- Speaker #0
Bienvenue dans Inside Romance, le rendez-vous des passionnés du genre et de tous ceux qui veulent en percer les secrets. Moi c'est Emeline, lectrice invétérée et lectrice en devenir, et dans chaque épisode, je tends le micro à celles et ceux qui façonnent la romance d'aujourd'hui. Et si tu t'es déjà demandé à quoi ressemble le métier d'éditrice, quel impact a pu avoir les réseaux sociaux sur la manière d'éditer un livre, ou même le degré d'implication personnelle dans le choix d'un manuscrit, alors tu es au bon endroit, puisque aujourd'hui j'accueille Marine sur le podcast, éditrice chez Hugo Publishing. qui vient nous partager son expérience, mais aussi sa vision de la romance dans le monde éditorial. Enjoy ! Merci beaucoup déjà d'être là pour cet épisode. Je suis très contente de te recevoir, Marine. Et je vais te laisser te présenter peut-être en quelques mots. Dis-nous ce que tu as envie de nous dire sur toi.
- Speaker #1
Déjà, merci de me recevoir. Franchement, ça va être un plaisir. Me présenter, je m'appelle Marine Flour. Je suis responsable éditoriale sur la romance chez Hugo Publishing. C'est une entreprise dans laquelle je suis arrivée il y a dix ans maintenant. Voilà, où je m'éclate sur tout le domaine de la romance, là où c'était, à mon avis, pas forcément le domaine auquel j'étais prédestinée comme ça de base. Et je pense que je suis totalement passionnée par mon métier. Donc, en parler aujourd'hui, bien sûr, avec un énorme plaisir.
- Speaker #0
Incroyable. Mais du coup, tu me fais une excellente transition. pour la question que je pose à chaque fois, qui est, quelle est la première romance qui t'a donné envie d'en lire plus ou même peut-être d'en éditer ?
- Speaker #1
C'est très rigolo. C'est très rigolo parce que, côté personnalité, je suis, mais je pense, l'opposé de quelqu'un qui peut être romantique. C'est très, très, très loin de moi. Donc, la première romance, en fait, j'ai lu ma première romance en arrivant chez Hugo Publishing.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
où je suis arrivée chez Hugo, où j'étais passionnée par le phénomène de la romance à l'époque. C'était l'époque Beautiful Bastard After. Mais en fait, c'était vraiment l'aspect d'écrypter le phénomène de société que je trouvais incroyable. Là où me plonger dans les textes, j'étais une grande amatrice de fantaisie et donc la romance était loin de moi. Te citer la première que j'ai lue à cette époque-là, c'est hyper difficile. Merci. contre la petite anecdote rigolote. Je pense qu'à dos, dans ce côté anti-romantique, j'ai quand même un titre dont je me rappelle qui s'appelle Un garçon dans le désert. Je suis incapable de citer l'auteur. Qui était de la collection Claire Grenadine. Et donc, c'est un peu toute cette ambiguïté entre non, moi je ne suis pas romantique, jamais de la vie. Mais bon, quand même, un des livres que j'ai adoré à cette époque-là, c'est Un garçon dans le désert.
- Speaker #0
C'est marrant parce que je suis pareille, dans la vie, tous les jours, tu me mets des trucs romantiques, je me dis « you » , mais dans les livres, je suis en mode « oh, j'adore » . Et d'ailleurs, c'est drôle parce que moi, pour le coup, je réponds à ma propre question, mais une des premières romances que j'ai lues qui m'a donné envie d'en lire plus, c'est « Beautiful Bastard » de Christina Loren. Donc, comme quoi.
- Speaker #1
Mais où il départ, quoi ? Vraiment, dès le début de l'année romance, tu étais là ?
- Speaker #0
Je crois que c'est un des premiers livres vraiment que j'ai vus sur les réseaux, même si ce n'était pas trop développé encore à l'époque. en librairie et je suis passée en fait ça a été pile poil la transition entre mes lectrices ado, bit.ly twilight je suis passée directement à beautiful bastard grand écart et après c'était fini pour moi et en plus t'as un peu l'essor justement de la collection Hugo New Romance où t'as eu de plus en plus de livres et ça a été la
- Speaker #1
fin de ma vie sociale de lectrice mais moi c'est pareil une fois que j'ai plongé dedans chez Hugo Merci. Ça a été très rapide, et après, j'en suis plus jamais sortie. C'est-à-dire que j'ai basculé de « non, moi, le romantisme, jamais de la vie » à « en fait, je suis passionnée par ce qu'il est en train de se passer » ou « je trouve ça fou qu'un public qui ne lisait pas devienne un public de lecteurs, un public qui lit, mais une romance par jour. Comment on bascule de « je lis pas » à « je lis un livre par jour » ? » Je trouvais ça incroyable. Voilà, donc j'avais cet aspect très curieux de vouloir comprendre le phénomène. Ah ça y est, j'en lis moi aussi et bon, allez, ça y est, moi aussi j'ai plongé.
- Speaker #0
C'est incroyable. Est-ce que du coup, il y a dix ans, tu sortais, tu avais déjà eu une expérience dans l'édition, c'était vraiment ta première expérience. Comment est-ce que tu es justement, autre la curiosité, tu t'es dit, potentiellement je pars du milieu de la fantasy ou du milieu dans lequel tu étais avant pour aller dans cette romance, au-delà même de la curiosité, si c'était une opportunité. Comment est-ce que ça s'est passé si tu viens nous en parler ?
- Speaker #1
Alors, je pense que ça vient... Je reviens juste un tout petit peu sur mes études parce que ça explique comment je suis arrivée dans ce poste-là. En fait, j'ai fait un parcours sur mes études qui était moitié sur les métiers du livre et moitié sur la communication marketing. Et en fait, j'ai un peu toujours eu cette vision de j'aime faire les deux et comment j'arrive à lier édition et communication marketing. Et j'ai fini mes études par un stage dans une agence de communication, dans un service qui était dédié à des éditeurs.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et donc, du coup, j'ai fait six mois de stage chez eux. Après, j'ai été embauchée. Je travaillais pendant quatre ans pour cette agence de communication. Ça a été ultra formateur parce qu'en fait, ça m'a permis de travailler pour des éditeurs très, très, très différents où je travaillais sur des dictionnaires, sur de la BD, sur de la jeunesse, sur de la romance. Et c'était tous les lancements de livres, lancements de collections, stratégies sur les réseaux sociaux, de création de lignes éditoriales. Voilà. Et puis, les années filant, les éditeurs ne sont pas des clients qui ont des budgets marketing fous. C'était dur pour l'agence de communication. Donc, mon poste, il a de plus en plus basculé vers la grande consommation. Donc, d'un côté, c'était hyper formateur, c'était très intéressant. Et d'un autre côté, ce n'était pas mon cœur de métier, ce n'était pas ce qui me faisait vibrer. Et donc, j'ai commencé à regarder un peu ce qui sortait comme poste vraiment chez un éditeur. En ayant toujours un peu ce... Mais entre l'édito et la communication marketing, j'aimerais garder les deux, ce qui est un peu compliqué. Et Hugo cherchait à ce moment-là à recruter quelqu'un pour sa plateforme d'écriture fictiaire.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Quelqu'un qui fasse toute la promotion de la plateforme et qui édite des textes. Je me suis dit, mais ce poste est fait pour moi. Voilà. Et du coup, j'ai rejoint Hugo comme ça. J'ai travaillé pendant... plusieurs années pour la plateforme FIXIA, en ayant de plus en plus d'éditions, de moins en moins de com-marketing, parce qu'en termes de gestion du temps, c'était pas gérable de faire les deux. Et il y a trois ans, j'ai basculé en responsable éditorial sur la partie romance, et donc là, uniquement sur la partie édition.
