- Speaker #0
Bienvenue dans Inconnu·e·s, un podcast de récits intime. On croise des inconnus tous les jours, sans jamais savoir ce qu'ils portent à l'intérieur. Ici, je m'assois face à une personne pour revenir sur un moment précis de sa vie. Un moment où quelque chose a basculé. Alors il n'y aura pas de success story, pas de grandes leçons, ni de solutions toutes faites. Juste des récits racontés de l'intérieur, avec des doutes, de la vulnérabilité et parfois des silences. Parce qu'au fond, derrière les masques, on est souvent beaucoup moins différent que ce que l'on croit. Et peut-être que quelque part, tu t'y reconnaîtras. Bienvenue dans Inconnu·e·s. Aujourd'hui, je suis avec Florian. On va parler d'un moment de bascule de sa vie. Un moment où il s'est rendu compte que rester lui coûtait plus que partir. C'est pas toujours évident à reconnaître ça, mais dans le cas de Florian, il s'est passé quelque chose. Son corps lui a parlé. Alors, aujourd'hui, on va écouter ensemble le récit d'une décision difficile racontée de l'intérieur. Salut Florian.
- Speaker #1
Salut Amandine.
- Speaker #0
Merci d'être là, d'avoir accepté l'invitation.
- Speaker #1
Merci à toi pour ton accueil.
- Speaker #0
Alors, pour commencer, est-ce qu'il y a un moment... ou un événement dans ta vie qui t'a fait sentir que le rôle que tu pensais devoir tenir devenait un peu trop lourd pour toi ? Et si oui, quel était ce moment, si tu veux bien nous expliquer ?
- Speaker #1
Alors le premier moment, comme tu cites, qui me revient en mémoire, c'est un rôle que ma maman m'a donné. C'était une responsabilité au niveau spirituel. religieux. Et elle m'a toujours dit depuis tout petit, quand tu seras grande, tu seras dans telle et telle posture. Et puis c'est quelque chose qui ne me parlait pas, mais en même temps quand tu es petit, tu fais confiance à tes parents. Finalement, cette posture, ça a aussi eu un impact sur ce que je me permettais de faire, ou plutôt d'être. Et finalement c'est une façon de faire que j'ai réappliquée dans beaucoup de domaines de la vie.
- Speaker #0
Par rapport à la posture que tu dis, avoir le sentiment de devoir tenir, tu penses que les personnes extérieures t'auraient décrit comment ? Et après, ma question, c'est comment est-ce que toi, profondément, tu te serais décrit ?
- Speaker #1
Alors, l'image que j'ai que les gens ont de moi, C'est que oui, je suis quelqu'un qui est disponible, qui est au service, qui est patient, très patient, qui est quelqu'un de fiable, sur qui on peut compter. Donc cette posture-là est doux, qui va traiter ton problème avec la même qualité qu'il le ferait pour lui.
- Speaker #0
Serviable ?
- Speaker #1
Serviable. Ça, je pense que c'est l'image que les gens ont de moi. et la réalité à la différence que ce qu'on ne voit pas, c'est que ça me coûte. Pas toujours, mais ça me coûte parce que ça me demande une énergie assez forte, que je ne me donne pas forcément à moi-même et que j'apprends à me donner à moi en priorité avant de donner aux autres.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a quelque chose que tu as vécu qui fait justement que tu sois dans cette démarche d'apprendre à te donner à toi avant de donner aux autres ?
