- Speaker #0
Bienvenue sur Inspire, le podcast qui vous invite à découvrir les parcours inspirants de ceux qui osent. Alors ensemble, explorons les défis, les réussites et les leçons de vie de nos invités. Prêts à être inspirés ? Eh bien, écoutez, bonjour à tous. Bonjour Louis.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Alors vous allez peut-être entendre une petite différence de son tout simplement parce que Louis... n'est pas dans le même studio que moi aujourd'hui, mais ça nous tenait à cœur de vous partager son histoire. Et franchement, encore merci pour ton temps. C'est trop cool.
- Speaker #1
Merci à toi. C'est vrai que ça fait longtemps qu'on essaie de prévoir tout ça et je suis content qu'on y arrive enfin. Et merci à toi aussi de me permettre de partager tout ça et de discuter un petit peu sur ta plateforme. C'est chouette. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Et puis, voilà, on s'était eu à un moment, et c'était l'année dernière, et là, tu as tellement avancé sur... plein de choses que tout le monde sache. Mes interviews ressemblent un petit peu à une émission que j'adore qui est un dimanche à la campagne. Ça permet aussi de voir un petit peu toi, d'où tu viens. Est-ce que tu peux nous dire toi, d'où tu viens ?
- Speaker #1
Ok, alors je suis né à Courcouronne, juste à l'extérieur de Paris. Je suis né prématurément en fait, je suis né à 7 mois et j'ai bien gros problèmes de santé dès la naissance. C'est-à-dire que je suis resté à l'hôpital pendant plus de deux mois. Je faisais 1,6 kg quand je suis né. Je n'arrivais pas à respirer tout seul. Ils pensaient que je n'allais pas m'en sortir. Ma mère, suite à des problèmes de santé, elle a été obligée de faire recours à la médecine pour m'avoir. Je suis un bébé in vitro. On devait être trois et je suis le seul qui est survécu. Je suis né prématurément. Ça a été un peu compliqué au début. Mais après ça... Tout s'est déroulé tranquillement. J'étais avec ma maman et j'ai passé beaucoup de temps avec mon grand-père aussi pendant mes deux premières années jusqu'à ce que je rencontre mon beau-père qui est aujourd'hui mon père qui m'a élevé. J'ai eu une enfance plutôt normale.
- Speaker #0
Un début, j'imagine qu'on n'en sort pas indemne de toute façon parce que ça fait partie de ton histoire et c'est écrit à l'intérieur de toi. mais ce n'est pas forcément quelque chose qui t'impacte.
- Speaker #1
Non, je pense qu'en fait, c'est marrant quand je me retourne sur cette période-là de ma vie. Évidemment, je n'ai aucun souvenir. Ma mère me raconte qu'elle s'était échappée de sa chambre d'hôpital pour venir me voir alors qu'elle n'avait pas le droit. Mais en fait, je me rends compte qu'il y a beaucoup de similarités avec ma mère et sa manière de voir les choses, de vivre et la manière dont j'ai pu surmonter des obstacles dans ma vie, que ce soit quand j'étais plus jeune ou... au jour d'aujourd'hui. Je pense qu'elle m'a inculqué une force qui m'a apporté tout au long de ma vie et qui m'a permis de survivre plusieurs fois et continuer d'avancer tout le temps. Je pense que je lui dois beaucoup à ce niveau-là.
- Speaker #0
C'est vrai que toi, c'est assez impressionnant. Le corps et l'esprit sont en mouvement. Tu vas nous expliquer ça un peu plus tard. C'est vrai que c'est vraiment quelque chose qui guide ta vie, mais qui fait ce que tu fais. que tu es aujourd'hui et peut-être tout ce que tu peux aussi porter comme message. Du coup, tu as tes premiers souvenirs d'ailleurs d'école ? Tu es l'enfant qui joue avec tout le monde ou au contraire, tu es un peu réservé ?
- Speaker #1
Moi, je suis quelqu'un et je pense que ça, c'est depuis toujours, je parle à tout le monde. J'ai envie, j'ai besoin d'échanger, j'ai besoin d'apprendre à connaître les gens, j'ai besoin d'entendre leurs histoires. Je faisais rire tout le monde, mais j'étais à la fois hyper sérieux à l'école parce que j'ai rapidement commencé le hockey sur glace. quand j'avais 4 ans.
- Speaker #0
Oh, ok. C'est pas comment. Enfin, à l'école, on est plutôt en mode...
- Speaker #1
Grâce à l'école. Un de mes camarades de classe faisait du hockey. Il m'a invité. Il m'a passé des invitations gratuites pour essayer. J'y suis allé. J'ai passé plus de temps allongé par terre sur la glace que debout sur mes patins. Ma mère s'est même dite qu'il va sortir de la glace. Il va me détester parce que c'était pas cool. Et je suis sorti et j'ai regardé ma mère droit dans les yeux. Je lui ai dit Maman, c'était trop bien. quand est-ce qu'on y retourne et j'ai envie de faire ça toute ma vie. Et je pense que c'est une réelle chance que j'ai eue d'avoir trouvé ma vraie passion à un si jeune âge parce que je sais que ce n'est pas donné à tout le monde. Il y a des gens qui se cherchent beaucoup, même adultes, qui ne vont pas encore trouver ce qui les porte, ce qui les anime. Et moi, c'est quelque chose que j'ai eu dès le début.
- Speaker #0
Oui, mais peut-être parce que ta maman aussi, il n'y a pas eu de frein en fait, parce qu'on pourrait avoir peur de se dire, la glace, les patins. Ça peut faire flipper alors que finalement, tu as eu cette ouverture-là dès le début aussi, cette opportunité.
- Speaker #1
Et ça, c'est une grande chance que j'ai eue avec ma famille aussi toute ma vie. C'est qu'ils ont toujours subi ce qui me plaisait. Mes parents, ils ne m'ont jamais poussé à faire quoi que ce soit. Ils ne m'ont jamais obligé à faire quoi que ce soit. Simplement, ils m'ont dit, tu veux faire du hockey, c'est bien. maintenant on fera toujours tout ce qu'on peut pour t'aider pour le hockey mais à côté de ça on veut aussi que tu te développes en tant que personne que tu ailles à l'école, c'est pour ça que j'ai jamais eu de problème je me suis fait engueuler par mes parents une fois je pense parce que la seule chose qu'ils avaient à me dire c'était si t'écoutes pas, si t'es pas sage, t'as pas des bonnes notes, tu vas pas au hockey et du coup pour moi c'était impensable j'ai jamais raté un entraînement de ma vie et ça m'a donné un peu une ligne de conduite et ça a créé un espèce d'environnement pour moi qui était hyper sain Merci. et qui m'a permis de me concentrer et de profiter de la passion que j'avais pour toujours essayer d'évoluer, d'avancer et de me construire.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui, donc tu as eu cette opportunité-là, mais qu'est-ce qui du coup t'a fait tilt en te disant c'est ça que je veux ? Est-ce que c'est le contact avec la glace ? C'est ce côté vitesse sur les patins ? C'est le groupe ?
- Speaker #1
Alors pour ma première fois sur la glace, je ne pourrais pas te dire, parce qu'encore une fois, on ne peut pas parler de vitesse vu que j'étais allongé sur la glace à faire du bonhomme de neige. Je pense que quand on est jeune, c'est cet aspect. Avec le hockey, on est dans une patinoire. C'est un peu comme une arène. On a énormément d'équipements. Donc, quand tu es jeune, c'est hyper attrayant. Tu te prends pour un super héros. Tu as ton plastron, tu as ta crosse, tes patins, ton casque. C'est trop bien, tu vois.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire. Dans ma tête, j'avais le côté super héros avec une sorte de costume, en fait. C'est ça.
- Speaker #1
C'est une espèce d'armure. Et tu te dis, ouais, en fait, tu mets ça, tu te sens invincible. et je pense que ce qui m'a plu, c'est que c'était quelque chose de pas commun. J'ai essayé de faire du foot, il n'y avait pas du tout de contact, la mentalité ça ne me plaisait pas du tout. Le hockey j'ai direct accroché et je pense que c'est cet aspect de camaraderie. Après quand j'étais plus grand, j'ai pu comprendre le sport un peu plus. Les traditions, c'est un sport qui a énormément d'histoire, qui est très attaché à ses traditions. Il y a une énorme forme de respect. Le hockey sur glave c'est le seul sport où on a le droit de se battre, mais à côté de ça... Moi et un adversaire sur la glace, on va se battre. Une fois que le match est terminé, il y a un respect commun. Ce n'est pas « je te déteste » . Non, ça fait partie du sport. C'est extrêmement violent, rapide. Mais à côté de ça, c'est tellement technique, c'est fluide et c'est hyper précis. Je pense que ce que je trouve vachement intéressant avec ce sport, c'est que plutôt que de savoir faire une chose bien, tu es constamment en évolution et en progression. être capable de manager plusieurs choses en même temps, que ce soit de patiner, de lever la tête, de dribbler le palais, de mettre des charges, d'en recevoir. C'est vraiment un sport qui est hyper fluide malgré la violence. C'est une forme d'art, je trouve, de trouver autant de fluidité dans un milieu qui est si brut.
- Speaker #0
Tu as dit une chose qui était intéressante, c'est aussi qu'on a l'impression d'être un peu invincible dans ce costume, dans cette armure. Est-ce que... parce que tu l'as commencé et on va peut-être parler de ce qui t'est arrivé aussi à 6 ans ce côté invincible était important pour toi, tu sentais qu'à l'intérieur t'avais quand même cette sorte de fêlure ou quelque chose où il fallait que tu te protèges en réalité quand on est sur la glace on peut pas trop se permettre de penser à nos faiblesses parce que tu
- Speaker #1
te mets en danger en fait et il faut vraiment réussir à mettre ça de côté Merci. parce que la seconde où tu es dans un match de hockey et tu as peur ou tu appréhendes ou tu réfléchis vraiment à tes faiblesses c'est là que tu te mets en danger, tu réfléchis trop tu prends pas les bonnes décisions et tu peux te blesser très rapidement, mais après je pense que oui en fait dans ce sport et c'est un peu une réflexion de la vie je trouve c'est il faut être vachement en lien avec soi-même, c'est à dire qu'il faut savoir qui tu es et vraiment être bien et serein avant de monter sur la glace Merci. et comme dans la vie de tous les jours, je pense que c'est compliqué d'avancer, de se développer, de créer des choses d'avancer dans des projets même juste d'être heureux si on n'a pas cette compréhension de qui on est et voilà, je pense que ça me permettait un peu de séparer les deux et ça m'a toujours gardé hyper calme et hyper sain, c'est un sport où les émotions sont très impliquées et le fait de pouvoir vraiment me dépenser et être super émotif sur la glace et bien à côté de ça dans la vie de tous les jours, j'étais quel que je suis je suis quelqu'un d'hyper tranquille, hyper calme. J'ai des moments de folie, ça me canalise, j'ai des moments de folie comme tout le monde. Mais oui, je pense que ça m'a permis de maintenir et de construire un équilibre qui est super intéressant à plein de niveaux.