- Speaker #0
Parce que je pense que ça pourrait peut-être intéresser certaines personnes, l'intitulé de tes études, ou même la FAQ, il peut proposer ça, si tu veux bien le parler, parce que ça aurait été mes études de rêve, moi.
- Speaker #1
Ça a changé depuis. Moi, j'ai fait un DUT, Information Communication, à Grenoble, qui était plutôt orienté bibliothèque, donc deux ans. Et en plus, en sachant très bien que je ne travaillerai jamais en bibliothèque, ne me demandez pas pourquoi j'ai fait ce choix, c'est très étrange. À l'issue de ces deux ans, je me suis dit, mon Dieu, il faut absolument que je réélargisse mon parcours. C'est beaucoup trop ciblé et j'ai besoin de voir plus large. Donc là, j'ai fait une année en communication marketing à Lyon 2. Et après, pour le coup, je me suis re-spécialisée et là vraiment en édition où j'ai fait un master à Saint-Cloud sur le métier d'éditeur.
- Speaker #0
Ok, intéressant. Ça, c'était juste pour les personnes qui nous écoutent et qui pourraient être intéressées, qui sont potentiellement encore en études. Mais finalement, c'est un peu le master métier du livre maintenant, qui mêle justement ce côté... Ouais, ça va être plus ça.
- Speaker #1
C'est une idée qui a changé. Je crois que déjà, ça ne s'appelle plus un DUT, mais un BUT. Là, je suis en train de me prendre une petite claque, un petit coup de vieux.
- Speaker #0
Après, j'allais te dire...
- Speaker #1
C'est ces parents qui me disent, j'ai passé un bac B, un bac
- Speaker #0
3. Mais c'est ça. Moi, j'ai connu le DUT quand j'ai commencé mes études. Donc bon, ce n'est pas si vieux que ça. Enfin, ça, on l'a dit, ça fait... ça commence à faire 10 ans que j'ai eu mon bac aussi donc bon voilà mais hyper intéressant et ce qui est assez chouette et en plus tu fais aussi une bonne transition c'est que tu m'as parlé de Fixia donc si les personnes qui nous écoutent ont écouté les premiers épisodes du podcast j'ai eu des invités qui sortent de Fixia justement qui est une plateforme d'écriture qui est sous forme de concours donc il y a des concours sous une thématique, on peut proposer nos textes on échange avec d'autres autrices, c'est une super plateforme aussi pour rencontrer des personnes qui sont comme nous, qui aiment la romance et qui aiment écrire Et derrière, le ou la gagnante a la possibilité de voir son livre édité par Hugo Publishing. Et ce qui est incroyable avec cette plateforme, c'est qu'il y a eu énormément d'essors d'autrices françaises. Et moi, du coup, je n'étais pas là dès le début de Fixia, je n'ai pas vu tout le début de Fixia. Mais j'ai vu un peu justement, et j'ai adoré voir cette évolution entre eux. On avait beaucoup d'Américaines, notamment chez Hugo. Et de plus en plus, on a vu des Françaises arriver. Et en plus de ça, on a vu un nouveau style d'écriture arriver aussi. Parce que même si on se mettait beaucoup sur le modèle américain, on va dire, on a appris de plus en plus de liberté. Et moi, j'adore ces dernières années de voir ce que les Françaises nous proposent. Et du coup, j'aimerais bien voir avec toi si tu vois une différence justement avec peut-être les débuts, donc chez Hugo et chez Fixia. Comment est-ce qu'on écrivait la romance ? Comment est-ce qu'on consommait la romance ? Potentiellement, comment est-ce qu'on publiait de la romance ? Est-ce que tu as vu cette évolution toi aussi ? Comment tu l'as ressenti ? Comment potentiellement tu as agi dessus à ta manière ?
- Speaker #1
Alors l'évolution pour moi, elle est sur tous les aspects sur la romance. Oui, il y a eu une évolution de la manière dont on l'écrit, ça c'est une certitude. Il y a eu une évolution de la manière dont on la considère, et sur tous les métiers de la chaîne du livre, que ce soit les libraires, que ce soit les médias, que ce soit les éditeurs, mais c'est le jour et la nuit par rapport à il y a dix ans. L'évolution française-américaine, ça, oui, de toute façon, c'est un courant qui est anglo-saxon à la base, et on le voit même dans le choix des pseudos des auteurs. où il y en a beaucoup qui sont des pseudos à consonance américaine, mais parce que les autrices, elles ont été nourries pendant des années des textes qu'elles lisaient, qui étaient des textes anglo-saxons. Et ensuite, il y a eu ce « ok, maintenant que j'en ai lu plein, je me sens capable, moi, d'en écrire, j'ai envie d'en écrire, et je vais le porter à ma manière, avec ma voix » . Si je dois faire un peu des généralités sur les différences que je ressens entre autrice américaine et autrice française, c'est des généralités parce que Sur certaines autrices américaines, ça sera moins le cas. Sur certaines autrices françaises, ça sera moins le cas. Je pense que déjà, on n'a pas le même rapport à la sexualité. Je pense que sur les autrices françaises, la sexualité est quelque chose de moins central, prépondérant, avec un vrai intérêt de fond sur des sujets de société. Encore une fois, les autrices américaines qui vont traiter des sujets de société avec brio, mais si je regarde ça de manière un peu macro... C'est un peu les différences que je fais. Après, sur la manière dont sont localisées les récits, pour le coup, je n'ai pas de différence. Parce que j'ai beaucoup d'auteurs français qui me disent « Moi, je situe mon texte à l'étranger parce que ça me fait beaucoup plus rêver. » J'en ai d'autres qui, au contraire, ont à cœur de défendre des textes qui se passent en France. Un des points qui est important, nous, on l'a en tête en tant qu'éditeur, parce que certes, on édite les textes, mais on les vend aussi, que ce soit pour des adaptations. audiovisuels, livres audio, sessions à l'étranger, et que ça soit les éditeurs étrangers ou que ça soit les producteurs pour des adaptations audiovisuelles, eux, un de leurs premiers critères quand ils viennent nous trouver, c'est que les textes se passent en France.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais te demander. J'avais eu cette question à un moment donné dans une masterclass à laquelle j'ai assisté et on nous demandait, mais c'est mieux ou pas pour aller à l'étranger, que ça se passe à l'étranger, et les gens ils sont là, non, on sait pas écrire, on connaît pas en plus, on y va pas.
- Speaker #1
En fait, c'est beaucoup plus risqué pour un éditeur, et puis Yeah. admettons, un éditeur allemand qui vient nous démarcher, qui regarde nos textes, mais en fait, pourquoi il achèterait à un auteur français une romance qui se passe aux Etats-Unis ? En fait, il va l'acheter à un auteur américain. Enfin, c'est la logique. Toujours dans la logique, on a les exemples contraires. Et c'est pareil sur les adaptations audiovisuelles. Alors là, c'est même pas tellement la question de cohérence, parce qu'il retravaille tellement qu'il n'y a pas de souci de cohérence, mais c'est une question de coût. Ça coûte beaucoup moins cher quand je suis un producteur français de tourner en France. Donc, je ne vais pas aller acheter un texte qui, de toute façon, est ultra centré aux États-Unis. Ça serait beaucoup plus compliqué.