- Speaker #1
Oui. Je suis papa de deux enfants. Deux enfants que j'ai eus avec Suzanne, leur maman.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Très bonne maman. On se connaît depuis l'âge de 15 ans. Mais on a toujours été indirectement en contact, mais éloigné. Et au début de ma trentaine, j'étais marié. Et j'ai mis fin à cette relation. Dans cette période de célibat, c'est là que j'ai re-rencontré Suzanne, avec qui on a eu un match. Et en fait, on s'est vus. Et puis... Il y a un moment où notre relation est devenue un peu plus intime pendant une certaine période. Et puis, dans ce cheminement, il y a un moment où je me suis senti peut-être pas prêt à aller plus loin. Et puis, à un moment, j'ai voulu mettre un stop, ce qui a été difficile. Mais c'est aussi à cette même période qu'on a eu la chance de vivre quelque chose d'encore plus... plus intense, qui était le début d'une vie parentale. Au début, on a été pris par un rythme assez rapide, parce qu'en fait, on dit que neuf mois de grossesse, c'est long, mais ça peut être aussi tard. Si ton socle de base n'est pas le plus solide. Donc, en neuf mois, on a emménagé ensemble, aménagé une chambre pour enfants. construit notre relation un peu plus solidement que ce qu'elle était à ce moment-là en se projetant sur... On n'est pas seulement des partenaires de vie, on devient une famille. Et puis, quand tu fais X années avec une personne, tu te projettes, tu discutes sur quelle est ta vision de l'éducation. On a vécu tout ça en version hyper rapide. On n'a pas eu le temps du coup, ou on n'a pas pris le soin de se concentrer sur comment on allait être en couple. Parce que tu as la vie de famille, ou la vie parentale, et tu as la vie de couple. Et là-dedans, il y a aussi qui je suis moi. Savoir que dans cette même période, j'ai commencé une formation aussi diplômante. Enfin, il y a eu beaucoup de choses. Ça fait beaucoup. Ça fait beaucoup. Et j'avais beaucoup à gérer.
- Speaker #0
Mais comment tu te sens du coup à ce moment où il y a beaucoup de changements, beaucoup de choses qui ont lieu ?
- Speaker #1
Alors, à ce moment-là, je me sens épanoui dans cette posture de papa. Je me sens confiant dans la posture du couple, mais en ayant conscience qu'il y a... Des choses à soigner, beaucoup de choses à soigner. Et pour moi, ce qui était le plus dur, c'est d'accepter en fait que je pouvais aussi me mettre en priorité. L'équilibre là-dedans, je n'ai pas réussi à le trouver.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a quelque chose du coup qui te fait prendre conscience que ça ne te convient pas en fait ?
- Speaker #1
Ce sentiment de tristesse. ou d'un manque en moi, commencer à prendre le dessus. Et puis, c'est difficile parce que c'est un peu un problème de riche au moment où tu le vis. Tu te dis, mais j'ai une belle vie familiale, j'ai une personne sur qui je peux compter, j'ai une formation qui me permet d'évoluer aussi dans le cadre professionnel, je suis en bonne santé, je peux faire du sport, je peux performer. Enfin, il y a plein de cases. Et puis tu te dis, mais en fait, c'est juste ça. laisse tomber, ça ira mieux plus tard, laisse du temps. Et puis, on te le dit aussi, oui, mais c'est normal, vous êtes jeunes parents, c'est la norme autour de toi, regarde, c'est même encore mieux chez toi qu'ailleurs. On entre dans une comparaison, mais en fait, peu importe à qui tu te compares, personne ne ressent ce que toi tu ressens.
- Speaker #0
Et du coup, toi, tu fais quoi à ce moment-là ? Justement, tu as cette... perspicacité justement de dire non mais en fait peu importe ce qu'on est en train de me dire et peu importe le fait que sur le papier tout va bien,
- Speaker #1
moi je ressens profondément que ça va pas clairement à ce moment là j'en ai pas conscience ou j'en ai conscience que quand c'est trop quand la goutte d'eau fait déborder le vase, à ce moment là je l'exprime et puis ça sort, puis ça sort de façon maladroite, c'est à dire que j'ai une langue qui tranche. Je suis quelqu'un de très doux, mais lorsque j'ai besoin d'exprimer quelque chose et que c'est un stade de ma vie ou de ma tolérance qui devient trop, je peux avoir des mots qui blessent sans que ce soit des mots crus, mais en fait, ça vient toucher pile là où ça doit venir. Tu l'apportes comme ça, forcément, tu casses des vases, tu casses des verres. Bien sûr.