- Speaker #0
Tu vas nous en reparler un petit peu en détail, j'ai noté deux, trois choses puisque du coup, en effet, tu découvres la glace par terre à 4 ans et à un moment, tu vas quand même réussir à marcher, mais il t'arrive corps, tu disais que c'était quelque chose qui avait un peu conduit ta vie. Et une autre épreuve qui t'arrive à l'âge de 6 ans, si je ne me trompe pas. Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Speaker #1
Une journée d'école normale, comme les autres. Vraiment la vie d'un petit garçon de 6 ans. Je suis à l'école et cette journée-là, je ne comprenais pas. Il y a tout le monde, que ce soit mes camarades de classe, mes professeurs qui venaient me voir. Ils me disaient, mais Louis, ça va ? Tu as l'air fatigué, tu es tout rouge, tu as de la fièvre. Qu'est-ce qu'il y a ? Et moi, je me sentais fatigué, mais sans plus. Mais je ne comprenais pas. On ne me faisait que de me répéter toute la journée, mais ça va. et je rentre le soir et ce soir là j'avais entraînement et comme j'ai dit tout à l'heure j'aurais manqué un entraînement de hockey pour rien au monde c'est la seule fois de ma vie où j'ai dit moi je veux pas y aller pas parce que je pouvais pas mais juste j'ai pas envie d'y aller là ma mère tout de suite elle s'est dit c'est pas normal et j'étais avec ma mère et je sais plus on regardait la télé je crois qu'on regardait la Star Académie ou The Boys on sait rien enfin bref j'étais bien j'étais pas bien du tout en fait ça a commencé avec les mêmes symptômes qu'une grippe Merci. Et au fil que la soirée avançait, j'ai commencé à me démanger, mais vraiment de la tête aux pieds de partout. Je ne pouvais plus m'arrêter de me tracter, mais c'était horrible. Et ma mère, infirmière, elle commençait à stresser, donc elle ne s'énervait pas, mais elle me disait « Louis, arrête, arrête » . Et je dis « Maman, je ne peux pas » . Et donc, elle décide de m'emmener aux urgences et il ne trouve rien. Il me renvoie avec un petit diplôme du courage à la maison. « Bravo, t'es venu, mais il n'y a rien. » Donc, je rentre à la maison, je dors. Ma mère se couche à côté de moi et le lendemain, je me réveille et j'avais des cloques partout sur le corps. Mais de la tête aux pieds, des espèces d'ampoules, des grosses cloques partout. Et c'est là que ma mère, elle a vite compris qu'il y avait quelque chose de grave. On m'emmène au CHU de Poitiers et impossible de savoir ce que j'ai. Impossible. Donc, je passe, je ne sais pas moi, deux semaines là-bas. Et en fait, ces cloques, elles finissaient par se percer par elles-mêmes. Et ma peau, elle s'est filochée complètement. Donc, je perdais ma peau. Et pendant que je perdais ma peau et que j'avais des brûlures, parce qu'au final, j'ai eu des brûlures au deuxième degré, à plus de 80% de ma surface corporelle. Et en même temps, mes organes brûlaient, donc mes poumons, mon estomac, l'intérieur de ma bouche, où je devais être aveugle. Et donc, mon état de santé s'aggravait à une vitesse lumière. Et un soir, mon père, qui est aussi médecin, avait dit à ma mère, « Écoute, ce soir, tu rentres à la maison, il faut que tu dormes. » En plein milieu de la nuit, elle se réveille et fait « Non, non, il se passe un truc, il faut que j'y aille » . Elle est partie en pyjama, elle n'a pas pris son portable, elle n'a pas pris son sac à main. Elle est arrivée à l'hôpital, ils me mettaient dans l'hélicoptère pour m'emmener en réagrand brûlé à Paris, à Henri-le-Mont-Dor, sans la prévenir. Donc elle a réussi à monter dans l'hélicoptère, ils m'ont mis dans un coma artificiel. J'ai encore quelques souvenirs d'être dans l'hélicoptère où je me retourne et je tends la main pour garder ma mère, j'avais peur et je me rappelle je me suis endormi Et je me réveille, c'est comme dans les films, j'ai une vingtaine de médecins autour de moi avec leur blouse et je vois les lumières sur le plafond de l'hôpital qui défilent sur le brancard. Et je hurle parce que je ne sais pas où je suis. Et d'un coup, il y a les portes-coupes-feu qui se ferment et là, blackout complet. Et donc, j'arrive à Grand Brûlé à Henri-Mondor. Et la chance que j'avais, c'est qu'ils connaissaient la maladie que j'ai. Donc, c'est un syndrome de l'aïeul. C'est une maladie qui est très rare en France. l'année, je l'ai eu en 2004 et l'année où je l'ai eu on était que 3 à avoir été diagnostiquée avec ça. Et en fait, il y a deux branches. Donc en anglais, c'est Steven Johnson Syndrome, et c'est quand on est atteint de 1 à 20%. Et 20% et plus, c'est Toxic Epidermal Necrolosis, qui est aussi connu sous le nom de syndrome de l'aïeul. Moi, j'étais atteint à 80%. Et malheureusement, il n'y a pas de traitement pour ça. Ils avancent aujourd'hui avec la science, mais il n'y a pas encore de traitement. C'était vraiment juste manager la douleur.
- Speaker #0
Et ça vient... D'un coup, ce n'est pas dû à quelque chose que tu as mangé, à une activité trop intensive ? Comment ça vient ?
- Speaker #1
En fait, dans la plupart des cas, ça vient avec une réaction allergique aux médicaments. Moi, je n'étais sous aucun médicament. Je n'ai aucun souvenir d'avoir pris un médicament à l'école, rien. Enfin, même l'école, ils ont dit qu'ils ne m'avaient rien donné. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que dans mon cas, ils ont fait des tests trop tard. Donc, pour moi, ils n'ont jamais pu déterminer ce qui les a causés. ce qui est une problématique, on en parlera après. En règle générale, c'est suite à une prise de médicaments, notamment les anti-inflammatoires, les AINS, tout ça. Donc à Henri-Mondor, le médecin disait qu'il faut que son état se dégrade avant de pouvoir s'améliorer. Et un jour, je me rappelle, j'étais dans ma chambre d'hôpital, j'étais réveillé, mais j'avais les yeux fermés, il y avait ma mère qui était dans la chambre. Le médecin rentre et lui dit à madame... Si l'état de votre fils ne s'améliore pas avant la fin de la journée, demain matin, il sera mort. Passez une bonne journée. Et il est parti. Là, ma mère se met à pleurer et je lui dis, « Maman, ça va aller. » personne ne peut dire ce que je peux ou ne pas faire en fait. Et moi je...
- Speaker #0
Tu ne savais pas intérieurement ? C'est bizarre comme question mais...
- Speaker #1
Non mais c'était intéressant parce que la chance que j'avais, c'est que j'étais si jeune que la mort ça ne veut rien dire. C'est un concept qu'on sait que ça existe, ça fait peur mais on ne sait pas ce que c'est. Bien sûr. Ça veut dire quoi ? Je ne me réveille pas demain, je ne suis plus là, qu'est-ce qui se passe ? Donc en fait j'étais vachement détaché de ça. Je savais que j'étais en danger mais j'étais incapable de comprendre ce qui m'a permis de pas me renfermer là dedans. Et donc mon corps était complètement meurtri. Et je me rappelle à ce moment-là, je me suis dit à moi-même, je vais me battre, ça va aller, mais je vais juste me poser 5 secondes et prendre des forces. Et au moment où je me suis laissé aller, j'ai senti mon corps s'alourdir complètement. Je ne pouvais plus bouger. Mon corps, j'ai l'impression qu'il faisait une tonne dans mon lit d'hôpital. Et je me suis senti comme aspiré de mon corps. Il montait vers le ciel et je voyais un ciel rose. avec des nuages et je voyais mon visage dans un nuage. Donc je monte, je monte, je monte et là, je deviens mon visage et je regarde la planète Terre. Et je voyais les villes et je voyais les gens qui couraient partout et je me suis posé deux questions. Je me suis dit, pourquoi est-ce qu'ils sont aussi stressés et ils courent partout et pourquoi est-ce qu'ils sont aussi tristes que je sois là-haut ? Et d'un coup, comme dans un cauchemar, quand on tombe dans le vide, je me mets à tomber et d'un coup, je me réveille. Et là j'ai réalisé que j'avais survécu une expérience de mort imminente en fait, que ça allait aller, que mon but à moi c'était de jouer au hockey. J'ai regardé ma mère et j'ai dit « Maman, moi mon rêve c'est de jouer au hockey au Canada et d'en faire ma vie » . Et du jour au lendemain, ça a commencé à aller mieux, je ne savais pas comment ni pourquoi. Au bout d'un mois d'hospitalisation, j'ai pu sortir de l'hôpital. Pendant presque trois ans, je ne pouvais pas avoir ma peau directement exposée au soleil. J'ai eu l'école à la maison. Ma mère a dû arrêter de travailler pour prendre soin de moi. On a eu de la chance que leur situation professionnelle leur permettait de faire ça. Parce qu'en plus, tous les soins que je devais recevoir, toutes les crèmes pour mes yeux, pour ma peau, ce n'était pas remboursé par la Sécurité sociale. Parce que c'est considéré comme de l'esthétique. Alors que moi, c'était un besoin vital. Donc, si mes parents n'avaient pas eu les moyens d'arrêter de travailler pour prendre soin de moi ou même d'acheter des produits, aujourd'hui, je serais sûrement aveugle. J'aurais des séquelles énormes. Et puis j'ai aussi eu un tout un suivi psychologique, psychiatrique parce que j'étais détruit en fait. C'était hyper traumatisant, c'était tellement traumatisant qu'il ne me laissait même pas me regarder dans le miroir à l'hôpital parce qu'il disait que ça va le tuer en fait, parce qu'il va encore plus se rendre compte de ce qui lui arrive quand il voit son visage. Et après ça, retour à l'école, c'était compliqué au début parce que moi j'étais trop content.
- Speaker #0
Donc là, tu as quel âge en fait ?
- Speaker #1
J'ai 6 ans toujours, 6-7 ans, 6 à 8 ans.
- Speaker #0
En combien de temps, parce que ça m'a trop donné de frissons, tu as évoqué ça, en combien de temps ton corps s'est régénéré dans quelque chose d'acceptable ?
- Speaker #1
En fait, c'est que j'avais d'énormes rougeurs, j'avais encore des croûtes parce que mes lèvres étaient brûlées ensemble. Sur mon visage, c'est les seules cicatrices de ce que j'ai eu. On le voit, c'est des brûlures. Il y a des jours où elles se voient plus ou moins, mais c'est vraiment les seules choses que j'ai. Et c'est une chance parce que je connais d'autres survivants de cette maladie, ils n'ont pas du tout la chance que j'ai eue. Et en fait, j'avais des rougeurs et je transpirais énormément quand j'étais jeune. Donc, retour à l'école compliquée, en plein été, ma prof, elle m'interdisait d'aller à la récré parce que dès que je me mettais à courir ou jouer avec mes amis, je transpirais. donc pour elle c'était inacceptable que je sois transpirant en salle de classe Quand tous les jeunes allaient dehors, moi, ils me disaient de rester tout seul. Après, j'ai changé d'école. Et puis, il y avait le regard des autres parce qu'ils ne peuvent pas comprendre ce que c'est. Puisque c'est tellement rare et ça ne se passe pas comme une grippe ou une gastro. C'était vraiment un truc qui était si étranger. Et en plus, qui ne se passait pas comme ça. Ce n'est pas contagieux du tout, mais les jeunes ne savent pas. Et moi, je ne savais pas comment expliquer.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que j'allais te demander. c'est que du coup euh entre l'école et la maison, où tu n'as plus cette vie sociale-là, même si ta maman, j'imagine, t'invite tes amis. Il faut essayer de garder ce lien-là. Comment est-ce qu'enfant, alors qu'il n'y a pas de raison explicable, ou en tout cas légitime pour toi, tu te raccroches à quelque chose ? Ou est-ce que tu as ce sentiment d'injustice ? Comment on ne le laisse pas grandir au sein de soi ? Est-ce qu'on peut avoir ce sentiment d'injustice qui grandit ? Comment est-ce qu'on arrive quand même à se détacher de ça ?