- Speaker #0
Alors, par contre, je pense à Campus Driver qui, de base, est aux US,
- Speaker #1
mais qui a été switché. On a toujours les contre-exemples parce que Campus Driver est vendu dans plein de pays en Europe et qu'Amazon est venu le chercher. Après, il y a un boulot où ils ne sont pas allés tourner aux États-Unis. donc le boulot d'adaptation pour le tournage de Campus Driver ça a été un des sujets et en plus c'est d'autant plus vrai que la base même de Campus Driver est difficile à adapter ailleurs qu'aux Etats-Unis c'est-à-dire qu'avoir des campus suffisamment grands pour qu'on ait la nécessité d'avoir des chauffeurs qui soient là sur le campus en
- Speaker #0
France non mais du coup je suis hyper curieuse de voir comment ils l'ont tourné mais du coup c'est intéressant parce que du coup toi en tant qu'hôte éditrice, tu vas... Il y a toute la partie, d'ailleurs, ça serait hyper intéressant d'en parler entre le moment où tu reçois le manuscrit, tu travailles sur le manuscrit avec l'autrice ou l'auteur, et ensuite, il y a la publication, et après ça, tu vas aussi agir, par exemple, dans tout ce qui touche aux ventes de droits. En fait, ton métier, il va au-delà ou ça s'arrête vraiment sur la...
- Speaker #1
Non, moi, mon métier, il s'arrête vraiment à l'édition du texte. Et ensuite, j'ai des collègues qui prennent le relais sur toute la partie session. C'est là où, généralement, quand on parle d'une maison d'édition, on a le rôle d'éditeur en tête. Et encore, on a le rôle d'éditeur mal en tête. Moi, quand je demande un peu aux gens l'idée qu'ils font de mon métier, c'est « Ah, de toute façon, tu passes 90% de ton temps à lire des textes et à choisir le oui, il sera publié, le non, il ne sera pas publié. » Je dis « Mais je pense que lire des textes, c'est 5% de mon temps de travail. » Et 90% de mon temps de travail, c'est retravailler les textes avec les auteurs. Donc déjà, sur le métier d'éditeur, on a une vision qui est un peu faussée. Et ensuite, en fait, une maison d'édition, c'est plein de métiers différents. C'est des commerciaux, c'est des communicants, c'est des gens qui sont responsables des sessions, c'est la partie droit, c'est toute la partie administrative, c'est la partie presse. C'est des métiers qui sont très, très, très divers.
- Speaker #0
Et du coup, toi, quand on reprend la chaîne, imaginons que tu as devant toi un manuscrit. tu vas potentiellement le lire ? Il y a peut-être déjà une présélection qui est faite en amont.
- Speaker #1
Chez Hugo, non, parce que pour nous, la relation auteur-éditeur est tellement forte et primordiale pour nous que pour moi, c'est très important que la personne qui repère le texte et qui a envie de défendre le texte dès la base, ce soit l'éditeur. Donc, on n'a pas de service des manuscrits qui nous font une présélection des textes. Vraiment, pour moi, c'est trop important que ça vienne des éditeurs. Ce qui est un peu différent d'autres maisons d'édition. Donc, du coup, c'est les éditeurs qui vont lire, choisir les textes qu'ils vont publier. Ensuite, c'est toute la collaboration avec l'auteur. Alors déjà, la partie négociation de contrat. Ensuite, en effet, tout le travail avec l'auteur où très souvent, nous, on fait des retours généraux à l'auteur en lui disant, en fait, on a envie de publier ton texte, donc tu as une proposition parce qu'on le trouve vraiment bien. Sinon, comme... 99% des autres textes qu'on reçoit, on ne ferait pas de proposition d'édition. Mais entre la version que tu nous soumets qui est bien et la version qui va être publiée, il y a une marche que tu peux encore franchir. Et mon rôle, c'est de t'aider à la franchir. Donc là, c'est comprendre l'essence du message que l'auteur a voulu faire passer et lui dire, en fait, là, tu n'y arrives pas pleinement. Ça, ça serait plus intéressant. Et là, c'est une vraie discussion de, voilà, moi, je mets le doigt. sur les problèmes, les points d'amélioration. Parfois, je peux te proposer des solutions. Mais si tu me dis, « Ah, attends, en fait, j'ai compris ce que tu voulais me dire. Ta solution ne va pas, mais je pense à cette solution-là. » Moi, c'est ce que je préfère. C'est un gros « Ok, en fait, tu as parfaitement compris. » Et l'idée vient pleinement de toi et c'est toi qui vas la réaliser. Magnifique. Après, on passe en préparation de copie. Donc là, on reprend tout le texte en détail. en analysant chaque phrase sur la construction. Est-ce qu'il n'y a pas de répétition ? Est-ce que ce n'est pas sans arrêt les mêmes constructions de phrases ? Toute la cohérence. Tu as commencé ton texte avec une héroïne qui est blonde. À la moitié de ton roman, elle est devenue brune. Soit tu m'expliques qu'elle a fait une teinture, et dans ce cas-là, je n'ai aucun problème à ce qu'elle soit devenue brune. Soit peut-être il y a un souci. Tu me dis que ton héros vient de faire Paris-Lyon en vélo en deux heures. Soit tu es dans un monde alternatif, et je veux bien. Soit on a un problème. C'est vraiment remettre en question tout ce que l'auteur nous dit en se disant « Mais est-ce que c'est possible, ça ? » Et après, ça part en correction. Là, c'est des correcteurs externes chez Hugo qui vont vraiment s'intéresser aux coquilles qui restent vraiment fausses dans le texte. Après, on a la partie maquette. Mais je vais peut-être faire une petite pause avant de dérouler la suite de la maquette. C'est-à-dire que là, en tant qu'éditeur, mon charisme presque à la fin de mon travail. Mais entre-temps, j'ai dû demander une couverture à un studio graphique, j'ai dû présenter le texte aux commerciaux qui vont en librairie, et là, tu as vraiment toute la partie chiffrée du monde du livre qui se met en place. C'est-à-dire que les commerciaux, on va leur dire, nous, sur ce texte-là, on pense que le potentiel, il est sur un tirage à 15 000 exemplaires. Et les commerciaux, ils vont travailler en librairie, et ils nous font des rondes montées en nous disant... « Ah ben là, les libraires sont hyper enthousiastes, il ne faut pas que tu partes sur 15 000, il faut que tu partes sur 30 000. » Ou à l'inverse, « 15 000, tu rêves, si tu en vends 2 000, ça sera très bien. » En fonction de ça, on a juste notre tirage. Et là, tout le questionnement, c'est un tirage très faible, c'est un livre qui n'est pas visible, qu'on ne vendra pas. Mais un tirage très fort d'un livre que finalement, on ne vend pas, pour nous, c'est une catastrophe économique, parce que c'est des frais d'avance qui sont énormes et qu'on ne récupérera pas. Un petit chiffre qui est intéressant, sur le monde de l'édition au global, sur 10 titres qui sont publiés, c'est 7 titres qui ne sont pas rentables.
- Speaker #0
Ah oui, c'est énorme.
- Speaker #1
Exactement. Et donc, ça donne le rapport sur les 3 titres qui sont rentables. Il faut qu'il y ait cet équilibre de les 3 rentables doivent compenser les 7 qui ne sont pas rentables. Et donc, on a besoin d'auteurs qui vendent vraiment bien. pour nous permettre de prendre des risques sur des jeunes auteurs encore inconnus, où on se dit, en fait, oui, OK, on ne sait pas du tout ce qu'on vendra, mais on prend le risque, on y va. En parallèle de la partie commerciale, il y a la partie marketing, est-ce qu'on fait des investissements, affichage dans le métro, pub dans tel magazine, pub sur les réseaux sociaux, voilà. Et donc, moi, j'en arrive à mon point de maquette maintenant. Mon livre, il est prêt, il est fini, je l'envoie en maquette pour qu'il soit mis en page. Et là, on a à nouveau une relecture pour s'assurer que la maquette est OK. C'est là encore plein de points de détail à vérifier, auxquels on ne pense pas quand on n'a pas cette formation, mais on évite d'avoir en bout de ligne deux fois le même mot. Parce que l'œil, quand on a deux fois le même mot en bout de ligne, la ligne suivante, il va sauter, on va relire la ligne qu'on vient déjà de lire. On évite d'avoir, un petit pipon, une phrase bateau, mais il fait beau aujourd'hui, on évite d'avoir le il tout seul en bout de ligne, parce qu'en confort de lecture, ce n'est pas confortable. Comme les textes sont justifiés, donc ils sont alignés de chaque côté, on évite aussi d'avoir de lignes en lignes, parfois. Alors, les grilles, c'est l'espace entre les mots. Des grilles qui soient très petites sur une ligne et puis la ligne d'après, des grilles qui soient très aérées. Si vous travaillez sous Word, si vous vous mettez en justifié, vous le voyez. Ça, c'est aussi un boulot de se dire, en fait, on ne veut pas des grilles qui bougent trop. Mais si on délivre toujours les grilles pareilles, ça veut dire qu'on va avoir plein de césures en bout de phrase. Mais on ne veut pas plein de césures sur une page. Le travail de maquette, c'est celui-là. C'est certes vérifier une dernière fois que le texte est OK, mais c'est aussi toute sa mise en page qui est...
