- Speaker #0
Bienvenue à vous dans Inarrêtable, le podcast anniversaire des 10 ans de la Fondation des Femmes. 96% des plaintes pour viol sont classées sans suite. Ce chiffre sidère. Mais il raconte une réalité. Depuis MeToo, la parole s'est libérée. Pourtant, la justice peine à suivre. Comment protéger les victimes ? Comment changer un système ? Avec Anne-Cécile Maïffert, je reçois Wassila Messaoudi et Mathilde Mayouma, membres du comité de pilotage de la Fondation des Femmes. Et on accueille, voici là, Mathilde et Anne-Cécile ! Coucou !
- Speaker #1
Alors les filles, comme c'est nos dix ans, on a des petits cadeaux. Ça c'est pour voici là. Merci ! Et du coup, Mathilde, merci !
- Speaker #2
Et nous on te donne les nôtres ?
- Speaker #1
Bah si tu veux ! Oui ! Non mais c'est trop bien, c'est nos anniversaires en commun et du coup on se...
- Speaker #2
C'est trop chouette ! On devrait l'institutionnaliser, on va faire ça tous les ans.
- Speaker #1
Ouais, je suis d'accord. On se dise plus merci, on est géniales.
- Speaker #2
Ouais !
- Speaker #1
Déjà c'est célèbre. J'adore ! Je pense que c'était pour toi.
- Speaker #2
Ah oui !
- Speaker #1
On s'est trompés. Juste sur les noms,
- Speaker #2
mais les photos sont les bonnes.
- Speaker #1
J'adore !
- Speaker #3
Trop chou !
- Speaker #2
Franchement,
- Speaker #1
j'adore. Ça, ça remonte ! Ouais !
- Speaker #3
2018 ? 2017 ?
- Speaker #4
2018 ? Non, 2018. 2018, 2018. Qu'est-ce que c'est ? Elle est incroyable, cette photo. Ouais.
- Speaker #1
Alors ça, cette photo, pour que tu comprennes, du coup, cette photo, c'est... La première fois où on s'empare de la Tour Eiffel, parce que ça nous est arrivé à plusieurs reprises, on a acquis la Tour Eiffel. On est comme ça, nous. Et du coup, on a là vraiment des bénévoles de la première heure, vraiment la dream team des bénévoles de la Fondation des Femmes. Et tu vois, au fond, tu as la Tour Eiffel et c'est marqué « Maintenant, on agit » . Et donc, tu t'en souviens, suite à MeToo.
- Speaker #4
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Le mouvement Maintenant on Agit, on avait lancé ce mouvement avec toutes les actrices, le monde du cinéma, avec la Une de Libé, on avait fait...
- Speaker #4
Une action pendant les Césars aussi ?
- Speaker #1
Pendant les Césars, on avait amené le ruban blanc, celui-là, ce genre-là. Et donc la maire avait accepté de projeter sur la Tour Eiffel le hashtag Maintenant on Agit. Et donc on avait monté à l'arrache une petite scène, on était trop...
- Speaker #4
30-40. Ouais, 30-40 et avec une petite estrade. Et on s'est tous massés sous la tour Eiffel pour voir ce beau...
- Speaker #1
Ce moment.
- Speaker #4
Ce beau moment. Et on est restés, je sais pas, je crois que je suis restée deux heures.
- Speaker #1
Il faisait froid.
- Speaker #4
Il faisait froid ?
- Speaker #1
Je sais plus,
- Speaker #4
c'était quand ? Il faisait... Ouais, incroyable. Tu veux t'expliquer ton cadeau ?
- Speaker #1
Ah oui !
- Speaker #4
Avant d'offrir le mien.
- Speaker #2
Alors attends, j'explique mon cadeau. C'est une ampoule.
- Speaker #1
Ah, bien sûr ! Oui.
- Speaker #2
Et pourquoi l'ampoule ? parce que depuis qu'on s'est rencontrés, c'est le développement de plein d'idées qu'on met en œuvre ensemble pour être plus heureuse et pour que la société soit plus heureuse. Parce que le féminisme, ça rend heureux.
- Speaker #1
Oui, exactement. Merci beaucoup, ça me fait trop plaisir. Je sais exactement où je vais la mettre. J'ai une petite lampe comme ça sur pied dans ma chambre avec justement qui se vise. Il n'y a pas d'abat-jour, donc c'est parfait. Je vais pouvoir le mettre dessus. Regarde,
- Speaker #2
tu peux appuyer en dessous.
- Speaker #1
Ah, elle marche toute seule, sans avoir besoin d'un petit tapis ? Mais on va la laisser là. Mais voilà. Et donc, nous, on a vraiment ce truc à la Fondation des Femmes. Tu vois, dans tous nos événements, on essaie de faire des événements très joyeux. Alors, ça peut être bizarre parce qu'on parle quand même de sujets gravissimes qui, en plus, touchent personnellement non seulement beaucoup de femmes, mais beaucoup d'entre nous. Mais l'idée, c'est quand même de se dire, on a envie, à la fin des fins, que les femmes soient libres et heureuses. Et du coup, commençons dès à présent. Et c'est vrai qu'à la Fondation des Femmes, on a cette patte aussi de faire des choses colorées, pétillantes, paillettes.
- Speaker #0
Paillettes.
- Speaker #1
Tout nous aimer. J'ai pas eu à porter des paillettes. Ça brille un peu là, mais j'ai tellement mis que...
- Speaker #4
C'est la petite qui avait pensé d'ailleurs. Ouais, j'ai dans le sac.
- Speaker #1
Ouais, t'avais ton super sac tout à l'heure.
- Speaker #4
Sur le sac,
- Speaker #1
ouais. Et donc ouais, le fait d'être heureux, c'est quand même ce qu'on souhaite pour toutes les femmes en fait. Une fois sorties des violences, on a quand même envie qu'on aille mieux. Donc voilà, donc à la Fondation des Femmes, on essaye de... prendre soin un peu les unes des autres, de se remercier, de se faire des petits cadeaux de temps en temps, et puis de se souhaiter d'être heureuse. Happy.
