- Speaker #0
Ouais meuf, juste pour te dire, j'ai grave mal à la chatte, on peut s'en parler bientôt ?
- Speaker #1
Mais c'est trop bien comme sujet de podcast ! J'ai mal à la chatte, le podcast qui parle de distarut. Bonjour ! Allo ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de J'ai mal à la chatte.
- Speaker #0
L'épisode 5, je crois. L'épisode 5, déjà. Ben ouais. Et je suis toujours Lucie. Et je suis toujours Mathilde. Et aujourd'hui, on va parler de... Ménopause, périménopause, préménopause et dyspareunie.
- Speaker #1
Ouais, tout à fait. Mathilde, quelle est la différence entre la ménopause, la périménopause et la préménopause ?
- Speaker #0
Alors, la préménopause, c'est généralement ce qui se passe entre 40 et 50 ans. Il n'y a pas beaucoup de symptômes et puis globalement, il n'y a pas grand-chose à noter. Juste, ça marque un tout début de baisse de fertilité et ça prépare le terrain pour la périménopause qui peut durer entre 4 et 8 ans. Et l'idée, c'est que le dérèglement hormonal commence à arriver, les règles s'estompent et on peut avoir les p... premiers symptômes de la ménopause. Et ensuite, on a la ménopause qui est du coup l'arrêt total des règles et une baisse des hormones définitive. Et pendant la périménopause, ce qui est chaud, c'est que un jour, tu peux avoir une journée avec des hormones de quand t'avais 30 ans et le lendemain, t'as une journée avec des hormones de quand t'as 60 ans. Donc t'as vraiment comme... Up and down.
- Speaker #1
Mais déjà, tu dis des hormones de quand t'as 30 ans. Enfin, moi, j'ai 30 ans. est-ce que déjà il y a une différence avec quand j'avais 20 ans ou pas ? globalement c'est pareil ou ça commence à décroître ?
- Speaker #0
non globalement c'est pareil après on parle de grossesse gériatrique à partir de 35 ans donc on considère que la fertilité baisse légèrement à cet endroit là donc j'imagine qu'à ce moment là on commence à constater que le corps commence à changer avant
- Speaker #1
de préparer cet épisode sur la ménopause et les dyspareunies Je me suis demandé c'était quoi mes idées préconçues sur la ménopause et toi c'était quoi les tiennes ? Parce que moi globalement, à part bouffer de chaleur, j'avais pas grand chose.
- Speaker #0
Bah ouais grave, moi j'avais bouffé de chaleur, qu'est-ce que j'avais d'autre ?
- Speaker #1
Moi j'avais déjà... Fatigue quand même ? Ouais.
- Speaker #0
Vas-y, vas-y.
- Speaker #1
Non mais je veux dire j'avais déjà vu un peu ce truc, ce cliché de la grand-mère qui a de la sécheresse vaginale, mais pareil encore une fois, registre un peu... Je sais pas comment dire, mais un peu blackbeauf, un peu graveleuse. Mais je sais même pas si je le mettais sur la ménopause, plutôt sur la vieillesse en fait, en général.
- Speaker #0
Moi je crois que j'ai... Peut-être que le seul lien que j'ai fait dans ma tête sur ménopause et symptômes et tout, c'était un peu peut-être le début de la frigidité ou un truc comme ça. Ah ouais ? Je suis pas d'accord avec ça, mais en tout cas j'ai l'impression que c'est un peu les seuls trucs que j'ai entendus autour de ça. Genre de toute façon, plus tu vieillis, moins tu baises.
- Speaker #1
et moins t'as envie oui j'ai lu pour préparer cet épisode une BD qui s'appelle Chaud de Elis Thiebaud et Eléa Bird à l'illustration que tu m'as prêté Elis Thiebaud elle s'intéresse beaucoup à la ménopause, elle en a fait un essai qui s'appelle Ceci est mon temps et j'ai l'impression que Chaud c'est un peu l'adaptation et elle elle passe un peu en revue comment historiquement ça a été vu la ménopause, et je trouvais ça intéressant de le rapporter ici, parce qu'elle dit qu'on a pu voir la ménopause comme une nouvelle jeunesse, on appelait ça même un retour d'âge, ou un deuxième printemps. Le fait qu'on n'ait plus ces règles, donc qu'on soit moins fertile, ça pouvait enlever cette charge contraceptive, par exemple, et pouvoir dire qu'on pouvait avoir des relations sexuelles plus libres, moins protégées, sans risque de tomber enceinte. Et même avec d'autres personnes que son mari, potentiellement.
- Speaker #0
Tu vois ?
- Speaker #1
Elle parle aussi d'un moment de grande sensualité. Donc là, c'est plutôt époque. Je suis nulle en siècles. Mais tu sais, on se regarde dans les théâtres avec des perruques grises. Renaissance, un peu.
- Speaker #0
Le siècle des Lumières.
- Speaker #1
Ouais, ta.
- Speaker #0
Roi Soleil.
- Speaker #1
Imaginez, chez vous, cette image. Donc, les bouffées de chaleur étaient dépeintes comme des fièvres sensuelles et les hommes cherchaient au théâtre celles qui agitaient leurs éventails parce que c'était de potentielles amantes. Et c'était très valorisé d'être plus vieille. Même d'ailleurs, les gens portaient des perruques grises. Oui, c'est vrai ça. Ce qui donnait de la noblesse au visage. Pourquoi elle rapporte tout ça ? Parce qu'elle, elle se demande, est-ce que si... La ménopause était moins véhiculée, il y avait moins d'images véhiculées autour de la ménopause négative. Est-ce que les personnes à la vulve ressentiraient mieux ce peseuge de la vie ? Parce que globalement, on va en reparler, mais on a un peu l'impression que c'est fin de la récré et début de la fin de vie.
- Speaker #0
Oui, c'est un peu effectivement ce qu'on en dit. Mais moi, pareil, pour préparer cet épisode, j'ai un peu checké... J'ai réouvert le nouveau rapport Haït, mais qui date des années 2000, donc nouveau c'est le titre, mais voilà. J'adore. Et en gros... Le type chez vous,
- Speaker #1
n'appelez pas quelque chose nouveau, parce que ça date. Oui,
- Speaker #0
après ça vieillit mal. Et du coup, dans ce bouquin, en fait, c'est donc une personne, une sociologue, je crois, qui fait des enquêtes sur la sexualité des Françaises.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et du coup, c'est un gros pavé. Et dedans, tu as plein de témoignages, etc. Et on a une, justement, sur la ménopause. Donc, j'étais intéressée de regarder les témoignages des années 2000 sur la sexualité des personnes ménopausées. Et à un moment donné, tu as Hélène Caplan, qui est médecin sexologue, qui dit que, d'un point de vue purement physiologique, la libido devrait théoriquement augmenter à la ménopause parce que l'action des androgènes des femmes... ils disent de la femme, mais c'est les années 2000, donc des personnes à vue. Donc, l'action des androgènes pendant la mène de pause, elle ne bouge pas. Et en fait, c'est l'œstrogène qui diminue, qui s'arrête, et c'est l'œstrogène qui baisse l'androgène. C'est un peu, voilà, restez avec moi. Et du coup, l'androgène, ça crée l'excitation. L'œstrogène, ça la bloque. S'il n'y a plus d'œstrogène, normalement, c'est censé augmenter la libido, l'envie de ken, Mais bon, on verra, c'est un peu moins... Merci. C'est pas si simple puisque l'oestrogène, ça crée aussi des difficultés puisqu'il n'y en a plus. Donc ça, on verra.
- Speaker #1
Globalement, les hormones, c'est souvent compliqué. Mais j'avais déjà entendu ça, qu'en fait, pour produire de la testostérone, il faut des oestrogènes. Donc, les mascus, carrément, ça manque.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Donc, on va parler aujourd'hui de notre sujet préféré, les dyspareunis, et de comment ça s'articule avec la ménopause. Alors, effectivement, comme je t'ai dit, moi, j'avais plutôt en tête... l'expression sécheresse vaginale mais en fait c'est un peu plus que ça j'ai découvert un acronyme je sais même pas comment ça se dit à l'oral le SGM
- Speaker #0
S-G-U-M peut-être peut-être ah oui c'est vrai sinon ça ferait SPM pour SPM
- Speaker #1
SPOM je souffre de SPOM je vais pas le dire donc le SGM le syndrome génitaux urinaire de la ménopause. Est-ce que tu peux m'en raconter un peu ce que c'est ?