- Speaker #0
Et non pas qu'on se parvient dessus aussi, c'est pas quelqu'un d'autre...
- Speaker #1
Non, c'est l'éditeur qui relit. Ça nous arrive de nous échanger les maquettes parce qu'au moment où t'arrives à la maquette, en fait, toi, t'as déjà lu le texte cinq, six fois, et très clairement, ton cerveau corrige tout ce que tu lis. Donc il y a des choses énormes que tu peux laisser passer parce que, bah, voilà, de toute façon, tu l'as lu la phrase maintenant, tu la connais, elle est fausse, tant pis, tu vas l'avoir vraie. Voilà, donc on a fini la maquette, ça part en impression. Donc là, c'est validation du BAT et puis on attend de recevoir l'ouvrage. Et là, après, c'est toute la partie presse qui prend le relais. Donc, aller trouver le bon interlocuteur à qui présenter le livre, presse, influenceur. Et voilà, le livre est dans les mains du lecteur.
- Speaker #0
Et ça, ça prend plusieurs mois, du coup. Tout ça, c'est énormément de temps.
- Speaker #1
Alors, si je donne une date déjà qui donne un petit ordre d'idée, on présente aux commerciaux minimum six mois avant. Et c'est plutôt 8, généralement, mais minimum 6 mois avant. Donc, il faut que 6 mois avant, on ait le texte.
- Speaker #0
Donc, le texte, au moins, fini dans l'écriture générale.
- Speaker #1
Oui, exactement. Il faut qu'on ait le manuscrit. Ensuite, on a encore les étapes de retravail. Mais ça nous arrive, parfois, d'avoir les auteurs avec qui on travaille depuis des années, d'avoir beaucoup discuté avec eux, de très bien savoir où ils vont et de ne pas encore avoir lu le manuscrit final. Mais sur un jeune auteur avec qui on n'a jamais travaillé, c'est... impossible de faire ça.
- Speaker #0
Et du coup, c'est vrai qu'il y a les auteurs de base dans une maison d'édition avec lesquels vous avez l'habitude de travailler, qui potentiellement vendent bien, donc ça permet, comme tu dis, de faire émerger des plus jeunes auteurs, notamment, pour votre cas ici de Fixia, probablement. Mais du coup, en termes de ratio, une phrase un peu bête, mais est-ce qu'on a encore de la chance, en tout cas une chance, en tant que jeune autrice d'être publiée où là le milieu du livre fait que ça devient de plus en plus compliqué d'être publiée quand on n'a pas forcément de background qu'on est vraiment primo alors en toute franchise ça devient compliqué c'est
- Speaker #1
clair alors d'un côté ça devient compliqué d'un autre côté il y a une telle multiplication des éditeurs qui font de la romance que les opportunités se multiplient tout de même Nous, typiquement, on a revu la manière dont est organisé le service des manuscrits parce que, justement, on n'avait plus ce regard assez proche sur des propositions qui sortaient de nulle part, en fait, et qu'on avait besoin de l'avoir. Jusqu'à maintenant, on pouvait se remettre son manuscrit quand on voulait. Et en fait, nous, dans notre charge de travail, le moment où on se dit « Allez, OK, je regarde le service des manuscrits » , mais en fait, ça n'arrive jamais. Ça n'arrive jamais parce qu'on enchaîne le travail sur un texte, le suivant va arriver. Donc, on a décidé de fermer le service des manuscrits à l'année, d'avoir deux périodes d'ouverture, en janvier et en juin. Et pour le coup, chaque éditrice a une semaine où elle est responsable du service des manuscrits, où donc elle regarde vraiment tout ce qui arrive dans le service des manuscrits. Et au mois de mars, une fois qu'on a tout lu, tout écrémé, on fait un point tout ensemble sur « voilà les textes que j'ai repérés » . On s'échange un peu les textes pour se dire « moi, celui-là, j'y crois » . pour justement avoir à nouveau une vague d'arrivées d'auteurs, qui sont des auteurs qui n'ont jamais écrit sur plateforme, jamais écrit ailleurs, mais qui nous proposent des textes qui sortent un peu de l'ordinaire et qu'on a vraiment envie d'aller défendre.
- Speaker #0
Et du coup, j'avais une question par rapport à ça. Est-ce que, pour toi personnellement, pas forcément par rapport à la maison d'édition, mais toi en tant que Marine l'éditrice, est-ce qu'il y a, je ne sais pas si on peut dire des critères, mais en tout cas un aspect dans un manuscrit où tu vas te dire, par exemple là actuellement, par rapport à ce qui se fait dans la romance, à celui-ci. ça peut être différenciant ? Ou, ah, celui-ci, j'aime bien cette manière d'appréhender la romance. Est-ce que, par exemple, il y a des... Je sais, j'importe quoi, mais si il est un personnage qui est un peu la mode dans ce moment, hyper green flag, il va y avoir... pour toi, plus de chances de t'attirer ? Là, je parle encore vraiment personnellement. Ou est-ce qu'au contraire, il y a des aspects où tu dis « Ah non, là, aujourd'hui, en 2026, on ne veut plus voir ça dans les romans. » Et donc, ça te fait perdre l'intérêt pour le manuscrit. Est-ce qu'il y a ces petits éléments qui font qu'il y a un petit truc ?