- Speaker #2
Je pense que c'est vraiment ça. Et c'est aussi une manière de reprendre le contrôle de nos histoires. Je sais que pour moi, c'est aussi le cas. Je n'avais pas envie d'être... J'entendais beaucoup, quand j'étais plus jeune, les féministes, c'est des femmes aigries, aigries par la vie, hystériques, moches. Il y avait vraiment toute une espèce de cliché. C'est vraiment les noms choisis du patriarcat, finalement. Et ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai du tout. Et donc, c'est aussi une façon de se réapproprier cette histoire-là et ces concepts-là. C'est de se dire, non, je n'ai pas envie d'être une éternelle victime. Je suis une survivante avant tout. J'ai envie d'être heureuse. j'ai envie de reprendre ma vie et de reprendre ma vie avant que les violences aient saccagé une partie de l'histoire. Donc, je trouve que c'est trop bien qu'on le fasse. Ça nous rend encore plus fortes et inarrêtables. Moi,
- Speaker #4
je t'en prie. Petit cadeau. Avec un petit adjectif qui me semble te caractériser.
- Speaker #3
Gros lalalala.
- Speaker #4
le A stands for amazing oh wow amazing c'est trop sympa c'est trop trop sympa voilà je l'ai vu j'ai pensé à toi merci beaucoup merci beaucoup on va pas l'allumer là mais pourquoi ce mot caractérise particulièrement Anne-Cécile on est super amazing à la Fondation des Femmes parce que Anne-Cécile depuis qu'on s'est rencontrée pour moi c'est une source d'inspiration pourquoi ? parce qu'elle a créé un mouvement qui La dépasse un peu, je pense, c'est-à-dire des bénévoles qui sont tellement investis dans son projet, qui y croient tellement. Moi, je suis là depuis dix ans et j'y crois toujours autant. J'espère qu'on n'aura plus besoin de nous dans dix ans, mais s'il faut, je serai encore là dans dix ans, je pense. Je pense que c'est fou de créer un mouvement comme ça derrière, à la base, même si vous étiez plusieurs derrière toi. C'est pour ça que je voulais t'offrir cette petite bougie. Amazing.
- Speaker #1
Merci. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Comment s'est fait votre rencontre à toutes les deux ? Et ensuite, on parlera de voici là.
- Speaker #4
Alors moi, j'ai rejoint la Fondation des Femmes en septembre 2016.
- Speaker #1
Vraiment tout au début. Au tout début. Mathilde fait vraiment partie des toutes premières à de l'aventure. Vraiment la bande comme là, on la voit les toutes premières fois.
- Speaker #4
Par l'intermédiaire de la force juridique de la Fondation des Femmes, puisque j'étais avocate en train de passer juriste à l'époque. Et j'ai rencontré Anne-Cécile lors d'un brunch bénévole. À l'époque, on était une vingtaine, trentaine, dans des tout petits locaux, aux voisins d'Enfer Rocherot, aux voisines d'Enfer Rocherot. Et tout de suite, j'ai été happée parce que je me suis sentie très vite intégrée déjà au sein de la communauté bénévole de la Fondation. Et j'ai senti que c'était un bénévolat qui serait, on en parlait tout à l'heure, on se souhaitait d'être plus heureuse, mais c'était un bénévolat qui était assez joyeux. qui était assez dans la sororité, dans des choses assez positives. Et c'est pour ça que ça m'a plu tout de suite.
- Speaker #1
C'était une très belle rencontre. Effectivement, on a beaucoup d'avocates au début parce qu'on a vraiment fonctionné. Nous, on était une dizaine de bénévoles et on allait chercher nos copines en disant « vas-y, on lance un truc, on y croit, on n'a pas d'argent, on n'a pas trop de contacts » . mais on veut vraiment faire notre fondation qui lève des millions d'euros, tu vas voir, ça va marcher. Et du coup, on est chacune allée chercher les bonnes volontés autour de nous, dès qu'on avait en tête des filles géniales avec des compétences et de l'énergie et l'envie aussi de faire des choses sur l'égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les violences. Donc au début, ça a été vraiment comme ça, du bénévolat de proximité. On n'avait même pas trop communiqué sur les réseaux sur le fait qu'il y avait des bénévoles. Et assez rapidement, ça a effectivement grandi. Et je pense que l'histoire de Mathilde ou de Wacilla aussi était là depuis longtemps. C'est vrai qu'à la Fondation, ça fait partie des choses dont moi, je suis hyper fière. C'est que celles qui nous ont rejoints depuis le début sont globalement, enfin, il y en a certaines qui ont changé de ville, enfin bref. Mais on est quand même toutes encore là et on est toutes, on se connaît, on échange. il y a toujours, enfin on grandit, on est une sorte de famille de plus en plus, de sororité en fait, de bande de soeurs de plus en plus grande, mais toujours super motivée avec la même, c'est ça que je trouve super aussi, t'as le même état d'esprit un peu qu'au tout début, donc on va se retrousser les mains, on n'a pas de chien mais c'est pas grave, on y va ! Vas-y, on va illuminer la touche, en fait c'est vraiment plus t'as des rêves fous, plus tu peux les réaliser c'est un truc que moi j'ai appris à la Fondation des Femmes faut faire gaffe du coup à ce qu'on...
- Speaker #4
mais jusqu'à présent t'as toujours fait ce dont t'avais rêvé alors c'est pas moi c'est nous moi je me souviens de réunions où tu nous disais on va faire la nuit déroulée au Grand Palais et on se regardait en se disant j'allais faire la nuit déroulée au Grand Palais on était genre deux salariés on
- Speaker #1
était dans un trou à rats il y avait pas de fenêtres on va prendre le Grand Palais on l'aura gratos mais oui bien sûr c'est la cause des femmes quand même ou quoi C'est important ou pas les femmes ? Et de fait, on a fait le Grand Palais. On a mis 4000 personnes dans le Grand Palais alors qu'on était des bébés. Oui,
- Speaker #0
mais ça c'est une force aussi, c'est-à-dire qu'à la base, et même à un niveau, à l'échelle, t'arrives à fédérer même des bénévoles, c'est-à-dire même des institutions qui t'ont aidé, des acteurs, des actrices qui t'ont aidé.
