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Innover dans le Monde de l'Art

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23min |25/06/2024
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Innover dans le Monde de l'Art

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Description

Bienvenue sur Visions Communes : des Ă©pisodes d’une trentaine de minutes en duo avec Axelle Delorme, oĂč nous intervenons sur des thĂ©matiques philosophiques ou plus pragmatiques en relation avec le monde de l’art et la crĂ©ation. ✹


đŸ‘Żâ€â™€ïž Axelle est mon associĂ©e sur les ART DATINGS et lorsque nous parlons de notre rencontre, nous disons souvent que nous nous sommes rassemblĂ©es autour d’une vision commune.
Au lieu de garder pour nous toutes les conversations oĂč l’on refait le monde (de l’art), nous vous les partageons dĂ©sormais dans ces capsules audio.


Bonne Ă©coute !



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LE PODCAST 

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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue sur Innover dans le monde de l'art, le podcast dĂ©diĂ© aux personnalitĂ©s qui construisent le monde de l'art de demain. À travers ces Ă©pisodes, je vous permets de dĂ©crypter les coulisses de ce secteur pour pouvoir mieux l'aborder et si vous le souhaitez, vous y aventurez Ă  votre tour. Je suis Lise, hĂŽte de ce podcast et cofondatrice des Art Dating, des accompagnements personnalisĂ©s, des formations et des Ă©vĂ©nements qui permettent aux artistes de mieux valoriser leurs dĂ©marches, de dĂ©ployer leur potentiel et d'Ă©largir leur rĂ©seau. Vous pouvez retrouver le podcast et les Art Dating sur Instagram. Aujourd'hui, je reçois Margot Bossard, restauratrice d'Ɠuvres d'art spĂ©cialisĂ©e dans les Ɠuvres contemporaines. Une spĂ©cialitĂ© peu commune dans ce domaine, et vous le verrez, pleine de dĂ©fis. Margot nous emmĂšne en immersion, du moins en parole, dans son mĂ©tier, que ce soit Ă  l'atelier ou en dehors. Nous avons aussi Ă©changĂ© sur tout l'aspect Ă©thique qui encadre son activitĂ©, et vous verrez, elle nous offre mĂȘme gĂ©nĂ©reusement quelques conseils prĂ©ventifs. J'ai adorĂ© l'Ă©couter parler de son mĂ©tier unique et de la maniĂšre dont elle l'aborde. J'espĂšre alors que cet Ă©pisode mettra un petit peu de lumiĂšre sur ce mĂ©tier de l'ombre du milieu de l'art. Bonne Ă©coute ! Bonjour Margot, comment vas-tu ? Je vais bien,

  • Speaker #1

    ça va trÚs bien et toi ?

  • Speaker #0

    Eh bien ça va trĂšs bien, merci beaucoup d'ĂȘtre lĂ . Donc Margot, tu es restauratrice d'Ɠuvres d'art et tu as choisi une spĂ©cialitĂ© qui n'est... Pas n'importe laquelle, puisque tu as dĂ©cidĂ© de te consacrer Ă  la restauration d'Ɠuvres d'art contemporaines. Alors, ça peut paraĂźtre un peu classique, parce que quand on est historien ou historienne de l'art, beaucoup de personnes se spĂ©cialisent dans l'art contemporain, mais dans le cadre de la restauration d'Ɠuvres d'art, tu nous en diras un petit peu plus, ce n'est pas une spĂ©cialisation qui est si commune. Mais dans un premier temps, ce que je vais te demander, c'est de me raconter comment s'est faite, toi, ta rencontre avec le milieu de l'art de maniĂšre gĂ©nĂ©rale. Merci.

  • Speaker #1

    Tout d'abord, merci Lise de m'accueillir dans ton podcast. C'est assez touchant pour moi, puisqu'en fait, on a commencĂ© nos projets respectifs au mĂȘme moment. Et puis, je constate en Ă©tant ton invitĂ©e que tout se passe pour le mieux pour toi, tout comme moi. Donc, je t'en remercie spĂ©cialement. Alors, depuis que j'Ă©tais toute petite, j'ai toujours voulu faire le mĂ©tier de restaurateur, depuis que je suis toute petite, en ayant vu un reportage Ă  la tĂ©lĂ©vision. Mais avant ça, je ne sais pas si... Ma carriĂšre, disons, trouve sa source ici, mais je dirais que mon premier contact avec l'art qui m'a fait pressentir que j'allais aimer ça, je crois que c'est avec une Ɠuvre de Jean-Baptiste Corot. Souvenir de Mort-Pontel, qui est un tout petit tableau exposĂ©, je crois, au Louvre. Et chez ma grand-mĂšre, dans la salle Ă  manger, il avait une reprĂ©sentation de cet oeuvre, monumentale en tapisserie. Dans mes souvenirs, ça paraissait vraiment gigantesque, puisque j'Ă©tais petite. Et puis, cette heure, j'Ă©tais dans la salle Ă  manger, et Ă  chaque repas de famille, j'Ă©tais face Ă  elle, et je m'amusais toujours Ă  me perdre dans la reprĂ©sentation, et Ă  m'imaginer ĂȘtre vraiment au cƓur de l'Ɠuvre et au cƓur de... de ce qu'elle reprĂ©sentait, Ă  savoir, je crois que c'est dans un paysage, et il y a, dans mes souvenirs, ce sont des jeunes filles qui cueillent des fruits au bord d'un lac. Alors je m'imaginais que j'allais me balader en forĂȘt, au prĂ©culaire, que j'allais cueillir avec ces bonnes petites filles des fruits dans les bois. Oui, parce que j'aimerais que j'en ai un souvenir assez particulier et nostalgique. Je t'aime pas, je t'aime pas. Que tout naĂźt de l'art, mais en tout cas, ça m'a laissĂ© un souvenir trĂšs fort.

  • Speaker #0

    Donc tu as cet amour de l'art qui naĂźt assez jeune, finalement. Mais quand tu es restauratrice d'Ɠuvres d'art, il faut aussi ĂȘtre trĂšs habile techniquement parlant. Est-ce que tu avais un amour du dessin, un amour de la crĂ©ativitĂ©, par exemple ?

  • Speaker #1

    Quand j'Ă©tais trĂšs petite, oui. Et en fait, au fil des annĂ©es, plus j'ai grandi, je dirais qu'Ă  partir de mes deux licences, on commençait Ă ... Bye bye plus Ă©loignĂ© de ça, mais je me suis rendu compte que je n'avais pas assez d'imagination pour pouvoir me plaire dans la crĂ©ation, pouvoir dessiner, peindre, etc. Je mets beaucoup les travaux manuels, il fallait ĂȘtre habile, mais tout ce qui suscitait l'imagination et la crĂ©ativitĂ©, au fur et Ă  mesure, c'Ă©tait devenu compliquĂ©, d'autant plus que... En parallĂšle du lycĂ©e, je faisais des cours d'art appliquĂ© dans une Ă©cole, vraiment Ă  titre de loisir. Et puis j'ai remarquĂ© qu'en fait cette frustration, elle naissait de plus en plus et que j'avais moins de goĂ»t Ă  y aller parce que j'avais cette pression de dire que j'arrive Ă  avoir de l'imagination pour faire quelque chose.

  • Speaker #0

    Tu vas en Ă©cole de restauration d'Ɠuvres d'art, tu fais directement ça aprĂšs ton bac ?

  • Speaker #1

    Oui, j'ai utilisé l'histoire de la rÚgle. Comme je te le disais, depuis que j'étais plus petite, j'avais envie de faire ça. AprÚs, c'est vrai qu'en grandissant, j'avais l'autre ambition et l'idée. Parfois,

  • Speaker #0

    je suis quelquefois aussi un peu farfelue.

  • Speaker #1

    Mais au final, Ă  partir du lycĂ©e, et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  partir de la terminale, mon choix a Ă©tĂ© fait et je savais que je devais le faire. restaurer des hommes d'art, mais la difficultĂ© Ă©tant que c'est vraiment une filiĂšre de niche. Et donc oui, je me suis dĂ©cidĂ©e Ă  ĂȘtre restauratrice d'hommes d'art quand j'Ă©tais en terminale. Mais d'une part, l'Ă©cole que j'avais repĂ©rĂ©e, qui est l'Ă©cole GondĂ©e, Ă©tait situĂ©e Ă  Paris. Je suis aux aĂźnĂ©s du nord de la France. Et donc dĂ©jĂ  d'une part Ă  17 ans, Ă  l'occasion de mon bac ou de mon mariage, c'Ă©tait pas une dĂ©clination, je me sentais pas mature pour ça. Et puis d'une autre part... En fait, je ne trouvais pas lĂ©gitime de commencer ce cursus en me connaissant trĂšs sĂ©rieusement. Pour moi, c'Ă©tait logique de d'abord Ă©tudier les Ɠuvres d'art et ensuite pouvoir aspirer Ă  les conserver et Ă  les restaurer. Il faut forcĂ©ment connaĂźtre l'Ɠuvre et son histoire pour pouvoir agir sur elle et bien agir sur elle.

  • Speaker #0

    C'est un métier qui se pratique beaucoup en indépendant ?

  • Speaker #1

    Alors il y a deux cas de figure. Les restaurateurs qui travaillent pour les institutions publiques, les musées, et aprÚs il y a toute une partie qui travaille de maniÚre indépendante et surtout pour des hÎtels privés, privés de professionnels, des galeries. des marchands, des maisons de vente, etc. Et puis, une autre partie, plutÎt des collectionneurs. Collectionneurs et Amazon.

  • Speaker #0

    Et toi, en plus, en tant qu'indĂ©pendante, j'ai l'impression que tu es dans chaque maillon de la chaĂźne. Tu n'es pas juste exĂ©cutante, tu es aussi Ă  la partie un peu R&D, mĂȘme si tu essayes de ne pas trop y donner de tasse, la partie commerciale aussi. Donc, c'Ă©tait un choix pour toi d'exercer en indĂ©pendante pour ça

  • Speaker #1

    C'est pas le choix.

  • Speaker #0

    Ça s'est fait naturellement.

  • Speaker #1

    C'est pas le choix. Puisque ĂȘtre embauchĂ©e dans un atelier en France, c'est pas possible. C'est pas possible puisque gĂ©nĂ©ralement, c'est des salariĂ©s Ă  utiliser. On fait un compte en Europe. Tu travailles un peu contre, mais tu te rends compte d'un atelier, ce qui n'est vraiment pas intĂ©ressant. Et puis il y a aussi le fait que de tous les ateliers que je peux connaĂźtre ici Ă  Paris, il n'y en a pas un dans lequel Je peux me retrouver et ĂȘtre heureuse dans la maniĂšre d'apprĂ©hender les Ɠuvres ou de les restaurer.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui te rend heureuse dans la maniĂšre d'apprĂ©hender et de restaurer les Ɠuvres ?

  • Speaker #1

    Je sais ce que je n'aime pas, ça c'est sĂ»r, mais en fait je pense que j'aime bien et j'apprĂ©cie surtout prendre mon temps. Prendre le temps d'observer l'Ɠuvre, de la voir pour soi, et puis de l'obscruter des moindres dĂ©tails.

  • Speaker #0

    Il y a trĂšs peu d'ateliers qui embauchent ou qui recrutent des personnes, et en plus j'imagine en particulier dans l'art contemporain, parce qu'on ne l'a peut-ĂȘtre pas assez soulignĂ©, mais c'est quand mĂȘme une spĂ©cialisation qui est... trĂšs rare en France en tout cas, vous ĂȘtes assez peu Ă  le faire non ?

  • Speaker #1

    Oui, donc il y a d'autres restaurateurs qui se disent spĂ©cialisĂ©s en art contemporain, mais qui pour autant en parallĂšle travaillent aussi sur des Ɠuvres anciennes, et donc c'est une collection qui
 qui m'Ă©preuve, c'est le principe de l'inviction. Mais pour moi, on ne peut pas jongler de l'un Ă  l'autre. ForcĂ©ment... Si on fait ça, au bout d'un moment, il y aura forcĂ©ment une erreur d'interprĂ©tation ou un geste qui sera maladroit et ça peut ĂȘtre dangereux. Je n'aime pas beaucoup dire ça par superstition, je pense, mais je pense que je suis en tout cas libre d'erreur Ă  consacrer mon travail de conservation et restauration uniquement aux arts contemporains. Merci. Je ne l'ai pas prĂ©cisĂ©, mais je pense que c'est important de le dire, pour moi, par contemporain, c'est les Ɠuvres Ă  partir de la prĂ©caritĂ©.

  • Speaker #0

    Et tu disais aussi que c'était trÚs niche, et donc est-ce qu'en conséquence, c'est trÚs difficile de rentrer dans une école de restauration d'Evreda ? Sur quels critÚres on te sélectionne ?

  • Speaker #1

    Les critĂšres sont trĂšs diffĂ©rents d'une Ă©cole Ă  une autre. L'Ă©cole mondiale est une Ă©cole privĂ©e, en parallĂšle Ă  Paris il y a deux autres L'Ă©cole publique, il y a une formation Ă  la CETEPOL et une autre Ă  l'INP, l'Institut National de la Tribune. Pour entrer dans ces Ă©coles, surtout l'INP, c'est sur concours, c'est un programme qui est extrĂȘmement compliquĂ©. Et gĂ©nĂ©ralement, ceux qui passent le concours, Ils se sont prĂ©parĂ©s par exemple en faisant l'Ă©cole que j'ai faite, souvent en trois ans, voire mĂȘme en cinq ans, pour pouvoir juste uniquement passer le concours, sans forcĂ©ment aussi ĂȘtre pris. Et pendant ce concours, c'est des Ă©preuves de copie, de dessin, mais quand mĂȘme Ă  la derniĂšre poussĂ©e. Il y a aussi... Des questions scientifiques, on demande Ă©galement de faire un constat d'une heure, de proposer un traitement. Donc en fait, c'est des choses vraiment dĂ©jĂ  prĂ©cises qu'on apprend normalement Ă  l'Ă©cole, qui sont dĂ©jĂ  demandĂ©es dans l'avenir. À l'Ă©cole, l'admission se fait sur un quotidien.

  • Speaker #0

    Avant,

  • Speaker #1

    il y a un petit test de culture gĂ©nĂ©rale qu'on a Ă  faire. Et aprĂšs, c'est sur l'entretien, des motivations, d'Ă©crire ses aptitudes. Il faut aussi quand mĂȘme montrer un book. Mais on ne sait pas, s'il n'y en a pas, ce n'est pas quelque chose qui est bon. qui est illuminatoire. Et je dirais qu'en fait, l'Ă©clatement se fait petit Ă  petit dĂšs la premiĂšre annĂ©e. La premiĂšre annĂ©e, on est vraiment vraiment en train. Moi en 2016, quand j'Ă©tais en fin de l'annĂ©e, je crois qu'on Ă©tait le grand groupe de vente. LĂ , je crois qu'actuellement, c'est des classes de plus de 60, 60-80 personnes. Et par exemple, Ă  la fin de mon cursus, dans ma spĂ©cialitĂ©, on Ă©tait le plus simple. Donc, l'Ă©clairage, c'est fait dĂšs la premiĂšre annĂ©e, puisque c'est Ă©normĂ©ment de travail, et c'est beaucoup de connaissances Ă  acquĂ©rir dans plusieurs domaines trĂšs diffĂ©rents, les sciences, l'histoire de l'art, les sciences de matĂ©riaux, le dessin, la copie. Il y a aussi un peu la premiĂšre annĂ©e de crĂ©ation artistique. Et souvent, les Ă©lĂšves se rendent compte d'eux-mĂȘmes que ce n'est pas fait pour eux. Ou bien on leur fait savoir qu'ils ont de trop grosses lacunes dans un domaine et donc on les remonte vers une filiĂšre qui est mieux pour eux.

  • Speaker #0

    C'est quand mĂȘme trĂšs complet. Il n'y a pas beaucoup de formations qui ont Ă  la fois ce cĂŽtĂ© intellectuel et en mĂȘme temps le cĂŽtĂ© pratique. C'est fascinant, ça donne vraiment envie de voir comment ça se passe de l'intĂ©rieur. Et ma question venait de lĂ , parce que des fois il y a des choses oĂč on se dit qu'on peut toujours apprendre en Ă©tant formĂ©. Mais quand on voit comment sont faites les sĂ©lections, en particulier Ă  l'INP, on voit que quand mĂȘme les personnes attendent un certain talent dĂ©jĂ  prĂ©sent. Est-ce que toi tu penses que tout le monde avec de l'entraĂźnement peut rĂ©ussir Ă  faire ça, comme dans d'autres mĂ©tiers, ou bien il faut quand mĂȘme avoir une certaine aptitude au prĂ©alable ? Est-ce que tu as rencontrĂ© par exemple des profils de personnes qui n'Ă©taient pas forcĂ©ment excellentes en dessin, qui ont eu des entretiens ? dans ton Ă©cole et qui se sont avĂ©rĂ©es avoir une progression assez impressionnante au fur et Ă  mesure ?

  • Speaker #1

    J'en suis l'exemple mĂȘme, je suis Ă  un niveau catastrophique en dessin, parce que je n'aime pas ça. Je sais que c'est surprenant de dire ça et c'est peut-ĂȘtre pas rassurant, mais j'ai eu l'horreur, pendant mes Ă©tudes, j'avais eu l'horreur du dessin et de la copie. Et pour ma part, quand je n'ai pas quelque chose, je n'y arrive pas. Une forcĂ©e, je n'y arrivais pas et j'Ă©tais trĂšs nue lĂ -dedans. Mais je compensais beaucoup en Ă©tant, par exemple, en ayant beaucoup de connaissances en histoire de l'art, ou en ayant une bonne technicitĂ© dans les travaux pratiques de restauration, ou encore avoir une bonne logique dans les sciences de matĂ©riaux. Donc rien n'est perdu, mais je pense qu'il y a quand mĂȘme des matiĂšres et des qualitĂ©s qui sont essentielles, comme par exemple le fait justement de ne pas avoir d'imagination et de crĂ©ativitĂ©, parce que ça c'est mĂȘme dangereux quand on est restaurateur, puisque quand on a vraiment cette aptitude qui est trĂšs dĂ©veloppĂ©e, on a peut-ĂȘtre tendance Ă  rĂ©interprĂ©ter une Ɠuvre. Ce qui est absolument trĂšs possible.

  • Speaker #0

    Quand tu parles des dĂ©rives comme ça, ça me fait penser un peu comme dans certaines professions, il y a une certaine Ă©thique. Dans la mĂ©decine, ça va ĂȘtre le serment d'Hippocrate, par exemple. En restauration d'Ɠuvres d'art, vous avez des valeurs vraiment qu'on vous inculque de façon trĂšs transparente, comme ça.

  • Speaker #1

    Il y a un code déontologique aussi.

  • Speaker #0

    Un code déontologique, c'est ça.

  • Speaker #1

    Un restaurateur. Mais c'est intĂ©ressant que tu poses cette question parce qu'en fait, ce code dĂ©automagique, il n'est pas forcĂ©ment adaptĂ© dans les cas de la conservation et restauration des Ɠuvres d'art contemporaines.

  • Speaker #0

    Ah d'accord.

  • Speaker #1

    Parce que ça fait appel Ă  des valeurs qui ne sont pas vraiment applicables aux Ɠuvres d'art contemporaines. Je n'ai plus le texte sous les yeux, mais j'avais Ă©tudiĂ© ça, si tu me parles de mon mĂ©moire, mais il y a vraiment des incohĂ©rences. Donc, moi je suis trĂšs honnĂȘte, je ne dis pas que j'adhĂšre Ă  ce code Ă©thique parce que je ne peux pas, mais pour certains points, mais globalement, il y a des choses Ă  respecter et Ă  suivre.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait parti dans l'optique de restaurer des Ɠuvres d'art plus ou moins anciennes. Qu'est-ce qui t'a fait switcher d'opinion ?

  • Speaker #1

    Pour rester polie, ça m'a progressivement profondĂ©ment ennuyĂ©e puisque ce sont des analyses et des gestes qui sont trĂšs rĂ©parbatifs. Une peinture Ă  griffes, la dĂ©pression, la laitoie, la dĂ©vergure, s'il y a quelque chose Ă  faire au support, un petit peu d'ermestique, une reverie, un peu de touche, c'est quasiment toujours un truc, sauf des cas exceptionnels oĂč il y a un travail ou autre Ă  faire actuellement, mais sinon c'est toujours une chose. C'est un aspect qui moi m'a... J'Ă©tais presque Ă  un moment dĂ©goĂ»tĂ© du mĂ©tier. Et puis je me suis beaucoup remise en question Ă  ce moment-lĂ . D'autant plus qu'au mĂȘme moment, quand je commençais aussi Ă  m'intĂ©resser Ă  la restauration de la ContemporĂ©e, j'ai fait aussi quelques stages, des ateliers sur papier spĂ©cialisĂ© dans le forum. En fait, quand j'y Ă©tais, je me suis rendue compte que, un, ce n'Ă©tait pas le cas, et deux, Le traitement des heures n'Ă©tait pas assez optimale. Et donc j'ai eu cette remise en question de par le fait de... Est-ce que j'ai envie dans ma vie de toujours voir mes deux fautes et de faire toujours la mĂȘme chose ? Et un autre, est-ce qu'il est possible de restaurer la propre ? J'ai envie que j'en vive.

  • Speaker #0

    Il y a un cĂŽtĂ© presque rĂ©pĂ©titif dans la maniĂšre dont ils sont les Ɠuvres d'art plus anciennes, parce qu'on connaĂźt trĂšs bien. Les matĂ©riaux, la maniĂšre de faire, toi tu avais besoin d'un petit peu de challenge aussi, de nouveautĂ©s. Ce n'est pas la voie de la facilitĂ©, mais au final, ça te stimule beaucoup plus.

