- Speaker #0
Bienvenue dans « J'ai pas compris » , le podcast qui parle de trucs qu'on n'a pas vraiment compris, avec des gens qui les ont quand même plus compris que nous, ou que moi. Alors moi, je suis une malouine de la peintière et je n'influence personne, sauf pour venir à mes spectacles d'impro. Mais à ce stade, ce n'est plus de l'influence, c'est de la menace. Bref, aujourd'hui, on va se parler d'influence... engagés parce que oui, on peut avoir des centaines de milliers, voire des millions de followers et essayer de les influencer dans le bon sens. Enfin, pour le bon, ça dépend dans quel sens on se place, j'imagine. Mais pour parler de tout ça, on reçoit une spécialiste, Louise Aubry. Hello Louise.
- Speaker #1
Hello Nolwenn.
- Speaker #0
Alors Louise, pour celles et ceux qui n'ont pas la chance de te suivre, petit topo rapide. Tu as lancé un compte Instagram en 2016, My Better Self, où tu parlais beaucoup d'alimentation saine et de sport. L'inverse donc de mon compte Instagram à moi. Et déjà, à l'époque, tu parlais de concepts qu'on n'entendait pas trop encore en France, le body positivisme et autres méfaits de la culture des régimes. Tu étais donc ce qu'on pourrait appeler une influenceuse fitness. Mais maintenant, en 2026, tu es podcasteuse, autrice, entrepreneuse, journaliste, chroniqueuse pour France Inter, vidéaste, créatrice de contenu, et tu es passée d'influenceuse fitness à influenceuse engagée. Alors, à quel moment ? on distingue l'influenceur ou influenceuse lambda, entre guillemets, à influenceur ou influenceuse engagée ?
- Speaker #1
Écoute, je te répondrais qu'un influenceur engagé, c'est un influenceur qui a un engagement.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et donc, c'est un influenceur qui va, dans son contenu, prendre position, qui va partager, au-delà de son contenu en fait, ses valeurs, et qui du coup... qui du coup va avoir un rapport, je pense, assez différent à l'influenceur lambda. C'est-à-dire que moi, comment ça a évolué en tout cas, c'est qu'au début, je partageais un peu ce qui me faisait envie, sans trop réfléchir. J'étais passionnée de sport, j'étais passionnée de nutrition, etc. Et au fur et à mesure de mes engagements, quand j'ai commencé à m'engager dans le body positive, puis dans le féminisme, en fait, ma plateforme et ma voix n'est pas devenue juste le lieu de partage de mon quotidien. mais est devenu un lieu d'espoir pour faire bouger les lignes. Donc en tout cas, c'est comme ça que je le perçois aujourd'hui. Je me rends compte que j'ai la possibilité de sensibiliser, peut-être d'éduquer. Et j'ai conscience que mon influence, finalement, a un impact. Et j'essaye de faire en sorte que cet impact soit positif.
- Speaker #0
Et donc dans... dans tous les cas, dans tous les influenceurs et influenceuses qui t'entourent, tu dirais qu'à partir de quel moment on pourrait dire quand même de quelqu'un ou de quelqu'une qu'il ou elle est engagé ? À quel moment est-ce que c'est soi-même où on se détermine, enfin voilà, engagé, ou alors c'est notre audience qui constate que dans les postes, on va un petit peu plus être engagé, en effet, sur des sujets de politique ou qui nous tiennent à cœur. À partir de quel moment on se met cette étiquette-là d'être engagé ?
- Speaker #1
Je pense que les étiquettes, c'est plus les autres qui nous la mettent que nous.
- Speaker #0
Oui, on ne voit pas sur ton profil d'influenceuse engagée. Non.
- Speaker #1
Après, ça me va bien. En l'occurrence, il est plutôt amélioratif. Oui. Mais personnellement, moi, je définis les influenceurs étant comme engagés à partir du moment où ils utilisent leur plateforme pour faire bouger une cause.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est tout. Enfin, c'est des personnes qui utilisent leurs réseaux sociaux pour autre chose que partager les vacances qu'ils ont faites ou les derniers achats qu'ils ont réalisés. Ils parlent d'autre chose que d'eux-mêmes, en fait.