- Speaker #1
Tu sais qu'aujourd'hui, on va atteindre cette année les 20 000 bénévoles.
- Speaker #0
Waouh ! Incroyable !
- Speaker #1
Waouh ! Donc ça c'est quand même fou dans des dizaines de villes de France. Et effectivement, en plus du bénévolat de personnes comme Wassila ou Mathilde qui font des tas de choses. En plus, Mathilde ne fait pas que du bénévolat juridique. Aujourd'hui, elle fait plein d'autres choses. Mais on a effectivement en plus des bénévoles de compétences, soit dans des entreprises, soit dans des institutions qui effectivement nous ouvrent leurs portes. Et c'est vrai que c'est plus que ce que je disais tout à l'heure. C'est vrai qu'en fait, quand on... Quand on propose quelque chose de vraiment très, très cool, on a plus de chances que ça se réalise parce qu'en fait, ça motive les gens. Donc, c'est vrai que c'est motivant de se dire, allez, viens, on va faire la nuit des relais au Grand Palais. C'est plus motivant que les premières nuits des relais au stade Jules Ladomeg, de l'autre côté du périph' dans le 19e. Déjà, je trouvais ça génial, moi. Je ne trouvais pas ça génial. On avait six mois, on a mis 400 personnes dans un stade. Et je me souviens qu'on avait levé 30 000 euros. Et je trouvais que c'était la richesse. La richesse ! À la première année, on avait donné, je ne sais plus, à 5-6 assos et tout ça. On était trop fiers de nous avec nos petits chèques et tout. On était trop contentes.
- Speaker #2
Et votre rencontre, où est Céline ? Nous, ça s'est fait plus tard. Alors moi, ce qui est marrant, c'est que Mathilde, je la connaissais, on était à la fac ensemble. Donc, la Fondation des Femmes, quand tu disais, tu expliquais que ça se faisait par... Tout ça,
- Speaker #1
c'est à cause de Mathilde.
- Speaker #2
Mais tout ça, c'est Mathilde, en fait.
- Speaker #1
Et donc, du coup, t'as raison, c'est à cause.
- Speaker #2
Non, donc, on était à la fac ensemble et je voyais qu'elle était à la Fondation. Il y avait cette superbe campagne. C'était celle Maintenant on agit, où il y avait les portraits. Ah non, Regarde-moi bien, peut-être. C'était Regarde-moi bien, c'est ça. 2020, du coup. Oui, et je me souviens, je l'avais vu sur les réseaux et je me disais, c'est super chouette. Bref, je suis partie à l'étranger après la fac, donc je n'étais plus en France. Je suis rentrée en 2019, donc une dizaine d'années plus tard. Et la première chose que je voulais faire en rentrant en France, c'était de militer pour les droits des femmes. J'avais rejoint une autre asso au départ, plus réseaux sociaux, on va dire. Et puis, je me suis dit, non, ça ne me correspond pas vraiment. J'ai repensé à Mathilde et je me suis dit, elle était à la fondation. J'ai regardé ce que faisait la fondation. Il y avait cliqué devenir bénévole. J'ai cliqué sur devenir bénévole. J'ai rencontré toutes tes équipes avant toi quasiment. J'ai passé un temps fou avec les bénévoles. Comme quoi, c'est vraiment une communauté. Et ton message, il... Il va partout parce que c'était aussi fédérateur. Tout ce que Rama, Mathilde, tout le monde pouvait me dire, ça faisait écho avec ce que tu portes. Et on s'est rencontrés vraiment, on a passé du... Alors, on se croisait sur les opérations bénévoles. Je me souviens, une fois au prix Gisèle Halini, je venais de faire une bêtise, je ne sais plus laquelle, encore une. Je te crois juste après, je disais « Coucou ! » « Anne-Cécile, bonjour ! »
- Speaker #1
et le podcast écoutez-nous bien et là on a passé du temps ensemble Ah oui on a fait notre premier podcast de la Fondation des Femmes c'est là où effectivement je pense que j'étais un peu plus rencontrée, mais tu vois dans l'histoire de Westyla ce qui est fou c'est qu'en 2016 du coup moi vraiment on ne trie pas tout on est 2, 3, même pas d'ailleurs au début il n'y avait même pas une seule salariée pendant plus d'un an et puis après au fur et à mesure on a une, deux voilà on augmente un petit peu mais en tout cas moi je suis là, tu vois les week-ends je fais les branches bénévoles, j'accueille vraiment chaque bénévole Je suis vraiment au four, au moulin, les trucs. Et puis en fait, au fur et à mesure où ça se construit, c'est vraiment plus moi. En fait, on est vraiment nombreuses. Et l'esprit Fondation des Femmes, on est vraiment nombreuses à l'avoir, à le maintenir, à le faire vivre. Et il y a quelque chose de chaleureux, de sorore, de joyeux, qui vit vraiment dans chacune d'entre nous. À nouveau, ce n'est vraiment pas que moi. Et donc, ce que disait Wessila, c'est vrai qu'à partir de 2019-2020, on commence à avoir un peu petit peu plus d'équipe. Et donc, on a même une personne en charge des bénévoles. Truc de fou, truc de folie. Notre ramas national qu'on adore, d'ailleurs, on la salue. Elle est la première à s'être occupée justement de développer un peu, structurer ce réseau, du coup, aujourd'hui de 20 000 bénévoles. Et donc, c'est vrai que moi, aujourd'hui, je rencontre plus, personnellement, chacune des bénévoles, mais c'est bien dommage. Et surtout que la Fondation des Femmes, c'est vraiment, à la base, c'est que des bénévoles. C'est-à-dire que si on est ce qu'on est aujourd'hui, c'est parce que il y a eu plein de Mathilde, plein de Wassila qui se sont dit « Ah mais trop cool, pourquoi on ne lèverait pas des millions pour les droits des femmes ? » Et voilà, on s'est toutes dit que c'était possible. Et en fait, tu sais, c'est ça, il y a une phrase, je ne sais plus qui l'a dite, mais c'est « Ne pensez pas qu'un petit groupe de personnes déterminées et motivées ne puisse pas changer le monde. C'est de cette manière que ça s'est toujours passé. » passer. Et typiquement, la Fondation des Femmes, c'est exactement ça. C'est un petit groupe de femmes et quelques hommes, et globalement quand même de femmes, très motivées, mobilisées, qui, avec... je ne sais pas, le grain de folie nécessaire à penser que ça n'a jamais été fait, mais du coup, il n'y a pas de raison qu'on ne le fasse pas. Et à le croire toutes, et à se bouger toutes, et à mettre toutes, vraiment, on a toutes mis du temps incroyable, de l'intelligence, enfin toutes de l'intelligence, du cœur, de l'idée, et de cette sororité aussi.
