Il était une fois... le bijou

le bijou comme un bisou #56 les lois somptuaires contre le luxe

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16min |12/07/2020
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16min |12/07/2020
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Description

Il était une fois les lois somptuaires

Au cours des siècles, des lois somptuaires ont été promulguées pour règlementer les habitudes de consommations et légiférer sur l’utilisation du luxe. 

Leur utilité ? Comme au final elles ont été suivies de façons sporadiques ou carrément négligées, on peut douter de leur utilité pratique. Aussi faut-il se référer à l’esprit de ces lois pour les comprendre. 

Le 1e objet est politique, il s’agit souvent de financer les guerres en recyclant les métaux du luxe en armement ou en monnaie ou encore de donner une exception de magnificence au pouvoir censé représenter la richesse d’un Etat aux yeux de ses voisins qui potentiellement pourrait l’assiéger.

Le second objet des lois somptuaires est de rendre visible l’ordre social dans l’objectif de fixer chaque catégorie à l’identique et d’empêcher la pyramide du pouvoir de s’effondrer. Derrière ces interdictions il y a souvent une mesure protectionniste des industries nationales par la volonté de limiter les importations de denrées qui par leur rareté relèvent du domaine du luxe.

Un troisième objectif des lois somptuaires est de garantir un ordre moral. Quand tout va mal on s’en prend au luxe dont la superfluité devient synonyme de folles dépenses et s’oppose à la charité. 

Dans notre époque moderne, la fiscalité a remplacé les lois somptuaires. La TVA sur les produits de luxe de 33 % 1/3 créé en 1954 a pourtant disparu en 1992. Et l’ISF, l'impôt de solidarité sur la fortune a été transformé en un impôt sur la fortune immobilière (IFI) en 2018. 

Je ne suis pas fiscaliste mais je m’interroge. La joaillerie que j’aime appartient au domaine du luxe. Mais les joailliers que je présente qu’ont-ils en commun avec les 27,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires de LVMH, ou les 12,1 de Kering qui pourtant hissent la France en tête du classement des sociétés productrice du luxe mondial ?

Ne risque-t-on pas aujourd’hui après cette période d’immobilisme inédite du covid qui va provoquer et provoque déjà nombre de dépôts de bilan et de licenciements, assister à une montée de bouclier contre le luxe taxé de superfétatoire sans considération des métiers d’excellence qui le nourrissent et des mains qui le créent ?

C’est pourquoi je vous propose une plongée dans l’histoire des lois somptuaires et de leur motivation. 

Le mot « somptuaire » vient du latin « sumptus » qui veut dire la dépense, ces lois visent donc à limiter les dépenses des particuliers. 

Zaleucos de Locres, législateur mythique de la Grèce antique du VIIᵉ siècle av. J.-C créa une des premières lois pour limiter les marques extérieures de richesses. Il préconisait notamment que « nulle femme libre ne doit arborer des bijoux d'or sur elle ni porter une robe brodée à moins qu'elle soit établie comme prostituée et que nul homme ne doit porter de bague en or » 

Dans la Rome antique la première loi somptuaire fut votée en 215 avant JC. Elle s’appelait Lex Oppia.

A l’époque, Hannibal a infligé de lourdes défaites à la république romaine qui en plein milieu de la seconde guerre punique, ne trouve rien de mieux à faire qu’à limiter le luxe des femmes. La Lex Oppia prévoit que les femmes n’ont plus le droit de porter plus d’une demi-once d’or sur elles ce qui équivaut à 13 grammes. Les vêtements multicolores leur sont interdits. Et elles ne peuvent plus utiliser de voiture tirée par des chevaux dans l’enceinte de Rome. On ne voit pas trop comment ces limitations peuvent soutenir le moral de la République. Mais il est à noter que le premier mouvement d’un Etat qui perd sa fierté est de s’en prendre aux femmes par le biais de leur parure. Comme si il y avait une logique à, d’une part, considérer les femmes comme impropres à la citoyenneté, et de l’autre à décrédibiliser leur possession comme ayant un impact négatif sur l’Etat.

Cet illogisme n’était pourtant pas dénué de fondement car cette loi est restée célèbre par son abrogation. En effet, les romaines avaient d’abord obéi à la loi, sentant bien qu’en temps de guerre le luxe offense, mais en 195 avant JC, Rome ayant recouvré sa richesse, les romaines se regroupent et vont jusqu’au Sénat demander l’abrogation de la Lex Oppia. Tite-Live raconte « Elles allèrent en masse assiéger la porte des tribuns, qui s’opposaient à la motion de leurs collègues et elles ne s’éloignèrent qu’après avoir obtenu leur désistement ». Cette première manifestation féministe restera dans les mémoires et le consul Caton l’Ancien en s’adressant aux femmes au Sénat exprimera cette peur des femmes en disant "Extemplo simul pares esse coeperint, superiores erunt" ce qui veut dire "Dès qu'elles seront égales, elles seront supérieurs à nous".

Les lois somptuaires ne s’arrêteront pourtant pas. Il y aura les lois Orchia, Antia, Licinia, Didia, OEmilia, etc., qui limitent la toilette, les vêtements, les repas, les bijoux… bref toutes les marques extérieures de richesse quand Rolex n’existait pas.

En 22, à Rome les sénateurs Quintus Haterius et Octavius Fronton s’insurgent contre «le luxe régnant parmi les citoyens» et propose d’interdire d’utiliser de la vaisselle d’or pour les repas, de réduire l’argenterie, le nombre d’esclaves et le mobilier. Mais comme l’époque était à l’abondance, ces propositions n’auront pas de suite. 

Au Moyen Age en Italie les ordonnances somptuaires explosent entre le XIIIe et le XVIe siècle. Plus de 300 lois contre le luxe régissent les cérémonies privées, les banquets, les mariages, les funérailles et surtout les vêtements et les ornements féminins. 

Au Japon à l’époque d'Edo ou ère Tokugawa les lois somptuaires ont pour but de limiter les impayés des samourais dont se plaignent leurs fournisseurs.

Et en Bavière ce sera le prince Maximilien-Joseph III de Bavière au XVIIIe qui essaiera de légiférer contre les excès de l’art baroque.

La France est l'un des pays où les lois somptuaires ont été les plus nombreuses.

Louis 1er commence en 817 par interdire aux évêques tout habillement mondain, les robes de soie ou les ornements d'or.

Philippe III le Hardi, en 1279 limite le nombre de vêtements et leur coût par rapport à leur possession en terre et en meuble, c’est-à-dire clairement que l’on doit avoir l’apparence de son statut social.

Philippe IV dit Philippe Le Bel de 1224 à 1294 promulgue plusieurs lois qui interdisent les voitures, les fourrures et les pierres précieuses aux bourgeois et défend aux orfèvres de fabriquer de la vaisselle d’or et d’argent aux clients qui n’ont pas un revenu de 6000 livres tournois. Et en 1310, il ordonne carrément à tous sans exception de porter la moitié de leur vaisselle de métal précieux à La Monnaie (c’est-à-dire à la banque centrale de l’époque qu’il est en train de créer).