- Speaker #0
Je suis sûre que tu sais mieux que moi. Je ne savais pas, donc j'ai découvert aussi. Mais c'est ce qui arrive au moment de la diminution des oestrogènes et puis d'autres hormones sexuelles pendant la ménopause. Ça va impliquer des modifications sur les petites et grandes lèvres, sur le clitoris, sur le vestibule, sur le vagin, l'urètre, la vessie. Et globalement, il y a trois types de symptômes. il y a les symptômes vulvovaginaux donc là on a sécheresse pour 78% des personnes ménopausées brûlure pour 30% irritation pour 30% c'est énorme quand même et après on va avoir des symptômes sexuels donc les dyspareunis donc là tu vois ils disent que c'est 31% des personnes ménopausées qui vivent des dyspareunis mais t'as des chiffres après et ça dit tout et son contraire Et en dernier, on a des symptômes urinaires, donc des douleurs à la mixtion, des infections à répétition, des envies fréquentes ou irrépressibles d'uriner. Et même si on ne les lit pas forcément à sexualité, ça a forcément un impact sur les douleurs à ce niveau-là.
- Speaker #1
Oui, d'ailleurs, peut-être que c'est même secondaire parfois pour certaines personnes.
- Speaker #0
Oui, tu veux dire que quand tu as des douleurs à la mixtion, tu n'as pas forcément envie de dire que tu as mal quand tu as un rapport sexuel, puisque d'abord, il faut régler ces trucs d'infection urinaire.
- Speaker #1
Et pour d'autres personnes, pas du tout. Enfin, d'ailleurs, on le verra. Parce que, pour préparer cet épisode, on a été interroger deux nouvelles personnes. On a lancé un appel à témoignages et il y a deux personnes qui ont répondu. Donc c'est Joséphine et Natacha. C'est deux femmes qui sont toutes les deux ménopausées, qui ont des histoires de vie qui ne sont pas du tout les mêmes. Donc Joséphine... Elle, elle a souffert de sécheresse vaginale, en tout cas ce qu'elle appelle des sécheresses vaginales toute sa vie. Et ça s'est un petit peu accéléré à la ménopause et on écoute tout de suite son histoire.
- Speaker #2
Moi, le mot dyspareunie, je l'ai appris il n'y a pas très longtemps en fait. Donc moi, je parlais de sécheresse vaginale parce que c'était ça mon autodiagnostic qui avait l'air d'être confirmé pendant des années par le fait que le fait d'utiliser un lubrifiant suffisait. Donc, moi, j'ai eu de la sécheresse vaginale depuis très, très, très longtemps. Je ne sais pas, ça a commencé quand j'avais peut-être 35 ans, un truc comme ça. Et donc, j'ai abordé la périménopause et la ménopause hyper tranquille en me disant, moi, de toute façon, ce symptôme, je l'ai déjà depuis très longtemps. Il n'y a pas de souci, je sais quoi faire avec. Et en fait, non. C'est-à-dire... plusieurs années après l'aminopause. Alors, ça n'a fait que s'aggraver doucement. Alors, ça voulait dire, OK, donc il faut faire plus attention. Quand tu achètes un lubrifiant, ce n'est pas n'importe lequel. Il faut en mettre plus. Il faut en trouver un qui ne sèche pas tout de suite. Parce que si le rapport sexuel dure un peu, il ne faut pas qu'il soit sec et collant. C'est désagréable. Enfin, voilà. Donc, il y avait juste un peu plus d'attention apportée à ça, de plus en plus. C'est une espèce d'escalade jusqu'au moment où c'est devenu vraiment douloureux. C'était plus jamais possible sans lubrifiant. Alors qu'il y a eu des périodes avant où des fois, miraculeusement, je ne sais pas pourquoi, la pénétration sans lubrifiant c'était possible. Mais là, c'est fini depuis longtemps. Et c'est devenu insupportable. Plusieurs années après la ménopause, je pense. Et la sensation que j'ai, c'est une sensation de brûlure à la pénétration. C'est pas une contraction musculaire ou je sais pas quoi. C'est vraiment la sensation d'avoir la muqueuse en feu à l'intérieur du vagin. Et j'ai essayé 8000 produits et plus ça va... Enfin là, en ce moment, non, c'est pas possible en fait. Il n'y a rien qui marche. Et donc j'en ai parlé à, évidemment, chaque fois que je vais voir un gynéco ou une sage-femme, j'en parle. Et à chaque fois, je repars avec un petit peu d'espoir pour essayer un nouveau produit qui, à son tour, ne marche pas. Et voilà. Et j'ai appris, au fur et à mesure de ça, en allant lire des trucs sur Internet, qu'en fait, il y avait sécheresse vaginale et atrophie de la muqueuse. Que c'est ça qui m'arrive, en fait. Mais en fait, jamais. Il n'y a pas un professionnel de santé qui m'a parlé de ça. Et quand moi j'ai posé la question, après examen visuel, on m'a dit non, ce n'est pas le cas.
- Speaker #1
Moi je ne connaissais pas, qu'est-ce que c'est que l'atrophie de la muqueuse ?
- Speaker #2
Eh bien, il y a une couche musculaire dans le vagin et par-dessus il y a une muqueuse. Et cette muqueuse, elle est plus ou moins épaisse et hydratée. Et donc, avant la ménopause, quand tu as encore toutes tes hormones qui font plein de trucs formidables, elle est épaisse et hydratée la plupart du temps. Et après la ménopause, quand tu n'as plus les oestrogènes et compagnie, elle devient de plus en plus fine. Et donc, elle ne fait pas le job. Ce n'est pas juste qu'elle est sèche. Donc, même si tu l'hydrates ou si tu mets un gel, si tu la lubrifies provisoirement, Elle fait quand même pas le job, quoi.
- Speaker #1
Donc même si elle est bien hydratée, la muqueuse ne fait plus le job.
- Speaker #0
Eh ouais. Déjà, je sais pas si toi, Lucie, tu savais, mais j'ai appris il y a pas longtemps avec ma sage-femme, qui est super, vous l'entendrez à un moment donné. J'ai appris il y a pas longtemps qu'en fait, la vulve et les muqueuses, il faut les hydrater. Enfin, moi, ma sage-femme m'a dit, mettez de l'huile de bourrache sur votre vulve de manière régulière pour l'hydrater. Parce qu'en fait, à partir d'un certain moment, il faut en prendre soin. Comme tu mets de la crème sur ton corps, tu fais pareil avec la vulve et le vagin.
- Speaker #1
D'ailleurs, je ne peux pas rien répondre parce que c'était rigolo. En préambule de cet entretien avec Joséphine, on faisait un petit chitchat où on se partageait nos petits remèdes. C'est très vaginal. Et c'était tout l'intérêt d'aller interviewer des personnes concernées parce qu'elle a dit Mais vous là, la jeune fille de 30 ans, vous avez une muqueuse. Ce n'est pas une question d'être dit, moi je n'ai plus, je n'ai plus. Elle disait effectivement, elle n'en est plus à l'hydratation.
- Speaker #0
C'est ça qui était intéressant quand justement il y a eu cet échange qui nous a replacés au bon endroit aussi. C'était super. C'était aussi de se dire, en fait, c'était un peu comme l'illustration de tout ce qu'elle subit elle quand elle va voir des soignants-soignantes. On te donne plein de solutions différentes, mais en fait, on ne prend pas en compte que là, effectivement, c'est l'absence de muqueuse qui pose problème.
- Speaker #1
Et donc, la deuxième personne qu'on a été interviewée, c'est Natacha, qui elle a une histoire complètement différente, et on le verra du coup un ressenti tout à fait différent de ce qui se passe dans son corps, puisque elle, les dyspareunies sont arrivées notamment dans le cadre d'un cancer du sein, qui a... Je te laisse expliquer. Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Elle aussi, elle avait des dyspareunies avant même sa grossesse et qui ont augmenté après son accouchement et qui ont été décuplées pendant la ménopause. Mais surtout parce qu'effectivement, elle a eu un cancer du sein et donc elle a eu des gros traitements. Voilà, elle a fait la totale. Et en fait, ça a créé une ménopause directe, brutale. Et du coup, elle n'a pas connu la période des périménopause. C'était vraiment du jour au lendemain. Et en fait, cette absence, le fait d'être bloqué dans la ménopause, ça lui a créé plein de problèmes qui ont été difficiles à prendre en compte. Parce que quand tu es en rémission d'un cancer, tu ne fais pas n'importe quoi. Et tu ne peux pas utiliser ce qu'on pourrait proposer à d'autres.