- Speaker #1
Oui. Oui. Alors, le petit truc, je n'ai pas de recette miracle. Le petit truc va venir à la lecture de la présentation, à la lecture du manuscrit. Par contre, j'ai des signaux qui sont capables de me faire dire « Ça, ce n'est pas la peine, je n'ouvre pas le manuscrit. » Moi, un des signals, je pense, le plus fort qui me fait dire non, ça, absolument pas, c'est quand je sens que derrière la proposition, c'est une vision qui est beaucoup plus proche de l'érotique que de la romance. Ça, je me dis, en fait, c'est pas ce qui m'intéresse, c'est pas ce qu'on a envie de défendre. Donc non, des sujets qui seraient, sur la dark notamment, des sujets où je sais qu'on n'aurait pas envie de les soutenir, c'est peut-être le plus compliqué de juger en dark. parce qu'on a envie de défendre une collection d'Arc, mais pas en faisant n'importe quoi. Et donc, c'est trouver ce juste équilibre dans quels sont les textes qu'on a envie de pousser. Et après, il y a aussi des tendances, et là, pour le coup, on les a en tête en tant qu'éditeur. On voit que l'évolution, sur toute la période 2020, 2022, 2023, on était plutôt sur de la comédie romantique. Là, on voit que la comédie romantique est plutôt passée, qu'on revient sur du drame psychologique. C'était le cas en 2017-2018. L'évolution de la romance de campus, on voit aussi que la romance de campus bascule plus vers la Dark Academia. En fait, elle l'a déjà basculé. Et c'est là aussi où très souvent, quand j'ai des auteurs qui me demandent « Mais qu'est-ce que tu veux ? » Je dis « Mais en fait, je ne veux rien. Écris ce que tu as envie d'écrire. » Parce qu'écrire pour des tendances, c'est à peu près s'assurer de se planter. C'est-à-dire que les tendances émergent, elles sont là, on se dit « Ah, plus que c'est la tendance, je vais me mettre à écrire ça. » Et en fait, le temps que le manuscrit sorte, la tendance est passée. Donc, ce n'est pas la bonne manière de le faire. C'est aujourd'hui, toi, en tant qu'auteur, qu'est-ce qui t'anime ? Si ça t'anime, tu prends le risque et tu vas là-dessus. On a eu pendant des années des vagues très très fortes sur la romance de Noël. Aujourd'hui, on voit que c'est plus compliqué. mais plus compliqués aussi parce que il y a 6-7 ans, il y avait peut-être, allez, 15 romances de Noël proposées. Aujourd'hui, il y en a 70. On va pour les lire comment on fait le choix dans les 70 romances de Noël. On voit aussi des évolutions sur l'objet libre, des objets qui sont un peu différents et qui peuvent attirer. Voilà, donc en fait, c'est ce mix d'énormément d'éléments qui, au moment où on choisit un manuscrit, nous fait dire, ah, ça, c'est un pitch qui est intéressant. et au-delà du pitch, après, la réalisation, dans le service des manuscrits, nous, notre première sélection, elle va se faire sur ces pitchs où il y a déjà des textes qu'on élimine sur les pitchs et puis après, on commence à lire et là, c'est parfois on lit deux pages, parfois on en lit dix et parfois on lit le roman en entier. C'est plutôt bon signe quand on voit au bout du roman et on est capable de juger très très vite. C'est hyper dur à entendre pour des auteurs, mais oui, en un ou deux chapitres, en fait, on sait.
- Speaker #0
Après, c'est l'expérience, forcément. Quand tu n'as pas dix ans de bouteille, tu peux repérer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Mais du coup, d'où l'importance quand on écrit. D'ailleurs, c'est ce qui est vachement mis en avant sur Fixia, de bien soigner les premiers chapitres, parce que c'est là où, même quand tu lis un livre, au final, en tant que lectrice, quand tu l'as acheté, tu vas généralement au bout du livre au maximum, mais c'est vraiment les premiers chapitres qui te font dire si oui ou non, tu as passé un bon moment. Et c'est pour ça que c'est hyper... Du coup, ça serait un de tes conseils potentiellement en tant qu'éditrice aussi pour quelqu'un qui veut écrire ?
- Speaker #1
Ah oui, il faut faire attention que ça soit assez accrocheur et que la plume soit bonne. Je n'ai pas du tout besoin d'avoir un orthographe irréprochable. Ça, je pense qu'il faut un peu déconstruire le mythe de typiquement, on a parfois des... J'ai déjà fait mon corrigé, mon roman avant de l'envoyer. Non.
- Speaker #0
En fait, l'éditeur qui va miser sur vous, il le corrigera, le roman. Donc, ça ne sert à rien de le faire corriger. Par contre, à l'inverse, recevoir un mail disant « je vous envoie mon premier jet » , non, en fait, je veux le manuscrit le plus abouti possible. Le premier jet, ce n'est pas le bon choix à faire non plus. Donc, c'est soigner. En effet, c'est tout son début de roman. La fin aussi, au passage. Voilà, j'ai déjà eu le cas sur un texte, sur une romance de Noël en concours fictiaire, où là, c'était la petite déception, mais où, si le texte avait suivi, ça aurait été incroyable. Un texte dont le premier chapitre était incroyable. C'était hyper original, c'était très bien écrit. Enfin, vraiment, j'ai lu ce chapitre, et franchement, je crois que j'aurais été capable de dire « Ok, en fait, je sais, on va le publier » . Et malheureusement, pour ce texte-là, la promesse n'était pas là jusqu'au bout. Mais en fait, dans ma tête, ça y est, j'avais enclenché le « il est génial, je vais vouloir le publier » . Et ça, c'est un signal qui est hyper important au départ.
- Speaker #1
Et c'était dans la manière d'écrire ? Oui, c'était de l'originalité du texte ? La manière d'écrire ?
- Speaker #0
C'était tellement la plume, la plume, ça allait. Mais on partait d'une idée qui était très originale au départ, et en fait, on retombait dans quelque chose d'ultra classique, qui était à la fois ultra classique et qui est sur certains aspects. ne collait pas à la romance de Noël parce que c'était trop dramatique. Donc voilà, il y avait ce côté du premier chapitre hyper entraînant où l'univers était posé, où c'était assez fou. Et puis après, le A, finalement, ça ne tient pas juste au bout.
- Speaker #1
Mais du coup, ça serait intéressant si tu avais, pas forcément faire toute une dissertation du roman parfait, mais en tant qu'éditrice, si tu avais quelques petits conseils, genre 3-4 conseils, les trucs les plus importants à avoir en tête quand on commence à écrire un livre. Pour toi, ça serait quoi ? Les éléments importants qui pourraient faire la différence ?
- Speaker #0
Souvent, les romances qui m'emportent... C'est un conseil qui est assez général, mais c'est peut-être pas mal parce que ça peut être appliqué de plein de manières différentes. C'est de penser aux enjeux de ces personnages. En gros, quels sont les enjeux internes auxquels mes personnages sont face ? Les enjeux internes, c'est toute la partie de traumatisme, par exemple. J'ai été traumatisée, je me suis promis que je ne tomberai plus jamais amoureux. Quel est le traumatisme de départ ? Et évidemment, une fois que je me suis promis que je ne tomberai plus jamais amoureux, bien sûr que je vais tomber amoureux. Et donc, comment je vais réussir ou non à surmonter ces traumatismes ? Et les enjeux externes ? Et les enjeux externes, c'est tout ce qui va être un frein à la réalisation de l'histoire d'amour. C'est typiquement, on travaille dans la même entreprise, et le règlement de l'entreprise est que c'est interdit de sortir ensemble entre collègues. Et c'est quand on mixe les deux qu'on a généralement quelque chose de vraiment intéressant. C'est des personnages qui sont bien construits en faisant attention aux failles des personnages. En fait, ce qui rend attachant un personnage, c'est justement tous ces points où il n'est pas parfait. Ou quand on construit des personnages, quelle est sa plus grande peur, par exemple ?
- Speaker #1
Pour leur donner... Juste pour qu'ils soient réalistes aussi, en fait, juste en B.A.B.A., il me semble.
- Speaker #0
Oui, créer l'empathie. Dans la romance, il n'y a pas un genre où tu... t'as autant envie de t'identifier au personnage qu'en romance. C'est-à-dire que très souvent, les lecteurs, ils veulent pas lire une histoire, ils veulent la vivre, et tous les procédés de narration, ils vont dans ce sens-là, où si c'est écrit à la première personne, au présent, souvent sans adresse au lecteur, c'est pas pour rien. C'est qu'en fait, si je l'écris en jeu, c'est que le lecteur, il vit l'histoire. Il est pas en train de la lire. Donc, voilà, tout va dans ce sens de ta... besoin vraiment d'avoir un affect fort avec les personnages et leurs failles vont dans ce sens-là. Une fois qu'on comprend que le personnage, il n'est pas parfait, il a des peurs, il a des points de faiblesse, bon, ben, c'est OK.