  • Speaker #1

    Oui, ça me stimule plus, ça me stresse plus aussi. J'espĂšre quelquefois quand on me prĂ©sente une Ɠuvre, j'essaie de me faire ressentir, d'avoir Ă©normĂ©ment confiance en moi. Oui, bien sĂ»r, on va faire quelque chose, c'est possible. Je dis pas que c'est nul, ça va ĂȘtre fait, que c'est faisable, ça va ĂȘtre fait. Je dis oui, c'est possible, ça fait trĂšs plaisir. Et puis, l'instant d'aprĂšs, je me dis, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Je ne vais jamais y arriver, mais c'est impossible. Comment est-ce que je vais faire ? Et il se passe du temps, beaucoup de temps. Et puis, au final, je m'y mets et c'est bon, je m'arrĂȘte. C'Ă©tait pas... C'est pas assez compliquĂ© que ça, si je n'ai pas, je vais le faire. Mais Ă  chaque fois,

  • Speaker #0

    je sais toujours qu'à ça,

  • Speaker #1

    il y a toujours ce moment oĂč je me dis, mais Margot, pourquoi il faut toujours que tu fasses, que tu en fasses toujours Ă  ta tĂȘte, que tu passes toujours autrement, et que tu te trouves dans des situations comme ça qui sont impossibles, et que tu ne passes plus Ă  ta faute.

  • Speaker #0

    En plus, tu es un petit peu seule dans ton problĂšme, vu que Vous n'ĂȘtes pas beaucoup Ă  faire ce que tu fais, tu peux pas trop appeler une collĂšgue ?

  • Speaker #1

    Oui, je peux toujours demander conseil à d'autres restaurateurs. De toute façon, tout agit et va apprendre. J'ai gardé aussi contact avec un atelier, j'ai dit avec un stage de sale qui m'avait aidée dans les voies de vue.

  • Speaker #0

    Vous ĂȘtes trĂšs peu nombreux Ă  restaurer l'art contemporain, mais est-ce que c'est pour des raisons structurelles aussi, dans la maniĂšre dont vous ĂȘtes formĂ©e ?

  • Speaker #1

    C'est vrai que vendre un vieux face mĂ©tier, en tout cas pour ma part, moi, quand j'ai vendu face mĂ©tier, c'Ă©tait pour toucher des Ɠuvres d'art anciennes, c'Ă©tait pas pour restaurer une barriĂšre qui a Ă©tĂ© peinte la veille. Et donc je pense qu'il y a aussi ce souci peut-ĂȘtre de lĂ©gitimitĂ© aussi. On peut se dire qu'en contrastant avec la contondance de la restauration, ce n'est pas utile, ce n'est peut-ĂȘtre pas non plus une flat-term, alors que c'est absolument passionnant.

  • Speaker #0

    On va venir petit Ă  petit au sujet de la restauration d'Ɠuvres d'art contemporaines, parce que tu as commencĂ© Ă  nous le dire, il y a vraiment des spĂ©cificitĂ©s. DĂ©jĂ , on peut avoir ce biais de se dire qu'il n'y a que les Ɠuvres anciennes qui s'abĂźment avec le temps et donc qui ont besoin de restauration. Éventuellement, on peut s'imaginer qu'une Ɠuvre d'art contemporaine a besoin d'ĂȘtre restaurĂ©e parce qu'elle a Ă©tĂ© cassĂ©e, abĂźmĂ©e. Mais est-ce qu'il y a d'autres raisons, en dehors de la casse accidentelle, qu'une Ɠuvre d'art contemporaine aurait besoin d'ĂȘtre restaurĂ©e ?

  • Speaker #1

    Il y a du temps aussi, mine de rien. Il y a des matĂ©riaux qui peuvent se fragiliser et se dĂ©tĂ©riorer trĂšs rapidement. Donc il y a comme tu le dis des accidents, que ce soit dans le lieu oĂč est exposĂ© ou consacrĂ© l'Ɠuvre. Aussi des accidents de transport, ce qui arrive trĂšs souvent, d'autant plus que le marchĂ© de l'art contemporain est un marchĂ© extrĂȘmement magnifique, oĂč une Ɠuvre peut ĂȘtre vendue aujourd'hui aux États-Unis, elle va partir dans une phase de 12 heures. Elle part dans son 12h, il faut qu'elle se rende et que ça monte le tas. On ne sait pas en quel tas elle va arriver lĂ -bas. Et puis peut-ĂȘtre qu'une fois rĂ©cupĂ©rĂ©e chez le collectionneur, ça ne lui plaira plus. Et puis il va dĂ©cider d'avoir besoin d'en ajouter une autre. Et trois semaines aprĂšs, elle va se retrouver encore au bout du monde. Et ça, c'est le lot de beaucoup de vos dards. Il y a aussi... Les problĂ©matiques liĂ©es au dĂ©conseil sur l'Ɠuvre, au vandalisme. Il y a beaucoup de choses qui ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es.

  • Speaker #0

    C'est liĂ© aussi aux matĂ©riaux de l'art contemporain qui sont diffĂ©rents. Je le sais parce qu'on s'en Ă©tait parlĂ© en offre. On n'allait pas imaginer que j'ai des connaissances hyper poussĂ©es et abouties. Mais tu m'expliquais en offre, quand on s'Ă©tait rencontrĂ©s, quand on avait discutĂ© avant de faire le podcast, que par exemple les pigments de la peinture n'Ă©taient pas les mĂȘmes que dans les Ɠuvres anciennes et que parfois les Ɠuvres contemporaines... Il peut se dĂ©tĂ©riorer beaucoup plus vite ?

  • Speaker #1

    Oui, il y a les pigments, il y a les liens, il y a aussi les nouveaux mĂ©diums. Par exemple, il y a deux cas de figure. Soit oui, effectivement, ça peut se dĂ©tĂ©riorer plus vite, soit ça peut aussi se dĂ©tĂ©riorer plus facilement et dans d'autres conditions qui sont plus accessibles que les conditions de dĂ©tĂ©rioration que les Ɠuvres. anciennes, traditionnelles, par exemple le cas des Ventures acryliques, qui est quand mĂȘme assez trĂšs commun dans la production artistique de Vigo depuis les annĂ©es 60. Il y a vraiment des contraintes de tempĂ©rature Ă  respecter puisque techniquement la tempĂ©rature de transition vitreuse de la peinture acrylique est de 25 degrĂ©s, ça veut dire qu'Ă  cette tempĂ©rature les composants du matĂ©riau vont ĂȘtre modifiĂ©s et donc ça va modifier les caractĂ©ristiques de la peinture et maintenant c'est ce que j'ai mis. Ce qui peut causer des soucis de dĂ©propression ou bien des soucis de dĂ©façon, puisqu'elle peut plus facilement s'immiscer sur la peinture et rester en rustique. Il y a Ă©galement le cas de la peinture Ă  l'huile qui est un mĂ©dium qui a Ă©tĂ© utilisĂ©. pas de tout au long mais dĂšs le 15Ăšme siĂšcle. Mais pour autant les peintures actuelles dĂ©jĂ  ne sont pas les mĂȘmes et en plus de ça, une peinture Ă  l'huile qui a moins de 100 ans n'aura pas non plus les mĂȘmes caractĂ©ristiques physico-chimiques qu'une peinture qui est plus ancienne que ça. Donc lĂ  aussi ça va... Ça peut poser des soucis de conservation et aprĂšs des soucis d'intervention sur l'Ɠuvre. Et puis aprĂšs, il y a l'usage de matĂ©riaux et d'objets qui ne sont pas initialement conformes Ă  la production artistique. Et en plus, ça peut ĂȘtre des objets prĂ©visibles. Il y a aussi des assemblages, soit de peintures, soit de matĂ©riaux qui sont contradictoires et qui peuvent de mĂȘme altĂ©rer l'Ɠuvre. Par exemple, actuellement, je travaille sur l'exemple de Louis Sarrel, qui sera d'ailleurs prochainement exposĂ© en Suisse, oĂč le souci pour une partie de ses Ɠuvres... La partie scĂ©narque qui a Ă©tĂ© conçue, ce sont des peintures acryliques sur toile montĂ©es sur le chĂąssis. Et sur ces peintures, il y a des sortes de tasseaux. Je n'ai pas su cerner le matĂ©riau prĂ©cisĂ©ment. Ça ressemble Ă  du carton, mais en mĂȘme temps, c'est assez plastifiĂ©. Ce matĂ©riau est dĂ©coupĂ©, peint, coupĂ© et collĂ© sur la toile. Et en fin de compte, c'est un matĂ©riau qui est beaucoup trop solide par rapport Ă  la toile. Et donc, en fin de compte, les variations de tension de la toile vont faire que ces morceaux, ces tasseaux vont se dĂ©coller. Et encore, ça va, dans ce cas-lĂ , ça se dĂ©colle, mais ça peut engendrer aussi...

  • Speaker #0

    carrément la revulsion de la toile.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais de la peinture acrylique, alors oui, beaucoup d'artistes utilisent la peinture acrylique. Et c'est vrai que tout ce que tu dis Ă  ce sujet amĂšne Ă  se poser la question du choix des matĂ©riaux quand on est artiste et quand on est collectionneur d'art, de bien faire attention aussi, pas seulement Ă  l'esthĂ©tique de l'Ɠuvre, mais Ă  quels matĂ©riaux ont Ă©tĂ© utilisĂ©s. Je pense que tout le monde n'y fait pas trĂšs attention, surtout si on dĂ©bute. Est-ce que tu aurais des... Des conseils, par exemple Ă  destination des artistes, pour faire des Ɠuvres qui soient durables, mais toujours avec peut-ĂȘtre un budget pas trop exponentiel, parce que c'est trĂšs bien quand on commence, on n'a pas un Ă©norme budget pour ses matiĂšres premiĂšres.

  • Speaker #0

    Par provocation, je dirais de ne pas faire attention. Parce que pour moi, un artiste ne doit pas se limiter. Il doit vraiment profiter de la crĂ©ativitĂ© et de l'imagination qu'il a pour faire ce qu'il a envie de faire et donc d'utiliser les matĂ©riaux qu'il souhaite, de les assembler comme il souhaite. AprĂšs par la suite ce sera le problĂšme de restaurateurs comme moi. Mais aprĂšs si vraiment c'est le but de l'artiste de crĂ©er une Ɠuvre qui soit... qui sont d'ailleurs immortelles, je lui conseillerais de faire comme les peintres flamands du XVe siĂšcle, de retourner Ă  la technique de la peinture Ă  l'huile et de savoir l'exĂ©cuter brillamment, puisque avec Ă©normĂ©ment de siĂšcles de recul, On se rend compte que ce sont les types de peintures qui sont vraiment les mieux conservĂ©es et qui sont dans un Ă©tat trĂšs exceptionnel.

  • Speaker #1

    C'est comme dans tout, c'est les techniques de grand-mÚre, ils sont toujours les meilleurs. Et quelle est la place de la science dans tout ça ? Parce que tu as parlé de matiÚre scientifique en école. Là, je ressens que tu étudies plein de matériaux différents. Quelle est la place de la science dans ton métier ?

  • Speaker #0

    Je suis en train de me faire un petit dĂ©jeuner. Et ce qui n'est pas moi en particulier, je me renseigne auprĂšs de chercheurs et de scientifiques qui ont vraiment cette capacitĂ© d'Ă©tudier les matĂ©riaux extĂ©rieurs ou pas que. En fait, dans le mĂ©tier de conservateur et de conservateur, je pense qu'il faut distinguer deux types de... De personnalitĂ© ou de compĂ©tence, il y a le restaurateur exĂ©cutant qui va manuellement, techniquement restaurer les Ɠuvres d'art. Et puis, Ă  cĂŽtĂ© de ça, il y a le restaurateur-chercheur qui, lui, travaille dans un laboratoire. C'est un laboratoire, un musĂ©e public, un laboratoire privĂ©, et qui va se pencher sur des problĂ©matiques scientifiques. Ă  un matĂ©riau, Ă  un artiste, Ă  un artiguier, ou bien Ă  une technique de restauration. De moi-mĂȘme, je n'analyse pas scientifiquement les matĂ©riaux, mais je me renseigne prĂšs de ces opĂ©ratoires qui publient rĂ©guliĂšrement leurs recherches. En France, assez peu, Ă  l'Ă©tranger surtout.

  • Speaker #1

    Ils te servent de leurs Ă©tudes, mais quand mĂȘme pouvoir les dĂ©crypter.

  • Speaker #0

    Oui, ça c'est quelque chose qu'on apprend longtemps. des Ă©tudes de conservation et restauration. On est mĂȘme aussi amenĂ© Ă  proposer, en sujet de recherche technico-scientifique, de l'exĂ©cuter et d'analyser les rĂ©sultats de cette recherche. Et puis ça demande Ă©normĂ©ment de temps, et en plus du temps qui ne peut pas ĂȘtre facturĂ©, parce que je ne vais pas expliquer en disant que j'ai ce problĂšme-lĂ , je vais devoir rĂ©aliser ceci, rĂ©aliser cela, pour ça je vais devoir crĂ©er aussi les chantiers et puis les observer avec. Merci. Avec des outils, ou devoir faire des mesures de brillance et de couleur, voilĂ , puis je vais me placer six mois dessus, et puis je vais m'effectuer. Il va me dire, pour ĂȘtre polie, il va me dire merci. Donc c'est pour ça aussi que c'est deux choses trĂšs diffĂ©rentes.

  • Speaker #1

    Mais c'est super intĂ©ressant parce que ça permet de voir tous les mĂ©tiers, entre guillemets, de l'ombre. du monde de l'art parce que quand on pense au monde de l'art, on pense galerie, on pense agents, on pense artistes Ă©videmment ou personnels des musĂ©es mais en fait il y a des scientifiques moi je trouve ça fascinant qui travaillent Ă  Ă©tudier comment restaurer au mieux les Ɠuvres d'art, qui Ă©tudient les matĂ©riaux il y a des personnes comme toi qui sont peut-ĂȘtre intervenues sur des tableaux sans mĂȘme qu'on s'en rende compte parce que je pense que c'est ça aussi l'objectif c'est qu'on ne voit pas qu'il y a eu des rĂ©sultats restauration. Donc je trouve que ça illustre bien tout ce panel de mĂ©tiers.

  • Speaker #0

    Et pour revenir Ă  ta question de, ne restons pas d'art traditionnel, mais d'art actuel, disons, par contemporain, en fait, au-delĂ  des matĂ©riaux qui sont dans le problĂšme de la technologie, il y a aussi quelque chose de trĂšs autrement. Par rapport Ă  eux, qui sont plutĂŽt lĂ  et qui suivent, par exemple, dans le temps politique, c'est un peu plus... Jusque dans les annĂ©es 10-20, les matĂ©riaux dans l'Ɠuvre servaient Ă  servir l'image. L'image d'une Ɠuvre, d'une peinture est possible grĂące au matĂ©riau. Et je dirais Ă  partir des annĂ©es 10-20, avec par exemple les emails de Michel pour l'enseignement, on fait en compte le matĂ©riau, le circuit de support Ă  l'image, le matĂ©riau... Le vidĂ©o va servir de son soin Ă  l'oeuvre et va ĂȘtre parfois mĂȘme le sujet de l'Ă©preuve. LĂ  aussi, ça pose des questions particuliĂšres, puisque, par exemple, si j'agis sur un matĂ©riau qui fait partie intĂ©grante de l'Ɠuvre et du sujet de l'Ɠuvre, est-ce que je ne vais pas altĂ©rer le sujet mĂȘme de l'Ɠuvre ? Donc, clairement, ce sont des questions qui peuvent ĂȘtre compliquĂ©es, particuliĂšres, mais... C'est mieux si je donne un exemple concret avec par exemple le collectif PrĂ©sence Confumette. Je pense que ça se dit comme ça. C'est pas Ă©normĂ©ment connu. Ils ont fait surtout des assemblages d'objets assez focs et ils utilisaient surtout des... des objets trouvĂ©s par exemple dans les rubĂšnes. Et j'ai ce souvenir d'une Ɠuvre qui a Ă©tĂ© faite avec, par exemple, des tableaux trouvĂ©s dans la rue qui Ă©taient percĂ©s, dĂ©chirĂ©s, etc. LĂ , dans ce cas-lĂ , dans une grande chose, l'additionnaire nous dit, oui, ces tableaux, on va les contrĂŽler, on va reprendre les dĂ©chirures, et puis on va les retoucher. D'accord, mais lĂ , dans ce cas-lĂ , si on veut ça, si on prend ce tableau, si on les entendait trop belles, et qu'on l'envoie, on reprend les dĂ©chirures, on le touche, on compte, lĂ , il n'y aura plus de sens.

  • Speaker #1

    D'oĂč aussi le fait de bien connaĂźtre l'histoire des tableaux. Bon, Ă©coute, on va passer aux questions signatures. Pour terminer cette interview, premiĂšre question, c'est selon toi, de quoi le monde de l'art a-t-il besoin ?

  • Speaker #0

    J'ai deux réponses. Une réponse plutÎt professionnelle et une assez plus personnelle. Je dirais que le monde de l'art avait besoin de plus de précautions et de moins de sérieux.

  • Speaker #1

    C'est déjà ressorti, le fait de moins se prendre au sérieux.

  • Speaker #0

    Je pense que c'est prĂ©caution dans le sens oĂč il faut quand mĂȘme prendre soin des objets d'art, mĂȘme si ça fait partie de la vie, mĂȘme si ça peut ĂȘtre un objet commun. Il faut vraiment prendre ces dispositions, que ce soit fin collectionneur, que ce soit professionnel, galerie, etc., pour conserver ses Ɠuvres, parce que... Si on a une maladresse ou si on fait une erreur dans la maniĂšre de conserver l'heure, ça peut ĂȘtre catastrophique. Ça, c'est la conscience professionnelle qui parle. Et le moins sĂ©rieux, ce que j'ai besoin de justifier.

  • Speaker #1

    Je pense que chacun comprend implicitement ce que tu veux dire.

  • Speaker #0

    Moi, je suis moins sérieuse dans le sens, oui, se prendre.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Sinon, ce serait contradictoire avec la premiÚre partie de ta réponse, mais je pense qu'on voit tous trÚs bien ce que tu veux dire. DeuxiÚme question, quel est ton meilleur souvenir en rapport avec le milieu artistique ?

  • Speaker #0

    C'est pas facile parce que j'aime beaucoup.

  • Speaker #1

    Tant mieux, tant mieux.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si c'est mon meilleur souvenir, mais je dirais que c'est ma grande surprise. C'est ma rencontre avec Beauty Chevy, ou en tout cas plutĂŽt ses Ɠuvres, au Galerie des Offices de Florence, et particuliĂšrement le printemps. Alors moi, jusque-lĂ , je ne sais pas, c'Ă©tait peut-ĂȘtre en 2017, Moi, jusqu'Ă  ce moment-lĂ , le chĂ©li, je me souviens, c'Ă©tait bien plein, c'Ă©tait mignon, mais bon, c'est pas ma tasse de thĂ©. Et quand je me suis retrouvĂ©e face au printemps, j'ai trouvĂ© ça d'une beautĂ© tellement rare et qui pourtant contrastait avec ma vision de... de l'artiste et de sa production. Et j'ai trouvĂ© ça tellement beau, ça m'a beaucoup Ă©mue, et je me suis dit, moi qui ne crois pas en Oran, moi qui ne crois en aucun dieu, je me suis dit, il y a forcĂ©ment quelque chose de sacrĂ© lĂ -dedans, que ça soit aussi merveilleux.

  • Speaker #1

    ça donne presque des frissons je rĂȘverais d'aller voir ce tableau parce que c'est vrai que c'est tous des chefs d'oeuvre qu'on connait que dans les livres et il y a quelque chose en plus qui se passe comme tu le dis quand on le voit en vrai donc avec plaisir pour aller voir ce tableau et ma derniĂšre question c'est est-ce que tu peux nous parler d'un objet ou d'une oeuvre d'art qui t'accompagne au quotidien je vais bien parler il y a donc un peu de champ dans cette petite partie c'est une

  • Speaker #0

    Petite loupe qui se... C'est un objectif macro qui se... Je me mets sur le tĂ©lĂ©phone d'Adepte et qui permet en fait de voir tous les petits dĂ©tails d'une Ɠuvre d'art et c'est quelque chose qui est Ă  chaque temps mauvais. Si je crois que je dois examiner une Ɠuvre d'art, c'est toujours ce moment que je prĂ©fĂšre parce que ça rĂ©vĂšle Ă©normĂ©ment de choses, que ce soit sur la technique de l'artiste, les matĂ©riaux, les interactions. C'est vraiment une immersion, un peu comme une dĂ©fonction dans l'Ɠuvre et donc j'ai souvent ça avec moi et comment je vais me sentir qui joue.

  • Speaker #1

    Génial, j'ai envie d'essayer je vais voir si je trouve un petit truc à regarder merci beaucoup Margot d'avoir répondu à mes questions merci à toi juste de m'avoir

  • Speaker #2

    Merci beaucoup d'avoir Ă©coutĂ© cet Ă©pisode. Si vous l'avez aimĂ©, vous pouvez venir me le dire sur le compte Instagram du podcast ou en envoyant un message directement Ă  Margot. J'en profite pour vous adresser une annonce de sa part, puisque Margot est Ă  la recherche d'un ou d'une conservateur-restaurateur avec un intĂ©rĂȘt particulier pour l'art contemporain et son marchĂ©, afin de contribuer au dĂ©veloppement des services proposĂ©s par son entreprise. Pour en savoir davantage sur cette opportunitĂ©, Vous pouvez la contacter directement par mail ou via les rĂ©seaux sociaux. Les coordonnĂ©es sont tous accessibles sur son site bossarconservation.com Je vous mets le lien en note du podcast. Un grand merci Ă  Kylian Goujon pour le mixage audio et la composition du gĂ©nĂ©rique. Merci Ă©galement Ă  La Perle, partenaire presse du podcast. N'hĂ©sitez surtout pas Ă  partager ce podcast Ă  vos amis qui souhaiteraient en savoir plus sur le monde de l'art ou Ă  vos collĂšgues et connaissances qui Ă©voluent ou souhaiteraient Ă©voluer dans ce milieu. Chaque mois, je publie une interview avec un invitĂ© inspirant et un Ă©pisode plus personnel en duo avec Axel, mon associĂ© dans les Art Dating. Je vous dis donc Ă  trĂšs vite pour un prochain Ă©pisode.

