- Julien
La relation avec l’argent, je l’ai eue assez jeune, quand j’ai compris que l’argent était un outil et pas forcément un flux d’entrée et de sortie. À 18 ans, j’ai eu mon diplôme. Je rentre à la maison un soir et sur ma table de cuisine, j’avais un petit mot de mon père qui me disait « Ce soir, tu commences à minuit à la boulangerie du coin. » Tout de suite, j’ai eu mes premiers salaires et je m’en suis servi pour les mettre de côté.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Qu'est-ce qui a été le déclic ?
- Julien
Une petite crise de la quarantaine. J'avais 20 ans de métier derrière moi. Je ne voulais pas travailler à temps plein avec mes horaires jusqu'à 65-70 ans. Donc le but était de chercher à recevoir des rentes. J'ai vraiment débuté en septembre 2018. J'ai enchaîné sur plusieurs petits investissements. J'y suis peut-être allé un petit peu fort. C'est vrai qu'à l'heure actuelle, j'ai 2200 projets. Ça, je la sors à chaque fois, celle-là. C'est comme tu vas sur un bateau, tu regardes l'état du bateau, mais tu ne regardes jamais le canot de sauvetage. Donc quand je vais sur un projet, je regarde s'il peut aller au bout, mais je ne regarde jamais par contre la garantie. La garantie que j'ai, elle est sur mon portefeuille global. Je me crée ma propre garantie comme ça.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Bonjour à tous. On est très heureux de vous retrouver pour ce nouvel épisode d'Immotep, le podcast qui parle d'investissement et d'immobilier simplement. Aujourd'hui, on va parler de Julien. Julien est boulanger depuis 27 ans dans une grande surface. Il est marié, il a deux enfants et pourtant, c'est un excellent exemple de ce que doit être un investisseur. À travers son histoire et ses conseils, on va découvrir que l'investissement est vraiment accessible à tous. Bonjour Julien.
- Julien
Bonjour Hugo.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?
- Julien
Bien sûr. Alors Julien, j'ai 45 ans, je suis marié, j'ai deux enfants, un fils de 20 ans et une fille de 16 ans. Je suis employé boulanger depuis 27 ans chez Carrefour et je suis investisseur crowdfunding, donc financement participatif depuis 8 ans.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ok. Tu es investisseur en crowdfunding, tu investis dans d'autres produits ?
- Julien
Alors oui, j'investis aussi un petit peu en bourse, mais via mon plan d'épargne groupe Carrefour. On aura peut-être le cas d'en reparler tout à l'heure. Mais oui, j'ai commencé avec ça, mais j'ai découvert le financement participatif et c'est quelque chose qui m'a passionné d'entrée. Donc je suis vraiment à fond dessus et je mise beaucoup dessus.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
On va y arriver, tout ton parcours d'investisseur au sens général. Aujourd'hui, père de famille, boulanger et investisseur. Investisseur chevronné, on en a parlé pour préparer cet échange. Est-ce que tu peux nous parler finalement de ton parcours ? Typiquement, quelle était ta relation à l'argent quand tu étais enfant ? D'où tu viens ? Oui, bien sûr, comprendre un petit peu qui est Julien.
- Julien
Après, ça va être très simple. Une enfance normale, rien de plus compliqué. La relation avec l’argent, je l’ai eue assez jeune, on va dire, quand j’ai compris que l’argent était un outil et pas forcément un flux d’entrée et de sortie. Alors c’est marrant, mais j’ai ce souvenir, je devais avoir 11-12 ans dans les années 90, 92, 93, un truc comme ça. Et tous les débuts janvier, j’allais avec mes parents à la Caisse d’Épargne pour ne pas citer la banque. Et c’est vrai qu’à cette époque, on n’avait pas de numérique, encore moins Internet. On n’avait rien du tout. On avait simplement ce petit livret qui était le livret A. Et on l’amenait à chaque début d’année au guichet. Et donc, la personne nous passait le livret dans la machine et nous ressortait la ligne avec des intérêts annuels. Et j’ai ce souvenir. J’ai ce souvenir de cet argent qui travaillait, qui ramenait des intérêts.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Donc très concrètement, comment ça a marché ? Tu avais inscrit sur un livret le montant, il l'avait en banque ?
- Julien
Oui, alors tu déposais ton... À l’époque, j’ai eu la chance d’avoir une grande famille, donc j’avais un petit peu d’argent pour les fêtes de Noël, pour les anniversaires, les étrennes, donc on déposait à chaque fois. Et à chaque début d’année, on y allait, et on avait la ligne qui s’affichait, qui était donc inscrite, imprimée, et qui s’affichait avec le nombre d’intérêts qu’on avait eus. Et c’est vrai que là-dessus, je m’étais pris au jeu déjà d’imaginer si je mettais un petit peu plus, combien ça rapportait. Mais à cette époque, j’avais 12-13 ans. Et ça m’a vraiment mis le pied à l’étrier. Et ensuite, j’ai fait des petits boulots que des jeunes peuvent faire. Ramasser des fruits, faire des petits jobs dans nos campagnes. Et avec chaque fois un petit peu d’argent que j’avais déposé. Et de fil en aiguille, je me suis créé un petit pécule.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Donc déjà, la stratégie de l'écureuil...
- Julien
Déjà, il était coûté. Vraiment les tuerons, en plus. C’est ça. Mais ça a commencé comme ça. Ça a commencé comme ça, tout simplement, en fait, en déposant ses espèces et en ayant des intérêts. Et ensuite, j’ai commencé la vie active assez tôt. Enfin, assez tôt, à 18 ans, j’ai eu mon diplôme. Je me souviens aussi, j’ai eu mon diplôme au mois de juin. Je rentre à la maison un soir et j’avais sur ma table de cuisine, j’avais un petit mot de mon père qui me disait « Ce soir, tu commences à minuit à la boulangerie du coin. » Donc, j’ai attaqué directement. Et à partir de là, du coup, je n’ai jamais quitté le monde du travail. Donc là,
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Tu avais ton diplôme, tu venais d'avoir ton diplôme de boulanger. Voilà. Tu rentres, ton père t'avait trouvé le travail. Le lendemain,
- Julien
J'avais le job qui était trouvé.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ah super.