- Speaker #1
On en reparlera tout à l'heure. Mais effectivement, c'est ce qu'elle a dit. Moi, c'est vraiment un nœud. médical autour de moi, c'est que quand on a un cancer hormonodépendant, on n'est pas éligible à plein de traitements. la ménopause.
- Speaker #0
Et je veux juste préciser, parce que c'est important pour Natacha, mais aussi pour Joséphine, elles ont vraiment bien précisé que c'était des témoignages qui valaient pas pour ce qui arrive à la ménopause, mais plutôt des exemples de vécus et que, voilà, leur but c'était pas de dire, il va se passer ça, vous devez faire ça, pas d'injonction, juste des témoignages de vécus qui sont différents les uns des autres.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, on va écouter tout de suite Joséphine qui... parle de l'impact que ça a sur sa vie, on verra qu'il est très différent de celui de Natacha.
- Speaker #2
En fait, ce qui se passe, c'est que moi, il y a plein de fois où ça me va très bien, qu'il n'y ait pas de pénétration pénis-vagin, mais ça me gave d'avance de m'engager dans une relation, dans un acte, dans un rapport sexuel, en sachant qu'il y a un endroit où il ne faut pas aller. Ça me fait un truc désagréable en me disant soit on n'y va pas, soit il faut y aller avec plein de précautions et encore c'est pas sûr que ça marche. Ça c'est désagréable et c'est désagréable. En fait c'est un truc vraiment, ça peut paraître un peu cuculapraline, mais la position classique du missionnaire, parce que moi je suis hétéro donc voilà je fais l'amour avec un homme. Cette position-là, où nos visages sont face à face, c'est chouette aussi. Et donc ce truc-là, le cunnilingus c'est formidable, j'adore, c'est génial. Moi j'ai des orgasmes trop bien, mais c'est pas pareil. Donc j'aimerais bien que ça soit possible au moins de temps en temps, et que ça soit possible, que je sache que c'est possible en fait. Et ça en effet, je me sens pas tellement... Entendu, c'est comme si à chaque fois, on me disait qu'il y avait un truc que j'avais pas fait comme il faut.
- Speaker #1
Elle dit, je veux bien déconstruire ma sexualité, y'a pas de problème, je veux pas tout centrer autour de la pénétration, mais elle, ça la rend triste, en fait, dans sa vie, que ce soit plus possible. Et elle a l'impression qu'on lui donne pas trop de solutions par rapport à ça, et c'est ça qu'elle va mal vivre. On va écouter Natacha, et ce qu'elle nous dit, elle, de comment elle vit ses disparunis aujourd'hui.
- Speaker #3
Une chose est sûre, ce que je ressens fort, là, j'ai pas envie qu'on rentre dans mon intimité. Il y a vraiment quelque chose qui relève de ça, et quand je le dis autour de moi, quand on me dit « bah alors, t'as pas rencontré quelqu'un ? » Bah non, j'ai pas envie qu'il y ait quelqu'un qui rentre dans mon intimité. Et c'est dans mon intimité même, pas que corporelle quoi ! Dans ton domicile,
- Speaker #0
dans ton quotidien... Oui,
- Speaker #3
voilà. Et en même temps, je me dis, je sais pas si ça sera comme ça toute ma vie, mais par contre, le sujet de la disparunie, il reviendra ! c'est obligé, là c'est peut-être aussi une manière un peu de me protéger,
- Speaker #0
de tirer le rideau là on voit un peu la différence entre Joséphine et Natacha, c'est que Joséphine elle a pas envie qu'on prédéfinisse son schéma et qu'en fait on lui enlève le choix de savoir ce qu'elle veut faire dans sa sexualité, alors que là Natacha elle a envie qu'on lui foute la paix ok j'ai mal voilà, mais dans ces cas-là rentrez pas dans mon intimité pour l'instant je fais une pause, elle dit qu'est-ce qu'elle dit, lever le voile ? mettre le voile Mettre le voile.
- Speaker #1
ou me mettre le rideau,
- Speaker #0
je sais plus.
- Speaker #1
Mais oui, on voit très bien comment Joséphine, elle est en recherche active de solutions. On va les dérouler, les solutions qui existent. Mais elle a essayé toutes les solutions qu'on lui a proposées. Elle est bonne élève. On verra qu'elle dit d'elle qu'elle est une patiente docile. Elle essaye plein de choses. Là, où Natacha, elle est plutôt dans une optique de j'ai envie qu'on me lâche la grappe. Ça ne m'intéresse pas que quelqu'un rentre dans mon intimité.
- Speaker #0
idéalement je veux juste qu'on normalise en fait et on revient à lâcher nous la vulve mais surtout que ce qu'on n'entend pas dans cet audio on a dû faire des choix donc vous avez pas toutes les interviews mais c'est vraiment que Natacha elle a été voir énormément de soignants soignantes enfin c'est vraiment elle a une liste hyper exhaustive de tout ce qu'elle a fait c'est jusque là merde quoi oui oui en tout cas voilà peut-être ou alors qu'elles en sont pas au même endroit dans le parcours euh
- Speaker #1
Et ce parcours, ce cheminement, il a plusieurs étapes et du coup, on va un peu rentrer dedans. Mais quelle joie de découvrir les solutions qui sont proposées aux femmes qui souffrent de dyspareunie pendant la ménopause. Pareil, dans la BD chaude de Elisthiebo et Léa Bird, j'ai lu des choses, mais incroyables. J'ai découvert ou redécouvert, j'en avais déjà entendu parler, des traitements hormonaux de substitution ou traitements hormonaux de la ménopause. Et il faut savoir... sur ces traitements. Donc, ils sont des traitements à base d'hormones qui cherchent à pallier cette baisse hormonale qu'on vit à la ménopause. Il faut savoir que les premiers traitements sont nés aux Etats-Unis et que c'était de l'urine de jument.
- Speaker #0
Ça me dégoûte !
- Speaker #1
Et moi, je me suis dit dinguerie. Dans la BD, elle détaille. Alors déjà, d'un point de vue, maltraitance animale, c'est horrible parce que c'est des juments. C'est de l'urine de... jument enceinte. Ça s'appelle Pré-Marin. Pré, c'est pregnant. Mar, c'est la jument, je crois. Et Rin, c'est l'urine. Enfin bref, un truc comme ça. C'est des fermes de juments qui sont inséminées pour pouvoir recueillir l'urine au bon moment. Puis elles sont avortées, puis inséminées, puis avortées, puis inséminées. Donc, dingo, dingo, dingo, ce truc a fait fureur. Tout le monde voulait ça dans la société.
- Speaker #0
Ça date de quand, ça ?
- Speaker #1
Pareil, je suis nulle en date. Je dirais un peu Jules Verne, un peu Tour du Monde. Un peu les femmes qui ont des grandes jupes et elles sautent dans des trains à vapeur. Ok, très bien, je vois. Je mets ça là-dedans.
- Speaker #0
La période industrielle, peut-être. Ouais, voilà.
- Speaker #1
J'ai une dédé, donc moi je te fais des trucs visuels.
- Speaker #0
En plus, moi ça se trouve, à côté, je mets des repères spatio-temporels et c'est possible que je tombe toujours à côté. Faites-moi un tuto.
- Speaker #1
Donc je me dis, mais quelle horreur, blablabli, blablablou.
- Speaker #0
Roulement de tambour.
- Speaker #1
Ça existe toujours.
- Speaker #0
Oh non !
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'il y a vraiment une très grande différence entre ce qui se passe aux Etats-Unis et ce qui se passe en Europe, mais ces traitements de prémarin, à base d'urine de jument enceinte, existent toujours et sont toujours prescrits aux Etats-Unis.
- Speaker #0
Aux Etats-Unis ?