Description

Bienvenue sur Visions Communes : des Ă©pisodes d’une trentaine de minutes en duo avec Axelle Delorme, oĂč nous intervenons sur des thĂ©matiques philosophiques ou plus pragmatiques en relation avec le monde de l’art et la crĂ©ation. ✹


đŸ‘Żâ€â™€ïž Axelle est mon associĂ©e sur les ART DATINGS et lorsque nous parlons de notre rencontre, nous disons souvent que nous nous sommes rassemblĂ©es autour d’une vision commune.
Au lieu de garder pour nous toutes les conversations oĂč l’on refait le monde (de l’art), nous vous les partageons dĂ©sormais dans ces capsules audio.


Bonne Ă©coute !



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Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue sur Innover dans le monde de l'art, le podcast dĂ©diĂ© aux personnalitĂ©s qui construisent le monde de l'art de demain. À travers ces Ă©pisodes, je vous permets de dĂ©crypter les coulisses de ce secteur pour pouvoir mieux l'aborder et si vous le souhaitez, vous y aventurez Ă  votre tour. Je suis Lise, hĂŽte de ce podcast et cofondatrice des Art Dating, des accompagnements personnalisĂ©s, des formations et des Ă©vĂ©nements qui permettent aux artistes de mieux valoriser leurs dĂ©marches, de dĂ©ployer leur potentiel et d'Ă©largir leur rĂ©seau. Vous pouvez retrouver le podcast et les Art Dating sur Instagram. Aujourd'hui, je reçois Margot Bossard, restauratrice d'Ɠuvres d'art spĂ©cialisĂ©e dans les Ɠuvres contemporaines. Une spĂ©cialitĂ© peu commune dans ce domaine, et vous le verrez, pleine de dĂ©fis. Margot nous emmĂšne en immersion, du moins en parole, dans son mĂ©tier, que ce soit Ă  l'atelier ou en dehors. Nous avons aussi Ă©changĂ© sur tout l'aspect Ă©thique qui encadre son activitĂ©, et vous verrez, elle nous offre mĂȘme gĂ©nĂ©reusement quelques conseils prĂ©ventifs. J'ai adorĂ© l'Ă©couter parler de son mĂ©tier unique et de la maniĂšre dont elle l'aborde. J'espĂšre alors que cet Ă©pisode mettra un petit peu de lumiĂšre sur ce mĂ©tier de l'ombre du milieu de l'art. Bonne Ă©coute ! Bonjour Margot, comment vas-tu ? Je vais bien,

  • Speaker #1

    ça va trÚs bien et toi ?

  • Speaker #0

    Eh bien ça va trĂšs bien, merci beaucoup d'ĂȘtre lĂ . Donc Margot, tu es restauratrice d'Ɠuvres d'art et tu as choisi une spĂ©cialitĂ© qui n'est... Pas n'importe laquelle, puisque tu as dĂ©cidĂ© de te consacrer Ă  la restauration d'Ɠuvres d'art contemporaines. Alors, ça peut paraĂźtre un peu classique, parce que quand on est historien ou historienne de l'art, beaucoup de personnes se spĂ©cialisent dans l'art contemporain, mais dans le cadre de la restauration d'Ɠuvres d'art, tu nous en diras un petit peu plus, ce n'est pas une spĂ©cialisation qui est si commune. Mais dans un premier temps, ce que je vais te demander, c'est de me raconter comment s'est faite, toi, ta rencontre avec le milieu de l'art de maniĂšre gĂ©nĂ©rale. Merci.

  • Speaker #1

    Tout d'abord, merci Lise de m'accueillir dans ton podcast. C'est assez touchant pour moi, puisqu'en fait, on a commencĂ© nos projets respectifs au mĂȘme moment. Et puis, je constate en Ă©tant ton invitĂ©e que tout se passe pour le mieux pour toi, tout comme moi. Donc, je t'en remercie spĂ©cialement. Alors, depuis que j'Ă©tais toute petite, j'ai toujours voulu faire le mĂ©tier de restaurateur, depuis que je suis toute petite, en ayant vu un reportage Ă  la tĂ©lĂ©vision. Mais avant ça, je ne sais pas si... Ma carriĂšre, disons, trouve sa source ici, mais je dirais que mon premier contact avec l'art qui m'a fait pressentir que j'allais aimer ça, je crois que c'est avec une Ɠuvre de Jean-Baptiste Corot. Souvenir de Mort-Pontel, qui est un tout petit tableau exposĂ©, je crois, au Louvre. Et chez ma grand-mĂšre, dans la salle Ă  manger, il avait une reprĂ©sentation de cet oeuvre, monumentale en tapisserie. Dans mes souvenirs, ça paraissait vraiment gigantesque, puisque j'Ă©tais petite. Et puis, cette heure, j'Ă©tais dans la salle Ă  manger, et Ă  chaque repas de famille, j'Ă©tais face Ă  elle, et je m'amusais toujours Ă  me perdre dans la reprĂ©sentation, et Ă  m'imaginer ĂȘtre vraiment au cƓur de l'Ɠuvre et au cƓur de... de ce qu'elle reprĂ©sentait, Ă  savoir, je crois que c'est dans un paysage, et il y a, dans mes souvenirs, ce sont des jeunes filles qui cueillent des fruits au bord d'un lac. Alors je m'imaginais que j'allais me balader en forĂȘt, au prĂ©culaire, que j'allais cueillir avec ces bonnes petites filles des fruits dans les bois. Oui, parce que j'aimerais que j'en ai un souvenir assez particulier et nostalgique. Je t'aime pas, je t'aime pas. Que tout naĂźt de l'art, mais en tout cas, ça m'a laissĂ© un souvenir trĂšs fort.

  • Speaker #0

    Donc tu as cet amour de l'art qui naĂźt assez jeune, finalement. Mais quand tu es restauratrice d'Ɠuvres d'art, il faut aussi ĂȘtre trĂšs habile techniquement parlant. Est-ce que tu avais un amour du dessin, un amour de la crĂ©ativitĂ©, par exemple ?

  • Speaker #1

    Quand j'Ă©tais trĂšs petite, oui. Et en fait, au fil des annĂ©es, plus j'ai grandi, je dirais qu'Ă  partir de mes deux licences, on commençait Ă ... Bye bye plus Ă©loignĂ© de ça, mais je me suis rendu compte que je n'avais pas assez d'imagination pour pouvoir me plaire dans la crĂ©ation, pouvoir dessiner, peindre, etc. Je mets beaucoup les travaux manuels, il fallait ĂȘtre habile, mais tout ce qui suscitait l'imagination et la crĂ©ativitĂ©, au fur et Ă  mesure, c'Ă©tait devenu compliquĂ©, d'autant plus que... En parallĂšle du lycĂ©e, je faisais des cours d'art appliquĂ© dans une Ă©cole, vraiment Ă  titre de loisir. Et puis j'ai remarquĂ© qu'en fait cette frustration, elle naissait de plus en plus et que j'avais moins de goĂ»t Ă  y aller parce que j'avais cette pression de dire que j'arrive Ă  avoir de l'imagination pour faire quelque chose.

  • Speaker #0

    Tu vas en Ă©cole de restauration d'Ɠuvres d'art, tu fais directement ça aprĂšs ton bac ?

  • Speaker #1

    Oui, j'ai utilisé l'histoire de la rÚgle. Comme je te le disais, depuis que j'étais plus petite, j'avais envie de faire ça. AprÚs, c'est vrai qu'en grandissant, j'avais l'autre ambition et l'idée. Parfois,

  • Speaker #0

    je suis quelquefois aussi un peu farfelue.

  • Speaker #1

    Mais au final, Ă  partir du lycĂ©e, et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  partir de la terminale, mon choix a Ă©tĂ© fait et je savais que je devais le faire. restaurer des hommes d'art, mais la difficultĂ© Ă©tant que c'est vraiment une filiĂšre de niche. Et donc oui, je me suis dĂ©cidĂ©e Ă  ĂȘtre restauratrice d'hommes d'art quand j'Ă©tais en terminale. Mais d'une part, l'Ă©cole que j'avais repĂ©rĂ©e, qui est l'Ă©cole GondĂ©e, Ă©tait situĂ©e Ă  Paris. Je suis aux aĂźnĂ©s du nord de la France. Et donc dĂ©jĂ  d'une part Ă  17 ans, Ă  l'occasion de mon bac ou de mon mariage, c'Ă©tait pas une dĂ©clination, je me sentais pas mature pour ça. Et puis d'une autre part... En fait, je ne trouvais pas lĂ©gitime de commencer ce cursus en me connaissant trĂšs sĂ©rieusement. Pour moi, c'Ă©tait logique de d'abord Ă©tudier les Ɠuvres d'art et ensuite pouvoir aspirer Ă  les conserver et Ă  les restaurer. Il faut forcĂ©ment connaĂźtre l'Ɠuvre et son histoire pour pouvoir agir sur elle et bien agir sur elle.

  • Speaker #0

    C'est un métier qui se pratique beaucoup en indépendant ?

  • Speaker #1

    Alors il y a deux cas de figure. Les restaurateurs qui travaillent pour les institutions publiques, les musées, et aprÚs il y a toute une partie qui travaille de maniÚre indépendante et surtout pour des hÎtels privés, privés de professionnels, des galeries. des marchands, des maisons de vente, etc. Et puis, une autre partie, plutÎt des collectionneurs. Collectionneurs et Amazon.

  • Speaker #0

    Et toi, en plus, en tant qu'indĂ©pendante, j'ai l'impression que tu es dans chaque maillon de la chaĂźne. Tu n'es pas juste exĂ©cutante, tu es aussi Ă  la partie un peu R&D, mĂȘme si tu essayes de ne pas trop y donner de tasse, la partie commerciale aussi. Donc, c'Ă©tait un choix pour toi d'exercer en indĂ©pendante pour ça

  • Speaker #1

    C'est pas le choix.

  • Speaker #0

    Ça s'est fait naturellement.

  • Speaker #1

    C'est pas le choix. Puisque ĂȘtre embauchĂ©e dans un atelier en France, c'est pas possible. C'est pas possible puisque gĂ©nĂ©ralement, c'est des salariĂ©s Ă  utiliser. On fait un compte en Europe. Tu travailles un peu contre, mais tu te rends compte d'un atelier, ce qui n'est vraiment pas intĂ©ressant. Et puis il y a aussi le fait que de tous les ateliers que je peux connaĂźtre ici Ă  Paris, il n'y en a pas un dans lequel Je peux me retrouver et ĂȘtre heureuse dans la maniĂšre d'apprĂ©hender les Ɠuvres ou de les restaurer.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui te rend heureuse dans la maniĂšre d'apprĂ©hender et de restaurer les Ɠuvres ?

  • Speaker #1

    Je sais ce que je n'aime pas, ça c'est sĂ»r, mais en fait je pense que j'aime bien et j'apprĂ©cie surtout prendre mon temps. Prendre le temps d'observer l'Ɠuvre, de la voir pour soi, et puis de l'obscruter des moindres dĂ©tails.

  • Speaker #0

    Il y a trĂšs peu d'ateliers qui embauchent ou qui recrutent des personnes, et en plus j'imagine en particulier dans l'art contemporain, parce qu'on ne l'a peut-ĂȘtre pas assez soulignĂ©, mais c'est quand mĂȘme une spĂ©cialisation qui est... trĂšs rare en France en tout cas, vous ĂȘtes assez peu Ă  le faire non ?

  • Speaker #1

    Oui, donc il y a d'autres restaurateurs qui se disent spĂ©cialisĂ©s en art contemporain, mais qui pour autant en parallĂšle travaillent aussi sur des Ɠuvres anciennes, et donc c'est une collection qui
 qui m'Ă©preuve, c'est le principe de l'inviction. Mais pour moi, on ne peut pas jongler de l'un Ă  l'autre. ForcĂ©ment... Si on fait ça, au bout d'un moment, il y aura forcĂ©ment une erreur d'interprĂ©tation ou un geste qui sera maladroit et ça peut ĂȘtre dangereux. Je n'aime pas beaucoup dire ça par superstition, je pense, mais je pense que je suis en tout cas libre d'erreur Ă  consacrer mon travail de conservation et restauration uniquement aux arts contemporains. Merci. Je ne l'ai pas prĂ©cisĂ©, mais je pense que c'est important de le dire, pour moi, par contemporain, c'est les Ɠuvres Ă  partir de la prĂ©caritĂ©.

  • Speaker #0

    Et tu disais aussi que c'était trÚs niche, et donc est-ce qu'en conséquence, c'est trÚs difficile de rentrer dans une école de restauration d'Evreda ? Sur quels critÚres on te sélectionne ?

  • Speaker #1

    Les critĂšres sont trĂšs diffĂ©rents d'une Ă©cole Ă  une autre. L'Ă©cole mondiale est une Ă©cole privĂ©e, en parallĂšle Ă  Paris il y a deux autres L'Ă©cole publique, il y a une formation Ă  la CETEPOL et une autre Ă  l'INP, l'Institut National de la Tribune. Pour entrer dans ces Ă©coles, surtout l'INP, c'est sur concours, c'est un programme qui est extrĂȘmement compliquĂ©. Et gĂ©nĂ©ralement, ceux qui passent le concours, Ils se sont prĂ©parĂ©s par exemple en faisant l'Ă©cole que j'ai faite, souvent en trois ans, voire mĂȘme en cinq ans, pour pouvoir juste uniquement passer le concours, sans forcĂ©ment aussi ĂȘtre pris. Et pendant ce concours, c'est des Ă©preuves de copie, de dessin, mais quand mĂȘme Ă  la derniĂšre poussĂ©e. Il y a aussi... Des questions scientifiques, on demande Ă©galement de faire un constat d'une heure, de proposer un traitement. Donc en fait, c'est des choses vraiment dĂ©jĂ  prĂ©cises qu'on apprend normalement Ă  l'Ă©cole, qui sont dĂ©jĂ  demandĂ©es dans l'avenir. À l'Ă©cole, l'admission se fait sur un quotidien.

  • Speaker #0

    Avant,

  • Speaker #1

    il y a un petit test de culture gĂ©nĂ©rale qu'on a Ă  faire. Et aprĂšs, c'est sur l'entretien, des motivations, d'Ă©crire ses aptitudes. Il faut aussi quand mĂȘme montrer un book. Mais on ne sait pas, s'il n'y en a pas, ce n'est pas quelque chose qui est bon. qui est illuminatoire. Et je dirais qu'en fait, l'Ă©clatement se fait petit Ă  petit dĂšs la premiĂšre annĂ©e. La premiĂšre annĂ©e, on est vraiment vraiment en train. Moi en 2016, quand j'Ă©tais en fin de l'annĂ©e, je crois qu'on Ă©tait le grand groupe de vente. LĂ , je crois qu'actuellement, c'est des classes de plus de 60, 60-80 personnes. Et par exemple, Ă  la fin de mon cursus, dans ma spĂ©cialitĂ©, on Ă©tait le plus simple. Donc, l'Ă©clairage, c'est fait dĂšs la premiĂšre annĂ©e, puisque c'est Ă©normĂ©ment de travail, et c'est beaucoup de connaissances Ă  acquĂ©rir dans plusieurs domaines trĂšs diffĂ©rents, les sciences, l'histoire de l'art, les sciences de matĂ©riaux, le dessin, la copie. Il y a aussi un peu la premiĂšre annĂ©e de crĂ©ation artistique. Et souvent, les Ă©lĂšves se rendent compte d'eux-mĂȘmes que ce n'est pas fait pour eux. Ou bien on leur fait savoir qu'ils ont de trop grosses lacunes dans un domaine et donc on les remonte vers une filiĂšre qui est mieux pour eux.

  • Speaker #0

    C'est quand mĂȘme trĂšs complet. Il n'y a pas beaucoup de formations qui ont Ă  la fois ce cĂŽtĂ© intellectuel et en mĂȘme temps le cĂŽtĂ© pratique. C'est fascinant, ça donne vraiment envie de voir comment ça se passe de l'intĂ©rieur. Et ma question venait de lĂ , parce que des fois il y a des choses oĂč on se dit qu'on peut toujours apprendre en Ă©tant formĂ©. Mais quand on voit comment sont faites les sĂ©lections, en particulier Ă  l'INP, on voit que quand mĂȘme les personnes attendent un certain talent dĂ©jĂ  prĂ©sent. Est-ce que toi tu penses que tout le monde avec de l'entraĂźnement peut rĂ©ussir Ă  faire ça, comme dans d'autres mĂ©tiers, ou bien il faut quand mĂȘme avoir une certaine aptitude au prĂ©alable ? Est-ce que tu as rencontrĂ© par exemple des profils de personnes qui n'Ă©taient pas forcĂ©ment excellentes en dessin, qui ont eu des entretiens ? dans ton Ă©cole et qui se sont avĂ©rĂ©es avoir une progression assez impressionnante au fur et Ă  mesure ?

  • Speaker #1

    J'en suis l'exemple mĂȘme, je suis Ă  un niveau catastrophique en dessin, parce que je n'aime pas ça. Je sais que c'est surprenant de dire ça et c'est peut-ĂȘtre pas rassurant, mais j'ai eu l'horreur, pendant mes Ă©tudes, j'avais eu l'horreur du dessin et de la copie. Et pour ma part, quand je n'ai pas quelque chose, je n'y arrive pas. Une forcĂ©e, je n'y arrivais pas et j'Ă©tais trĂšs nue lĂ -dedans. Mais je compensais beaucoup en Ă©tant, par exemple, en ayant beaucoup de connaissances en histoire de l'art, ou en ayant une bonne technicitĂ© dans les travaux pratiques de restauration, ou encore avoir une bonne logique dans les sciences de matĂ©riaux. Donc rien n'est perdu, mais je pense qu'il y a quand mĂȘme des matiĂšres et des qualitĂ©s qui sont essentielles, comme par exemple le fait justement de ne pas avoir d'imagination et de crĂ©ativitĂ©, parce que ça c'est mĂȘme dangereux quand on est restaurateur, puisque quand on a vraiment cette aptitude qui est trĂšs dĂ©veloppĂ©e, on a peut-ĂȘtre tendance Ă  rĂ©interprĂ©ter une Ɠuvre. Ce qui est absolument trĂšs possible.

  • Speaker #0

    Quand tu parles des dĂ©rives comme ça, ça me fait penser un peu comme dans certaines professions, il y a une certaine Ă©thique. Dans la mĂ©decine, ça va ĂȘtre le serment d'Hippocrate, par exemple. En restauration d'Ɠuvres d'art, vous avez des valeurs vraiment qu'on vous inculque de façon trĂšs transparente, comme ça.

  • Speaker #1

    Il y a un code déontologique aussi.

  • Speaker #0

    Un code déontologique, c'est ça.

  • Speaker #1

    Un restaurateur. Mais c'est intĂ©ressant que tu poses cette question parce qu'en fait, ce code dĂ©automagique, il n'est pas forcĂ©ment adaptĂ© dans les cas de la conservation et restauration des Ɠuvres d'art contemporaines.

  • Speaker #0

    Ah d'accord.

  • Speaker #1

    Parce que ça fait appel Ă  des valeurs qui ne sont pas vraiment applicables aux Ɠuvres d'art contemporaines. Je n'ai plus le texte sous les yeux, mais j'avais Ă©tudiĂ© ça, si tu me parles de mon mĂ©moire, mais il y a vraiment des incohĂ©rences. Donc, moi je suis trĂšs honnĂȘte, je ne dis pas que j'adhĂšre Ă  ce code Ă©thique parce que je ne peux pas, mais pour certains points, mais globalement, il y a des choses Ă  respecter et Ă  suivre.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait parti dans l'optique de restaurer des Ɠuvres d'art plus ou moins anciennes. Qu'est-ce qui t'a fait switcher d'opinion ?

  • Speaker #1

    Pour rester polie, ça m'a progressivement profondĂ©ment ennuyĂ©e puisque ce sont des analyses et des gestes qui sont trĂšs rĂ©parbatifs. Une peinture Ă  griffes, la dĂ©pression, la laitoie, la dĂ©vergure, s'il y a quelque chose Ă  faire au support, un petit peu d'ermestique, une reverie, un peu de touche, c'est quasiment toujours un truc, sauf des cas exceptionnels oĂč il y a un travail ou autre Ă  faire actuellement, mais sinon c'est toujours une chose. C'est un aspect qui moi m'a... J'Ă©tais presque Ă  un moment dĂ©goĂ»tĂ© du mĂ©tier. Et puis je me suis beaucoup remise en question Ă  ce moment-lĂ . D'autant plus qu'au mĂȘme moment, quand je commençais aussi Ă  m'intĂ©resser Ă  la restauration de la ContemporĂ©e, j'ai fait aussi quelques stages, des ateliers sur papier spĂ©cialisĂ© dans le forum. En fait, quand j'y Ă©tais, je me suis rendue compte que, un, ce n'Ă©tait pas le cas, et deux, Le traitement des heures n'Ă©tait pas assez optimale. Et donc j'ai eu cette remise en question de par le fait de... Est-ce que j'ai envie dans ma vie de toujours voir mes deux fautes et de faire toujours la mĂȘme chose ? Et un autre, est-ce qu'il est possible de restaurer la propre ? J'ai envie que j'en vive.

  • Speaker #0

    Il y a un cĂŽtĂ© presque rĂ©pĂ©titif dans la maniĂšre dont ils sont les Ɠuvres d'art plus anciennes, parce qu'on connaĂźt trĂšs bien. Les matĂ©riaux, la maniĂšre de faire, toi tu avais besoin d'un petit peu de challenge aussi, de nouveautĂ©s. Ce n'est pas la voie de la facilitĂ©, mais au final, ça te stimule beaucoup plus.