- Julien
Assez dur, assez compliqué. Mais en ce cas, dans la vie active, direct.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Et déjà, ce qu'on comprend, c'est que déjà, tu étais épargnant. Tu avais cette philosophie de dire on travaille et ce qu'on gagne, ce n'est pas fait pour flamber, c'est on met de côté.
- Julien
DDirect. C’est vrai que tout de suite, j’ai eu mes premiers salaires et je m’en suis servi pour les mettre de côté. J’ai parallèlement connu ma femme, ça fait 27 ans qu’on est ensemble aussi. Donc, on s’est connus, tout s’est passé à peu près au même moment. Et parce que l’investissement se vit aussi à deux au quotidien, on en reparlera après. Mais tout de suite, on a eu une ambition de vie qui était alignée. C’est-à-dire qu’on voulait mettre de côté. On voulait avoir, en bon père de famille, en bonne mère de famille, avoir une résidence, avoir des enfants. Et on est partis comme ça, simplement. Du coup, on a vraiment mis de côté au début pour pouvoir préparer notre petit cocon par la suite. Et tout s’est enchaîné naturellement comme ça.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Tu dirais que c'était tes parents qui t'ont donné ce sens de l'épargne et de vouloir mettre de côté ?
- Julien
Alors peut-être pas. Peut-être pas parce qu’on ne parlait pas d’argent. Bon, j’avais un père qui était artisan, une mère qui était employée, mais on ne parlait pas d’argent. C’est vraiment venu de... J’ai envie de dire de moi.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
C'est le passage au guichet.
- Julien
Oui, le passage au guichet. Franchement, je m'en souviens très bien. D'ailleurs, je ne sais pas encore si j'ai ces fameux livrets A, ces fameux carnets. Mais oui, ça a commencé comme ça.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
L'argent peut travailler pour moi en restant sur un compte.
- Julien
Oui. Et je pense que quand tu comprends ça jeune, tu as déjà compris une bonne base.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ok donc, assez rapidement, tu as commencé à investir. Quels sont tes premiers placements ?
- Julien
Alors j'ai 18 ans, donc je travaille peu de temps. Je travaille six mois en artisanat. Et j'ai la chance d'avoir un poste en grande surface. Chose qui était importante quand j'étais jeune, parce que ça me laissait les week-ends de libre.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ce qui n'est pas le cas quand tu es dans l'artisanat.
- Julien
Ce qui n'est pas le cas exactement. En plus, c'est que des horaires vraiment plus... Là, j'ai des horaires qui sont matinaux, mais là, c'était vraiment de la fin de soirée.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
C'était quoi les horaires ?
- Julien
Alors, artisana, c'était 00h et 11h. Quand j'avais de la chance de finir à 11h, sinon c'était minuit et midi. Après, je passais plus sur un 5h du matin, midi, en grande surface. Donc, j'ai intégré le groupe Carrefour. Je suis au même magasin, au même endroit depuis 27 ans. Et comme la plupart des entreprises, des grandes entreprises, il y a un plan d'épargne groupe qui était proposé et qui est toujours proposé aux employés. Donc, mon premier investissement a été via ce support. Donc, en plaçant des primes, l'intéressement, en abondant un petit peu avec de l'argent. Et le gros intérêt, c'est d'avoir un abondement entreprise dessus. Donc, nous, on est entre 20 et 40 % en plus de la somme que l'on dépose. Et qui ensuite travaille sur un fonds. Alors, au tout début, je ne savais pas trop dans quoi j'investissais. Maintenant, j'ai bien compris le fonds. Donc c'est de la bourse, mais c'est vrai que c'est un support qui est, je vois dans mon entourage professionnel, qui est peu utilisé. J'ai envie de dire presque méconnu et qui pourtant est un des meilleurs supports pour des employés.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Fiscalement très intéressant.
- Julien
Fiscalement et puis même au niveau rendement.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Alors tu as un abondement effectivement.
- Julien
Exactement. Déjà là, d'entrée, tu prends 20%, de 20 à 40. Et ensuite, tous les ans, c'est un joli pourcentage. Donc, premier investissement a été là.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Tu regardes le détail à cette époque-là, sur quoi c'est placé ?
- Julien
Non du tout. En plus, c'est le milieu bancaire. C'est vrai que les noms sont assez vagues. Moi, j'avais un... Et c'est toujours un carrefour équilibre, un carrefour long terme, un carrefour court terme. Donc voilà, tu as court, long, moyen. Donc non, je ne regardais pas du tout. Maintenant, ça m'intéresse, donc je vais regarder. Et je me penche vraiment dessus. M ais c'était vague au début c'était très vague t'as commencé à investir grâce à Carrefour
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Tu as 18 ans. C'est quoi les prochaines étapes de ta vie d'investisseur, si on suit vraiment le fil chronologique ?
- Julien
Comme je disais au tout début, on s'est rencontrés tôt avec ma femme, et n, c'était d'avoir la maison. J'ai eu d'ailleurs un choix qui devait être fait très jeune, justement vers les 18 ans. C'était soit je me mettais artisan. J'avais une proposition de mon village pour ouvrir une boulangerie. Donc, soit je me mettais artisan et dans ce cas-là, je passais toute ma vie dedans à essayer d'entreprendre. Soit sinon, je restais employé et on créait et on faisait notre foyer. On a fait le choix du foyer. Voilà. Donc, en fait, pendant six ans, mais un peu plus, presque huit ans.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Pourquoi c'était incompatible de créer ton foyer et d'être artisan ?
