- Speaker #0
Vous écoutez Inky et Pete se livre, et plus précisément, vous écoutez les auteurices se livre, une capsule mensuelle qui donne la parole à un auteur ou à une autrice. Je suis Mafalda Vidal, autrice et lectrice d'Imaginaire, l'humaine de Inky et Pete, et ce mois-ci, c'est Noémie Lemos, autrice de Station Symbiose, Hope et Neige, entre autres, qui se livre. Je voulais te remercier chaudement. d'avoir accepté cette interview puisque tu es la première dans ce format.
- Speaker #1
J'adore inaugurer les choses, moi.
- Speaker #0
Du coup, on va commencer par des présentations. Noémie, est-ce qu'on peut dire que tu es ingénieur agronome le jour et écrivain la nuit, à peu près ?
- Speaker #1
Oui, à peu près. C'est comme je suis une grosse marmotte. J'essaye de tout faire entrer dans la journée tant que le soleil est levé. Mais c'est à peu près ça. Je dis souvent que j'ai une double facette, j'ai un côté très scientifique, mathématique, et du coup je suis ingénieur agronome spécialisé dans les études, les études de marché, les statistiques. En gros, de 9h à 18h, je travaille sur Excel. Et après une petite session de sport, le soir, au coucher du soleil, j'ouvre Word. Et là, je suis autrice et j'écris de l'imaginaire, principalement.
- Speaker #0
Ok, mais tu as aussi une facette créative avec tes sœurs.
- Speaker #1
Oui, alors si on veut vraiment faire le tour, je suis un peu hyper active. Donc il y a ces deux composantes principales. On va dire que ça fonctionne un peu par semestre. Au premier semestre, les petits temps que j'arrive à décoter, je les consacre aux professeurs parce que j'enseigne le marketing, enfin les études statistiques de mon métier dans une université. Et sur le second semestre, c'est plutôt très créatif. J'ai besoin aussi toujours d'avoir quelque chose de manuel. Et effectivement, j'ai monté une fabrique de boules de Noël avec mes deux petites sœurs, qui s'appelle Trois Belettes dans le Buffet.
- Speaker #0
Et il y a un nouveau produit, là, pour l'automne.
- Speaker #1
Et là, voilà, on rentre. Alors, d'ici à ce que le podcast soit diffusé, je ne sais pas si on restera. Mais on fait une collection d'automne. Donc, ça nous occupe bien aussi en ce moment. Et c'est chouette. Très loin de ma famille, donc ça permet de garder un lien et vive les nouvelles technologies aussi pour faire des réunions WhatsApp. À n'importe quelle heure, là, pour le coup, c'est souvent tard le soir.
- Speaker #0
OK. Et donc, tes sœurs ont des enfants ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Mes neveux et nièces qui comptent beaucoup et qui sont aussi la raison pour laquelle, à un moment, je me suis dit, là, je fais un truc sérieux, entre guillemets, je vais avoir une écriture. Moi, je fais un peu la distinction entre écrivaine, j'écris pour moi, et autrice, j'écris pour les autres. Autrice, autre, je ne sais pas si c'est la même racine étymologique, mais en tout cas, ça me parle. Et quand mes sœurs étaient enceintes, là, je me suis fait, je veux écrire un livre, une histoire pour mes neveux et nièces à naître, pour mes sœurs aussi, en fait, pendant leur grossesse, et pour mes neveux et nièces quand ils auront... 20 ans et que dans 20 ans, je ne sais pas du tout où je serai, si je serai là, etc. Je veux quand même être sûre de leur transmettre quelque chose. Et là, je me suis dit, oula, alors là, ça veut dire quand même qu'il faut que, si jamais tu es là dans 20 ans, espérons que tu la relis avec eux, tu ne rougisses pas en te disant, oh, qu'est-ce que c'est mal écrit quand même. Donc, c'est là où je me suis professionnalisée pour avoir une écriture qui soit lisible par les autres et qui leur apporte aussi beaucoup de plaisir.
- Speaker #0
C'est génial. Du coup, on peut dire que tu es créatrice, autrice, ingénieur, super soeur, super tata. Est-ce que le lien entre toutes ces facettes de toi, finalement, ce n'est pas l'écriture ?
- Speaker #1
Je pense que le lien profond, c'est la créativité sous différentes formes. Parce que même dans les sciences, il y a une créativité. Ce que je fais peut s'apparenter à de la recherche. Ou même, vous êtes toujours, quand vous gérez, peu importe le métier que vous faites. Quand vous faites de la gestion de projet ou des études, vous êtes toujours en train d'être face à des problèmes, de devoir les résoudre. Et c'est de la créativité, la résolution de problèmes.
- Speaker #0
Oui. Est-ce que tu as envie de rajouter quelque chose ?
- Speaker #1
J'habite en Bretagne, je viens de Savoie et j'aime bien ces deux pays. Et j'adore la compétition de groseilles et les chants.
- Speaker #0
Super. Du coup, on va commencer par le début et on va parler des incipits. Donc les premiers mots, on va parler des tiens et aussi de ceux des autres. Donc je vais te demander quel est le premier incipit qui t'a marqué.
- Speaker #1
Le premier qui m'a marquée, je n'arrive pas à me souvenir. Je sais que mon tout premier livre que maman m'avait acheté quand j'étais en CE1, mon premier vrai roman, c'était « Fantômette et la lampe magique » . Il faudrait que je retrouve Linkin Pit. Je sais que je l'ai relu il y a quelques années. Je me suis dit que la littérature jeunesse à l'époque, et même maintenant, j'étais tombée dans quelque chose de bien écrit, avec le sens des mots. même s'il faut que ce soit simple, accessible, parce que c'est du premier roman, c'était vraiment ciselé. Donc j'ai eu la chance de rentrer tout de suite dans quelque chose de très bien. Mais c'est vrai que les rares incipits dont je me souviens, c'est ceux que j'ai lus récemment. Et n'ayant pas une mémoire de ouf, il faut vraiment que les premières phrases me prennent au cœur.
- Speaker #0
Je suis aussi fan de Fantômette, donc je comprends tout à fait. Je retrouverai pour toi le... L'Inkipit de Fantômette, que je mettrai dans la description.
- Speaker #1
Oui, je dois la voir, il faut que j'appelle maman.
- Speaker #0
Et quel est ton premier Inkipit à toi ?
- Speaker #1
Alors là, comme j'ai un souci de bibliothèque, j'étais obligée de faire le ménage dans ma bibliothèque cet été. Et du coup, je suis retombée. Alors, je ne sais pas, je suis retombée sur quelques-uns de mes textes gamines. Je ne sais pas lequel exactement était écrit en premier, mais ils sont tous tapés à la machine, sauf la machine à l'ordinateur. même si à l'époque c'était des vraies machines. Je me souviens, mon premier PC portable que mon père avait hérité de quelqu'un, le truc faisait 15 cm d'épaisseur quand même, mais j'avais Word dessus. Et il y a un des textes qui est écrit à la main. Donc je me dis, c'est peut-être celui-là le premier. Et c'est le meilleur incipit parce qu'il y a des trucs genre, c'est pas là, je l'amène vers le lycée, ou j'ai fait la fanfiction d'Harry Potter, bien sûr, donc ça doit être, Poules d'art était le meilleur lieu au monde. Donc, un truc comme ça. Et celui écrit à la main, quand même, je lui trouve un peu plus de... Comment on dit ? De caractère. C'est... Il y a des histoires, des fois, qu'on se demande si on doit les raconter tellement elles sont bizarres. Le mieux, je pense, c'est de se jeter à l'eau. Après, on verra bien. Là, je pense que c'est un texte qui devait être à la fin du collège. Et c'est vrai, quand j'ai voulu ça, je me suis dit que ça résume bien. C'est vraiment strong. Au début, raconter des histoires, c'est là.