- Speaker #0
Oui, parce que c'est une cause qui les dépasse en fait, dont ils font partie souvent. Enfin, toi, tu es une femme, donc c'est vrai que tu es aussi très engagée sur ces sujets-là. Mais à partir de quel moment, par exemple, on voit des jeunes filles souvent qui veulent, par exemple, devenir influenceuses ? Dans quelle mesure est-ce qu'on peut dire, l'influence engagée, c'est aussi un métier ? Et est-ce que c'est un métier ou est-ce que c'est un pan de ce qu'elles vont faire ? C'est-à-dire, est-ce que tu peux être que influenceuse engagée et vraiment n'avoir que ça ? Ou est-ce que c'est forcément lié à autre chose ? Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
En fait, tu peux, à partir du moment où tu as une audience, tu as énormément de possibilités de business model. Donc après, pour moi, ça dépend plus du business model qu'elles choisissent. Mais il faut quand même vivre. Moi, j'ai des amis qui sont influenceuses vraiment engagées, très militantes. Bon, ça va être écrire des livres, réaliser des conférences. Voilà, en fait, c'est monétiser son audience. Le principe reste le même pour tous les influenceurs, qu'ils soient engagés ou non. C'est plus difficile pour ceux qui sont engagés. Parce qu'ils ont une forme d'éthique qui les limite dans les possibilités de collaboration, et dans la volonté d'ailleurs de collaboration. Donc voilà, pour moi c'est oui, les jeunes filles qui veulent faire ça peuvent en vivre. Il faut juste réfléchir à de quelle manière finalement elles ont envie de monétiser leur contenu.
- Speaker #0
Mais comme toi aujourd'hui finalement, c'est-à-dire que t'es, comme je le disais dans l'intro, t'es pas du tout juste, entre guillemets, influenceuse. T'es beaucoup plus que tout ça, et tout ça j'imagine cumulé part de tes revenus. Mais juste la collaboration, on va dire. Si on se limite à être influenceuse, entre guillemets, et engagée, juste les collaborations et trouver des marques avec lesquelles on a envie de collaborer, c'est plus compliqué, j'imagine.
- Speaker #1
C'est plus compliqué. Encore une fois, on peut, si on a une grosse audience, mais c'est plus compliqué. Il y en a qui, du coup, créent leur propre marque. En fait, être influenceuse, ça veut juste dire avoir une communauté. Donc après, c'est qu'est-ce qu'on choisit de... Comment est-ce que cette communauté peut nous aider à avoir des revenus et avoir une carrière pérenne ?
- Speaker #0
Et toi, du coup, dans ta communauté, tu dirais que c'est des gens engagés aussi qui te suivent ? Est-ce que d'ailleurs tu as une visibilité sur ça ? Est-ce que tu peux savoir si les gens qui te suivent sont aussi des gens engagés ou pas ?
- Speaker #1
L'expérience m'a appris que les personnes qui nous suivent nous ressemblent. Donc, en effet, les personnes qui me suivent sont majoritairement engagées. Ce qui est assez logique en soi, parce que du coup, c'est le contenu qu'ils ont venu chercher en s'abonnant à mon compte. Après, on n'a pas vraiment moyen de le savoir de manière scientifique. C'est vraiment à la rencontre, au message reçu, au partage de certains posts. Voilà, moi, je vois qu'en effet, les remerciements que j'ai sont principalement parce que je suis engagée.
- Speaker #0
Oui, tu as un exemple un peu concret, entre guillemets, d'une personne que tu as rencontrée un jour où tu t'es dit « Ah oui, là ! » Il y a eu un impact finalement, ça dépasse le contenu que j'ai fait. Vraiment là, cette personne-là a été touchée, puis ça a changé quelque chose dans sa vie, dans sa manière de voir les choses.
- Speaker #1
J'ai reçu beaucoup de témoignages de femmes victimes de troubles alimentaires qui en partie, grâce à mon contenu, il n'y a jamais un seul facteur, mais ont vraiment réalisé et ont vraiment réussi à en sortir Parce qu'elles ont réalisé qu'elles étaient plus qu'un corps, qu'elles étaient plus qu'une apparence et qu'elles avaient envie d'être les femmes qu'elles admiraient sur les réseaux. Donc ça, c'est vrai que ça me touche énormément parce que c'est des sujets lourds. Il y a des femmes qui sont à l'hôpital. Et de pouvoir peut-être les aider à s'accepter, à s'aimer un peu plus, c'est très fort.
- Speaker #0
Et toi, justement, dans ton contenu qui doit évoluer et qui évolue, puisque la preuve, c'est que c'est plus My Better Self aujourd'hui, ton nom sur Instagram, c'est que tu as aussi voulu changer ça. Comment est-ce que ton engagement, en fait, il change en dix ans ? En plus, c'est énorme. Tous les changements qu'il y a eu de société. D'abord, c'est ma question. J'en ai une autre qui vient après. Mais comment est-ce que ça a évolué, tout ça, ton engagement en dix années ?
