmond Rostand. Elle est longue et mince et sa silhouette en S promeut la mode corsetée et cambrée de l’art nouveau. Ses tenues, ses déshabillés, ses chapeaux, son rouge à lèves, sa poudre de riz : tout cela est sujet à scandales mais détaillés dans les feuillets de mode que les femmes s’arrachent et copient dans le monde entier.

Elle a tout de suite compris l’intérêt de la publicité. Pour promouvoir la pièce Phèdre, elle enregistre avec thomas Edison à New York une lecture de la pièce. Elle prétend dormir dans un cercueil avec des lys blancs à la main au dessous d’un miroir orné d’une figure de vampire et s’y fait photographier afin d’en vendre les visuels sous forme de photos et de cartes postales. Elle utilise les talents de fameux photographe Nadar pour l'immortaliser dans ses rôles principaux. Et bien sûr elle veille aux affiches de ses pièces. C’est ainsi qu’elle rencontre Alphonse Mucha. L’artiste est arrivé à paris en 1887 et a débuté une carrière d’illustrateur. En 1894 il se trouve dans l'atelier de l'imprimeur Lemercier, quand Sarah Bernhardt appelle pour demander une affiche pour la pièce Gismonda, de Victorien Sardou qui se joue au Théâtre de la Renaissance dont elle est devenue la propriétaire quelques mois plus tôt. Elle cherche à mobiliser un public réticent pour la prochaine représentation du 4 janvier 1895. Aucun des affichistes de renom n'est disponible alors Mucha reçoit la commande et un délai de quarante-huit heures. A la livraison, l’imprimeur est réticent car l’affiche de Mucha est révolutionnaire. Par son format étroit et tout en longueur, sa composition avec le personnage encadré dans une arche avec le visage entouré d’une couronne de fleurs et ses couleurs en camaïeu mordorés. Sarah Bernhardt adore ! Elle déclare : « Ah ! Que c’est beau ! Dorénavant, vous travaillerez pour moi, près de moi. Je vous aime déjà ». Le public aussi est séduit et va jusque chez l’éditeur pour acheter l’affiche. Sarah Bernhardt signe avec Mucha un contrat de 6 ans pour la réalisation des affiches, des décors de scène et des costumes et les bijoux qui vont avec.

Pour Lorenzaccio, il lui dessine un large collier dont les motifs font écho au brocart du costume, il imagine des ornements de cheveux complexe composés de disque colorés de pierres, de verre ou d’émail et garnis de chaines qui transforme la femme en figure allégorique notamment pour la revue d’art La Plume.

Pour la création des Bijoux, Mucha a rencontré l’orfèvre et joaillier parisien Georges Fouquet qui a repris la boutique de son père en 1895 et est déterminé à renouveler le style de sa Maison. Leur collaboration permettra la création de bijoux fabuleux.

Parmi les bijoux Mucha-Fouquet le bracelet serpent créée en 1898, pour le rôle de Médée est un exemple extraordinaire : la tête est sertie d'une mosaïque d'émail, d'opales, de rubis et de diamants et repose sur le dos de la main, le corps du serpent s’enroule autour du poignet et la queue remonte sur le bras. Il est relié par une série de chaînes à un autre «serpent» qui est un anneau de doigt, la tête tournée pour faire face à celle du bracelet. L’imposant bijou est rendu flexible par un système discret de charnières. On ne sait pas exactement quand Sarah Bernhardt le vend mais il est racheté en 1964 par Joan «Tiger» Morse une styliste américaine avant de devenir la propriété de l'actrice Marlene Dietricht qui le vend aux enchères chez Christies Genève. Ce bracelet est aujourd’hui au Japon dans la collection permanente du musée Alphonse Mucha de Sakai City. Bien que ce bracelet iconique soit une pièce unique conçue pour Sarah Bernhardt, il existerait en fait trois versions du bracelet dans les archives Fouquet. Dont l'une créée en 1900 aurait été vendue aux enchères en 1989. 