- Speaker #0
Tu parlais tout à l'heure de bénévolat d'expertise, et c'est vrai que...
- Speaker #1
Bah toi d'ailleurs !
- Speaker #0
Moi ? Mais là, j'allais parler de l'expertise juridique, je n'en suis pas encore là, mais presque. Non, mais au tout début de la Fondation, on a eu un game changer, comme on dit. C'est vraiment l'expertise d'avocates ou de femmes qui se sont vraiment mobilisées ensemble. Tu peux nous raconter un peu ? Parce que c'est vrai que ça a été vraiment un chapitre très important pour la Fondation de la Fondation.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que moi, à la base, je suis militante féministe dans des associations. plus, on va dire, entre guillemets, traditionnelle. On fait des manifs, on fait des campagnes d'interpellation. Donc, je sais faire des manifs, des communiqués de presse, etc. Mais on n'est que sur du bénévolat, donc on n'a quasiment pas de moyens. Et on arrive quand même à faire des trucs incroyables comme ça. Et puis, quand je me dis, mais c'est quand même fou, parce que ce qu'on arrive à faire quand on n'a pas de moyens, imagine si on avait des moyens. Et je me rends compte qu'en particulier sur le sujet des violences faites aux femmes, il faut des moyens, on ne peut pas faire autrement. Il faut bien des endroits où les dames, elles dorment. pour être protégée de la violence. Il faut bien des conseils juridiques, etc. Donc, à un moment donné, le bénévolat, oui, mais à un moment donné, ce n'est plus possible. Et je me suis dit, déjà à l'époque, il y a dix ans, du coup, je me suis dit, un jour, ça peut se retourner. Et ce jour-là, on sera bien contentes d'avoir une fondation pour protéger les droits, parce qu'en face, c'est eux qui ont le pouvoir, l'argent, le droit de leur côté. On est ce gang de femmes au début, et on se dit, il faut qu'on lutte avec un peu plus de moyens. Et pour ça, c'est nécessaire. Évidemment, une fondation, c'est quand même une structure qui doit être très solide parce que les gens ne vont pas faire de dons à une structure qui fait n'importe quoi. Donc, il faut qu'il y ait des très bons avocats qui nous aident à monter la structure. Il faut qu'on ait des très bons communicants qui nous aident à imaginer un logo, imaginer un nom, imaginer un site Internet. Il faut qu'on ait des personnes qui sont spécialisées dans la levée de fonds. auprès du grand public, ce qui n'était pas tout à fait mon métier à la base. Et donc, je suis vraiment allée chercher, effectivement, aller piocher dans mon entourage et dans les personnes que j'avais vues. Pas uniquement des personnes sensibles à la cause, ça j'en connaissais plein, mais celles, parmi celles-ci, celles qui avaient des compétences spécifiques et particulières, qui venaient compléter ce que moi je savais faire, parce que je ne sais pas tout faire. Et vraiment, la Fondation, elle est ce qu'elle est, parce que justement, c'est plein de compétences qui se sont additionnées avec cette même envie, cet même état d'esprit, cette même ambition un peu folle. mais construites avec plein de qualités et de compétences différentes. Et donc, c'est ça la fondation. Et en particulier, évidemment, les avocates. Elles étaient quelques-unes au début. Et puis, quand t'en as une, t'en as dix. Les avocates, elles se connaissent toutes. Et puis, elles sont formidables. Et donc, effectivement, il y a eu beaucoup d'avocates au début. Et c'est pour ça qu'on a aussi cette force juridique à la Fondation des Femmes. Donc, on ne fait pas que lever des fonds. On opère aussi des programmes juridiques. Donc, soit on va défendre des femmes. et particulièrement dans le cas de contentieux stratégiques, quand c'est un cas qui va changer la donne pour toutes les femmes, alors on met des avocates en plus gratuites de la force juridique. On produit aussi du plaidoyer, des études. Par exemple, là, on a étudié le projet de loi sur la justice, on n'est pas sûr que c'est bien, on est même certaine que ce n'est pas bien, le projet de loi de Darmanin. Tout ça, c'est parce qu'on a ces compétences. donc on a Depuis le départ, une fondation, ce n'est pas une asso classique. Il faut qu'on ait quand même un niveau d'exigence sur la qualité du rendu qui est nécessaire. On n'aurait pas pu la faire autrement. Et du coup, quand tu regardes tous nos événements, ils sont hyper beaux, hyper bien organisés. Les meufs, elles sont taquées. Quand on fait pareil, même vous, côté bénévole, vous avez plein de projets en propre. et c'est toujours... exécutée avec un sens du détail, un attachement à ce que ce soit hyper bien fait. Et donc, ça permet aussi de renvoyer une image de la Fondation des Femmes qui, à mon avis, est une image de sérieux et de crédibilité.
- Speaker #4
Et puis, c'est un niveau d'excellence qui augmente, je trouve, d'année en année. Vraiment.
- Speaker #0
Tu en parlais avec la vie des relais. J'en parlais avec la vie des relais.