- Julien
Parce qu'il fallait apporter de l'argent.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Il fallait apporter de l'argent. Pour créer ton foyer,
- Julien
Oui, Et donc, concrètement, dès le début, on a voulu épargner pour fonder notre résidence principale. Et donc, de 2000 à 2006, on a vraiment été en phase d'accumulation.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
On serre la ceinture.
- Julien
Oui, oui, oui. Ah mais oui, non, mais c'est vrai qu'on a eu une jeunesse à 20 ans, de 20 jusqu'à 25 ans, qui était économe. Très, très économe. Ah ouais, ouais. Alors pas radin, mais très économe. C'est vrai qu'on sortait très peu. On avait peu de passion. On a vraiment économisé. Ensuite, 2006, on a eu une période, donc 2006-2012, où là, c'était la construction. Donc, on a eu déjà notre fils en 2006. Ensuite, on a construit notre meilleure résidence principale, une maison. Le capital nous a servi justement à avoir moins de crédit. Tout était pensé vraiment long terme. Donc on a eu moins de crédit, tout s'est enchaîné comme ça.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Donc là, tu as un profil investisseur ultra sécurisé.
- Julien
Oui.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
L'objectif, c'est d'avoir du capital qui s'accumule. Exactement. Avec des intérêts pour dire qu'il n'est pas stocké pour rien. Et l'objectif, c'est ma RP. Exactement. Pour une famille, donc les enfants et tous les coûts associés aux enfants.
- Julien
RP, j'ai pu débloquer tout ce que j'avais mis depuis 8 ans sur mon fonds groupe.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ok.
- Julien
Donc ça, ça m'a servi. Et ensuite, on est allé plus loin. Donc en 2006, 2008. 2006,
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
t'as quel âge ?
- Julien
2006, j'ai 25 ans. Donc 25 ans, on fait notre maison. On la construit au maximum. Premier enfant en 2006. On construit notre maison en moins d'un an. On fait le maximum, nous, toujours pour réduire un peu les coûts.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Vous partez d'un champ vierge ?
- Julien
Oui, c'est ça. On construit... Et ensuite, 2010, notre fille, 2012, mariage. Donc vraiment, 2006-2012, ça a été de la construction. Construction que ce soit foyer, matrimonial, voilà. Et ensuite, 2012 jusqu'à 2018, on a consolidé, c'est-à-dire qu'on a repris un peu du capital. On a repris un peu du souffle aussi dans notre foyer. Et voilà, ça s'est fait comme ça progressivement. Je ne sais pas pourquoi, par tranche de 6 ans, 2000-2006, 2006-2012, voilà. Mais ouais, ouais, en fait, je m'en suis aperçu comme ça en pensant... C'est vrai que ça a vraiment été des cycles de 6 ans et jusqu'en 2018 où après, j'ai repris un peu le fil de l'investissement.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ok, donc jusqu'en 2018, investissement, enfin, épargne, la différence épargne, investissement qui est importante, épargne, on met de côté, on sécurise. investissement, on place pour que ça travaille de façon parfois plus agressive, plus performante. Donc, jusqu'en 2018, épargne, sécuriser au maximum, matelas de sécurité, point hyper important.
- Julien
J'ai repris ce qu'on avait démarré quasiment 20 ans avant, c'est-à-dire reparti sur un plan d'épargne, du capital, enfin, recharger un peu les batteries.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
E t donc là 2018 tes deux enfants sont nés, tu as une assise financière qui commence à être un peu plus confortable, la maison commence à être payée, tu décides de repartir sur de l'investissement. Finalement, pourquoi 2018 ? Qu'est-ce qui a été le déclic ? C'est ça, c'est le fait que tu aies le matelas ?
- Julien
Une petite crise de la quarantaine ? Non, non, non. Plus sérieusement, je pense que j'avais 20 ans de métier derrière moi, avec un emploi de nuit, un emploi assez compliqué, parfois. Et la question a été est-ce que j'ai envie de faire ça 25 ans, 30 ans ? Avec la vision de la retraite, on sait comment sera la retraite. On savait déjà il y a 10 ans comment ça allait être. Là, on voit très bien qu'on ne pourra pas en avoir, quasiment pas en avoir. Donc la question était vraiment là-dessus. Mon objectif était clair, c'est-à-dire que je ne voulais pas travailler à temps plein avec mes horaires. tout ce qui peut être lié à cet emploi jusqu'à 65-70 ans. Donc, le but était de chercher à recevoir des rentes.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
T'acheter ta liberté.
- Julien
Voilà, exactement. OK, exactement.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
OK,
- Julien
voilà.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Donc là, c'est le moment où tu prends conscience de la route à venir. Et c'est le moment où tu te dis, OK, j'arrête d'être épargnant. Je passe vraiment investisseur.
- Julien
Oui, Ça, ça a été clair avec vraiment un objectif. C'est peut-être pas de pouvoir arrêter de travailler. Ça, c'est l'objectif ultime, vraiment la liberté financière. Mais c'est de pouvoir réduire.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Très concrètement, la stratégie, c'est quoi ? Tu avais une grosse enveloppe de côté et tu as tout placé ? Ou tu t'es dit, tous les mois, je vais mettre un petit peu. Et si c'est un petit peu, finalement, c'est quel pourcentage de ton salaire ? Comment tu as construit ton profil d'investisseur ?
- Julien
Alors là, j'avais effectivement du capital de côté, mais je n'ai jamais voulu piocher dedans vraiment à 100%. Donc, je n'avais pas vraiment d'enveloppe dédiée à ça. Je savais que j'avais de l'épargne qui était prévue pour. J'avais une épargne de précaution, mais j'avais aussi une épargne qui était prévue pour.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
On parle de quoi ? On parle de plusieurs milliers d'euros ?