- Speaker #1
Je pense que je n'avais pas le choix. Parce que j'ai vite réalisé qu'il y a des moments où j'étais frustré, je détestais mettre de la crème. Et en fait, ça n'a jamais trop été mon discours de me dire « Pourquoi moi ? » Pourquoi ça m'arrive à moi ? Pourquoi pas quelqu'un d'autre ? Et en fait, j'ai vite réalisé que souvent, on dit « Ah, mais ça, ça n'arrive qu'aux autres. Les gens, ils n'ont pas de chance. » Moi, ma vie, elle a changé du jour au lendemain. Et bien que c'était une expérience traumatisante, ça m'a tellement construit et ça a tellement changé mon regard sur la vie. À l'âge de 6 ans, quand tu es sur ton lit de mort à 6 ans, j'avais les problèmes d'un enfant de 6 ans, et tu te dis, tu es sur ton lit de mort, tu te dis « Je devrais passer plus de temps avec mon chien. Je devrais profiter plus du hockey. j'aurais dû dire à ma mère que je l'aime encore plus que je lui dis c'est pas des questions tu vois ce que je veux dire ouais mais c'était pas comme un père de famille qui dit je vais pas avec mes enfants mais à la hauteur de moi 6 ans c'est ce qui me traversait l'esprit et de ce jour là j'ai réalisé à quel point c'était horrible et je me suis promis à moi même de jamais vivre avec des regrets parce que le jour où je serais sur mon lit de mort et bah je savais que j'aurais vécu ma vie à 100% et j'aurais toujours donné mon 100% dans tout ce que j'ai entre moi dans les gens qui sont autour de moi. Et du coup, je ne me suis jamais trop laissé abattre par le pourquoi moi. C'était plutôt, ça m'a un peu débloqué cette perspective de rien de ce que tu traverseras dans ta vie sera aussi compliqué que ce que tu as traversé. Donc en fait, il n'y a rien d'impossible. Si j'arrive à survivre à ça, je peux accomplir ça, je peux me lancer après ça. Et peut-être que je vais me planter, mais ça m'ouvrira d'autres portes. Et ça m'a permis d'avancer. Et en fait, mes rêves, ils se concrétisaient. je suis parti à 11 ans, je suis parti chez mon sport études à Nantes. Après ça, à 14 ans, je suis parti tout seul au Canada. Encore une fois, mes parents, ils avaient les moyens et aussi, ils m'ont laissé la possibilité de le faire.
- Speaker #0
Comme ce qu'on disait tout à l'heure, depuis tes 4 ans, ta mère t'a laissé découvrir quelque chose. C'est génial d'oser parce qu'en effet, après tout ce que tu as vécu, il n'y a plus rien d'impossible finalement.
- Speaker #1
C'est ça. Et un autre truc que j'ai toujours gardé avec moi, que mes parents m'ont dit, c'était « Oui, la plus belle preuve d'amour qu'on peut te faire en tant que parent, c'est de te laisser vivre tes rêves et de poursuivre ce que tu as envie de faire parce qu'on préfère te savoir loin mais heureux qu'à côté de nous et pas du tout épanoui en fait. » Et le fait d'avoir ça dans ma vie, ça m'a aussi encouragé à toujours poursuivre mes rêves et vraiment me lancer dans des projets qui étaient fous à chaque fois. fois parce que je savais que derrière moi ma famille me supportait, elle m'aimait, elle m'encourageait et c'était une opportunité pour moi que je voulais pas prendre pour actrice et que je voulais vraiment saisir parce que ça m'a permis, ça m'a construit en fait.
- Speaker #0
Et tu faisais du hockey entre tes 6 et 11 avant d'aller en sport étudiant ?
- Speaker #1
Ouais j'ai repris le hockey, c'était long, j'ai repris le hockey je pense un ou deux ans après avoir été malade, je me rappelle plus exactement mais… J'étais trop content, ça m'avait permis de me projeter, d'avancer. C'est pour ça que maintenant, quand je traverse des choses difficiles, plutôt que de m'accrocher sur le « c'est dur » , je me projette. Je me dis « de toute façon, il faut passer par ça pour arriver au step d'après » . C'est des choses que j'ai retrouvées quand j'ai fait ma traversée des États-Unis, quand j'ai été retranché par des équipes de hockey. Pour moi, rien n'est impossible. surtout quand on se donne les moyens d'y arriver et il faut y croire et en fait les personnes qui réussissent au final c'est celles qui n'ont jamais abandonné et qui se donnent les moyens moi je le vois dans le hockey par exemple au fil des années ça fait 24 ans que je fais du hockey tu joues avec 20 à 30 joueurs chaque année je peux compter sur mes deux mains le nombre de joueurs que je connais avec qui j'ai évolué étant jeune qui jouent professionnel aujourd'hui parce qu'ils n'ont juste pas arrêté en fait mais en fait le hockey ça t'a aussi suivi tout le monde
- Speaker #0
toute ta vie, parce que si j'entends bien ce que tu dis, où on t'interdisait même d'aller dans la cour, parce que pour ne pas jouer aux autres, avec les autres, malgré tout, tu continuais le hockey et tu retrouvais quand même ce lien social et là, on ne t'interdisait pas. Donc finalement, c'est vraiment une... À chaque fois, c'est ce qui t'a porté et qui t'a permis de construire et d'évoluer, en fait, finalement.
- Speaker #1
Oui, ce qui est incroyable, ça m'a toujours permis d'avancer et c'est aussi effrayant, parce que je me dis le jour où j'arrête de jouer au hockey, je suis qui, je suis quoi J'ai toujours été un joueur de hockey. Quand je me présente, oui, je fais du hockey sur glace. Et bien, il y a un jour où ça arrive. Oui, ça fait peur, ça. Ça fait peur de penser. Puis j'évolue. Je sais aussi que, voilà, pour jouer aux États-Unis, même en France, c'est très dur de vraiment gagner suffisamment d'argent pour te construire, en fait. Et à un moment donné, c'est bien. Mais les projets évoluent, la vie, elle avance. Donc oui, c'est pour ça aussi que je fais plein de choses à côté, je pense, parce que j'ai besoin d'être en mouvement tout le temps. Sinon, j'ai l'impression que je stagne et ça me remet un peu sur mon lit de mort où je me dis, quand tu étais à l'hôpital et que tu regardais par la fenêtre et que tu voyais les gens qui étaient en train de marcher dehors. tu aurais tout donné pour échanger de place avec eux. Donc, je pense que c'est dur pour moi de rien faire. Je vais m'arrêter. Ce n'est pas que ça ne me traverse jamais l'esprit, mais je ne me sens pas bien là-dedans. Et c'est une chance, en fait. Et ce n'est pas facile pour tout le monde. Les gens qui m'entourent, des fois, ils me disent « Arrête, pose-toi. » Moi, je ne peux pas. C'est contre mes valeurs, mes internes au plus profond de moi. J'arrête. parce que je pense que la vie mérite d'être vécue et c'est très facile, je pense, au jour d'aujourd'hui de se renfermer dans un truc et de se réveiller 20-30 ans plus tard et de se dire qu'est-ce que j'ai fait.
- Speaker #0
Comme tu le dis, d'autant plus avec une société qui évolue technologiquement avec des méthodes et des manières en termes professionnels de management, d'évolution d'équipe, d'entreprise qui bougent. on le voit bien, tout ce qui est burn-out, épuisement, la santé mentale, ce sont des sujets qui sont un peu trop tendance, mais en tout cas c'est un état de fait. C'est parce que le mouvement est indispensable pour moi à la vie, mais là on va dans un excès qui fait qu'on est dans l'épuisement. Tu m'as fait une très bonne condition parce que j'allais te demander en effet, pour toi le mouvement qui a toujours rythmé ta vie, là tu réponds à ma question en disant, Est-ce qu'à un moment, est-ce que... Toi, tu as envie de te poser ou est-ce que tu intègres en tout cas des temps de pause type méditation, type choses comme ça qui te permettent de te réalimenter en énergie peut-être ?
- Speaker #1
Je porte beaucoup d'attention évidemment à mes entraînements et tout. En tant qu'athlète, je réalise que tout le monde s'entraîne fort, tout le monde travaille fort à un certain niveau. Ce n'est plus le talent qu'il porte. Tu es obligé d'être talentueux, je dis ça le plus humblement possible, mais tu es obligé d'avoir un certain niveau. Et après, c'est vraiment ton travail qui fait la différence. Et en fait, j'ai réalisé dans mon entraînement, dans ma préparation, dans ma vie de tous les jours, que c'est crucial pour moi de trouver des outils qui m'aidaient à me recentrer et encore une fois, à revenir un peu sur ce qu'on disait au début, qui je suis, qu'est-ce que je veux faire. Donc moi, j'écris beaucoup tous les jours, j'écris dans mon journal. C'est quelque chose que je fais énormément, que ce soit juste ce qui me passe par la tête ou des fois j'ai... J'ai un paquet de cartes qui m'a été donné pendant ma traversée des États-Unis par des amis qui ont fait un truc similaire. Et en fait, chaque carte a une question. Et quand tu réponds à toutes ces questions dans l'ordre, ça te permet d'écrire ton histoire. Mais c'est des questions hyper profondes et des fois pas du tout. Mais en fait, quand tu les relis de bout en bout, tu te dis « waouh » , en fait, tu te comprends. Et c'est quelque chose qui me passionne et je pense que c'est hyper important de développer un peu cette intelligence émotionnelle en fait. Parce que si tu ne te connais pas, Je ne vois pas comment tu peux donner de ta personne aux gens qui sont autour de toi. Et moi, j'ai réalisé que pour vivre et me sentir vivant, j'avais besoin de vivre pour les autres et de faire des choses pour les autres à travers qui suis et mon histoire. C'est du gâchis de traverser ce que tu traverses et par bon dire. Après, chaque personne deal avec ces choses-là différemment et c'est propre à eux et je respecte tout à fait, mais je trouve que c'est tellement dommage. Je suis vachement impliqué dans la communauté.
- Speaker #0
patients de la maladie que j'ai eue et il y a des gens pour eux c'est un cauchemar en fait peut-être que tu as eu cette chance aussi de prendre de la hauteur on va dire mentalement et entre guillemets physiquement ou du coup ça s'est ancré en toi et tu en connais l'importance et tu en connais le rôle en fait de prendre cette hauteur là où aujourd'hui on dit aux gens prendre la hauteur comme je vais faire de l'essence.
- Speaker #1
Et je pense qu'on complique aussi ces choses-là. C'est-à-dire qu'on dit aux gens, trouve du temps pour toi, fais ci, fais ça. Mais c'est comme un programme d'entraînement. Tu n'as pas toujours besoin de faire le dernier exercice qui a l'air fou pour avoir du progrès. Des fois, les choses les plus simples, comme moi, c'est j'écris ou alors je vais marcher 45 minutes. je fais en sorte de boire 2-3 litres d'eau par jour mais c'est vraiment des petites choses mais c'est une espèce de routine, un espèce de rituel qui me permet de rester ancré comme ça, peu importe si j'ai la meilleure journée de ma vie ou la pire journée de ma vie il y a des choses qui restent là et qui ne changent pas et ça me permet de rester
- Speaker #0
d'être une routine j'aime bien appeler vraiment plutôt la notion d'outil parce que la routine tu peux aussi du coup t'enfermer dedans et de plus avoir hauteur parce que tu fais quelque chose de trop de manière habituelle mais en effet d'avoir cette sorte de mal à outil où tu sais qu'en fonction de comment t'es dans le moment tu vas pouvoir dégainer un, deux, trois outils qui te correspondent sur ce moment là de ta vie Merci.
- Speaker #1
Ça change, ça évolue, ça change. Et je pense, il y a quelqu'un une fois qui m'a dit, la manière dont tu fais une chose, ça représente la manière dont tu fais tout dans ta vie. Et là, je me suis dit, attends. Il me fait, ben oui, regarde, quand tu fais la vaisselle, si tu nettoies mal ta fourchette et que tu la ranges, ça, ça va se transférer dans ton travail, dans ton sport, dans tes relations. Et du coup, tu te retrouves à faire les choses, mais de façon intentionnelle. Et je pense que c'est l'intention qui manque aux gens. Les gens, ils font les choses. pour les faire. Ils parlent avec les gens. Bonjour, ça va ? Oui, toi ? Oui. Non, non. Comment ça va vraiment ? Oui.
- Speaker #0
Il n'y a pas de souci. J'ai envie de te dire. Coucou, ça va ? Elle est dans la phrase sans interrogation et les gens, tu vois ?