- Speaker #1
Quand j'ai commencé, j'avais tout juste 19 ans. Et c'est vrai que je partageais de manière assez naïve. Ça a été un processus finalement, je pense, d'évolution qui a reflété mon évolution personnelle. J'ai appris, je me suis documentée, j'ai consommé des livres, du contenu sur les sujets qui m'intéressaient. Et c'est ça finalement qui m'a permis d'évoluer sur les réseaux, de ne pas... me limiter à ce avec quoi j'avais commencé, parce que parfois on a peur d'être enfermé dans une case. Mais en fait, moi, c'est vrai que généralement, une fois que j'ai fait le tour d'un sujet, par exemple le fitness, ça m'intéressait, mais ce n'était pas toute ma vie. Donc j'ai eu envie de parler d'autres choses. Et donc j'ai commencé à parler de corps, d'apparence. Et donc ensuite, quand tu creuses ça, tu te rends compte qu'il y a toute une question derrière, réellement féministe, sur pourquoi le patriarcat ne nous laisse pas prendre de place aussi bien physiquement que de manière métaphorique. Donc je me laisse vraiment porter par ce qui m'intéresse, ce qui me nourrit, en me disant que j'espère que ma communauté sera aussi sensible à ces sujets qui ont en commun d'être des sujets de société et qui nous amènent à réfléchir. Moi, en tout cas, c'est ce que j'essaye. Et je crois que c'est le point commun avec le début et aujourd'hui quand même. C'est cette volonté, pas forcément de devenir la meilleure version de moi-même, mais la volonté d'aider les gens à réfléchir et à se sentir mieux.
- Speaker #0
Est-ce que ça, pour toi, c'est limite pas une obligation, mais je veux dire un peu un dû quand même, quand on a une grosse communauté, de se dire tiens, je peux créer un impact chez les gens ? Est-ce que pour toi, il faudrait un peu que les influenceurs et influenceuses, qu'une certaine communauté prenne part aussi à des sujets de société hyper actuels ?
- Speaker #1
Je ne me permettrais pas d'être moralisatrice, chacun fait bien ce qu'il veut. En revanche, c'est vrai que personnellement, je préfère suivre des personnes qui utilisent leur influence à bon escient. Parce que c'est quand même un certain nombre de personnes qui nous suivent. Il y a quand même, notamment aujourd'hui, beaucoup de mouvements réactionnaires qui peuvent nous faire reculer plutôt qu'avancer. Donc moi, ça m'intéresse plutôt de suivre des personnes qui veulent avancer. Donc après, si d'autres souhaitent le faire différemment...
- Speaker #0
Justement, c'est un peu ce que je disais dans l'intro, c'est qu'on parle d'influencer les gens dans le bon sens, entre guillemets, et je me disais, est-ce qu'un gros mascu qui fait des contenus hyper toxiques, il va quand même se dire qu'il fait de l'influence engagée ? Dans quelle mesure est-ce que le mot, du coup, il est biaisé ou pas par rapport au sens que tu y mets ?
- Speaker #1
De toute façon, c'est le principe des mots. Chacun y met bien l'interprétation qu'il veut. Moi, je pense que potentiellement, un mascu, on peut dire qu'il a de l'impact, mais juste sans le qualifier. Je ne peux pas vraiment dire qu'il est engagé ou alors... Il faut vraiment préciser derrière pourquoi.
- Speaker #0
Lui, il va peut-être se dire engagé. Lui,
- Speaker #1
il va peut-être se dire ça.
- Speaker #0
Bah oui, tu vois. Tu le demanderas. Bah oui. Oula, je n'en connais pas. Je n'en connais pas. Mais ils sont sûrement en train de faire atterrir un avion quelque part dans le monde en ce moment. Ouais. Et justement, toi, tu dirais qu'aujourd'hui, tes contenus qui sont engagés, ils prennent combien de parts par rapport au reste ? Tu vois ? Est-ce que tu arrives à le quantifier même ? Ou de toute façon...
- Speaker #1
Je ne le quantifie pas consciemment.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Dans les faits, encore une fois, ça dépend de ce qu'on met derrière le mot engagé, mais c'est au moins 65% de mon contenu.
- Speaker #0
Ah oui, ok.
- Speaker #1
C'est vraiment quasiment les deux tiers, si ce n'est les deux tiers. Après, je ne compte même pas dedans mon podcast, que je considère quand même être un peu engagé, mais c'est moins direct, ce n'est pas des contenus forcément que je vais défendre fortement ou directement.
