- Speaker #0
Et bien bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur ce nouveau Innovation Meetup. Alors cette fois, un débrief et un débrief accompagné de Michael Ausha, CEO d'Eleform, une aide par ailleurs présente au-delà de la France, en Afrique. C'était le principe, en tout cas l'objectif de son déplacement et nous nous sommes retrouvés sur le Jitex Africa. Bonjour Michael.
- Speaker #1
Bonjour Mathieu !
- Speaker #0
En quelques mots, est-ce que tu peux nous pitcher Eleform ?
- Speaker #1
Très rapidement, depuis 20 ans, Eleform, c'est une activité d'édition de contenu pédagogique vendue en B2C directement sur notre plateforme e-commerce et en B2B, intégrée dans des centres de formation, des entreprises, pour la montée en compétence de leurs salariés. Effectivement, le Maroc est un marché qui se développe beaucoup pour nous, très intéressant, très dynamique, et ensuite l'Afrique également. où on sent une vraie appétence pour tous les formations aux nouveaux logiciels, de no-code et notamment d'intelligence artificielle. Et c'est la raison pour laquelle ce JITEC, pour nous, c'était l'occasion de prendre le pouls un petit peu des tendances, de l'innovation technologique et des besoins de demain, d'un continent, ce qui va peut-être être le moteur finalement de l'innovation mondiale dans les années à venir.
- Speaker #0
Ce qui est intéressant d'ailleurs, avant d'attaquer directement sur le Jitex Africa, c'est notamment que Jitex, qu'on connaît par Dubaï historiquement, est en train d'arriver en Europe avec Berlin en septembre ou en juin si je ne me trompe pas, avec Marrakech pour le Jitex Africa, mais pas que. Donc une diversité finalement d'événements autour du Jitex. Est-ce que c'est une dynamique sur laquelle tu ressens qu'il y a quelque chose qui se passe en France ou en Europe par les EdTech notamment, mais pas que ?
- Speaker #1
Oui, c'est intéressant. On va peut-être rappeler que JTEC, ça veut dire Golf Information Technology Exhibition. C'est une exposition technologique qui se tient à Dubaï, Mathieu, depuis plus de 40 ans tout de même. On a là un salon historique qui tient la dragée au CES, auquel je sais que tu es très attaché, et qui désormais s'exporte. et qui dépassent très largement le golfe arabique avec des intentions qui sont très claires. Là, Marrakech, ce n'est ni plus ni moins que le plus gros salon africain des startups. Il n'y a pas d'autre équivalent. Et a priori, l'année prochaine, ils veulent encore augmenter la surface et l'influence de ces salons sur l'ensemble du continent. Et j'ai envie de dire, au-delà. Parce que quand vous touchez cette part significative de la population, vous ne par ricochez, vous touchez le monde entier. Et le high-tech, maintenant, veut s'exposer. Donc, on a le Maroc, on a le Nigeria également, qui est quand même le plus gros marché africain. Dubaï, évidemment. Singapour, on commence à regarder vers l'Asie. Comment l'Afrique et l'Asie peuvent renforcer leur connexion ? Alors, ma grande surprise, effectivement, Berlin. Comment on l'est ? les entreprises du Golfe et de l'Afrique peuvent aller sur les marchés européens. Il fait intéressant.
- Speaker #0
Vrai sujet, d'ailleurs. Tu soulignes l'historique de plus de 40 ans du Jitex. Il faut souligner que Berlin, avec l'IFA, était la première place sur laquelle un salon de la tech est tenu, puisque ça fait quasiment plus de 100 ans que l'IFA de Berlin se tient. Donc, entre le CES, l'IFA, le Jitex, le Sous-Bail qui est en train d'arriver, à Londres en juin, en plus d'Austin, Texas. On voit bien qu'il y a quelque chose qui est en train de se passer dans tous ces salons. Mais revenons sur le Jitex Africa. Qu'est-ce que tu en retiens ? Moi, ce qui m'a frappé quand on est arrivé dans ce salon, c'était tout de suite, on arrive dans la place de la FinTech.