- Speaker #0
C'est incroyable. Toutes les réponses sont encapsulées dans notre enfance et notre adolescence. C'est fou. J'ai une autre question qui est aussi en rapport avec les débuts. Comment tu commences l'écriture d'un livre ? Est-ce que c'est l'envie qui te pousse à écrire ? Est-ce que c'est une idée, un thème ? Est-ce que ça dépend des projets ?
- Speaker #1
En général, c'est toujours un cumul de tout. Si c'est de la nouvelle, ça peut être juste une chose. Et encore, c'est pour ça que je suis une mauvaise écrivaine de nouvelles. J'ai beaucoup de mal parce que j'ai toujours trop d'idées. J'ai trop de choses à mettre dans le texte et il faut que ça prenne la forme à minima du novella. Ou d'un roman, je n'écris pas des pavés, mais j'ai besoin d'un peu de place. Et en fait, en réfléchissant, je me dis qu'à chaque fois, j'ai plusieurs choses. J'ai une image, quelque chose qui va m'interpeller. Mon premier roman, Hope, c'était quelque chose de très très scientifique. Je regarde Interstellar, ils imaginent des solutions de coloniser les planètes et à un moment, ils se disent, bon bah, voilà, on est un équipage avec une femme, trois hommes, on a des embryons et puis au pire, on refait renaître l'humanité. Et moi, je suis biologiste, j'étais là, je me dis, mais les gars, vous n'avez qu'une seule femme et puis elle a au moins 35 ans, si ce n'est pas 40 ! Comment vous dire, vous n'avez rien à faire du tout ! Et du coup, ça, c'est un petit élément, parfois c'est une image d'une fois je me suis... baladé dans la neige avec ma nièce, elle adore à l'époque, elle adorait les crocos, et du coup on a imaginé des crocos sous la neige, et ça aussi, l'image est tellement frappante que je me suis dit, oh celle-là je la garde bien au chaud, ça va faire un texte. Mais l'image toute seule ne suffit pas. Et souvent j'accole, en général c'est une première thématique pour Station Symbiose, je voulais traiter de la gémellité en premier lieu et Merci. En fait, une thématique, ça ne suffit pas. Donc, il y en a souvent une deuxième ou une troisième dès le départ de l'écriture. Station Symbio, j'avais vraiment l'envie de traiter de la chaîne de recyclage, d'épuration de l'eau, de traitement des déchets sur un système, une station qui est un système fermé, qui est un petit peu l'image d'une planète, mais avec beaucoup moins de flexibilité. Et puis, se rajoutent, au fur et à mesure, d'autres thématiques qui vont faire grossir le propos. Et puis après, ce qui compte aussi quand j'écris, c'est que je me demande toujours pour qui j'écris. Ça peut être ce que j'écris pour des jeunes, des adultes, ce que j'écris pour des accros de la SF ou des personnes qui lisent très peu de SF, ou aussi ce que j'écris pour mes nevenièces à naître, pour moi, pour mes beaux-frères. Ça guide aussi et c'est un peu une équation. J'ai besoin de ces trois, l'étincelle, l'intention et puis le public. Et ça, ça me fait naître une histoire. qui est publiable.
- Speaker #0
C'est vraiment fascinant de t'écouter parce que ça résonne beaucoup en moi et ma façon de fonctionner aussi en tant qu'autrice. Et c'est vrai que c'est vraiment un cumul de plusieurs choses qui fait qu'à un moment, on se dit qu'il y a un truc à faire.
- Speaker #1
Souvent, on utilise le mot organique. Il est parfois utilisé dans le sens où on ne sait pas trop, on a du mal à l'expliquer parce que la biologie, l'organique, c'est quelque chose qui n'est pas enfermable dans des équations. Mais moi, je l'entends organique dans le sens où c'est de la connexion. Organique, c'est il y a plein de choses qui se passent, qui se connectent pour faire quelque chose qui est plus grand que la somme des composantes.
- Speaker #0
Tout à fait. 1 plus 1 égale 3.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Donc, on a parlé des débuts. Maintenant, on va passer sur le livre à proprement parler, le milieu. Et donc, on va parler de ton écriture. Donc, pendant l'écriture, c'est quoi ton moment préféré ?
- Speaker #1
C'est la réécriture. J'aime bien à peu près toutes les phases, mais c'est vrai qu'une fois que le premier jet est posé et que du coup j'ai l'intégralité, parce que même si je suis très architecte, donc je fais mon synopsis, c'est pas du scène à scène, mais c'est quand même une belle direction à peu près chapitrée. J'ai mes persos, mes intentions, etc. Et en fait, au premier jet, il y a toujours de la découverte. On n'est jamais 100% sûr. Je sais qu'il y a des autrices, des auteurs qui... commence à écrire sans forcément se dire c'est quoi la thématique, et ça jaillit au fur et à mesure. Là, j'écoute les cours de Brandon Sanderson, qui sont dispo sur YouTube, il en parle beaucoup, en disant que le premier jet, c'est pour comprendre ce qu'on raconte, et le deuxième jet, c'est pour vraiment le raconter. Et du coup, même si moi je le prépare avec des plans, en faisant le premier jet, je vois organiquement ce qui est en train d'émerger, Les couleurs, ou si je reprends, pour rester dans Station Symbiose, l'analogie avec les parfums. Voilà, j'ai le parfum de tête, le parfum principal, et puis au fur et à mesure que j'écris, je vois bien quelles sont les autres subtilités et nuances qui vont accompagner ça. Et du coup, une fois que je suis dans la réécriture, je sais très bien où je vais. J'ai un côté assez mathématique aussi, de tout reposer en me disant « Attends, mais est-ce qu'il n'y a pas des contradictions ? » Ce personnage-là... Son attitude ne me plaît pas assez, celui-là, il n'est pas assez ça. Puis j'ai souvent aussi le retour des bêtas lectures. Je ne sais pas écrire toute seule. Moi, il me faut un regard autre pour voir des choses que je n'avais pas vues tant que je suis toute seule dans mon premier jet. Vous voyez, je trouve très bien, formidable, ou au contraire, je ne suis pas sûre, mais je ne sais pas quoi en faire. En fait, j'ai besoin de le laisser partir chez mes bêtas lectrices et lecteurs. et d'avoir leur retour et là d'un coup je me dis ah oui tiens ça ça je peux m'améliorer j'ai vraiment un processus d'apprentissage en plus donc j'adore ça donc dès qu'on pointe un truc je me dis ah oui tiens ça et ça ou entre temps moi aussi j'ai maturé je me dis ah j'aimerais bien aussi aller creuser pour eux que c'était le côté de la grammaire aussi en disant ah ça ça me titille comment je peux faire et c'est vrai qu'à la réécriture tout va bien peaufiner et se mettre à corps et le texte est là et soit... J'ai le plaisir de lire des passages qui sont très bien, que je n'ai pas besoin de retoucher. Et c'est génial des fois quand même de se dire « Ah ouais, quand même, ça va ! » Et puis du coup de réécrire les passages qui ne vont pas. Et en général, ça vient assez facilement parce que je sais où je suis, je sais où je vais. Du coup, c'est cool. Et là, ça c'est ma réécriture avant envoie aux éditeurs. Mais après la phase aussi de retour, pour l'instant j'ai bossé avec des éditrices vraiment très très cool. soit chez les gens Time-lapse, chez Critique, j'ai eu aussi des expériences chez Géphyr, chez Oniris, et c'est vrai que d'avoir des retours aussi, surtout sur un roman qui est quand même un, deux, trois ans d'effort, de commentaires derrière, en mode soit « Oh, c'est trop beau ! » ou « Je pleure ! » ou « Là, je suis mort de rire ! » C'est comme