- Speaker #0
Bienvenue dans J'ai choisi psychiatrie, le podcast qui donne la parole aux internes en psychiatrie. Au fil de cette première saison, nous partons à la rencontre de celles et ceux qui racontent leur parcours, leur motivation et les raisons qui les ont conduits à choisir cette spécialité. Dans cet épisode, Arthur, membre de l'AFEP, échange avec Omar Saoudi, qui revient sur son cheminement. et sur ce qui l'a amené à choisir la psychiatrie.
- Speaker #1
Bonjour Omar.
- Speaker #2
Bonjour Arthur.
- Speaker #1
Est-ce que je peux te laisser te présenter, nom, prénom ?
- Speaker #2
Alors, je m'appelle Omar Saoudi, je suis interne en psychiatrie, actuellement en 7e semestre à Lyon.
- Speaker #1
Tu es actuellement le premier interne du podcast J'ai choisi psychiatrie que nous réalisons avec la FEP. J'aimerais que tu puisses un peu me dire... En revenant sur ton parcours, les raisons de ton choix de la psychiatrie ?
- Speaker #2
C'est vrai que j'ai un parcours un petit peu particulier. J'avais fait déjà des études de médecine au Maroc pendant 5 ans. Et donc j'ai fait la PACES en France. Et j'ai eu une sorte d'équivalence d'année. Et après j'ai passé les ECN comme les autres. Et depuis que j'ai intégré la faculté de médecine, j'ai tout de suite été attiré par le domaine de la psychologie, la psychiatrie. Quand on a eu les cours de psychologie en... En deuxième année au Maroc, c'était quelque chose qui m'avait déjà pas mal parlé. Et après, une fois qu'on a vu les cours de psychiatrie, c'était quelque chose qui me paraissait un peu naturel de choisir cette spécialité. Et ils ont fait des stages d'externat après. C'était évident pour moi, que ce soit la clinique, le temps qu'on prend avec les patients, le fait de pouvoir créer une alliance, une sorte de vrai relâchement, on va dire, thérapeutique.
- Speaker #1
Tu as fait différents stages d'externat en psychiatrie, est-ce que tu peux me les citer en tout cas ?
- Speaker #2
Oui, alors j'ai fait un stage de pédopsychiatrie au Maroc quand j'étais encore en 5ème année.
- Speaker #1
C'est ta première découverte avec la psychiatrie ?
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Tu avais quel a priori avant d'y arriver ?
- Speaker #2
Quel a priori ? On se dit toujours qu'il y a des personnes un peu, entre guillemets, folles, qui sont dans l'hôpital, on se dit qu'il y a des gens qui potentiellement sont violents, tous les films qu'on regarde. C'est un peu le fou du film Qui va tuer tout le monde Et après mon premier stage en pédopsychiatrie C'est vrai que c'était pas exactement La psychiatrie adulte C'était des enfants Un peu comme les autres Qui avaient des difficultés Que ce soit au niveau scolaire, au niveau attentionnel Ou au niveau des comportements Mais c'était pas du tout Ce que je m'étais fait de base Mais c'est vrai que c'était plutôt de la pédopsychiatrie Après mon premier stage de psychiatrie adulte Je l'ai fait en France Merci. C'était le premier stage que j'ai fait après la PACES, quand j'avais réussi la PACES. Je me suis dit, il faut que je me fasse un stage de psychiatrie adulte dès le début, comme ça je peux revoir un peu si c'est quelque chose qui me convient.
- Speaker #1
Et alors tes premiers pas dans la psychiatrie en France, est-ce que ça correspondait un petit peu à l'expérience que tu avais eue ? Est-ce que ça correspond un petit peu au même fonctionnement que tu avais pu observer au Maroc en psychiatrie ?