François 1er fera interdire de vendre les étoffes précieuses à ceux qui ne sont pas princes, grands seigneurs ou ecclésiastique. Comme par ailleurs, il fait créer le Camp du drap d’or pour éblouir son rival Henri VIII, cette disposition est clairement une façon de créer des distances sociales. Par la suite il réservera le velours et la soie aux enfants de France. Le luxe devient alors synonyme de pouvoir royal. Dans l'édit de 1521 où il dépouille même le clergé en ordonnant de porter l'argenterie à la monnaie pour la fondre, il affirme ce pouvoir absolu en reprenant les marqueurs de luxe auprès de la caste supérieure qu’il a créé.

Henri II, Charles IX et Henri III promulgueront aussi leurs lois somptuaires qui interdiront pêle-mêle la parure à certaines catégories sociales, la futilité à tous ou l’importation des matières comme la soie. Leur croyance est que le luxe distingue le pouvoir en le rendant reconnaissable, Henri III parle même d’usurpation des habillements et se désole qu’«  Il n’y a à présent aucune distinction entre les roturiers et les Nobles, soit pour le regard de leurs personnes ou de leurs femmes : lequel désordre engendre une confusion telle qu’on ne peut discerner les uns d’avec les autres. » Ce qui montre que ces lois n’ont que peu d’effet et fait dire à Montaigne : « Que les Rois commencent à quitter ces despences, ce sera faict en un mois, sans edicts et sans ordonnance : nous irons tous apres. La Loy devroit dire, au rebours, que le cramoisy et l’orfevrerie est défendüe à toute espece de gens, sauf aux basteleurs et aux courtisanes. »

Henri IV avec la loi somptuaire de 1604, défend l'or et l'argent dans le vêtement à tous les sujets du royaume, sauf aux filous et aux femmes de joie en qui, car "nous ne prenons pas assez d'intérêt pour leur faire l'honneur de donner attention à leur mise". Ce qui ne l’empêche pas de laisse ses maitresses se parer et d’offrir de magnifique bijoux à Gabrielle d’Estrées. On sait par ailleurs qu’il faisait peu attention à sa mise et qu’il ne se souciait que de son panache qu’il accrochait avec un bijou. Son luxe à lui est de constituer le trésor de la Bastille pour faire face à toute déclaration de guerre de ses voisins. Son intention est que le luxe est au service public, il déclare « Nostre Noblesse, laquelle deust conserver ses biens et moyens à eux delaissez par leurs ayeuls, pour l’employer avec honneur au service et bien de cet Estat, duquel elle est le principal soutien. »

Les édits de 1613, 1623, 1629, 1633, 1634 et 1639 de Louis XIII régissent aussi le costume, mais on sait que c’était un roi qui aimait la simplicité. Il déclare “La licence, née dans la confusion de la guerre, a été suivie du luxe, qui a pris un tel accroissement par la connivence des magistrats, qu’il est pour réduire ce royaume à une langueur mortelle”.C’est aussi un roi pieux et son édit de 1639, interdit toutes broderies et passements de métal précieux, dentelles, perles, boutons de métal et autres produits de luxe, à l’exception de leur utilisation dans les églises.

Louis XIV, le roi le plus luxueux, sera aussi celui qui édictera le plus de lois, édits et déclarations contre le luxe. Lui qui exige une cour chamarrée dénonce en 1660 le luxe des habits, carrosses et ornements et se pose comme un pater familias qui défend ses enfants contre eux même 

Plus grave, il déclare : « Le tort est bien partagé entre les fabricants-vendeurs tentateurs, et les clients pris à ce miroir aux alouettes ». Après avoir accusé le commerce d’incitation au gaspillage par le luxe, il crée des interdictions protectionnistes et déclare « Il faut donc interdire ou taxer fortement les achats et importations venus du dehors en ce domaine. Il faut décourager le marché des produits du luxe vestimentaire et ostentatoire par des mesures coercitives assorties de menaces de confiscation et d’amendes, avec prime versée à la délation. »

Il est à noter que les lois somptuaires de Louis XIV destinés à limiter le luxe pour garder la richesse de l’Etat auront les effets contraires. A partir de la révocation de l’Édit de Nantes ; l’édit de 1687, pour éviter la fonte du métal précieux, et l’édit du 29 mars 1700 qui fait défense de porter des diamants, perles et pierres précieuses ne feront a contrario qu’accentuer les difficultés économiques.

La question du luxe soulève les notions d’avoir et d’être.

Déjà au XVIIe, Pierre Le Moyne écrivait : « Que sert-il de luire et d’être paré, si l’on a pas en dedans des parures qui répondent à celles de dehors ? » 

Aujourd’hui particulièrement ces notions se télescopent et peinent à se conjuguer. Elles se voient dans la méfiance des millénials envers les marques, leur attention pour une consommation plus authentique de biens produits en prenant en compte les impacts sociétaux et environnementaux. Bien plus forte qu’une loi somptuaire, la sélection des consommateurs peut révolutionner et a déjà commencer à faire muter le luxe.

Encore faut-il que cette voix soit éclairée. 

Comment se faire une opinion claire quand les groupes de luxe sont aujourd’hui devenu tellement tentaculaires qu’ils en deviennent supra étatique et qu’une décision d’événement impacte d’innombrable métiers, une ville entière, voire même la place d’un pays dans l’échelle de valeur.

Comment être certain de produire juste quand on a d’un côté des super riches dont le nombre explose et des citoyens qui ont tout perdu en quelque mois d’immobilité sanitaire ?

Comment consommer juste quand le luxe et le bijou paraissent superfétatoires au regard de ceux qui peine à joindre les 2 bouts ?

Il faut alors considérer le produit de luxe, et donc le bijou, comme le résultat de nombreux savoir faire qui continuent à donner à la France une place d’exception.

On peut se tourner vers des artisans et des créateurs qui non seulement produisent à côté de chez vous mais également créeront un bijou qui sera authentiquement le votre, unique, par leur connaissance de la matière, par le travail de leur main et par l’attention qu’ils savent porter à chacun de leur client quelque soit leur moyen et leur envie.

On peut se tourner vers les maisons de vente ou les antiquaires, qui non seulement permettent d’acquérir des objets précieux à un prix juste mais encore offre la possibilité de sauvegarder un patrimoine et des savoir-faire d’antan.

Il faut célébrer les joies de la vie, petites ou grandes, en offrant un objet précieux, un bijou, qui représente bien plus que ce que l’argent peut acheter et que l’on pourra transmettre.

Il faut accepter de se dire que ce n’est pas en se privant que les autres vont mieux et que la consommation d’un luxe carrément raisonnée comme l’est l’achat d’un bijou chez un joaillier à un sens : encenser des savoir faire, faire travailler des artisans et célébrer la vie aujourd’hui et pour le futur.

Bien sûr s’acheter un bijou n’est pas la solution même à un seul problème. Mais le discours de la vanité ne doit pas obérer la réalité d’un secteur constitué en grande partie d’artisans et de petites structures qu’une fausse pudeur consommatrice enfoncerait encore davantage dans une incertitude et une fragilité qui pourrait être fatale à des savoir faire qui en disparaissant paupériseraient tout une économie en plus de la renommé que notre pays a mis des siècles à acquérir.

C’est par ce plaidoyer en faveur d’un secteur que j’aime que se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous invite à me faire part de votre opinion sur l’Instagram ou la page Facebook d’il était une fois le bijou ou sur le profil Linkedin à mon nom Anne Desmarest de Jotemps. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. 