- Speaker #0
Parce que pour arriver jusque là, justement, ou si tu es une personne qui garde beaucoup et qui verbalise seulement quand tu atteins vraiment une limite qui est plus tenable, comment tu ressentais les choses dans ton quotidien avant d'arriver ? Comment tu te sentais au moment où ça arrivait vraiment ?
- Speaker #1
Alors, je ressentais beaucoup d'anxiété et de stress. Et puis, c'est des émotions que je ressentais au niveau de mon intérieur. Pendant qu'on parle, je te pointe mon plexus. C'est vraiment là que je l'ai ressentie. Et puis tu sens cette boule, cet agacement qui vient finalement empoisonner un peu le vécu que tu as avec la personne en face de toi, cette personne qui chérit tes enfants, qui est là, qui est présente à la maison, mais que l'image, le regard que tu en as, il est entaché par ton son au fond de toi, puis que tu n'arrives pas à gérer ou à exprimer. Par peur de blesser, par peur de faire mal, par peur de créer un conflit. Et puis, ma façon de gérer ces émotions, qui étaient mélangées aussi au stress de la formation, du boulot et tout, c'était de l'extérioriser à travers du sport, principalement. Après, à cette période-là, je sortais encore un peu plus qu'aujourd'hui quand même. Mais voilà, tu vas tout d'un coup te vider la tête, sortir avec tes amis, consommer un peu d'alcool. Sans se rentrer dans un excès, mais ça te permet de vivre quelque chose d'autre, une autre émotion qui tout d'un coup t'adoucit et te rend plus serein.
- Speaker #0
Ça met un petit sparadrap.
- Speaker #1
Exactement. Tu vides un peu ton vase, pas complet.
- Speaker #0
Voilà, exactement.
- Speaker #1
Et surtout, il est rempli toujours d'une énergie qui est négative.
- Speaker #0
À quel moment tu te rends compte que ça ne va vraiment pas du coup ?
- Speaker #1
Un des premiers signes, ça a été... deux ans, deux ans et demi avant notre séparation, où là, j'ai senti que non seulement c'était trop pour moi... Mais en plus, je sentais que gentiment, je commençais à me détacher d'elle. Ou que je commençais gentiment à me projeter dans le fait qu'une séparation pourrait être possible. Malgré le fait que nos enfants étaient quand même assez petits. Mais à un moment, ça me coûtait trop. Et puis, toute cette anxiété, toutes ces pensées qui viennent te tourmenter avant que tu dormes. où tu te dis, si je fais ça, je vais te décevoir. Si je fais ça, je pourrais peut-être perdre la garde de mes enfants. Toutes des choses où tu te dis, il vaut mieux se sacrifier. Et qui te font tenir. Parce que, je répète, on n'avait pas un quotidien néfaste. On avait des très bons échanges, une très belle vie familiale. Mais moi, là où je me sentais entaché, c'était dans la vie de couple. J'avais profondément envie de partager quelque chose avec elle, quelque chose qu'on n'avait pas eu le temps et le soin de construire au début.
- Speaker #0
Les sensations, les sentiments sont lourds, mais malgré tout, tu continues du coup dans la relation. Qu'est-ce que tu dis pour continuer en fait, malgré tout ça ?
- Speaker #1
Le fonctionnement que j'ai eu, c'est que je me suis moi-même plus écouté. c'est-à-dire que j'ai ignoré ce sentiment c'était finalement que mon ressenti personnel, dans un cadre où j'avais ma compagne, mes enfants, ma famille, tout le reste allait bien. Et du coup, c'est vraiment égoïste à ce moment-là, de mon point de vue, de me choisir au détriment des autres. Mais à ce moment-là, c'est plus facile de se dire ça. Parce que tu dois... Tu viens finalement pour satisfaire une seule personne tu prends le risque vraiment, pas la réalité, mais le risque d'insatisfaire ou de casser 2, 3, x autres personnes.
- Speaker #0
Et quand tu dis une personne, tu parles de toi. Tu satisfais une personne.