- Speaker #2
Alors c'était difficile de comparer les deux, parce que vu que c'est de la psychiatrie adulte et c'est de la pédopsychiatrie. Mon premier contact avec la psychiatrie en France, c'était dans un service d'hospitalisation complète, où il y a plusieurs pathologies, que ce soit la dépression, la schizophrénie, les troubles bipolaires. Et je dirais que par rapport à ce qu'on se dit dans les films, ça ne correspond pas du tout à ce qu'on voit dans les films. Les gens un peu fous, qui veulent tuer des gens, vraiment des personnes, on va dire, entre guillemets, lambda. qui ont des troubles psychiatriques. Ce qu'on a pu nous lire dans les livres, des symptômes qu'on peut voir dans la vraie vie. Et ce qui reste, dans le fantasme inconscient de tout le monde, de ces personnes, c'est vraiment des choses assez rares, finalement, qui arrivent dans la vraie vie. C'est des personnes qui sont un peu désorganisées, qui ne savent pas un peu quoi faire. qui ont peut-être des moments, voilà, des troubles du sommeil, ils n'arrivent pas à dormir, par exemple, pour des phases maniaques. Voilà, c'est des trucs un peu, finalement, pas si, on va dire, pas si fantasmés, quoi.
- Speaker #1
Alors, est-ce qu'à un moment donné, le choix a dû se faire avec une autre spécialité que tu avais pu découvrir et qui avait été intéressante ?
- Speaker #2
J'ai toujours aimé, on va dire, les spécialités médicales, parce que ça a fait un peu, on va dire, réfléchir. Ça fait un peu mobiliser notre cerveau, trouver le diagnostic avec les bilans qu'on a, avec tous les examens médicaux, essayer de trouver un peu à la doctorat, ça c'est quelque chose qui m'a toujours intéressé. Et ce qui était, je dirais, plus intéressant en psychiatrie, c'est que les choses sont moins figées, on a plus de capacités de réflexion. Et aussi ce qui manquait, je trouvais un petit peu dans les spécialités médicales, Quand j'ai passé en tant qu'externe, c'est qu'on voyait qu'il y avait beaucoup d'internes qui passaient énormément de temps dans leur bureau à écrire des comptes en vue, donc à être moins présents avec les patients finalement. Et c'était quelque chose qui m'avait un peu rebuté. Alors que quand j'avais fait mes stages en psychiatrie, je voyais les internes, ils passaient 70% de leur temps avec les patients et pas derrière leur ordinateur. Donc ça, c'était quelque chose que je trouvais assez... En tout cas, qui me correspondait moins de passer plus de... Enfin voilà, la plupart de mon temps avec le patient à discuter.
- Speaker #1
Tu as choisi la psychiatrie de manière très naturelle. Une fois que tu es arrivé en tant qu'interne, est-ce que c'est cette même dynamique qui s'est opérée ? Est-ce qu'il n'y a pas eu de désillusion ? Est-ce qu'il n'y a pas eu de regret ?
- Speaker #2
Pour moi, en tout cas, non. Vu que j'avais fait des stages d'externat, je savais un peu à quoi m'attendre. On va dire la transition externe-interne, c'est un peu difficile, je pense, dans toutes les spécialités. Maintenant... on a plus de responsabilités que quand on est externe. On est observateur. Même si on fait des choses, on est toujours un peu... Il y a toujours l'interne derrière qui est très présent. Quand on est nous-mêmes, soi-même interne, on a des responsabilités parce qu'on a des patients à charge. On prend des décisions. Effectivement, il y a des seniors qui sont là. En tout cas, oui, on a plus d'autonomie. Il y a les gardes aussi qui se rajoutent avec plus de responsabilités. On voit des patients la nuit. Des choses qu'on n'avait pas l'habitude de faire en tant qu'externe, parce que moi, quand j'avais fait l'externat, je n'avais pas vu de garde de psychiatrie. On m'a juste expliqué ce que c'était, ce qu'ils faisaient. Et du coup, les gardes, peut-être voir des patients un peu dans la nuit. Surtout, je pense, quand il s'agit de patients plutôt suicidaires. C'est vrai que c'est difficile peut-être à appréhender au début, mais après, c'est quelque chose qui s'apprend.
- Speaker #1
Et en quelques mots, alors, qu'est-ce qui a fait que tu aies choisi Lyon ? missement de Poitiers, c'est un externat. Pourquoi Lyon et pas une autre vie ?
- Speaker #2
Pourquoi Lyon ? Ça, c'est un choix vraiment personnel. Ce n'est pas du tout professionnel. Je suis venu avec ma copine qui voulait venir à Lyon pour son master. Donc, ce n'était pas du tout un choix basé sur ce qui était proposé en psychiatrie à Lyon. Mais c'était également, quand elle m'avait dit qu'elle voulait aller à Lyon, je m'étais renseigné juste pour voir. Et j'avais entendu de bons échos sur la psychiatrie à Lyon. Donc, pas de doute.