Si vous voulez m’encouragez, partager ce podcast et les bijoux bisous tout autour de vous.

A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir.

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Il était une fois les lois somptuaires

Au cours des siècles, des lois somptuaires ont été promulguées pour règlementer les habitudes de consommations et légiférer sur l’utilisation du luxe. 

Leur utilité ? Comme au final elles ont été suivies de façons sporadiques ou carrément négligées, on peut douter de leur utilité pratique. Aussi faut-il se référer à l’esprit de ces lois pour les comprendre. 

Le 1e objet est politique, il s’agit souvent de financer les guerres en recyclant les métaux du luxe en armement ou en monnaie ou encore de donner une exception de magnificence au pouvoir censé représenter la richesse d’un Etat aux yeux de ses voisins qui potentiellement pourrait l’assiéger.

Le second objet des lois somptuaires est de rendre visible l’ordre social dans l’objectif de fixer chaque catégorie à l’identique et d’empêcher la pyramide du pouvoir de s’effondrer. Derrière ces interdictions il y a souvent une mesure protectionniste des industries nationales par la volonté de limiter les importations de denrées qui par leur rareté relèvent du domaine du luxe.

Un troisième objectif des lois somptuaires est de garantir un ordre moral. Quand tout va mal on s’en prend au luxe dont la superfluité devient synonyme de folles dépenses et s’oppose à la charité. 

Dans notre époque moderne, la fiscalité a remplacé les lois somptuaires. La TVA sur les produits de luxe de 33 % 1/3 créé en 1954 a pourtant disparu en 1992. Et l’ISF, l'impôt de solidarité sur la fortune a été transformé en un impôt sur la fortune immobilière (IFI) en 2018. 

Je ne suis pas fiscaliste mais je m’interroge. La joaillerie que j’aime appartient au domaine du luxe. Mais les joailliers que je présente qu’ont-ils en commun avec les 27,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires de LVMH, ou les 12,1 de Kering qui pourtant hissent la France en tête du classement des sociétés productrice du luxe mondial ?

Ne risque-t-on pas aujourd’hui après cette période d’immobilisme inédite du covid qui va provoquer et provoque déjà nombre de dépôts de bilan et de licenciements, assister à une montée de bouclier contre le luxe taxé de superfétatoire sans considération des métiers d’excellence qui le nourrissent et des mains qui le créent ?

C’est pourquoi je vous propose une plongée dans l’histoire des lois somptuaires et de leur motivation. 

Le mot « somptuaire » vient du latin « sumptus » qui veut dire la dépense, ces lois visent donc à limiter les dépenses des particuliers. 

Zaleucos de Locres, législateur mythique de la Grèce antique du VIIᵉ siècle av. J.-C créa une des premières lois pour limiter les marques extérieures de richesses. Il préconisait notamment que « nulle femme libre ne doit arborer des bijoux d'or sur elle ni porter une robe brodée à moins qu'elle soit établie comme prostituée et que nul homme ne doit porter de bague en or » 

Dans la Rome antique la première loi somptuaire fut votée en 215 avant JC. Elle s’appelait Lex Oppia.

A l’époque, Hannibal a infligé de lourdes défaites à la république romaine qui en plein milieu de la seconde guerre punique, ne trouve rien de mieux à faire qu’à limiter le luxe des femmes. La Lex Oppia prévoit que les femmes n’ont plus le droit de porter plus d’une demi-once d’or sur elles ce qui équivaut à 13 grammes. Les vêtements multicolores leur sont interdits. Et elles ne peuvent plus utiliser de voiture tirée par des chevaux dans l’enceinte de Rome. On ne voit pas trop comment ces limitations peuvent soutenir le moral de la République. Mais il est à noter que le premier mouvement d’un Etat qui perd sa fierté est de s’en prendre aux femmes par le biais de leur parure. Comme si il y avait une logique à, d’une part, considérer les femmes comme impropres à la citoyenneté, et de l’autre à décrédibiliser leur possession comme ayant un impact négatif sur l’Etat.

Cet illogisme n’était pourtant pas dénué de fondement car cette loi est restée célèbre par son abrogation. En effet, les romaines avaient d’abord obéi à la loi, sentant bien qu’en temps de guerre le luxe offense, mais en 195 avant JC, Rome ayant recouvré sa richesse, les romaines se regroupent et vont jusqu’au Sénat demander l’abrogation de la Lex Oppia. Tite-Live raconte « Elles allèrent en masse assiéger la porte des tribuns, qui s’opposaient à la motion de leurs collègues et elles ne s’éloignèrent qu’après avoir obtenu leur désistement ». Cette première manifestation féministe restera dans les mémoires et le consul Caton l’Ancien en s’adressant aux femmes au Sénat exprimera cette peur des femmes en disant "Extemplo simul pares esse coeperint, superiores erunt" ce qui veut dire "Dès qu'elles seront égales, elles seront supérieurs à nous".

Les lois somptuaires ne s’arrêteront pourtant pas. Il y aura les lois Orchia, Antia, Licinia, Didia, OEmilia, etc., qui limitent la toilette, les vêtements, les repas, les bijoux… bref toutes les marques extérieures de richesse quand Rolex n’existait pas.

En 22, à Rome les sénateurs Quintus Haterius et Octavius Fronton s’insurgent contre «le luxe régnant parmi les citoyens» et propose d’interdire d’utiliser de la vaisselle d’or pour les repas, de réduire l’argenterie, le nombre d’esclaves et le mobilier. Mais comme l’époque était à l’abondance, ces propositions n’auront pas de suite. 

Au Moyen Age en Italie les ordonnances somptuaires explosent entre le XIIIe et le XVIe siècle. Plus de 300 lois contre le luxe régissent les cérémonies privées, les banquets, les mariages, les funérailles et surtout les vêtements et les ornements féminins. 

Au Japon à l’époque d'Edo ou ère Tokugawa les lois somptuaires ont pour but de limiter les impayés des samourais dont se plaignent leurs fournisseurs.

Et en Bavière ce sera le prince Maximilien-Joseph III de Bavière au XVIIIe qui essaiera de légiférer contre les excès de l’art baroque.

La France est l'un des pays où les lois somptuaires ont été les plus nombreuses.

Louis 1er commence en 817 par interdire aux évêques tout habillement mondain, les robes de soie ou les ornements d'or.

Philippe III le Hardi, en 1279 limite le nombre de vêtements et leur coût par rapport à leur possession en terre et en meuble, c’est-à-dire clairement que l’on doit avoir l’apparence de son statut social.

Philippe IV dit Philippe Le Bel de 1224 à 1294 promulgue plusieurs lois qui interdisent les voitures, les fourrures et les pierres précieuses aux bourgeois et défend aux orfèvres de fabriquer de la vaisselle d’or et d’argent aux clients qui n’ont pas un revenu de 6000 livres tournois. Et en 1310, il ordonne carrément à tous sans exception de porter la moitié de leur vaisselle de métal précieux à La Monnaie (c’est-à-dire à la banque centrale de l’époque qu’il est en train de créer).