- Speaker #4
Je les ai toutes faites à part la dernière. Et en fait, c'est vrai qu'à chaque fois, je suis impressionnée de voir les endroits qu'on est capable d'avoir. les bénévoles qu'on est capables de mobiliser, les partenaires qu'on est capables de mobiliser. C'est toujours assez impressionnant de voir ce résultat-là et ça augmente d'année en année surtout. La braderie, elles font un travail... incroyable.
- Speaker #0
Tu pourrais nous expliquer ? Oui, aussi là, tu peux nous en parler. Alors,
- Speaker #2
ce n'est pas moi qui porte le projet, comme disait Anne-Cécile, on est vraiment un collectif, je trouve que c'est tellement génial, c'est ce qui fait, en ce qui me concerne, c'est ce qui fait une grande partie de l'histoire de la Fondation, c'est ce collectif de femmes qui ont des rêves et qui ont envie d'aller au bout. Et donc la braderie, c'était l'un des rêves, ça a commencé tout petit, je m'attire, tu étais là, toi, au départ, quand ça a commencé. Et il y en a plein comme ça, des petites opérations que vous aviez commencé. Mais tout, moi je pense à même la collecte. La collecte, la première, je me souviens.
- Speaker #1
La collecte en magasin. Toi Mathilde, toi t'es très orientée, t'adore faire les collectes en magasin. Explique-nous ces collectes en magasin. Parce que c'est devenu un truc de malade, les collectes en magasin. C'est 6 millions de produits qu'on a redistribués. Oui,
- Speaker #4
c'est ça. Tu t'en souviens des premières ou pas ? Je me souviens des toutes premières, au Monoprix République, très exactement. On avait récupéré trois sacs, pleins, et on était... ravis.
- Speaker #1
Trois sacs pleins de produits hygiéniques qui ont atterri dans mon minuscule bureau. Et à l'époque, ils faisaient des serviettes hygiéniques parfumées. Autant te dire, en plein été, c'était l'horreur. Ça puait dans mon bureau, le parfum chimique. Mais on avait redistribué à la Maison des Femmes de Paris.
- Speaker #4
Oui, tout à fait. Tu étais, toi,
- Speaker #1
sur la redistribution ?
- Speaker #4
Je n'étais pas sur la redistribution, mais j'ai eu l'opportunité dans les collègues suivants d'aller redistribuer directement aux assos. Et c'est vrai que c'est génial de voir le résultat concret de ce projet-là, en voyant les associations recevoir les produits. C'est vraiment quelque chose qui leur change la vie.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, c'est combien de villes et de bénévoles qui sont mobilisés comme ça sur un week-end pour collecter en magasin des produits ?
- Speaker #2
C'est beaucoup de bénévoles.
- Speaker #4
Il y a environ 1 500. Plus de 1 000.
- Speaker #2
Et les magasins ? En général,
- Speaker #4
il y a entre 60 et 100 magasins.
- Speaker #2
ça dépend des années dans plein de villes dans toute la France là on est en train de s'inscrire pour la collecte de cette année exactement celle de juin celle de juin on se professionnalise aussi sur l'orgue parce que maintenant on a des pôles oui parce qu'on a décidé de s'organiser en pôle récemment donc voilà
- Speaker #4
Mathilde ne va plus être en direct sur la collecte non mais je me suis inscrite pour être coordinatrice de magasin Merci. C'est vraiment un super projet qu'on a vu grandir, qui a commencé par ces trois sacs que j'étais ravie d'avoir au Monoprix République et qui maintenant mobilisent 1000 bénévoles dans parfois 80-100 magasins. C'est quelque chose d'énorme et c'est un résultat qui est impressionnant.
- Speaker #1
C'est 6 millions de produits redistribués depuis le tout début.
- Speaker #2
C'est énorme. Franchement, il y a de quoi être fière et c'est une belle histoire aussi sur le côté transmission. parce que le fait qu'il y ait les pôles et que maintenant, tout le monde connaît. C'est des opérations assez visibles. Les bénévoles de la Fondation des Femmes au Monoprix, maintenant, c'est quelque chose qui est acquis. Et bien voilà, tout le monde peut se l'approprier. Tout le monde peut venir faire une collection. Au début, les clients,
- Speaker #1
ils étaient hyper interrogatifs en mode « Mais attends, j'achète quoi ? » Comme des serviettes hygiéniques, des tampons. Et tu vois, les mecs, ils disaient « Mais comment je fais ? Mais je choisis quoi ? » C'était la première fois qu'ils allaient au rayon hygiène intime des femmes. Et ils ne savaient pas quoi acheter. Ah oui, ils ne savaient pas quoi acheter.
- Speaker #2
Une fois n'est pas coutume, je vais dire un mot sur les hommes. Parce que franchement, c'était très impressionnant pendant les collectes de voir ça. Ils viennent souvent, ils disent oui, oui, je veux. Qu'est-ce que je dois acheter ? Non, mais c'est très bien ce que vous faites. Donc, c'est bien, ça réconcilie avec tout le monde de faire ces opérations.
- Speaker #0
Mathilde, dans la préparation de cette émission, vous m'avez dit quelque chose de très touchant. Je vais lire ce que vous m'avez écrit. Cette capacité à avoir de grandes ambitions et à les réaliser est la raison principale de mon admiration pour Anne-Cécile. et de mon engagement de 10 ans à la Fondation des Femmes. Est-ce qu'au-delà de la force de ce collectif, le leadership inspiré par Anne-Cécile et incarné par Anne-Cécile porte aussi cette fondation ? Et c'est ça aussi qu'on célèbre.