Fouquet demande à Mucha de créer une collection de bijoux pour le stand Fouquet de l’Exposition internationale de Paris en 1900. Et un an plus tard lui commande la décoration Art nouveau de la boutique Fouquet au n° 6 de la rue Royale, véritable manifeste de son vocabulaire esthétique aujourd’hui conservé et reconstitué au musée Carnavalet à Paris.

En 1899 c’est René Lalique que Sarah Bernhardt sollicite pour lui créer les bijoux de son rôle de Mélissinde dans La Princesse Lointaine. Il va réaliser un pendentif en or, émail, diamants et améthyste mais surtout une couronne fermée, en métal argenté, surmonté de cinq motifs trilobés ornés de perles et pierres fantaisie avec une grande plaque en métal doré sur le devant ornée de médaillons de verre coloré imitant les pierres précieuses. Le tour de tête est décoré de turquoises et perles fantaisies et de chaque côté de la couronne, un serre-tête représente deux grands bouquets de fleurs de lys à semis de perles de fantaisie et pistils de verres brillants. Le serre-tête est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque-Musée de l'Opéra. Ce magnifique bijou de théâtre  a surement été réalisé entièrement par Lalique mais on sait que Sarah Bernhardt elle-même en a surveillé tous les détails et a demandé à Mucha d’en faire des dessins au même titre que le décor et les costumes de la pièce. Pour ce rôle de Melissinde Mucha et Fouquet lui créeront une broche en or,  émail, rubis, diamant et perle

En 1900, elle achète à Lalique le pendentif L’Aiglon en or, émail, perle et rubis pour célébrer le rôle qu’elle interprète dans la pièce d’Edmond de Rostand et que l’on peut voir aujourd’hui aux Musée des Arts décoratifs.

Sarah Bernhardt accordait une grande importance aux bijoux, qu’elle aimait volumineux et voyant. Elle porte une bague en os dans Cléopâtre comme bijou fétiche Quand elle demande un enfant à Victor Hugo, il lui envoie une de ses larmes sous la forme d’un gros diamant sur un bracelet. Elle orne la carapace de sa tortue préférée de topazes et de diamants. Elle met un fil d’or à la patte de ses scarabées qui se promènent sur ses épaules comme des pierres précieuses vivantes. Et quand elle devient myope, elle se fait créé des face à main en or, rubis et perle dont on peut encore voir un exemplaire au musée de la lunette à Morez dans le Jura.

Sarah Bernhardt s’essaiera au cinéma muet et parlant dès 1900. Elle sera distinguée Chevalier de la légion d’honneur en 1914 pour avoir « répandu la langue française dans le monde entier » et meurt en 1923 sur le tournage de La voyante de Sacha Guitry. Elle est l'une des très rares artistes françaises à avoir son étoile sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles.

Sarah Bernhardt disait « Il faut haïr très peu, car c'est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent, mais ne jamais oublier ». Elle est inoubliable.

Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous.

A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir.

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 Parce que chaque semaine qui commence est un nouveau départ, j’avais envie de vous lire une histoire. Alors je vous propose le bijou comme un bisou du dimanche soir.

Il était une fois les bijoux de Sarah Bernhardt

La date et le lieu de naissance, ses prénoms, son père rien n’est acertainé chez Sarah Bernhardt parce que c’était l’époque, parce qu’elle ne le voulait pas, parce qu’elle a construit sa légende. Nous dirons qu’elle est née entre 1841 et 1844 à Paris, que sa mère s’appelait Judith, qu’elle avait 3 sœurs, que l’amant de sa tante est le duc de Morny, le demi-frère de Napoléon III, qui lui offre une éducation au couvent des Grand Champs à Versailles où elle découvre à la fois le mysticisme et le théâtre. C’est encore avec la recommandation du duc de Morny qu’elle entre au conservatoire d’art dramatique de Paris en 1859. Entre les deux écoles elle a appris les arts, l’escrime et la galanterie. 