- Speaker #1
Exactement. Et du coup, un choix que j'ai fait à ce moment-là mais qui a pris tout le coup tout un processus, c'est de me dire, ben, je m'étais promis de ne plus être malheureux, mais à la différence, est-ce que je pourrais plutôt me promettre d'être heureux ? et qu'est-ce que je peux faire pour ça ? Je suis allé au Profa, une plateforme qui est prévue pour les familles, que ce soit tant pour le relationnel que pour le sexuel. D'accord. Et puis, en fait, tu prends contact avec eux, c'est des psychologues.
- Speaker #0
Mais parce que toi, tu te sens comment au moment où tu... Et déjà, est-ce que c'est quelque chose que tu avais déjà fait, une thérapie ou demander de l'aide ? Est-ce que c'est quelque chose que tu t'imaginais faire ? Ou c'était tout nouveau pour toi ?
- Speaker #1
Alors, c'est une chose que j'avais fait déjà avec mon ex-femme.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais dans une phase où il était déjà trop tard. On était déjà dans le cadre de la rupture. Et je l'avais fait sous sa volonté et j'y étais fermé à ce moment-là. Donc, je n'ai pas bénéficié. L'accompagnement est elle-même. Simplement, je n'ai pas bénéficié de l'espoir.
- Speaker #0
Oui, l'état d'esprit change beaucoup aussi.
- Speaker #1
Et là, quand j'y suis allé... c'est une chose que j'avais déjà proposée à Suzanne assez au début de notre relation quand ça commençait à ne pas me convenir de lui dire on devrait se faire accompagner c'est quelque chose qui n'était pas souhaité de sa part à ce moment là et puis c'est pas forcément quelque chose que j'ai reproposé ensuite par contre je l'ai fait pour moi peut-être dans un but de me rassurer que ce que je vivais c'était pas un problème de riche du coup j'ai vu cette thérapeute trois fois Oui. Et en fait, je crois que j'y allais avec une envie d'avoir des réponses, mais je n'ai eu aucune réponse. Une fois que j'ai exposé la situation, c'était vous avez une porte où vous continuez tel quel, vous avez une porte où vous mettez un stop, vous avez une porte où... Et puis finalement, j'étais face à cette porte, mais je le savais déjà intérieurement. Je le vivais déjà depuis... Sauf que je passais juste à le pas. Et c'était ma responsabilité à un moment de prendre la décision pour moi de ce que je veux moi. pour moi et pas pour les autres.
- Speaker #0
Tu te mets enfin, j'ai l'impression, en priorité. Mais c'est à travers ces thérapies où tu prends conscience ou qu'est-ce qui fait justement que t'arrives à ce moment-là où t'as un déclic ou un changement ?
- Speaker #1
Pour moi, c'est les thérapies. C'est finalement d'avoir ce sentiment d'avoir été entendu et que la personne qui m'entend valide le fait que j'ai le droit ou c'est ok. de ressentir ou d'avoir ressenti ça et c'est ok de prendre une décision pour moi on en parlait dans notre échange avant L'éducation que j'ai reçue dans la façon de faire et d'être que j'ai eue jusque-là, penser à moi, c'était quelque chose d'égoïste parce que, pour moi, je me mettais plutôt au service des autres parce que la validation que j'avais en retour, c'est bien ce qu'il fait, on peut compter sur toi, ça m'apportait une sorte de bien-être, de bonheur.
- Speaker #0
Du coup, qu'est-ce qui se passe à partir de ce moment-là où tu prends cette main ? conscience de ça, tu te sens légitime dans ce que tu ressens.
- Speaker #1
Et donc l'impact que ça a eu sur mon quotidien, c'est simplement que j'ai cherché à réexprimer ce que je ressentais, à revenir sur le... il y a deux ans, un peu moins de deux ans, je t'ai exprimé ça, et qu'elles sont les... finalement, il n'y a pas de changement, et finalement le retour que j'ai eu à ce moment-là c'était que pour elle, ça lui pesait trop aussi, cette pression ou cette oppression de ma part à laquelle elle voyait aucune satisfaction à moyen ou à court terme de ma part non plus que j'étais finalement trop exigeant sans forcément être clair sur ce que je voulais.