- Speaker #1
Ils sont très dommages parce que quand tu... Même dans ma vie de tous les jours, des fois, c'est marrant, tu vas faire tes courses, tu regardes la caissière ou tu essaies et tu lui dis bonjour, ça va ? Mais vraiment, tu insistes pour avoir ce petit échange et les gens à chaque fois ils sont mais C'est fou et je pense que c'est ce qu'on manque aujourd'hui. Les téléphones, la société, tout ça, ça n'aide pas trop, mais on manque énormément et cruellement d'intention dans les choses qu'on fait. Et même pour nos projets persos, on dit tout le temps, je n'ai pas le temps, je n'ai pas le temps, je n'ai pas le temps. Non, tu ne prends pas le temps. Mais en fait, souvent, je pense qu'on aime l'idée du succès. On aime s'imaginer notre vie d'une certaine manière. mais après quand c'est le temps de faire les choses simples de manière répétitive ça devient compliqué et on se perd là-dedans et c'est dommage moi je veux juste montrer aux gens que peu importe la taille de ton rêve tu peux te lancer oui et après c'est le même débat qu'on a avec
- Speaker #0
beaucoup c'est en effet une société qui va trop vite et l'avantage et l'inconvénient ça va trop vite et l'accessibilité a énormément de choses en fait si tu veux en tout cas le conseil c'est de se dire que tu as accès à différentes choses, c'est à toi de faire le tri aussi de ce que tu vois, qui n'est pas souvent la réalité, qui est quelque chose de déformé ou qui est quelque chose de combiné avec autre chose qui donne une certaine réalité. Et aujourd'hui, avec cette vitesse et ce manque de ralentissement ou de douceur ou de prise de recul, tout se mélange. Et en effet, comme tu le dis, on passe sur des choses les plus basiques parce que c'est basique, mais du coup, on les oublie. Donc, on passe sur d'autres choses. les intentions elles ne sont plus là il n'y a plus d'émotions parce que du coup on nous donne tout cru dans le bec et on n'a plus trop ces émotions brutes avant la vieille, les cabines téléphoniques tu vois, tu attendais avant d'appeler ou d'envoyer des cartes postales et t'es trop content d'envoyer un message sauf que maintenant c'est tellement accessible que tu développes les émotions on peut les entendre, écoute on a fait une très très grosse parenthèse parce qu'on s'est arrêté Merci.
- Speaker #1
tu partais aux Etats-Unis quand même ouais ouais ouais je suis parti à l'âge de 14 ans en fait je faisais des stages l'été de préparation et j'ai un stage qui s'est très bien passé j'avais déjà fait des tournois et tout étant plus jeune au Canada et les entraîneurs ils m'ont dit mais Louis ça te plairait de rejoindre notre programme moi je te disais ouais quand est-ce que je signe enfin ok et donc on a commencé à parler avec eux et les papiers ça a pris un an et demi à faire parce que un mineur non accompagné qui part étudier et jouer au hockey au Canada, c'est assez compliqué. Et donc, ma mère, elle a commencé à garder les papiers. Oh, un petit papier qui est arrivé, 2, 3, 4, 5. Et c'était une semaine avant l'anniversaire de mon petit frère. Ma sœur, elle était là et je me suis dit, mes parents, ils sortent le champagne et tout. Je me suis dit, mais qu'est-ce qui se passe ? On doit faire l'anniversaire de mon frère avec ma sœur. Elle est là. Et là, bon, santé, Louis, on a eu ton visa. J'étais genre quoi ? Et donc là, ça a commencé un an au séminaire Saint-François à Québec en sport et études, un an à l'Académie Saint-Louis à Québec après. Ensuite, j'ai joué à Toronto, à El Paso au Texas aux États-Unis, un an à Boston. Ensuite, j'ai fait deux ans universitaire à Boston, deux ans à l'Université d'État du Missouri. J'ai fait mon projet aux États-Unis et après ça, j'ai joué un an en Suède. Ensuite, un an à Mary-Belle Courchevel. l'an dernier à Neuilly et là je vais jouer à Châlons en Champagne et euh
- Speaker #0
Tous ces mouvements sont liés à des mouvements professionnels ou c'est des transferts, c'est ça ? Ça s'appelle comme ça, des transferts ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Tu t'es dit à un moment, oui, j'ai envie d'aller là, j'ai envie d'aller là.
- Speaker #1
En fait, ce qui est marrant avec le hockey, c'est qu'on a une idée d'où on veut aller et où on aimerait jouer. Et en fait, cinq ans plus tard, tu te retournes et tu te dis, mais qu'est-ce qui s'est passé ? La vie, elle fait que du jour au lendemain, c'est un milieu, surtout aux États-Unis, c'est vraiment un business. Donc, c'est comme du bêta. quand tu peux te lever le matin aller à l'entraînement tu arrives à la patinoire bah t'as été échangé à l'autre bout des Etats-Unis tu as un vol dans deux heures, tu déménages et salut. En Europe, c'est un peu moins commun. Je l'ai vécu. J'étais dans des organisations qui étaient des vraies machines. C'était des machines et nous, on était juste des numéros. Ça défilait, ça défilait. Le style de jeu nord-américain est bien différent en Europe. En Europe, les patinoires sont plus grandes, les joueurs sont moins gros. Du coup, c'est un jeu qui est beaucoup moins physique, beaucoup moins violent. Moi, je suis arrivé à 14 ans au Canada. Les jeunes de mon âge, ils faisaient 1m85, 1m90, ils avaient de la barbe. Leurs bras, ils faisaient la taille de mes cuisses. C'était un autre monde parce qu'ils avaient les infrastructures, ils avaient tout. Et donc, moi, j'ai vite compris que c'était très bien parce que ça m'a mis dans l'inconfort pour ensuite m'aider à créer ces habitudes dont on a parlé et vraiment pousser le truc à me dire, OK, je peux travailler fort, mais comment est-ce que je peux découper ça ? Et ça va jusqu'au... Un exemple que j'aime bien donner, qui n'est pas tout le temps les gens, c'est je tiens ma crosse avec ma main gauche en haut. C'est celle qui gère les dribs, mais je suis droitier. Et donc, dans mon quotidien, je vais me laver les dents de la main gauche. Ok. Je vais faire des choses de la main gauche plus souvent. Comme ça, tu développes une espèce de dextérité. En fait, c'est ça que j'essaie de montrer aux gens. C'est qu'il y a toujours des petits détails auxquels on ne pense pas, mais en les faisant jour après jour, après jour, après jour, je peux... développer de manière...
- Speaker #0
T'adapter, c'est génial. Mais oui, c'est un truc que tu vois, je n'aurais jamais pensé pour le coup.
- Speaker #1
Oui, mais après en fait, c'est ça, c'est vraiment de mettre de l'intention dans ce que tu fais et essayer de réfléchir à des manières de te développer, d'avancer.
- Speaker #0
Et quand tu es là-bas, ta maladie, tu nous en as parlé tout à l'heure, de la manière fulgurante dont elle est apparue, comment ça se passe ? Elle ne réapparaît jamais, finalement ? Ou en gros, elle s'est stabilisée ?
- Speaker #1
Non, donc la maladie, elle n'est jamais réapparue. Je touche du bois. Parce que, je ne sais pas. Mais par contre, c'est quelque chose qui pourrait revenir. Et encore une fois, plutôt que de me réfugier dans la peur et de me dire, ça pourrait... Mais en fait, je l'accepte. Je sais que c'est possible. Ça aussi, ça engendre. des choses qui sont un peu plus compliquées, mais je suis très sensible au soleil. C'est-à-dire que même en mettant la crème la plus protectrice toutes les 30 minutes, je brûle au soleil. Je ne prends pas de médicaments à part du Doliprane. Donc, c'est vrai que quand tu fais du hockey, c'est assez compliqué avec les blessures, tout ça. Mais voilà, je me dis, si c'est le prix à payer pour être en vie aujourd'hui, ce n'est pas très grave. Mais non, je n'ai jamais eu de problème à ce niveau-là. Ce n'est pas revenu. mais simplement de se dire il y a toujours cet inconfort de se dire ça pourrait revenir et voilà mais c'est pour ça qu'aujourd'hui je ne me focus pas trop là dessus et je me dis vis ta vie à fond et si ça revient quand ce sera là ce sera là, si c'est là mais en attendant voilà avance et fais ce que tu as à faire comme ça t'auras pas de regrets comme t'aurais pu avoir quand t'avais 6 ans j'ai envie de parler d'un petit truc aussi donc tu as ta
- Speaker #0
évoqué tout à l'heure et pour annoncer ce projet que tu as eu tu vois en fait ça m'a fait penser à ça tout à l'heure tu me disais que cette maladie tu prends feu en fait j'ai l'impression qu'en fait c'est ce feu même si la maladie n'a jamais ressurgi, en fait ce feu il brûle mais à l'intérieur de toi pour te donner ton énergie et ton carburant finalement, on va dire que la maladie s'est transformée en feu complètement,
- Speaker #1
mais dans tout ce que j'ai vu dans tout ce que j'ai fait. Et donc,
- Speaker #0
c'est pour parler de ce que tu as fait aux États-Unis. Ça, c'est encore un autre truc. Qu'est-ce qui s'est passé ? À quel moment ? Qu'as-tu fait ?
- Speaker #1
En fait, j'étais à l'université à Boston pendant deux ans et j'ai transféré d'université pour intégrer une autre équipe de hockey et poursuivre mon parcours scolaire. Et ça m'y plaisait vraiment. Je suis arrivé au Missouri. C'était super. Je m'entendais super bien avec mes coéquipiers. C'était vraiment une belle phase de ma vie. Et il y a quelque chose qui m'a très vite rattrapé, c'était un sentiment d'imposteur. Je me sentais vraiment coupable d'avoir survécu. cette maladie, plutôt que de me dire pourquoi est-ce que ça arrivait à moi, je me disais pourquoi est-ce que moi j'ai survécu, pourquoi est-ce que je vis mes rêves, pourquoi est-ce que je voyage à travers le monde, j'ai aucune séquelle, je suis en santé, pourquoi en fait ? Et j'avais vraiment un problème, je n'arrivais pas à me regarder dans le miroir, c'est vraiment quelque chose qui pesait super lourd pour moi. Ça c'était en 2020. En fait, mes coéquipiers, ils avaient une petite tradition, c'est que tous les jours, ils prenaient leur roller et ils allaient patiner autour du campus. Et ils m'ont très vite intégré dans le truc. Ils m'ont passé une paire de rollers, je n'en avais pas et tout. Et c'est un peu devenu une routine. Et donc, tous les jours, j'allais faire 2, 5 kilomètres avec mes coéquipiers. C'était en 2020, donc j'avais 22, 23 ans. Et 22 ans. J'étais en train de faire du roller comme tous les jours avec mon coéquipier avec qui j'habitais. Et là, je le regarde et je lui dis, « Punaise, mais ce serait fou de traverser les États-Unis en roller. » Et lui, il me regarde et me dit, « Ouais, ce serait trop bien, mais c'est impossible. Tu ne peux pas. »
- Speaker #0
C'est combien la traversée ?
- Speaker #1
La distance ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
La distance, c'est... Moi, c'était 4 750 kilomètres.
- Speaker #0
Un truc comme ça. Donc, c'est totalement fou. On est d'accord. Oui, on est d'accord.
- Speaker #1
j'ai rien dit je suis rentré chez moi et je prenais ma douche et je sais pas si t'as déjà eu cette impression quand tu te laves les cheveux, t'as les yeux fermés t'as l'impression qu'il y a quelqu'un qui est là tu te reçois ta moitié et moi ça m'arrive et je me dis punaise, il faut vraiment que je fasse ça mais il faut que je trouve une raison et je trouve qu'en tant qu'être humain on minimise vachement ce qui nous arrive autant en positif que en négatif c'est notre histoire, c'est ce qu'on connait un... On a tendance à vraiment minimiser le truc et à passer au-dessus. Et d'un coup, je me dis, mais attends, Louis, réveille-toi. Tu as survécu à un truc hyper rare. Tu n'as jamais été impliqué. Tu n'as jamais parlé avec des spécialistes, avec des patients. Tu as un truc à faire, là. Et je me suis dit, pourquoi est-ce que je n'utiliserais pas ce que je fais le mieux, ce qui est patiner, pour mettre en lumière cette maladie qui est extrêmement rare et aussi donner espoir aux gens que les choses peuvent s'améliorer, que pour ceux qui ont réussi à s'en sortir, qu'il y a une vie après tout ça, que ceux qui sont malades. ils vont suivre cette traversée. Un petit garçon de 6 ans qui est malade ou un adulte de 30 ans, il se couche, il se dit, Louis, il est en train de patiner, il est rendu là, demain, je vais voir. Peut-être que ça va le détacher de ce qui lui arrive, il va pouvoir avancer. Et c'était aussi pour honorer toutes les personnes qui ont passé en vécu. Et je me suis dit, attends, tu vis une vie qui est quand même top, c'est le moins que tu puisses faire, en fait. Et j'ai décidé d'entrer en contact avec l'Association de la maladie aux États-Unis. trois semaines, je les appelais tous les jours et je n'avais pas de réponse.