- Speaker #4
Oui, c'est ce que je disais au début de l'émission. C'est que tu as réussi à créer un mouvement qui te dépasse. Maintenant, ce n'est plus que toi. à la base, toi, qu'as créé quand même. Et maintenant,
- Speaker #1
je peux partir en vacances. Ça y est, les week-ends. Chacune apporte quelque chose. Moi, oui, je reconnais que j'apporte quelque chose, ça c'est sûr. Mais par contre, on apporte toutes des trucs extraordinaires à la Fondation des Femmes. Et d'ailleurs, il y a des femmes qui sont aujourd'hui, qui aujourd'hui font autre chose, qui ont apporté des choses aussi, leurs petites pierres à l'édifice. Et c'est à l'instar du mouvement des femmes, d'ailleurs, où en fait, il y a eu des tas de femmes avant nous, extraordinaires, qui ont fait des trucs incroyables, qui ont chacune amené leurs petites pierres à l'édifice. Moi, j'amène ce petit caillou, mais... On amène toutes notre pierre à l'édifice. Et les donateurs et les donatrices amènent leur pierre à l'édifice aussi. Merci à vous. Vous êtes toutes merveilleuses et vous êtes tous merveilleux. Merci les donateurs et les donatrices. Continuez s'il vous plaît.
- Speaker #4
Après, c'est vrai que pour rebondir sur ce que tu dis sur la communauté bénévole, c'est une communauté qui est vraiment dynamique, qui est vraiment engagée, qui est vraiment sereur. En tout cas, c'est ce que nous on vit au sein du comité de pilotage. C'est vraiment la sororité...
- Speaker #2
Le comité de pilotage, c'est les chefs.
- Speaker #4
C'est vraiment la sororité dans ce qu'elle a de plus...
- Speaker #1
Beau, je dirais. Oui, franchement,
- Speaker #4
exactement. Et oui, c'est vrai que c'est une communauté bénévole qui donne envie d'y rester,
- Speaker #2
en tout cas. C'est ça, on s'est rencontrés, on s'est fait des amis, on s'est fait des sœurs, en fait, vraiment. Et au départ, on se disait beaucoup, quand on venait militer à la Fondation, on ne se racontait pas nécessairement nos histoires perso. On était là pour l'événement, ou l'événement qu'on allait accompagner, la mission de bénévolat qu'on allait faire. Et au final, à force de se retrouver tout le temps, on sait ce qu'on traverse, on sait qu'il y a des jours avec, qu'il y a des jours sans. Et quand je dis ce qu'on traverse, ce n'est pas ce qu'on a pu traverser, mais même le quotidien d'une femme dans la société actuelle. Donc parfois, on se soutient beaucoup. Oui, on est vachement présentes les unes pour les autres, sans empiéter. Et finalement, au bout de plusieurs années, c'est des soeurs. Je rebondis là-dessus. Avant votre engagement collectif, Quel a été, l'une pour l'autre, votre déclic féministe ? Est-ce qu'il en est un dans votre vie ?
- Speaker #4
Alors moi, mon déclic féministe, c'est assez bizarre. Je l'ai eu assez jeune, en fait. Tout simplement parce que j'étais fan des Space Girls. J'étais extrêmement fan des Space Girls. Et le Girl Power, ça m'a touchée en plein cœur, à mon mois de 6-8 ans. Et je me suis dit, bah ouais, voilà, Girl Power, c'est génial d'être une fille. Du coup, quand les garçons nous embêtaient à la récré, j'avais cette force du girl power. Et voilà, c'est venu de là. Après, pourquoi je me suis engagée à la Fondation des Femmes spécifiquement ? C'est parce que moi, ça faisait longtemps que je voulais m'engager dans une fondation assoféministe. Mais je ne savais pas vers quoi m'orienter parce que j'avais l'impression que chacune traitait un sujet en particulier. Je ne savais pas quoi choisir.
- Speaker #0
Est-ce que c'était le cas ou c'était une impression ?
- Speaker #4
Il y a des associations qui sont spécialisées sur certains publics. Moi, j'avais envie d'aider un peu tout le monde. Je n'avais pas envie de choisir, en fait.
- Speaker #0
On s'est bien tombé.
- Speaker #4
Oui, en fait, la Fondation des Femmes, ça nous permet de travailler avec plusieurs types d'associations, sur plusieurs types de problématiques, dans plusieurs villes. Je sais qu'on travaille même avec des associations dans les dom-tems. Donc, c'est un scope assez large. Et je sais que, par exemple, que ce soit les coups de pouce ou les nuits des relais, parfois ça va s'orienter vers l'accès à la justice des femmes victimes de violences, d'autres fois vers la protection des jeunes filles. Je sais qu'il y a eu une année où les coups de pouce, c'était sur l'indépendance économique, il me semble. Du coup, c'est vraiment complet. Et ça me donne l'impression d'être vraiment utile parce qu'on travaille sur tout type de problématiques. C'est pour ça que j'ai eu mon déclic Space Girls. Et après, j'ai eu bon. Et après, pourquoi la fondation ? Parce que c'était un moyen pour moi d'aider un peu tout le monde.
- Speaker #1
Et c'est vrai que du coup, toutes les actions des bénévoles qui visent à lever des fonds sont redistribuées aux associations. Et donc, c'est hyper concret. C'est-à-dire que les associations, par exemple, la Nuit des Relais, qui est donc la course solidaire quand elle a lieu à Bordeaux, elles financent les associations de la Nouvelle-Aquitaine. donc ils vont recevoir les fonds. très concrètement. Et c'est des bénévoles qui auront monté les stands, monté, mis les plots, installé les trucs pour que la Nuit des Relais puisse advenir, qui auront aussi fait des équipes, mobilisé des équipes. Et quand on peut, voilà, Nuit des Relais Bordeaux, je pense qu'on est presque à 100 000 euros aujourd'hui qui est collecté par les Nuits des Relais Bordeaux. En fait, c'est une somme qui est quand même importante dans la région et qui permet d'aller financer soit le planning familial, soit les burn-out contre le burn-out des femmes. Soit les centres d'information des femmes et des familles, bref.