- Speaker #0
Est-ce que par rapport à ça et par rapport à la première discussion, tu te sens plus compris, plus entendu ?
- Speaker #1
Alors effectivement, pour le coup je me sens plus compris parce que mon ressenti n'est pas annulé à ce moment-là. Il est ok, tu penses ça, mais...
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Moi, je ne suis pas capable d'y répondre. Et du coup, ça ne me convient quand même pas. Parce que du coup, oui, je suis entendu. Mais la solution ne vient pas. Et ça me ramène finalement à moi-même.
- Speaker #0
Pour comprendre, là, pour toi, un petit peu les perspectives qui s'ouvrent du coup à toi. C'est OK. Donc, de son côté, ce n'est pas possible. On va reprendre les portes que ta thérapeute t'avait montrées.
- Speaker #1
Moi, je voyais trois portes. Une, c'était partir. L'autre, c'était rester et soigner ce qu'il y avait à soigner. Et puis, la troisième, c'était de rester tel quel. C'était du coup...
- Speaker #0
Il se passe beaucoup de choses en toi, du coup, à ce moment-là, à cette période-là.
- Speaker #1
Mais à la différence que, plutôt que ce soit anxiogène, de voir que la porte de si je pars, qu'est-ce qui peut se passer, ou si je reste, et puis qu'il ne se passe rien, et puis que je vais être aigri, il y a un moment où... C'est des portes qui font peur, mais des portes qui sont une promesse de changement. En fait, il y a eu un élément clé. J'étais un soir à la maison, les enfants dormaient. En fait, il y a eu un moment de silence. Puis je lui ai posé... Ça bouillonnait en moi, j'étais là, parle-lui, Je ne savais pas comment l'amener. Et j'étais là, mais parle-lui, n'aie pas peur. Tu sais, parce que j'avais tendance à retenir les choses par peur du jugement. Puis en fait, je disais, mais c'est maintenant, en fait. Il faut y aller. Et je lui ai posé la simple question, je lui ai dit, est-ce que tu te sens heureuse ? Il y a eu un silence, et puis un long souffle, et puis il y a eu sa réponse de... Oui, mais je sais qu'on a des choses à régler. Il y a des choses à régler. J'ai ressenti qu'il n'y avait pas non plus l'énergie pour régler ça. Que c'était une façon de dire j'ai conscience, mais j'ai d'autres priorités ou remettons à plus tard. Puis c'est quelque chose que j'avais déjà vécu comme sentiment dans notre relation. Le moment où elle me l'a exprimé, cette fois-ci, c'était pour moi la fois trop celle où moi, j'ai plus la patience. Et en fait, à ce moment-là, ça a été très dur. En plus, c'est le moment où c'est l'heure de dormir, t'es au lit.
- Speaker #0
Ah, ouais.
- Speaker #1
Voilà. Et en fait, à ce moment-là, je lui ai exprimé le fait que je me sentais profondément malheureux. Par contre, quand bien même ça a été accompagné de pleurs, d'une nuit sans dormir, de tout ce qui accompagne ça, de la tristesse que tu vois tout d'un coup réellement dans ses yeux, je me sentais quand même mieux parce que je me sentais enfin entendu et compris et qu'on me voyait enfin réellement tel que j'étais ce jour-là. Et ça, c'était dur, parce qu'en fait, ça m'a presque amené à une satisfaction instantanée de me dire, en fait, c'est bon, j'ai été entendu, donc peut-être qu'on peut retravailler un peu. Peut-être que c'est bon, j'ai vidé un peu de mon vase.
- Speaker #0
Quand tu dis travailler un peu, ça veut dire essayer quand même de faire en sorte que ça fonctionne ensemble.