ça, d'ailleurs, sur Station Symbiose, que j'ai découvert que je savais écrire du lourd, parce que je savais pas tiquer. Moi, je pensais que mon histoire, elle était dramatique parce que voilà, une dimension un peu personnelle et c'est un des leviers de l'histoire. Et bon, ceci dit, je voulais en faire quelque chose de lumineux, ça me correspond, mais c'est vrai que j'étais restée sur cette vision. Et quand j'ai vu les retours de Lise, trop marrant, etc. Mais ouais, mais en fait, c'est marrant. Et c'est super chouette d'avoir fait quelque chose de marrant. Mais en soi, j'aime bien à peu près toutes les phases d'écriture. J'aime bien faire des recherches au début pour le premier jet. J'aime bien laisser les idées danser dans ma tête. Le plus chiant, c'est la relecture ortho-typo. Mais quand on aime son texte, je me souviens, groupe... c'était mon premier roman et on a vraiment pris du temps avec Time Lapse la maison n'était pas encore lancée donc entre le premier jet et l'édition il y a dû avoir trois ans avec plusieurs allers-retours au bout de trois ans le dernier B.A.T. à le relire j'avais toujours la larme qui sortait à la fin il y aura peut-être ses défauts, peut-être que je ne savais pas à l'époque si les gens allaient aimer franchement je ne savais pas du tout c'est le premier Mais j'y suis allée en mode, moi je l'aime comme ça. Et c'est vrai que quand on est à la xième relecture, je pense que c'est là aussi, on voit qu'il y a un petit côté chiant quand même, parce qu'on connaît par cœur le truc, et les fautes d'orthographe, et les trucs, les orphelines, les veuves, les machins, pour la mise en page. Mais heureusement que Marielle sait gérer ça, parce que moi ça me parle pas du tout. Mais c'est vrai qu'il y a quand même le petit côté à la fin, chaque fois les stations symbioses c'est pareil, à la fin de me dire, ah ouais, punaise, j'ai fait ça quoi.
- Speaker #0
Donc là, si j'écoute bien ce que tu dis, le moment le plus douloureux, finalement, c'est un moment qui n'existe presque pas, c'est la correction orthographique à la toute fin.
- Speaker #1
Disons que j'ai toujours du mal avec le terme douloureux, justement, parce que l'écriture, c'est un processus qui n'est pas douloureux. C'est à la fois inné, à la fois acquis, c'est toujours un mélange des deux, la question. Mais il y a des phases un peu plus difficiles et c'est... là aussi où je sais que j'apprends, que ce soit en écriture, que ce soit sur moi, mais il n'y a rien réellement douloureux. Il y a des phases moins passionnantes, l'orthotypo. Il y a deux trucs qui sont plus difficiles. Il y en a un, c'est la patience. Parce que je ne suis pas quelqu'un de patiente du tout. Ça va très vite dans ma tête, et que ce soit au boulot ou en écriture, dès que j'ai une idée, j'ai l'impression que c'est bon, c'est fait. J'ai eu l'idée qui est quand même souvent une idée assez vague. Et du coup, tout de suite, moi, je passe à la phase où je m'imagine déjà en train de restituer mon projet, envoyer mon premier jet. Et en fait, non, entre temps, il y a du temps et il faut le temps. Là, cet été, j'étais beaucoup dans du synopsis. Il faut le temps que ça mature. Moi, j'ai toujours en mode, ah ouais, je vais écrire sur ça, ça, j'ai mon équation, je sais pour qui j'écris, pourquoi, quelles images. C'est bon, j'y vais, j'y vais direct. Et je me dis, ben non, un synopsis, un roman. Ça mature, il faut quand même quelques mois pour que commence à se dessiner une trame qui soit précise, des images à couper le souffle, parce que j'ai besoin de ça aussi quand j'écris, des effets waouh. Et ça, la patience, c'est toujours difficile, mais c'est dans ces moments que j'apprends aussi la vie, ça me reconnecte à mon corps aussi, parce qu'au final, c'est assez organique aussi, c'est au quotidien. De temps en temps, il y a un petit truc, une idée, un truc qui jaillit d'un coup vraiment tripale. Et là, je me dis, ça, là, je tire mon petit truc qui est vraiment précis, puissant, que je vais mettre dans le livre. Donc, c'est ça qui est le moins facile pour moi. Et il y a une autre phase, pour le coup, qui est parfois un peu... Ce n'est pas de la douleur, mais c'est plus parfois un peu de honte. Ou quand j'envoie en bêta lecture. Comme tout le monde, il m'arrive d'écrire des énormités, des trucs que je trouve une énormité, ou quand quelqu'un me voit en me disant « Là, ça pourrait paraître un peu soit raciste, soit xénophobe, soit si on va tirer parce que j'ai utilisé des images basico-basiques. » Et là, je me dis « Mais ce n'est pas moi, ça. Comment j'ai pu écrire un truc comme ça ? » Et là, vraiment, ça vient me prendre. Ou alors, des fois, dans la structure globale, ou quelque chose où je me dis mais zut je me suis loupé mais mais c'est pas grave c'est comment j'aime beaucoup cette phrase je crois que c'est mandela je ne perds jamais soit soit je gagne soit j'apprends et moi c'est ça dont j'ai besoin c'est d'apprendre et c'est comme ça que je progresse Et c'est vrai que ça, c'est quelque chose, je crois que c'est Sylvie, mon amie Sylvie Poulain, qui en parlait dans une newsletter, dans un interview qu'elle a donné. Si, c'était la newsletter de Mathilde Sachet, Écrire au féminin, qui est vraiment géniale, je vous le conseille. Qui a dit quelque chose qui m'a fait penser à ça, en me disant, mais il ne faut pas avoir honte d'être médiocre au départ. Un premier geste, c'est un premier geste. Il y a tellement de choses qui se passent dans notre tête qu'on est quand même le produit, j'ai bientôt 40 ans, j'ai 40 années. de biais sociaux, de biais culturels, que je déconstruis, j'essaye de déconstruire en permanence, mais il y a des tropes qui reviennent, et des fois, il y a des erreurs que je trouve gravissimes qui reviennent, mais justement, ça sert à ça, le premier jet, et c'est vrai que là, c'est tellement important d'avoir des bêta-lecteurs et lectrices avec qui on s'en confiance, où on ne s'en pas juger, parce qu'on fait tous, et des fois, c'est une image basique, enfin, c'est un mot, quoi, et 99% Sans déjeuner, ça se trouve, je ne le verrais même pas, mais ça engendre une réflexion. Je me dis, ah oui, mais non, ça, on pourrait l'interpréter comme ça, je ne veux pas. Et c'est vrai que là, il y a toujours des petits points de, oh là là, quand même, je n'ai pas sorti ça. Et donc, ça, c'est pareil, ce n'est pas agréable. Et en même temps, ça me fait progresser. Et en même temps, l'erreur est humaine, le premier jet n'est jamais le bon. Et c'est normal. Et je le répète vraiment parce que moi, je l'ai beaucoup entendu dire par des auteurs confirmés quand je cherchais. Et même encore aujourd'hui, j'écoute toujours des podcasts. Je lis et c'est vrai que ça fait du bien tout le temps de se l'entendre dire. Parce que c'est ça aussi qui m'a permis de passer le pas. Et Neige, qui est la toute première Norella que j'ai écrite en disant que je veux qu'elle soit lue. Pareil, la toute première version. Et la version finale, il y en a eu du travail. Et c'est cool et c'est bien. Mais c'est vrai qu'il ne faut pas avoir peur de remettre l'ouvrage sur le métier. Il ne faut pas avoir peur de faire des erreurs, même des erreurs dont on a honte. Ce n'est pas grave. De toute façon, elles vont se débunker très vite. Même nous, on le verra à un moment.