  • Speaker #1

    Oui, ça me stimule plus, ça me stresse plus aussi. J'espĂšre quelquefois quand on me prĂ©sente une Ɠuvre, j'essaie de me faire ressentir, d'avoir Ă©normĂ©ment confiance en moi. Oui, bien sĂ»r, on va faire quelque chose, c'est possible. Je dis pas que c'est nul, ça va ĂȘtre fait, que c'est faisable, ça va ĂȘtre fait. Je dis oui, c'est possible, ça fait trĂšs plaisir. Et puis, l'instant d'aprĂšs, je me dis, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Je ne vais jamais y arriver, mais c'est impossible. Comment est-ce que je vais faire ? Et il se passe du temps, beaucoup de temps. Et puis, au final, je m'y mets et c'est bon, je m'arrĂȘte. C'Ă©tait pas... C'est pas assez compliquĂ© que ça, si je n'ai pas, je vais le faire. Mais Ă  chaque fois,

  • Speaker #0

    je sais toujours qu'à ça,

  • Speaker #1

    il y a toujours ce moment oĂč je me dis, mais Margot, pourquoi il faut toujours que tu fasses, que tu en fasses toujours Ă  ta tĂȘte, que tu passes toujours autrement, et que tu te trouves dans des situations comme ça qui sont impossibles, et que tu ne passes plus Ă  ta faute.

  • Speaker #0

    En plus, tu es un petit peu seule dans ton problĂšme, vu que Vous n'ĂȘtes pas beaucoup Ă  faire ce que tu fais, tu peux pas trop appeler une collĂšgue ?

  • Speaker #1

    Oui, je peux toujours demander conseil à d'autres restaurateurs. De toute façon, tout agit et va apprendre. J'ai gardé aussi contact avec un atelier, j'ai dit avec un stage de sale qui m'avait aidée dans les voies de vue.

  • Speaker #0

    Vous ĂȘtes trĂšs peu nombreux Ă  restaurer l'art contemporain, mais est-ce que c'est pour des raisons structurelles aussi, dans la maniĂšre dont vous ĂȘtes formĂ©e ?

  • Speaker #1

    C'est vrai que vendre un vieux face mĂ©tier, en tout cas pour ma part, moi, quand j'ai vendu face mĂ©tier, c'Ă©tait pour toucher des Ɠuvres d'art anciennes, c'Ă©tait pas pour restaurer une barriĂšre qui a Ă©tĂ© peinte la veille. Et donc je pense qu'il y a aussi ce souci peut-ĂȘtre de lĂ©gitimitĂ© aussi. On peut se dire qu'en contrastant avec la contondance de la restauration, ce n'est pas utile, ce n'est peut-ĂȘtre pas non plus une flat-term, alors que c'est absolument passionnant.

  • Speaker #0

    On va venir petit Ă  petit au sujet de la restauration d'Ɠuvres d'art contemporaines, parce que tu as commencĂ© Ă  nous le dire, il y a vraiment des spĂ©cificitĂ©s. DĂ©jĂ , on peut avoir ce biais de se dire qu'il n'y a que les Ɠuvres anciennes qui s'abĂźment avec le temps et donc qui ont besoin de restauration. Éventuellement, on peut s'imaginer qu'une Ɠuvre d'art contemporaine a besoin d'ĂȘtre restaurĂ©e parce qu'elle a Ă©tĂ© cassĂ©e, abĂźmĂ©e. Mais est-ce qu'il y a d'autres raisons, en dehors de la casse accidentelle, qu'une Ɠuvre d'art contemporaine aurait besoin d'ĂȘtre restaurĂ©e ?

  • Speaker #1

    Il y a du temps aussi, mine de rien. Il y a des matĂ©riaux qui peuvent se fragiliser et se dĂ©tĂ©riorer trĂšs rapidement. Donc il y a comme tu le dis des accidents, que ce soit dans le lieu oĂč est exposĂ© ou consacrĂ© l'Ɠuvre. Aussi des accidents de transport, ce qui arrive trĂšs souvent, d'autant plus que le marchĂ© de l'art contemporain est un marchĂ© extrĂȘmement magnifique, oĂč une Ɠuvre peut ĂȘtre vendue aujourd'hui aux États-Unis, elle va partir dans une phase de 12 heures. Elle part dans son 12h, il faut qu'elle se rende et que ça monte le tas. On ne sait pas en quel tas elle va arriver lĂ -bas. Et puis peut-ĂȘtre qu'une fois rĂ©cupĂ©rĂ©e chez le collectionneur, ça ne lui plaira plus. Et puis il va dĂ©cider d'avoir besoin d'en ajouter une autre. Et trois semaines aprĂšs, elle va se retrouver encore au bout du monde. Et ça, c'est le lot de beaucoup de vos dards. Il y a aussi... Les problĂ©matiques liĂ©es au dĂ©conseil sur l'Ɠuvre, au vandalisme. Il y a beaucoup de choses qui ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es.

  • Speaker #0

    C'est liĂ© aussi aux matĂ©riaux de l'art contemporain qui sont diffĂ©rents. Je le sais parce qu'on s'en Ă©tait parlĂ© en offre. On n'allait pas imaginer que j'ai des connaissances hyper poussĂ©es et abouties. Mais tu m'expliquais en offre, quand on s'Ă©tait rencontrĂ©s, quand on avait discutĂ© avant de faire le podcast, que par exemple les pigments de la peinture n'Ă©taient pas les mĂȘmes que dans les Ɠuvres anciennes et que parfois les Ɠuvres contemporaines... Il peut se dĂ©tĂ©riorer beaucoup plus vite ?

  • Speaker #1

    Oui, il y a les pigments, il y a les liens, il y a aussi les nouveaux mĂ©diums. Par exemple, il y a deux cas de figure. Soit oui, effectivement, ça peut se dĂ©tĂ©riorer plus vite, soit ça peut aussi se dĂ©tĂ©riorer plus facilement et dans d'autres conditions qui sont plus accessibles que les conditions de dĂ©tĂ©rioration que les Ɠuvres. anciennes, traditionnelles, par exemple le cas des Ventures acryliques, qui est quand mĂȘme assez trĂšs commun dans la production artistique de Vigo depuis les annĂ©es 60. Il y a vraiment des contraintes de tempĂ©rature Ă  respecter puisque techniquement la tempĂ©rature de transition vitreuse de la peinture acrylique est de 25 degrĂ©s, ça veut dire qu'Ă  cette tempĂ©rature les composants du matĂ©riau vont ĂȘtre modifiĂ©s et donc ça va modifier les caractĂ©ristiques de la peinture et maintenant c'est ce que j'ai mis. Ce qui peut causer des soucis de dĂ©propression ou bien des soucis de dĂ©façon, puisqu'elle peut plus facilement s'immiscer sur la peinture et rester en rustique. Il y a Ă©galement le cas de la peinture Ă  l'huile qui est un mĂ©dium qui a Ă©tĂ© utilisĂ©. pas de tout au long mais dĂšs le 15Ăšme siĂšcle. Mais pour autant les peintures actuelles dĂ©jĂ  ne sont pas les mĂȘmes et en plus de ça, une peinture Ă  l'huile qui a moins de 100 ans n'aura pas non plus les mĂȘmes caractĂ©ristiques physico-chimiques qu'une peinture qui est plus ancienne que ça. Donc lĂ  aussi ça va... Ça peut poser des soucis de conservation et aprĂšs des soucis d'intervention sur l'Ɠuvre. Et puis aprĂšs, il y a l'usage de matĂ©riaux et d'objets qui ne sont pas initialement conformes Ă  la production artistique. Et en plus, ça peut ĂȘtre des objets prĂ©visibles. Il y a aussi des assemblages, soit de peintures, soit de matĂ©riaux qui sont contradictoires et qui peuvent de mĂȘme altĂ©rer l'Ɠuvre. Par exemple, actuellement, je travaille sur l'exemple de Louis Sarrel, qui sera d'ailleurs prochainement exposĂ© en Suisse, oĂč le souci pour une partie de ses Ɠuvres... La partie scĂ©narque qui a Ă©tĂ© conçue, ce sont des peintures acryliques sur toile montĂ©es sur le chĂąssis. Et sur ces peintures, il y a des sortes de tasseaux. Je n'ai pas su cerner le matĂ©riau prĂ©cisĂ©ment. Ça ressemble Ă  du carton, mais en mĂȘme temps, c'est assez plastifiĂ©. Ce matĂ©riau est dĂ©coupĂ©, peint, coupĂ© et collĂ© sur la toile. Et en fin de compte, c'est un matĂ©riau qui est beaucoup trop solide par rapport Ă  la toile. Et donc, en fin de compte, les variations de tension de la toile vont faire que ces morceaux, ces tasseaux vont se dĂ©coller. Et encore, ça va, dans ce cas-lĂ , ça se dĂ©colle, mais ça peut engendrer aussi...

  • Speaker #0

    carrément la revulsion de la toile.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais de la peinture acrylique, alors oui, beaucoup d'artistes utilisent la peinture acrylique. Et c'est vrai que tout ce que tu dis Ă  ce sujet amĂšne Ă  se poser la question du choix des matĂ©riaux quand on est artiste et quand on est collectionneur d'art, de bien faire attention aussi, pas seulement Ă  l'esthĂ©tique de l'Ɠuvre, mais Ă  quels matĂ©riaux ont Ă©tĂ© utilisĂ©s. Je pense que tout le monde n'y fait pas trĂšs attention, surtout si on dĂ©bute. Est-ce que tu aurais des... Des conseils, par exemple Ă  destination des artistes, pour faire des Ɠuvres qui soient durables, mais toujours avec peut-ĂȘtre un budget pas trop exponentiel, parce que c'est trĂšs bien quand on commence, on n'a pas un Ă©norme budget pour ses matiĂšres premiĂšres.

  • Speaker #0

    Par provocation, je dirais de ne pas faire attention. Parce que pour moi, un artiste ne doit pas se limiter. Il doit vraiment profiter de la crĂ©ativitĂ© et de l'imagination qu'il a pour faire ce qu'il a envie de faire et donc d'utiliser les matĂ©riaux qu'il souhaite, de les assembler comme il souhaite. AprĂšs par la suite ce sera le problĂšme de restaurateurs comme moi. Mais aprĂšs si vraiment c'est le but de l'artiste de crĂ©er une Ɠuvre qui soit... qui sont d'ailleurs immortelles, je lui conseillerais de faire comme les peintres flamands du XVe siĂšcle, de retourner Ă  la technique de la peinture Ă  l'huile et de savoir l'exĂ©cuter brillamment, puisque avec Ă©normĂ©ment de siĂšcles de recul, On se rend compte que ce sont les types de peintures qui sont vraiment les mieux conservĂ©es et qui sont dans un Ă©tat trĂšs exceptionnel.

  • Speaker #1

    C'est comme dans tout, c'est les techniques de grand-mÚre, ils sont toujours les meilleurs. Et quelle est la place de la science dans tout ça ? Parce que tu as parlé de matiÚre scientifique en école. Là, je ressens que tu étudies plein de matériaux différents. Quelle est la place de la science dans ton métier ?

  • Speaker #0

    Je suis en train de me faire un petit dĂ©jeuner. Et ce qui n'est pas moi en particulier, je me renseigne auprĂšs de chercheurs et de scientifiques qui ont vraiment cette capacitĂ© d'Ă©tudier les matĂ©riaux extĂ©rieurs ou pas que. En fait, dans le mĂ©tier de conservateur et de conservateur, je pense qu'il faut distinguer deux types de... De personnalitĂ© ou de compĂ©tence, il y a le restaurateur exĂ©cutant qui va manuellement, techniquement restaurer les Ɠuvres d'art. Et puis, Ă  cĂŽtĂ© de ça, il y a le restaurateur-chercheur qui, lui, travaille dans un laboratoire. C'est un laboratoire, un musĂ©e public, un laboratoire privĂ©, et qui va se pencher sur des problĂ©matiques scientifiques. Ă  un matĂ©riau, Ă  un artiste, Ă  un artiguier, ou bien Ă  une technique de restauration. De moi-mĂȘme, je n'analyse pas scientifiquement les matĂ©riaux, mais je me renseigne prĂšs de ces opĂ©ratoires qui publient rĂ©guliĂšrement leurs recherches. En France, assez peu, Ă  l'Ă©tranger surtout.

  • Speaker #1

    Ils te servent de leurs Ă©tudes, mais quand mĂȘme pouvoir les dĂ©crypter.

  • Speaker #0

    Oui, ça c'est quelque chose qu'on apprend longtemps. des Ă©tudes de conservation et restauration. On est mĂȘme aussi amenĂ© Ă  proposer, en sujet de recherche technico-scientifique, de l'exĂ©cuter et d'analyser les rĂ©sultats de cette recherche. Et puis ça demande Ă©normĂ©ment de temps, et en plus du temps qui ne peut pas ĂȘtre facturĂ©, parce que je ne vais pas expliquer en disant que j'ai ce problĂšme-lĂ , je vais devoir rĂ©aliser ceci, rĂ©aliser cela, pour ça je vais devoir crĂ©er aussi les chantiers et puis les observer avec. Merci. Avec des outils, ou devoir faire des mesures de brillance et de couleur, voilĂ , puis je vais me placer six mois dessus, et puis je vais m'effectuer. Il va me dire, pour ĂȘtre polie, il va me dire merci. Donc c'est pour ça aussi que c'est deux choses trĂšs diffĂ©rentes.

  • Speaker #1

    Mais c'est super intĂ©ressant parce que ça permet de voir tous les mĂ©tiers, entre guillemets, de l'ombre. du monde de l'art parce que quand on pense au monde de l'art, on pense galerie, on pense agents, on pense artistes Ă©videmment ou personnels des musĂ©es mais en fait il y a des scientifiques moi je trouve ça fascinant qui travaillent Ă  Ă©tudier comment restaurer au mieux les Ɠuvres d'art, qui Ă©tudient les matĂ©riaux il y a des personnes comme toi qui sont peut-ĂȘtre intervenues sur des tableaux sans mĂȘme qu'on s'en rende compte parce que je pense que c'est ça aussi l'objectif c'est qu'on ne voit pas qu'il y a eu des rĂ©sultats restauration. Donc je trouve que ça illustre bien tout ce panel de mĂ©tiers.

  • Speaker #0

    Et pour revenir Ă  ta question de, ne restons pas d'art traditionnel, mais d'art actuel, disons, par contemporain, en fait, au-delĂ  des matĂ©riaux qui sont dans le problĂšme de la technologie, il y a aussi quelque chose de trĂšs autrement. Par rapport Ă  eux, qui sont plutĂŽt lĂ  et qui suivent, par exemple, dans le temps politique, c'est un peu plus... Jusque dans les annĂ©es 10-20, les matĂ©riaux dans l'Ɠuvre servaient Ă  servir l'image. L'image d'une Ɠuvre, d'une peinture est possible grĂące au matĂ©riau. Et je dirais Ă  partir des annĂ©es 10-20, avec par exemple les emails de Michel pour l'enseignement, on fait en compte le matĂ©riau, le circuit de support Ă  l'image, le matĂ©riau... Le vidĂ©o va servir de son soin Ă  l'oeuvre et va ĂȘtre parfois mĂȘme le sujet de l'Ă©preuve. LĂ  aussi, ça pose des questions particuliĂšres, puisque, par exemple, si j'agis sur un matĂ©riau qui fait partie intĂ©grante de l'Ɠuvre et du sujet de l'Ɠuvre, est-ce que je ne vais pas altĂ©rer le sujet mĂȘme de l'Ɠuvre ? Donc, clairement, ce sont des questions qui peuvent ĂȘtre compliquĂ©es, particuliĂšres, mais... C'est mieux si je donne un exemple concret avec par exemple le collectif PrĂ©sence Confumette. Je pense que ça se dit comme ça. C'est pas Ă©normĂ©ment connu. Ils ont fait surtout des assemblages d'objets assez focs et ils utilisaient surtout des... des objets trouvĂ©s par exemple dans les rubĂšnes. Et j'ai ce souvenir d'une Ɠuvre qui a Ă©tĂ© faite avec, par exemple, des tableaux trouvĂ©s dans la rue qui Ă©taient percĂ©s, dĂ©chirĂ©s, etc. LĂ , dans ce cas-lĂ , dans une grande chose, l'additionnaire nous dit, oui, ces tableaux, on va les contrĂŽler, on va reprendre les dĂ©chirures, et puis on va les retoucher. D'accord, mais lĂ , dans ce cas-lĂ , si on veut ça, si on prend ce tableau, si on les entendait trop belles, et qu'on l'envoie, on reprend les dĂ©chirures, on le touche, on compte, lĂ , il n'y aura plus de sens.

  • Speaker #1

    D'oĂč aussi le fait de bien connaĂźtre l'histoire des tableaux. Bon, Ă©coute, on va passer aux questions signatures. Pour terminer cette interview, premiĂšre question, c'est selon toi, de quoi le monde de l'art a-t-il besoin ?

  • Speaker #0

    J'ai deux réponses. Une réponse plutÎt professionnelle et une assez plus personnelle. Je dirais que le monde de l'art avait besoin de plus de précautions et de moins de sérieux.

  • Speaker #1

    C'est déjà ressorti, le fait de moins se prendre au sérieux.

  • Speaker #0

    Je pense que c'est prĂ©caution dans le sens oĂč il faut quand mĂȘme prendre soin des objets d'art, mĂȘme si ça fait partie de la vie, mĂȘme si ça peut ĂȘtre un objet commun. Il faut vraiment prendre ces dispositions, que ce soit fin collectionneur, que ce soit professionnel, galerie, etc., pour conserver ses Ɠuvres, parce que... Si on a une maladresse ou si on fait une erreur dans la maniĂšre de conserver l'heure, ça peut ĂȘtre catastrophique. Ça, c'est la conscience professionnelle qui parle. Et le moins sĂ©rieux, ce que j'ai besoin de justifier.

  • Speaker #1

    Je pense que chacun comprend implicitement ce que tu veux dire.

  • Speaker #0

    Moi, je suis moins sérieuse dans le sens, oui, se prendre.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Sinon, ce serait contradictoire avec la premiÚre partie de ta réponse, mais je pense qu'on voit tous trÚs bien ce que tu veux dire. DeuxiÚme question, quel est ton meilleur souvenir en rapport avec le milieu artistique ?

  • Speaker #0

    C'est pas facile parce que j'aime beaucoup.

  • Speaker #1

    Tant mieux, tant mieux.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si c'est mon meilleur souvenir, mais je dirais que c'est ma grande surprise. C'est ma rencontre avec Beauty Chevy, ou en tout cas plutĂŽt ses Ɠuvres, au Galerie des Offices de Florence, et particuliĂšrement le printemps. Alors moi, jusque-lĂ , je ne sais pas, c'Ă©tait peut-ĂȘtre en 2017, Moi, jusqu'Ă  ce moment-lĂ , le chĂ©li, je me souviens, c'Ă©tait bien plein, c'Ă©tait mignon, mais bon, c'est pas ma tasse de thĂ©. Et quand je me suis retrouvĂ©e face au printemps, j'ai trouvĂ© ça d'une beautĂ© tellement rare et qui pourtant contrastait avec ma vision de... de l'artiste et de sa production. Et j'ai trouvĂ© ça tellement beau, ça m'a beaucoup Ă©mue, et je me suis dit, moi qui ne crois pas en Oran, moi qui ne crois en aucun dieu, je me suis dit, il y a forcĂ©ment quelque chose de sacrĂ© lĂ -dedans, que ça soit aussi merveilleux.

  • Speaker #1

    ça donne presque des frissons je rĂȘverais d'aller voir ce tableau parce que c'est vrai que c'est tous des chefs d'oeuvre qu'on connait que dans les livres et il y a quelque chose en plus qui se passe comme tu le dis quand on le voit en vrai donc avec plaisir pour aller voir ce tableau et ma derniĂšre question c'est est-ce que tu peux nous parler d'un objet ou d'une oeuvre d'art qui t'accompagne au quotidien je vais bien parler il y a donc un peu de champ dans cette petite partie c'est une

  • Speaker #0

    Petite loupe qui se... C'est un objectif macro qui se... Je me mets sur le tĂ©lĂ©phone d'Adepte et qui permet en fait de voir tous les petits dĂ©tails d'une Ɠuvre d'art et c'est quelque chose qui est Ă  chaque temps mauvais. Si je crois que je dois examiner une Ɠuvre d'art, c'est toujours ce moment que je prĂ©fĂšre parce que ça rĂ©vĂšle Ă©normĂ©ment de choses, que ce soit sur la technique de l'artiste, les matĂ©riaux, les interactions. C'est vraiment une immersion, un peu comme une dĂ©fonction dans l'Ɠuvre et donc j'ai souvent ça avec moi et comment je vais me sentir qui joue.

  • Speaker #1

    Génial, j'ai envie d'essayer je vais voir si je trouve un petit truc à regarder merci beaucoup Margot d'avoir répondu à mes questions merci à toi juste de m'avoir

  • Speaker #2

    Merci beaucoup d'avoir Ă©coutĂ© cet Ă©pisode. Si vous l'avez aimĂ©, vous pouvez venir me le dire sur le compte Instagram du podcast ou en envoyant un message directement Ă  Margot. J'en profite pour vous adresser une annonce de sa part, puisque Margot est Ă  la recherche d'un ou d'une conservateur-restaurateur avec un intĂ©rĂȘt particulier pour l'art contemporain et son marchĂ©, afin de contribuer au dĂ©veloppement des services proposĂ©s par son entreprise. Pour en savoir davantage sur cette opportunitĂ©, Vous pouvez la contacter directement par mail ou via les rĂ©seaux sociaux. Les coordonnĂ©es sont tous accessibles sur son site bossarconservation.com Je vous mets le lien en note du podcast. Un grand merci Ă  Kylian Goujon pour le mixage audio et la composition du gĂ©nĂ©rique. Merci Ă©galement Ă  La Perle, partenaire presse du podcast. N'hĂ©sitez surtout pas Ă  partager ce podcast Ă  vos amis qui souhaiteraient en savoir plus sur le monde de l'art ou Ă  vos collĂšgues et connaissances qui Ă©voluent ou souhaiteraient Ă©voluer dans ce milieu. Chaque mois, je publie une interview avec un invitĂ© inspirant et un Ă©pisode plus personnel en duo avec Axel, mon associĂ© dans les Art Dating. Je vous dis donc Ă  trĂšs vite pour un prochain Ă©pisode.