- Speaker #1
Ouais. En France, les traitements hormonaux sont beaucoup moins des traitements oraux. Et beaucoup plus des traitements locaux. Des crèmes, des patchs, des trucs comme ça. Et ce sont des... Je ne sais pas comment ils appellent ça. Des hormones naturelles. Ce n'est pas de la pisse. Ce n'est pas... C'est vegan. Ce n'est pas fait à partir d'animaux en France. Donc voilà. J'ai découvert ça. Il y a... une polémique sur les traitements hormonaux de substitution. Ils ont été énormément prescrits. C'est un peu comme la pilule, c'est-à-dire qu'à un moment donné, ça a été prescrit de fait à tout le monde, avant même qu'on déclare des symptômes. Au moment où tu arrives à la ménopause, tiens, tu prends ça. Or, tout comme la pilule contraceptive, qui comporte des risques, des risques cardiovasculaires et des risques de cancer, Et comme c'était prescrit en masse, aujourd'hui, c'est plus contrôlé. Mais il y a eu une étude indépendante par un collectif féministe qui a été faite. Et qui a montré que suite à cette prescription massive de traitements hormonaux de substitution, il y a eu une explosion de maladies cardiovasculaires, notamment aux Etats-Unis. Et que cette explosion a largement baissé depuis que ça a cessé d'être prescrit. Mais donc du coup, il y a un peu une polémique. Il y a un peu les pros et les antis.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en soi, il y a quand même des traitements hormonaux qui fonctionnent très bien. Enfin, moi, j'ai pas mal de témoignages autour de moi de femmes ménopausées que ça a beaucoup aidé. Mais du coup, là, ce que... que tu dénonces, c'est plutôt le fait de le prescrire de manière systématique sans s'intéresser à est-ce que c'est vraiment utile ou non pour les personnes.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Maintenant, j'ai l'impression qu'il y a quand même plus des protocoles. Après, ce qu'elle disait, ce qu'elle rapportait à Elisthiébo, c'est qu'il y a eu un rapport assez récent. Du coup, cette étude dont je te parle du collectif féministe, elle a 30 ou 40 ans, je crois.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et depuis 30 ans, globalement, c'est beaucoup moins prescrit. Ça a vraiment drastiquement chuté. Mais entre-temps... les protocoles a changé, c'est-à-dire que généralement, on dit qu'il faut le prendre idéalement dans les 10 premières années suivant la ménopause pour que ce soit efficace, 5 ans maximum, ça ça dépend un peu des traitements, mais sur une durée limitée. uniquement si la balance bénéfice-risque est bonne, c'est-à-dire qu'il faut que la personne ait déclaré des symptômes, qu'elle ait déclaré en souffrir, etc. Et ça ne peut pas être prescrit à des personnes, en tout cas les traitements oraux, les choses qu'on prend par la bouche, à des personnes qui ont eu des antécédents de cancers hormonodépendants, donc cancer du sein, cancer de l'utérus, je crois même les cancers de la thyroïde, il me semble. même si c'est pas toi ça peut pas être tes parents par exemple attends ça je comprends pas c'est pas genre moi j'imagine j'ai jamais eu de cancer de l'utérus mais si ma mère elle a eu un cancer de l'utérus je suis plutôt pas bonne cliente pour ce traitement là donc c'est un peu il y a un gros bordel qui est mélangé
- Speaker #0
alors qu'il y a des hormones par exemple il y a du coup ma sage-femme on l'adore ta sage-femme notre sage-femme ça va trop loin bref en tout cas elle elle m'a expliqué que il est possible de mettre de l'oestrogène dans le vagin parce que du coup pendant la ménopause bref on perd de l'oestrogène et du coup le vagin se rédit Merci. Et donc, c'est ce qui fait que pendant la pénétration, ça peut faire mal. Donc, en fait, par exemple, là, tu parles de traitement hormono, etc. Ben là, ça peut être une crème ou un ovule d'oestrogène qu'on met dans le vagin. Et du coup, tout à l'heure, je parlais de l'huile de bourrage. Mais l'huile de bourrage, elle est bien parce qu'il y a de l'oestrogène aussi dedans. Naturelle, mais elle est dedans. Donc, il y a aussi ce truc de retravailler l'élasticité du vagin pour pallier au fait que le taux d'oestrogène diminue.
- Speaker #1
De toute façon, il faut... dans tous les cas, que les médecins soient formés et qu'ils aient à leur disposition ce panel parce qu'on veut pas tous la même chose, on a pas tous les mêmes besoins et pas tous les mêmes envies. Et du coup, voilà. Si c'est l'huile de bourrage, c'est l'huile de bourrage, c'est super. Dans les autres traitements qui existent, il y a les crèmes sans hormones, donc souvent à l'acide hyaluronique, qui est une action hydratante et cicatrisante. Il y a d'autres choses sur lesquelles je ne me suis pas trop renseignée, mais qui sont revenues. On nous a parlé d'injection d'acide hyaluronique, mais globalement... totalement douloureux et pas très efficace pour Natacha qui avait eu accès.
- Speaker #0
Et après elle disait qu'elle c'était aussi des suites de traitements, en gros elle disait qu'elle avait comme des électrochocs au niveau vaginal et du vestibule et du coup c'était pas tant pour aider pendant les rapports sexuels mais plutôt pour la soulager puisque c'était des douleurs qui étaient quotidiennes mais ça n'a pas marché et ça a été extrêmement douloureux.
- Speaker #1
Et j'ai entendu... entendu parler dans la bande dessinée des L'Istier Beau de laser vaginal.
- Speaker #0
Ok. Ça me fait mal dit comme ça, mais ça se trouve c'est bien.
- Speaker #1
Ça sonne pas bien. Je me suis pas renseignée.
- Speaker #0
Après on vous donne des pistes, vous faites votre taf aussi.
- Speaker #1
Mais ce qui m'a passionnée là où j'ai mis le temps que j'ai pas mis ailleurs, c'est sur... sur les Américaines qui se refilent sous le manteau de la testostérose.
- Speaker #0
Alors, dis-nous en plus.
- Speaker #1
Mais ça, ça me passionne. Vas-y. En fait, c'est de l'automédication. Et pareil, c'est hyper polémique. En fait, j'en sais rien et je vous donne juste les informations. c'est un article du Monde qui relate ça que les américaines notamment les femmes en pré-ménopause, péri-ménopause, ménopause prennent de la testostérone se font prescrire ça ou en achètent sur internet parce que ce n'est pas du tout une indication où la FDA, la Food and Drug Administration la haute autorité de la santé américaine met le tampon dessus, c'est complètement sous le manteau et elles elles font ça pour retrouver de la limite. vidéo pour chasser le brouillard mental, pour avoir plus d'énergie et moins de douleur.
- Speaker #2
C'est fou.
- Speaker #1
Et celles qui en font la pub, notamment sur YouTube ou TikTok, des choses comme ça, disent que c'est génial, que c'est révolutionnaire et tout. Et il y a eu un...
- Speaker #0
Boom ! Mais vraiment une explosion des prescriptions. Alors après, dans l'article, ils disent aussi que souvent, il y a 50% d'abandon du traitement pendant la première année. Parce qu'il faut savoir qu'en fait, prendre de la testostérone, déjà, ce n'est pas réglementé. Donc les doses, les gens les prennent un peu au petit peu de la chance. Mais en soi, les personnes qui prennent de la testostérone, normalement, c'est plutôt pour... Pour cause de dysphorie de genre.
- Speaker #1
Pour faire des transitions de genre.
- Speaker #0
Des solutions de réaffirmation de genre.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Et donc, tu as de la perte de cheveux, de la pousse de poils, la voix plus grave, ça peut créer des boutons, de l'acné, etc.
- Speaker #1
Une réorganisation musculaire aussi.
- Speaker #0
Et du coup, forcément, il y a des personnes qui disent que le bénéfice-risque n'est plus le bon. Et il y en a d'autres qui disent que ça m'a sauvé la vie, etc.
- Speaker #1
Et il me semble que Tu me dis si je me trompe, mais il y a plein de médecins qui refusent de se pencher là-dessus, justement parce qu'ils ne veulent pas que les femmes deviennent poilues et musclées.