- Speaker #0
Pour résumer, c'est patience, apprentissage et on n'est pas là pour souffrir.
- Speaker #1
Oui. Ah oui, alors ça c'est... De toute façon, on n'est pas là pour l'argent, clairement. Si on ne se fait pas plaisir, moi je suis ma première lectrice tout le temps, même si j'écris pour les autres, il y a toujours ce côté de si moi j'aime pas ce que je suis en train d'écrire, ça ne m'est jamais arrivé, c'est que ça ne va pas. Ça ne sert à rien. C'est surtout le plaisir, c'est avant toute chose le plaisir que j'ai à écrire. Et c'est vrai que quand il y a le plaisir d'être publié et du coup de rencontrer son lecteur. Et de voir les effets, ça, c'est un gros coefficient multiplicateur exponentiel de tout ce qu'on veut. C'est génial aussi.
- Speaker #0
Je pense qu'on est dans la même team. L'écriture, c'est cool. Et l'écriture, ce n'est pas quelque chose qui est censé nous faire du mal et nous faire pleurer des larmes de sang. Mais on n'est pas tous dans cette team-là. J'en connais plusieurs qui ne sont pas dans cette team-là.
- Speaker #1
Il y a un jour, il faudrait que j'aie un débat avec Lionel là-dessus. Alors Lionel, je ne sais pas si ça t'aime l'arme de sang, mais Lionel Davoust parle souvent de la difficulté à se mettre dans le mood, etc. Mais c'est vrai que moi, je l'ai toujours compris. Je ne sais pas si c'est une juste interprétation, mais faisant du sport, je l'ai toujours pris aussi avec ce côté, je veux me dépasser. Et du coup, l'entraînement, parce qu'il écrit très bien des nouvelles d'ailleurs. et des novellas aussi, mais là il est sur des projets titanesques, mais du coup c'est comme quand on fait du sport, on va à la salle, ou quel que soit le sport qu'on fait, il y a un moment où il y a de l'effort, qui n'est pas toujours agréable, mais il y a ce plaisir à progresser, à faire l'effort. Donc moi je l'entends plutôt comme ça, mais ce serait intéressant, c'est ce que je lui ai demandé.
- Speaker #0
Je suis curieuse de la réponse aussi. Donc tu l'as dit, c'est... thèmes qui sont chers à ton cœur et que tu as envie de mettre ? Est-ce que c'est à chaque fois les mêmes et est-ce que tu les mets sciemment dans le roman ? Est-ce qu'au moment où tu te dis, ok, je vais écrire ce roman-là, ça va être pour tel genre de personne, tel lecteur, dedans, je veux absolument mettre tel thème à l'intérieur ?
- Speaker #1
En général, c'est vrai que les thèmes principaux sont bien cadrés dans ma tête. Et c'est vrai que j'ai un thème, je ne suis pas sûre qu'un jour j'arriverai à écrire quelque chose. Il n'y a pas ce thème très général qu'est l'amour, la connexion, appelons ça comme on veut, mais tous les niveaux de connexion. Après, selon le roman, ça va être orienté plus ou moins, c'est tout des gradients, mais il y a tout ce qui est la connexion entre soi. L'amour d'une mère à son fils, un amour romantique, un amour adelphique entre frères, sœurs, etc. Il y a le lien, l'amour en société, les amis, le groupe social. Moi, j'aime beaucoup aussi le lien à l'inter-espèce. Et ça serait que ce soit dans Station Symbiose ou dans Hoops, même dans Neige. Ça, ça se sent souvent. La rencontre avec l'autre, quand l'autre, c'est un animal, c'est un extraterrestre, c'est quelque chose de... très différents de nous, ou une autre culture. Et puis, il y a aussi après, le lien, la place même à tout l'écosystème, à l'univers même, parce qu'il n'y a pas que la biosphère. C'est vrai que ça, je pense que ça m'anime tellement que ça sera toujours quelque part de façon inconsciente aussi, ou inconsciente, mais ça rejaillit naturellement. Et puis après, je vais aller traiter peut-être des affinés, parce que Merci. Hope, c'était pour mes deuxièmes nouvelles lignes. Je voulais travailler la figure de la mère qui a un enfant. Neige, mes sœurs étaient ensemble pour la première fois. Je voulais travailler la figure de la mère qui porte un enfant. Station Symbio, je voulais travailler la figure de l'amitié et de la sororité, du manque. Là, je suis allée en Égypte sur un super voyage. J'écris dessus, je suis en train d'essayer de travailler le lien entre les cultures. L'autre, quand il est semblable, mais qu'il n'a pas la même culture, c'est ces choses qui frottent, qu'on comprend, qu'on ne comprend pas, comment on apprend à faire des choses ensemble alors qu'on n'est pas pareil. Après, il y a d'autres thématiques. On retrouve beaucoup l'écologie, mais qui, pour moi, rentre dans cette grosse thématique. Il y a un texte que j'ai envoyé qui va travailler sur la corporité des émotions, par exemple. Parfois, je rajoute « station symbiose » à ce thème très précis du cycle de l'eau. Voilà, il y en a toujours plusieurs.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce qu'il y a quelque chose qui revient, mais qui est un peu moins profond que ça ? Un animal, une couleur, une texture ?
- Speaker #1
J'aime bien le orange, le renard, mais ça ne revient pas partout. C'est vrai que j'aime bien le côté animaux, animal, alien, ces formes-là. Station Symbiose est le premier. En plus, c'était hyper facile où j'ai glissé des clins d'œil. Il y a quelques lecteurs et lectrices qui les ont remarqués. Il y a un des prénoms qui est dans ma nouvelle Amazonie spatiale, qui revient aussi, qui est le nom d'une planète dans Station Symbiose. Je fais des petits clins d'œil comme ça, mais je n'ai pas de, comment on dit, d'easter eggs spécifiques. Je n'ai pas la même chose que je case de partout.