- Speaker #1
Trop bien. Donc, ça serait, ouais, vraiment les enjeux, les failles, surtout qu'effectivement, dans la romance, ben, comme tu le dis, c'est basé, c'est un... Enfin, pas le seul, mais c'est un... Il faut partir des rares, genre, où tout est basé sur les personnages et leurs relations, donc si derrière... il n'y a pas de réalisme, il n'y a pas de défauts, ils sont parfaits. En fait, on s'ennuie un petit peu et on n'a pas envie de lire ça dans la romance. On a envie de voir des défauts, on a envie de voir des dramas, on a envie de voir... Enfin, des dramas, mais des dramas bien construits, pas faciles, qui ne sont pas là juste pour dire qu'il faut du drama et faire de l'action.
- Speaker #0
Oui, et c'est pareil, quand je parlais des failles et d'empathie, l'idée n'est pas de tomber dans le pathos non plus, parce qu'alors là, c'est la catastrophe inverse. Là, on coupe toute affection avec les personnages en se disant, mais alors typiquement, les héroïnes, parce que c'est le plus souvent les héroïnes qui pleurent à longueur de temps, on n'a plus de peine pour elles, on a juste un peu envie de les secouer.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a pour toi des choses qu'on ne veut plus voir dans la romance aujourd'hui, ou en tout cas en 2026, où on sent qu'il y a eu un ras-le-bol de ce qui a déjà été fait, ou alors parce qu'il y a des choses qui ont été faites il y a dix ans qu'aujourd'hui on ne pourrait plus parce que la société a évolué, les mentalités ont évolué, l'électrice a évolué ? Est-ce qu'il y a des choses où on se dit non, c'est un no-go ?
- Speaker #0
Oui, les choses qui ont évolué depuis dix ans et qu'on n'a plus envie de voir, bien sûr qu'il y en a aujourd'hui. La romance est un genre qui évolue vraiment avec la société. Quand on relit les romances qui ont été publiées il y a 10-15 ans, on a très souvent envie de les brûler. Mais parce qu'on n'avait pas le même rapport à l'amour dans la société, et heureusement qu'on n'écrit plus les mêmes choses aujourd'hui. Alors déjà, la question du consentement, moi ça doit me paraître une évidence, un peu la base sur laquelle on construit son histoire. Le respect entre les personnages. aujourd'hui le... le personnage du bad boy qu'il faut aller sauver. C'est parfois bien fait, et on peut l'accepter encore, et parfois c'est totalement dépassé, et là, merci, mais on ne veut plus voir ça. On a envie d'avoir des héroïnes qui sont fortes, indépendantes, qui ne s'accomplissent pas par la relation d'amour, qui acceptent la relation d'amour, ou ça leur apporte un plus, etc., mais en fait, sans ça, elles existent. elles ne s'épasent, on leur enlève leur histoire d'amour, elles disparaissent et elles ne sont plus rien. Après, il y a des points de détail. Je parle de l'évolution de l'image de la femme, mais à l'inverse, il y a des comportements qu'on n'accepte plus. Moi, l'héroïne qui gifle le héros parce qu'il vient de lui faire quelque chose qui n'est pas correct, en fait, ce n'est pas plus acceptable de voir une héroïne qui gifle un héros que de voir un héros qui a un comportement toxique avec l'héroïne. Ça, on n'en veut plus non plus. On a des points de vigilance aussi, je pense à tout ce qui est santé mentale. Moi, c'est toujours un des points que je signale aux auteurs. S'ils ont envie de garder comme ça, ils gardent. Ce n'est pas un veto de ma parlature, mais toujours, je signale. On a cette phrase très facile de « Ah, mais t'es totalement folle » . Oui, mais en fait, dans un contexte où on fait attention à la santé mentale, la folie est une maladie mentale. Et est-ce qu'on se permet de le prendre vraiment comme ça, de manière, je perds mes mots, mais sans enjeu ? Ou est-ce qu'on se dit que peut-être cette phrase est à reformuler ? Après, il y a des choses qui ont évolué, où c'est nécessaire que ça ait évolué. Il y a aussi beaucoup plus de représentation, et merci sur le fait que la romance soit beaucoup plus représentative de la société. Et il y a des choses où parfois, les retours des lecteurs de la communauté deviennent proches de la censure, et là, c'est néfaste à la création. Aujourd'hui, moi, je suis face à des auteurs qui sont parfois un peu paralysés sur le « qu'est-ce que j'ai écrit qui va être mal pris ? » « Quelles idées on va associer à mon texte qui ne sont pas des idées que j'ai envie de porter ? » Et alors, il y a des sujets où parfois ça éduque les auteurs et les éditeurs, et c'est une très bonne chose, et il y en a d'autres où ça va beaucoup trop loin. Voilà, on sait un peu tout ça. cet équilibre entre il y a des choses sur lesquelles il faut évoluer et merci qu'on ait évolué depuis dix ans et des choses sur lesquelles attention parce que là on tombe dans une censure qui est beaucoup trop forte désautant effectivement
- Speaker #1
avec l'essor des réseaux sociaux il y a un truc hyper cool et je te rejoins sur les prises de parole où on remet en cause certaines choses qui sont écrites, qui sont dites et c'est trop bien parce que des fois on a connaissance de tout, on n'est pas éduqués sur tout et c'est trop bien d'avoir cette émergence des voix, justement on donne la parole aux personnes qui sont en capacité de faire part de leur ressenti, donc ça c'est incroyable mais effectivement derrière ça peut vite passer la ligne et c'est assez compliqué
- Speaker #0
Mais je te rejoins à 100% moi ça m'a permis de me déconstruire sur pas mal de sujets et je sais qu'il y en aura encore demain où j'ouvrirai les yeux en me disant On a fait ça sans aucun problème et en fait, ce n'est pas possible. C'est toujours cet équilibre-là qui est un peu difficile à trouver.
- Speaker #1
Mais du coup, ça reste quand même dans un coin de la tête, dans la manière de travailler le texte aujourd'hui, que ce n'était pas forcément le cas il y a dix ans, peut-être dans l'approche.
- Speaker #0
Oui, évidemment. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels on est vigilant maintenant où on ne l'était pas du tout à l'époque. Il y a dix ans, est-ce que je t'aurais posé la question sur cette phrase de « mais t'es totalement folle » ? Jamais, ça ne me serait même pas venu à l'esprit.
- Speaker #1
Mais par contre, comme on parlait des réseaux sociaux, il y avait aussi un aspect qui m'intéressait, dans le sens où... Bon, alors déjà, il y a deux trucs. Il y a les attentes des lecteurs qui sont beaucoup plus vocaux, qui parlent en mode « Oh, j'aimerais tellement lire ce type de romance, blablabla » . Il y a aussi la partie des personnes qui vont potentiellement dénoncer des choses, donc dans certaines mesures, par exemple, je ne sais pas, manque de diversité. manque de romances FFMM, qui mettent un besoin particulier. Est-ce que c'est quelque chose qui, finalement, aujourd'hui aussi, va impacter dans le choix des manuscrits outre mesure ? Parce que j'entends que forcément, il y a aussi le côté appétant, sensibilité d'un texte, ou qui ne surfent pas sur les trends actuels, mais qui vont faire sens, qui vont résonner pourtant en tant qu'éditrice. Mais est-ce que, malgré tout, aujourd'hui, avec l'essor des réseaux sociaux, tu vois aussi un impact dans ton travail ou pas forcément, tu arrives à te distancer de ce qui se dit sur les réseaux et d'avoir vraiment ta sensibilité d'éditrice et de personne qui passe en première ?