Sa carrière théâtrale est mouvementée, elle entre en 1862 à la comédie française et est renvoyée en 1866 pour avoir giflée la sociétaire Mlle Nathalie. Alors elle signe avec le théâtre de l’Odéon. Puis elle est rappelée par la Comédie Française avant de créer sa propre compagnie puis de diriger le théâtre du Chatelet. Elle a été acclamée dans Le Passant, Ruy Blas, Phèdre, Hernani… des rôles puissants, des pièces controversées, des succès certains !

En temps que femme on lui connait un enfant Maurice Bernhardt, fils du Prince Henri Joseph de Ligne et de nombreux amants : des princes, des mondains, des artistes, un médecin. Elle aura même un époux, l’acteur Aristides Damala hélas morphinomane avec lequel elle ne restera pas mais dont elle ne divorcera pas. Elle se blesse au genou en 1887 en revenant d’une tournée, ne se soigne pas, continue à se blesser pendant ses rôles, on lui diagnostique en 1902 une tuberculose ostéo-articulaire, on la plâtre, elle gangrène et on l’ampute en 1915, alors elle jouera assise car elle refuse de porter une prothèse alors que 2 ans auparavant elle avait osé se faire faire un lifting dont la technique était alors une nouveauté plutôt risquée. 

En temps qu’actrice, elle est le dernier amour de Victor Hugo qui l’appelle la voix d’or et la première admiratrice de Jean Cocteau qui la qualifie de « monstre sacré », d’autres la nomme la divine ou l’impératrice des théâtres. Avec sa propre compagnie théâtrale, Sarah Bernhardt triomphe sur les cinq continents. Elle joue de 1880 à 1917 à Londres, Copenhague, New York, Boston, Saint Pétersbourg, Melbourne, Québec, Rio de Janeiro. Elle est la première actrice française à créer cette carrière internationale. Que son public comprenne ou non le français n’a pas d’importance. Sa renommée est si grande qu’ils viennent la voir et lui font un triomphe qui renforce encore sa notoriété. Concomitamment à ses tournées, elle prend la direction en 1893 du Théâtre de la Renaissance puis en 1899 du Théâtre des nations qu’elle rebaptise Théâtre Sarah Bernhardt. 

Sarah Bernhardt est une femme engagée qui choisit son rôle sociétal. En 1870, pendant le siège de Paris, elle demande au préfet de police, le vicomte de Kératry l’autorisation d’installer une ambulance dans le théâtre de l’Odéon. Elle sollicite l’aide de ses admirateurs qui la ravitaille en vivres. Quand les combats se rapprochent de Paris, des lits de fortunes prennent place partout jusque sur la scène et dans les loges. Sara veille deux nuits sur trois sur ses 60 blessés y compris le futur maréchal Foch qu'elle retrouvera quarante-cinq ans plus tard sur le front de la Meuse, pendant la Première Guerre mondiale. Quand les canalisations d’eau éclatent sous le gel. Sarah trouve un vaste d’appartement rue Taitbout pour abriter ses blessés Plus tard elle apporte son soutien à Émile Zola au moment de l’affaire Dreyfus, et soutient la féministe Louise Michel. Elle prend position contre la peine de mort. Un an avant sa mort elle donne une série de galas au bénéfice des travaux de Marie Curie. En 1916, amputée, Sarah Bernhardt se fait transporter sur une chaise à porteurs style Louis XV pour va aller remonter le moral des Poilus de la Grande Guerre et invente le Théâtre aux Armées. En septembre 1916, elle se rend en Amérique pour convaincre l’opinion publique de rentrer dans la guerre au secours de la France. En 1917, elle tourne un film de propagande intitulé « Mères françaises » et une nouvelle pièce « Du théâtre au champ d’honneur ». Malgré le refus de funérailles nationales du gouvernement Poincaré, la foule immense qui l’accompagne une dernière fois reconnait en elle une pionnière, une femme libre.