- Speaker #0
Il y a eu des cas aussi là-bas ?
- Speaker #1
Là-bas, il y en a plus parce qu'ils ont une utilisation de médicaments qui est plus importante que la nôtre. Moi, en France, l'année où je l'ai eue, c'était trois personnes sur 66 millions. Eux, c'est une personne par million. Il y en a quand même plus, je dirais 150 à 200, 300 personnes par année qui l'ont. sur 150 millions. Et donc, pendant trois semaines, j'essaie d'appeler l'organisation, ils ne me répondent pas. Et je me dis, un matin, c'est la dernière fois que j'appelle vraiment, s'ils ne répondent pas, c'est que ça ne doit pas se faire. J'appelle, ça bip, et d'un coup, j'ai quelqu'un qui me répond au téléphone. Moi, j'ai une idée, mais je n'ai aucune idée de comment je vais faire ça. Je ne me pose pas la question s'il va y arriver ou pas, c'est juste comment est-ce que je vais le faire.
- Speaker #0
Oui, entre guillemets, tu dis je vais pouvoir le faire, mais logistiquement et techniquement, comment tu vas te nourrir ?
- Speaker #1
Financièrement, je n'ai aucune expérience en finance, en business, en marketing, réseaux sociaux. Je détestais ça. J'avais un compte Instagram, mais c'était juste pour dire que j'existais. Mais je mettais une photo toutes les trois ans pour dire que j'étais encore en vie. Et donc, je réponds, moi, c'est Louis Cheikh. J'ai survécu ça quand j'étais jeune et je vais traverser les États-Unis en roller pour la maladie. Elle me fait « Ok, je te connecte avec Dr. Philips, la plus grande chercheuse dans le milieu de cette maladie-là, qui travaille pour l'université de Vanderbilt. Vois avec elle. » Dr. Philips m'appelle le lendemain. C'était la première fois de ma vie que je parlais avec un médecin après avoir été malade. Il comprenait ce que j'avais. C'était un moment qui était très fort pour moi. Je lui ai expliqué et elle m'a dit « Ok, pas de souci. » Donc là, super, mais maintenant, j'ai annoncé le projet à cette dame, mais je ne sais toujours pas comment je vais le faire. Et j'ai un ami qui m'invite sur un podcast et à la fin, il me dit « Tu prépares un projet qui est assez fou pour finir. » C'était le seul qui savait. Il me fait « Tu prépares un projet assez fou, est-ce que tu voudras en parler ? » Et moi, j'étais là, merci d'avoir balancé ça. Maintenant, je n'ai plus le choix. Mais j'avais besoin de ça. Je n'étais pas prêt à recevoir les commentaires des gens qui me disaient, non, c'est impossible. Mais j'avais aussi besoin de le mettre dans l'univers pour que quand je dis quelque chose, je le fasse. Et donc, suite à ça, j'ai une amie à moi, Mélanie, qui a entendu le podcast et m'a dit, oui, je n'avais aucune idée que tu allais traverser tout ça, je vais t'aider. Elle m'a connecté avec... le frère de sa meilleure amie qui est producteur de films à Los Angeles je lui ai expliqué, il ne comprenait pas trop ce que je voulais faire il m'a dit fais moi une vidéo qui explique un peu tout ça je l'ai faite et il m'a dit écoute Louis je vais travailler avec toi et donc pendant un an et demi on a tout monté je suis parti de rien du tout à monter toute une équipe on a levé des fonds pour la recherche on a levé des fonds pour la traversée parce que ce n'était pas gratuit je me suis entraîné je suis entraîné Je ne sais pas comment je l'ai fait encore. Oui,
- Speaker #0
parce qu'on n'en parle plus, mais tu continues à faire du sport finalement.
- Speaker #1
Oui, parce que j'étais à l'université. Je jouais pour mon équipe de hockey. J'avais entraînement tous les jours. J'avais trois matchs par semaine. À côté de ça, je n'avais pas le droit de travailler légalement aux États-Unis, mais je travaillais cash au black. Je travaillais sur des chantiers de construction pour payer mes études, mon appartement, tout ça. Et en plus de ça, il fallait que je fasse 2h30 de muscu. Et après, il fallait que j'enchaîne avec 2 à 6 heures de cardio par jour. Donc en fait, mes journées commençaient à 4h le matin et se finissaient à 2h du matin. Je dormais 2h30 par nuit à peu près pendant un an. Et après ma première semaine d'entraînement, je me suis assis. Et je me suis dit, bon, soit tu reviens en arrière et tu dis que tu ne le feras pas. Et là, tu perds toute ta crédibilité et tu vas être triste toute la journée. de ta vie, tu vas toujours le regretter. Ou alors, tu acceptes que c'est ce qu'il faut pour réussir. Et tu te lances et puis on verra. Et je n'ai jamais douté. Je n'ai pas eu de moment où je me suis dit c'est impossible, ce n'est pas possible. C'était juste, il fallait que j'accepte le rythme en fait.
- Speaker #0
Non, et puis en fait, il y a ce truc-là, je ne sais pas si tu le ressens aussi. Sur certaines choses, tu dis, il faut que je le fasse. Mais il y a une part de toi, si je ne le fais pas, c'est cool aussi. quoi. Et d'autres... Il faut que je le fasse, mais tu le sens vraiment dans les tripes, le truc. Il faut le faire, il n'y a même aucun doute.
- Speaker #1
Je n'ai pas trop eu ce sentiment de « si je ne le fais pas, ce n'est pas grave » . C'était plus un sentiment de… En fait, c'était tellement ancré et c'était tellement aligné que pour moi, l'échec était impossible. À aucun moment, encore une fois, c'est un problème parce qu'on a créé tout un documentaire qui va sortir l'an prochain, trois documentaires. qui vont sortir sur Netflix l'an prochain et tout ça. Et mon producteur, il disait, mais oui, le problème, c'est qu'on n'a pas assez de drama, en fait. Parce qu'on n'a pas eu des moments où tu pétais un câble, on n'a pas eu des moments où tu doutais.
- Speaker #0
Est-ce que j'allais te demander comment ça se passe, une traversée comme ça ? Donc, après, tu t'entraînes, mais ça, c'est dur pendant un an. Mais après, il y a la traversée. Elle dure combien de temps ? Et est-ce qu'à un moment, en effet, tu ne pètes pas un plomb en disant, tu sais quoi, demi-tour, arrière ? Alors,
- Speaker #1
en fait... Mon rythme de vie, quand j'ai préparé ça, il était tellement intense et j'étais tellement concentré dans ce que je faisais que quand j'ai commencé ma traversée, je me suis presque senti libéré. Je me suis senti un peu en vacances. Déjà, j'avais travaillé si fort pour arriver au premier jour, mais à côté de ça, j'avais un rythme tellement intense que de limite rien faire et juste patiner, c'était pour moi un luxe. J'ai eu une pensée qui était assez drôle, c'est après mon premier coup de patin en partant de Los Angeles, de Venice Beach. Je me suis dit, tu n'auras jamais été aussi loin de New York. Et en fait, chaque jour, c'était dur parce que tu te prépares, tu te prépares, tu as une idée de quoi la traversée va ressembler et tu arrives le premier jour et tu te dis, waouh, en fait, c'est complètement l'inverse de ce que j'avais imaginé. Et c'est pour ça que j'étais très content de m'être préparé. J'avais traversé les États-Unis sur mes rollers, mais des milliards de fois, dans mes rêves, dans mes pensées. Je l'avais fait, la traversée, maintenant, je n'avais plus qu'à y aller. rester en sécurité même si j'étais en danger constamment et et le faire et c'était pas tout seul tout seul tu avais quand même une équipe parce que j'avais une équipe j'étais le seul à le patiner j'avais un véhicule de support qu'elle est 30 km en avant de moi il regarde un peu la route après voilà c'est en fait j'étais tout seul par an bas la majeure partie de la journée et on avait un camping car et il s'arrêtait au milieu de la journée pour pour que je puisse manger, faire une sieste, me changer. Et le soir, il s'arrêtait là où on dormait et on avançait comme ça. Et oui, c'est hyper dangereux. j'étais sur la bande d'arrêt d'urgence sur l'autoroute à 1 mètre des camions qui passaient à 130 km à côté de moi. Je me suis fait renverser par une voiture, je me suis fait courser par des coyotes, je me suis retrouvé face à face avec un ours brun la nuit en Pennsylvanie. La vitesse la plus rapide que j'ai atteinte sur mes rollers, c'était 106 km heure avec juste un casque de vélo comme protection. En fait, il fallait se détacher du danger, parce qu'au moment où je me sentais en danger, un peu comme sur la glace, tu perds tes moyens et c'est là que tu te mets réellement en danger.
- Speaker #0
En fait, c'est parce que, je te coupe, excuse-moi, parce que tu as beaucoup parlé d'émotions, parce que du coup, ça provoque des émotions aussi, toute cette peur, ce danger qui peut alimenter. Et en fait, toi, tu transformes, on a l'impression que tu transformes chacune de tes émotions en ce feu qui te symbolise finalement, tu vois. Et dans ce que tu dis toujours de... il faut être détaché de la peur, il faut être détaché en fait on a l'impression que tu n'en es pas forcément détaché mais que tu l'as inversé et que tu t'es détaché du côté très négatif des émotions, négatives en tout cas pour tout transformer dans ton feu intérieur comme si ça rentrait,
- Speaker #1
ça se transformait avec le feu et c'était vital et en fait j'ai eu un très bel apprentissage pendant cette traversée, ça a duré 45 jours Donc on a réussi à établir le record du monde de la traversée la plus rapide des Etats-Unis en roller. Et en fait ce qui était intéressant c'est que moi je patinais sans musique, sans écouteurs. De un pour entendre les voitures, parce qu'elles arrivaient de derrière moi, je ne m'étais pas mis de l'autre côté parce que c'était hyper impressionnant de voir des voitures arriver de face. Et en fait quand je me suis détaché du danger, c'est là que j'ai vraiment progressé dans mes performances. Je me suis dit... Déjà au début, on me préservait parce qu'il y avait l'aspect de la température extérieure. Quand je passais dans le désert, il faisait plus de 55 degrés dehors. Je pouvais patiner qu'une certaine distance parce que je devenais fou, j'hallucinais et tout, il était trop chaud. Mais après aussi, je me retenais vachement. Et un jour, avec mon équipe, on s'est assis. Ils m'ont dit « Mais Louis, tu t'es entraîné pour ça. Enfin, t'es prêt. Arrête de te retenir. » Parce qu'on avait trop peur que je me crame dès le début et qu'après, je n'avance plus. Mais il y avait un moment... où on n'avait pas les fonds pour que je patine juste 100 km par jour. Il fallait que je patine 130, 150, 200 km.
- Speaker #0
Les fonds parce que le nombre de jours de tournage… C'est ça.