- Speaker #0
les assos locales. Et c'est hyper concret parce que ça veut dire une juriste qui va pouvoir répondre, une permanence qui va continuer à être ouverte, des femmes et des jeunes qui vont pouvoir retrouver un travail. Bref, c'est un peu différent du militantisme classique, mais ça change vraiment la vie des femmes sur le terrain. On n'oublie pas non plus, ça c'est les actions pour lever des fonds, donc ça les bénévoles sont essentiels, mais on n'oublie pas non plus tout ce qu'on fait par ailleurs. Parce qu'on fait aussi, évidemment, des mobilisations, des manifestations, des pétitions, des tas d'autres choses. Donc, c'est vrai que, par exemple, le 8 mars, qui est la journée internationale des droits des femmes, et le 25 novembre, qui est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, c'est deux dates clés. Et à chaque fois, du coup, on a un camion et on a toutes les bénévoles qui sont là. Donc là, c'est la paillette et les Spice Girls à fond. Évidemment, on loue un camion et on met de la sono à fond parce qu'on a envie de faire des manifs aussi. Et tu vois, c'est vrai que... franchement, le 8 mars dernier, le soleil de malade, la musique, les photos, Gisèle Pellicot à nos côtés, qui nous a rejoints dans notre cortège. Et c'était... Voilà, c'était très be happy, tu vois, parce qu'en plus, typiquement, Gisèle Pellicot qui sort son livre sur...
- Speaker #1
La joie.
- Speaker #0
La joie, je sais plus qu'est-ce que c'est le titre exact. Choisir la joie,
- Speaker #1
je crois. Et c'est pas la joie de vivre ? Et la joie de vivre.
- Speaker #0
Et la joie de vivre, voilà. En fait, c'est un... Pour les femmes, dans le patriarcat, c'est un combat, en fait. Ça ne nous est pas donné, parce qu'en fait, on vient tout le temps, mais toute la journée. Et ça a même des incidences sur le cerveau. Quand des chercheurs ont analysé le cerveau et ont vu par IRM que le sexisme répété laissait des cicatrices sur le cerveau. Donc, c'est un combat. C'est une volonté, en fait, de réussir à être joyeuse. en patriarcat, ce n'est pas donné. Et en tout cas, nous, dans nos cortèges, y compris nos manifestations, c'est tout violet, c'est pailleté. On fait des ateliers pancartes avant et des ateliers paillettes.
- Speaker #1
On amène nos enfants.
- Speaker #0
On amène nos enfants. C'est très kids-friendly. On adore, il y a plein d'enfants partout qui crient,
- Speaker #2
qui rient, qui débordent.
- Speaker #1
On va parler du rôle des entreprises dans l'histoire de la Fondation. Mais juste, de ta part, voici là, on attendait et Voilà une histoire de ton déclic féministe.
- Speaker #2
Mon déclic féministe. Alors, un peu comme Mathilde, je pense qu'on avait déjà la fibre parce que j'avais comme héroïne Sailor Moon, Dr. Queen, Fran Fine, évidemment les Spice Girls, etc.
- Speaker #1
On a vraiment toutes le même âge.
- Speaker #2
Même génération. Comme quoi, le soft power des féministes a été utile dans ces années-là, en temps de backlash. Donc, c'est intéressant parce que ça a imprimé quelque chose chez nous.
- Speaker #1
Une forme de féminisme culturel. Oui, de se dire,
- Speaker #2
je peux le faire. Ce côté, je peux rêver. Il y a quand même eu des femmes un peu rôle modèle. Et ce n'est pas négligeable. Ça aide beaucoup. Et d'ailleurs, c'est justement ça, en fait. Je pense que c'est ce que vous disiez tout à l'heure. Tu es vraiment un rôle modèle aussi pour nous. Même si ce n'est pas une personne, même si c'est un collectif. Il y a toujours une tête de train, une locomotive. Et puis, on est venu se greffer. Et il y a... Oui, un jour, je me réveille, je fais une fondation, je lis des essais féministes et j'en fais quelque chose de concret et pas quelque chose de poussiéreux et pour les intellos. Et donc, quand... Donc voilà, moi, j'avais ces rôles modèles en étant petite. J'ai été élevée par ma grand-mère, ma mère et ma tante, donc par des femmes exceptionnelles. Mon papa, je ne l'ai jamais connue, donc la vision des hommes, dès le départ, c'était un peu biaisé. Même si j'ai beaucoup, beaucoup cherché leur... justement la rapprobation. Et ma vie de femme a fait que j'ai tout lu, tous les ventailles du sexisme, des violences sexistes et sexuelles, donc vraiment où il y a à peu près tout le parcours. Et je pense qu'on n'est pas, je ne suis pas la seule dans ce cas. Et il était hyper important pour moi de pas me résigner, ça ne devait pas être mon histoire. Je ne voulais pas que ce soit juste ça, mon histoire. Et là où c'est devenu ultra nécessaire, c'est que j'ai une petite fille. qui est là qui s'appelle Nour qui a 11 ans, qui est en 6ème Nour c'est la lumière ça a été vraiment la lumière dans ma vie c'est pour ça qu'on t'a apporté de la lumière et donc il était C'est aussi elle qui m'a donné beaucoup de force pour prendre certaines décisions dans ma vie. Et puis pour me dire que ça ne devait pas lui arriver. Moi, quand j'ai réfléchi à ma situation, je me suis dit que c'était cousu de fil blanc. Tout y était depuis ma petite enfance pour que tout ce qui m'est arrivé m'arrive. C'était un chemin tout tracé presque. Donc, je ne suis pas en colère, je n'en veux à personne. Justement, j'ai passé tout ça. En revanche... Je sais que c'est inégal, qu'on vit en patriarcat. Et donc, il faut que les choses changent, évoluent et qu'on ait des messages clairs.
- Speaker #1
C'est important ce que tu dis, parce qu'au début de l'épisode, on parlait de l'image culturelle des féministes, hystériques, etc. Aujourd'hui, on dépasse progressivement cette idée de ce n'est pas des femmes en colère, ce n'est pas des femmes qui n'ont que ça à faire.
- Speaker #0
On peut transformer la colère en quelque chose de positif.
- Speaker #1
Mais tu le disais tout à l'heure avec cet optimisme que tu as. Ce n'est pas une colère qui se nécrose sur elle-même. C'est vraiment une colère productive, une saine colère.
