Speaker #1De retour à Hérouville, après cette tournée, je n'ai qu'une envie. C'est de continuer à évoluer dans le milieu artistique. Dans mon entourage, j'ai des potes qui ont un groupe de rap. Avec ma petite expérience, je m'invite à les rejoindre pour les aider, sans prendre l'étiquette de sauveur, loin de là. Eux, ils ont déjà posé une pierre importante dans le paysage musical cané. Moi, je veux juste apporter un plus, pouvoir éventuellement travailler le côté scène, l'équilibre du plateau, chercher un univers particulier avec les lumières, donner un nouveau souffle dans le relancé. Comme il n'y a pas de manager à titrer, je prends les rênes, temporairement. Je réussis à trouver quelques dates dans différents lieux, comme à la MJC de Cherbourg, à la fac à Caen et dans des festivals en Normandie. Lorsqu'on faisait un concert, on aimait partir en famille, en groupe. Sur la fiche technique, on s'arrangeait à incruster des amis en les faisant passer pour photographe, aide technique ou autre. Mais avant tout, c'était de partager notre passion. Mais une chose est sûre, notre image de groupe de rap nous suit. L'ouverture de cette nouvelle génération en intrigue plus d'un. Elle est souvent, malheureusement, négative. On revient sur ce schéma de jeunes de banlieue sans limite, sans respect. On dérange peut-être ces personnes qui défendent la culture. Et lorsqu'on est concrètement investi sur un festival ou autre, les masques tombent. La méfiance et l'ignorance refont surface. On reste quand même entier. Et parfois, on attendait sûrement plus de nous, nos vices dans ce milieu. Mais c'est tellement facile de nous taper dessus, nous, ces faux artistes, ces imposteurs sociaux qui profitent du système et d'une certaine mode éphémère à leurs yeux. Cette fragilité du coup ressort et obligée, on est sur la défensive et parfois on dérive. La goutte d'eau. Un soir, les gars étaient en train de répéter au Big Bang Café à Hérouville. Un jeune homme, trentenaire, traîne dans les locaux. afin de trouver un groupe local pour l'ouverture de son café-concert, situé proche de la gare de Caen. L'ambiance café. Il a du goût, puisqu'il est directement attiré par l'ambiance musicale du groupe. Au bout de quelques morceaux, il décide de nous programmer pour cette fameuse ouverture. Trop bien ! On va mettre une de ces ambiances ! La semaine qui suit, je le revois dans son lieu. Il faut encore dans les travaux. L'ouverture est prévue dans deux semaines. Ce rendez-vous, c'est pour faire plus connaissance et signer le contrat. Sa femme, c'est son associé. Ils sont sympas. Bonne ambiance. Le jour du concert. On a rendez-vous dans l'après-midi. Pour installer la sono, les platines et faire les balances. Mais l'ambiance est nettement moins chaleureuse. Ils deviennent très froids. Pour commencer, petit embrouille logistique. C'est l'histoire d'une table. Pat, le DJ, a besoin d'une table, d'une simple table pour poser ses platines. Mais ça ne plaît pas trop à ces messieurs-dames. Les gars normales commencent à me dire, c'est quoi encore cette fausse ambiance ? Déjà, ça me saoule. Une tension s'installe entre la direction et nous. J'ai comme l'impression qu'on n'est plus les bienvenus. Après s'être enfin installés dans une ambiance électrique. Non, Non, disons plutôt, même plus clairement, dans une ambiance de merde. Nous nous réfugions dans les voitures. Dans ces cas-là, nous fuyons dans l'alcool. Une autre ambiance. Leur approche. Nous voilà de retour. Bien ambiancés. Déjà dans la salle, il n'y a que des gens qu'on connaît, puisqu'on les a invités. Notre boulot de communication avait porté ses fruits. Par contre, eux, de leur côté... Rien n'a été fait. Le concert commence. Et merde, je suis trop ambiancé. Trop bourré. J'ai qu'une envie, c'est de me barrer. Putain, il m'a niqué, mon ambiance est enculée. Ma tête devient celle des mauvais jours. Quand l'ambiance est néfaste, quand l'ambiance me dépasse, ivre et triste du même constat, des mêmes constats auxquels je sature. Il va même emmerder notre public pour qu'il consomme plus. L'ambiance quartier, ça n'a pas l'air d'être son truc. Vite, qu'on en finisse. On est presque à la fin de ce laborieux concert, quand un de mes amis du public accoudé, proche de la sortie du bar, tout en buvant tranquillement sa bière, se fait happer par le bras par une personne extérieure. Les yeux dans le vague, je vais voir ce qu'il s'est passé. Et là je me fais attraper par le call-back. Dehors, c'est ambiance police nationale. Une armada de policiers, je comprends rien, je me fais savater, traîner au sol. Bien sûr... tout en étant menottés, genoux sur la nuque. Il manquait plus que ça, une ambiance western. Ces enfoirés nous mettent en plein