- Julien
Oui, c'est ça. Mais j'ai voulu aller progressivement. Je n'ai pas mis tout d'un coup. Je suis allé vraiment progressivement. Donc, j'ai vraiment débuté en septembre 2018 et j'ai enchaîné sur plusieurs petits investissements. Mais je n'ai jamais pioché vraiment à 50%
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
C'était cette enveloppe qui t'a servi à investir essentiellement ou c'est une capacité d'épargne que tu avais tous les mois ?
- Julien
J'avais une capacité, j'ai toujours une capacité d'épargne. Mais bien sûr, au début, j'ai pioché un petit peu. Parce que quand on se lance, il faut tout de même avoir un socle. Donc, j'ai commencé quand même en sortant de l'épargne de précaution, en sortant de l'épargne de livret A. Non, je n'avais plus mon livret, je vais le mettre. Livret A. Et là, oui, j'ai pioché quand même dedans pour créer un socle.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Comment tu as choisi tes premiers investissements ?
- Julien
Alors, avant de choisir les premiers investissements, j'ai déjà choisi l'investissement. J'ai déjà choisi l'investissement d'investir. Et ensuite, il fallait trouver quel investissement ? chose toute bête, je suis allé sur internet j'ai tapé rente, investissement je suis arrivé bien sûr sur de la bourse pareil à cette époque là aucune notion, rien du tout la bourse ne m'a pas parlé je ne me sentais pas à l'aise parce que je n'avais pas les capacités d'analyser les chiffres même le nom des boîtes je ne les connaissais pas et je suis arrivé je ne sais plus comment je suis arrivé sur un forum Alors, je peux le nommer le forum argent et salaire de Patrick Setzekorn. Et donc, je lui dois beaucoup parce qu'honnêtement, en arrivant là-dessus, j'ai vraiment eu le déclic. Donc, c'est vraiment le forum qui parle de financement participatif avec en plus de ça un exemple. Donc, lui partageait son portefeuille d'investissement en participatif. Et là, tout de suite, ça m'a parlé. Pourquoi ? Parce que là, j'avais un crédit IMMO. Et je savais ce qu'était un échéancier avec un remboursement de capital et un remboursement d'intérêt. Et là, des importeurs projets qui arrivent, qui passent par une plateforme, qui veut financer ses projets. Nous, on prête. J'ai tout de suite compris le mécanisme du prêt, de la dette et des remboursements mensuels. Et donc, c'est quelque chose qui m'a parlé directement d'investir dans l'économie réelle. Et ça a débuté comme ça. Vraiment suite à une recherche, une recherche basique sur le net. Sur Google. Ouais, c'est ça. Ok.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Donc là tu démarres, tu démarres avec une ligne j'imagine, avec des montants qui sont de l'ordre de combien à l'époque ?
- Julien
Alors je me souviens... Étant donné, je reviens sur l'exemple que j'avais eu donc sur le forum, je me suis directement inscrit sur 4-5 plateformes. J'ai tout de suite voulu diversifier.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Très important ça.
- Julien
Oui, parce que je voulais en gagner, mais je voulais surtout ne pas en perdre, ne pas en perdre beaucoup. Avec des taux aussi importants, donc là on parle de 9-12% à l'époque, il n'y a pas de taux élevé sans risque. Et donc j'ai tout de suite voulu mettre sur plusieurs projets. Donc j'ai vraiment diversifié dès le début. Au départ, c'était vraiment que du prêt entreprise, TPE, PME. Et mon premier prêt, j'avais mis 100 euros. Sur un restaurant, je m'en souviens encore parce que ça a été l'exemple que j'ai donné tout de suite à ma femme. Parce qu'au début, je ne l'avais pas prévenu. Donc, j'ai commencé comme ça sans rien dire. Et donc, je m'en souviens à premier prêt un restaurant à Strasbourg. Trois mois après, on va en vacances en Alsace. Et je vais repérer l'adresse et tout. Je dis on va passer devant. Et là, le restaurant en construction. Donc déjà, concrètement. J'ai vu l'investissement devant moi, même si c'était que 100 euros. Et là, je suis arrivé devant et c'est vrai que j'ai dit à ma femme, tiens, j'ai investi dans le projet. Elle m'a dit, qu'est-ce que tu me racontes ? On était vraiment... Il est bloqué. Oui, je pense, elle m'a dit, cette fois-ci, c'est bon, il est bloqué. Pour la faire. Non, ça a démarré vraiment comme ça. Et ensuite, j'ai enchaîné vraiment rapidement. Pourquoi ? Parce que tous les mois, on avait du remboursement de capital, d'intérêt. J'ai tout de suite vu l'effet boule de neige. C'est-à-dire que le premier mois, du coup, je ne sais pas, j'ai dû investir peut-être 500 euros ou 600 euros. Le mois d'après, j'avais tout de suite 15, 20 euros qui rentraient en remboursement. Ceux-là, du coup, enfin ceux-ci, pardon, je les ai réinvestis et ainsi de suite. Et le mécanisme était là. Et j'ai débuté vraiment comme ça, mais vraiment de manière forcée.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ok, et finalement, tu as construit ton portefeuille avec les remboursements des premiers projets.
- Julien
Et après, bien sûr, j'ai abondé quand même. J'ai vraiment bien chargé pendant pas mal de temps pour vraiment créer ce socle, cette base de remboursement. Et ensuite, ça a filé comme ça. Donc, j'ai commencé avec de la PME parce qu'à l'époque, c'était les seules plateformes qui étaient accessibles. Pour des montants environ à moins de 100 euros.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
OK.
- Julien
Et peu à peu, je suis arrivé sur les énergies renouvelables. Et ensuite sur l'IMMO, au bout de... en 2021, 2020. OK. Voilà. Donc, trois ans après. Pendant trois ans, j'ai vraiment fait que de l'entreprise, du financement de PME.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Et là,toujours pas de bourse ?