- Speaker #1
En fait, on était entre 5 à 7 personnes pendant 45 jours sur la route. Il fallait mettre de l'essence dans deux véhicules. Il fallait payer à manger. C'était lunaire. Et en fait, j'étais sur le bord de l'autoroute. Et à un moment donné, j'ai une espèce de révélation. Je me dis, mais en fait, la bonne nouvelle, c'est que si je me fais écraser par un camion ou une voiture, ils arrivent de derrière moi et je ne les verrai pas arriver. Ce sera fini et je ne sentirai rien. Et là, je me suis dit, trop bien, trop bien. Et en fait, ça a été déterminant pour moi. C'est que je me suis dit, j'étais conscient, mais détaché du danger. Et parce qu'il faut être conscient, tu es obligé de comprendre dans le l'ailleurs. quelle situation tu es, il y avait un vrai système de comment il fallait que je navigue et tout mais j'avais accepté que si aujourd'hui je meurs en faisant ça et bah pas de regret en fait ça va, entre ça ou mourir écrasé parce que je traverse la route en rentrant du bas enfin tu vois,
- Speaker #0
c'était pour moi la mort tu l'as côtoyé finalement donc tu sais, tu lui faisais confiance parce qu'elle t'a épargné ou elle te guide Merci.
- Speaker #1
Je sais ce que c'est, je l'ai déjà vu, je l'ai déjà vécu. Et en fait, ça m'a tellement préparé. OK, la mort, ce n'est pas obligé d'être un truc si négatif au final. Moi, je vois plus ça comme... C'est là, on y passera à un moment donné. Mais ce qui est important, ce n'est pas le jour où tu es né et le jour où tu meurs. C'est ce que tu fais entre. Et moi, ça m'a traversé, c'était pareil. Je suis arrivé à New York, j'avais imaginé cette scène comme... une équipe qui gagne la Coupe du Monde, une espèce d'euphorie totale. Et je suis arrivé très content, très fier, le sentiment de se dire « j'ai dit que j'allais faire quelque chose et je l'ai fait » . Pour moi, ça, c'est l'existence humaine en une phrase. La première pensée que j'ai eue, un des moments où je me suis senti le plus seul de ma vie, c'est au moment où j'ai atteint cette ligne d'arrivée. Et je me suis dit « mais merde, je fais quoi maintenant ? » C'est fini. Parce que tu passes des années à prévoir ce truc. Tu te mets dans un inconfort total. Et là, tu arrives et c'est fini. Je me réveille demain, je n'ai pas besoin de mettre mes patins. C'est terminé. Et les gens, ils sont hyper contents. 48 heures plus tard, c'est comme si tu as... Mais je ne l'avais pas fait pour de la reconnaissance. Mais toi, tu es là, attends. Tu es hyper dur à naviguer. Je me suis dit, attends, moi, c'est un projet majeur de ma vie, un truc hyper important. Et tu as envie d'arrêter le temps et de dire, attendez, qu'on comprenne ensemble ce qui s'est passé. Parce que même moi, au jour d'aujourd'hui, je ne le comprends pas. Ce n'est pas une distance que tu peux quantifier. Passer des montagnes au désert, aux grandes villes, à New York, sur mes deux pieds, alors que quand tu voyages des distances comme ça, tu es dans un avion, tu es en voiture, tu es dans un train là je suis arrivé Et j'étais là, et c'était fini.
- Speaker #0
Ton premier souvenir ou parenthèse ?
- Speaker #1
Comment ?
- Speaker #0
Ton plus beau souvenir, s'il n'y en avait qu'un. C'est dur.
- Speaker #1
Mon plus beau souvenir de cette traversée, c'était même pas au moment où j'étais seul. C'était vraiment un... Non, je vais en choisir deux, parce que c'est deux différents. Mais ils m'ont transformé à tout jamais. Il y en a un premier, c'était ma pire journée de la traversée. J'avais patiné à peu près 70 kilomètres, il faisait trop chaud, j'hallucinais, je voyais des camions qui m'écrasaient alors que j'étais tout seul au milieu de la route. Et cette nuit-là, on avait un hôtel. Donc j'arrive dans le hall de l'hôtel, j'étais assis, j'attendais mon équipe et il y a une dame qui travaillait à l'hôtel qui vient à moi et qui me fait « Mais c'est intéressant, pourquoi vous êtes en roller ? Êtes-vous où ? Ça va ? Vous avez l'air triste, qu'est-ce qui se passe ? » Je fais non, non, ça va, juste une journée compliquée, je fais ça, ça, ça. Et là, la dame, elle se met à pleurer. Et je me dis, mais qu'est-ce que j'ai dit ? Je me dis, merde, pourquoi elle pleure et tout ? Et en fait, elle me dit, ça me touche et ça résonne beaucoup avec moi ce que vous me dites, parce que mon fils, il a une maladie qui est extrêmement similaire à ce que vous avez vécu. Sa peau, elle tombe. Je suis obligé de lui mettre des bandages tous les jours. Je suis une mère seule. Je ne sais pas comment. C'est dingue. Et ce matin, elle dit, ça n'allait pas du tout avec mon fils, il n'allait pas bien. Et j'ai prié, et j'ai demandé à un signe de Dieu, de l'univers, je ne sais pas ce que vous croyez, elle me dit, j'ai prié pour avoir un signe d'espoir que ça allait aller pour lui. Et là, elle dit, je vous rencontre. Et elle dit, ça me donne... de l'espoir que mon fils va grandir et va devenir un grand homme comme vous un jour. Là, j'étais tellement frustré de ne pas avoir patiné beaucoup. L'émotion est rentrée. Elle est ressortie. Je me suis dit, heureusement que je n'ai patiné que 70 kilomètres aujourd'hui, parce que sinon, je n'aurais jamais rencontré cette personne. Ce que je faisais dans des conversations comme ça, c'est qu'à chaque fois, je demandais le nom des gens. Parce que c'est facile quand on se présente à moi c'est louis et dans cinq mille plus tard tu travailles plus du nom de la personne et c'est une journée compliquée je mettais ma mon équipe il y avait des problèmes sur les deux véhicules moi j'avais plus d'eau j'étais au milieu du désert et ça allait pas il fallait de l'eau il fallait de l'ombre il fallait quelque chose mais j'avais pas de réseau je pouvais pas les appeler rien et donc ce que je faisais quand il y a des moments durs c'est que je regardais dans le ciel et je disais le nom de toutes les personnes qui m'avaient marqué Comme si je les portais sur mon épaule. Et je regardais, j'étais là, John, Alex, Brian, Jennifer, aidez-moi. J'ai besoin de quelque chose. Ça faisait cinq heures que je n'avais pas vu de voiture. Je n'avais pas croisé une voiture, rien, personne. J'ai dit, s'il vous plaît, de l'eau, une station essence, un banc, juste quelque chose. Quinze secondes après avoir dit ça, je me retourne, je vois une voiture qui arrive de nulle part. Ça reste à côté de moi. Il baisse la fenêtre, c'était un couple mexicain, deux personnes âgées. Le monsieur conduisait, la dame était assise. Elle avait un sac plastique à ses pieds, mais elle ne me dit pas bonjour, rien. Elle prend deux Powerade, deux bouteilles d'eau, elle me les tend. Moi, je les prends, je suis comme ça. Et je vais pour lui dire merci. Et ils sont partis. Et j'étais là. Et c'est fou parce que j'avais échangé avec pas mal de monde qui avait fait des efforts similaires. Et il m'avait dit, tu verras, il y a la magie de l'autoroute. The magic of the highway, ils appellent ça. Et il dit, je ne t'en dis pas plus, mais pense-y. Et tout au long de ma traversée, il y a des événements comme ça qui arrivaient. Mais à chaque fois, des moments clés, en fait. Il y a une autre dame, journée compliquée, elle me dit, j'ai perdu mon mari du Covid. Je lui parle tous les matins quand je fais mon café et il m'a dit ce matin que j'allais avoir une rencontre insolite et qu'en fait c'est lui qui m'envoyait quelqu'un pour me redonner un peu le sourire parce que c'est dur en ce moment.
- Speaker #0
Et là, on commence à parler. Elle me dit, de t'avoir rencontré et de voir ce que tu fais, ça me donne l'espoir que malgré la difficulté de ce que j'ai traversé, ma vie a encore un sens et que je peux avancer. Comme toi, tu vas avancer jusqu'à New York. C'est des gens avec qui je suis encore en contact.
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #0
Mais c'était fou parce que c'était des gens, mais vraiment de milieux complètement différents. Ça pouvait être, je ne sais pas moi, des quartiers les plus pauvres, les plus dangereux des États-Unis. les plus dangereux, où c'était des petits garçons qui me couraient après avec leur vélo pour me donner à manger et tout, où ils venaient juste faire des kilomètres avec moi, des familles qui ouvraient leur barbecue à toute mon équipe pour venir manger avec eux, parce qu'ils étaient investis dans ce qu'on faisait, et parce qu'ils étaient attachés à l'histoire humaine qu'il y avait, ils voulaient en faire partie, et ça pouvait, enfin c'était juste incroyable, et c'est un autre truc, c'est qu'on se concentre souvent sur les interactions négatives, moi il m'est arrivé plein de trucs dans cette traversée où j'ai dit... Et on n'aurait pas pu l'inventer. Et en fait, tu racontes ces histoires, mais tu te retrouves à raconter les histoires un peu plus négatives, alors qu'en fait, à côté de ça, il y avait des gens qui ont changé ma vie. Et ce qui était intéressant, c'est que les émotions, c'est un effort qui est tellement intense que tu es hyper émotif. Tu passes de « je suis le roi du monde, tout va bien » à « j'ai littéralement dit, il y a des moments où ils me filmaient, mais tu es dans un état second » où je disais « mais en fait, ce serait plus simple si je me jetais sous un camion » . et 30 secondes plus tard ça va et en fait pour moi c'était un réel exercice d'accepter ces émotions là de les comprendre et de me dire ok bah tu vois la montagne qui est à 50 km devant toi que tu vas devoir affronter tu la regardes ça fait 3 jours tu patines vers elle tu sais qu'elle t'attend bah elle est là il n'y a aucune fuite possible de toute façon donc il faut que tu vives avec et ça aussi ça va et en fait en anglais ils disent this too shall pass c'est un truc de la bible moi je ne suis pas quelqu'un de religieux après je crois qu'y a forcément quelque chose sinon je ne serais pas là et en fait c'est une citation que je gardais avec moi je me disais ça aussi ça va passer c'est juste temporaire ce soir tu seras dans ton lit ce soir tu te reposeras là c'est dur mais quand tu es en bas tu ne peux que remonter et quand tu es en haut c'est super mais prépare toi parce que tu vas redescendre très vite et ça me permettait vraiment de rester centré sur moi même Merci. Et comprendre et apprendre à gérer toutes ces émotions et pas me dire, ça va bien être insouciant ou alors ça ne va pas du tout. Et me mettre la pression et me dire, non, en fait, avance, tu verras.
- Speaker #1
Ça reprend ce qu'on disait tout à l'heure dans cette transformation des émotions. C'est qu'en fait, tu vis de manière très brute, mais dans ton interprétation, tu parlais du détachement, c'est de réussir en effet à les vivre, à les prendre. OK, elles sont là, elles font partie de moi. Mais comment je les transforme ? Comment je m'en détache ? Comment en fait je... je picore un petit peu ce que j'ai à prendre là-dedans pour que ça me donne de la force et que je les transforme. Et c'est peut-être ça, pour des personnes qui nous écoutent, en se disant... Puis en plus, c'est toujours des trucs en cascade parce que quand on a un esprit négatif, on va avoir que du négatif, évidemment. Donc, un moment de se dire « Oh, il n'y a que à moi que ça arrive » ou un truc comme ça, de le vivre de manière « Ok, là, qu'est-ce que je dois retenir de ça ? » C'est fait pour ma...
- Speaker #0
C'est pour l'apprentissage. Il y a toujours un apprentissage et c'est important. Ça sert à quoi de traverser des choses difficiles, des choses compliquées, si on n'en tire pas quelque chose ? Et pour moi, c'est une force que j'ai réussi à développer, mais c'est aussi intentionnel. Je décide et j'ai le choix de me dire, « Oh non, c'est nul, ça me saoule, machin. » Ou alors de me dire, « Ok, c'est l'enfer, c'est très dur, mais de toute façon, c'est là. Qu'est-ce qu'il y a devant moi ? Qu'est-ce que ça m'apprend ? Comment je peux rebondir ? Comment je peux me préparer la prochaine fois ? » Ce n'est pas un exercice facile, mais ce n'est pas... si compliqués non plus.