Sarah Bernhardt est une femme d’affaire qui n’hésite pas à affréter un train Pullman pour transporter sa troupe et ses 8 tonnes de malles à travers les Etats Unis. Elle invente le star système en se mettant en scène et en faisant connaitre ses lubies qui lui créent une image particulière, alimentent les gazettes et scandalisent. Elle se crée une devise « Quand même » en référence à son audace et à son mépris des conventions, devise qu’elle érige en drapeau dont on lève les couleurs dans sa résidence d’été. Elle cultive une ménagerie qui choque : elle achète un guépard, un chimpanzé qu’elle appelle Darwin, des caméléons, un grand-duc, un bôa, des grenouilles, des scarabées et même un crocodile à qui elle ne pardonnera pas d’avoir croqué un de ses 3 chiens. Elle interprète des rôles masculins : Lorenzaccio d'Alfred de Musset ou Péléas dans Hamlet ou encore le duc de Reichstadt dans l’Aiglon d’Edmond Rostand. Elle est longue et mince et sa silhouette en S promeut la mode corsetée et cambrée de l’art nouveau. Ses tenues, ses déshabillés, ses chapeaux, son rouge à lèves, sa poudre de riz : tout cela est sujet à scandales mais détaillés dans les feuillets de mode que les femmes s’arrachent et copient dans le monde entier.

Elle a tout de suite compris l’intérêt de la publicité. Pour promouvoir la pièce Phèdre, elle enregistre avec thomas Edison à New York une lecture de la pièce. Elle prétend dormir dans un cercueil avec des lys blancs à la main au dessous d’un miroir orné d’une figure de vampire et s’y fait photographier afin d’en vendre les visuels sous forme de photos et de cartes postales. Elle utilise les talents de fameux photographe Nadar pour l'immortaliser dans ses rôles principaux. Et bien sûr elle veille aux affiches de ses pièces. C’est ainsi qu’elle rencontre Alphonse Mucha. L’artiste est arrivé à paris en 1887 et a débuté une carrière d’illustrateur. En 1894 il se trouve dans l'atelier de l'imprimeur Lemercier, quand Sarah Bernhardt appelle pour demander une affiche pour la pièce Gismonda, de Victorien Sardou qui se joue au Théâtre de la Renaissance dont elle est devenue la propriétaire quelques mois plus tôt. Elle cherche à mobiliser un public réticent pour la prochaine représentation du 4 janvier 1895. Aucun des affichistes de renom n'est disponible alors Mucha reçoit la commande et un délai de quarante-huit heures. A la livraison, l’imprimeur est réticent car l’affiche de Mucha est révolutionnaire. Par son format étroit et tout en longueur, sa composition avec le personnage encadré dans une arche avec le visage entouré d’une couronne de fleurs et ses couleurs en camaïeu mordorés. Sarah Bernhardt adore ! Elle déclare : « Ah ! Que c’est beau ! Dorénavant, vous travaillerez pour moi, près de moi. Je vous aime déjà ». Le public aussi est séduit et va jusque chez l’éditeur pour acheter l’affiche. Sarah Bernhardt signe avec Mucha un contrat de 6 ans pour la réalisation des affiches, des décors de scène et des costumes et les bijoux qui vont avec.

Pour Lorenzaccio, il lui dessine un large collier dont les motifs font écho au brocart du costume, il imagine des ornements de cheveux complexe composés de disque colorés de pierres, de verre ou d’émail et garnis de chaines qui transforme la femme en figure allégorique notamment pour la revue d’art La Plume.

Pour la création des Bijoux, Mucha a rencontré l’orfèvre et joaillier parisien Georges Fouquet qui a repris la boutique de son père en 1895 et est déterminé à renouveler le style de sa Maison. Leur collaboration permettra la création de bijoux fabuleux.