- Speaker #0
Après, on va faire appel à toi aussi pour ça aujourd'hui. Dans tous les cas, parce que aussi, tu marques ton intérêt sur ces sujets-là. Et donc, évidemment, que... Oui, et les gens, comme tu disais,
- Speaker #1
me suivent pour ça. Et donc, si des marques veulent collaborer, c'est généralement vraiment des marques qui viennent parce qu'ils apprécient mon authenticité, ils apprécient mon sérieux, ou le fait que je parle beaucoup de culture et de sujets, en effet, qui touchent la société et essayent de l'améliorer. Donc, c'est pour ça qu'en fait, c'est assez chouette... Pour nous au final de collaborer avec des marques, parce qu'on se dit ok on peut participer à peut-être avoir un impact encore plus puissant avec finalement un autre vecteur et eux peuvent se dire ah bah cool on a des personnes qui sont fidèles à ce qu'on représente ou à nos valeurs et c'est finalement des collaborations qui font sens. En fait c'est ça qui marche.
- Speaker #0
Tu peux nous donner un exemple d'une collaboration que tu as faite là dans l'année dont tu es particulièrement fière avec une marque ?
- Speaker #1
On avait fait une la semaine dernière avec Oxfam, qui est un institut de sondage et de recherche. Et à l'approche des municipales, on a fait une campagne sur qu'est-ce qu'une ville féministe. Et sensibiliser finalement les votants, c'est-à-dire tout le monde, de plus de 18 ans, sur finalement qu'est-ce qu'il faut regarder aussi si jamais on souhaite vivre dans une ville féministe. Donc c'est important de pouvoir avoir conscience de ça aussi.
- Speaker #0
Donc là, c'était plutôt un appel au vote. Est-ce que tu as des exemples aussi, je veux dire, par rapport à des choses plus... par rapport à des produits, par rapport à quelque chose qu'on va acheter à la fin ?
- Speaker #1
Moi, je fais peu de produits, mais en général, je fais beaucoup de services, plein de formes différentes. Après, là, on va en faire une bientôt avec une marque qui s'appelle Grain de Malice, qui s'adresse à toutes les femmes jusqu'aux 58, si je ne dis pas de bêtises, qui est une marque engagée en faveur de la diversité des corps et de la représentation des corps. Et de faire en sorte que des femmes puissent se sentir belles et représentées, quelle que soit sa taille.
- Speaker #0
Et donc toi, la collaboration, ça c'est ce que tu appelles une collaboration engagée pour toi ? Parce que justement, il y a de l'inclusivité dans les différentes tailles de vêtements, tout ça ?
- Speaker #1
Oui, clairement, l'inclusivité c'est un engagement, c'est une cause. Donc moi, apparemment, c'est lié à une cause. Pour moi, c'est une collaboration engagée, oui.
- Speaker #0
Et là, ça va se traduire concrètement par toi qui vas présenter les vêtements et à la fin, il y a un code promo ?
- Speaker #1
En fait, dans ces moments-là, ce pour quoi on est aligné avec la marque, c'est de mettre en valeur le message et les valeurs qu'on a en commun. Donc le produit est très secondaire. Là, ça va être présente à un événement, réaliser une vidéo sur un sujet qui me tient à cœur, moi. Et oui, je peux porter les vêtements, mais en fait, c'est surtout qu'est-ce qui se dit dans cette vidéo et notamment sur l'estime de soi, sur l'inclusivité et sur ce qui nous rassemble.
- Speaker #0
Et donc, oui, tu disais, tu fais peu de produits, toi. Dans tous les cas, c'est plus lié au service. Et ça, c'est donc...
- Speaker #1
C'est plus lié aux valeurs de la marque. Même si c'est une marque qui fait des produits, généralement, si je vais intervenir, c'est... On en a fait une avec Barbie, par exemple. qui se transformait vraiment comment ?
- Speaker #0
Pour la sortie du film ? Non, non,
- Speaker #1
non. Mais ils voulaient mettre en avant aussi ce qu'ils ont pu faire en termes de diversité récemment, dans les changements des Barbies. Et j'ai hosté une soirée où finalement j'ai fait un talk, j'ai échangé avec des ambassadrices, qui sont aujourd'hui des femmes fortes, des femmes puissantes. J'avais pu inviter des amis créatrices de Renu. qui sont elles aussi des créatrices engagées. Donc voilà, en fait, finalement, aujourd'hui, le placement de produit n'existe plus vraiment. Il faut vraiment, je pense, le penser comme quelle histoire on raconte ensemble. Et ça peut être un événement, ça peut être des vidéos, ça peut être un podcast, ça peut être du pré-roll. C'est un peu fini, je pense, juste le placement de produit.