- Julien
Et là, non, Après, j'avais remis tout ce qui était pris, mes intéressements sur mes plans d'épargne groupe.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Finalement, la partie bourse, c'était géré par ton plan d'épargne.
- Julien
Et d'ailleurs, à l'heure actuelle, c'est toujours ça. Mon côté bourse est toujours via mon plan d'épargne.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
La différence, c'est qu'aujourd'hui, tu regardes et tu t'intéresses à ce qu'il y a effectivement dans tes plans.
- Julien
Oui,
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
oui. Sans être réellement formé, finalement, au sens formation scolaire, académique, tu as tous les très bons réflexes d'un investisseur. assez naturellement. C'est-à-dire que tu le disais tout à l'heure, j'ai regardé la bourse parce que j'ai tapé sur Internet et je trouve que c'est assez visuel. Tu vas sur Internet, effectivement, le premier sujet qui sort, c'est devenir rentier grâce à la bourse, ETF World, surtout aujourd'hui. Mais tu ne comprends pas et donc tu n'y vas pas. Et ça, c'est un super bon réflexe. Il ne faut jamais investir dans ce qu'on ne comprend pas. Et le deuxième point dont tu as parlé, c'est 12%. 9 à 12%, il y a forcément du risque. Ça, c'est pareil, c'est un super réflexe. Plus il y a de rendement, plus il y a de risque. Mais plus il y a de rendement. Si on veut de la performance, il faut aussi savoir prendre du risque. Mais prendre du risque, ça se fait si on diversifie.
- Julien
Sachant que mon objectif n'a jamais été... Bien sûr, j'aimerais avoir 12% annuel. Mais mon objectif était de battre le livret A et d'avoir quelque chose qui tournait à quelques points en-dessus du livret A. Mais ça n'a jamais été... C'est un objectif. Mais consciemment, je sais très bien que je ne pouvais pas arriver à ces taux-là en permanence.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Très pragmatique. Tu parlais d'objectifs tout à l'heure. C'est quoi aujourd'hui ton objectif, je dirais, en termes de rendement, de TRI sur ton portefeuille ? Dépasser le livret A, OK. Tu commences à avoir une bonne maîtrise. Par exemple, on peut parler du nombre de lignes que tu as en crowdfunding en général ? Combien de... Quelle est la proportion de ton portefeuille d'investissement ça représente ?
- Julien
J'y suis peut-être un petit peu fort. C'est vrai qu'à l'heure actuelle, j'ai 2200 projets. J'en ai 1500 qui ont été remboursés, mais j'ai quand même plus de 2000 lignes.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Donc, 2200 dont 1500 qui sont remboursés ?
- Julien
1500. En ce moment, j'ai eu des pertes. J'ai environ 600 projets en cours. Maintenant, au bout de 8 ans... J'ai un taux de 5% net. J'arrive là-dessus. Net de flat tax. Quand je dis net, c'est vraiment le taux que je touche réellement. Sachant que quand je calcule ce taux, je calcule vraiment le capital qui est investi. Dans ce capital investi, il y a beaucoup de capitaux qui n'ont pas encore payé, qui sont éclinés. Mais ceux-là sont compris dans le calcul. Donc normalement, une fois qu'ils auront tout, tout sera payé, ça devrait augmenter. Là, à l'heure actuelle, je tombe sur un 5% que je touche réellement chaque mois. Il a annualisé.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ce que tu es en train de dire, c'est que si tu prends la totalité de l'argent que tu as touché suite à tes investissements, donc capital remboursé plus intérêt, que tu fais un rapport avec l'argent que tu as encore en cours, tu es à 5% net de flat tax.
- Julien
Là, c'est vraiment le capital en cours. Je calcule vraiment les 5% sur le capital en cours. Admettons si j'ai 100 000 euros de capital en cours. Je ne calcule pas le remboursé. Vraiment, le capital en cours sur des projets, sur les 600 et quelques, ça me fait 5 000 euros par an. Voilà. Calcule comme ça.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
OK.
- Julien
De rente. Voilà. Le calcul de rente, il est comme ça. Ça me donne ce chiffre-là. En comptant les pertes que j'ai eues, j'ai 60 projets en pertes, en défaut.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
OK.
- Julien
Mais j'ai beaucoup de retard. Mais les projets en retard sont comptés aussi, là-dedans. Mais je calcule vraiment le capital. qui est en cours.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
D'accord.
- Julien
Mais j'ai une manière très simple, en fait, une approche très simple de cet investissement. C'est-à-dire que moi, je veux savoir le capital en cours, ce que je gagne. Voilà. Après, je ne vais pas partir dans des calculs, d'autres calculs.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Finalement, c'est très basiquement.
- Julien
Ah, mais c'est très, très basique.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Combien est-ce que j'ai, qui sont, quelle est la somme que j'ai dehors, qui est immobilisée chez des porteurs de projets, que ce soit de l'éolien, que ce soit... l'immobilier ou de l'incorporate et combien ça me rapporte en rente tous les ans. C'est ça. OK, c'est ça. Et là, tu comprends les remboursements que tu peux avoir sur des projets qui sont avec un remboursement infini, c'est-à-dire à la fin de l'opération.
- Julien
Parce que du capital qui est investi, mais qui n'a pas forcément payé, il est investi. Donc, je n'ai pas touché les intérêts parce que je calcule vraiment ce que j'ai réellement touché. OK, voilà.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Quand on a préparé cet échange... Tu disais, et on le ressent bien, être quelqu'un de normal. Alors, qu'est-ce que ça veut dire pour toi, je suis quelqu'un de normal ?