milieu de la route, avec eux d'un côté et mes potes de l'autre. Ils étaient comme des chiens enragés, comme ces chiens qui, un mois plus tôt, m'ont éclaté la tête avec une grosse bombe lacrymogène pour avoir voulu offrir des fleurs à de jolies demoiselles. Je suis... Je suis démuni moralement. La tête sur le bitume. J'écoute. Sa gueule dans tous les sens mêle un franchement. J'ai jeté l'éponge. Conclusion, ambiance tribunal. Deux mois avec sursis. Cinq ans de mise à l'épreuve. Le gérant du bar avait appelé la police en leur disant qu'on retournait tout à l'intérieur de son bar. On a été condamné pour jet de bière sur la police. Si j'avais su, je l'aurais fait. Un an après, dernière tournée pour moi en tant que technicien avec le théâtre du jour. Elle était moins originale que les autres. Nous avons parcouru la côte d'Aquitaine, des villes balnéaires. Les changements sont que cette fois, les comédiens ne marchent plus, ils font du vélo. Il y a deux spectacles qui sont payants et la tournée dure seulement trois semaines. Les deux spectacles sont différents. Il y a un cabaret sur Henri Salvador et un classique, Les femmes savantes, mis en scène par Françoise, c'est la compagne de pied. Les femmes savantes, elle l'a montée durant la saison au théâtre, c'est une reprise sur la tournée. Seulement un des comédiens qui a un petit rôle s'est désisté au dernier moment. En me voyant sur le plateau, elle me propose de le remplacer. J'accepte sans hésiter. En plus là, il y a du texte. Pas beaucoup, hein, mais c'est la langue de Molière. Voilà, ce soir c'est ma première officielle. Mon premier rôle parlant. J'ai le trac. Mon personnage... est une espèce de notable qui arrive en fin de pièce. Je suis là pour régler tous les différends entre les personnages. Je rentre sur scène. Tous les comédiens sont là pour l'épilogue. C'est à moi de prendre la parole. Ils me regardent tous. Et là, trou, trou noir. Je ne sais plus du tout mon texte. Mes yeux balayant le plateau avec un air totalement perdu. Dans ma tête, c'est « Au secours, au secours, aidez-moi ! » Heureusement que mon pote Greg était là. Il a sorti mon texte à ma place en faisant des suppositions. « Je pense que vous êtes là pour nous dire ceci, cela, et que vous pensiez résoudre ce problème. » « Oui, bien sûr ! » fut ma réponse. Et j'ai dû sortir trois, quatre répliques après. Quel baptême ! Ce n'était pas magique. Mais qu'est-ce que c'était drôle comme situation. J'ai vu le temps suspendu. Tout s'est arrêté. Tout le monde te regarde, te dévisage, et toi, tu te sens le plus con du monde. Oh, j'ai une autre petite anecdote. Un soir, sur une autre date, mon pote Greg a fait une chose mémorable dans le jeu. À l'acte 3, il entre en jeu juste pour la dernière scène, ce qui lui permettait d'avoir un peu de temps pour se concentrer. Mais ce soir-là, il va faire une sieste dans les pendrillons noirs. Au moment de son entrée, on se rend compte qu'il ne s'est pas réveillé. On le réveille d'urgence, surpris. Il court en direction de la scène, bousculant quiconque sur son passage. Soudain, il se heurte à un autre comédien qui mettait son costume sur un cintre. Et dans sa précipitation, il hape le cintre de celui-ci, mais sur son col, à l'arrière. Donc, il ne le sait pas. Molière monté par Françoise, c'est des costumes d'époque. Il joue du coup la scène avec ce cintre. Le public, voyant cela, rigole. Sauf que Greg pensait qu'il était en forme et que c'est réporté sur son jeu. Il était en état de grâce. Il en faisait des caisses, se disant que peut-être il avait trouvé un nouvel angle de jeu. Nous, en coulisses, on n'en pouvait plus. On était tous morts de rire. Sauf Françoise, qui, du public, le fusillait du regard. C'était magnifique. Lorsque la scène se finit, il sort fier de sa prestation, tout sourire. Et là, on l'arrête en lui disant « Greg, tu as un cintre dans le dos. Je suis à six mois de mon projet en tant que comédien. Sugar, de Eric Sarner. Je pars dans un premier temps chez ma copine à Agen pour m'isoler et boxer. Ma première étape sur cette pièce, c'est d'apprendre le texte. Moi, la dernière fois que j'ai appris une poésie, c'est au collège. Et encore, si j'allaupe, il y a du travail. C'est quand même un livre à apprendre par cœur. Alors je m'organise. Cette œuvre en lecture se lit en une heure, une heure dix. Tous les matins, pendant trois mois, je m'oblige à le lire à haute voix. J'y prends goût. Deuxième étape. Je lâche la lecture et j'attaque la mémorisation. Tiens, comme c'est drôle, tout est là, dans ma tête. Une étape moins difficile que prévue. Je connais le livre par cœur très rapidement. Le travail précédent a porté ses fruits. Troisième étape, première répétition. On est en janvier 