- Speaker #1
Oui, complètement. C'est vrai que c'est hyper intéressant. C'est-à-dire que dès l'entrée, on arrive sur, c'était peut-être 20% du salon, les entreprises de la FinTech. je pense que ça répond finalement à une vraie problématique qui est celui de la bancarisation de l'Afrique. L'Afrique, l'accès aux services bancaires traditionnels, ça reste un vrai défi. Et aujourd'hui, les fintechs sont en train de le relever. Moi, j'ai noté un certain nombre d'entreprises qui sont dans le mobile banking, où là, on va directement aller sur des wallets numériques qui peuvent être alimentés par prélèvement, virement ou par du cash. C'est-à-dire que vous avez du cac, vous allez dans des... des épiceries qui ont la patente pour récupérer le cash et pour avoir votre wallet qui va vous permettre, on l'a vu sur certains pays, de payer des amendes, de payer l'eau, l'électricité ou pourquoi pas des services e-commerce. Ça, c'était hyper intéressant. Et elle s'est réunie.
- Speaker #0
Tu soulignais d'ailleurs dans les acteurs que tu as rencontrés, excuse-moi, je te coupe la parole, mais que finalement, pour certains, ils ne se posaient même plus la question de la carte bancaire.
- Speaker #1
Oui, complètement. C'est... qui avait théorisé ça, c'est les leapfrogs, les sauts de grenouilles, c'est-à-dire qu'une innovation technologique, ça permet d'aller plus loin tout en sautant une innovation traditionnelle. La carte bleue, par exemple, on peut considérer qu'il y a certains pays africains qui ne vont jamais savoir ce que c'est une carte bleue, ils vont tout de suite passer de l'économie informelle en cash au mobile banking et au wallet, avec tous les avantages derrière, c'est-à-dire qu'ils vont aller beaucoup plus vite. Ce qui est hyper intéressant, c'est que ça permet de directement connecter au développement des réseaux mobiles, de l'accès aux smartphones et aux besoins actuels.
- Speaker #0
Dans les différents sujets qu'on a pu voir, c'est vrai qu'on a commencé, on entre tout de suite dans une zone fintech et banking qui était extrêmement intéressante. Et très vite, la deuxième zone dans laquelle on est tombé, c'est une zone autour de la santé. et pour laquelle notamment... télémédecine, l'accès aux soins, mais c'était surtout la télémédecine qui était présente, cette capacité à déporter l'unité de diagnostic avec le médecin dans des zones très reculées et aussi avec le réseau peu finalement recouvert en termes de réseau.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Tu étais avec moi, Mathieu, quand tu as découvert avec plaisir que j'avais une très belle thyroïde et pas de maladie. Je vais reprendre la photo. On ne fait pas la photo, mais on peut. effectivement une startup marocaine qui, là c'est hyper intéressant parce qu'elle prend des produits qui existent sur le marché à savoir un échographe portable avec le résultat déporté sur un iPhone ou un iPad la capacité de streamer derrière l'échographie sur un médecin qui serait délocalisé mais le développeur va plus loin c'est-à-dire qu'il utilise l'intelligence artificielle à la fois pour guider l'échographie amateur, et également pour avoir le résultat, un diagnostic qui peut se faire rapidement. Et ça, c'est assez génial parce qu'on se rend compte que ça permet l'accessibilité à la santé dans des zones réculées, dans des endroits où il n'y a pas forcément de médecin. Et là, on a très clairement un usage d'intelligence artificielle assez rapide d'accès qui peut sauver les vies.
- Speaker #0
Et on les salue notamment puisqu'ils s'appellent VitalScan. et nous les avons rencontrés. Tu as d'ailleurs testé le produit. A priori, tu n'as aucun problème de santé. Donc, c'est très bien.