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Description

Bienvenue sur Visions Communes : des Ă©pisodes d’une trentaine de minutes en duo avec Axelle Delorme, oĂč nous intervenons sur des thĂ©matiques philosophiques ou plus pragmatiques en relation avec le monde de l’art et la crĂ©ation. ✹


đŸ‘Żâ€â™€ïž Axelle est mon associĂ©e sur les ART DATINGS et lorsque nous parlons de notre rencontre, nous disons souvent que nous nous sommes rassemblĂ©es autour d’une vision commune.
Au lieu de garder pour nous toutes les conversations oĂč l’on refait le monde (de l’art), nous vous les partageons dĂ©sormais dans ces capsules audio.


Bonne Ă©coute !



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LE PODCAST 

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Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue sur Innover dans le monde de l'art, le podcast dĂ©diĂ© aux personnalitĂ©s qui construisent le monde de l'art de demain. À travers ces Ă©pisodes, je vous permets de dĂ©crypter les coulisses de ce secteur pour pouvoir mieux l'aborder et si vous le souhaitez, vous y aventurez Ă  votre tour. Je suis Lise, hĂŽte de ce podcast et cofondatrice des Art Dating, des accompagnements personnalisĂ©s, des formations et des Ă©vĂ©nements qui permettent aux artistes de mieux valoriser leurs dĂ©marches, de dĂ©ployer leur potentiel et d'Ă©largir leur rĂ©seau. Vous pouvez retrouver le podcast et les Art Dating sur Instagram. Aujourd'hui, je reçois Margot Bossard, restauratrice d'Ɠuvres d'art spĂ©cialisĂ©e dans les Ɠuvres contemporaines. Une spĂ©cialitĂ© peu commune dans ce domaine, et vous le verrez, pleine de dĂ©fis. Margot nous emmĂšne en immersion, du moins en parole, dans son mĂ©tier, que ce soit Ă  l'atelier ou en dehors. Nous avons aussi Ă©changĂ© sur tout l'aspect Ă©thique qui encadre son activitĂ©, et vous verrez, elle nous offre mĂȘme gĂ©nĂ©reusement quelques conseils prĂ©ventifs. J'ai adorĂ© l'Ă©couter parler de son mĂ©tier unique et de la maniĂšre dont elle l'aborde. J'espĂšre alors que cet Ă©pisode mettra un petit peu de lumiĂšre sur ce mĂ©tier de l'ombre du milieu de l'art. Bonne Ă©coute ! Bonjour Margot, comment vas-tu ? Je vais bien,

  • Speaker #1

    ça va trÚs bien et toi ?

  • Speaker #0

    Eh bien ça va trĂšs bien, merci beaucoup d'ĂȘtre lĂ . Donc Margot, tu es restauratrice d'Ɠuvres d'art et tu as choisi une spĂ©cialitĂ© qui n'est... Pas n'importe laquelle, puisque tu as dĂ©cidĂ© de te consacrer Ă  la restauration d'Ɠuvres d'art contemporaines. Alors, ça peut paraĂźtre un peu classique, parce que quand on est historien ou historienne de l'art, beaucoup de personnes se spĂ©cialisent dans l'art contemporain, mais dans le cadre de la restauration d'Ɠuvres d'art, tu nous en diras un petit peu plus, ce n'est pas une spĂ©cialisation qui est si commune. Mais dans un premier temps, ce que je vais te demander, c'est de me raconter comment s'est faite, toi, ta rencontre avec le milieu de l'art de maniĂšre gĂ©nĂ©rale. Merci.

  • Speaker #1

    Tout d'abord, merci Lise de m'accueillir dans ton podcast. C'est assez touchant pour moi, puisqu'en fait, on a commencĂ© nos projets respectifs au mĂȘme moment. Et puis, je constate en Ă©tant ton invitĂ©e que tout se passe pour le mieux pour toi, tout comme moi. Donc, je t'en remercie spĂ©cialement. Alors, depuis que j'Ă©tais toute petite, j'ai toujours voulu faire le mĂ©tier de restaurateur, depuis que je suis toute petite, en ayant vu un reportage Ă  la tĂ©lĂ©vision. Mais avant ça, je ne sais pas si... Ma carriĂšre, disons, trouve sa source ici, mais je dirais que mon premier contact avec l'art qui m'a fait pressentir que j'allais aimer ça, je crois que c'est avec une Ɠuvre de Jean-Baptiste Corot. Souvenir de Mort-Pontel, qui est un tout petit tableau exposĂ©, je crois, au Louvre. Et chez ma grand-mĂšre, dans la salle Ă  manger, il avait une reprĂ©sentation de cet oeuvre, monumentale en tapisserie. Dans mes souvenirs, ça paraissait vraiment gigantesque, puisque j'Ă©tais petite. Et puis, cette heure, j'Ă©tais dans la salle Ă  manger, et Ă  chaque repas de famille, j'Ă©tais face Ă  elle, et je m'amusais toujours Ă  me perdre dans la reprĂ©sentation, et Ă  m'imaginer ĂȘtre vraiment au cƓur de l'Ɠuvre et au cƓur de... de ce qu'elle reprĂ©sentait, Ă  savoir, je crois que c'est dans un paysage, et il y a, dans mes souvenirs, ce sont des jeunes filles qui cueillent des fruits au bord d'un lac. Alors je m'imaginais que j'allais me balader en forĂȘt, au prĂ©culaire, que j'allais cueillir avec ces bonnes petites filles des fruits dans les bois. Oui, parce que j'aimerais que j'en ai un souvenir assez particulier et nostalgique. Je t'aime pas, je t'aime pas. Que tout naĂźt de l'art, mais en tout cas, ça m'a laissĂ© un souvenir trĂšs fort.

  • Speaker #0

    Donc tu as cet amour de l'art qui naĂźt assez jeune, finalement. Mais quand tu es restauratrice d'Ɠuvres d'art, il faut aussi ĂȘtre trĂšs habile techniquement parlant. Est-ce que tu avais un amour du dessin, un amour de la crĂ©ativitĂ©, par exemple ?

  • Speaker #1

    Quand j'Ă©tais trĂšs petite, oui. Et en fait, au fil des annĂ©es, plus j'ai grandi, je dirais qu'Ă  partir de mes deux licences, on commençait Ă ... Bye bye plus Ă©loignĂ© de ça, mais je me suis rendu compte que je n'avais pas assez d'imagination pour pouvoir me plaire dans la crĂ©ation, pouvoir dessiner, peindre, etc. Je mets beaucoup les travaux manuels, il fallait ĂȘtre habile, mais tout ce qui suscitait l'imagination et la crĂ©ativitĂ©, au fur et Ă  mesure, c'Ă©tait devenu compliquĂ©, d'autant plus que... En parallĂšle du lycĂ©e, je faisais des cours d'art appliquĂ© dans une Ă©cole, vraiment Ă  titre de loisir. Et puis j'ai remarquĂ© qu'en fait cette frustration, elle naissait de plus en plus et que j'avais moins de goĂ»t Ă  y aller parce que j'avais cette pression de dire que j'arrive Ă  avoir de l'imagination pour faire quelque chose.

  • Speaker #0

    Tu vas en Ă©cole de restauration d'Ɠuvres d'art, tu fais directement ça aprĂšs ton bac ?

  • Speaker #1

    Oui, j'ai utilisé l'histoire de la rÚgle. Comme je te le disais, depuis que j'étais plus petite, j'avais envie de faire ça. AprÚs, c'est vrai qu'en grandissant, j'avais l'autre ambition et l'idée. Parfois,

  • Speaker #0

    je suis quelquefois aussi un peu farfelue.

  • Speaker #1

    Mais au final, Ă  partir du lycĂ©e, et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  partir de la terminale, mon choix a Ă©tĂ© fait et je savais que je devais le faire. restaurer des hommes d'art, mais la difficultĂ© Ă©tant que c'est vraiment une filiĂšre de niche. Et donc oui, je me suis dĂ©cidĂ©e Ă  ĂȘtre restauratrice d'hommes d'art quand j'Ă©tais en terminale. Mais d'une part, l'Ă©cole que j'avais repĂ©rĂ©e, qui est l'Ă©cole GondĂ©e, Ă©tait situĂ©e Ă  Paris. Je suis aux aĂźnĂ©s du nord de la France. Et donc dĂ©jĂ  d'une part Ă  17 ans, Ă  l'occasion de mon bac ou de mon mariage, c'Ă©tait pas une dĂ©clination, je me sentais pas mature pour ça. Et puis d'une autre part... En fait, je ne trouvais pas lĂ©gitime de commencer ce cursus en me connaissant trĂšs sĂ©rieusement. Pour moi, c'Ă©tait logique de d'abord Ă©tudier les Ɠuvres d'art et ensuite pouvoir aspirer Ă  les conserver et Ă  les restaurer. Il faut forcĂ©ment connaĂźtre l'Ɠuvre et son histoire pour pouvoir agir sur elle et bien agir sur elle.

  • Speaker #0

    C'est un métier qui se pratique beaucoup en indépendant ?

  • Speaker #1

    Alors il y a deux cas de figure. Les restaurateurs qui travaillent pour les institutions publiques, les musées, et aprÚs il y a toute une partie qui travaille de maniÚre indépendante et surtout pour des hÎtels privés, privés de professionnels, des galeries. des marchands, des maisons de vente, etc. Et puis, une autre partie, plutÎt des collectionneurs. Collectionneurs et Amazon.

  • Speaker #0

    Et toi, en plus, en tant qu'indĂ©pendante, j'ai l'impression que tu es dans chaque maillon de la chaĂźne. Tu n'es pas juste exĂ©cutante, tu es aussi Ă  la partie un peu R&D, mĂȘme si tu essayes de ne pas trop y donner de tasse, la partie commerciale aussi. Donc, c'Ă©tait un choix pour toi d'exercer en indĂ©pendante pour ça

  • Speaker #1

    C'est pas le choix.

  • Speaker #0

    Ça s'est fait naturellement.

  • Speaker #1

    C'est pas le choix. Puisque ĂȘtre embauchĂ©e dans un atelier en France, c'est pas possible. C'est pas possible puisque gĂ©nĂ©ralement, c'est des salariĂ©s Ă  utiliser. On fait un compte en Europe. Tu travailles un peu contre, mais tu te rends compte d'un atelier, ce qui n'est vraiment pas intĂ©ressant. Et puis il y a aussi le fait que de tous les ateliers que je peux connaĂźtre ici Ă  Paris, il n'y en a pas un dans lequel Je peux me retrouver et ĂȘtre heureuse dans la maniĂšre d'apprĂ©hender les Ɠuvres ou de les restaurer.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui te rend heureuse dans la maniĂšre d'apprĂ©hender et de restaurer les Ɠuvres ?

  • Speaker #1

    Je sais ce que je n'aime pas, ça c'est sĂ»r, mais en fait je pense que j'aime bien et j'apprĂ©cie surtout prendre mon temps. Prendre le temps d'observer l'Ɠuvre, de la voir pour soi, et puis de l'obscruter des moindres dĂ©tails.

  • Speaker #0

    Il y a trĂšs peu d'ateliers qui embauchent ou qui recrutent des personnes, et en plus j'imagine en particulier dans l'art contemporain, parce qu'on ne l'a peut-ĂȘtre pas assez soulignĂ©, mais c'est quand mĂȘme une spĂ©cialisation qui est... trĂšs rare en France en tout cas, vous ĂȘtes assez peu Ă  le faire non ?

  • Speaker #1

    Oui, donc il y a d'autres restaurateurs qui se disent spĂ©cialisĂ©s en art contemporain, mais qui pour autant en parallĂšle travaillent aussi sur des Ɠuvres anciennes, et donc c'est une collection qui
 qui m'Ă©preuve, c'est le principe de l'inviction. Mais pour moi, on ne peut pas jongler de l'un Ă  l'autre. ForcĂ©ment... Si on fait ça, au bout d'un moment, il y aura forcĂ©ment une erreur d'interprĂ©tation ou un geste qui sera maladroit et ça peut ĂȘtre dangereux. Je n'aime pas beaucoup dire ça par superstition, je pense, mais je pense que je suis en tout cas libre d'erreur Ă  consacrer mon travail de conservation et restauration uniquement aux arts contemporains. Merci. Je ne l'ai pas prĂ©cisĂ©, mais je pense que c'est important de le dire, pour moi, par contemporain, c'est les Ɠuvres Ă  partir de la prĂ©caritĂ©.

  • Speaker #0

    Et tu disais aussi que c'était trÚs niche, et donc est-ce qu'en conséquence, c'est trÚs difficile de rentrer dans une école de restauration d'Evreda ? Sur quels critÚres on te sélectionne ?

  • Speaker #1

    Les critĂšres sont trĂšs diffĂ©rents d'une Ă©cole Ă  une autre. L'Ă©cole mondiale est une Ă©cole privĂ©e, en parallĂšle Ă  Paris il y a deux autres L'Ă©cole publique, il y a une formation Ă  la CETEPOL et une autre Ă  l'INP, l'Institut National de la Tribune. Pour entrer dans ces Ă©coles, surtout l'INP, c'est sur concours, c'est un programme qui est extrĂȘmement compliquĂ©. Et gĂ©nĂ©ralement, ceux qui passent le concours, Ils se sont prĂ©parĂ©s par exemple en faisant l'Ă©cole que j'ai faite, souvent en trois ans, voire mĂȘme en cinq ans, pour pouvoir juste uniquement passer le concours, sans forcĂ©ment aussi ĂȘtre pris. Et pendant ce concours, c'est des Ă©preuves de copie, de dessin, mais quand mĂȘme Ă  la derniĂšre poussĂ©e. Il y a aussi... Des questions scientifiques, on demande Ă©galement de faire un constat d'une heure, de proposer un traitement. Donc en fait, c'est des choses vraiment dĂ©jĂ  prĂ©cises qu'on apprend normalement Ă  l'Ă©cole, qui sont dĂ©jĂ  demandĂ©es dans l'avenir. À l'Ă©cole, l'admission se fait sur un quotidien.

  • Speaker #0

    Avant,

  • Speaker #1

    il y a un petit test de culture gĂ©nĂ©rale qu'on a Ă  faire. Et aprĂšs, c'est sur l'entretien, des motivations, d'Ă©crire ses aptitudes. Il faut aussi quand mĂȘme montrer un book. Mais on ne sait pas, s'il n'y en a pas, ce n'est pas quelque chose qui est bon. qui est illuminatoire. Et je dirais qu'en fait, l'Ă©clatement se fait petit Ă  petit dĂšs la premiĂšre annĂ©e. La premiĂšre annĂ©e, on est vraiment vraiment en train. Moi en 2016, quand j'Ă©tais en fin de l'annĂ©e, je crois qu'on Ă©tait le grand groupe de vente. LĂ , je crois qu'actuellement, c'est des classes de plus de 60, 60-80 personnes. Et par exemple, Ă  la fin de mon cursus, dans ma spĂ©cialitĂ©, on Ă©tait le plus simple. Donc, l'Ă©clairage, c'est fait dĂšs la premiĂšre annĂ©e, puisque c'est Ă©normĂ©ment de travail, et c'est beaucoup de connaissances Ă  acquĂ©rir dans plusieurs domaines trĂšs diffĂ©rents, les sciences, l'histoire de l'art, les sciences de matĂ©riaux, le dessin, la copie. Il y a aussi un peu la premiĂšre annĂ©e de crĂ©ation artistique. Et souvent, les Ă©lĂšves se rendent compte d'eux-mĂȘmes que ce n'est pas fait pour eux. Ou bien on leur fait savoir qu'ils ont de trop grosses lacunes dans un domaine et donc on les remonte vers une filiĂšre qui est mieux pour eux.

  • Speaker #0

    C'est quand mĂȘme trĂšs complet. Il n'y a pas beaucoup de formations qui ont Ă  la fois ce cĂŽtĂ© intellectuel et en mĂȘme temps le cĂŽtĂ© pratique. C'est fascinant, ça donne vraiment envie de voir comment ça se passe de l'intĂ©rieur. Et ma question venait de lĂ , parce que des fois il y a des choses oĂč on se dit qu'on peut toujours apprendre en Ă©tant formĂ©. Mais quand on voit comment sont faites les sĂ©lections, en particulier Ă  l'INP, on voit que quand mĂȘme les personnes attendent un certain talent dĂ©jĂ  prĂ©sent. Est-ce que toi tu penses que tout le monde avec de l'entraĂźnement peut rĂ©ussir Ă  faire ça, comme dans d'autres mĂ©tiers, ou bien il faut quand mĂȘme avoir une certaine aptitude au prĂ©alable ? Est-ce que tu as rencontrĂ© par exemple des profils de personnes qui n'Ă©taient pas forcĂ©ment excellentes en dessin, qui ont eu des entretiens ? dans ton Ă©cole et qui se sont avĂ©rĂ©es avoir une progression assez impressionnante au fur et Ă  mesure ?

  • Speaker #1

    J'en suis l'exemple mĂȘme, je suis Ă  un niveau catastrophique en dessin, parce que je n'aime pas ça. Je sais que c'est surprenant de dire ça et c'est peut-ĂȘtre pas rassurant, mais j'ai eu l'horreur, pendant mes Ă©tudes, j'avais eu l'horreur du dessin et de la copie. Et pour ma part, quand je n'ai pas quelque chose, je n'y arrive pas. Une forcĂ©e, je n'y arrivais pas et j'Ă©tais trĂšs nue lĂ -dedans. Mais je compensais beaucoup en Ă©tant, par exemple, en ayant beaucoup de connaissances en histoire de l'art, ou en ayant une bonne technicitĂ© dans les travaux pratiques de restauration, ou encore avoir une bonne logique dans les sciences de matĂ©riaux. Donc rien n'est perdu, mais je pense qu'il y a quand mĂȘme des matiĂšres et des qualitĂ©s qui sont essentielles, comme par exemple le fait justement de ne pas avoir d'imagination et de crĂ©ativitĂ©, parce que ça c'est mĂȘme dangereux quand on est restaurateur, puisque quand on a vraiment cette aptitude qui est trĂšs dĂ©veloppĂ©e, on a peut-ĂȘtre tendance Ă  rĂ©interprĂ©ter une Ɠuvre. Ce qui est absolument trĂšs possible.

  • Speaker #0

    Quand tu parles des dĂ©rives comme ça, ça me fait penser un peu comme dans certaines professions, il y a une certaine Ă©thique. Dans la mĂ©decine, ça va ĂȘtre le serment d'Hippocrate, par exemple. En restauration d'Ɠuvres d'art, vous avez des valeurs vraiment qu'on vous inculque de façon trĂšs transparente, comme ça.

  • Speaker #1

    Il y a un code déontologique aussi.

  • Speaker #0

    Un code déontologique, c'est ça.

  • Speaker #1

    Un restaurateur. Mais c'est intĂ©ressant que tu poses cette question parce qu'en fait, ce code dĂ©automagique, il n'est pas forcĂ©ment adaptĂ© dans les cas de la conservation et restauration des Ɠuvres d'art contemporaines.

  • Speaker #0

    Ah d'accord.

  • Speaker #1

    Parce que ça fait appel Ă  des valeurs qui ne sont pas vraiment applicables aux Ɠuvres d'art contemporaines. Je n'ai plus le texte sous les yeux, mais j'avais Ă©tudiĂ© ça, si tu me parles de mon mĂ©moire, mais il y a vraiment des incohĂ©rences. Donc, moi je suis trĂšs honnĂȘte, je ne dis pas que j'adhĂšre Ă  ce code Ă©thique parce que je ne peux pas, mais pour certains points, mais globalement, il y a des choses Ă  respecter et Ă  suivre.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait parti dans l'optique de restaurer des Ɠuvres d'art plus ou moins anciennes. Qu'est-ce qui t'a fait switcher d'opinion ?

  • Speaker #1

    Pour rester polie, ça m'a progressivement profondĂ©ment ennuyĂ©e puisque ce sont des analyses et des gestes qui sont trĂšs rĂ©parbatifs. Une peinture Ă  griffes, la dĂ©pression, la laitoie, la dĂ©vergure, s'il y a quelque chose Ă  faire au support, un petit peu d'ermestique, une reverie, un peu de touche, c'est quasiment toujours un truc, sauf des cas exceptionnels oĂč il y a un travail ou autre Ă  faire actuellement, mais sinon c'est toujours une chose. C'est un aspect qui moi m'a... J'Ă©tais presque Ă  un moment dĂ©goĂ»tĂ© du mĂ©tier. Et puis je me suis beaucoup remise en question Ă  ce moment-lĂ . D'autant plus qu'au mĂȘme moment, quand je commençais aussi Ă  m'intĂ©resser Ă  la restauration de la ContemporĂ©e, j'ai fait aussi quelques stages, des ateliers sur papier spĂ©cialisĂ© dans le forum. En fait, quand j'y Ă©tais, je me suis rendue compte que, un, ce n'Ă©tait pas le cas, et deux, Le traitement des heures n'Ă©tait pas assez optimale. Et donc j'ai eu cette remise en question de par le fait de... Est-ce que j'ai envie dans ma vie de toujours voir mes deux fautes et de faire toujours la mĂȘme chose ? Et un autre, est-ce qu'il est possible de restaurer la propre ? J'ai envie que j'en vive.

  • Speaker #0

    Il y a un cĂŽtĂ© presque rĂ©pĂ©titif dans la maniĂšre dont ils sont les Ɠuvres d'art plus anciennes, parce qu'on connaĂźt trĂšs bien. Les matĂ©riaux, la maniĂšre de faire, toi tu avais besoin d'un petit peu de challenge aussi, de nouveautĂ©s. Ce n'est pas la voie de la facilitĂ©, mais au final, ça te stimule beaucoup plus.