- Speaker #1
Là aujourd'hui tu es interné en 7e semestre, c'est ça ? Tu es dans quel stage ?
- Speaker #2
Là actuellement je suis dans un service de premier épisode psychotique, donc spécialisé dans le premier épisode. C'est quelque chose d'assez nouveau avec le professeur Asbar. C'est vrai que c'est quelque chose d'assez nouveau en France, il existe depuis environ 3 ans. Ça commence un peu à s'ouvrir dans toutes les villes de France. Le professeur Asbar qui a énormément travaillé sur les premiers épisodes et il a développé cette ligne pour être un peu plus présent dans les premières années de la psychose pour... pour accompagner les personnes qui traversent cette...
- Speaker #1
Tu peux décrire en une phrase le profil de personnes que tu prends en charge ? En quoi est-ce qu'ils sont dans une période un petit peu critique de leur cursus patient ?
- Speaker #2
Oui. Alors, globalement, comment ça se passe ? Moi, je suis dans ce dispositif, je suis en hospitalisation complète. La fourchette, on va dire, de l'âge qui a été décidé, c'est d'accueillir des patients de 18 à 35 ans. qui ont eu un premier épisode psychotique. Donc les profils sont extrêmement hétérogènes. Avant de faire les stages, je me disais que ça allait peut-être être redondant de faire un peu la même chose, mais le premier épisode psychotique, c'est vraiment quelque chose d'assez varié. C'est vraiment très intéressant de voir cette tranche d'âge-là. Et c'est vrai qu'ils sont jeunes, ils ont la plupart, enfin il y en a quand même beaucoup qui sont étudiants, ou bien qui viennent de commencer un travail. et qui ont cette épreuve dans leur vie d'avoir un premier épisode. Et l'idée, en tout cas, l'idée de cette unité, c'est de pouvoir les accompagner dans cette épreuve-là, de leur dire que ce n'est finalement pas quelque chose de très grave, entre guillemets, et qu'on peut les accompagner et d'éviter de rentrer dans un trouble psychiatrique chronique. Dans beaucoup de cas, il y a des personnes qui font ce premier épisode, on met en place l'accompagnement nécessaire et qu'ils nous refont... Enfin, il y a un suivi... pendant trois ans de manière intensive et qui ne refont plus d'épisodes. Malheureusement, il y a des personnes qui ont ce premier épisode et qui en refont plusieurs et qui ont un trouble psychiatrique chronique. C'est ce qu'on essaie d'éviter en tout cas. C'est le but de ce service.
- Speaker #1
Tu as beaucoup de semestres dans tes antécédents. Tu es quand même un interne expérimenté qui va bientôt être docteur junior à partir de novembre 2026. Comment est-ce que tu te projettes en tant que futur jeune chef ? Dans quel domaine d'activité ? Quel type de prise en charge ?
- Speaker #2
Pour l'instant, je dirais que j'aimerais bien faire beaucoup de psychiatrie générale, donc plutôt des urgences, des terrains, une spécialisation complète pour engranger le maximum d'expérience. Je me vois bien le faire quand même pendant quelques années et après réfléchir à faire plus de diplômes universitaires, à se plus spécialiser dans quelque chose. C'est vrai que quand on est interne, on a tendance à faire pas mal de FST. La psychiatrie propose énormément de choix, par exemple. la psychiatrie légale, la psychiatrie de la personne âgée, la psychiatrie périnatale. Il y a beaucoup d'effets, c'est-à-dire comme la dictologie, soins palliatifs. On en a énormément de choix. L'avantage qu'on a actuellement dans cette maquette, c'est de faire une spécialité, ne n'augmente pas le temps de l'internat. C'est vrai que ça, c'est un bonus qu'il y a depuis quelques années. Et actuellement, pendant mon internat, il n'y a vraiment pas quelque chose qui m'a attiré au point de me dire que je vais me spécialiser dans ça. Mais le futur, je me dis dans le futur, s'il y a quelque chose, je change d'avis, j'ai envie de me spécialiser, je peux faire un diplôme universitaire. C'est des choses qui sont tout à fait possibles.
- Speaker #1
Qui te projette de rester sur Lyon ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
La question était franche, honnête. La réponse était franche, honnête. Merci beaucoup. Merci à toi, Arthur.