- Speaker #1
C'est vrai. Du coup,
- Speaker #0
on n'a pas scanné tout le corps de Mickaël.
- Speaker #1
Je ne sais pas ce que tu en penses, Mathieu, mais ce que je trouve hyper intéressant, c'est les outils d'intelligence artificielle. On peut quand même noter qu'il n'y a pas de restrictions dans l'usage en Afrique. Ce qui n'a pas toujours été le cas. dans les innovations technologiques. Tu m'as parlé de la fintech, c'est interdit. Paypal n'est pas développé en Afrique, par exemple. Quand OpenAI s'est développé, il n'y a pas eu de restriction sur le contenu africain. Très rapidement, de nombreux startups se sont appropriés les API d'OpenAI pour développer des usages dont ils avaient besoin. Parce que l'intelligence artificielle a ceci d'incroyable, c'est que le coût d'accès technologique est relativement bas, le coût financier... l'est également. Donc derrière, on a une accélération effectivement des applications, des usages. Ce sont des choses qu'on ne pouvait même pas espérer il y a encore trois ans.
- Speaker #0
Effectivement, c'est là qu'il y a une vraie accélération et ce qui est assez intéressant, c'est que ça a commencé par le banking, on va continuer sur la santé, on voit qu'on est quand même sur des sujets à impact principalement et ensuite, on était dans la gritech, la foodtech, la capacité de... de produire. Alors, il y a eu pas mal de sociétés. On pense à Regenesis, notamment, qui propose de piloter au plus fin les problématiques de croissance et de production. Je pense aussi, notamment, à Data Prophet, qui est au service de la façon dont on optimise les flux logistiques dans le déplacement de cieux, ou Tiga Foods, également, qui venait par ailleurs du Kenya sur la façon dont on peut améliorer la production agricole et surtout la traçabilité et la sécurité. alimentaires qui sont un des sujets de fond également. Ce JTEC, c'était quand même pensé autour de l'impact. Il y avait quelques grands ennebles, mais on était quand même sur des sujets qui étaient, je veux impacter plus de l'innovation et de la solution. que de la recherche fondamentalement, mais globalement quand même une volonté d'impacter le monde et les people qui vont avec.
- Speaker #1
Et c'est ce que j'en ressens également, c'est-à-dire à différence peut-être de salons occidentaux, là l'intelligence artificielle est là pour impacter la vie des gens, pour leur permettre de mieux manger, de mieux vivre, de mieux se soigner, de mieux utiliser les banques. On est quand même loin des starter packs utilisés sur OpenAI. et qui font un petit peu le buzz actuellement. On est dans la tech for good. Et ça, c'est assez enthousiasmant, je trouve, et ça donne beaucoup d'espoir sur ce continent.
- Speaker #0
Alors, enthousiasmant, c'est vrai qu'il y avait beaucoup d'enthousiasme. Alors, sur l'IA, bien sûr, c'était partout. Décidément, on n'en a quasiment pas parlé, finalement, de l'intelligence artificielle, tellement elle était partout, transverse, diffuse, intégrée. Je dirais que c'était presque un ennebleur assez classique. Et par contre, tu soulignes cette densité, cette énergie qu'il y avait. C'était vivifiant quelque part comme salon, tellement il y avait de start-upers, alors bien que beaucoup auront des sujets sur le marché dans les deux ans qui viennent, et on le sait tous, mais en tout cas, il y avait une vraie énergie et beaucoup de choses qui vont arriver très certainement par la zone africaine à terme par le Jitex, notamment africain.
- Speaker #1
Après, ce qu'on peut peut-être noter, Mathieu, c'est vrai qu'on peut se poser la question pour une entreprise française, quand on voit les difficultés actuelles de pouvoir exporter son savoir ou ses produits, ses services aux États-Unis, On voit aussi que finalement, ça peut changer assez vite. Pourquoi pas se diriger plus sur les marchés africains ou les marchés asis ? Et moi, je parie que ce type de salon va prendre une place de plus en plus importante à l'avenir. Et on pourrait se poser la question de l'influence de la France finalement économique, en se disant est-ce qu'il vaut pas mieux aller en Afrique, en Asie, aujourd'hui, qu'aux États-Unis ?