- Speaker #0
Oui, parce que les gens ne font plus forcément confiance. Ça ne fait pas rêver,
- Speaker #1
en fait.
- Speaker #0
Mais j'ai l'impression quand même que ça existe encore beaucoup. Beaucoup, beaucoup, beaucoup. Tu vois, c'est des milieux lourds.
- Speaker #1
Dans les milieux que je suis, c'est vrai qu'on est vachement plus dans le storytelling, qu'on fait beaucoup plus des expériences et des contenus brain content, plus que de mettre en avant pourquoi acheter tel produit.
- Speaker #0
Oui, oui, juste, regardez ce gel douche, il est merveilleux. Et voilà, oui, oui, tu vas le mettre plutôt, l'intégrer dans une histoire. Mais dans tous les cas, toi, c'est pas forcément... ce que tu fais ou en tout cas pas de manière si frontale, mais quand tu fais des partenariats comme ça, du coup ta communauté réagit bien puisque c'est une communauté qui vient chercher ça. Là récemment, il y a eu des frictions un peu avec ta communauté sur des sujets engagés ou pas ?
- Speaker #1
Non, parce qu'en plus je prends vraiment la parole sur les sujets pour lesquels les gens me suivent, c'est-à-dire le droit des femmes. Après, parfois, on me reproche de ne pas prendre la parole sur telle ou telle autre cause. Parce qu'on ne parle pas du principe que quand on est engagé, on doit l'être partout. Ou surtout, les gens, ça j'ai réalisé, parce qu'ils sont eux engagés dans telle et telle cause, et parce qu'ils te suivent, ils attendent que toi, tu le sois dans telle et telle cause aussi.
- Speaker #0
Oui, alors qu'il y a plein de formes de féminisme, il y a plein de formes de...
- Speaker #1
Non, et puis il y a plein d'autres causes. En fait, c'est vrai que moi, je parle moins de la cause animale, par exemple.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Bon, parce qu'en fait, tu ne peux pas te parler de tout. Sinon, tu ne parles de plus rien. mais c'est rare mais comme tu me demandais s'il y avait eu parfois j'ai,
- Speaker #0
ah serait bien que tu parles de ça serait bien que tu parles de ça et même à l'inverse on parle aussi de burn-out militant je sais pas si t'as déjà entendu parler de ça et ça, est-ce que toi ça te parle ? est-ce que parfois t'as été proche de ça ? ou est-ce qu'il y a des gens dans ton entourage qui vivent ça ?
- Speaker #1
je me considère pas militante Enfin, j'aimerais l'être, mais je pense que ce serait desservir les vrais militants.
- Speaker #0
Pourquoi tu ne te considères pas militante ?
- Speaker #1
Sûrement parce que mes amis militants, disons que c'est leur métier d'être militant. Je pense à Camille Etienne, par exemple. Elle est les militantes. J'aurais du mal à être associée à quelqu'un qui fait tellement plus que moi. Moi, je suis engagée. C'est un peu, pour moi, l'étape d'en dessous.
- Speaker #0
C'est un peu comme ça dans ma tête, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Donc du coup, je n'ai pas fait de burn-out militant parce que je ne suis pas assez engagée pour faire un burn-out militant. Les gens qui font des burn-out militants, c'est des gens qui sont sur le front, sur le terrain, qui s'occupent de leur journée, leur nuit. En tout cas, mes amis qui ont pu en faire, c'est vraiment des personnes qui avaient une cause, qui étaient le centre de tout ce qu'ils font. Mais tu vois, comme j'ai dit, je suis créatrice de contenu, mais j'ai aussi une boîte de prod. Mais j'ai aussi un podcast où je reçois des personnes, quelquefois féministes ou non d'ailleurs.
- Speaker #0
Enfin,
- Speaker #1
c'est pas le centre de ma vie.
- Speaker #0
Oui, contrairement à Salomé Sake, je me souviens qu'elle avait fait un post aussi en disant « Là, je vais prendre un peu de recul. »
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
D'ailleurs, lisez, résistez et offrez-le. C'est pas la période, mais offrez-le. C'est un très bon cadeau de Secret Santa.
- Speaker #1
Et vous pouvez aussi écouter le super podcast que j'ai fait avec Salomé Sake sur Inpaw.