- Speaker #0
Non mais oui, il y a vraiment un truc où je trouve ça fascinant, parce que je ne sais pas trop me positionner, parce qu'à la fois c'est un peu dans la vibe de All Body Yourself, et à la fois il y a énormément de projections. De se dire, je prends de la testo, du coup... Des fois, il y a presque un effet... On peut se demander s'il n'y a pas un effet placebo, parce que ça se saurait si les mecs trans n'étaient pas déprimés. Évidemment, c'est reconnu qu'il y a des effets sur la libido, etc. Oui, oui. Mais que ce soit un peu la formule magique. Ensuite, c'est un peu passé sous le tapis, qu'il y a beaucoup de gens qui s'arrêtent. Et l'analyse qui était faite d'une des meufs qui tient une clinique spécialisée dans la ménopause, qui disait... arrêter de prendre de la testostérone alors qu'on n'a pas d'études cliniques qui sont faites dessus, alors qu'on a des tonnes d'études cliniques sur les oestrogènes, qui sont ces fameuses traitements en eau de substitution qui sont un peu en désamour à cause des catastrophes sanitaires du passé. Et à la fois, ça y est, en 2025, la FDA s'est penchée dessus en voyant que tout le monde en prenait. Ça y est, ils lancent des essais cliniques. À surveiller. À surveiller de près. Parce que tous les coups, dans deux mois, ils vont nous dire « Oui, on a abandonné » . Mais donc, trop bien qu'ils lancent des cliniques dessus. Mais ça aura mis du temps. Et en même temps, dans le même temps, faites plutôt pas ça chez vous. Enfin, globalement.
- Speaker #1
Mais après, moi, j'ai entendu dire que la testo, c'était super pour diminuer les douleurs de règles, par exemple. Et du coup, je pense qu'il y a plein de choses qui peuvent être... En fait, je pense qu'il y a plein de choses qui se font déjà avec la testo. Mais oui, maintenant, l'idée, c'est de les tester. Voir si c'est vraiment... si c'est bien pour la santé sur le long terme. Mais en fait, déjà là, si c'est une option, moi, j'aurais tendance à dire, c'est optique de réduction de risque. Tu sais qu'il peut y avoir des risques, tu préfères le faire, go ma poule. Vas-y, quoi.
- Speaker #0
Et de toute façon, la FDA ne se serait jamais penchée dessus s'il n'y avait pas des milliers et des mille meufs qui avaient fait ça dans leur coin. Donc en fait, dans tous les cas, badass. Oui, oui,
- Speaker #1
carrément, carrément. Mais ouais.
- Speaker #0
Voilà. pour ce gros melting pot de solutions.
- Speaker #1
Ah, tu veux ? Est-ce qu'on peut parler de la solution de...
- Speaker #0
Non, non, mais vas-y parce que j'en ai terminé.
- Speaker #1
Mais en plus, ça va te parler. Je voulais parler du pink Viagra. De la pilule rose. Un peu en intro, on disait qu'une de mes idées reçues, en tout cas, c'est que j'avais vachement entendu parler. c'est qu'il y avait une baisse de libido, une baisse d'envie sexuelle, de désir sexuel, quand on arrive à la périménopause-ménopause. Et en lisant le patriarcat des objets, j'ai vu que pour pallier à ça, la baisse de libido, surtout des personnes périménoposées et ménoposées, ils voulaient inventer une pilule rose pour faire comme la pilule bleue, c'est-à-dire le Viagra pour les mecs. Sauf qu'en fait, le Viagra, déjà pour les mecs, juste pour information, en fait, ça sert, c'était à la base un médicament cardiaque. Et du coup, le but, c'est faire en sorte que la circulation soit meilleure, la circulation du sang. Et du coup, le Viagra, ça gorge le pénis de sang et ça crée des érections.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas un aphrodisiaque.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas un aphrodisiaque. Bref, la pilule rose, du coup, ils ont voulu créer ça. Sauf qu'en fait, du Viagra pour les meufs, ça va juste faire gonfler le clitoris. Alors, ce serait super, peut-être, parce que c'est dans le clutoris qu'il y a toutes les terminaisons nerveuses du plaisir. Donc, en fait, peut-être que ça aurait été intéressant. Sauf qu'ils se sont dit non, non, parce que ce n'est pas visible. Donc du coup, si c'est pas visible, ça va pas marcher. Donc en fait, on va trouver une pilule rose. Et ce qu'ils ont trouvé, c'est des antidépresseurs. Et que les antidépresseurs, du coup, en fait, ils étaient donnés à des femmes en disant c'est du Viagra, c'est pour aider votre libido, c'est pour baisser votre frigidité, c'est pour faire plaisir à votre mari.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire. Parce qu'en fait, le Prémarin, et pareil, dans la BD, elle montre, et je suis allée voir après les publicités à l'époque pour ce truc-là, c'est des photos de mecs En mode, il va mieux car sa femme prend Prémarin. Et d'ailleurs, à chaque fois, c'est une pub d'un symptôme différent. Elle est plus d'accord pour faire l'amour, elle fait moins la gueule, elle est moins déprimée. Enfin, voilà. Et c'était vendu pour le plaisir des mecs, en fait.
- Speaker #1
Mais ouais, C'est ça, c'est qu'en fait, le problème de la libido et de la frigidité, entre guillemets, parce que la frigidité, c'est vraiment un concept qui est inventé et qui est hyper misogyne et sexiste. Mais le principe de ça, c'est juste le patriarcat. Si on peut quand même se dire, c'est la charge mentale, le boulot, le métro, le dodo. Et en fait, ça arrive à tous les moments de la vie, pas que pendant la périménopause et la ménopause. Et si tu prends des antidépresseurs, forcément, si à un moment donné, tu as des hormones de bonheur et que tu te prends moins la tête sur tout ce que tu as à gérer au quotidien, peut-être que tu as plus envie de canne. Mais bon, voilà.
- Speaker #0
C'est aussi un peu un angle mort de la pré-périménopause, que En fait, tous les symptômes qui sont dits, qui sont réels et légitimes, de brouillard mental, de fatigue, d'un peu d'idées noires, d'anxiété et tout, c'est aussi... En fait, c'est que ça arrive à un moment de la vie où potentiellement, il se passe plein de trucs. Dans ta vie, potentiellement, tes gosses, ils sont adolescents. Ça, c'est... Apparemment, c'est terrible, la crise d'adolescence de ces propres enfants. Enfin, moi, apparemment, ma mère, elle dit que c'était horrible, mais... Voilà, potentiellement, t'as un boulot, c'est un moment de ta carrière où... tu vois, t'en as plus que d'autres ou t'as plus de responsabilités en fait il y a tout un tas de choses tu divorces c'est aussi des...
- Speaker #1
c'est vraiment tout le bien qu'on vous souhaite reprenez votre liberté non mais voilà mais oui oui oui c'est clair et puis t'ajoutes à ça les symptômes de la périménopause et de la ménopause le brouillard mental il y a aussi une impression chez les personnes en périménopause ou en ménopause de baisser en niveau intellectuel ce qui n'est pas le cas mais il y a en tout cas ce brouillard mental et cette fatigue intellectuelle qui arrive pendant ces années là et du coup le tout mien ensemble, tu m'étonnes que c'est pas ta priorité de niquer quoi.
- Speaker #0
Ouais. Et j'ai quand même l'impression que nos deux interviewées, l'une comme l'autre, elles ont un peu été soumises à un manque de connaissances de leur part, mais qui n'est pas leur faute, un manque d'informations, on va dire, et même un manque de connaissances du monde médical, et elles ont toutes les deux, elles rapportent toutes les deux une longue errance, enfin, elles parlent pas, aucune des deux ne parle d'errance médicale, mais quand même, elles se sentent pas toujours comprises Euh... et
- Speaker #2
Joséphine se définit elle-même comme une patiente docile je suis une patiente docile et j'ai tendance à pas ruer dans les brancards et à me dire t'auras le droit de ruer dans les brancards quand t'auras bien fait tout ce qu'ils t'ont dit comme il faut et voilà puis en fait un an plus tard j'ai oublié mais
- Speaker #1
en vrai dans un monde idéal tu vas dans un cabinet de soignants ou de soignantes les gens ils te posent des questions ils te demandent si t'as compris il demande si tu veux poser enfin voilà Si toi, tu as des questions aussi à leur poser, s'il n'y a pas l'espace pour faire ça, ce n'est même pas une question de docilité.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Ce serait vraiment bien qu'on ne soit pas obligés de mettre notre cape militante et combative pour les rendez-vous médicaux. Oui, c'est vrai, tu as raison. Et d'ailleurs, je me rappelle très bien la première fois que cette obstétricienne m'a demandé comment ça se passait pour moi, la sexualité, est-ce que ça allait, est-ce que j'avais mal, est-ce que machin, est-ce que j'avais d'autres questions, ça m'a fait vraiment plaisir. plaisir. Je l'ai remarqué, j'en ai parlé à mon amour en rentrant à la maison, etc. Et la deuxième fois, ça m'a émue, en fait. J'étais vraiment touchée. Je me suis dit « Oh, waouh ! »
- Speaker #0
On est vraiment dans une relation toxique avec les médecins, parce que c'est les mordres miettes qu'ils nous donnent.