  • Speaker #1

    Oui, ça me stimule plus, ça me stresse plus aussi. J'espĂšre quelquefois quand on me prĂ©sente une Ɠuvre, j'essaie de me faire ressentir, d'avoir Ă©normĂ©ment confiance en moi. Oui, bien sĂ»r, on va faire quelque chose, c'est possible. Je dis pas que c'est nul, ça va ĂȘtre fait, que c'est faisable, ça va ĂȘtre fait. Je dis oui, c'est possible, ça fait trĂšs plaisir. Et puis, l'instant d'aprĂšs, je me dis, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Je ne vais jamais y arriver, mais c'est impossible. Comment est-ce que je vais faire ? Et il se passe du temps, beaucoup de temps. Et puis, au final, je m'y mets et c'est bon, je m'arrĂȘte. C'Ă©tait pas... C'est pas assez compliquĂ© que ça, si je n'ai pas, je vais le faire. Mais Ă  chaque fois,

  • Speaker #0

    je sais toujours qu'à ça,

  • Speaker #1

    il y a toujours ce moment oĂč je me dis, mais Margot, pourquoi il faut toujours que tu fasses, que tu en fasses toujours Ă  ta tĂȘte, que tu passes toujours autrement, et que tu te trouves dans des situations comme ça qui sont impossibles, et que tu ne passes plus Ă  ta faute.

  • Speaker #0

    En plus, tu es un petit peu seule dans ton problĂšme, vu que Vous n'ĂȘtes pas beaucoup Ă  faire ce que tu fais, tu peux pas trop appeler une collĂšgue ?

  • Speaker #1

    Oui, je peux toujours demander conseil à d'autres restaurateurs. De toute façon, tout agit et va apprendre. J'ai gardé aussi contact avec un atelier, j'ai dit avec un stage de sale qui m'avait aidée dans les voies de vue.

  • Speaker #0

    Vous ĂȘtes trĂšs peu nombreux Ă  restaurer l'art contemporain, mais est-ce que c'est pour des raisons structurelles aussi, dans la maniĂšre dont vous ĂȘtes formĂ©e ?

  • Speaker #1

    C'est vrai que vendre un vieux face mĂ©tier, en tout cas pour ma part, moi, quand j'ai vendu face mĂ©tier, c'Ă©tait pour toucher des Ɠuvres d'art anciennes, c'Ă©tait pas pour restaurer une barriĂšre qui a Ă©tĂ© peinte la veille. Et donc je pense qu'il y a aussi ce souci peut-ĂȘtre de lĂ©gitimitĂ© aussi. On peut se dire qu'en contrastant avec la contondance de la restauration, ce n'est pas utile, ce n'est peut-ĂȘtre pas non plus une flat-term, alors que c'est absolument passionnant.

  • Speaker #0

    On va venir petit Ă  petit au sujet de la restauration d'Ɠuvres d'art contemporaines, parce que tu as commencĂ© Ă  nous le dire, il y a vraiment des spĂ©cificitĂ©s. DĂ©jĂ , on peut avoir ce biais de se dire qu'il n'y a que les Ɠuvres anciennes qui s'abĂźment avec le temps et donc qui ont besoin de restauration. Éventuellement, on peut s'imaginer qu'une Ɠuvre d'art contemporaine a besoin d'ĂȘtre restaurĂ©e parce qu'elle a Ă©tĂ© cassĂ©e, abĂźmĂ©e. Mais est-ce qu'il y a d'autres raisons, en dehors de la casse accidentelle, qu'une Ɠuvre d'art contemporaine aurait besoin d'ĂȘtre restaurĂ©e ?

  • Speaker #1

    Il y a du temps aussi, mine de rien. Il y a des matĂ©riaux qui peuvent se fragiliser et se dĂ©tĂ©riorer trĂšs rapidement. Donc il y a comme tu le dis des accidents, que ce soit dans le lieu oĂč est exposĂ© ou consacrĂ© l'Ɠuvre. Aussi des accidents de transport, ce qui arrive trĂšs souvent, d'autant plus que le marchĂ© de l'art contemporain est un marchĂ© extrĂȘmement magnifique, oĂč une Ɠuvre peut ĂȘtre vendue aujourd'hui aux États-Unis, elle va partir dans une phase de 12 heures. Elle part dans son 12h, il faut qu'elle se rende et que ça monte le tas. On ne sait pas en quel tas elle va arriver lĂ -bas. Et puis peut-ĂȘtre qu'une fois rĂ©cupĂ©rĂ©e chez le collectionneur, ça ne lui plaira plus. Et puis il va dĂ©cider d'avoir besoin d'en ajouter une autre. Et trois semaines aprĂšs, elle va se retrouver encore au bout du monde. Et ça, c'est le lot de beaucoup de vos dards. Il y a aussi... Les problĂ©matiques liĂ©es au dĂ©conseil sur l'Ɠuvre, au vandalisme. Il y a beaucoup de choses qui ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es.

  • Speaker #0

    C'est liĂ© aussi aux matĂ©riaux de l'art contemporain qui sont diffĂ©rents. Je le sais parce qu'on s'en Ă©tait parlĂ© en offre. On n'allait pas imaginer que j'ai des connaissances hyper poussĂ©es et abouties. Mais tu m'expliquais en offre, quand on s'Ă©tait rencontrĂ©s, quand on avait discutĂ© avant de faire le podcast, que par exemple les pigments de la peinture n'Ă©taient pas les mĂȘmes que dans les Ɠuvres anciennes et que parfois les Ɠuvres contemporaines... Il peut se dĂ©tĂ©riorer beaucoup plus vite ?

  • Speaker #1

    Oui, il y a les pigments, il y a les liens, il y a aussi les nouveaux mĂ©diums. Par exemple, il y a deux cas de figure. Soit oui, effectivement, ça peut se dĂ©tĂ©riorer plus vite, soit ça peut aussi se dĂ©tĂ©riorer plus facilement et dans d'autres conditions qui sont plus accessibles que les conditions de dĂ©tĂ©rioration que les Ɠuvres. anciennes, traditionnelles, par exemple le cas des Ventures acryliques, qui est quand mĂȘme assez trĂšs commun dans la production artistique de Vigo depuis les annĂ©es 60. Il y a vraiment des contraintes de tempĂ©rature Ă  respecter puisque techniquement la tempĂ©rature de transition vitreuse de la peinture acrylique est de 25 degrĂ©s, ça veut dire qu'Ă  cette tempĂ©rature les composants du matĂ©riau vont ĂȘtre modifiĂ©s et donc ça va modifier les caractĂ©ristiques de la peinture et maintenant c'est ce que j'ai mis. Ce qui peut causer des soucis de dĂ©propression ou bien des soucis de dĂ©façon, puisqu'elle peut plus facilement s'immiscer sur la peinture et rester en rustique. Il y a Ă©galement le cas de la peinture Ă  l'huile qui est un mĂ©dium qui a Ă©tĂ© utilisĂ©. pas de tout au long mais dĂšs le 15Ăšme siĂšcle. Mais pour autant les peintures actuelles dĂ©jĂ  ne sont pas les mĂȘmes et en plus de ça, une peinture Ă  l'huile qui a moins de 100 ans n'aura pas non plus les mĂȘmes caractĂ©ristiques physico-chimiques qu'une peinture qui est plus ancienne que ça. Donc lĂ  aussi ça va... Ça peut poser des soucis de conservation et aprĂšs des soucis d'intervention sur l'Ɠuvre. Et puis aprĂšs, il y a l'usage de matĂ©riaux et d'objets qui ne sont pas initialement conformes Ă  la production artistique. Et en plus, ça peut ĂȘtre des objets prĂ©visibles. Il y a aussi des assemblages, soit de peintures, soit de matĂ©riaux qui sont contradictoires et qui peuvent de mĂȘme altĂ©rer l'Ɠuvre. Par exemple, actuellement, je travaille sur l'exemple de Louis Sarrel, qui sera d'ailleurs prochainement exposĂ© en Suisse, oĂč le souci pour une partie de ses Ɠuvres... La partie scĂ©narque qui a Ă©tĂ© conçue, ce sont des peintures acryliques sur toile montĂ©es sur le chĂąssis. Et sur ces peintures, il y a des sortes de tasseaux. Je n'ai pas su cerner le matĂ©riau prĂ©cisĂ©ment. Ça ressemble Ă  du carton, mais en mĂȘme temps, c'est assez plastifiĂ©. Ce matĂ©riau est dĂ©coupĂ©, peint, coupĂ© et collĂ© sur la toile. Et en fin de compte, c'est un matĂ©riau qui est beaucoup trop solide par rapport Ă  la toile. Et donc, en fin de compte, les variations de tension de la toile vont faire que ces morceaux, ces tasseaux vont se dĂ©coller. Et encore, ça va, dans ce cas-lĂ , ça se dĂ©colle, mais ça peut engendrer aussi...

  • Speaker #0

    carrément la revulsion de la toile.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais de la peinture acrylique, alors oui, beaucoup d'artistes utilisent la peinture acrylique. Et c'est vrai que tout ce que tu dis Ă  ce sujet amĂšne Ă  se poser la question du choix des matĂ©riaux quand on est artiste et quand on est collectionneur d'art, de bien faire attention aussi, pas seulement Ă  l'esthĂ©tique de l'Ɠuvre, mais Ă  quels matĂ©riaux ont Ă©tĂ© utilisĂ©s. Je pense que tout le monde n'y fait pas trĂšs attention, surtout si on dĂ©bute. Est-ce que tu aurais des... Des conseils, par exemple Ă  destination des artistes, pour faire des Ɠuvres qui soient durables, mais toujours avec peut-ĂȘtre un budget pas trop exponentiel, parce que c'est trĂšs bien quand on commence, on n'a pas un Ă©norme budget pour ses matiĂšres premiĂšres.

  • Speaker #0

    Par provocation, je dirais de ne pas faire attention. Parce que pour moi, un artiste ne doit pas se limiter. Il doit vraiment profiter de la crĂ©ativitĂ© et de l'imagination qu'il a pour faire ce qu'il a envie de faire et donc d'utiliser les matĂ©riaux qu'il souhaite, de les assembler comme il souhaite. AprĂšs par la suite ce sera le problĂšme de restaurateurs comme moi. Mais aprĂšs si vraiment c'est le but de l'artiste de crĂ©er une Ɠuvre qui soit... qui sont d'ailleurs immortelles, je lui conseillerais de faire comme les peintres flamands du XVe siĂšcle, de retourner Ă  la technique de la peinture Ă  l'huile et de savoir l'exĂ©cuter brillamment, puisque avec Ă©normĂ©ment de siĂšcles de recul, On se rend compte que ce sont les types de peintures qui sont vraiment les mieux conservĂ©es et qui sont dans un Ă©tat trĂšs exceptionnel.

  • Speaker #1

    C'est comme dans tout, c'est les techniques de grand-mÚre, ils sont toujours les meilleurs. Et quelle est la place de la science dans tout ça ? Parce que tu as parlé de matiÚre scientifique en école. Là, je ressens que tu étudies plein de matériaux différents. Quelle est la place de la science dans ton métier ?

  • Speaker #0

    Je suis en train de me faire un petit dĂ©jeuner. Et ce qui n'est pas moi en particulier, je me renseigne auprĂšs de chercheurs et de scientifiques qui ont vraiment cette capacitĂ© d'Ă©tudier les matĂ©riaux extĂ©rieurs ou pas que. En fait, dans le mĂ©tier de conservateur et de conservateur, je pense qu'il faut distinguer deux types de... De personnalitĂ© ou de compĂ©tence, il y a le restaurateur exĂ©cutant qui va manuellement, techniquement restaurer les Ɠuvres d'art. Et puis, Ă  cĂŽtĂ© de ça, il y a le restaurateur-chercheur qui, lui, travaille dans un laboratoire. C'est un laboratoire, un musĂ©e public, un laboratoire privĂ©, et qui va se pencher sur des problĂ©matiques scientifiques. Ă  un matĂ©riau, Ă  un artiste, Ă  un artiguier, ou bien Ă  une technique de restauration. De moi-mĂȘme, je n'analyse pas scientifiquement les matĂ©riaux, mais je me renseigne prĂšs de ces opĂ©ratoires qui publient rĂ©guliĂšrement leurs recherches. En France, assez peu, Ă  l'Ă©tranger surtout.

  • Speaker #1

    Ils te servent de leurs Ă©tudes, mais quand mĂȘme pouvoir les dĂ©crypter.

  • Speaker #0

    Oui, ça c'est quelque chose qu'on apprend longtemps. des Ă©tudes de conservation et restauration. On est mĂȘme aussi amenĂ© Ă  proposer, en sujet de recherche technico-scientifique, de l'exĂ©cuter et d'analyser les rĂ©sultats de cette recherche. Et puis ça demande Ă©normĂ©ment de temps, et en plus du temps qui ne peut pas ĂȘtre facturĂ©, parce que je ne vais pas expliquer en disant que j'ai ce problĂšme-lĂ , je vais devoir rĂ©aliser ceci, rĂ©aliser cela, pour ça je vais devoir crĂ©er aussi les chantiers et puis les observer avec. Merci. Avec des outils, ou devoir faire des mesures de brillance et de couleur, voilĂ , puis je vais me placer six mois dessus, et puis je vais m'effectuer. Il va me dire, pour ĂȘtre polie, il va me dire merci. Donc c'est pour ça aussi que c'est deux choses trĂšs diffĂ©rentes.

  • Speaker #1

    Mais c'est super intĂ©ressant parce que ça permet de voir tous les mĂ©tiers, entre guillemets, de l'ombre. du monde de l'art parce que quand on pense au monde de l'art, on pense galerie, on pense agents, on pense artistes Ă©videmment ou personnels des musĂ©es mais en fait il y a des scientifiques moi je trouve ça fascinant qui travaillent Ă  Ă©tudier comment restaurer au mieux les Ɠuvres d'art, qui Ă©tudient les matĂ©riaux il y a des personnes comme toi qui sont peut-ĂȘtre intervenues sur des tableaux sans mĂȘme qu'on s'en rende compte parce que je pense que c'est ça aussi l'objectif c'est qu'on ne voit pas qu'il y a eu des rĂ©sultats restauration. Donc je trouve que ça illustre bien tout ce panel de mĂ©tiers.

  • Speaker #0

    Et pour revenir Ă  ta question de, ne restons pas d'art traditionnel, mais d'art actuel, disons, par contemporain, en fait, au-delĂ  des matĂ©riaux qui sont dans le problĂšme de la technologie, il y a aussi quelque chose de trĂšs autrement. Par rapport Ă  eux, qui sont plutĂŽt lĂ  et qui suivent, par exemple, dans le temps politique, c'est un peu plus... Jusque dans les annĂ©es 10-20, les matĂ©riaux dans l'Ɠuvre servaient Ă  servir l'image. L'image d'une Ɠuvre, d'une peinture est possible grĂące au matĂ©riau. Et je dirais Ă  partir des annĂ©es 10-20, avec par exemple les emails de Michel pour l'enseignement, on fait en compte le matĂ©riau, le circuit de support Ă  l'image, le matĂ©riau... Le vidĂ©o va servir de son soin Ă  l'oeuvre et va ĂȘtre parfois mĂȘme le sujet de l'Ă©preuve. LĂ  aussi, ça pose des questions particuliĂšres, puisque, par exemple, si j'agis sur un matĂ©riau qui fait partie intĂ©grante de l'Ɠuvre et du sujet de l'Ɠuvre, est-ce que je ne vais pas altĂ©rer le sujet mĂȘme de l'Ɠuvre ? Donc, clairement, ce sont des questions qui peuvent ĂȘtre compliquĂ©es, particuliĂšres, mais... C'est mieux si je donne un exemple concret avec par exemple le collectif PrĂ©sence Confumette. Je pense que ça se dit comme ça. C'est pas Ă©normĂ©ment connu. Ils ont fait surtout des assemblages d'objets assez focs et ils utilisaient surtout des... des objets trouvĂ©s par exemple dans les rubĂšnes. Et j'ai ce souvenir d'une Ɠuvre qui a Ă©tĂ© faite avec, par exemple, des tableaux trouvĂ©s dans la rue qui Ă©taient percĂ©s, dĂ©chirĂ©s, etc. LĂ , dans ce cas-lĂ , dans une grande chose, l'additionnaire nous dit, oui, ces tableaux, on va les contrĂŽler, on va reprendre les dĂ©chirures, et puis on va les retoucher. D'accord, mais lĂ , dans ce cas-lĂ , si on veut ça, si on prend ce tableau, si on les entendait trop belles, et qu'on l'envoie, on reprend les dĂ©chirures, on le touche, on compte, lĂ , il n'y aura plus de sens.

  • Speaker #1

    D'oĂč aussi le fait de bien connaĂźtre l'histoire des tableaux. Bon, Ă©coute, on va passer aux questions signatures. Pour terminer cette interview, premiĂšre question, c'est selon toi, de quoi le monde de l'art a-t-il besoin ?

  • Speaker #0

    J'ai deux réponses. Une réponse plutÎt professionnelle et une assez plus personnelle. Je dirais que le monde de l'art avait besoin de plus de précautions et de moins de sérieux.

  • Speaker #1

    C'est déjà ressorti, le fait de moins se prendre au sérieux.

  • Speaker #0

    Je pense que c'est prĂ©caution dans le sens oĂč il faut quand mĂȘme prendre soin des objets d'art, mĂȘme si ça fait partie de la vie, mĂȘme si ça peut ĂȘtre un objet commun. Il faut vraiment prendre ces dispositions, que ce soit fin collectionneur, que ce soit professionnel, galerie, etc., pour conserver ses Ɠuvres, parce que... Si on a une maladresse ou si on fait une erreur dans la maniĂšre de conserver l'heure, ça peut ĂȘtre catastrophique. Ça, c'est la conscience professionnelle qui parle. Et le moins sĂ©rieux, ce que j'ai besoin de justifier.

  • Speaker #1

    Je pense que chacun comprend implicitement ce que tu veux dire.

  • Speaker #0

    Moi, je suis moins sérieuse dans le sens, oui, se prendre.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Sinon, ce serait contradictoire avec la premiÚre partie de ta réponse, mais je pense qu'on voit tous trÚs bien ce que tu veux dire. DeuxiÚme question, quel est ton meilleur souvenir en rapport avec le milieu artistique ?

  • Speaker #0

    C'est pas facile parce que j'aime beaucoup.

  • Speaker #1

    Tant mieux, tant mieux.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si c'est mon meilleur souvenir, mais je dirais que c'est ma grande surprise. C'est ma rencontre avec Beauty Chevy, ou en tout cas plutĂŽt ses Ɠuvres, au Galerie des Offices de Florence, et particuliĂšrement le printemps. Alors moi, jusque-lĂ , je ne sais pas, c'Ă©tait peut-ĂȘtre en 2017, Moi, jusqu'Ă  ce moment-lĂ , le chĂ©li, je me souviens, c'Ă©tait bien plein, c'Ă©tait mignon, mais bon, c'est pas ma tasse de thĂ©. Et quand je me suis retrouvĂ©e face au printemps, j'ai trouvĂ© ça d'une beautĂ© tellement rare et qui pourtant contrastait avec ma vision de... de l'artiste et de sa production. Et j'ai trouvĂ© ça tellement beau, ça m'a beaucoup Ă©mue, et je me suis dit, moi qui ne crois pas en Oran, moi qui ne crois en aucun dieu, je me suis dit, il y a forcĂ©ment quelque chose de sacrĂ© lĂ -dedans, que ça soit aussi merveilleux.

  • Speaker #1

    ça donne presque des frissons je rĂȘverais d'aller voir ce tableau parce que c'est vrai que c'est tous des chefs d'oeuvre qu'on connait que dans les livres et il y a quelque chose en plus qui se passe comme tu le dis quand on le voit en vrai donc avec plaisir pour aller voir ce tableau et ma derniĂšre question c'est est-ce que tu peux nous parler d'un objet ou d'une oeuvre d'art qui t'accompagne au quotidien je vais bien parler il y a donc un peu de champ dans cette petite partie c'est une

  • Speaker #0

    Petite loupe qui se... C'est un objectif macro qui se... Je me mets sur le tĂ©lĂ©phone d'Adepte et qui permet en fait de voir tous les petits dĂ©tails d'une Ɠuvre d'art et c'est quelque chose qui est Ă  chaque temps mauvais. Si je crois que je dois examiner une Ɠuvre d'art, c'est toujours ce moment que je prĂ©fĂšre parce que ça rĂ©vĂšle Ă©normĂ©ment de choses, que ce soit sur la technique de l'artiste, les matĂ©riaux, les interactions. C'est vraiment une immersion, un peu comme une dĂ©fonction dans l'Ɠuvre et donc j'ai souvent ça avec moi et comment je vais me sentir qui joue.

  • Speaker #1

    Génial, j'ai envie d'essayer je vais voir si je trouve un petit truc à regarder merci beaucoup Margot d'avoir répondu à mes questions merci à toi juste de m'avoir

  • Speaker #2

    Merci beaucoup d'avoir Ă©coutĂ© cet Ă©pisode. Si vous l'avez aimĂ©, vous pouvez venir me le dire sur le compte Instagram du podcast ou en envoyant un message directement Ă  Margot. J'en profite pour vous adresser une annonce de sa part, puisque Margot est Ă  la recherche d'un ou d'une conservateur-restaurateur avec un intĂ©rĂȘt particulier pour l'art contemporain et son marchĂ©, afin de contribuer au dĂ©veloppement des services proposĂ©s par son entreprise. Pour en savoir davantage sur cette opportunitĂ©, Vous pouvez la contacter directement par mail ou via les rĂ©seaux sociaux. Les coordonnĂ©es sont tous accessibles sur son site bossarconservation.com Je vous mets le lien en note du podcast. Un grand merci Ă  Kylian Goujon pour le mixage audio et la composition du gĂ©nĂ©rique. Merci Ă©galement Ă  La Perle, partenaire presse du podcast. N'hĂ©sitez surtout pas Ă  partager ce podcast Ă  vos amis qui souhaiteraient en savoir plus sur le monde de l'art ou Ă  vos collĂšgues et connaissances qui Ă©voluent ou souhaiteraient Ă©voluer dans ce milieu. Chaque mois, je publie une interview avec un invitĂ© inspirant et un Ă©pisode plus personnel en duo avec Axel, mon associĂ© dans les Art Dating. Je vous dis donc Ă  trĂšs vite pour un prochain Ă©pisode.

