La valorisation du travail dans sa dimension utilitaire et productive est une invention de la Modernité, et c’est justement en grande partie du formidable accroissement de la productivité du travail que provinrent la force et la puissance du continent européen. Il existe toutefois une contradiction fondamentale entre la technique et la production modernes et la consommation de masse qui est au cœur de nos sociétés, si bien que cette contradiction pourrait bien, à terme, réduire à néant le capital des générations précédentes. En effet, là où la production et la technique exigent intelligence, esprit d’entreprendre, rigueur, investissement et organisation, la consommation de masse, elle, s’appuie sur un état d’esprit inverse, fait de passivité, d’hédonisme et d’individualisme.
Le déclassement progressif de l’Europe oblige à résoudre cette contradiction. S’il faut certes sortir de la logique mortifère et aliénante des « bullshit jobs » et repenser l’organisation du travail, ce n’est pas pour vanter un « droit à la paresse » qui ne ferait qu’entériner le déclin européen sur la scène internationale. Il s’agit bien plutôt de renouer avec une éthique de l’effort dont la seule finalité ne serait pas marchande et utilitaire.
Intervention d'Antoine Dresse lors du #colloqueiliade le 5 avril 2025 à Paris.
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