- Speaker #1
En fait, c'est toi-même qui as trouvé la mucus atrophiée. C'est toi-même qui te dis « Merde, j'aurais dû lire la notice. » Mais en fait, tu vas voir soignant, soignante sur soignant, soignante. Et à chaque fois, tu te retrouves à devoir toi-même faire des recherches. Souvent pas écouter t'es pas entendue et ensuite tu te reproches de ne pas avoir fait les choses comme tu aurais pu les faire. Et du coup, il y a un truc de... Enfin, je trouve que c'est assez injuste en fait dans la manière dont toi, tu essayes de t'engager là-dedans. Tu m'étonnes que tu dois faire des pauses de temps en temps. C'est puissant aussi de trouver ses propres solutions, quoi.
- Speaker #2
Oui, c'est vrai. Je suis d'accord et c'est tellement... Enfin, c'est acquis pour moi que ça va se passer comme ça. Donc en effet, je ne me rends même pas compte. Oui, je me flagelle, je me dis que c'est ma faute, que je n'ai pas fait ce qu'il fallait, que, ah merde, il y avait cette solution, je ne l'ai pas trouvée toute seule. Enfin, voilà. Mais je pense que c'est acquis que, de toute façon... Quand t'es une femme, enfin moi j'ai des tas d'histoires de gynéco super désagréables, maintenant j'essaie d'aller voir plutôt que des femmes parce que des fois avec les mecs c'était franchement horrible. Et donc c'est un peu, je sais que la médecine elle est sexiste et que... à douleur égale, on envoie les mecs aux urgences et on soigne les hommes et on calme les femmes. J'ai lu ça il n'y a pas longtemps. Ça me parle, mais complètement. Donc en effet, c'est intégré. Et je me traite... moi-même peut-être pas très bien. Enfin, j'ai intégré cette espèce de sexisme, je suppose. Voilà.
- Speaker #1
On soigne les hommes et on calme les femmes. Franchement, cette phrase, moi, elle m'a vachement fait percuter plein de trucs. Et effectivement, elle en parle super bien. C'est qu'en fait, il y a plein d'informations qui lui étaient pas accessibles, qu'elle n'a jamais su, qui ont fait aussi que tu t'en remets uniquement à ce que disent les médecins. À un moment donné... tu te dis bien c'est pas ça que j'ai puisque ça continue et en fait c'est parce qu'elle a cherché c'est parce qu'elle a fini par trouver mais c'est quand même fou qu'on soit privé de ces informations là comme si c'était une période de la vie dont il fallait pas parler comme si ça y est, tu rentres en périménopause et en ménopause. Maintenant, on ne parle plus de toi. Parce qu'en même temps, on s'intéresse uniquement à la médecine reproductive. Donc, en fait, tu n'es plus là-dedans. Donc, en fait, on s'en fiche.
- Speaker #0
Il y a une citation que j'aime bien, que j'ai trouvée dans l'article du Monde qui parle de la testostérone, de Marcel Haël, qui dit « Nos médecins n'ont pas été formés sur ces questions parce que les recherches nécessaires n'ont pas été faites. Nos mères n'ont jamais reçu d'informations, nous non plus. On entre toutes dans la périménopause. avec un bandeau sur les yeux. C'est comme une fille de 12 ans qui entrerait dans la puberté sans aucune information. Ce serait horrible. Et en fait, globalement, c'est un peu ça. Même en dehors de nos deux interviewées, les témoignages que je reçois, c'est pas d'info, en fait. Et il y a celles qui disent « Moi, je l'ai très bien... » « J'avais pas d'info, mais je l'ai très bien vécu. » Et il y a celles qui disent « J'avais pas d'info, mais je l'ai mal vécu. » du... vraiment me renseigner par moi-même. Et donc, Joséphine, ce qu'elle nous raconte, peut-être qu'on l'a mis dans un extrait, c'est qu'elle dit, j'ai ça. On lui dit non. Finalement, oui, c'est bien ce qu'elle avait. Et ce jour-là, le jour où on l'a rencontrée, elle revenait de la pharmacie avec une crème qu'on lui avait conseillée. Et c'était encore pas la bonne. C'était encore une crème qui était hydratante et non réparatrice, ce qu'elle avait demandé. Et en fait, elle parlait quand même aussi de désert médical, parce qu'elle disait, mais moi je suis dans une zone où il n'y a pas beaucoup de médecins. C'est-à-dire qu'en fait, quand j'arrive enfin à avoir un créneau, au bout de six mois, on m'a dit que c'était un créneau d'urgence. Et du coup, si j'ai encore une question, on dit « Ah non madame, ça c'était un créneau d'urgence, il faudrait reprendre rendez-vous pour un... »
- Speaker #1
C'est sans fin, c'est le chat qui se met en la queue. C'est vraiment... C'est le chat ou c'est le chien ?
- Speaker #0
C'est l'œuf et la poule.
- Speaker #1
Ah ouais, d'accord. Très bien. C'est le serpent. Bon, très bien. Mais oui, oui, c'est rageant. Toi, tu parles de... Tu avais dit un truc qui m'avait intéressée sur la calinothérapie. J'aime bien quand tu dis ça.
- Speaker #0
Aïe, maman, si tu m'écoutes.
- Speaker #1
Mais t'es pas obligée de parler de ta mère.
- Speaker #0
Je vous disais à Joséphine que moi, je venais d'une famille de médecins et que ma mère me disait toujours que c'était C'était un biais médical de toujours chercher les choses graves. Une fois qu'on avait écarté les choses graves, elle disait, après, je considère que ce n'est plus de mon sort. Elle me dit, je ne fais pas de la calinothérapie.
- Speaker #1
La violence, quand même.
- Speaker #0
La violence, mais en même temps, et on en reparlera tellement dans l'épisode... Oui, le prochain, ça va être super. Sur la prise en charge qui sera vraiment dédiée à la relation patient et la prise en charge médicale. Ma mère n'est pas qu'un monstre. Je t'aime. Elle a ce biais de beaucoup de médecins. C'est un espèce de tri qu'on leur enseigne à faire. Ok, ça te gratte un peu là, mais ce n'est pas ton cœur.
- Speaker #1
Mais du coup, c'est aussi grâce à ce que dit ta mère qu'on arrive à mettre le doigt sur quelque chose qui pose problème. Parce que finalement, les patients, patientes ont envie d'être rassurés, ont envie d'être entendus. Mais finalement, par exemple, ta mère en tant que médecin, elle est là pour écarter les plus gros risques. Et ensuite, elle passe à autre chose, parce que c'est pas de l'urgence, et c'est pas ce qui est le plus important, quoi. et du coup on est sur cette faille entre le lien entre patient soigné mais oui on en parlera à l'épisode et ça peut faire un très bon lien parce que
- Speaker #0
Natacha par exemple qui ne trouvait pas de Natacha qui avant même son cancer se plaignait de dyspareunie se rendait bien compte que ça n'intéressait pas beaucoup les médecins elle s'est tournée vers une sexologue et on écoute tout de suite avant cette histoire de cancer j'étais allée voir une sexologue Merci.
- Speaker #3
Du coup, ça fait qu'avec mon compagnon, on a une vie sexuelle qui n'est pas très remplie. On va dire ça comme ça. Puis elle avait dit, c'est bête, il faut vraiment faire quelque chose parce qu'il n'est pas à l'abri d'un cancer de la prostate et d'avoir des difficultés après pour bander.
- Speaker #1
Non, mais c'est fou ça quand même. Parce qu'on rappelle le contexte. Elle va l'avoir parce qu'elle a déjà des dyspareunies. mais elle n'a pas encore son cancer et elle n'est pas encore ménopausée. Et donc le premier truc qu'elle lui dit quand elle lui... Enfin que la sexo lui dit quand elle lui raconte qu'elle a disparu unis, c'est d'abord qu'elle pense au cancer potentiel de son partenaire et qu'il ne faudrait pas le priver de pénétration avant qu'il ait des problèmes d'érection. C'est dingue !