Description

Bienvenue sur Visions Communes : des Ă©pisodes d’une trentaine de minutes en duo avec Axelle Delorme, oĂč nous intervenons sur des thĂ©matiques philosophiques ou plus pragmatiques en relation avec le monde de l’art et la crĂ©ation. ✹


đŸ‘Żâ€â™€ïž Axelle est mon associĂ©e sur les ART DATINGS et lorsque nous parlons de notre rencontre, nous disons souvent que nous nous sommes rassemblĂ©es autour d’une vision commune.
Au lieu de garder pour nous toutes les conversations oĂč l’on refait le monde (de l’art), nous vous les partageons dĂ©sormais dans ces capsules audio.


Bonne Ă©coute !



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Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue sur Innover dans le monde de l'art, le podcast dĂ©diĂ© aux personnalitĂ©s qui construisent le monde de l'art de demain. À travers ces Ă©pisodes, je vous permets de dĂ©crypter les coulisses de ce secteur pour pouvoir mieux l'aborder et si vous le souhaitez, vous y aventurez Ă  votre tour. Je suis Lise, hĂŽte de ce podcast et cofondatrice des Art Dating, des accompagnements personnalisĂ©s, des formations et des Ă©vĂ©nements qui permettent aux artistes de mieux valoriser leurs dĂ©marches, de dĂ©ployer leur potentiel et d'Ă©largir leur rĂ©seau. Vous pouvez retrouver le podcast et les Art Dating sur Instagram. Aujourd'hui, je reçois Margot Bossard, restauratrice d'Ɠuvres d'art spĂ©cialisĂ©e dans les Ɠuvres contemporaines. Une spĂ©cialitĂ© peu commune dans ce domaine, et vous le verrez, pleine de dĂ©fis. Margot nous emmĂšne en immersion, du moins en parole, dans son mĂ©tier, que ce soit Ă  l'atelier ou en dehors. Nous avons aussi Ă©changĂ© sur tout l'aspect Ă©thique qui encadre son activitĂ©, et vous verrez, elle nous offre mĂȘme gĂ©nĂ©reusement quelques conseils prĂ©ventifs. J'ai adorĂ© l'Ă©couter parler de son mĂ©tier unique et de la maniĂšre dont elle l'aborde. J'espĂšre alors que cet Ă©pisode mettra un petit peu de lumiĂšre sur ce mĂ©tier de l'ombre du milieu de l'art. Bonne Ă©coute ! Bonjour Margot, comment vas-tu ? Je vais bien,

  • Speaker #1

    ça va trÚs bien et toi ?

  • Speaker #0

    Eh bien ça va trĂšs bien, merci beaucoup d'ĂȘtre lĂ . Donc Margot, tu es restauratrice d'Ɠuvres d'art et tu as choisi une spĂ©cialitĂ© qui n'est... Pas n'importe laquelle, puisque tu as dĂ©cidĂ© de te consacrer Ă  la restauration d'Ɠuvres d'art contemporaines. Alors, ça peut paraĂźtre un peu classique, parce que quand on est historien ou historienne de l'art, beaucoup de personnes se spĂ©cialisent dans l'art contemporain, mais dans le cadre de la restauration d'Ɠuvres d'art, tu nous en diras un petit peu plus, ce n'est pas une spĂ©cialisation qui est si commune. Mais dans un premier temps, ce que je vais te demander, c'est de me raconter comment s'est faite, toi, ta rencontre avec le milieu de l'art de maniĂšre gĂ©nĂ©rale. Merci.

  • Speaker #1

    Tout d'abord, merci Lise de m'accueillir dans ton podcast. C'est assez touchant pour moi, puisqu'en fait, on a commencĂ© nos projets respectifs au mĂȘme moment. Et puis, je constate en Ă©tant ton invitĂ©e que tout se passe pour le mieux pour toi, tout comme moi. Donc, je t'en remercie spĂ©cialement. Alors, depuis que j'Ă©tais toute petite, j'ai toujours voulu faire le mĂ©tier de restaurateur, depuis que je suis toute petite, en ayant vu un reportage Ă  la tĂ©lĂ©vision. Mais avant ça, je ne sais pas si... Ma carriĂšre, disons, trouve sa source ici, mais je dirais que mon premier contact avec l'art qui m'a fait pressentir que j'allais aimer ça, je crois que c'est avec une Ɠuvre de Jean-Baptiste Corot. Souvenir de Mort-Pontel, qui est un tout petit tableau exposĂ©, je crois, au Louvre. Et chez ma grand-mĂšre, dans la salle Ă  manger, il avait une reprĂ©sentation de cet oeuvre, monumentale en tapisserie. Dans mes souvenirs, ça paraissait vraiment gigantesque, puisque j'Ă©tais petite. Et puis, cette heure, j'Ă©tais dans la salle Ă  manger, et Ă  chaque repas de famille, j'Ă©tais face Ă  elle, et je m'amusais toujours Ă  me perdre dans la reprĂ©sentation, et Ă  m'imaginer ĂȘtre vraiment au cƓur de l'Ɠuvre et au cƓur de... de ce qu'elle reprĂ©sentait, Ă  savoir, je crois que c'est dans un paysage, et il y a, dans mes souvenirs, ce sont des jeunes filles qui cueillent des fruits au bord d'un lac. Alors je m'imaginais que j'allais me balader en forĂȘt, au prĂ©culaire, que j'allais cueillir avec ces bonnes petites filles des fruits dans les bois. Oui, parce que j'aimerais que j'en ai un souvenir assez particulier et nostalgique. Je t'aime pas, je t'aime pas. Que tout naĂźt de l'art, mais en tout cas, ça m'a laissĂ© un souvenir trĂšs fort.

  • Speaker #0

    Donc tu as cet amour de l'art qui naĂźt assez jeune, finalement. Mais quand tu es restauratrice d'Ɠuvres d'art, il faut aussi ĂȘtre trĂšs habile techniquement parlant. Est-ce que tu avais un amour du dessin, un amour de la crĂ©ativitĂ©, par exemple ?

  • Speaker #1

    Quand j'Ă©tais trĂšs petite, oui. Et en fait, au fil des annĂ©es, plus j'ai grandi, je dirais qu'Ă  partir de mes deux licences, on commençait Ă ... Bye bye plus Ă©loignĂ© de ça, mais je me suis rendu compte que je n'avais pas assez d'imagination pour pouvoir me plaire dans la crĂ©ation, pouvoir dessiner, peindre, etc. Je mets beaucoup les travaux manuels, il fallait ĂȘtre habile, mais tout ce qui suscitait l'imagination et la crĂ©ativitĂ©, au fur et Ă  mesure, c'Ă©tait devenu compliquĂ©, d'autant plus que... En parallĂšle du lycĂ©e, je faisais des cours d'art appliquĂ© dans une Ă©cole, vraiment Ă  titre de loisir. Et puis j'ai remarquĂ© qu'en fait cette frustration, elle naissait de plus en plus et que j'avais moins de goĂ»t Ă  y aller parce que j'avais cette pression de dire que j'arrive Ă  avoir de l'imagination pour faire quelque chose.

  • Speaker #0

    Tu vas en Ă©cole de restauration d'Ɠuvres d'art, tu fais directement ça aprĂšs ton bac ?

  • Speaker #1

    Oui, j'ai utilisé l'histoire de la rÚgle. Comme je te le disais, depuis que j'étais plus petite, j'avais envie de faire ça. AprÚs, c'est vrai qu'en grandissant, j'avais l'autre ambition et l'idée. Parfois,

  • Speaker #0

    je suis quelquefois aussi un peu farfelue.

  • Speaker #1

    Mais au final, Ă  partir du lycĂ©e, et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  partir de la terminale, mon choix a Ă©tĂ© fait et je savais que je devais le faire. restaurer des hommes d'art, mais la difficultĂ© Ă©tant que c'est vraiment une filiĂšre de niche. Et donc oui, je me suis dĂ©cidĂ©e Ă  ĂȘtre restauratrice d'hommes d'art quand j'Ă©tais en terminale. Mais d'une part, l'Ă©cole que j'avais repĂ©rĂ©e, qui est l'Ă©cole GondĂ©e, Ă©tait situĂ©e Ă  Paris. Je suis aux aĂźnĂ©s du nord de la France. Et donc dĂ©jĂ  d'une part Ă  17 ans, Ă  l'occasion de mon bac ou de mon mariage, c'Ă©tait pas une dĂ©clination, je me sentais pas mature pour ça. Et puis d'une autre part... En fait, je ne trouvais pas lĂ©gitime de commencer ce cursus en me connaissant trĂšs sĂ©rieusement. Pour moi, c'Ă©tait logique de d'abord Ă©tudier les Ɠuvres d'art et ensuite pouvoir aspirer Ă  les conserver et Ă  les restaurer. Il faut forcĂ©ment connaĂźtre l'Ɠuvre et son histoire pour pouvoir agir sur elle et bien agir sur elle.

  • Speaker #0

    C'est un métier qui se pratique beaucoup en indépendant ?

  • Speaker #1

    Alors il y a deux cas de figure. Les restaurateurs qui travaillent pour les institutions publiques, les musées, et aprÚs il y a toute une partie qui travaille de maniÚre indépendante et surtout pour des hÎtels privés, privés de professionnels, des galeries. des marchands, des maisons de vente, etc. Et puis, une autre partie, plutÎt des collectionneurs. Collectionneurs et Amazon.

  • Speaker #0

    Et toi, en plus, en tant qu'indĂ©pendante, j'ai l'impression que tu es dans chaque maillon de la chaĂźne. Tu n'es pas juste exĂ©cutante, tu es aussi Ă  la partie un peu R&D, mĂȘme si tu essayes de ne pas trop y donner de tasse, la partie commerciale aussi. Donc, c'Ă©tait un choix pour toi d'exercer en indĂ©pendante pour ça

  • Speaker #1

    C'est pas le choix.

  • Speaker #0

    Ça s'est fait naturellement.

  • Speaker #1

    C'est pas le choix. Puisque ĂȘtre embauchĂ©e dans un atelier en France, c'est pas possible. C'est pas possible puisque gĂ©nĂ©ralement, c'est des salariĂ©s Ă  utiliser. On fait un compte en Europe. Tu travailles un peu contre, mais tu te rends compte d'un atelier, ce qui n'est vraiment pas intĂ©ressant. Et puis il y a aussi le fait que de tous les ateliers que je peux connaĂźtre ici Ă  Paris, il n'y en a pas un dans lequel Je peux me retrouver et ĂȘtre heureuse dans la maniĂšre d'apprĂ©hender les Ɠuvres ou de les restaurer.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui te rend heureuse dans la maniĂšre d'apprĂ©hender et de restaurer les Ɠuvres ?

  • Speaker #1

    Je sais ce que je n'aime pas, ça c'est sĂ»r, mais en fait je pense que j'aime bien et j'apprĂ©cie surtout prendre mon temps. Prendre le temps d'observer l'Ɠuvre, de la voir pour soi, et puis de l'obscruter des moindres dĂ©tails.

  • Speaker #0

    Il y a trĂšs peu d'ateliers qui embauchent ou qui recrutent des personnes, et en plus j'imagine en particulier dans l'art contemporain, parce qu'on ne l'a peut-ĂȘtre pas assez soulignĂ©, mais c'est quand mĂȘme une spĂ©cialisation qui est... trĂšs rare en France en tout cas, vous ĂȘtes assez peu Ă  le faire non ?

  • Speaker #1

    Oui, donc il y a d'autres restaurateurs qui se disent spĂ©cialisĂ©s en art contemporain, mais qui pour autant en parallĂšle travaillent aussi sur des Ɠuvres anciennes, et donc c'est une collection qui
 qui m'Ă©preuve, c'est le principe de l'inviction. Mais pour moi, on ne peut pas jongler de l'un Ă  l'autre. ForcĂ©ment... Si on fait ça, au bout d'un moment, il y aura forcĂ©ment une erreur d'interprĂ©tation ou un geste qui sera maladroit et ça peut ĂȘtre dangereux. Je n'aime pas beaucoup dire ça par superstition, je pense, mais je pense que je suis en tout cas libre d'erreur Ă  consacrer mon travail de conservation et restauration uniquement aux arts contemporains. Merci. Je ne l'ai pas prĂ©cisĂ©, mais je pense que c'est important de le dire, pour moi, par contemporain, c'est les Ɠuvres Ă  partir de la prĂ©caritĂ©.

  • Speaker #0

    Et tu disais aussi que c'était trÚs niche, et donc est-ce qu'en conséquence, c'est trÚs difficile de rentrer dans une école de restauration d'Evreda ? Sur quels critÚres on te sélectionne ?

  • Speaker #1

    Les critĂšres sont trĂšs diffĂ©rents d'une Ă©cole Ă  une autre. L'Ă©cole mondiale est une Ă©cole privĂ©e, en parallĂšle Ă  Paris il y a deux autres L'Ă©cole publique, il y a une formation Ă  la CETEPOL et une autre Ă  l'INP, l'Institut National de la Tribune. Pour entrer dans ces Ă©coles, surtout l'INP, c'est sur concours, c'est un programme qui est extrĂȘmement compliquĂ©. Et gĂ©nĂ©ralement, ceux qui passent le concours, Ils se sont prĂ©parĂ©s par exemple en faisant l'Ă©cole que j'ai faite, souvent en trois ans, voire mĂȘme en cinq ans, pour pouvoir juste uniquement passer le concours, sans forcĂ©ment aussi ĂȘtre pris. Et pendant ce concours, c'est des Ă©preuves de copie, de dessin, mais quand mĂȘme Ă  la derniĂšre poussĂ©e. Il y a aussi... Des questions scientifiques, on demande Ă©galement de faire un constat d'une heure, de proposer un traitement. Donc en fait, c'est des choses vraiment dĂ©jĂ  prĂ©cises qu'on apprend normalement Ă  l'Ă©cole, qui sont dĂ©jĂ  demandĂ©es dans l'avenir. À l'Ă©cole, l'admission se fait sur un quotidien.

  • Speaker #0

    Avant,

  • Speaker #1

    il y a un petit test de culture gĂ©nĂ©rale qu'on a Ă  faire. Et aprĂšs, c'est sur l'entretien, des motivations, d'Ă©crire ses aptitudes. Il faut aussi quand mĂȘme montrer un book. Mais on ne sait pas, s'il n'y en a pas, ce n'est pas quelque chose qui est bon. qui est illuminatoire. Et je dirais qu'en fait, l'Ă©clatement se fait petit Ă  petit dĂšs la premiĂšre annĂ©e. La premiĂšre annĂ©e, on est vraiment vraiment en train. Moi en 2016, quand j'Ă©tais en fin de l'annĂ©e, je crois qu'on Ă©tait le grand groupe de vente. LĂ , je crois qu'actuellement, c'est des classes de plus de 60, 60-80 personnes. Et par exemple, Ă  la fin de mon cursus, dans ma spĂ©cialitĂ©, on Ă©tait le plus simple. Donc, l'Ă©clairage, c'est fait dĂšs la premiĂšre annĂ©e, puisque c'est Ă©normĂ©ment de travail, et c'est beaucoup de connaissances Ă  acquĂ©rir dans plusieurs domaines trĂšs diffĂ©rents, les sciences, l'histoire de l'art, les sciences de matĂ©riaux, le dessin, la copie. Il y a aussi un peu la premiĂšre annĂ©e de crĂ©ation artistique. Et souvent, les Ă©lĂšves se rendent compte d'eux-mĂȘmes que ce n'est pas fait pour eux. Ou bien on leur fait savoir qu'ils ont de trop grosses lacunes dans un domaine et donc on les remonte vers une filiĂšre qui est mieux pour eux.

  • Speaker #0

    C'est quand mĂȘme trĂšs complet. Il n'y a pas beaucoup de formations qui ont Ă  la fois ce cĂŽtĂ© intellectuel et en mĂȘme temps le cĂŽtĂ© pratique. C'est fascinant, ça donne vraiment envie de voir comment ça se passe de l'intĂ©rieur. Et ma question venait de lĂ , parce que des fois il y a des choses oĂč on se dit qu'on peut toujours apprendre en Ă©tant formĂ©. Mais quand on voit comment sont faites les sĂ©lections, en particulier Ă  l'INP, on voit que quand mĂȘme les personnes attendent un certain talent dĂ©jĂ  prĂ©sent. Est-ce que toi tu penses que tout le monde avec de l'entraĂźnement peut rĂ©ussir Ă  faire ça, comme dans d'autres mĂ©tiers, ou bien il faut quand mĂȘme avoir une certaine aptitude au prĂ©alable ? Est-ce que tu as rencontrĂ© par exemple des profils de personnes qui n'Ă©taient pas forcĂ©ment excellentes en dessin, qui ont eu des entretiens ? dans ton Ă©cole et qui se sont avĂ©rĂ©es avoir une progression assez impressionnante au fur et Ă  mesure ?

  • Speaker #1

    J'en suis l'exemple mĂȘme, je suis Ă  un niveau catastrophique en dessin, parce que je n'aime pas ça. Je sais que c'est surprenant de dire ça et c'est peut-ĂȘtre pas rassurant, mais j'ai eu l'horreur, pendant mes Ă©tudes, j'avais eu l'horreur du dessin et de la copie. Et pour ma part, quand je n'ai pas quelque chose, je n'y arrive pas. Une forcĂ©e, je n'y arrivais pas et j'Ă©tais trĂšs nue lĂ -dedans. Mais je compensais beaucoup en Ă©tant, par exemple, en ayant beaucoup de connaissances en histoire de l'art, ou en ayant une bonne technicitĂ© dans les travaux pratiques de restauration, ou encore avoir une bonne logique dans les sciences de matĂ©riaux. Donc rien n'est perdu, mais je pense qu'il y a quand mĂȘme des matiĂšres et des qualitĂ©s qui sont essentielles, comme par exemple le fait justement de ne pas avoir d'imagination et de crĂ©ativitĂ©, parce que ça c'est mĂȘme dangereux quand on est restaurateur, puisque quand on a vraiment cette aptitude qui est trĂšs dĂ©veloppĂ©e, on a peut-ĂȘtre tendance Ă  rĂ©interprĂ©ter une Ɠuvre. Ce qui est absolument trĂšs possible.

  • Speaker #0

    Quand tu parles des dĂ©rives comme ça, ça me fait penser un peu comme dans certaines professions, il y a une certaine Ă©thique. Dans la mĂ©decine, ça va ĂȘtre le serment d'Hippocrate, par exemple. En restauration d'Ɠuvres d'art, vous avez des valeurs vraiment qu'on vous inculque de façon trĂšs transparente, comme ça.

  • Speaker #1

    Il y a un code déontologique aussi.

  • Speaker #0

    Un code déontologique, c'est ça.

  • Speaker #1

    Un restaurateur. Mais c'est intĂ©ressant que tu poses cette question parce qu'en fait, ce code dĂ©automagique, il n'est pas forcĂ©ment adaptĂ© dans les cas de la conservation et restauration des Ɠuvres d'art contemporaines.

  • Speaker #0

    Ah d'accord.

  • Speaker #1

    Parce que ça fait appel Ă  des valeurs qui ne sont pas vraiment applicables aux Ɠuvres d'art contemporaines. Je n'ai plus le texte sous les yeux, mais j'avais Ă©tudiĂ© ça, si tu me parles de mon mĂ©moire, mais il y a vraiment des incohĂ©rences. Donc, moi je suis trĂšs honnĂȘte, je ne dis pas que j'adhĂšre Ă  ce code Ă©thique parce que je ne peux pas, mais pour certains points, mais globalement, il y a des choses Ă  respecter et Ă  suivre.

  • Speaker #0

    C'Ă©tait parti dans l'optique de restaurer des Ɠuvres d'art plus ou moins anciennes. Qu'est-ce qui t'a fait switcher d'opinion ?

  • Speaker #1

    Pour rester polie, ça m'a progressivement profondĂ©ment ennuyĂ©e puisque ce sont des analyses et des gestes qui sont trĂšs rĂ©parbatifs. Une peinture Ă  griffes, la dĂ©pression, la laitoie, la dĂ©vergure, s'il y a quelque chose Ă  faire au support, un petit peu d'ermestique, une reverie, un peu de touche, c'est quasiment toujours un truc, sauf des cas exceptionnels oĂč il y a un travail ou autre Ă  faire actuellement, mais sinon c'est toujours une chose. C'est un aspect qui moi m'a... J'Ă©tais presque Ă  un moment dĂ©goĂ»tĂ© du mĂ©tier. Et puis je me suis beaucoup remise en question Ă  ce moment-lĂ . D'autant plus qu'au mĂȘme moment, quand je commençais aussi Ă  m'intĂ©resser Ă  la restauration de la ContemporĂ©e, j'ai fait aussi quelques stages, des ateliers sur papier spĂ©cialisĂ© dans le forum. En fait, quand j'y Ă©tais, je me suis rendue compte que, un, ce n'Ă©tait pas le cas, et deux, Le traitement des heures n'Ă©tait pas assez optimale. Et donc j'ai eu cette remise en question de par le fait de... Est-ce que j'ai envie dans ma vie de toujours voir mes deux fautes et de faire toujours la mĂȘme chose ? Et un autre, est-ce qu'il est possible de restaurer la propre ? J'ai envie que j'en vive.

  • Speaker #0

    Il y a un cĂŽtĂ© presque rĂ©pĂ©titif dans la maniĂšre dont ils sont les Ɠuvres d'art plus anciennes, parce qu'on connaĂźt trĂšs bien. Les matĂ©riaux, la maniĂšre de faire, toi tu avais besoin d'un petit peu de challenge aussi, de nouveautĂ©s. Ce n'est pas la voie de la facilitĂ©, mais au final, ça te stimule beaucoup plus.