- Speaker #1
Ouais, ou rester. un peu plus longtemps.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu vois ? Ouais. Et en fait, quand il y a eu ça, peu de temps après, on devait voyager. On devait partir en vacances pendant deux semaines. Et puis, à ce moment-là, c'était dans un cadre où je ne me sentais pas forcément à l'aise. C'était dans le cadre de sa famille, à l'étranger. Et puis en fait, avec ce que je lui avais partagé... J'ai écrit à ce moment-là, j'ai dit je pense que les vacances, c'est mieux que je ne vienne pas. Vas-y avec les enfants et le temps qu'on sache où on va, qu'est-ce qu'on fait réellement. Son retour, ça a été non, mais je pense que c'est bien si tu viens, ça fera du bien à la famille. Bref, on a fait ses vacances en prenant un masque aussi. on ne montre pas ce qu'on est en train de vivre. Déjà pas aux enfants parce qu'on avait convenu que on leur en reparlerait une fois qu'on sait vraiment où on va, qu'est-ce qu'on fait. Les deux semaines se sont passées. J'ai principalement profité avec mes enfants et avec sa famille là-bas parce que j'ai quand même une très bonne relation avec eux. C'est un moment chouette pour moi.
- Speaker #0
Même si...
- Speaker #1
Bien parce que hors du train-train du quotidien, Et soulagé parce que mon message est passé. Peu importe ce que sera la suite, mon message est passé. Les deux semaines se passent. On se prépare pour rentrer. On est arrivé à l'aéroport. Et au moment de déposer les valises, je ne me sentais pas bien. La tête qui tourne comme une envie de vomir. Et là, je lui ai dit, tu sais quoi, gère les valises. Je vais me poser deux secondes. J'ai cru marcher jusqu'à un banc un peu plus loin.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
je me suis effondré au sol. j'ai fait un malaise vagal j'ai éclaté le crâne sur le marbre je me suis réveillé il fallait aller aux urgences faire tout un contrôle et tant qu'il n'y avait pas de certificat de l'hôpital je voyagerais pas là mon corps a parlé pour moi sur le moment je n'avais pas compris parce que Jusque-là, j'avais un rythme de vie, beaucoup de sport, une alimentation bien cadrée. Tous les facteurs étaient au vert. Mais je pense qu'indirectement, c'était aussi, on est en train de retourner dans le cadre de base dans lequel tu t'es exprimé il y a deux semaines. Puis, on va revenir à cette situation où il y a des choses à décider.
- Speaker #0
Mais tu n'avais aucun signal, tu n'as rien ressenti avant justement ce malaise vagal ?
- Speaker #1
par un petit mal au ventre la nuit, juste avant de partir. Du stress, peut-être un peu trop manger, mais rien. Vraiment full santé. Et puis les tests par la suite ont démontré qu'il n'y avait rien non plus. C'était un pur malaise à un moment X. Enfin bref, je suis fini aux urgences. Trois ou quatre agrafes dans le crâne. Et puis ma priorité en arrivant en Suisse, c'est Merci. prendre un rendez-vous le lendemain pour aller me faire contrôler, ils finissent par me dire, d'après les contrôles, tout est bon, c'est un simple malaise vagal, ça peut arriver, peut-être que vous avez vécu quelque chose d'émotionnel, de je ne sais quoi qui vous a amené là. Au moment où elle me dit peut-être quelque chose d'émotionnel, je me dis, bon, ok, là, c'est mon corps qui m'a parlé.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui se passe en parallèle, du coup, quand tu as cette prise de conscience avec quelque chose d'émotionnel où tu te rends compte que ça a pris peut-être plus de...
- Speaker #1
Je me dis qu'il faut régler ça. Ce que j'ai vécu deux semaines avant, un mois avant, mon positionnement sur « je vis ça et c'est plus OK pour moi » , juste de l'avoir exprimé, d'avoir vidé un tiers du vase, ça ne suffit pas.
- Speaker #0
Donc là, ça devient clair pour toi ?