François 1er fera interdire de vendre les étoffes précieuses à ceux qui ne sont pas princes, grands seigneurs ou ecclésiastique. Comme par ailleurs, il fait créer le Camp du drap d’or pour éblouir son rival Henri VIII, cette disposition est clairement une façon de créer des distances sociales. Par la suite il réservera le velours et la soie aux enfants de France. Le luxe devient alors synonyme de pouvoir royal. Dans l'édit de 1521 où il dépouille même le clergé en ordonnant de porter l'argenterie à la monnaie pour la fondre, il affirme ce pouvoir absolu en reprenant les marqueurs de luxe auprès de la caste supérieure qu’il a créé.

Henri II, Charles IX et Henri III promulgueront aussi leurs lois somptuaires qui interdiront pêle-mêle la parure à certaines catégories sociales, la futilité à tous ou l’importation des matières comme la soie. Leur croyance est que le luxe distingue le pouvoir en le rendant reconnaissable, Henri III parle même d’usurpation des habillements et se désole qu’«  Il n’y a à présent aucune distinction entre les roturiers et les Nobles, soit pour le regard de leurs personnes ou de leurs femmes : lequel désordre engendre une confusion telle qu’on ne peut discerner les uns d’avec les autres. » Ce qui montre que ces lois n’ont que peu d’effet et fait dire à Montaigne : « Que les Rois commencent à quitter ces despences, ce sera faict en un mois, sans edicts et sans ordonnance : nous irons tous apres. La Loy devroit dire, au rebours, que le cramoisy et l’orfevrerie est défendüe à toute espece de gens, sauf aux basteleurs et aux courtisanes. »

Henri IV avec la loi somptuaire de 1604, défend l'or et l'argent dans le vêtement à tous les sujets du royaume, sauf aux filous et aux femmes de joie en qui, car "nous ne prenons pas assez d'intérêt pour leur faire l'honneur de donner attention à leur mise". Ce qui ne l’empêche pas de laisse ses maitresses se parer et d’offrir de magnifique bijoux à Gabrielle d’Estrées. On sait par ailleurs qu’il faisait peu attention à sa mise et qu’il ne se souciait que de son panache qu’il accrochait avec un bijou. Son luxe à lui est de constituer le trésor de la Bastille pour faire face à toute déclaration de guerre de ses voisins. Son intention est que le luxe est au service public, il déclare « Nostre Noblesse, laquelle deust conserver ses biens et moyens à eux delaissez par leurs ayeuls, pour l’employer avec honneur au service et bien de cet Estat, duquel elle est le principal soutien. »

Les édits de 1613, 1623, 1629, 1633, 1634 et 1639 de Louis XIII régissent aussi le costume, mais on sait que c’était un roi qui aimait la simplicité. Il déclare “La licence, née dans la confusion de la guerre, a été suivie du luxe, qui a pris un tel accroissement par la connivence des magistrats, qu’il est pour réduire ce royaume à une langueur mortelle”.C’est aussi un roi pieux et son édit de 1639, interdit toutes broderies et passements de métal précieux, dentelles, perles, boutons de métal et autres produits de luxe, à l’exception de leur utilisation dans les églises.

Louis XIV, le roi le plus luxueux, sera aussi celui qui édictera le plus de lois, édits et déclarations contre le luxe. Lui qui exige une cour chamarrée dénonce en 1660 le luxe des habits, carrosses et ornements et se pose comme un pater familias qui défend ses enfants contre eux même 

Plus grave, il déclare : « Le tort est bien partagé entre les fabricants-vendeurs tentateurs, et les clients pris à ce miroir aux alouettes ». Après avoir accusé le commerce d’incitation au gaspillage par le luxe, il crée des interdictions protectionnistes et déclare « Il faut donc interdire ou taxer fortement les achats et importations venus du dehors en ce domaine. Il faut décourager le marché des produits du luxe vestimentaire et ostentatoire par des mesures coercitives assorties de menaces de confiscation et d’amendes, avec prime versée à la délation. »

Il est à noter que les lois somptuaires de Louis XIV destinés à limiter le luxe pour garder la richesse de l’Etat auront les effets contraires. A partir de la révocation de l’Édit de Nantes ; l’édit de 1687, pour éviter la fonte du métal précieux, et l’édit du 29 mars 1700 qui fait défense de porter des diamants, perles et pierres précieuses ne feront a contrario qu’accentuer les difficultés économiques.

La question du luxe soulève les notions d’avoir et d’être.

Déjà au XVIIe, Pierre Le Moyne écrivait : « Que sert-il de luire et d’être paré, si l’on a pas en dedans des parures qui répondent à celles de dehors ? » 

Aujourd’hui particulièrement ces notions se télescopent et peinent à se conjuguer. Elles se voient dans la méfiance des millénials envers les marques, leur attention pour une consommation plus authentique de biens produits en prenant en compte les impacts sociétaux et environnementaux. Bien plus forte qu’une loi somptuaire, la sélection des consommateurs peut révolutionner et a déjà commencer à faire muter le luxe.

Encore faut-il que cette voix soit éclairée. 

Comment se faire une opinion claire quand les groupes de luxe sont aujourd’hui devenu tellement tentaculaires qu’ils en deviennent supra étatique et qu’une décision d’événement impacte d’innombrable métiers, une ville entière, voire même la place d’un pays dans l’échelle de valeur.

Comment être certain de produire juste quand on a d’un côté des super riches dont le nombre explose et des citoyens qui ont tout perdu en quelque mois d’immobilité sanitaire ?

Comment consommer juste quand le luxe et le bijou paraissent superfétatoires au regard de ceux qui peine à joindre les 2 bouts ?

Il faut alors considérer le produit de luxe, et donc le bijou, comme le résultat de nombreux savoir faire qui continuent à donner à la France une place d’exception.

On peut se tourner vers des artisans et des créateurs qui non seulement produisent à côté de chez vous mais également créeront un bijou qui sera authentiquement le votre, unique, par leur connaissance de la matière, par le travail de leur main et par l’attention qu’ils savent porter à chacun de leur client quelque soit leur moyen et leur envie.

On peut se tourner vers les maisons de vente ou les antiquaires, qui non seulement permettent d’acquérir des objets précieux à un prix juste mais encore offre la possibilité de sauvegarder un patrimoine et des savoir-faire d’antan.

Il faut célébrer les joies de la vie, petites ou grandes, en offrant un objet précieux, un bijou, qui représente bien plus que ce que l’argent peut acheter et que l’on pourra transmettre.

Il faut accepter de se dire que ce n’est pas en se privant que les autres vont mieux et que la consommation d’un luxe carrément raisonnée comme l’est l’achat d’un bijou chez un joaillier à un sens : encenser des savoir faire, faire travailler des artisans et célébrer la vie aujourd’hui et pour le futur.

Bien sûr s’acheter un bijou n’est pas la solution même à un seul problème. Mais le discours de la vanité ne doit pas obérer la réalité d’un secteur constitué en grande partie d’artisans et de petites structures qu’une fausse pudeur consommatrice enfoncerait encore davantage dans une incertitude et une fragilité qui pourrait être fatale à des savoir faire qui en disparaissant paupériseraient tout une économie en plus de la renommé que notre pays a mis des siècles à acquérir.

C’est par ce plaidoyer en faveur d’un secteur que j’aime que se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous invite à me faire part de votre opinion sur l’Instagram ou la page Facebook d’il était une fois le bijou ou sur le profil Linkedin à mon nom Anne Desmarest de Jotemps. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. 

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A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir.