  • Speaker #1

    Oui, ça me stimule plus, ça me stresse plus aussi. J'espĂšre quelquefois quand on me prĂ©sente une Ɠuvre, j'essaie de me faire ressentir, d'avoir Ă©normĂ©ment confiance en moi. Oui, bien sĂ»r, on va faire quelque chose, c'est possible. Je dis pas que c'est nul, ça va ĂȘtre fait, que c'est faisable, ça va ĂȘtre fait. Je dis oui, c'est possible, ça fait trĂšs plaisir. Et puis, l'instant d'aprĂšs, je me dis, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Je ne vais jamais y arriver, mais c'est impossible. Comment est-ce que je vais faire ? Et il se passe du temps, beaucoup de temps. Et puis, au final, je m'y mets et c'est bon, je m'arrĂȘte. C'Ă©tait pas... C'est pas assez compliquĂ© que ça, si je n'ai pas, je vais le faire. Mais Ă  chaque fois,

  • Speaker #0

    je sais toujours qu'à ça,

  • Speaker #1

    il y a toujours ce moment oĂč je me dis, mais Margot, pourquoi il faut toujours que tu fasses, que tu en fasses toujours Ă  ta tĂȘte, que tu passes toujours autrement, et que tu te trouves dans des situations comme ça qui sont impossibles, et que tu ne passes plus Ă  ta faute.

  • Speaker #0

    En plus, tu es un petit peu seule dans ton problĂšme, vu que Vous n'ĂȘtes pas beaucoup Ă  faire ce que tu fais, tu peux pas trop appeler une collĂšgue ?

  • Speaker #1

    Oui, je peux toujours demander conseil à d'autres restaurateurs. De toute façon, tout agit et va apprendre. J'ai gardé aussi contact avec un atelier, j'ai dit avec un stage de sale qui m'avait aidée dans les voies de vue.

  • Speaker #0

    Vous ĂȘtes trĂšs peu nombreux Ă  restaurer l'art contemporain, mais est-ce que c'est pour des raisons structurelles aussi, dans la maniĂšre dont vous ĂȘtes formĂ©e ?

  • Speaker #1

    C'est vrai que vendre un vieux face mĂ©tier, en tout cas pour ma part, moi, quand j'ai vendu face mĂ©tier, c'Ă©tait pour toucher des Ɠuvres d'art anciennes, c'Ă©tait pas pour restaurer une barriĂšre qui a Ă©tĂ© peinte la veille. Et donc je pense qu'il y a aussi ce souci peut-ĂȘtre de lĂ©gitimitĂ© aussi. On peut se dire qu'en contrastant avec la contondance de la restauration, ce n'est pas utile, ce n'est peut-ĂȘtre pas non plus une flat-term, alors que c'est absolument passionnant.

  • Speaker #0

    On va venir petit Ă  petit au sujet de la restauration d'Ɠuvres d'art contemporaines, parce que tu as commencĂ© Ă  nous le dire, il y a vraiment des spĂ©cificitĂ©s. DĂ©jĂ , on peut avoir ce biais de se dire qu'il n'y a que les Ɠuvres anciennes qui s'abĂźment avec le temps et donc qui ont besoin de restauration. Éventuellement, on peut s'imaginer qu'une Ɠuvre d'art contemporaine a besoin d'ĂȘtre restaurĂ©e parce qu'elle a Ă©tĂ© cassĂ©e, abĂźmĂ©e. Mais est-ce qu'il y a d'autres raisons, en dehors de la casse accidentelle, qu'une Ɠuvre d'art contemporaine aurait besoin d'ĂȘtre restaurĂ©e ?

  • Speaker #1

    Il y a du temps aussi, mine de rien. Il y a des matĂ©riaux qui peuvent se fragiliser et se dĂ©tĂ©riorer trĂšs rapidement. Donc il y a comme tu le dis des accidents, que ce soit dans le lieu oĂč est exposĂ© ou consacrĂ© l'Ɠuvre. Aussi des accidents de transport, ce qui arrive trĂšs souvent, d'autant plus que le marchĂ© de l'art contemporain est un marchĂ© extrĂȘmement magnifique, oĂč une Ɠuvre peut ĂȘtre vendue aujourd'hui aux États-Unis, elle va partir dans une phase de 12 heures. Elle part dans son 12h, il faut qu'elle se rende et que ça monte le tas. On ne sait pas en quel tas elle va arriver lĂ -bas. Et puis peut-ĂȘtre qu'une fois rĂ©cupĂ©rĂ©e chez le collectionneur, ça ne lui plaira plus. Et puis il va dĂ©cider d'avoir besoin d'en ajouter une autre. Et trois semaines aprĂšs, elle va se retrouver encore au bout du monde. Et ça, c'est le lot de beaucoup de vos dards. Il y a aussi... Les problĂ©matiques liĂ©es au dĂ©conseil sur l'Ɠuvre, au vandalisme. Il y a beaucoup de choses qui ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es.

  • Speaker #0

    C'est liĂ© aussi aux matĂ©riaux de l'art contemporain qui sont diffĂ©rents. Je le sais parce qu'on s'en Ă©tait parlĂ© en offre. On n'allait pas imaginer que j'ai des connaissances hyper poussĂ©es et abouties. Mais tu m'expliquais en offre, quand on s'Ă©tait rencontrĂ©s, quand on avait discutĂ© avant de faire le podcast, que par exemple les pigments de la peinture n'Ă©taient pas les mĂȘmes que dans les Ɠuvres anciennes et que parfois les Ɠuvres contemporaines... Il peut se dĂ©tĂ©riorer beaucoup plus vite ?

  • Speaker #1

    Oui, il y a les pigments, il y a les liens, il y a aussi les nouveaux mĂ©diums. Par exemple, il y a deux cas de figure. Soit oui, effectivement, ça peut se dĂ©tĂ©riorer plus vite, soit ça peut aussi se dĂ©tĂ©riorer plus facilement et dans d'autres conditions qui sont plus accessibles que les conditions de dĂ©tĂ©rioration que les Ɠuvres. anciennes, traditionnelles, par exemple le cas des Ventures acryliques, qui est quand mĂȘme assez trĂšs commun dans la production artistique de Vigo depuis les annĂ©es 60. Il y a vraiment des contraintes de tempĂ©rature Ă  respecter puisque techniquement la tempĂ©rature de transition vitreuse de la peinture acrylique est de 25 degrĂ©s, ça veut dire qu'Ă  cette tempĂ©rature les composants du matĂ©riau vont ĂȘtre modifiĂ©s et donc ça va modifier les caractĂ©ristiques de la peinture et maintenant c'est ce que j'ai mis. Ce qui peut causer des soucis de dĂ©propression ou bien des soucis de dĂ©façon, puisqu'elle peut plus facilement s'immiscer sur la peinture et rester en rustique. Il y a Ă©galement le cas de la peinture Ă  l'huile qui est un mĂ©dium qui a Ă©tĂ© utilisĂ©. pas de tout au long mais dĂšs le 15Ăšme siĂšcle. Mais pour autant les peintures actuelles dĂ©jĂ  ne sont pas les mĂȘmes et en plus de ça, une peinture Ă  l'huile qui a moins de 100 ans n'aura pas non plus les mĂȘmes caractĂ©ristiques physico-chimiques qu'une peinture qui est plus ancienne que ça. Donc lĂ  aussi ça va... Ça peut poser des soucis de conservation et aprĂšs des soucis d'intervention sur l'Ɠuvre. Et puis aprĂšs, il y a l'usage de matĂ©riaux et d'objets qui ne sont pas initialement conformes Ă  la production artistique. Et en plus, ça peut ĂȘtre des objets prĂ©visibles. Il y a aussi des assemblages, soit de peintures, soit de matĂ©riaux qui sont contradictoires et qui peuvent de mĂȘme altĂ©rer l'Ɠuvre. Par exemple, actuellement, je travaille sur l'exemple de Louis Sarrel, qui sera d'ailleurs prochainement exposĂ© en Suisse, oĂč le souci pour une partie de ses Ɠuvres... La partie scĂ©narque qui a Ă©tĂ© conçue, ce sont des peintures acryliques sur toile montĂ©es sur le chĂąssis. Et sur ces peintures, il y a des sortes de tasseaux. Je n'ai pas su cerner le matĂ©riau prĂ©cisĂ©ment. Ça ressemble Ă  du carton, mais en mĂȘme temps, c'est assez plastifiĂ©. Ce matĂ©riau est dĂ©coupĂ©, peint, coupĂ© et collĂ© sur la toile. Et en fin de compte, c'est un matĂ©riau qui est beaucoup trop solide par rapport Ă  la toile. Et donc, en fin de compte, les variations de tension de la toile vont faire que ces morceaux, ces tasseaux vont se dĂ©coller. Et encore, ça va, dans ce cas-lĂ , ça se dĂ©colle, mais ça peut engendrer aussi...

  • Speaker #0

    carrément la revulsion de la toile.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais de la peinture acrylique, alors oui, beaucoup d'artistes utilisent la peinture acrylique. Et c'est vrai que tout ce que tu dis Ă  ce sujet amĂšne Ă  se poser la question du choix des matĂ©riaux quand on est artiste et quand on est collectionneur d'art, de bien faire attention aussi, pas seulement Ă  l'esthĂ©tique de l'Ɠuvre, mais Ă  quels matĂ©riaux ont Ă©tĂ© utilisĂ©s. Je pense que tout le monde n'y fait pas trĂšs attention, surtout si on dĂ©bute. Est-ce que tu aurais des... Des conseils, par exemple Ă  destination des artistes, pour faire des Ɠuvres qui soient durables, mais toujours avec peut-ĂȘtre un budget pas trop exponentiel, parce que c'est trĂšs bien quand on commence, on n'a pas un Ă©norme budget pour ses matiĂšres premiĂšres.

  • Speaker #0

    Par provocation, je dirais de ne pas faire attention. Parce que pour moi, un artiste ne doit pas se limiter. Il doit vraiment profiter de la crĂ©ativitĂ© et de l'imagination qu'il a pour faire ce qu'il a envie de faire et donc d'utiliser les matĂ©riaux qu'il souhaite, de les assembler comme il souhaite. AprĂšs par la suite ce sera le problĂšme de restaurateurs comme moi. Mais aprĂšs si vraiment c'est le but de l'artiste de crĂ©er une Ɠuvre qui soit... qui sont d'ailleurs immortelles, je lui conseillerais de faire comme les peintres flamands du XVe siĂšcle, de retourner Ă  la technique de la peinture Ă  l'huile et de savoir l'exĂ©cuter brillamment, puisque avec Ă©normĂ©ment de siĂšcles de recul, On se rend compte que ce sont les types de peintures qui sont vraiment les mieux conservĂ©es et qui sont dans un Ă©tat trĂšs exceptionnel.

  • Speaker #1

    C'est comme dans tout, c'est les techniques de grand-mÚre, ils sont toujours les meilleurs. Et quelle est la place de la science dans tout ça ? Parce que tu as parlé de matiÚre scientifique en école. Là, je ressens que tu étudies plein de matériaux différents. Quelle est la place de la science dans ton métier ?

  • Speaker #0

    Je suis en train de me faire un petit dĂ©jeuner. Et ce qui n'est pas moi en particulier, je me renseigne auprĂšs de chercheurs et de scientifiques qui ont vraiment cette capacitĂ© d'Ă©tudier les matĂ©riaux extĂ©rieurs ou pas que. En fait, dans le mĂ©tier de conservateur et de conservateur, je pense qu'il faut distinguer deux types de... De personnalitĂ© ou de compĂ©tence, il y a le restaurateur exĂ©cutant qui va manuellement, techniquement restaurer les Ɠuvres d'art. Et puis, Ă  cĂŽtĂ© de ça, il y a le restaurateur-chercheur qui, lui, travaille dans un laboratoire. C'est un laboratoire, un musĂ©e public, un laboratoire privĂ©, et qui va se pencher sur des problĂ©matiques scientifiques. Ă  un matĂ©riau, Ă  un artiste, Ă  un artiguier, ou bien Ă  une technique de restauration. De moi-mĂȘme, je n'analyse pas scientifiquement les matĂ©riaux, mais je me renseigne prĂšs de ces opĂ©ratoires qui publient rĂ©guliĂšrement leurs recherches. En France, assez peu, Ă  l'Ă©tranger surtout.

  • Speaker #1

    Ils te servent de leurs Ă©tudes, mais quand mĂȘme pouvoir les dĂ©crypter.

  • Speaker #0

    Oui, ça c'est quelque chose qu'on apprend longtemps. des Ă©tudes de conservation et restauration. On est mĂȘme aussi amenĂ© Ă  proposer, en sujet de recherche technico-scientifique, de l'exĂ©cuter et d'analyser les rĂ©sultats de cette recherche. Et puis ça demande Ă©normĂ©ment de temps, et en plus du temps qui ne peut pas ĂȘtre facturĂ©, parce que je ne vais pas expliquer en disant que j'ai ce problĂšme-lĂ , je vais devoir rĂ©aliser ceci, rĂ©aliser cela, pour ça je vais devoir crĂ©er aussi les chantiers et puis les observer avec. Merci. Avec des outils, ou devoir faire des mesures de brillance et de couleur, voilĂ , puis je vais me placer six mois dessus, et puis je vais m'effectuer. Il va me dire, pour ĂȘtre polie, il va me dire merci. Donc c'est pour ça aussi que c'est deux choses trĂšs diffĂ©rentes.

  • Speaker #1

    Mais c'est super intĂ©ressant parce que ça permet de voir tous les mĂ©tiers, entre guillemets, de l'ombre. du monde de l'art parce que quand on pense au monde de l'art, on pense galerie, on pense agents, on pense artistes Ă©videmment ou personnels des musĂ©es mais en fait il y a des scientifiques moi je trouve ça fascinant qui travaillent Ă  Ă©tudier comment restaurer au mieux les Ɠuvres d'art, qui Ă©tudient les matĂ©riaux il y a des personnes comme toi qui sont peut-ĂȘtre intervenues sur des tableaux sans mĂȘme qu'on s'en rende compte parce que je pense que c'est ça aussi l'objectif c'est qu'on ne voit pas qu'il y a eu des rĂ©sultats restauration. Donc je trouve que ça illustre bien tout ce panel de mĂ©tiers.

  • Speaker #0

    Et pour revenir Ă  ta question de, ne restons pas d'art traditionnel, mais d'art actuel, disons, par contemporain, en fait, au-delĂ  des matĂ©riaux qui sont dans le problĂšme de la technologie, il y a aussi quelque chose de trĂšs autrement. Par rapport Ă  eux, qui sont plutĂŽt lĂ  et qui suivent, par exemple, dans le temps politique, c'est un peu plus... Jusque dans les annĂ©es 10-20, les matĂ©riaux dans l'Ɠuvre servaient Ă  servir l'image. L'image d'une Ɠuvre, d'une peinture est possible grĂące au matĂ©riau. Et je dirais Ă  partir des annĂ©es 10-20, avec par exemple les emails de Michel pour l'enseignement, on fait en compte le matĂ©riau, le circuit de support Ă  l'image, le matĂ©riau... Le vidĂ©o va servir de son soin Ă  l'oeuvre et va ĂȘtre parfois mĂȘme le sujet de l'Ă©preuve. LĂ  aussi, ça pose des questions particuliĂšres, puisque, par exemple, si j'agis sur un matĂ©riau qui fait partie intĂ©grante de l'Ɠuvre et du sujet de l'Ɠuvre, est-ce que je ne vais pas altĂ©rer le sujet mĂȘme de l'Ɠuvre ? Donc, clairement, ce sont des questions qui peuvent ĂȘtre compliquĂ©es, particuliĂšres, mais... C'est mieux si je donne un exemple concret avec par exemple le collectif PrĂ©sence Confumette. Je pense que ça se dit comme ça. C'est pas Ă©normĂ©ment connu. Ils ont fait surtout des assemblages d'objets assez focs et ils utilisaient surtout des... des objets trouvĂ©s par exemple dans les rubĂšnes. Et j'ai ce souvenir d'une Ɠuvre qui a Ă©tĂ© faite avec, par exemple, des tableaux trouvĂ©s dans la rue qui Ă©taient percĂ©s, dĂ©chirĂ©s, etc. LĂ , dans ce cas-lĂ , dans une grande chose, l'additionnaire nous dit, oui, ces tableaux, on va les contrĂŽler, on va reprendre les dĂ©chirures, et puis on va les retoucher. D'accord, mais lĂ , dans ce cas-lĂ , si on veut ça, si on prend ce tableau, si on les entendait trop belles, et qu'on l'envoie, on reprend les dĂ©chirures, on le touche, on compte, lĂ , il n'y aura plus de sens.

  • Speaker #1

    D'oĂč aussi le fait de bien connaĂźtre l'histoire des tableaux. Bon, Ă©coute, on va passer aux questions signatures. Pour terminer cette interview, premiĂšre question, c'est selon toi, de quoi le monde de l'art a-t-il besoin ?

  • Speaker #0

    J'ai deux réponses. Une réponse plutÎt professionnelle et une assez plus personnelle. Je dirais que le monde de l'art avait besoin de plus de précautions et de moins de sérieux.

  • Speaker #1

    C'est déjà ressorti, le fait de moins se prendre au sérieux.

  • Speaker #0

    Je pense que c'est prĂ©caution dans le sens oĂč il faut quand mĂȘme prendre soin des objets d'art, mĂȘme si ça fait partie de la vie, mĂȘme si ça peut ĂȘtre un objet commun. Il faut vraiment prendre ces dispositions, que ce soit fin collectionneur, que ce soit professionnel, galerie, etc., pour conserver ses Ɠuvres, parce que... Si on a une maladresse ou si on fait une erreur dans la maniĂšre de conserver l'heure, ça peut ĂȘtre catastrophique. Ça, c'est la conscience professionnelle qui parle. Et le moins sĂ©rieux, ce que j'ai besoin de justifier.

  • Speaker #1

    Je pense que chacun comprend implicitement ce que tu veux dire.

  • Speaker #0

    Moi, je suis moins sérieuse dans le sens, oui, se prendre.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Sinon, ce serait contradictoire avec la premiÚre partie de ta réponse, mais je pense qu'on voit tous trÚs bien ce que tu veux dire. DeuxiÚme question, quel est ton meilleur souvenir en rapport avec le milieu artistique ?

  • Speaker #0

    C'est pas facile parce que j'aime beaucoup.

  • Speaker #1

    Tant mieux, tant mieux.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si c'est mon meilleur souvenir, mais je dirais que c'est ma grande surprise. C'est ma rencontre avec Beauty Chevy, ou en tout cas plutĂŽt ses Ɠuvres, au Galerie des Offices de Florence, et particuliĂšrement le printemps. Alors moi, jusque-lĂ , je ne sais pas, c'Ă©tait peut-ĂȘtre en 2017, Moi, jusqu'Ă  ce moment-lĂ , le chĂ©li, je me souviens, c'Ă©tait bien plein, c'Ă©tait mignon, mais bon, c'est pas ma tasse de thĂ©. Et quand je me suis retrouvĂ©e face au printemps, j'ai trouvĂ© ça d'une beautĂ© tellement rare et qui pourtant contrastait avec ma vision de... de l'artiste et de sa production. Et j'ai trouvĂ© ça tellement beau, ça m'a beaucoup Ă©mue, et je me suis dit, moi qui ne crois pas en Oran, moi qui ne crois en aucun dieu, je me suis dit, il y a forcĂ©ment quelque chose de sacrĂ© lĂ -dedans, que ça soit aussi merveilleux.

  • Speaker #1

    ça donne presque des frissons je rĂȘverais d'aller voir ce tableau parce que c'est vrai que c'est tous des chefs d'oeuvre qu'on connait que dans les livres et il y a quelque chose en plus qui se passe comme tu le dis quand on le voit en vrai donc avec plaisir pour aller voir ce tableau et ma derniĂšre question c'est est-ce que tu peux nous parler d'un objet ou d'une oeuvre d'art qui t'accompagne au quotidien je vais bien parler il y a donc un peu de champ dans cette petite partie c'est une

  • Speaker #0

    Petite loupe qui se... C'est un objectif macro qui se... Je me mets sur le tĂ©lĂ©phone d'Adepte et qui permet en fait de voir tous les petits dĂ©tails d'une Ɠuvre d'art et c'est quelque chose qui est Ă  chaque temps mauvais. Si je crois que je dois examiner une Ɠuvre d'art, c'est toujours ce moment que je prĂ©fĂšre parce que ça rĂ©vĂšle Ă©normĂ©ment de choses, que ce soit sur la technique de l'artiste, les matĂ©riaux, les interactions. C'est vraiment une immersion, un peu comme une dĂ©fonction dans l'Ɠuvre et donc j'ai souvent ça avec moi et comment je vais me sentir qui joue.

  • Speaker #1

    Génial, j'ai envie d'essayer je vais voir si je trouve un petit truc à regarder merci beaucoup Margot d'avoir répondu à mes questions merci à toi juste de m'avoir

  • Speaker #2

    Merci beaucoup d'avoir Ă©coutĂ© cet Ă©pisode. Si vous l'avez aimĂ©, vous pouvez venir me le dire sur le compte Instagram du podcast ou en envoyant un message directement Ă  Margot. J'en profite pour vous adresser une annonce de sa part, puisque Margot est Ă  la recherche d'un ou d'une conservateur-restaurateur avec un intĂ©rĂȘt particulier pour l'art contemporain et son marchĂ©, afin de contribuer au dĂ©veloppement des services proposĂ©s par son entreprise. Pour en savoir davantage sur cette opportunitĂ©, Vous pouvez la contacter directement par mail ou via les rĂ©seaux sociaux. Les coordonnĂ©es sont tous accessibles sur son site bossarconservation.com Je vous mets le lien en note du podcast. Un grand merci Ă  Kylian Goujon pour le mixage audio et la composition du gĂ©nĂ©rique. Merci Ă©galement Ă  La Perle, partenaire presse du podcast. N'hĂ©sitez surtout pas Ă  partager ce podcast Ă  vos amis qui souhaiteraient en savoir plus sur le monde de l'art ou Ă  vos collĂšgues et connaissances qui Ă©voluent ou souhaiteraient Ă©voluer dans ce milieu. Chaque mois, je publie une interview avec un invitĂ© inspirant et un Ă©pisode plus personnel en duo avec Axel, mon associĂ© dans les Art Dating. Je vous dis donc Ă  trĂšs vite pour un prochain Ă©pisode.

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