- Speaker #0
Ok. Est-ce qu'il y a un tic ou un mot que tu emploies tout le temps et qu'en correction, du coup, on te fait changer ?
- Speaker #1
Oui, alors ça dépend des... Je change à chaque fois. Je me souviens, ma petite sœur qui me lisait quand j'étais gamine, j'avais écrit une fanfiction de Pouglard. Des années plus tard, elle me dit « Ah ouais, je me souviens, t'écrivais ça. » Et tous les chapitres, ils finissaient par « Et tous rient de bon cœur. » Et quand j'ai relu le truc, elle m'a dit « Ah oui, c'est ça. » Hope, Marielle m'a dit « Non mais les cœurs, ils vont s'arrêter de battre. » Parce que son cœur s'arrêta, c'était toutes les quatre lignes. Station Symbio, j'ai fait plus attention. Il y a moins de choses qui sont revenues, mais mon chéri, quand il a fini, il me dit « Elle se mord souvent la lèvre quand même. » Ok ? instinctivement il y avait une nouvelle pour critique aussi je sais plus si c'était Capharnaüm ou des fois j'ai un mot comme ça qui me vient que j'adore et du coup je le mets partout mais c'est à ça que sert la correction et le petit antidote mais c'est vrai qu'il y a quand même des choses et des tics qui
- Speaker #0
restent et je pense que chaque roman il y en aura toujours un peu plus fort que l'autre donc toujours pendant l'écriture est-ce que tu lis à voix Merci. haute parce que tu as très très bien lu, merveilleusement même, l'Inkipit de Station Symbiose dans ce podcast. Et donc, je voulais savoir si c'était quelque chose que tu avais l'habitude de faire pendant ton process d'écriture ou après, ou peut-être avant, peut-être que tu te parles à toi-même.
- Speaker #1
Alors, je me parle beaucoup dans ma tête. Il y a même plusieurs mots.
- Speaker #0
Tout le monde, je pense.
- Speaker #1
De toute façon, c'est là aussi le langage et la pensée, on pourrait en parler des heures. Je l'ai fait au début, quand j'écrivais de la nouvelle. Parce que ça me permettait de voir, au départ, j'apprenais. Et la lecture à voix haute, franchement, quand on démarre, je ne peux que conseiller. Parce que tout de suite, on sent les rythmiques de la phrase, les répétitions. Quand vous lisez à voix haute les répétitions que vous n'avez pas vues, elles sortent tout de suite. Si en plus, vous lisez à quelqu'un... c'est encore mieux parce que vous avez un retour en direct. Donc c'est vrai que ça, au départ, je le faisais beaucoup. Et puis après, au fur et à mesure que j'ai gagné en expérience et que j'ai aussi gagné en volume d'écriture, j'ai l'impression que ma voix aussi s'est intériorisée, que je sens plus naturellement la fluidité des phrases, que j'en ai moins besoin. Ce serait aussi beaucoup, beaucoup plus long.
- Speaker #0
mais ça m'arrive quand même de lire des passages à voix haute. Le plus souvent, c'est quand je suis dans la voiture, parce que j'ai l'avantage extrême de ne pas avoir le mal des transports et d'avoir un chéri qui adore conduire. Et en plus de maître expatrié en Bretagne, donc on fait souvent des longs trajets. Et du coup, moi, je suis sur mon PC, il conduit, je corrige. Et puis, il y a des fois, il est à côté, j'ai envie de partager. On partage beaucoup, donc je lui dis un passage. Ou alors, j'ai un doute. et pareil je le lis pour lui demander mais souvent c'est plus en mode il va se passer ça ou regarde là j'ai cette réplique là donc ça ça m'arrive de le faire encore et en parlant de long trajet l'année dernière il s'est passé un truc assez marrant on allait au Portugal dans ma belle famille tout en voiture donc c'est quand même 14-15 heures de voiture quand on part j'entame Super méchant débutant de John Scalzi très marrant comme livre et du coup dès le premier chapitre Je pense que des lignes qui pitent. Les premières pages, j'étais déjà mort de rire. Donc sur les 3-4 premières pages, tous les 2 paragraphes, je m'arrêtais et je disais à Alex, attends, il faut que je te lise ça. Et puis en fait, au bout de 4-5 fois, je fais, écoute chérie, je vais le lire à voix haute. Et du coup, la lecture Dungeons, quasi à voix haute, prend à peu près 9 heures. Ce qui était notre temps de trajet sur la journée. Et donc j'ai terminé la journée, je n'avais plus de voix. On arrive à Bordeaux. Vraiment, j'ai terminé le bouquin au pied de l'hôtel qu'on avait pris pour couper le trajet. C'était nickel. Et ce livre, c'est comme un film. C'est vraiment un film d'action. C'est très, très marrant. Et c'est vrai que le fait de le lire, je n'ai pas vu le trajet passer. Quand je lis moi toute seule, je ne vois pas le trajet non plus, mais il y avait quelque chose de super chouette. J'ai l'impression d'avoir fait une séance de cinéma avec mon mari pendant neuf heures. Et c'était vraiment super chouette.
- Speaker #1
On va maintenant passer aux fins et aux excipits, à tes fins et puis aussi aux fins des autres. Est-ce que tu connais à peu près la fin de ton histoire quand tu commences à l'écrire ?
- Speaker #0
Pour le coup, je sais la fin, je sais où je veux aller. C'est presque parfois, je sais même la fin avant d'avoir l'histoire. C'est à sur Symbios très clairement, j'ai commencé par la fin. Donc je la connais. Par contre, je ne sais pas écrire une fin la première fois. Toutes mes fins ont été reprises. En fait, j'arrive... Moi, je fais beaucoup des courbes d'émotion, on va dire, d'intensité, où je dessine une courbe sur mon roman. Je sais si ça va toujours en montant, les moments de pause, si ça va, ça vient. Si c'est... Oh, ça démarre quand même sur la première moitié assez tranquillement. Puis, fou ! Après, ça monte. Station Symbiose, c'est un vrai escalier. C'était pour la jeunesse, donc j'avais besoin de... de garder de l'attention tout long, il n'y a que des petits moments de pause, mais souvent dans toutes les fins de roman, c'est moins le cas pour la nouvelle, il y a le moment phare du livre et après on laisse redescendre l'attention. Et moi, une fois que je suis au sommet, le moment phare, en fait redescendre, je n'ai pas envie. Et en général, ça se clôt en deux pauvres phrases sur mon premier geste, c'est l'enfer. Et j'envoie mes premiers gestes en disant de toute façon, la fin sera réécrite. Et souvent, il faut même en premier geste, j'ai encore un peu du mal, j'envoie à l'éditeur. Et c'est après, enfin vraiment, la fin est une réécriture plus tardive. J'ai besoin d'avoir ingéré tout le livre, d'être sortie de cette phase où en fait, quand j'écris, je découvre l'histoire et je suis à fond. Et à peu près tous les livres, moi, je ne suis pas une grande fan des fins. Ce moment de redescente de tension, je ne le trouve pas facile. Il veut dire aussi que le livre se termine. Sauf si vraiment j'en ai marre du moment où il est fait. Dans ce cas-là, c'est pareil. À la fin, je veux qu'elle aille vite. Ce n'est pas le moment que je préfère. Je rends plutôt timide Kipit. Donc c'est ça. Je la connais très bien. Mais je mets du temps à lui donner sa vraie forme. Ceci dit, à chaque fois, pour Hope et pour Station Symbiose, je suis contente. Ça a pris du temps à sortir. mais à chaque fois j'ai des fins qui moi en tout cas me font pleurer. Je sais que sur certaines personnes, surtout Hope, Station Symbiose est quand même plus léger, c'est plus caché on va dire l'émotion, mais sur Hope en général, elle fait quand même couler un peu des armes.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une fin qui t'obsède ? Ça peut être une des tiennes ou d'autres personnes ?