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Au cours des siècles, des lois somptuaires ont été promulguées pour règlementer les habitudes de consommations et légiférer sur l’utilisation du luxe. 

Leur utilité ? Comme au final elles ont été suivies de façons sporadiques ou carrément négligées, on peut douter de leur utilité pratique. Aussi faut-il se référer à l’esprit de ces lois pour les comprendre. 

Le 1e objet est politique, il s’agit souvent de financer les guerres en recyclant les métaux du luxe en armement ou en monnaie ou encore de donner une exception de magnificence au pouvoir censé représenter la richesse d’un Etat aux yeux de ses voisins qui potentiellement pourrait l’assiéger.

Le second objet des lois somptuaires est de rendre visible l’ordre social dans l’objectif de fixer chaque catégorie à l’identique et d’empêcher la pyramide du pouvoir de s’effondrer. Derrière ces interdictions il y a souvent une mesure protectionniste des industries nationales par la volonté de limiter les importations de denrées qui par leur rareté relèvent du domaine du luxe.

Un troisième objectif des lois somptuaires est de garantir un ordre moral. Quand tout va mal on s’en prend au luxe dont la superfluité devient synonyme de folles dépenses et s’oppose à la charité. 

Dans notre époque moderne, la fiscalité a remplacé les lois somptuaires. La TVA sur les produits de luxe de 33 % 1/3 créé en 1954 a pourtant disparu en 1992. Et l’ISF, l'impôt de solidarité sur la fortune a été transformé en un impôt sur la fortune immobilière (IFI) en 2018. 

Je ne suis pas fiscaliste mais je m’interroge. La joaillerie que j’aime appartient au domaine du luxe. Mais les joailliers que je présente qu’ont-ils en commun avec les 27,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires de LVMH, ou les 12,1 de Kering qui pourtant hissent la France en tête du classement des sociétés productrice du luxe mondial ?

Ne risque-t-on pas aujourd’hui après cette période d’immobilisme inédite du covid qui va provoquer et provoque déjà nombre de dépôts de bilan et de licenciements, assister à une montée de bouclier contre le luxe taxé de superfétatoire sans considération des métiers d’excellence qui le nourrissent et des mains qui le créent ?

C’est pourquoi je vous propose une plongée dans l’histoire des lois somptuaires et de leur motivation. 

Le mot « somptuaire » vient du latin « sumptus » qui veut dire la dépense, ces lois visent donc à limiter les dépenses des particuliers. 

Zaleucos de Locres, législateur mythique de la Grèce antique du VIIᵉ siècle av. J.-C créa une des premières lois pour limiter les marques extérieures de richesses. Il préconisait notamment que « nulle femme libre ne doit arborer des bijoux d'or sur elle ni porter une robe brodée à moins qu'elle soit établie comme prostituée et que nul homme ne doit porter de bague en or » 

Dans la Rome antique la première loi somptuaire fut votée en 215 avant JC. Elle s’appelait Lex Oppia.

A l’époque, Hannibal a infligé de lourdes défaites à la république romaine qui en plein milieu de la seconde guerre punique, ne trouve rien de mieux à faire qu’à limiter le luxe des femmes. La Lex Oppia prévoit que les femmes n’ont plus le droit de porter plus d’une demi-once d’or sur elles ce qui équivaut à 13 grammes. Les vêtements multicolores leur sont interdits. Et elles ne peuvent plus utiliser de voiture tirée par des chevaux dans l’enceinte de Rome. On ne voit pas trop comment ces limitations peuvent soutenir le moral de la République. Mais il est à noter que le premier mouvement d’un Etat qui perd sa fierté est de s’en prendre aux femmes par le biais de leur parure. Comme si il y avait une logique à, d’une part, considérer les femmes comme impropres à la citoyenneté, et de l’autre à décrédibiliser leur possession comme ayant un impact négatif sur l’Etat.

Cet illogisme n’était pourtant pas dénué de fondement car cette loi est restée célèbre par son abrogation. En effet, les romaines avaient d’abord obéi à la loi, sentant bien qu’en temps de guerre le luxe offense, mais en 195 avant JC, Rome ayant recouvré sa richesse, les romaines se regroupent et vont jusqu’au Sénat demander l’abrogation de la Lex Oppia. Tite-Live raconte « Elles allèrent en masse assiéger la porte des tribuns, qui s’opposaient à la motion de leurs collègues et elles ne s’éloignèrent qu’après avoir obtenu leur désistement ». Cette première manifestation féministe restera dans les mémoires et le consul Caton l’Ancien en s’adressant aux femmes au Sénat exprimera cette peur des femmes en disant "Extemplo simul pares esse coeperint, superiores erunt" ce qui veut dire "Dès qu'elles seront égales, elles seront supérieurs à nous".

Les lois somptuaires ne s’arrêteront pourtant pas. Il y aura les lois Orchia, Antia, Licinia, Didia, OEmilia, etc., qui limitent la toilette, les vêtements, les repas, les bijoux… bref toutes les marques extérieures de richesse quand Rolex n’existait pas.

En 22, à Rome les sénateurs Quintus Haterius et Octavius Fronton s’insurgent contre «le luxe régnant parmi les citoyens» et propose d’interdire d’utiliser de la vaisselle d’or pour les repas, de réduire l’argenterie, le nombre d’esclaves et le mobilier. Mais comme l’époque était à l’abondance, ces propositions n’auront pas de suite. 

Au Moyen Age en Italie les ordonnances somptuaires explosent entre le XIIIe et le XVIe siècle. Plus de 300 lois contre le luxe régissent les cérémonies privées, les banquets, les mariages, les funérailles et surtout les vêtements et les ornements féminins. 

Au Japon à l’époque d'Edo ou ère Tokugawa les lois somptuaires ont pour but de limiter les impayés des samourais dont se plaignent leurs fournisseurs.

Et en Bavière ce sera le prince Maximilien-Joseph III de Bavière au XVIIIe qui essaiera de légiférer contre les excès de l’art baroque.

La France est l'un des pays où les lois somptuaires ont été les plus nombreuses.

Louis 1er commence en 817 par interdire aux évêques tout habillement mondain, les robes de soie ou les ornements d'or.

Philippe III le Hardi, en 1279 limite le nombre de vêtements et leur coût par rapport à leur possession en terre et en meuble, c’est-à-dire clairement que l’on doit avoir l’apparence de son statut social.

Philippe IV dit Philippe Le Bel de 1224 à 1294 promulgue plusieurs lois qui interdisent les voitures, les fourrures et les pierres précieuses aux bourgeois et défend aux orfèvres de fabriquer de la vaisselle d’or et d’argent aux clients qui n’ont pas un revenu de 6000 livres tournois. Et en 1310, il ordonne carrément à tous sans exception de porter la moitié de leur vaisselle de métal précieux à La Monnaie (c’est-à-dire à la banque centrale de l’époque qu’il est en train de créer).

François 1er fera interdire de vendre les étoffes précieuses à ceux qui ne sont pas princes, grands seigneurs ou ecclésiastique. Comme par ailleurs, il fait créer le Camp du drap d’or pour éblouir son rival Henri VIII, cette disposition est clairement une façon de créer des distances sociales. Par la suite il réservera le velours et la soie aux enfants de France. Le luxe devient alors synonyme de pouvoir royal. Dans l'édit de 1521 où il dépouille même le clergé en ordonnant de porter l'argenterie à la monnaie pour la fondre, il affirme ce pouvoir absolu en reprenant les marqueurs de luxe auprès de la caste supérieure qu’il a créé.