- Speaker #0
Ah bah voilà. On est là aussi pour parler de tout ça. Mais oui, je me souviens très bien qu'elle avait fait un post en effet où elle a dit « Bon là, il faut que je souffle un petit peu des réseaux, que je prenne un petit peu... » peu de recul mais parce que bah c'était je sais pas si tu es burn out militant ou autre chose mais en tout cas c'est vrai que ça m'évoque ça c'est chez des gens comme tu dis qu'ils sont très en gueule ou que ça ouais que ça que ça il faut que ça et justement tu me parlais de in power ça aussi mine de rien c'est de l' influence engagée est ce que donc tu disais tout à l'heure que c'est un podcast engagé mais bon pas que donc comment est-ce que tu le définirait aujourd'hui une power c'est pour l'instant un podcast qui donne du pouvoir aux idées ouais
- Speaker #1
Et ce qu'on est en train d'opérer, c'est de faire en sorte que ce soit un média qui donne du pouvoir aux idées. Parce qu'en fait, on s'est rendu compte... Alors pardon,
- Speaker #0
c'est quoi la différence du coup entre toi et... Ouais,
- Speaker #1
justement. En fait, on s'est rendu compte que les gens ont écouté le podcast depuis 8 ans quand même. Ouais. Et qu'ils aimaient vraiment la proposition de valeur, à savoir... donner des clés pour comprendre des sujets de culture et société. Et donc, en fait, je me suis dit, bon, je pense qu'il y a peut-être une étape à passer où le podcast, en fait, c'est bon, on fait nos preuves, on fait quasiment 2 millions d'écoutes par mois, on a deux épisodes qui sortent par semaine, avec des personnes passionnantes et des formats différents. Et en fait, je me suis dit, je pense qu'on a vraiment vocation à... Tu vois, je trouve qu'on n'a pas de... Et tu me diras si t'en connais, mais je trouve qu'on n'a pas de médias, de sociétés... pour les jeunes, qui permettent vraiment de comprendre et apprendre. En fait, moi, j'aspire vraiment à, tu vois, avoir, pas de l'actualité, parce que Hugo vous écrit, mais c'est pas bien par exemple. Oui, c'est ça, qui a sorti. Des sujets de société, tu vois, vraiment sur, tu vois, là, par exemple, on couvre un sujet sur le système carcéral, est-il vraiment efficace ? Ou alors, sur, finalement, pourquoi les femmes sont toujours instrumentalisées pendant les guerres ? Et donc ça, c'est des sujets qu'on va couvrir. Sur les médias, donc sur les réseaux sociaux, et certains qu'on va pouvoir faire en podcast aussi, mais le podcast va principalement rester de l'interview. On a fait une nouvelle table ronde, par exemple autour des violences faites aux femmes, autour de la masculinité. On aimerait en faire autour aussi du sport et de ce que ça peut représenter, le jeu entre l'apparence et la performance. Donc c'est hyper excitant parce que jusqu'ici j'étais engagée en mon nom. Donc ce que je disais, c'était mon avis, mon opinion. Et en fait, là, c'est un autre exercice qui se demande d'être un peu plus objectif, mais argumenté.
- Speaker #0
Plus un travail de journaliste, tu veux dire ? Exactement,
- Speaker #1
c'est plus un travail journalistique. Et d'ailleurs, on a une équipe maintenant avec des journalistes. On a envie d'apporter, ce n'est pas de l'information brûlante, c'est vraiment de l'information froide, mais qui fait réfléchir, qui analyse la société pour mieux comprendre celle dans laquelle on vit en fait.
- Speaker #0
Quelle différence fondamentale tu fais quand même entre le fait que c'était un podcast porté sous ton nom à un média ? Enfin, pas sous ton nom, parce que ça a toujours été InPower.
- Speaker #1
En fait, c'est juste que d'un podcast seul, on passe à un média qui est beaucoup plus global et qui existe aujourd'hui sous forme de newsletter, sous forme de format spécifique sur Instagram, sur TikTok, sur YouTube.
- Speaker #0
Parce qu'InPower, il l'avait en tant que podcast seul. Pour toi, ce n'était pas déjà un média in power ?
- Speaker #1
Ça aspirait à l'être, mais je pense qu'aujourd'hui, on va opérer cette transformation avec vraiment les codes d'un média, avec des formats définis, avec peut-être une présence aussi plus forte. Disons que c'est juste, je pense, passer à la vitesse supérieure et faire en sorte que, certes, j'en sois une des incarnantes principales, mais que le média puisse exister sans moi. Ah oui, d'accord.
- Speaker #0
C'est là où tu disais, parce que je pensais que tu parlais surtout de gens dans l'ombre qui vont travailler les journalistes dans l'ombre et tout ça, mais dans les tables rondes, tout ça dont tu parlais, c'est potentiellement avoir d'autres speakers que toi.