- Speaker #0
Non, parce que moi dans les miennes, quand je les écris, c'est un processus qui est long, mais justement quand j'arrive à écrire... enfin ma belle fin, je sais que le livre est terminé je sais que je suis arrivée au bout de mon processus ça vraiment ça clôture, c'est au bon moment au bon endroit et justement c'est ça qui me permet de me détacher aussi du livre je pense et de le laisser aller et d'engager un projet suivant Parce que souvent, quand je suis en train d'écrire une fin, je suis quand même en train de synopser le prochain. Donc non. Et après, alors, des livres, il y en a un que j'ai jamais retrouvé, que j'ai lu gamine, sur une histoire d'un enquêteur qui est hyper sensible au bruit, donc qui est toujours avec des oreillettes, des cache-bruits sur les oreilles. Et je crois qu'il y a des personnalités qui reviennent à la vie, genre Einstein, il y a des trucs bizarres. Et le livre, pas moyen, je l'ai lu parmi la... C'est même plus des montagnes. Je bouffais un livre par jour, je ne faisais que ça. J'en ai lu tellement à la bibliothèque de Chambéry que je ne sais plus le nom de l'auteur, le titre du livre. C'était il y a au moins 20 ans. Mais alors la fin m'a vraiment marquée parce que sur un roman, il y a une fin de nouvelle. C'est-à-dire que les derniers mots, mais vraiment la dernière phrase, réécrit tout le livre. Et alors ça m'a retourné le cerveau quand je suis gamine. Et vraiment, si un jour j'arrive à retomber dessus, je serai vraiment contente.
- Speaker #1
On peut lancer un appel.
- Speaker #0
Un appel si quelqu'un connaît l'histoire.
- Speaker #1
Si quelqu'un a une idée du livre que ça peut être, vraiment, dites-le.
- Speaker #0
Plutôt jeunesse, d'un enquêteur qui est hyper sensible au bruit, avec une histoire d'alien qui ressuscite des Einstein, etc. Je prends !
- Speaker #1
Je fais passer le message.
- Speaker #0
Et sinon, je l'ai vu en film, et je sais que c'est une nouvelle, c'est Premier Contact, qui est un film que j'adore. Et là aussi, la fin. et sur un retournement de cerveau, mais j'adore ça. Et c'est vrai que souvent, c'est sur des nouvelles, c'est vrai que sur des nouvelles, les fins, je me souviens aussi aux éditions 1115, il y a un petit oui mais non, un petit hors-série là où il y a une nouvelle d'Estelle Fay dedans qui est minuscule, mais pareil, déjà la nouvelle, c'est Estelle, j'adore Estelle, je dissec ces bouquins pour avoir le même style d'écriture parce que c'est ça que j'aime, et ça va droit au but, la nouvelle hyper courte, et en fait, pareil à la fin, on a fait oh l'idée de génie, enfin la fin est géniale quoi donc il y a celle-ci aussi et des nouvelles, après je me souviens pas de toutes mais souvent c'est vrai que c'est ce que j'aime bien dans les nouvelles et c'est ce que je n'arrive pas à faire, pour le coup c'est des fins qui vont droit au but et qui sont hyper impatientes, qui claquent j'adore ça et il y a une fin par contre que je déteste et j'en veux beaucoup à l'auteur mais comme il est mort, je ne pourrais jamais rien lui faire C'est le fantôme de l'opéra, c'est Gaston Leroux, je crois, qui nous fait un truc romantique, gothique, où tout le long du bouquin, on est là, on fait à la fin, l'opéra va s'effondrer, ça va tuer tout le monde, c'est de la tragédie, c'est génial. Et alors, les 3-4 dernières pages, la happy end, c'est tellement anaturel, ça va tellement pas avec le reste du bouquin, je me demande si c'est pas son éditeur qui lui a fait réécrire. D'un coup, tout le monde est sauvé, fils marié, il y a eu beaucoup d'enfants. Alors autant dire que c'est des fins que je déteste, déjà de base. En plus, quand ce n'était pas prévu dans le livre, celle-là, je brûlerais les dernières pages du livre, parce que le reste est une ambiance ado que j'avais adorée. Mais non, quoi. Quand on fait de la tragédie, on va jusqu'au bout. Au moment, il faut être logique quand même.
- Speaker #1
Je suis tout à fait d'accord avec toi. Tout à fait. Donc, on arrive à la fin. de cette interview, mais pas encore tout à fait la fin. D'accord, nous, après le moment phare, moi j'appelle ça le climax, on redescend. C'était le mot que tu cherchais ? Nous, on va redescendre un peu tout doucement. Donc, je crois que tu l'as dit pendant l'interview, est-ce que tu es plutôt team Inky Pit ou team Exky Pit ? Tu m'as dit que tu étais team Inky Pit.
- Speaker #0
Clairement.
- Speaker #1
Est-ce que tu voudrais bien nous lire ? tous les incipits de tes livres qui ont été publiés, ou si tu les connais par cœur.
- Speaker #0
Il y en a trois dont je me souviens vraiment sur ce que j'écris, parce qu'effectivement, j'étais contente de mes premières phrases, et elles me vont, je ne sais pas si elles claquent, mais en tout cas, elles me vont. Il y a une nouvelle que j'ai écrite dans Marmite et Micronde, qui s'appelle Rouge Groseille, où Olivier Gester, j'avais travaillé avec lui au début, je commençais, c'était ma deuxième nouvelle publiée, il m'avait vraiment aidée, on avait fait un super boulot. Et pour le coup, la toute première phrase, celle-là, n'avait pas changé. c'est « Quand j'étais petite, je croyais que les vampires n'existaient pas » .
- Speaker #1
J'adore.
- Speaker #0
Et ça, voilà, ça dit tout, mais celle-là, je l'aime. Et encore, c'est ma plus courte nouvelle grâce à Olivier, et je l'aime beaucoup. Mais pareil, c'est nouvelle qu'il viendra un roman, parce que je ne sais pas écrire des vraies nouvelles. Dans Hope, pareil. Alors, Hope, il y a un article de journal qu'on a mis avant avec mon éditrice, donc on a rajouté... pour aider à la compréhension et apporter un peu de lecture du monde. Mais c'est une espèce de prologue. Le vrai, vrai début du roman, c'est de l'eau qui tombe du ciel. Achat acquiesça. Les mythes dubitatifs de ses sœurs exigeaient de lui plus d'explications. C'est vraiment cette question de l'eau qui tombe du ciel. Quoi ?