Henri II, Charles IX et Henri III promulgueront aussi leurs lois somptuaires qui interdiront pêle-mêle la parure à certaines catégories sociales, la futilité à tous ou l’importation des matières comme la soie. Leur croyance est que le luxe distingue le pouvoir en le rendant reconnaissable, Henri III parle même d’usurpation des habillements et se désole qu’«  Il n’y a à présent aucune distinction entre les roturiers et les Nobles, soit pour le regard de leurs personnes ou de leurs femmes : lequel désordre engendre une confusion telle qu’on ne peut discerner les uns d’avec les autres. » Ce qui montre que ces lois n’ont que peu d’effet et fait dire à Montaigne : « Que les Rois commencent à quitter ces despences, ce sera faict en un mois, sans edicts et sans ordonnance : nous irons tous apres. La Loy devroit dire, au rebours, que le cramoisy et l’orfevrerie est défendüe à toute espece de gens, sauf aux basteleurs et aux courtisanes. »

Henri IV avec la loi somptuaire de 1604, défend l'or et l'argent dans le vêtement à tous les sujets du royaume, sauf aux filous et aux femmes de joie en qui, car "nous ne prenons pas assez d'intérêt pour leur faire l'honneur de donner attention à leur mise". Ce qui ne l’empêche pas de laisse ses maitresses se parer et d’offrir de magnifique bijoux à Gabrielle d’Estrées. On sait par ailleurs qu’il faisait peu attention à sa mise et qu’il ne se souciait que de son panache qu’il accrochait avec un bijou. Son luxe à lui est de constituer le trésor de la Bastille pour faire face à toute déclaration de guerre de ses voisins. Son intention est que le luxe est au service public, il déclare « Nostre Noblesse, laquelle deust conserver ses biens et moyens à eux delaissez par leurs ayeuls, pour l’employer avec honneur au service et bien de cet Estat, duquel elle est le principal soutien. »

Les édits de 1613, 1623, 1629, 1633, 1634 et 1639 de Louis XIII régissent aussi le costume, mais on sait que c’était un roi qui aimait la simplicité. Il déclare “La licence, née dans la confusion de la guerre, a été suivie du luxe, qui a pris un tel accroissement par la connivence des magistrats, qu’il est pour réduire ce royaume à une langueur mortelle”.C’est aussi un roi pieux et son édit de 1639, interdit toutes broderies et passements de métal précieux, dentelles, perles, boutons de métal et autres produits de luxe, à l’exception de leur utilisation dans les églises.

Louis XIV, le roi le plus luxueux, sera aussi celui qui édictera le plus de lois, édits et déclarations contre le luxe. Lui qui exige une cour chamarrée dénonce en 1660 le luxe des habits, carrosses et ornements et se pose comme un pater familias qui défend ses enfants contre eux même 

Plus grave, il déclare : « Le tort est bien partagé entre les fabricants-vendeurs tentateurs, et les clients pris à ce miroir aux alouettes ». Après avoir accusé le commerce d’incitation au gaspillage par le luxe, il crée des interdictions protectionnistes et déclare « Il faut donc interdire ou taxer fortement les achats et importations venus du dehors en ce domaine. Il faut décourager le marché des produits du luxe vestimentaire et ostentatoire par des mesures coercitives assorties de menaces de confiscation et d’amendes, avec prime versée à la délation. »

Il est à noter que les lois somptuaires de Louis XIV destinés à limiter le luxe pour garder la richesse de l’Etat auront les effets contraires. A partir de la révocation de l’Édit de Nantes ; l’édit de 1687, pour éviter la fonte du métal précieux, et l’édit du 29 mars 1700 qui fait défense de porter des diamants, perles et pierres précieuses ne feront a contrario qu’accentuer les difficultés économiques.

La question du luxe soulève les notions d’avoir et d’être.

Déjà au XVIIe, Pierre Le Moyne écrivait : « Que sert-il de luire et d’être paré, si l’on a pas en dedans des parures qui répondent à celles de dehors ? » 

Aujourd’hui particulièrement ces notions se télescopent et peinent à se conjuguer. Elles se voient dans la méfiance des millénials envers les marques, leur attention pour une consommation plus authentique de biens produits en prenant en compte les impacts sociétaux et environnementaux. Bien plus forte qu’une loi somptuaire, la sélection des consommateurs peut révolutionner et a déjà commencer à faire muter le luxe.

Encore faut-il que cette voix soit éclairée. 

Comment se faire une opinion claire quand les groupes de luxe sont aujourd’hui devenu tellement tentaculaires qu’ils en deviennent supra étatique et qu’une décision d’événement impacte d’innombrable métiers, une ville entière, voire même la place d’un pays dans l’échelle de valeur.

Comment être certain de produire juste quand on a d’un côté des super riches dont le nombre explose et des citoyens qui ont tout perdu en quelque mois d’immobilité sanitaire ?

Comment consommer juste quand le luxe et le bijou paraissent superfétatoires au regard de ceux qui peine à joindre les 2 bouts ?

Il faut alors considérer le produit de luxe, et donc le bijou, comme le résultat de nombreux savoir faire qui continuent à donner à la France une place d’exception.

On peut se tourner vers des artisans et des créateurs qui non seulement produisent à côté de chez vous mais également créeront un bijou qui sera authentiquement le votre, unique, par leur connaissance de la matière, par le travail de leur main et par l’attention qu’ils savent porter à chacun de leur client quelque soit leur moyen et leur envie.

On peut se tourner vers les maisons de vente ou les antiquaires, qui non seulement permettent d’acquérir des objets précieux à un prix juste mais encore offre la possibilité de sauvegarder un patrimoine et des savoir-faire d’antan.

Il faut célébrer les joies de la vie, petites ou grandes, en offrant un objet précieux, un bijou, qui représente bien plus que ce que l’argent peut acheter et que l’on pourra transmettre.

Il faut accepter de se dire que ce n’est pas en se privant que les autres vont mieux et que la consommation d’un luxe carrément raisonnée comme l’est l’achat d’un bijou chez un joaillier à un sens : encenser des savoir faire, faire travailler des artisans et célébrer la vie aujourd’hui et pour le futur.

Bien sûr s’acheter un bijou n’est pas la solution même à un seul problème. Mais le discours de la vanité ne doit pas obérer la réalité d’un secteur constitué en grande partie d’artisans et de petites structures qu’une fausse pudeur consommatrice enfoncerait encore davantage dans une incertitude et une fragilité qui pourrait être fatale à des savoir faire qui en disparaissant paupériseraient tout une économie en plus de la renommé que notre pays a mis des siècles à acquérir.

C’est par ce plaidoyer en faveur d’un secteur que j’aime que se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous invite à me faire part de votre opinion sur l’Instagram ou la page Facebook d’il était une fois le bijou ou sur le profil Linkedin à mon nom Anne Desmarest de Jotemps. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. 

Si vous voulez m’encouragez, partager ce podcast et les bijoux bisous tout autour de vous.

A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir.

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Description

Il était une fois les lois somptuaires

Au cours des siècles, des lois somptuaires ont été promulguées pour règlementer les habitudes de consommations et légiférer sur l’utilisation du luxe. 