- Speaker #1
Non, ce n'est pas clair du tout comme ça. Je reviens absolument dans le quotidien. Il se passe encore une ou deux semaines. où je suis présent, je sais qu'elle a entendu ce que je lui ai dit, mais dans les actes, rien ne change. On est toujours ensemble au quotidien, on a toujours notre rythme de parent. Et puis, il y a un jour où je vais au travail, je m'installe au bureau, j'ouvre mon PC, j'allume mon PC et en fait, je sens une boule dans le ventre qui ne va pas, qui ne va plus. Il faut faire quelque chose là. Et en fait, il faut que tu ailles régler cette situation chez toi. Je referme mon PC, mes collègues ne comprennent pas, ils ne me posent pas de questions, je repars à la maison. Et puis, j'attends le bon moment. moment pour reprendre la discussion qu'on avait eue du coup il y a maintenant un mois et un peu plus, je passe la journée à attendre le bon moment, mais c'est jamais le bon moment parce que les enfants sont là et puis le bon moment arrive au moment où tout le monde est couché, qu'on est sur le canapé et puis que j'ai dit on peut discuter, oui, elle pose son téléphone et puis je lui dis voilà on a discuté de ça je t'ai exprimé ce que je ressentais il s'est passé les vacances pour moi ça va vraiment plus et puis sort de sa bouche et pour moi c'est ça l'autre déclic c'est sort de sa bouche mais tu veux qu'on se sépare Flo première fois qu'elle utilise ces mots qu'elle le verbalise en exprimant vraiment ce que je ressens ce que j'ai exprimé avant mais qui était resté sur du du flou. Et du moment où elle l'exprime, c'est comme si je portais un sac rempli de choses beaucoup trop lourdes pour moi et qui vient juste se déposer et permet de respirer.
- Speaker #0
Ça t'enlève.
- Speaker #1
Et c'est un moment triste. C'est un moment triste parce que le fait qu'elle le verbalise et que ça vienne d'elle Merci. Ça acte les choses. Donc c'est un moment triste. Mais c'est en même temps un moment joyeux parce que ça me ramène à cette vision que j'avais de maintenant je vais pouvoir me concentrer sur moi.
- Speaker #0
Comment tu t'es senti du coup la suite ?
- Speaker #1
En fait, notre relation, du moment que je me suis débarrassé ou que je me suis délesté de ce poids qui était en trop, qui ne m'appartenait pas, et que je me suis détaché aussi des attentes que j'avais envers elle. Ça a changé ma vision aussi sur elle. On a eu des échanges beaucoup plus simples, beaucoup plus... C'est moi qui ai changé en fait à ce moment-là.
- Speaker #0
Et maintenant, ça fait combien de temps du coup que c'est...
- Speaker #1
Ça va faire un an. Enfin, ça fait plus d'un an que j'ai pris cette décision de nous amener à la séparation. Ça fait plus d'un an qu'elle l'a reverbalisé. Et puis là, dans un mois, ça fera un an que j'ai quitté notre ancien appartement. et qu'on vit chacun en tant que papa et maman célibataire avec nos enfants au milieu.
- Speaker #0
Comment tu te sens aujourd'hui, du coup ?
- Speaker #1
Bien, très bien.
- Speaker #0
Est-ce que ce que tu as vécu, ça t'a fait remettre en question des choses chez toi, sur toi, sur ton fonctionnement ?
- Speaker #1
Oui. Alors, cette séparation a été accompagnée de différentes phases. Je vais pas... J'aime bien le rappeler, je l'ai pas quitté par manque d'amour, je l'ai quitté par amour pour moi. Et forcément, j'ai vécu d'abord un peu une... J'aime bien l'appeler comme ça, une phase de lune de miel avec moi-même. Tout d'un coup, j'ai retrouvé ma liberté d'être moi-même, chez moi. Donc je passe un très beau printemps, un très bel été. Et puis ça m'amène à un moment de ma vie où... Le juste performer dans le sport, performer au boulot, et puis être bien en surface et un peu en profondeur ne suffit plus. Puis mon corps me dit stop. À ce moment-là, je surexploite aussi. Je me mets des compétitions à tout va. Je ne respecte pas son repos. Tout ça, mon corps dit stop. Il me lâche. Il ne me permet plus de performer. et de le réaliser dans cette partie sportive.