- Julien
Quelqu'un de normal, je pense, c'est quelqu'un qui se lève tous les matins pour aller travailler, qui a des frais, qui économise pour des vacances, pour des passions, qui paye sa résidence encore principale ou même en location. Quelqu'un qui a un salaire qui tombe. Voilà, mais quelqu'un de normal, c'est quelqu'un... Il n'y a pas eu d'héritage, il n'y a pas eu de... Tout ce que l'on a eu, on l'a eu en travaillant. Et je pense que c'est ça. J'ai un salaire moyen, on a un salaire moyen. Deux enfants, un étudiant, une location d'appartement à payer pour l'étudiant, justement. Voilà, je pense que quelqu'un de normal, c'est quelqu'un qui a... Qui a des frais, qui va en vacances mais qui économise pour se les payer.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Aujourd'hui, tu parlais que vous avez un salaire normal. Aujourd'hui, si on devait faire des pourcentages sur ton salaire, c'est quelle est la propension que tu as en capacité d'épargne ? Quelle est la propension de ton salaire que tu vas gagner grâce à tes investissements ? Et finalement, la question, c'est... Est-ce que l'investissement, ça t'a permis de réellement améliorer ton niveau de vie, ton confort de vie aujourd'hui ?
- Julien
Non. Pour l'instant, l'investissement, je réinvestis tout. Donc, à l'heure d'aujourd'hui, l'investissement ne me change pas la vie. J'ai l'optique long terme. Donc, mon optique, c'est vraiment de réduire mon temps de travail. Donc, pour l'instant, je réinvestis vraiment tout. Donc, à aucun moment, je retire de l'argent de l'investissement. J'abonde encore un petit peu, je rajoute. Mais là, je suis vraiment en mode, il faut y aller maintenant, parce qu'après, on ne sait pas comment l'avenir sera.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Si aujourd'hui, finalement, tu arrêtes de réinvestir, que tu réinjectes dans ton niveau de vie ce que tu as investi et ce que tu touches tous les mois, ça représente quelle proportion de ton salaire ?
- Julien
Je vais arriver à 50 %.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
40% ? Donc tu fais x1,5 sur ton niveau de vie grâce à tes investissements.
- Julien
Et la propension de ton salaire aujourd'hui qui part en épargne, c'est quoi ?
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Alors là, j'ai réduit un petit peu. Là, j'ai rééquilibré justement un petit peu sur la bourse, sur le plan d'épargne. Mais j'ai deux enveloppes à peu près. J'ai plus de crowdfunding, j'ai 60% de crowdfunding, 40% de plan d'épargne. Mais là, actuellement, je ne mets pas beaucoup. Je dois mettre 20%. OK.
- Julien
Ouais,
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
c'est ça.
- Julien
C'est une belle somme pour certains.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Oui, mais on sait très bien que l'investissement, quand on arrive vers la dizaine d'années, ce n'est plus l'abondement qui est important. C'est vraiment les intérêts composés. Donc de réinvestir des intérêts, mais pas forcément d'abonder. D'ailleurs, je touche plus d'intérêts que je mets de l'argent frais. Donc je mise vraiment là-dessus.
- Julien
Ok, ok. C'est-à-dire que chaque fois que tu as un remboursement, tu réinvestis. Toujours. Toujours. C'est intéressant.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
En gardant un équilibre entre chaque domaine. Voilà, j'ai trois tiers. J'ai de l'IMMO, de l'énergie renouvelable et du financement d'entreprise.
- Julien
Toujours le sujet de la diversification.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ouais, ouais, ouais. Toujours, toujours. Et toujours dans l'optique de lisser les pertes. Et d'ailleurs, je le vois bien à l'heure actuelle. On a eu un moment post-Covid. où les entreprises, ça s'est un petit peu cassé la gueule, même si ça a été très, très bien géré. Ça, vraiment, il faut le dire, on a eu une crise, mais ça s'est bien géré. J'ai d'autres supports qui sont venus derrière pour prendre le dessus. Et en fait, ma courbe, elle s'est, malgré les crises, malgré les pertes, à aucun moment, ma courbe est retombée. Mon capital a continué à grossir. Donc, en huit ans, j'ai toujours eu mes intérêts qui ont compensé les pertes.
- Julien
OK.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Voilà, ça c'est... Je tiens mes bilans un jour tous les mois, donc je les publie. Mais j'ai toujours eu...
- Julien
Sur une chaîne LinkedIn. Voilà, exactement.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
On mettra le lien en commentaire. Mais c'est vrai qu'à aucun moment, j'ai eu plus de pertes que de gains.
- Julien
Mais c'est vrai qu'à aucun moment, j'ai eu plus de pertes que de gains.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ok, voilà. Et ça, parce que tu as diversifié aussi bien sur la typologie de projet... Typologie, dans la durée. La durée, oui.
- Julien
Tout, oui. La durée, les taux, la typologie, la structuration.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Et on parle de taux qui vont toujours de 9 à 12 ?
- Julien
Non, parce qu'il y avait quand même de l'énergie renouvelable en 2020. J'avais des prêts à 3,5-4%. Donc, c'était relativement faible. Après, c'est remonté un petit peu après.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Mais à cette époque-là, ça a su surperformer.
- Julien
Oui, c'est ça. C'est toujours indexé là-dessus quasiment. Enfin, un petit peu plus. mais... C'est vraiment un gros panier, un gros panier que j'ai créé. Je n'ai rien inventé. C'est de l'ETF, c'est de l'ETF d'investissement participatif, c'est tout, rien de plus.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Mais c'est du temps aussi. Et par rapport à l'ETF, combien de temps ça te prend, toi, cet investissement ? Alors, j'imagine qu'aujourd'hui, c'est un peu une passion.