- Speaker #0
Joséphine nous rapporte qu'elle va chez une médecin qui est ostéopathe, non pardon, une médecin qui est... comment ça s'appelle ? Homéopathe. Homéopathe, parce que les consultations sont plus longues, qu'elle pense qu'elle aura plus d'écoute, et en fait elle se fait complètement balayer sa liste de symptômes. La médecin lui dit non, non, impossible, vous êtes ménopausée depuis 5 ans, ça peut pas être en rapport avec la ménopause. Et quand on lui dit mais alors du coup, qu'est-ce que quoi ? Elle m'a dit que c'était à cause du vaccin, que j'avais été vaccinée contre le Covid et que du coup c'est... En fait, il n'y a pas eu plus d'écoute dans un cabinet de médecine plus douce, on va dire. Là, la sexologue, pareil, médecine plus douce, entre guillemets. Ce n'est pas de la médecine, mais on s'entend. Pas d'écoute non plus.
- Speaker #1
Ce que je trouve ouf dans cet entretien avec la sexologue, c'est que finalement, c'est elle qui a un cancer. C'est Natacha qui finit par avoir un cancer.
- Speaker #0
et qu'elle avait jamais pris ça en compte que ça allait empirer ses disparus mais oui rien qui va dans cette histoire et pareil même si on sort du contexte médical donc Elise Thiebaud j'ai beaucoup aimé sa bande dessinée mais après j'ai un peu regardé elle elle est dans une mouvance hyper orientaliste elle sait vraiment beaucoup elle est allée du côté de la médecine chinoise elle fait beaucoup de tai chi etc Moi, perso, c'est pas ma tasse de thé, mais pourquoi pas ? Mais c'est quand même elle, un, qui a dû aller trouver ses solutions par elle-même et qu'elle paye sûrement de sa poche des stages de Tai Chi.
- Speaker #1
J'en sais rien. Encore une fois, ça démontre aussi une égalité économique dans la prise en charge de cette vouleur, ça c'est clair.
- Speaker #0
Et qu'il y a un marché. Parce qu'en fait, il y a vraiment des tas de gens qui se battent. En fait, tout le monde se bat pour avoir son petit bout de marché, de... de part de marché sur le marché de la ménopause dire non non mais en fait il faut vendre de l'huile de bourrache non mais il faut vendre des traitements mais non pas du tout il faut vraiment se reconnecter à son corps en faisant du tai chi et déjà je comprends que c'est complètement paniquant et ce que décrit très bien Joséphine de se dire mais est-ce que je fais ce qu'il faut donc qu'est-ce qu'on veut en fait qu'est-ce qu'on veut j'ai quand même l'impression qu'on veut des choses des connaissances
- Speaker #1
De la recherche ?
- Speaker #0
De la recherche sur des gens ménopausés ?
- Speaker #1
Bah ouais.
- Speaker #0
Des cliniques spécialisées ? Ah ouais. Ça existe, j'ai regardé. Il y a au CHU de Bordeaux, il y a un service, un centre de mélaménopause.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ça existe à Nantes aussi. Ça n'existe pas à La Rochelle, ça n'existe pas à New York. À La Rochelle, tu vas vraiment plus avoir des trucs de type maison de la femme. avec des ostéos, alors qu'au CHU, l'hôpital public, j'ai regardé à Nantes comme à Bordeaux, t'as vraiment une unité, donc c'est une consultation, je sais plus comment ça s'appelle, genre diagnostic, ils disent on se substitue pas aux médecins traitants, aux traitements en cours, etc. C'est une consultation, parce qu'ils sont vraiment spécialisés là-dedans et ils vont poser plein de questions pour voir. S'il y a des choses, s'ils peuvent proposer des solutions, leur expliquer les bénéfices-risques, etc.
- Speaker #1
C'est trop bien parce que du coup, à l'inverse d'aller voir un soignant pour un truc en particulier, là du coup, il balaye tout ce qui pourrait arriver à être en lien avec la ménopause. Et du coup, je trouve que c'est vachement plus intéressant de se dire ok, en fait ça, ça peut avoir un impact sur ça, et puis les deux cumulés, ça peut faire ça, et voilà. Plutôt que de multiplier les rendez-vous avec les soignants pour plein de raisons différentes qui pourraient être reliées. Pour une même cause, en fait. Nous, au planning familial des deux sèvres, on fait des groupes de paroles entre personnes ménopausées, périménopausées et ménopausées. Mais alors là, il n'y a pas de soignants-soignantes, mais au moins, il y a des personnes qui échangent sur leurs expériences et qui peuvent parler de ce qu'elles vivent, même si ce n'est pas forcément la même chose. Justement, il y a une diversité dans les expériences vécues.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, quand on a demandé, je crois, à Joséphine, quelles ont été tes solutions préférées ? Donc, de toutes les crèmes, de toutes les choses qu'elle a essayées, elle a dit, en fait, ce qui m'a le plus aidée, c'était d'écouter des podcasts, de lire des livres.
- Speaker #1
Natacha.
- Speaker #0
C'est Natacha. Oui, c'est Natacha. C'est Natacha. D'écouter des podcasts, de lire des livres, de parler avec d'autres personnes concernées. En fait, c'est vraiment ça qui lui a amené, comme elle ne trouvait pas de relief. Soulagement. De soulagement.
- Speaker #1
Tu m'appelles.
- Speaker #0
Comme elle ne trouvait pas de soulagement dans les solutions médicales qui étaient proposées, ou parce qu'elle n'y avait pas accès pour les raisons qu'on a expliquées avant de par son cancer. elle c'est vraiment ça qui lui a fait du bien donc en fait les cafés ménopause les groupes de paroles ménopause c'est hyper important aussi en fait d'autant qu'elles nous disent aussi qu'elles en parlent avec des copines et que c'est horrible parce qu'elles se rendent compte que leurs copines elles elles se plaignent de rien elles écoutent mais en fait elles embrayent pas sur la discussion après parce qu'elles ont pas de problème elles sont pas concernées ou parce qu'elles ont de la pudeur peu importe mais en tout cas elles sont pas dans cette démarche de vouloir en parler Donc, elles finissent avec encore plus de solitude face à leurs symptômes et encore plus de comparaison aux autres. Donc, voilà, renseignez-vous auprès du planning familial de votre département. Voilà. Ou allez voir Mathilde Agnor.
- Speaker #1
Ce n'est pas moi qui l'aimais, Agnor.
- Speaker #0
Faites coucou. Oui, bonjour. Il y a toujours des biscuits dans son bureau. C'est vrai. Et je pense qu'une des choses qui rejoint ça, c'est la représentation. Avant de finir, j'aimerais bien qu'on écoute deux témoignages. Celui de Natacha et celui de Joséphine. J'ai l'impression qu'elle manque de représentation. Et tu vas voir, ce qu'elle dit, c'est complètement opposé en plus. On écoute Natacha sur ce qui est tabou.
- Speaker #3
Il y a aussi une parole qui dit « mais moi, j'ai une super vie sexuelle » . J'ai 60 ans, j'ai 70 ans, j'ai 80 ans. Mais ce n'est pas non plus que ça. Ce qui est tabou, c'est le fait de dire que je n'ai pas vraiment de sexualité depuis un moment. Ça veut dire quoi ? Tu ne prends pas de plaisir ? Si, j'en prends quand même vachement dans la vie par ailleurs. Une fois de plus, c'est génial quand tout est au rendez-vous. Je trouve ça super, il n'y a pas de souci. Mais à un moment, il y a peut-être un truc de réinvention qui peut... Et je trouve ça chouette de pouvoir se réinventer au fil de la vie aussi. Tu vois, voilà, tout simplement.
- Speaker #0
En fait, elle dit... Il faudra peut-être dire que ce qui est tabou, c'est la sexualité des vieux. Ce n'est pas ça qui est tabou. Elle, elle dit... Moi, quand je dis aux gens, je n'ai pas de relation sexuelle depuis un certain temps, c'est là qu'il y a un peu un silence gênant. On dit, ah bon, tu ne fais pas, tu es frigide. Et voilà. Et donc, en ça, elle se sent hyper seule.