- Speaker #1
Trop bizarre. Mais d'où ça vient ?
- Speaker #0
Et pareil, là, je trouve que tout de suite, on sait qu'on est quelque part où la pluie n'existe pas. Donc déjà, ça me tempèle et j'étais contente. Et la dernière dont je me souviens, Station Symbiose, parce que ça, c'est... Là aussi, j'avais les premiers mots en même temps que la fin. Le personnage me ressemble beaucoup. Et ma maman est assistante maternelle et j'ai vécu tout le temps, toute ma vie avec plein de petits-enfants et je détestais ça. Donc, le début, c'est tout le monde adore les bébés J. Tout le monde, sauf moi.
- Speaker #1
Après, les bébés J sont quand même...
- Speaker #0
Je pense que c'est le même trajet que j'ai fait, c'est que je détestais les bébés. Et puis, le jour où j'ai été tatache, c'est vrai quand même, il y en a certains, ils peuvent être mignons.
- Speaker #1
Et celui de Neige ?
- Speaker #0
Celui de Neige, c'est un texto. Mais je ne sais pas si hors contexte comme ça, ça se comprend. Je pense bien à toi pour ton premier jour dehors. Ne te mets pas la pression. S'il y a le moindre problème, tu rentres quand tu veux. Prends soin de vous. Je t'aime.
- Speaker #1
Moi, je trouve que ça dit beaucoup. Ça déclenche beaucoup de choses dans la tête, en tant que lecteur et lectrice, qui te permettent de te projeter sur quelque chose. Je vais faire ma fangirl, j'adore tout ce que tu fais et c'est vrai que tes incipits sont particulièrement savoureux à lire à voix haute ou à voix basse, parce que justement tu arrives en quelques phrases à condenser l'univers du roman ou de l'histoire de manière générale en juste quelques mots. Et ça c'est hyper fort, je trouve que ça fait un bel écho à l'incipit que tu nous as lu au début de l'interview, ton premier incipit, où finalement toutes les réponses sont là. Et c'est vrai, quand tu regardes après les Inky Pit, après avoir lu le livre, tu te dis mais en fait, mais oui, j'aurais pu le deviner dès le début que ça allait devenir ça. Donc tu as toute mon admiration et je pense qu'il y a beaucoup, beaucoup de gens qui t'ont lu et qui adorent aussi ta plume. Et donc vraiment, bravo pour réussir à faire ça. C'est vraiment, c'est vraiment super. Le résultat est génial.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Et j'en profite pour te remercier toi et aussi toutes les personnes. qui effectivement me lisent, font des super retours. Et en fait, j'aime beaucoup ton approche, Inkey Pit, parce que je n'y ai jamais vraiment réfléchi. Et en fait, j'apprends. Et à chaque personne qui me fait un retour, j'apprends aussi sur moi. Et apprendre, c'est... Avec Émilie, c'est vraiment mon leitmotiv dans la vie. Donc, c'est génial.
- Speaker #1
J'ai une deuxième question type team. Est-ce que tu es plutôt team chat, team chien, team renard ? J'ai cru comprendre que tu aimais bien les renards.
- Speaker #0
Le renard est mon animal totem. Et sinon, entre chien et chat, moi, je suis très, très, très chat.
- Speaker #1
Nous sommes dans la même team. Est-ce que tu aurais une recommandation lecture pour la team chat ?
- Speaker #0
Pour la team chat, j'ai quelques recommandations lecture. C'est toujours dur de choisir, mais j'essaie de sortir un peu, parce que je parle toujours de BK Chambers, mais je vais essayer de proposer autre chose. Comme j'étais en vacances avec beaucoup de temps de trajet... Je me suis dit, pour la team qui quitte ses Ausha pour traverser la France en train, en voiture, avec des heures et des heures à passer, je conseille Confluence de Sylvie Poulin, qui est un diptyque en plus bien gros, mais quand on le lit, on a l'impression que ça ne fait que quelques pages, la fin arrive beaucoup trop vite. Et c'est immersif au sens propre du terme, vu que ça se passe sous l'eau. C'est génial, c'est humain, c'est visionnaire aussi, ça propose quelque chose de différent. Et si l'humanité ? pour, une fois la planète, l'atmosphère bousillée, au lieu d'aller dans les étoiles, se réfugie sous les mers. Déjà, juste l'idée de base, je l'ai adoré. Et le style et tout ça, nickel. Si on reste dans les transports, pour tous ceux qui prennent le métro, moi je fais ça quand je suis en déplacement, les 1 quart d'heure, 20 minutes de métro pour changer de gare en Comparnasse et Saint-Lazare, pile poil le temps qu'il faut pour avaler un chronopage. J'adore cette collection, ils sont géniaux. Il y a des super textes de super autrices type Mafalda Vidal. Emmanuel Quentin, Sacha Morand, j'ai beaucoup aimé aussi. Il y en a tellement. On découvre à chaque fois des choses, à chaque fois, je suis scotché. Surtout que la nouvelle, comme je disais, c'est quelque chose que j'ai plus de mal à faire. Et je passe un bon moment, j'apprends. Et c'est vrai que c'est tellement mieux d'être dans une nouvelle que de venir sur ton téléphone dans le métro. C'est cool. Et puis là, en ce moment, comme je suis très dans le végétal, si quelqu'un aime comme moi toutes les questions d'altérité, le roman Séméosis, Deux. ou Burke est vraiment génial pour percevoir ce que peut être une altérité autre et surtout une altérité végétale Je suis ingénieure agronome, mais spécialisée à la base dans le végétal. C'était il y a longtemps, mais en tout cas, je l'ai trouvé très bien sur un côté à la fois scientifique, de comprendre comment les plantes font et pourraient, comment une forme de vie alienne végétale pourrait faire. Et pareil, il y a une question de gestion du temps, que j'ai abordé un peu dans Station Symbiose, que Becky Chambers aborde aussi. Comment on fait quand des espèces n'ont pas le même temps de vie ? Et le végétal, c'est vraiment une autre temporalité que nous. Et là, elle a quelque chose de... d'assez incroyable. Et puis enfin, j'avais une recommandation, c'est un bouquin qui m'a énormément marquée quand j'ai lu Symphonie atomique d'Étienne Kunge. C'est un thriller, je crois qu'on dit. En tout cas, il y a un rythme de dingue dans un monde futur d'anticipation où il n'y a absolument rien qui va, mais où en même temps, en fait, il y a des leviers politiques, environnementaux qui sont complètement possibles. Un peu trop même. Étienne a écrit ce livre. Moi, j'ai eu besoin de discuter après l'avoir lu avec lui. Et c'était passionnant. Il l'a vraiment écrit pour que les gens comprennent ce qu'est le sentiment de solastagie, qui est vraiment la dépression environnementale à son plus haut niveau. Donc, ce n'est pas un livre joyeux. Ça dépend le niveau de connaissance et d'engagement que vous avez dans l'environnement. Mais ce n'est pas le livre qui, contrairement à Terra Humanis, de Fabien Serruti, qui vous dira, on va tout régler et ça ira bien. C'est vraiment un livre qui vous fait voir comment ça va être la merde. Mais il y a un rite de dingue, ça reste de la fiction, donc on peut quand même s'en détacher. Et en fait, moi, ça m'a permis d'avoir un déclic en me disant mais ce qu'on a aujourd'hui, je sais que c'est précieux, mais je ne l'avais pas assez intégré. Et ça m'a fait un gros déclic en me disant mais quand je mange une tomate, je savoure. Quand je me balade en Normandie, que tout est vert, que je ne crève pas de choses, je savoure. Parce que c'est des choses, rien n'est acquis en fait. Et on ne sait pas. J'espère bien et probablement que ça ne tournera pas aussi mal que dans son livre. Mais ça m'a permis d'un coup de prendre conscience de ça. Et le livre en soi est un très bon thriller, en dehors de cet aspect un peu écologique. Il est vraiment très très bon. pas moyen de le lâcher. Pareil, si un pavier vous a l'impression qu'il a duré une heure et que vous êtes déjà à la fin et vous vous dites ils sont passés où les pages, le ton, qu'est-ce que j'ai fait ? C'était génial. C'est bien noté. J'aurais des tonnes de recos.