- Speaker #1
Voilà, ou alors, en fait, dans tous les cas, ça va être aussi, je pense, adapté à la demande qu'on a, mais ça va être même dans les cas où celles qu'on va développer, c'est des journalistes qui vont le faire, ça va être en leur nom. Finalement, c'est un peu ce que Hugo a opéré aussi. Si aujourd'hui, il fait quand même toutes les interviews, c'est pas lui qui fait la plupart des formats Merci. qui sont présents sur ces réseaux sociaux.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, quel est du coup le business model d'un média comme ça ?
- Speaker #1
Alors déjà, il y a le brand content aussi, parce que c'est un média. Il y a une certaine communauté sur les réseaux sociaux. Donc, par exemple, on a aujourd'hui un book club qui est en partenariat avec différents partenaires.
- Speaker #0
C'est quoi un book club ?
- Speaker #1
Un book club, c'est des événements où je vais recevoir un auteur pour parler de son ouvrage. On va inviter des membres de la communauté. Et en fait, il y a des marques qui sont partenaires. de ce book club, qui permettent d'être connus du public qui est présent sur place, mais aussi sur les réseaux sociaux, parce qu'après, on en fait des capsules sous forme de reels, sous forme de stories, sous forme de posts, peu importe finalement ce qu'on pense être le plus adapté ou ce que la marque souhaite. Donc, on a une branche comme ci, on a des pré-rolls. Donc, des pré-rolls, ça va être des messages que je vais co-créer avec les annonceurs qui vont être diffusés avant chaque podcast et qui sont hyper efficaces parce qu'en fait, les gens écoutent vraiment les podcasts. Et d'ailleurs, c'est le cas aussi pour les podcasts qu'on peut faire en brain content. C'est plus rare, mais on en fait certains. Quand vraiment, on trouve que le propos, finalement, est hyper adapté. Par exemple, on en a fait un autour de la ménopause et une institution qui, du coup, souhaitait sensibiliser à cette cause. On a reçu une sage-femme. C'est un épisode qui a cartonné. Parce qu'en fait, c'est des intégrations qui sont très naturelles et qui sont très liées à ce que les auditeurs et auditrices d'Inpower souhaitent écouter.
- Speaker #0
Donc là, tu as une marque qui va te dire, il faudrait parler de ce sujet-là.
- Speaker #1
J'aimerais, oui.
- Speaker #0
Voilà. Et après, ils te mettent un peu aux chaussepiers les mots dans la bouche, ou c'est toi qui réécris ?
- Speaker #1
Non. Pour les pré-rolls, il y a un brief, mais c'est moi qui l'écris de A à Z. Et pour le brain content... ou plutôt pour les podcasts qui vont être vraiment co-créés, j'ai envie de dire. C'est un sujet qu'on doit aborder et je l'aborde de la façon dont je le souhaite. Et ça, aujourd'hui, moi, je mets un point d'honneur. C'est important, en fait, aujourd'hui, quand on est un média engagé, de rester fidèle à soi-même. Pour l'instant, tout ce qu'on a fait comme opération, c'est vraiment bien passé et se passe bien de manière générale. Et je pense qu'il y a un peu une nouvelle vague de médias qui existe aujourd'hui où c'est des médias... dans lesquelles les lecteurs, les consommateurs ont vraiment confiance et qui crée du contenu qui ressemble vraiment à l'image du média. Donc nous, c'est vraiment autour de sujets de culture, de société, de mode de vie. Et ça a toujours été agréablement reçu.
- Speaker #0
Et là, du coup, entre le podcast tel qu'il était et le média que ça va devenir, c'est le même business model finalement. En revanche, ça ne change pas.
- Speaker #1
Oui, c'est le même business model. Peut-être qu'on va... rajouter certaines branches, peut-être un peu plus d'événementiel par exemple. Mais sinon, ça restera en effet du brain content. J'ai à cœur que le média soit gratuit pour pouvoir toucher le plus grand nombre. Donc travailler avec des marques, c'est ce qui nous permet de nous développer, d'exister, d'imaginer des formats, des podcasts en live, on en a fait aussi. C'est vraiment chouette, il y a beaucoup de choses à faire à partir du moment où tu as une grosse audience. En fait, finalement, c'est qu'est-ce que l'audience aurait envie d'entendre, de faire. Et on le fait ensemble avec une marque qui est affinitaire.
- Speaker #0
Et comment ça s'organise un virage comme ça ? Vous êtes combien pour ta fée de fée, par exemple ?