Leur utilité ? Comme au final elles ont été suivies de façons sporadiques ou carrément négligées, on peut douter de leur utilité pratique. Aussi faut-il se référer à l’esprit de ces lois pour les comprendre. 

Le 1e objet est politique, il s’agit souvent de financer les guerres en recyclant les métaux du luxe en armement ou en monnaie ou encore de donner une exception de magnificence au pouvoir censé représenter la richesse d’un Etat aux yeux de ses voisins qui potentiellement pourrait l’assiéger.

Le second objet des lois somptuaires est de rendre visible l’ordre social dans l’objectif de fixer chaque catégorie à l’identique et d’empêcher la pyramide du pouvoir de s’effondrer. Derrière ces interdictions il y a souvent une mesure protectionniste des industries nationales par la volonté de limiter les importations de denrées qui par leur rareté relèvent du domaine du luxe.

Un troisième objectif des lois somptuaires est de garantir un ordre moral. Quand tout va mal on s’en prend au luxe dont la superfluité devient synonyme de folles dépenses et s’oppose à la charité. 

Dans notre époque moderne, la fiscalité a remplacé les lois somptuaires. La TVA sur les produits de luxe de 33 % 1/3 créé en 1954 a pourtant disparu en 1992. Et l’ISF, l'impôt de solidarité sur la fortune a été transformé en un impôt sur la fortune immobilière (IFI) en 2018. 

Je ne suis pas fiscaliste mais je m’interroge. La joaillerie que j’aime appartient au domaine du luxe. Mais les joailliers que je présente qu’ont-ils en commun avec les 27,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires de LVMH, ou les 12,1 de Kering qui pourtant hissent la France en tête du classement des sociétés productrice du luxe mondial ?

Ne risque-t-on pas aujourd’hui après cette période d’immobilisme inédite du covid qui va provoquer et provoque déjà nombre de dépôts de bilan et de licenciements, assister à une montée de bouclier contre le luxe taxé de superfétatoire sans considération des métiers d’excellence qui le nourrissent et des mains qui le créent ?

C’est pourquoi je vous propose une plongée dans l’histoire des lois somptuaires et de leur motivation. 

Le mot « somptuaire » vient du latin « sumptus » qui veut dire la dépense, ces lois visent donc à limiter les dépenses des particuliers. 

Zaleucos de Locres, législateur mythique de la Grèce antique du VIIᵉ siècle av. J.-C créa une des premières lois pour limiter les marques extérieures de richesses. Il préconisait notamment que « nulle femme libre ne doit arborer des bijoux d'or sur elle ni porter une robe brodée à moins qu'elle soit établie comme prostituée et que nul homme ne doit porter de bague en or » 

Dans la Rome antique la première loi somptuaire fut votée en 215 avant JC. Elle s’appelait Lex Oppia.

A l’époque, Hannibal a infligé de lourdes défaites à la république romaine qui en plein milieu de la seconde guerre punique, ne trouve rien de mieux à faire qu’à limiter le luxe des femmes. La Lex Oppia prévoit que les femmes n’ont plus le droit de porter plus d’une demi-once d’or sur elles ce qui équivaut à 13 grammes. Les vêtements multicolores leur sont interdits. Et elles ne peuvent plus utiliser de voiture tirée par des chevaux dans l’enceinte de Rome. On ne voit pas trop comment ces limitations peuvent soutenir le moral de la République. Mais il est à noter que le premier mouvement d’un Etat qui perd sa fierté est de s’en prendre aux femmes par le biais de leur parure. Comme si il y avait une logique à, d’une part, considérer les femmes comme impropres à la citoyenneté, et de l’autre à décrédibiliser leur possession comme ayant un impact négatif sur l’Etat.

Cet illogisme n’était pourtant pas dénué de fondement car cette loi est restée célèbre par son abrogation. En effet, les romaines avaient d’abord obéi à la loi, sentant bien qu’en temps de guerre le luxe offense, mais en 195 avant JC, Rome ayant recouvré sa richesse, les romaines se regroupent et vont jusqu’au Sénat demander l’abrogation de la Lex Oppia. Tite-Live raconte « Elles allèrent en masse assiéger la porte des tribuns, qui s’opposaient à la motion de leurs collègues et elles ne s’éloignèrent qu’après avoir obtenu leur désistement ». Cette première manifestation féministe restera dans les mémoires et le consul Caton l’Ancien en s’adressant aux femmes au Sénat exprimera cette peur des femmes en disant "Extemplo simul pares esse coeperint, superiores erunt" ce qui veut dire "Dès qu'elles seront égales, elles seront supérieurs à nous".

Les lois somptuaires ne s’arrêteront pourtant pas. Il y aura les lois Orchia, Antia, Licinia, Didia, OEmilia, etc., qui limitent la toilette, les vêtements, les repas, les bijoux… bref toutes les marques extérieures de richesse quand Rolex n’existait pas.

En 22, à Rome les sénateurs Quintus Haterius et Octavius Fronton s’insurgent contre «le luxe régnant parmi les citoyens» et propose d’interdire d’utiliser de la vaisselle d’or pour les repas, de réduire l’argenterie, le nombre d’esclaves et le mobilier. Mais comme l’époque était à l’abondance, ces propositions n’auront pas de suite. 

Au Moyen Age en Italie les ordonnances somptuaires explosent entre le XIIIe et le XVIe siècle. Plus de 300 lois contre le luxe régissent les cérémonies privées, les banquets, les mariages, les funérailles et surtout les vêtements et les ornements féminins. 

Au Japon à l’époque d'Edo ou ère Tokugawa les lois somptuaires ont pour but de limiter les impayés des samourais dont se plaignent leurs fournisseurs.

Et en Bavière ce sera le prince Maximilien-Joseph III de Bavière au XVIIIe qui essaiera de légiférer contre les excès de l’art baroque.

La France est l'un des pays où les lois somptuaires ont été les plus nombreuses.

Louis 1er commence en 817 par interdire aux évêques tout habillement mondain, les robes de soie ou les ornements d'or.

Philippe III le Hardi, en 1279 limite le nombre de vêtements et leur coût par rapport à leur possession en terre et en meuble, c’est-à-dire clairement que l’on doit avoir l’apparence de son statut social.

Philippe IV dit Philippe Le Bel de 1224 à 1294 promulgue plusieurs lois qui interdisent les voitures, les fourrures et les pierres précieuses aux bourgeois et défend aux orfèvres de fabriquer de la vaisselle d’or et d’argent aux clients qui n’ont pas un revenu de 6000 livres tournois. Et en 1310, il ordonne carrément à tous sans exception de porter la moitié de leur vaisselle de métal précieux à La Monnaie (c’est-à-dire à la banque centrale de l’époque qu’il est en train de créer).

François 1er fera interdire de vendre les étoffes précieuses à ceux qui ne sont pas princes, grands seigneurs ou ecclésiastique. Comme par ailleurs, il fait créer le Camp du drap d’or pour éblouir son rival Henri VIII, cette disposition est clairement une façon de créer des distances sociales. Par la suite il réservera le velours et la soie aux enfants de France. Le luxe devient alors synonyme de pouvoir royal. Dans l'édit de 1521 où il dépouille même le clergé en ordonnant de porter l'argenterie à la monnaie pour la fondre, il affirme ce pouvoir absolu en reprenant les marqueurs de luxe auprès de la caste supérieure qu’il a créé.