- Speaker #0
On dirait que dans ce que tu racontes, tu as tendance à attendre d'être dans le rouge pour prendre, pour agir, pour que ce soit sportivement, dans la relation aussi. Est-ce que c'est toujours le cas ? Est-ce que ça t'a pris quelque chose ou est-ce que tu as mis quelque chose en place autour de ça, justement, après ?
- Speaker #1
Non, alors ça m'a appris quelque chose, effectivement. Avant, j'avais cette fâcheuse tendance à attendre de ne pas être bien, d'avoir une blessure ici ou là pour aller prendre soin, soigner le problème précis. Puis en fait, d'anticiper les choses ou de juste, même si t'es bien, d'aller te faire du bien, juste pour ton bien-être, pour ton plaisir. Mais j'ai compris que c'est bon. Et puis d'exprimer les choses. J'ai appris à dire les choses sans anticiper. la possible réaction de la personne en face.
- Speaker #0
Tu remets les responsabilités là où elles sont. Tu prends pas la responsabilité de l'autre sur comment il va recevoir, tu prends ta responsabilité de ce que toi tu ressens.
- Speaker #1
Je reviens à ce côté où c'était ça me semblait égoïste avant, maintenant en fait, je reviens à moi. Et c'est trop bien. Et moi qui avais tendance à penser aux autres, puis les mettre en avant, avant moi, En fait, d'être bien, ça profite aux autres. Ça rayonne.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça a changé dans ta façon de te voir ou de te respecter ou ton rapport avec toi ?
- Speaker #1
Alors, ça a changé que je prends conscience de moins penser ou arrêter de me torturer et de penser avec ma tête. de ressentir les choses de mon intérieur, de me faire confiance de ne plus attendre la validation des gens des facteurs extérieurs qui sont, on n'en a rien à foutre de juste valider pour moi et puis d'être conscient que j'ai de la valeur que je suis ma priorité et que si je vais bien, je vais pouvoir donner aux autres Merci. et pas d'attendre que ça vienne des autres.
- Speaker #0
Je vais te poser une petite dernière question. Est-ce qu'il y a quelque chose que t'aimerais déposer ici par rapport à cette période que t'as vécue, que t'aimerais qu'on sache, que t'aimerais déposer ?
- Speaker #1
Je me suis pardonné à moi-même. tout ce qui a été néfaste, mais qui a été aussi une forme d'apprentissage à travers ce chemin. Et j'aimerais demander pardon aux personnes que j'ai prises avec moi dans ce chemin vers moi-même, qui n'en étaient pas responsables, que j'ai pu rendre responsables indirectement ou involontairement en portant une responsabilité chez eux ou un poids qui n'était pas le leur. et Pour ça, j'aimerais leur demander pardon et merci de leur acceptation qu'ils ont de moi aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci à toi, Florian. Vraiment. Et puis, je te souhaite que du positif pour la suite. Et merci encore d'avoir partagé tout ça aujourd'hui avec moi.
- Speaker #1
Merci à toi, Amande.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode d'Inconnu·e·s Peut-être que cette histoire t'a parlé, peut-être qu'elle a fait écho avec quelque chose que tu traverses toi aussi ou qu'un proche traverse. Et si oui, au final, il n'y a pas de conclusion à tirer. Juste des histoires à écouter pour se sentir un peu moins seul quand tout n'est pas clair. Et peut-être aussi, moins juger ou se comparer à des gens qu'on ne connaît pas. Si cet épisode t'a touché, tu peux le partager à quelqu'un à qui il pourrait faire du bien. Et si tu as des retours à faire, tu peux commenter sur cette plateforme ou sur Instagram, inconnues.podcast. On se retrouve très bientôt pour un nouveau récit. D'ici là, prends soin de toi.