- Speaker #0
C'est une question d'ailleurs que je pense que tu as... posé naturellement par rapport à Eleform aux formations, alors au-delà des sujets de langue dans lesquels tu produis, parce que tu produis principalement en langue française, finalement, qu'est-ce que tu retiens, toi, de ce salon, au-delà des tendances qu'on a pu y exprimer, qui sont somme toute assez classiques par rapport au salon de la tech aujourd'hui, qu'est-ce que toi, tu en retiens et quelles sont les actions que tu vas pouvoir porter dans la tech, et peut-être plus précisément par rapport à Eleform ? Euh...
- Speaker #1
Peut-être l'opportunité l'année prochaine d'être exposant d'ailleurs, parce que je sais que l'espace EdTech devrait se développer sur ce salon, donc c'est tout à fait pertinent. On voit également qu'il y a un réseau très fort d'universités, d'écoles privées en Afrique qui sont demandeurs de ce type de produit. S'ils veulent aussi aller plus loin dans la pédagogie, proposer plus de contenu, des bouts de l'intelligence artificielle, on aurait tout à fait notre place pour se développer là-bas. Et puis, continuer à se perfuser à l'actualité de la startup, à l'actualité de l'innovation pour que ça infuse chez nous et qu'on ait les bonnes insights pour savoir quelles formations produire à l'avenir.
- Speaker #0
Ce sont des sujets passionnants et on voit que le Jitex devient finalement peut-être le rendez-vous du mois d'avril sur la zone Afrique du Nord avec la diversité de tous les pays d'Afrique qui étaient présents majoritairement avec un Anglais. parfait, un français parfait pour beaucoup, ils sont tous au moins trilingues, et c'est vrai qu'il y avait une très très belle énergie en tout cas. On se donne rendez-vous, je pense, l'année prochaine sur ce salon, si j'ai bien compris.
- Speaker #1
Complètement, et effectivement, une capacité à pitcher leur boîte avec sincérité, émotion, ça fait toujours plaisir également.
- Speaker #0
Globalement, on a pris notre salaire pendant ces deux jours sur Marrakech, on se revoit très très vite, c'est un débrief. assez court, mais après, c'est vrai que ça peut durer des heures. On en a vu beaucoup de startups, beaucoup de mètres carrés, croyez-moi. C'est vrai que l'organisation a été relativement bien affûtée. En tout cas, ça ne fait peut-être encore que mieux l'année prochaine pour le Jitex Africa 2026. Voilà, si on a fait le tour, est-ce que globalement on prend date, Mickaël, pour l'année prochaine ?
- Speaker #1
Je l'espère, oui. Il y a d'autres salons d'ici là, mais celui-là, à mon avis, On va en entendre parler de plus en plus.
- Speaker #0
Le prochain sur lequel on se donne rendez-vous, le battery show de Stuttgart et aussi, bien sûr, Vivatech qui arrive à grands pas. Juste après Vivatech, décidément en juin, ce sera un mois excessivement dense. Il y aura bien sûr le Paris Air Show avec tout le futur de l'aviation, de la défense qui se réuniront au Bourget. C'était le feedback du Jitex. Merci, Mickaël. On passe le bonjour quand même à Eric. qu'on a croisé, Jean-Baptiste également, on s'est croisé dans le taxi sur le retour, il y a bien sûr, pour tout l'écosystème, Zone Afrique également, et l'électronique forum sur Marrakech également, je crois que c'est en octobre, si je ne me trompe pas, il viendra également nous en parler. Merci Mickaël, à très vite.
- Speaker #1
Au revoir.