Parmi les bijoux Mucha-Fouquet le bracelet serpent créée en 1898, pour le rôle de Médée est un exemple extraordinaire : la tête est sertie d'une mosaïque d'émail, d'opales, de rubis et de diamants et repose sur le dos de la main, le corps du serpent s’enroule autour du poignet et la queue remonte sur le bras. Il est relié par une série de chaînes à un autre «serpent» qui est un anneau de doigt, la tête tournée pour faire face à celle du bracelet. L’imposant bijou est rendu flexible par un système discret de charnières. On ne sait pas exactement quand Sarah Bernhardt le vend mais il est racheté en 1964 par Joan «Tiger» Morse une styliste américaine avant de devenir la propriété de l'actrice Marlene Dietricht qui le vend aux enchères chez Christies Genève. Ce bracelet est aujourd’hui au Japon dans la collection permanente du musée Alphonse Mucha de Sakai City. Bien que ce bracelet iconique soit une pièce unique conçue pour Sarah Bernhardt, il existerait en fait trois versions du bracelet dans les archives Fouquet. Dont l'une créée en 1900 aurait été vendue aux enchères en 1989. 

Fouquet demande à Mucha de créer une collection de bijoux pour le stand Fouquet de l’Exposition internationale de Paris en 1900. Et un an plus tard lui commande la décoration Art nouveau de la boutique Fouquet au n° 6 de la rue Royale, véritable manifeste de son vocabulaire esthétique aujourd’hui conservé et reconstitué au musée Carnavalet à Paris.

En 1899 c’est René Lalique que Sarah Bernhardt sollicite pour lui créer les bijoux de son rôle de Mélissinde dans La Princesse Lointaine. Il va réaliser un pendentif en or, émail, diamants et améthyste mais surtout une couronne fermée, en métal argenté, surmonté de cinq motifs trilobés ornés de perles et pierres fantaisie avec une grande plaque en métal doré sur le devant ornée de médaillons de verre coloré imitant les pierres précieuses. Le tour de tête est décoré de turquoises et perles fantaisies et de chaque côté de la couronne, un serre-tête représente deux grands bouquets de fleurs de lys à semis de perles de fantaisie et pistils de verres brillants. Le serre-tête est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque-Musée de l'Opéra. Ce magnifique bijou de théâtre  a surement été réalisé entièrement par Lalique mais on sait que Sarah Bernhardt elle-même en a surveillé tous les détails et a demandé à Mucha d’en faire des dessins au même titre que le décor et les costumes de la pièce. Pour ce rôle de Melissinde Mucha et Fouquet lui créeront une broche en or,  émail, rubis, diamant et perle

En 1900, elle achète à Lalique le pendentif L’Aiglon en or, émail, perle et rubis pour célébrer le rôle qu’elle interprète dans la pièce d’Edmond de Rostand et que l’on peut voir aujourd’hui aux Musée des Arts décoratifs.

Sarah Bernhardt accordait une grande importance aux bijoux, qu’elle aimait volumineux et voyant. Elle porte une bague en os dans Cléopâtre comme bijou fétiche Quand elle demande un enfant à Victor Hugo, il lui envoie une de ses larmes sous la forme d’un gros diamant sur un bracelet. Elle orne la carapace de sa tortue préférée de topazes et de diamants. Elle met un fil d’or à la patte de ses scarabées qui se promènent sur ses épaules comme des pierres précieuses vivantes. Et quand elle devient myope, elle se fait créé des face à main en or, rubis et perle dont on peut encore voir un exemplaire au musée de la lunette à Morez dans le Jura.

Sarah Bernhardt s’essaiera au cinéma muet et parlant dès 1900. Elle sera distinguée Chevalier de la légion d’honneur en 1914 pour avoir « répandu la langue française dans le monde entier » et meurt en 1923 sur le tournage de La voyante de Sacha Guitry. Elle est l'une des très rares artistes françaises à avoir son étoile sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles.

Sarah Bernhardt disait « Il faut haïr très peu, car c'est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent, mais ne jamais oublier ». Elle est inoubliable.

Ainsi se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. Si cette histoire vous a plus envoyez moi plein de bisous sur les réseaux sociaux d’Il était une fois le bijou et encouragez moi en partageant les bijoux bisous tout autour de vous.

A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir.

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