- Speaker #0
Alors, professionnellement, j'ai toujours envie de dire que ma sensibilité de personne ne doit pas passer en premier. Aujourd'hui, je publie pour que les textes soient lus. Donc, ce n'est pas tellement ce que j'aime ou non. Je peux avoir un questionnement de qu'est-ce qui peut être nécessaire ou qu'est-ce qu'il est important pour la maison de porter. Donc, mon raisonnement n'est pas qu'est-ce que les lecteurs vont absolument acheter ou non. Je peux me dire, il me paraît important de publier ce texte, mais je sais qu'on en vendra mille exemplaires. Après, à nous d'adapter, on sait que le lectorat sera plus faible. OK. mais on le publie tout de même. Et c'est quelque chose où, pareil, je partage souvent quand on fait le travail sur les couvertures avec les graphistes. Moi, je n'accepte pas d'avoir un retour qui me dit « je n'aime pas » . Leur goût, je m'en fiche. Quand elle me dit sur une couverture « ah, mais celle-là, j'aime pas » . Et c'est aussi un message que je fais passer aux auteurs quand on travaille les couvertures ensemble, c'est que, en fait, je peux entendre tous les retours, mais du moment que c'est un retour qui est justifié, pas juste un j'aime pas c'est à dire que t'aimes pas mais en fait personne n'aime la même chose donc c'est pas un intéressant retour, par contre me dire attention là on est sur la couverture d'une romance et très clairement les codes employés sont les codes de la romantésie, ok dans ce cas là on se trompe, il faut qu'on change de couverture me dire mon texte est sombre et là quand on voit la couverture on a l'impression que c'est une comédie romantique ok il faut aussi qu'on change de voix Il y a un peu ces deux conceptions-là de savoir se détacher de ses goûts pour se demander comment on va toucher au mieux les lecteurs.
- Speaker #1
Ok, donc il y a quand même cette déception. Donc ça t'est déjà potentiellement arrivé de travailler sur un... Je ne sais pas si tu peux le dire du coup, sans citer personne bien évidemment, mais ça t'est déjà arrivé de travailler sur un texte où tu étais un peu moins emballée, mais pour le bien de la maison, de la collection, tu y vas. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Il y a des textes auxquels on est hyper touchés, et puis il y a des textes où on sait que nous, on est moins touchés, mais que du côté des lecteurs, on sait qu'on va trouver les lecteurs à qui ça sera destiné, et on le fait, et on le fait bien. Mais à l'inverse, j'ai des fiertés énormes en tant qu'éditrice, des textes sur lesquels j'ai vu ce qui pouvait se passer, où j'ai dû convaincre en interne, parce que tout le monde n'était pas profondément convaincu de ce qu'on pouvait faire de ce texte-là. Et ensuite, de voir les retours des lecteurs et se dire « Ah, ok, moi, je l'avais senti » . Mais aussi parce que c'est des textes où, parfois, il y a un travail important qui est nécessaire de la part des auteurs. Et en fait, quand on n'a jamais travaillé avec un auteur, on ne sait pas quel travail il est capable de fournir sur son texte derrière. Donc, c'est un peu ce risque de « Moi, je vois ce qu'on peut en faire. Je me sens capable d'accompagner quelqu'un là-dessus. » Est-ce qu'il va l'entendre ? Est-ce qu'il aura envie de le faire ? Est-ce que ça sera bien fait ? Ça, c'est le pari d'après. Mais il n'y a rien de plus beau que de se dire, en fait, je me suis battue. Et aujourd'hui, le succès, les bons retours sont là. C'est aussi pour ça qu'on fait ce métier.
- Speaker #1
J'adore, c'est tellement beau. Mais il y a, pareil, si tu veux citer ou pas citer, il n'y a pas de souci. Mais il y a justement un projet, celui-ci potentiellement, qui a pu te marquer dans ta carrière d'autrice, par exemple. d'éditrice pardon, par exemple un livre, un des premiers livres où t'as dû te battre, ça t'a donné la confiance de dire ah bah en fait suive mon instinct même si personne n'y croit ça peut mener à quelque chose de cool où t'as potentiellement gagné en confiance en tant qu'éditrice est-ce qu'il y a un projet comme ça qui te parle dans ta carrière je veux dire qui a changé ta carrière, oui et non mais je pense que tu vois un peu là où je veux en venir
- Speaker #0
Alors, oui, je vais vous donner un exemple très concret. Donc, à faire, je pense que j'ai une histoire un peu particulière avec C.S. Quill. Déjà parce que c'est la première autrice que j'ai éditée en arrivant chez Hugo Publishing. Donc, il y a peut-être aussi ce nœud qui est important entre nous. Et en plus, notre relation a démarré dans... dans des conditions où moi, au niveau personnel, c'était une période qui était particulière. Donc voilà, il y a, au-delà du professionnel, il y a entre nous quelque chose d'autre. Mais voilà. L'exemple, c'est, on sait, Camille avait déjà publié Burning Dance, Burning Games, les Prud'affranges. Déjà sur les Prud'affranges, on a eu un questionnement toutes les deux. On était, donc il y a... C'était quelle année ? 2018 ? Elle me soumet le début de Prue d'Affrange. Et moi, j'ai eu un questionnement à ce moment-là où je ne sais pas si vraiment ce texte est adapté au monde de la librairie où on se replace à l'époque, où nous, on entend de la part des libraires que... Alors, on a fait des très belles ventes en romans sur 2015-2017. Et puis 2018 jusqu'à 2020 sont des années qui sont un peu plus compliquées. Et c'est des années où nous, on a entendu les pires horreurs du monde, de la part de tout le monde, dans le milieu de l'édition, et parfois de la part des libraires, nous disant « mais de toute façon, la romance n'est pas de la littérature, donc enfin les ventes sont en recul, la new romance va disparaître, et Dieu merci, la romance va disparaître » . On était dans ce contexte-là, et on était dans un contexte où les libraires étaient très frileux sur la new romance. Et donc, Camille me soumet son texte Prud'affrange, qui déjà s'appelle Prud'affrange. Le titre déjà, il y a un marqueur pour les libraires où je me dis, ça ne va pas être facile. Ces premiers chapitres sont des premiers chapitres qui sont marquants. Et encore une fois, moi, j'ai un doute de... Écoute, le texte est très bon. De toute façon, tu sais parfaitement écrire, tu sais parfaitement emmener ton lecteur. moi je dis j'ai même pas eu un questionnement de comment retravailler le texte, c'était même pas du retravail c'est du est-ce qu'on est capable de le porter comme il faut et donc Camille venait de Fixia et elle me dit bah écoute, je sais plus si c'est elle ou si c'est moi c'est peut-être moi d'ailleurs, elle me dit bah en fait on a ce foyer Fixia sous la main en fait on va voir, on va le publier sur Fixia et on voit comment réagissent les gens et en fonction des réactions des lecteurs on prendra le risque ou pas les lecteurs ont hyper bien réagi, Camille était ravie de me dire bon bah tu vois
- Speaker #1
Je te l'avais dit.