- Speaker #1
C'est ton quotidien. C'est ce que tu donnerais aux gens. En effet, il peut y avoir des choses aussi dramatiques qui arrivent personnellement, mais en effet, c'est souvent lié. C'est compliqué à le dire parce que pour des personnes, il y a vraiment des choses dures ou en tout cas, il y a vraiment une latence entre différentes émotions au niveau d'intensité, mais c'est toujours là pour apprendre quelque chose. Des personnes qui, en effet, ont des maladies ou des choses comme ça, c'est de temps en temps aussi lié à la manière dont... On s'entretient, comme tu disais, ta maman qui a pris soin de toi. Comment est-ce qu'on continue aussi de prendre soin de soi parce que tu as ton corps, que du coup, tu respectes, que tu es obligé de respecter parce qu'il fait partie de toi et de ne pas le détacher du mental, en fait ?
- Speaker #0
Et je pense que oui, c'est ça. C'est aussi les petites choses, ne pas les prendre pour acquises. Moi, je l'ai appris. Et en fait, ce que je trouve dommage, c'est qu'on attend de vivre quelque chose d'absolument traumatisant pour se dire, la vie, elle est précieuse. Tiens, je pourrais faire ça aussi. Souvent on voit des gens qui vivent des trucs de fous et du jour au lendemain ils changent leur vie, ils ont du succès. Mais moi en fait, je voudrais... avec le message que j'essaie de transmettre tous les jours, c'est que les gens réalisent que tu n'as pas besoin de traverser quelque chose d'aussi traumatisant. Moi, souvent, on me disait, oui, c'est trop bien ce que tu as fait, mais moi, je n'ai jamais vu la mort, je n'ai jamais été malade comme toi. Je ne peux pas faire ça. Et je dis, certes, tu n'as pas été malade, mais dans ta vie, tu as traversé des choses qui t'ont blessé, qui ont été difficiles pour toi, au même titre que moi, la maladie, ça a été dur pour moi. C'est un véhicule différent. mais c'est des émotions qui sont tout à fait similaires. Et ça ne veut pas dire que... Et par ailleurs, en plus, ce que toi, tu as traversé, moi, je ne l'ai sûrement pas traversé. Mais ça ne veut pas dire que tu n'as pas été impacté, que ça ne t'a pas construit. Ça t'a construit à ta manière, comme moi, ça m'a construit à ma manière. Ce qui est important, c'est ce que tu en fais. Et là, il me dit, ah, tu n'en as pas raison. Et c'est ça, en fait, mon message. Pourquoi attendre ? Parce que moi, ma vie, elle a changé du jour au lendemain.
- Speaker #1
et c'est quelque chose que je ne changerais pour rien au monde mais malheureusement il a fallu que je passe par là c'est un peu aussi dans l'air du temps les vacances arrivent pour tout le monde les gens attendent d'une manière générale on attend les vacances on va mettre énormément de pression et comme par hasard avec des grosses guillemets on va tomber malade pendant ces vacances parce qu'on a une cocotte minute à intégrer beaucoup de pression pour relâcher mais le corps on lui a dit quand tu seras en vacances tu relâcheras et il relâche Ciao ! Parce que les gens attendent, alors que finalement, si on prenait le potentiel de toutes petites choses, toi, tu as vécu quelque chose qui est en effet en level up hyper fort. Si les gens prenaient les toutes petites parties positives de chaque journée, ça construirait un puzzle. Toi, tu l'as fait beaucoup plus rapidement que les autres, mais ce puzzle, on peut le construire au fur et à mesure de sa vie. Mais c'est souvent par toutes ces petites choses qu'on alimente, qu'on alimente, qu'on alimente et qu'on construit un état d'esprit Plus positif en tout cas peut-être.
- Speaker #0
Et je trouve ça dommage quand les gens, ils attendent leur vacances par exemple. Ils disent « Dans un mois, je pars en vacances. » Du coup, pendant un mois, ils mettent la tête dans le sable et c'est le décompte, c'est le décompte. Et je me dis, le jour où tu arrives en vacances, tu as un mois qui vient de passer à la trappe. Et c'est hyper angoissant, je trouve, comme sentiment de se dire « Mais ta vie, elle est là, elle est maintenant. Tes vacances, elles vont arriver. » Comme l'arrivée à New York, qu'elle allait arriver à un moment donné. Et plus je me suis détaché de ça, et plus je prenais ça au jour le jour, parce que chaque jour était une traversée au final. Chaque jour, c'était une histoire. Ça pourrait être un documentaire différent pour chaque jour. Et c'est là que j'ai vraiment vu du succès dans mes performances. Et ça m'a permis de laisser aller mon potentiel que j'avais construit à travers mes entraînements et tout. Mais c'est ça. Il faut juste réussir à un peu lâcher prise et se dire, je suis là maintenant. Il y a un truc que je dis souvent, c'est... Il faut que je sois là où mes deux pieds sont.
- Speaker #1
Ça fait très beau.
- Speaker #0
Tu regardes, tu te dis, merde, je suis en train de penser à mes vacances, je suis en train de penser à ci, à New York, mais là, je suis là. C'est ça qui est important.
- Speaker #1
Et puis, le fait d'être ancré là, finalement, on regarde peut-être aussi ce qui se passe juste autour. Et peut-être qu'il y a des centaines ou des dizaines d'opportunités qu'on n'a pas vues parce qu'on a fait la dernière. on n'a pas regardé les pieds parce qu'on ne veut pas,
- Speaker #0
tout est un choix encore une fois, c'est dur à entendre aussi pour certaines personnes, mais même pour moi c'est que t'es frustré avec ta situation professionnelle t'es frustré avec tes relations t'es frustré avec ta vie de famille, mais encore une fois qu'est-ce que tu choisis ? on a la chance, la plupart d'entre nous d'avoir le choix moi je vois, ma vie elle n'est pas si compliquée que ça Franchement, ça va, tu vois. Bien évidemment qu'il y a plein de choses que je voudrais améliorer et tout, mais encore une fois, on a beaucoup plus que certaines personnes. Et malgré ça, on trouve des moyens de se mettre une espèce de barrière et de faire les choix qui nous gardent dans cette barrière-là, alors que tout ce qu'on veut, c'est d'en sortir.
- Speaker #1
Et puisque tu aimes bien le mouvement, déjà félicitations, je n'ai pas voulu te couper, mais Netflix quand même.
- Speaker #0
C'est tout un process. Donc là, en fait, ça a pris du temps parce qu'on n'avait pas beaucoup de ressources financières. Donc, on a dû faire une grosse partie du travail nous-mêmes et on a complètement restructuré. On devait faire un documentaire, mais au final, on va en faire trois. Un sur la traversée, un sur la maladie qui serait un peu plus éducative sur ce que j'ai traversé et tout ça, et un sur la préparation. Le documentaire principal, ce sera celui de la traversée. Et donc là, d'ici trois semaines, il devrait tous être finalisé. Le 28 août, on l'envoie au premier festival de films, le festival Sundance aux Etats-Unis. Donc à partir du mois d'août jusqu'à fin novembre, décembre, on va envoyer ça à plein de festivals de films. De janvier à mai, on va aller à ces festivals de films en espérant être pris et avoir des prix, etc. Et après, on va partir en tournée et ensuite le distribuer sur des plateformes de streaming comme Netflix, Amazon, Hulu, Apple TV. Mais ce qui était dur après tout ça, c'est qu'encore une fois, le temps passe, j'oublie. Je ne sais plus trop, je n'arrive pas à me rendre compte de ce que j'ai accompli.
- Speaker #1
Et là, tu as un outil pour ça ou pas, tiens, d'ailleurs ? Ou est-ce qu'encore aujourd'hui, tu ne réalises pas ?
- Speaker #0
Je ne réalise pas du tout, non. Je n'arrive pas à réaliser. Pour moi, c'est même un record du monde. Quand on regarde Usain Bolt qui fait un record du monde, tu te dis « Oh my God, trop bien ! »
- Speaker #1
Mais oui,
- Speaker #0
tu l'as fait aussi. Mais c'est hyper dur de le comprendre, de l'accepter aussi, et de le communiquer. Je n'arrive pas à me rendre compte et c'est assez frustrant. Et des fois, je me dis peut-être que c'est censé être comme ça aussi. Peut-être que je n'ai pas besoin de comprendre. Et c'est frustrant, mais d'un autre côté, je me dis ça me permet de continuer d'avancer et puis ça m'amène d'autres questionnements. Je me suis posé la question, est-ce qu'un jour ce sera assez ? Quand est-ce que ce sera assez en fait ? Tu as déjà fait tout ça, tu vois.
- Speaker #1
Je voulais rebondir là-dessus parce que tu en as parlé au début quasiment. Est-ce que tu ne te dis pas que, en effet, tout ça, tu as été sauvée par quelque chose ? Tu as cette mission de diffuser un petit peu de l'espoir d'une manière large sur l'espoir de la vie, sur l'espoir qu'on peut mettre dans son quotidien ? Est-ce que tu ne te dis pas que, finalement, à New York, quand tu es arrivée, tu te dis qu'il n'y a plus rien ? Au contraire, c'est une pièce de plus dans une mission globale qui serait de porter un message,
- Speaker #0
tu vois. Oui, mais c'est vraiment ça. Et je pense que…
- Speaker #1
Et il y a plein d'autres solutions. Tu vois, tu as plein d'outils, du coup, à développer. C'est génial dans une mission.
- Speaker #0
C'est trop bien. Et c'est très dur parce qu'en fait, j'avais besoin de trouver un autre projet. Mais c'est dur de se projeter parce que je suis compétitif. Donc, je me dis qu'est-ce qui va être plus dur que ce que j'ai fait. Et en fait, je réalisais que plus je cherchais… plus cette opportunité-là elle s'éloignait. De trouver une autre aventure, de trouver quelque chose. J'avais des idées, mais je ne me sentais pas inspiré. Je ne me disais pas, ouais, c'est ça, il faut que je le fasse. Je n'arrivais pas à trouver ce même sentiment-là. Et c'est au bout de trois ans que j'ai enfin réussi à trouver quelque chose. Enfin, ce n'est pas moi qui l'ai trouvé. J'en parlais beaucoup avec ma copine de ce sentiment-là. et je disais mais ça me rend fou j'arrive pas à trouver un truc Et j'étais aux États-Unis il y a deux mois, elle m'envoie un message, elle me dit « j'ai une idée, je pense qu'on tient un truc » . Et là, elle me dit « tu peux patiner de Lille à Marseille » . Moi, je dis « oui, c'est un cinquième de la distance que j'ai faite aux États-Unis, oui, bien sûr » . Elle fait « ok, mais pour le Téléthon, en 30 heures » .
- Speaker #1
Oui, avec le challenge de la durée, ok.
- Speaker #0
Et donc, en gros, on a le format. Donc là, je me suis dit « oh my God, ça y est, j'ai trouvé un truc » .
- Speaker #1
Tu sens quand elle te le dit que ça vibre, il y a ce truc, je te le disais tout à l'heure.
- Speaker #0
Direct, spontanément, j'ai su que c'était ça ma prochaine étape. Là, on est en train de travailler avec une équipe et on a fait tout un format où je vais partir du point le plus haut au nord de la France et pendant 30 heures non-stop, je vais patiner sans m'arrêter. Pas pour dormir, je ne vais pas m'arrêter pour manger, je vais manger en patinant. Juste vraiment à partir du moment où le chrono démarre. pour toute la durée du Téléthon, je vais patiner je vais essayer de me rendre le plus loin possible pour bénéficier des maladies génétiques rares mettre un peu tout ça en lumière et c'est une autre pièce dans le puzzle comme tu disais, c'est une autre pièce dans la mission et voilà, j'ai besoin d'être en mouvement et oui, j'ai le hockey et c'est trop bien mais c'est encore une fois ma zone de confort c'est ce que je connais c'est hyper inconfortable la vie de sportif professionnel mais j'ai besoin de plus en fait et là d'avoir à nouveau cette flamme et ce projet et cette discipline tous les jours de me dire, bah ouais, t'as dit que t'allais faire un truc maintenant qu'il faut le faire, tu vois c'est quelque chose d'hyper précieux et franchement, j'avais besoin de ça ça a pris du temps mais ça a valu la peine d'attendre et du coup, là au mois de décembre, le 5 décembre on commence et ça va être une belle aventure et puis après on verra ce qu'on fait après tout ça C'est une belle... ça m'aide aussi avec l'idée d'un genre... Bah non,
- Speaker #1
t'as le film, purée le film, il va falloir le porter, plein de choses à faire avec ça.