- Speaker #1
Ça fait déjà pas mal de recos, donc on va arrêter les recos ici, mais c'est bien noté. Je pense que les piles à lire vont s'agrandir, en tout cas la mienne a déjà pris... Du coup, on a déjà pris quelques volumes. Et pour terminer cette interview, je voudrais savoir quels mots t'accompagnent en ce moment. Donc, je parle de mots, mais en fait, ça peut être absolument n'importe quoi. Ça peut être une citation que tu te répètes dans la tête. Ça peut être une chanson. Ça peut être une réplique de film. Ça peut être n'importe quoi.
- Speaker #0
Je pense qu'en ce moment, on a quelques jours de mon 40e anniversaire. Donc, ça fait travailler des choses. Et en même temps, je suis très, très bien. dans ma peau aussi parce que j'ai enfin réussi à... J'arrive à... L'équilibre est jamais facile, mais j'arrive à être à la fois autrice et à la fois scientifique, ce qui était... Ce que j'ai retrouvé justement en faisant mes cartons à ma bibliothèque. Je le dis beaucoup en table ronde. J'ai vraiment envie de montrer qu'on peut être les deux parce que c'est pas ce que le système scolaire nous dit et moi ça m'a manqué. J'aurais mis 40 années à réussir à trouver cet équilibre-là et en retrouvant mes premiers tests, je me rends compte que c'était là. dès le départ. Et du coup, il y a une citation que j'aime beaucoup, je crois que c'est d'Oscar Wilde, c'est « Soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris. » Peu importe si ça n'a pas l'air de rentrer dans le schéma sociétal basique. Enfin, normatif au sens où statistiquement le plus large.
- Speaker #1
Je suis tout à fait en accord et en phase avec cette citation. C'est très très chouette. Moi, je suis quand même curieuse des crocodiles sous la neige.
- Speaker #0
Il va prendre un peu de temps, celui-là. parce que là aussi, il y a des thématiques assez fortes derrière. Un peu nouvelles pour moi, donc il va prendre un peu de temps. Et il y a d'autres trucs qui se préparent.
- Speaker #1
Parle-nous du coup un petit peu des trucs qui se préparent pour qu'on se quitte, mais sans vraiment se quitter.
- Speaker #0
Il y a un texte en soumission un peu. J'aime bien tester plein de choses. Donc, j'ai une novella en soumission. On verra ce que ça donne dans un style un petit peu plus étrange, mais toujours sur la thématique de la rencontre et de l'altérité. Là, je travaille en ce moment avec Alexia Seda sur un texte issu de notre voyage en Égypte. Donc sur plutôt la rencontre des cultures. Et c'est vrai qu'il y a beaucoup de questions qui cogitent autour. C'est passionnant et c'est vraiment génial. En même temps, je travaille avec un auteur égyptien. Et ça aussi, c'est top sur quelque chose. Et puis, du coup, j'ai un roman en cours sur des crocodiles sous la neige qui va être un long, long cours, je pense. Et en plus simple, et plus jouissif, et plus récréation pour moi. C'est comme Station Symbio, c'était tellement rapide et facile à faire. Je suis encore des fois épatée qu'il plaise, parce qu'il y a des moments où je suis en mode, si quand même, c'est après Haud, donc forcément j'ai appris, j'ai progressé, puis il y a des moments où je me dis, mais c'était tellement facile à écrire, ça ne peut pas être. Donc je remets le couvert, parce que vraiment, je suis vraiment trop bien dans cet univers, et j'ai envie d'aller vers quelque chose d'un peu plus... Un peu plus incostos, donc peut-être un petit peu plus adultes. Mais du coup, je suis aussi là-dedans.
- Speaker #1
Donc dans l'univers de Station Symbiose.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Trop génial.
- Speaker #0
Une autre histoire qui est en fait la toute première qui est issue pour le coup d'un déclencheur que j'ai eu avec Lionel Davoust en atelier à l'école d'écriture Lémo. Ces ateliers sont absolument géniaux. Et à un moment, on a fait des trucs. Et en fait, l'univers s'est créé là et il y avait une première histoire. qui ne pouvaient pas coller à une histoire plus jeunesse. Donc j'ai d'abord écrit l'histoire jeunesse, et du coup maintenant je vais écrire l'histoire adulte qui se passe quelques centaines d'années plus tard.
- Speaker #1
On a hâte, et on va attendre ça avec impatience. Merci beaucoup Noémie de t'être prêtée au jeu. J'ai une dernière question un peu plus personnelle. Celle-ci, elle ne va pas faire partie de cet épisode-là. ça va être une capsule spéciale réservée aux auditeurs qui seraient encore plus curieux et qui après cette interview géniale seraient tombés amoureux de toi et voudraient en savoir un peu plus je suis pas polygame amoureux de ta plume bien sûr vous êtes aussi bienvenue donc cette interview prend fin, merci infiniment d'avoir été la première et d'avoir du coup ouvert le bal Inky et Pete sont hyper reconnaissants aussi. Et puis, je te dis à très bientôt. Au plaisir de te croiser sur un salon et de te lire encore.
- Speaker #0
Merci beaucoup. C'est toujours un réel plaisir quand je suis invitée. J'aime beaucoup parler et je suis toujours sidérée de voir ce que peut intéresser des gens de m'écouter. C'est vraiment très, très chouette. C'était un très, très chouette moment.
- Speaker #1
Merci à toi. et non que. A très bientôt.
- Speaker #0
A bientôt.
- Speaker #1
Merci beaucoup de nous avoir écoutés jusqu'au bout. Pour celles et ceux qui en veulent plus et qui auraient lu Station Symbiose, parce qu'il y aura des spoilers, je vous donne rendez-vous sur le site internet d'Inki et Pit, ou sur les réseaux, en message privé. Pour récupérer le lien de l'épisode spécial, Noémie Lemoss se livre encore plus. Si cet échange vous a plu, n'hésitez pas à partager ce podcast autour de vous et à laisser une note ou un commentaire. A très vite !