- Speaker #0
L'accueil de Prud'Affrange a été bon, on n'a pas eu de soucis, donc c'était le choix gagnant. Et puis ensuite, on se projette sur la suite avec Camille, et là, Camille hésite entre deux projets. Elle existe entre 49 jours Je compterai pour toi et Campus Driver. Et là, la question, c'est pas est-ce qu'on les fait, c'est dans quel ordre on publie les Campus Driver aux 49 jours. Et donc là, je lui dis, écoute, pour moi, il faut... 49 jours est plus risqué. Donc pour moi, il faut déjà faire 49 jours. Et ensuite, on fera Campus Driver. Et en effet, 49 jours, moi, c'est un texte... Tu vois, quand on parle de goût personnel, 49 jours, je pense que dans mon top des lectures, est très, très, très, très haut. Mais en effet, c'est pas tout à fait le public du romance. On n'atteint pas autant de lecteurs avec ce texte qui peut être... plus littérature générale. Et donc là, arrive après, il y a quelque chose où là, c'est les commerciaux qui expliquent ça, c'est-à-dire qu'un libraire, il a peu de place en magasin, et donc quand il passe ses commandes, il doit faire attention à ce qu'il commande et en quelle quantité. Et donc sur des auteurs qui ont déjà été vendus pas mal de fois, le libraire, quand on arrive avec un nouveau texte, qu'est-ce qu'il fait ? Il regarde combien d'exemplaires il a vendus du roman précédent de l'auteur, et il passe sa commande en fonction. C'est la logique même, j'ai pas de soucis avec ça. Et donc, on arrive après 49 jours avec Campus Driver, où clairement, moi, je demande à ce que Campus Driver soit beaucoup mis en place. Mais la réalité du terrain, c'est que quand ils regardent les ventes précédentes, faire une grosse mise en place, c'est pas les retours qui nous font. Et donc, c'est ce moment de... En fait, je sais, je sais, il faut le faire. Et un peu cette confrontation entre ton intime conviction, mais qui n'est que la tienne, et puis la réalité du marché. Et aujourd'hui, voir ce qui est devenu Campus Driver, en me rappelant ce moment de « il faut y aller, les mecs, il faut vraiment le faire » , bon, ben, voilà.
- Speaker #1
Immense fierté.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
T'en vois fou ? Je vous l'avais dit, regardez. Allez sur Amazon maintenant. Enfin, Prime. Très beau, très belle success story. Comme quoi, je comprends le côté où effectivement, il faut se baser sur la réalité du marché, il faut se baser sur les ventes, sur les lecteurs, etc. Mais quand on a une intime conviction, ça peut valoir le coup de la suivre. Et au pire, on se plante, ce n'est pas grave, on a essayé. mais derrière, ça peut mener à une belle success story. Et potentiellement, si tu n'étais pas battue comme tu as pu le faire, je ne dis pas que le travail de Camille est incroyable,
- Speaker #0
mais il est venu du texte. C'est-à-dire que ça a démarré petit, et très clairement, l'engouement a été là, et c'est la qualité du texte de Camille qui fait qu'aujourd'hui, c'est ce succès. C'est juste, c'est ce que je dis, c'est que j'aime bien voir mon rôle un peu juste comme... petit caillou sur la route des auteurs c'est à dire que pour moi s'ils sont destinés à atteindre un certain succès etc ils le feront mais être juste la personne qui va les orienter sur la bonne voie au bon moment voilà c'est un peu ça le rôle de l'éditeur c'est ce rôle de l'ombre et moi ça me va très bien que ça soit un rôle de l'ombre et c'est à dire en fait moi mon accomplissement c'est de me dire que ok comme je l'ai senti ce texte a atteint son plein potentiel Merci.
- Speaker #1
mais est-ce que d'ailleurs t'as la petite satisfaction alors bien évidemment que Campus Driver c'est écrit par Camille et tout, le plus gros du travail lui revient etc mais quand justement tu vois que tes autrices plaisent en librairie auprès d'électrices ou peut-être aussi il y a quelques petites critiques, est-ce que tu le prends pour toi aussi un petit peu, genre il y a une petite partie de toi qui fait bah c'est un peu le compliment me revient aussi un tout petit peu ou la critique peut piquer aussi un petit peu est-ce que t'as ce ce... se lier avec les livres que tu arrives à publier ou pas du tout,
- Speaker #0
ça se trouve c'est à la distance peut-être beaucoup plus facilement la critique que le succès parce que le succès j'estime qu'il est pas de mon fait voilà la critique sur certains points oui, en fait quand c'est un point sur lequel je suis profondément d'accord avec la personne qui soulève le point et que je me dis j'ai pas vu ça là c'est hyper dur à accepter C'est de se dire, mais en fait, c'est une telle évidence, je suis tellement d'accord avec ça, et je n'ai pas été capable de le cerner à ce moment-là. Alors peut-être que l'auteur n'aurait pas été d'accord sur le changement, je ne sais pas. Mais au moins, je suis passée à côté. Ça, c'est quelque chose qui est hyper dur à vivre. C'est pareil sur le choix des manuscrits. Je n'ai aucun problème avec les manuscrits qu'on lit, qu'on décide de ne pas publier, et qui sont d'énormes succès ailleurs. En fait, j'ai ceux, on l'a étudié, C'est type. pas pour nous, ou on s'est planté, on n'a pas vu le potentiel, voilà, ça fait un très beau succès ailleurs, ok. Par contre, les manuscrits qu'on n'étudie pas, sur lesquels on aurait pu se positionner et qui font des beaux succès ailleurs, ça, j'ai du mal à l'encaisser. Le « on s'est dit ok » , mais le « on passe vraiment à côté » , c'est dur.
- Speaker #1
Ouais, je peux comprendre. Mais après, comme tu dis, effectivement, quand... t'as déjà un planning qui est blindaxe et que t'as du mal à aller. Après, on est renvoyé à notre condition humaine qui fait qu'on fait des erreurs et c'est dur à accepter, mais c'est la vie malheureusement. Et bon, t'en auras plein d'autres qui vont arriver aussi.
- Speaker #0
Je t'en disais, sur les manuscrits, en gros, c'est minimum 5000 manuscrits qu'on reçoit par an. Et je disais en début de podcast, on a 5% de notre temps de travail qui est dédié aux manuscrits. Voilà. Donc, vous mettez une équipe qui fait entre 6 et 8 personnes, 5% du temps d'une équipe de 6 à 8 personnes qui est dédiée à la lecture de manuscrits sur 5000 manuscrits. Et en fait, c'est juste la réalité de ce qu'on peut faire concrètement dans ce temps impactant.
- Speaker #1
Après, c'est dur à entendre, mais c'est aussi le jeu. Parfois, ça le fait, parfois, ça ne le fait pas. Tant que ça reste une belle histoire ailleurs, c'est le principal. est-ce que t'as quelque chose enfin un point que tu aimerais aborder qu'on a pas abordé quelque chose que t'aurais aimé dire un message à faire parce que qu'importe enfin tes dernières minutes sont à toi si tu me dis qu'il y a rien bah il y a rien mais peut-être dire aux auteurs que quels
- Speaker #0
que soient les retours qu'ils aient de n'importe quel éditeur en fait si écrire leur fait du bien si en fait c'est leur voix en fait surtout qu'ils ne s'arrêtent pas au retour d'éditeurs qui continuent d'écrire Je pense que déjà, j'ai écouté le podcast de Flora Harmonie, elle le disait très bien d'ailleurs, en fait, c'est la relation d'un éditeur, d'un auteur à un moment donné qui va faire un texte. Et donc, si ce n'est pas cet éditeur-là, ça pourra marcher avec un autre éditeur et parfois même dans la même maison d'édition, ce qui est assez fou. Et puis, de se dire, en fait, un texte qui soit un grand succès ou pas, du moment qu'il arrive à toucher profondément un ou quelques lecteurs, pour moi, la mission, elle est réussie. Donc, c'est aussi un peu revenir à quel est le feu qui fait, qui anime les auteurs, et de se dire qu'en fait, quels que soient les retours derrière, quels que soient... Alors, je pense qu'il faut rester ouvert à la critique, parce qu'elle permet d'avancer, mais le, en fait, ne vous dégouragez pas, c'est une passion qui est tellement belle, mais continuez d'écrire, continuez d'avoir confiance en vous, et d'aller proposer vos textes.
- Speaker #1
Parce que la romance n'est jamais qu'une histoire d'amour, on se retrouve dans deux semaines pour un nouvel épisode d'Inside Romance. Et en attendant, viens me rejoindre sur Instagram pour qu'on débriefe de l'épisode ensemble, j'ai vraiment trop hâte d'avoir ton avis. Et si tu as aimé cet épisode, laisse un avis et abonne-toi pour ne rien manquer. Bisous !