- Speaker #0
Mais je pense que c'est aussi un travail sur soi. Je pense qu'on est toutes passées par des phases de vraie colère. On est toutes passées par des phases où, quand on commence à creuser un peu le sujet, on se rend compte tout à coup de ce que c'est la haine des femmes et à quel point elle est abyssale. On ne sait pas jusqu'où ils peuvent aller. C'est dans la haine des femmes, dans notre humiliation, dans les actes de torture. J'ai vu des choses, parce que je me suis engagée bénévolement. J'ai commencé par des associations. J'ai vécu en partie. En plus, j'ai été bénévole dans des associations de terrain. Toujours aujourd'hui, à la Fondation des Femmes, évidemment, il y a beaucoup d'histoires qui nous remontent et qui viennent, en particulier, à la force juridique sur laquelle on travaille. Mais à un moment donné, c'est tellement noir, ça nous aspire tellement que c'est vrai que j'ai eu aujourd'hui pour survivre.
- Speaker #1
Ça fait l'air que ça reflète du survie.
- Speaker #0
Oui, ça reflète du survie. Clairement. À un moment donné, si on ne veut pas que cette noirceur-là nous aspire à tout jamais, moi, en tout cas, ma méthode, c'est OK, on va trouver les solutions. On va agir et on va essayer de faire en sorte que demain, pour nos filles, ce ne soit pas pareil. Et que d'autres femmes ne vivent pas ce que nous, on a vécu. Et même si ce n'est pas pour nous, c'est pour les autres. Et en fait, transformer cette colère qui est absolument légitime. Et je pense qu'on ne peut pas faire autrement quand on est confronté à ça qu'être en colère. Mais en tout cas, moi, ma méthode pour survivre et continuer à apprécier la vie, parce que je suis vivante et je suis vivante pour peut-être quelques années de plus, je l'espère. Et du coup, je veux en profiter. Je ne veux pas que le patriarcat m'ait volé trop de choses. Et donc, il faut que je transforme ça en choses positives, en action, en rassemblement. Et c'est vrai que des fois, on se dit, c'est chiant parce qu'à chaque fois qu'on avance, le patriarcat revient, les masculinistes maintenant, on n'est pas sortis de l'auberge et on pense avoir progressé. Mais en fait, la lutte pour, c'est aussi quelque chose qui nous guérit, qui nous aide, qui nous fait rencontrer des femmes extraordinaires avec qui on passe des super beaux moments. Moi, grâce à la Fondation, grâce à cet engagement, grâce au féminisme, on est une bande de femmes extraordinaires et on a tellement de plaisir à se voir, à faire des choses ensemble. Et ça, ça guérit aussi.
- Speaker #1
Tu as l'impression d'être différente depuis dix ans. La Anne-Cécile de 2016 n'est pas celle de 2026.
- Speaker #0
Oui, c'est clair.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'elle t'a apporté, cette Fondation ? Qu'est-ce que ta création t'a apporté ?
- Speaker #0
Alors, ce n'est pas que ma création à nouveau. Création, ça fait créature. Parce que ta créature t'échappe. En fait, c'est aussi ces dix ans qui... C'est à la fois la Fondation des Femmes et c'est le monde qui a changé. C'est des avancées extraordinaires qu'on a vécues. Moi, je disais franchement, chaque année, je les amaisais. Je disais, mais kiffez, incroyable. En fait, ce ne sera pas toujours comme ça. Là, c'est fou, c'est fou, on progresse, on progresse. Enfin, voilà. Prenez deux secondes pour vous rendre compte à quel point vous avez de la chance et on a toutes de la chance d'être en train de vivre des années où les gens... ouvre les yeux, ouvre les oreilles. Parce que moi, j'ai été militante avant, quand en fait, toutes les oreilles et tous les yeux étaient fermés. Et je peux vous dire que ce n'était pas pareil. Et donc, on est là en train de traverser des années qui sont extraordinaires et ça ne va pas toujours durer. Donc, prenez toute cette énergie-là, remplissez-vous de ça et allons le plus loin possible, le plus vite possible, parce qu'ils vont se retourner un jour, ils vont comprendre qu'on est en train de prendre quand même un peu de place et ils ne vont pas être contents. Donc, il faut tracer, il faut vraiment creuser le sillon. Je pense que ces dix dernières années nous ont toutes... transformé. Donc moi, la première, évidemment, parce que il y a quand même cette fondation qui existe aujourd'hui. Par ailleurs, je suis maman quand même, même si c'est autre chose, mais quand même, c'est difficile de séparer la vie pro et la vie perso.
- Speaker #1
Et puis,
- Speaker #0
j'ai grandi, j'ai appris plein de choses sur moi et sur la cause. Et puis, ce que je trouve vraiment extraordinaire, c'est qu'aujourd'hui, la fondation effectivement... elle m'a toujours dépassée mais elle me dépasse totalement et on est très très nombreuses et je pense que oui je peux prendre des vacances et ça va pas s'effondrer et au contraire et peut-être que demain ce sera encore mieux sans moi donc voilà la fondation elle est là et ça c'est que moi je sois en vacances ou pas que je parte ou pas mais je veux pas générer du stress mais du coup ça n'est pas je suis pas en train de faire un discours de départ mais en tout cas Merci. En tout cas, ça, c'est très, très, très satisfaisant. Aujourd'hui, j'ai une équipe de directrices. Elles sont incroyables. Des masses de bénévoles qui font un taf incroyable.
- Speaker #1
Et donc, en fait, ça ne repose plus sur moi.
- Speaker #0
C'est vraiment une énergie collective qui est là, qui existe et qui va continuer à exister. Et ça, c'est assez fou.
- Speaker #1
Merci beaucoup. à toutes les trois. Merci Wassila, merci Mathilde, merci Anne-Cécile. Avec plaisir. On se retrouve le mois prochain pour un nouvel épisode. Moi j'ai des cadeaux. Podcast anniversaire de la Fondation des Femmes, ça s'appelle Inarrêtable. Vous voyez les Inarrêtables, elles sont ici.