- Speaker #1
Écoute, pour l'instant, on est sept. On est sept. On va prendre un consultant qui a déjà opéré ce genre de transformation pour nous aider, nous accompagner. Et une nouvelle rédac' chef pour vraiment, justement, structurer, manager l'équipe et me permettre... Évidemment, d'être là, ne serait-ce que pour insuffler la vision, pour définir les interviews et définir les axes qu'on prend, mais pour me permettre aussi d'être présente à France Inter, pour me permettre d'écrire. C'est en bonne intelligence et surtout autour de sujets qui sont dans tous les cas... Oui, vous partagez les valeurs. ...se recoupent. C'est chouette.
- Speaker #0
Parce que là, tu dis que vous êtes sept. Donc là, plus une nouvelle rédac' chef bientôt, plus cette personne consultante qui va vous accompagner. Du coup, les six personnes qui sont avec toi, c'est quoi leur rôle exactement ?
- Speaker #1
Alors, il y a une responsable des réseaux sociaux qui s'occupe de la programmation et des différents contenus qu'on doit partager. Il y a une monteuse qui s'occupe de vraiment uniquement faire les extraits courts qu'on partage sur toutes les plateformes aussi de réseaux sociaux. On a un réalisateur. qui réalise les podcasts et qui les filme. On a une journaliste, donc une journaliste qui est là pour faire les recherches, pour les sujets, pour m'aider dans la préparation des épisodes et pour pouvoir délivrer le contenu qu'on doit partager sur Instagram. Il y a du coup Joël et Céline qui sont la partie business, donc qui nous permettent de monétiser le podcast et de le développer. Et puis il y a moi. qui, du coup, essayent tant bien que mal de faire en sorte que tout roule, qu'on continue à se renouveler, à proposer aussi une proposition qui est différente de ce qui peut exister sur le marché, à trouver des invités toujours aussi passionnants. Et voilà, ça commence à faire, parce qu'on a eu plus de 500 invités déjà. Mais voilà, réfléchir du coup à de nouveaux formats comme les tables rondes.
- Speaker #0
D'ailleurs, qui les contacte, ces gens-là ?
- Speaker #1
Du coup, c'est... Ou moi, ou Joël, mon agent, ou la nouvelle journaliste.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais ça se fait vraiment à la fois. Si moi, je vois qu'on a des amis en commun, boum, j'envoie un DM. Si Joël peut-être connaît une attachée de presse, elle lui écrit. Et sinon, c'est du coup Zoé qui nous fait une prise de contact quand on identifie des gens en mode, ah tiens, là, ce docteur en neurosciences, ce serait vraiment intéressant de l'inviter.
- Speaker #0
Et encore là, du coup, on ne parle que de InPower, mais qui est un de tes projets. Mais j'imagine que même pour toi, ton Instagram à toi, par exemple, où est ton titre ? TikTok, enfin bref, tous tes médias. Est-ce que tu as des gens aussi qui t'aident à faire toute la création ? Est-ce que c'est toi encore qui montes un peu tes vidéos ? Comment ça se passe au quotidien ?
- Speaker #1
En fait, heureusement, c'est un écosystème. C'est-à-dire qu'on a tous les mêmes bureaux. Et en l'occurrence, j'ai juste en effet un réel DA qui m'accompagne sur mes réseaux personnels. Et Joël qui s'occupe de la partie là aussi business.
- Speaker #0
Qui est juste à côté. Voilà.
- Speaker #1
On embrasse. Mais c'est une plus petite équipe parce que c'est personnel en fait. Alors que Power, moi-même en effet, je me suis rendu compte qu'on était plus ou moins déjà un média. Et en fait, j'ai envie d'accompagner ce développement-là et c'est plutôt là où on va investir.
- Speaker #0
avec notre boîte de prod aussi pour créer des émissions et des docus qui nous ressemblent.
- Speaker #1
On arrive à la fin de ce podcast, du coup qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ma chère Louise ?
- Speaker #0
Déjà d'être en bonne santé physique et mentale ça fait toujours plaisir et puis j'espère de continuer à collaborer avec des marques qui nous ressemblent qui ont envie d'avoir un impact positif qui soutiennent les femmes et qui leur donnent envie d'être elles-mêmes voilà c'est un peu ça que j'ai vraiment envie de continuer à travailler avec des marques qui nous font confiance et qui nous qui laissent exprimer notre créativité.
- Speaker #1
Trop bien merci beaucoup Louise pour tout cet échange c'était super Merci Nolwenn et on se retrouve le mois prochain d'ici là n'hésitez pas à venir à mon spectacle d'impro qui s'appelle Après-Mini le 31 mars au local des Autrices à 21h Bisous Merci.