- Julien
Ouais, mais en fait, c'est ça. C'est que je ne compte pas le temps. C'est vrai que j'ai constamment mon téléphone dans les mains. Le soir, je fais le tour de mes plateformes. J'étais à 15 plateformes à un moment, là je suis revenu à 8, 7-8. Mais j'aime ça, j'aime faire le tour des plateformes, voir les remboursements que j'ai, qui vont arriver. J'aime aussi discuter sur les réseaux, partager, donner mon avis. Surtout à l'heure actuelle où... Je défends vraiment ce mode d'investissement. Et il y a trop de... Il y a trop de contradictions actuellement. Je trouve, c'est mon avis perso, où on a des jugements sur les pages YouTube ou sur les réseaux, où des gens font des bilans à un an, à deux ans, tout support confondu en participatif, que ce soit en énergie renouvelable, en TPE. Mais à quel moment on fait un bilan sur si peu d'années quand on est sur un investissement long terme ? donc j'essaie vraiment de défendre ma méthode avec mes moyens mais je mise vraiment sur le long terme
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ça revient même à des personnes qui sont rentrées sur le Bitcoin quand c'était à 100 000 et qui aujourd'hui disent que c'est une énorme mais
- Julien
oui je ne vais pas parler de bourse, je ne m'y connais pas assez mais je pense que quelqu'un qui était rentré en 2006 et qui a pris la chute en 2008. Est-ce qu'au bout de deux ans, on dit que la bourse, c'est nul ? Non, je ne pense pas. La bourse, ça fait 200 ans qu'on est à une moyenne de 7% annuelle si on compte les baisses, les hausses. Mais c'est vraiment sur une hausse globale. Et il y a vraiment des exemples en ce moment qui sont contradictoires et malheureusement qui sont relayés. Ils sont vraiment relayés et c'est dommage.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Tu parlais tout à l'heure du temps que ça te prenait. Finalement, l'acte d'investissement, il a amené d'autres choses. Il a amené tout le partage que tu peux avoir de ton expérience auprès d'une communauté sur LinkedIn, auprès des commentaires que tu peux avoir, j'imagine, sur des groupes Telegram et autres. Tu es assez impliqué dans cette industrie. Si on met ça de côté, le côté échange, passion, l'acte vraiment d'investissement, de gestion de ton portefeuille, il te prend combien de temps par semaine ?
- Julien
Par semaine, je ne sais pas, on va dire peut-être une demi-heure par jour.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Une demi-heure par jour ?
- Julien
Oui, quand il n'y a pas de... Maintenant, j'investis sur 10 projets environ par mois. Donc, le temps d'analyser un petit peu une plaquette, j'en ai peut-être 2, 2, 3 par semaine. ça ne prend pas très très longtemps, surtout que je regarde vraiment les grandes lignes.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Tu parles effectivement de la façon dont tu regardes les projets. Moi, j'aimerais qu'on fasse un focus là-dessus. Donc tu disais que tu as 2200 lignes aujourd'hui d'investissement. Il y en a un certain nombre qui sont remboursées. Mais bon, tu as analysé un paquet de projets. C'est quoi le... À quoi ressemble Julien quand il analyse un projet ? C'est quoi les questions que tu te poses, les grandes questions ? Et finalement, tout...
- Julien
Oui. Alors, j'ai des critères. Donc, on a la chance d'avoir des plaquettes tout domaine confondu. On a des plaquettes qui sont très détaillées. Donc, les grands... J'ai trois critères par forme d'investissement. Et par exemple, pour l'immobilier, je regarde déjà, je choisis des projets avec peu de travaux. Peu de travaux parce que... Peu d'intermédiaires, peu de retard, peu de travaux. L'apport du porteur de projet. J'aime quand il y a environ 20% d'apport.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ok, pourquoi ?
- Julien
Ça montre l'implication du porteur. C'est-à-dire que si son projet ne va pas au bout, lui-même va perdre de l'argent. Donc un porteur qui amène des fonds propres à hauteur de 15-20%, je suis. Et ensuite la marge. La marge en sortie. Donc pareil, aux alentours des 15%, j'apprécie. Et ça, ça fait partie. Donc, ces trois critères, si les trois sont validés ou approximatifs, je vais dedans. Je vais dedans. Indirectement, je regarde peu les garanties.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Oui, c'est un sujet très, très sensible en ce moment.
- Julien
Oui, alors je regarde peu les garanties. Parce que pour l'instant, il y a des retards avec toutes les garanties. Pour l'instant. Donc, on verra. On verra par la suite, au fil des procédures, ce qui va en ressortir. Mais pour l'instant, c'est trop jeune pour moi de juger vraiment une garantie.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
OK.
- Julien
Et puis, j'ai un vieux, une vieille métaphore. Je la sors à chaque fois. C'est l'histoire. Quand tu vas sur un bateau, tu regardes l'état du bateau, comment il est. Mais tu ne regardes jamais le canot de sauvetage. Enfin, moi, je ne regarde jamais. Donc, quand je vais sur un projet, je regarde si le projet va fonctionner. S'il peut aller au bout, mais je ne regarde jamais, par contre, la garantie. Je préfère un projet vraiment avec peu de travaux, de l'apport, donc un porteur qui croit en son projet. Une marge de sortie correcte, je veux dire, ça peut aller au bout. Je ne vais pas chercher à savoir, même s'il n'y a pas de garantie. Ensuite, la garantie que j'ai, elle est sur mon portefeuille global. Si ce dossier, il capote, ce n'est pas grave.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Tu crées ta propre garantie par ta diversification.
- Julien
Je me crée ma propre garantie comme ça. Et je suis toujours parti sur l'optique. Il n'y a pas de garantie. Pour moi, je reviens sur le taux. Quand on est entre 10, 12, 13 %, c'est à risque. Je ne vais pas chercher à faire... Bien sûr, les garanties existent. Et c'est très bien. On verra par la suite ce que ça va donner. Mais je mise en priorité sur le projet en lui-même, sur la qualité du projet.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
La métaphore, effectivement, du bateau et du canot. Oui, alors... Oui, mais... D'autant plus que tu as l'expérience de, moi je sais que je suis très sensible aux garanties, donc c'est intéressant de confronter les points de vue. Tu as l'expérience de pas mal de dossiers en perte sur différentes plateformes, j'imagine. Tu disais 60 tout à l'heure ? Oui. Sur 2200 lignes, ce qui fait quand même une statistique qui est assez rassurante.