- Speaker #1
Et ce que j'ai trouvé hyper intéressant aussi dans ce qu'elle dit, c'est qu'elle, elle y voit peut-être une différence générationnelle aussi sur certains sujets. Elle explique que sa génération, elle, elle la ressent comme une génération de l'exploit sexuel. de performance sexuelle là où en fait elles projettent que les plus jeunes générations soient plus, on en a marre de la pénétration on en a marre on assume plus de ne pas avoir de relation sexuelle on n'est pas obligé d'avoir des rapports sexuels hyper fréquents c'est pas ce qui nous définit Et en fait, elle se dit que c'est un peu dommage pour elle que finalement, elle se retrouve dans la génération de la performance parce que du coup, elle, ça la met de côté et ça empêche de pouvoir créer du dialogue avec d'autres personnes.
- Speaker #0
Et pour autant, ce n'est pas ce qui l'épanouit. Non,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Et à l'inverse, on écoute Joséphine. Sur ce qu'elle vit.
- Speaker #2
Oui, c'est ça, t'as fait tes gosses, là, maintenant, t'as 61 ans. J'ai 61 ans, voilà. Donc, oui, oui, c'est ça.
- Speaker #0
La société pourrait te dire, bon, t'as peut-être fait autre chose. Oui, on passe à autre chose, voilà,
- Speaker #1
c'est fini. maintenant, tu sais.
- Speaker #2
J'ai un peu cette impression-là que c'est accessoire, en fait. Et que si je veux continuer à avoir du plaisir, j'ai qu'à me démerder. C'est OK, on va pas venir me... C'est pas interdit non plus, mais en même temps, bon, ça va, ouais, faut que je me débrouille un peu. Et j'ai quelques amis de mon âge, enfin, je pense à une en particulier, qui, oui, clairement, elle, elle a renoncé. Enfin, tu vois... Voilà, je pense qu'elle était dans une sexualité, oui, pénis-vagin, voilà, et que ça lui fait mal, et qu'elle a essayé what-mille trucs, et qu'elle s'est dit, bon, ça va bien, ça me manque pas, hop, j'arrête.
- Speaker #1
Bah là, c'est complètement l'inverse. C'est que, du coup, elle... elle part du principe qu'à partir d'un certain âge en tout cas la société ne projette pas que t'es une sexualité et qu'on l'abandonne et qu'on l'abandonne,
- Speaker #0
qu'on l'aide pas à trouver des solutions que personne l'aide à continuer la pénétration que à la fois les gens les copines à qui elles parlent disent bon non moi c'est bon ça m'intéresse plus, ça me fait trop mal que les médecins c'est pas tant leur problème et aussi dans le cadre d'un corps vieillissant on s'intéresse à autre chose on va plutôt, comme je disais juste avant, regarder ta densité osseuse si t'arrives pas à faire de la pénétration oui bon la fonte de ta masse musculaire voilà donc en fait des solutions adaptées à ce que la personne demande Oui.
- Speaker #1
Et surtout une prise en compte. Parce que c'est un peu ça ce qui se dit pendant tout le témoignage de ces deux personnes-là. C'est qu'en fait, le parcours est long. Le parcours est généralement chaotique, beaucoup de recherches personnelles, beaucoup de sentiments d'impuissance. Et puis, à un moment donné, on fait des pauses parce qu'on n'en peut plus. Globalement, ça, les deux, elles ont fait des pauses. On reprend des solutions. On arrête de chercher. On reprend. Globalement, c'est quand même un peu ce qui est commun dans leur parcours.
- Speaker #0
Oui, on ne peut même pas dire qu'elles sont arrivées. Parce que des fois, on parle d'errance médicale. On dit, en moyenne, six ans d'errance médicale. Mais en fait, elles sont presque encore dedans. Elles sont encore dedans.
- Speaker #1
Elles n'ont pas de solution.
- Speaker #0
Elles n'ont pas de solution. elles n'ont pas vraiment... Mais après, elle parle aussi de choses très belles, de cheminement, de... Natacha, elle dit, voilà, là, j'en suis là, actuellement, dans la vie. Je crois qu'elle n'a pas de partenaire en ce moment. Et elle dit... En tout cas, elle n'en parle pas. En fait, elle n'en parle pas. Elle disait, mais... De toute façon, j'ai pas envie. Mais peut-être que ça reviendra. C'est pas impossible. Et donc, j'aime bien que la porte soit ouverte.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Pour toutes les deux.
- Speaker #1
Bah oui, c'est clair.
- Speaker #0
Voilà. En tout cas, c'était trop bien de parler. Enfin, moi, j'étais trop émue de...
- Speaker #1
De recueillir les témoignages. C'est vrai que c'était hyper intéressant. Et en fait, finalement, on s'est dit toutes les deux qu'on n'était pas des personnes concernées, mais on va l'être à un moment donné dans nos vies. Et c'est vrai que de se questionner là-dessus, maintenant, ça permet aussi de se rendre compte qu'effectivement, autant maintenant, la puberté, on te l'explique, autant il y a des livres. Depuis la loi 2001, on est obligés d'avoir trois séances d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle par an. et par niveau pendant toute la scolarité sachez-le ils ne sont pas réalisés mais en tout cas la périménopause et la ménopause on peut se le foutre où je pense et du coup c'était hyper intéressant de se rendre compte que cette errance médicale arrive à n'importe quel moment de la vie elle arrive aussi à des endroits où on ne s'intéresse plus à toi dans ta sexualité ou alors on attend que juste tu te gères toute seule et que maintenant c'est bon lâche les chauds mais je ne sais pas si c'est ça qu'on dit C'est chiant.
- Speaker #0
Ah non, lâcher les chiens, c'est...
- Speaker #1
Lâche les reines.
- Speaker #0
Lâche la rampe.
- Speaker #1
Lâche la rampe.
- Speaker #0
Bon, voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Mais du coup, je trouve ça... C'était hyper intéressant, égoïstement pour nous, de parler de ça.
- Speaker #0
En fait, moi, je suis hyper reconnaissante déjà à toutes les deux de nous avoir partagé leurs témoignages parce qu'elles le disaient toutes les deux que... Ça n'allait pas forcément être agréable pour elles de le faire, mais c'était vraiment... Elles avaient très envie de le faire pour aider d'autres gens. Donc vraiment, un grand merci.
- Speaker #1
Et puis, en fait, ce qui est trop bien, c'est aussi là, on a une transmission générationnelle aussi. on a des personnes qui nous expliquent leur parcours de vie et qui sont hyper inspirantes ou en tout cas c'est hyper généreux de leur part donc ça c'est trop bien que ça ait été possible merci beaucoup c'est tout bah oui je crois que c'est tout on peut se dire qu'on a fait le tour de ce qu'on voulait vous dire le sujet est pas terminé en fait voilà nous on est quand même arrivé je pense que c'est l'épisode où on a le plus découvert en faisant donc on a appris plein de choses mais évidemment c'est un sujet immense en fait rien que la ménopause,
- Speaker #0
enfin nous notre sujet c'est la ménopause et la disparonie mais du coup si vous voulez partager avec nous des témoignages, des choses des anecdotes,
- Speaker #1
n'hésitez pas et puis si vous avez pas de gros de paroles autour de vous montez-en, c'est trop cool aussi franchement et nous on s'arrête sur ça, on vous laisse faire des recherches si ça vous intéresse, partagez vos recherches aussi si vous en avez et puis
- Speaker #0
on vous réserve des surprises ah ouais on a des dingueries est-ce qu'on dit ou pas ? ouais on dit non mais pas ça bah quoi ?
- Speaker #1
bah que tu vas faire un épisode ah oui on va faire un épisode bonus où je vais raconter du coup moi mon parcours avec les disparunis et où j'en suis aujourd'hui et du coup on entendra enfin Massage Femme Incroyable voilà ça va être cool et après on aura un épisode sur l'écoute dans la médecine la relation patient-soigné enfin soignant et ça il va y avoir les oreilles qui sifflent mais on sera entourée de médecins, médecine donc ça ça va être cool voilà bisous, au revoir bye
- Speaker #0
Ce podcast a été créé et imaginé par nous-mêmes, Mathilde Gritten et Lucia Rondoux.
- Speaker #1
Il est produit par le Planning Familial des Deux Sèvres et soutenu par le Fonds pour le Développement de la Vie Associative des Deux Sèvres.
- Speaker #0
Merci à Clara Sauzet pour son aide, à Quentin Maillot pour la prise de son et à Thibaut Lafitte pour le graphisme.
- Speaker #1
J'ai mal,
- Speaker #0
j'ai mal,
- Speaker #1
j'ai mal à la chatte !