Henri II, Charles IX et Henri III promulgueront aussi leurs lois somptuaires qui interdiront pêle-mêle la parure à certaines catégories sociales, la futilité à tous ou l’importation des matières comme la soie. Leur croyance est que le luxe distingue le pouvoir en le rendant reconnaissable, Henri III parle même d’usurpation des habillements et se désole qu’«  Il n’y a à présent aucune distinction entre les roturiers et les Nobles, soit pour le regard de leurs personnes ou de leurs femmes : lequel désordre engendre une confusion telle qu’on ne peut discerner les uns d’avec les autres. » Ce qui montre que ces lois n’ont que peu d’effet et fait dire à Montaigne : « Que les Rois commencent à quitter ces despences, ce sera faict en un mois, sans edicts et sans ordonnance : nous irons tous apres. La Loy devroit dire, au rebours, que le cramoisy et l’orfevrerie est défendüe à toute espece de gens, sauf aux basteleurs et aux courtisanes. »

Henri IV avec la loi somptuaire de 1604, défend l'or et l'argent dans le vêtement à tous les sujets du royaume, sauf aux filous et aux femmes de joie en qui, car "nous ne prenons pas assez d'intérêt pour leur faire l'honneur de donner attention à leur mise". Ce qui ne l’empêche pas de laisse ses maitresses se parer et d’offrir de magnifique bijoux à Gabrielle d’Estrées. On sait par ailleurs qu’il faisait peu attention à sa mise et qu’il ne se souciait que de son panache qu’il accrochait avec un bijou. Son luxe à lui est de constituer le trésor de la Bastille pour faire face à toute déclaration de guerre de ses voisins. Son intention est que le luxe est au service public, il déclare « Nostre Noblesse, laquelle deust conserver ses biens et moyens à eux delaissez par leurs ayeuls, pour l’employer avec honneur au service et bien de cet Estat, duquel elle est le principal soutien. »

Les édits de 1613, 1623, 1629, 1633, 1634 et 1639 de Louis XIII régissent aussi le costume, mais on sait que c’était un roi qui aimait la simplicité. Il déclare “La licence, née dans la confusion de la guerre, a été suivie du luxe, qui a pris un tel accroissement par la connivence des magistrats, qu’il est pour réduire ce royaume à une langueur mortelle”.C’est aussi un roi pieux et son édit de 1639, interdit toutes broderies et passements de métal précieux, dentelles, perles, boutons de métal et autres produits de luxe, à l’exception de leur utilisation dans les églises.

Louis XIV, le roi le plus luxueux, sera aussi celui qui édictera le plus de lois, édits et déclarations contre le luxe. Lui qui exige une cour chamarrée dénonce en 1660 le luxe des habits, carrosses et ornements et se pose comme un pater familias qui défend ses enfants contre eux même 

Plus grave, il déclare : « Le tort est bien partagé entre les fabricants-vendeurs tentateurs, et les clients pris à ce miroir aux alouettes ». Après avoir accusé le commerce d’incitation au gaspillage par le luxe, il crée des interdictions protectionnistes et déclare « Il faut donc interdire ou taxer fortement les achats et importations venus du dehors en ce domaine. Il faut décourager le marché des produits du luxe vestimentaire et ostentatoire par des mesures coercitives assorties de menaces de confiscation et d’amendes, avec prime versée à la délation. »

Il est à noter que les lois somptuaires de Louis XIV destinés à limiter le luxe pour garder la richesse de l’Etat auront les effets contraires. A partir de la révocation de l’Édit de Nantes ; l’édit de 1687, pour éviter la fonte du métal précieux, et l’édit du 29 mars 1700 qui fait défense de porter des diamants, perles et pierres précieuses ne feront a contrario qu’accentuer les difficultés économiques.

La question du luxe soulève les notions d’avoir et d’être.

Déjà au XVIIe, Pierre Le Moyne écrivait : « Que sert-il de luire et d’être paré, si l’on a pas en dedans des parures qui répondent à celles de dehors ? » 

Aujourd’hui particulièrement ces notions se télescopent et peinent à se conjuguer. Elles se voient dans la méfiance des millénials envers les marques, leur attention pour une consommation plus authentique de biens produits en prenant en compte les impacts sociétaux et environnementaux. Bien plus forte qu’une loi somptuaire, la sélection des consommateurs peut révolutionner et a déjà commencer à faire muter le luxe.

Encore faut-il que cette voix soit éclairée. 

Comment se faire une opinion claire quand les groupes de luxe sont aujourd’hui devenu tellement tentaculaires qu’ils en deviennent supra étatique et qu’une décision d’événement impacte d’innombrable métiers, une ville entière, voire même la place d’un pays dans l’échelle de valeur.

Comment être certain de produire juste quand on a d’un côté des super riches dont le nombre explose et des citoyens qui ont tout perdu en quelque mois d’immobilité sanitaire ?

Comment consommer juste quand le luxe et le bijou paraissent superfétatoires au regard de ceux qui peine à joindre les 2 bouts ?

Il faut alors considérer le produit de luxe, et donc le bijou, comme le résultat de nombreux savoir faire qui continuent à donner à la France une place d’exception.

On peut se tourner vers des artisans et des créateurs qui non seulement produisent à côté de chez vous mais également créeront un bijou qui sera authentiquement le votre, unique, par leur connaissance de la matière, par le travail de leur main et par l’attention qu’ils savent porter à chacun de leur client quelque soit leur moyen et leur envie.

On peut se tourner vers les maisons de vente ou les antiquaires, qui non seulement permettent d’acquérir des objets précieux à un prix juste mais encore offre la possibilité de sauvegarder un patrimoine et des savoir-faire d’antan.

Il faut célébrer les joies de la vie, petites ou grandes, en offrant un objet précieux, un bijou, qui représente bien plus que ce que l’argent peut acheter et que l’on pourra transmettre.

Il faut accepter de se dire que ce n’est pas en se privant que les autres vont mieux et que la consommation d’un luxe carrément raisonnée comme l’est l’achat d’un bijou chez un joaillier à un sens : encenser des savoir faire, faire travailler des artisans et célébrer la vie aujourd’hui et pour le futur.

Bien sûr s’acheter un bijou n’est pas la solution même à un seul problème. Mais le discours de la vanité ne doit pas obérer la réalité d’un secteur constitué en grande partie d’artisans et de petites structures qu’une fausse pudeur consommatrice enfoncerait encore davantage dans une incertitude et une fragilité qui pourrait être fatale à des savoir faire qui en disparaissant paupériseraient tout une économie en plus de la renommé que notre pays a mis des siècles à acquérir.

C’est par ce plaidoyer en faveur d’un secteur que j’aime que se termine cette histoire d’Il était une fois le bijou. Je vous invite à me faire part de votre opinion sur l’Instagram ou la page Facebook d’il était une fois le bijou ou sur le profil Linkedin à mon nom Anne Desmarest de Jotemps. Je vous souhaite une jolie semaine et vous donne rendez-vous dimanche prochain. 

Si vous voulez m’encouragez, partager ce podcast et les bijoux bisous tout autour de vous.

A bientôt pour un prochain bijou, un nouveau bisou du dimanche soir.

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