- Julien
Perte actée, donc vraiment une perte avec un certificat. Donc là, c'est vraiment une perte que je ne retrouverai jamais.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Et le retour d'expérience sur les garanties ? Là, ça ne te donne pas envie de dire je vais plutôt aller sur des projets avec des hypothèques ou avec des fiducies ou avec tel ou tel type de garantie.
- Julien
Du moment qu'on actionne une garantie, on prolonge la durée. Mon but, il n'est pas là. Je veux faire du long terme, mais je veux, comme je disais tout à l'heure, quand je calcule un capital investi avec un retour d'intérêt, je veux que des intérêts tombent à un moment. Je ne veux pas attendre des années, des mois, des années. J'ai des dossiers en financement d'entreprise qui ont pris 10 ans. Je suis passé de 3 ans à 13 ans. Et ça, je n'ai pas envie.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Qui sont encore en cours, du coup.
- Julien
Et qui sont encore en cours. Donc, ceux-là, je vais les prendre pendant 10 ans, je vais les calculer en capital en cours. Et c'est ma vision. Ce n'est peut-être pas la meilleure ni la bonne, mais en tout cas, c'est la mienne. Voilà. Donc, je n'ai pas envie de prolonger. Moi, ce que je veux, c'est que ça aille au bout, que ça paie.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Oui.
- Julien
Voilà. OK.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Effectivement, ça, c'est surtout la qualité du projet.
- Julien
Parce qu'après, on sait comment fonctionne une garantie. On actionne garantie. On actionne des procédures. Ça prend du temps,
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
on fait face au sujet de la justice française et des délais de la justice française, effectivement.
- Julien
Mais le temps, voilà, en participatif, le temps est un allié pour le long terme, pour faire marcher les intérêts composés, mais en même temps, ça peut devenir une réelle contrainte.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Dernière question, peut-être pour clôturer. Aujourd'hui, si tu devais donner un conseil aux Julien d'il y a dix ans, qui démarre l'investissement ? Et où finalement, plus largement, quel conseil tu donnerais aux personnes qui nous regardent qui ont commencé à investir ou qui commencent ?
- Julien
Je reviendrai sur les mêmes bases. De diversifier au maximum. Peut-être pas dans l'extrême où j'en suis arrivé. Mais diversifier. On a 10 000 euros, on va investir sur 50 projets. 50 projets à 200 euros, c'est honnête. Il y en a un, deux qui tombent. Ce n'est pas grave, on en a 48 derrière. Je prône vraiment la diversification et l'augmentation des lignes. Il y a du travail derrière pour tout mettre à jour. Mais il ne faut pas que ça devienne une contrainte. Il faut le faire aussi, il faut avoir envie de le faire. Et donc, le Julien d'il y a 10 ans, je pense qu'il recommencerait Paris. sur quelque chose que l'on comprend.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Et forcément, tu avais des bons réflexes.
- Julien
Oui, les choses qu'on comprend. Et puis, je redémarrais pareil, avec le même objectif, le long terme. Et c'est ce que j'essaie aussi d'amener un petit peu à mes enfants, à ma femme aussi, qui petit à petit investit, alors peu sur le crowdfunding, mais elle est plus sur la bourse, puisqu'elle comprend un petit peu mieux. Et puis, c'est un peu plus à l'heure actuelle aussi. mise en avant. Mais je recommencerai pareil.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Ces enfants investissent dans votre cas ?
- Julien
Oui, tout le monde investit dans la maison. Parce que c'est vrai que peu à peu, j'ai expliqué un peu comment fonctionnait l'argent. Parce que l'argent, ce n'est pas un tabou. Moi, j'en parle peu dans mon entourage. J'en parle quand je sens la personne qui a envie d'en parler ou qui est avertie là-dessus. Mais l'argent n'est pas un tabou. Et je veux montrer aux enfants qu'avec leurs économies, l'argent qu'on leur donne un petit peu, ce qu'on leur donne tous les mois, l'argent de poche, pardon, qu'ils peuvent en investir un petit peu. Donc, mon fils a 16 ans. Il y a une plateforme qui proposait un livret mineur. Donc, il a essayé. Il a fait deux, trois projets. Ça ne lui convenait pas. Il ne comprenait pas trop. Lui, maintenant, à 20 ans, il comprend plus Nvidia, Microsoft, Google. Donc, il a un compte-titres qui l'abonde tous les mois. Ma fille, pareil, depuis quelques mois, elle a un compte-titres aussi. C'est peu, c'est peu. C'est 20 euros par mois ou 40 euros par mois, je crois.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Mais tu mets le pied à l'étrier.
- Julien
Et c'est pour montrer comment fonctionne l'argent.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Vous allez toujours à la caisse d'épargne en janvier ?
- Julien
On y va maintenant, mais sur les comptes en ligne. Mais ouais, il faut vraiment comprendre ça. Il faut vraiment comprendre le système de l'argent. Et c'est vraiment un outil. Et je suis ravi, ma femme a compris aussi au bout de quelques années comment fonctionnait l'argent. C'est bien toi qui l'a terminé. Elle a ouvert son compte-titres, son PEA. Et maintenant, c'est vrai que tu envoies les plus-values, tu envoies tout ce qui peut arriver en rendement. Elle a envie de s'y mettre encore plus.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
C'est un vrai outil.
- Julien
C'est un outil. Et pas que un flux entrant-sortant parce que là, des fois, ça peut devenir compliqué. Top.
- Hugo, co-fondateur de La Première Brique
Merci beaucoup, Julien.
- Julien
Merci à toi, Hugo.