- Speaker #0
C'est ça, donc là on va aussi filmer tout ça, donc on va créer des documentaires et tout. ce qui va être super pour mettre en lumière tout ce que je fais, ce que j'ai fait, les associations attachées avec nous. Ensuite, il y a les documentaires qui vont sortir. Et puis après, on verra.
- Speaker #1
Tu donnes des conférences, j'imagine ? Parce que là, on est ensemble depuis déjà 1h15. Je n'avais rien vu passer. Mais c'est des sujets qui sont passionnants, je veux dire. Des conférences inspirantes, on en donne chez Inspire. mais tu mérites largement largement largement on mettra un chrono
- Speaker #0
30 heures c'est ça ? non mais j'aimerais c'est quelque chose j'ai fait 2-3 trucs par ci par là mais c'est quelque chose que j'aimerais vraiment développer on va le faire à Nantes franchement c'est un truc un de mes rêves c'est de faire un TED Talk j'adorerais et ouais franchement un TEDx ? ouais Oui. C'est vraiment un de mes rêves. C'est un truc que je veux faire depuis toujours. Encore une fois, c'est juste utiliser mon histoire pour aider les autres et apporter une manière de voir les choses différemment. Il y a tellement de personnes qui l'ont fait dans ma vie et qui m'ont impacté que j'espère pouvoir reproduire ça pour au moins une personne.
- Speaker #1
Écoute, moi, ce que je te propose, c'est qu'à la fin de ton premier podcast où le gars t'avait annoncé en disant « Apparemment, tu vas faire la traversée de la Léonie » , moi je te propose que là on essaye de te mettre en relation il y a plein de TEDx même à Nantes je te mette en relation avec quelqu'un qui se croit dans un comité TEDx pour que tu fasses un TEDx et
- Speaker #0
on reprendra cet épisode et on note la date 7 juillet 2025 c'est noté,
- Speaker #1
je vais prendre une photo voilà à partir de ce moment là je te mets en relation avec quelqu'un qui te fera faire un TEDx trop bien C'est fou, mais malgré tout ça, pour terminer quand même, est-ce que tu arrives à avoir cette paix intérieure malgré tout, même si il semble en quête ? Est-ce qu'au fond de toi... Je vais reboucler sur ce fameux truc de dire qu'à l'intérieur, on sait. Tu connais ce sentiment de... Comme tu disais tout à l'heure, il y a ce genre de truc en mode, c'est non négociable en fait. Je sais que ça fait partie de moi. Est-ce que... malgré tout tu sais même moi des fois je me dis off à ce serait bien plus machin est en fait c'est des fois je me dis oh je dis des trucs comme ça mais au fond de moi je peux inquiète est ce que au fond de toi tu as quand même cette sorte de paix intérieure parce que comme on disait tout à l'heure les émotions tu les côtoies et puis tu les transformes la mort tu la connais voilà est ce que malgré tout tu sais que tu es là pour cette mission là et que l'univers, il va te guider et que malgré tout, il y a une paix intérieure, même si toi, tu as ce syndrome de l'imposteur X.
- Speaker #0
Oui, j'ai une paix intérieure, c'est sûr. Je pense que c'est nécessaire parce que sinon, dans tout ce que j'entreprendrais, je serais voué à l'échec. Je pense qu'il faut te connaître, il faut être aligné avec qui tu es. Et c'est un vrai travail que j'ai fait quand j'étais sur la route, même avant, mais quand j'étais sur la route pendant ma traversée, je n'avais aucune distraction, c'est-à-dire que tout... les choses que j'avais enfouies elles remontaient une par une et j'étais au milieu de nulle part moi et mes pensées il fallait que je traite tout ça donc oui j'ai une paix intérieure je pense à ce niveau là par contre en termes de ce que je veux accomplir et ma mission de vie en fait d'aider les gens d'inspirer les gens de servir les gens autour de moi je pense que je ne l'ai pas et aussi terrifiant que ça puisse être je me dis Merci. En fait, c'est plutôt bien parce que ça m'offre des opportunités d'accomplir des choses qui semblent impossibles et ça me guide. Et de toute façon, je sais qu'en faisant les choses pour les bonnes raisons, la vie me portera exactement où je dois aller. Et puis, je suis aligné avec ça, je l'accepte.
- Speaker #1
Et quand tu l'as côtoyé, toutes les aides que tu as appelées, qui sont venues, tout ce que tu as vécu ? Tu as cette sorte de résilience où il n'y a même pas de… Un métapas. Voilà, il n'y a pas de mot qui soit assez fort en fait, tu vois. Donc, c'est de se dire peut-être aujourd'hui, j'ai une mission de vie que je connais, parce que ce n'est pas facile aussi de connaître sa mission de vie. C'est un travail, comme tu dis, de se connaître. Est-ce que ce n'est déjà pas un grand bonheur de connaître cette mission de vie et que toi, ta fameuse boîte à outils, elle est multiple ? Et en plus, tu accueilles… tellement bien,
- Speaker #0
t'accueilles tellement bien je pense qu'il faut savoir donner pour recevoir le moment où tu acceptes d'être vulnérable, le moment où tu acceptes de te lancer dans des choses inconfortables, le moment où tu acceptes d'avoir des conversations internes difficiles ou même externes avec les gens qui t'entourent, c'est là qu'en fait la vie s'ouvre à toi et regarde l'exemple du podcast avec moi-même et même avec toi, on parle de sujets qui sont profonds et tout ça, ah bah tiens, je vais t'aider parce que maintenant, après qu'on a eu un moment privilégié à partager une histoire, tu te dis ok. Moi aussi, je peux peut-être faire partie de ça. Mais en fait, c'est exactement moi. J'espère faire la même chose pour les personnes autour de moi parce que c'est ça la vie en fait. C'est ça l'échange humain. Et pour moi, ça vaut tout l'or du monde. Et quand je me réveille le matin, je me dis comment est-ce que cette journée peut impacter des gens et comment est-ce que moi, je peux transmettre mon amour pour la vie aux personnes qui m'entourent. Encore une fois, ce n'est pas toujours. très clair la direction de ma vie où je vais, mais au final, je retombe toujours sur mes pattes.
- Speaker #1
Tu nous as tous vus d'en haut et on courait partout. Essaye de plus nous kidnapper.
- Speaker #0
Courez vite !
- Speaker #1
J'arrive ! J'ai une toute dernière question. C'est celle que je pose habituellement, mais pour toi, elle va être un peu différente parce que j'aime bien me dire, tiens, un moment à ton âge, là, Est-ce que tu peux te dire, tiens, si je replongeais dans un de mes rêves, notamment quand tu avais 6 ans, tu connais maintenant aujourd'hui ce que tu fais, qu'est-ce que tu te donnerais comme conseil ? Où est-ce que tu te dirais, peut-être dans un moment, dans un de tes rêves où tu n'étais pas super confort ?
- Speaker #0
C'est-à-dire à un moment…
- Speaker #1
Oui, à 10 ans peut-être, ou même à 4 ans. si tu devais rentrer maintenant Louis d'aujourd'hui et rentrer dans un des rêves de Louis de 4 ans ou de Louis de 6 ans qu'est-ce que tu te diserais à l'oreille ?
- Speaker #0
je lui dirais c'est une bonne question ça je lui dirais accepte tes doutes mais fais-toi confiance et continue d'avancer parce que aujourd'hui je suis exactement où je rêvais d'être quand j'avais 6 ans. Tout ce que j'ai toujours voulu accomplir à partir de ce moment-là dans ma vie et tous les doutes que j'ai pu avoir au final ils ont été complètement mis de côté avec la vie que j'ai créée. Je dirais fais-toi confiance et avance en fait, paris sur toi-même, donne-toi les moyens de réussir et tu tomberas exactement là où tu es censé tomber. Les choses qui ne sont pas pour toi, elles ne sont pas pour toi. C'est quelque chose auquel je pense souvent. Je me dis, c'est fou, aujourd'hui je fais du hockey professionnellement. C'était mon rêve, mais c'est tout ce que je voulais faire. Et grâce à ça, ça m'a permis d'accomplir d'autres rêves. Et voilà, il faut savoir se faire confiance et se lancer. Et quand on se lance dans quelque chose, se lancer à 100%, comme ça...
- Speaker #1
C'est un système d'énergie de toute façon, je pense. Oh, tu as dû voir ça, les énergies.
- Speaker #0
Voilà, j'ai tout vu.
- Speaker #1
Je pense que plus tu apportes de l'énergie, et plus ça impacte ton physique, et ça te donne l'énergie pour, et plus tu lui donnes à manger de l'énergie qui va être négative, ou en tout cas qui n'est pas transformée, c'est beaucoup plus compliqué. Donc, en tout cas, tu es une belle incarnation du feu.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Je suis à l'intérieur. J'aurais encore voulu rester trois heures de post-trait pour faire une déconnexion avec toi.
- Speaker #0
Tu me suis là.
- Speaker #1
Écoute, moi, ce que je te propose, en tout cas, moi, j'aime bien aussi, en fin de podcast, comme tu dis, on adore faire des déconnexions. En tout cas, compte sur moi pour le TEDx et puis les conférences. Si tu as besoin de travailler sur des thématiques ou quoi, moi, j'en ai plein et c'est toi qu'il faut là-dessus. Donc, avec un immense plaisir. pour...
- Speaker #0
Merci beaucoup, ça me touche beaucoup et puis on se tient au courant, de toute façon on se croisera au mois de décembre pendant la traversée j'espère.
- Speaker #1
Et bien voilà, ceux qui nous écoutent, toutes les infos d'ailleurs, on retrouve ça où, sur tes réseaux sociaux ?
- Speaker #0
Ouais, sur mes réseaux sociaux, principalement sur Instagram, mais après les plateformes, c'est Louischex L-O-U-I-S-C-H-A-I-X et voilà, si vous voulez suivre un peu l'évolution en termes de hockey ou même ma traversée des États-Unis ou le projet à venir au mois de décembre. On retrouve tout là-dessus. Et puis, si jamais il y a quoi que ce soit, n'hésitez pas, envoyez-moi un message. Ça fait toujours plaisir et voilà.
- Speaker #1
N'hésitez pas à le suivre en tout cas. Et puis, si vous avez l'occasion, vous verrez où vous serez au mois de décembre, de le suivre.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Vous allez aimer si vous avez été captivé. En tout cas, moi, je te remercie encore une fois. Merci à toi. Une heure et demie et c'est captivant. Et je suis toujours subjuguée par tout ce que tu fais. Et puis, le temps passe à une vite. Quand on est avec les bonnes personnes, il n'y a plus de temps, il n'y a plus de limites. Et on a eu une belle démonstration aujourd'hui en tout cas.
- Speaker #0
C'est très gentil. Surtout, n'hésite pas, si je peux faire quoi que ce soit, tu me dises, c'est un plaisir de t'aider.
- Speaker #1
Tu le sais. Ça fait un an, on est connectés de toute façon.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Là, c'est fini.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Merci encore. On clôture ce podcast. Merci à tous pour cette belle écoute. Voilà, cette petite parenthèse que vous vous êtes offerte à vous aussi. Et n'hésitez pas à suivre Louis Chex sur ses réseaux sociaux, Instagram, sûrement sur YouTube aussi. Et voilà, Merci. vous pourrez suivre la suite de ces aventures. Merci à tous et merci infiniment Louis pour ton temps.
- Speaker #0
Merci.