2004, dans le sous-sol de Sarah qui habite à Lyon-sur-Mer, pas très loin de Caen. Elle, c'est la première assistante de la mise en scène de mon frère. Je me rends très vite compte que l'apprentissage du texte... n'était rien par rapport à ce qu'il m'attendait sur le plateau. Je m'accroche. Mais c'est dur. Je suis seul en scène, livré à moi-même. Je prends aussi conscience de mes difficultés d'articulation. Encore un énorme travail. Les plats bleus. Re-tre. J'ai rentré cela le plus loin possible, si vite, non, possible. Possible ! J'ai rentré cela le plus loin possible, si vite ! Oh putain, je n'ai pas fini. Je ne vous le cache pas, ça reste en moi quand même, mais j'ai avancé. Et les « et » ? Grave ! Et les « et » aigus ? Je m'y étais inscrit. Non ! Pas « était » . « Était » , « était » , je m'y étais inscrit. C'est compliqué en tant que normand de découvrir qu'on a plusieurs sonorités de « et » . J'ai jamais dit « je bois du lait » . Non, je bois du lait, la langue française. Il y a aussi le travail du corps. Mais là, je me sens plus à l'aise. J'ai toujours fait du sport, je dissocie bien ma droite à ma gauche. Je ne suis pas non plus danseur, mais ça va. Et la découverte de l'espace scénique. Je répète seulement avec une chaise en bois, rien d'autre pour m'appuyer. En réalité, j'avais toujours vu cela de l'extérieur. Et ça m'arrivait de ne pas comprendre un comédien qui butait sur des choses qui, moi, à mes yeux, paraissaient si simples. Me retrouvant à sa place, je réalise réellement le travail qu'il faut fournir. Mais j'aime la compétition. Et je ne baisserai pas les bras. Promis. On ne sait pas encore où on va, mais tous les jours on avance. La pièce commence à prendre. Petit à petit, un univers apparaît. Rien n'est acquis, mais on prend un chemin plutôt positif. Mon personnage, c'est moi incarnant l'auteur, Eric Sarner. Il raconte sa passion pour la boxe, ses premiers pas sur un ring, ses premières sensations et aussi et surtout son humanisme. On voyage sur la vie de Sugar Ray Robinson. L'athlète, l'homme, l'artiste, l'enfant, la condition des Noirs au XXe siècle, des légendes comme Joe & Louis, le bombardier noir, cette fameuse rencontre entre la mota et Sugar, la tragédie de Marcel Serdant, cette fabuleuse rencontre avec Louis Armstrong et j'en passe. Tout ceci écrit formidablement par Eric. Il s'amuse même à poétiser les gestes techniques d'un pugiliste, le jab, le direct, le crochet, l'hypercute. Ce livre est une merveille et j'ai hâte de rencontrer cet auteur. Quatrième étape, Paris. Nous voilà devant la porte de l'espace Confluence, dans le 17e arrondissement. C'est un théâtre qui a sa petite notoriété. Quand j'ai ouvert la porte, j'avais le cœur qui battait très fort. On a trois semaines de la première. Une chose m'a impressionné aussi, c'est le nom d'un des sponsors de la salle, Arte. Sur ma première répétition, je ne fais pas le fier. Au contraire, je suis extrêmement tendu. Je m'énerve facilement, je perds pied, mais pas de panique. Remettons-nous sur de bons rails. Sarah est encore là, mais va bientôt se faire remplacer par Carles. Je répète pour l'instant une petite salle, et je cohabite avec Julie Ferrier, qui, elle, prépare son one-man show. dans la grande salle. Cinquième étape, la rencontre. On est au deuxième jour de répétition. Cet après-midi, on revoit une scène sur l'enfance d'Éric Sarner. Je suis en jeu. Là, un monsieur entre dans la salle sans faire de bruit. Il dit brièvement bonjour à mon frère et Sarah. Il leur fait comprendre de ne pas stopper la répétition malgré son arrivée. J'ai bien compris qui c'était. M. Charnez. M. Tout-le-monde, j'ai envie de dire. La cinquantaine, plutôt agréable. Enfin, je crois. Je reste concentré. Mais quand même, je joue la vie du monsieur qui est maintenant en face de moi. Pour l'instant, je n'échange que des regards avec lui. En jouant, je me dis, j'espère qu'il ne va pas être déçu. Normal. Au bout d'une heure, il part sans rien dire. Bon, on continue à bosser. La répétition se finit vers 18h. Il revient. Il revient avec dans ses mains un cadeau. C'est pour moi. Ce sont de superbes chaussures de boxe blanches qui vont parfaitement avec mon costume. Il est comme moi, content de partager cette aventure, son aventure, notre aventure. Que de bonnes ondes. On fait connaissance et il sera là durant tout le mois. J'en profite pour qu'il m'éclaircisse certains passages du livre. Il est hyper bienveillant avec moi. Sixième étape, les filages. On est à dix jours de la première. Julie Ferrier a joué la veille. Pour elle, sa résidence prend fin. À moi le grand plateau. On a fini, quelques jours plus tôt, le tour de la pièce. Place au filage. Mon premier filage fut assez laborieux. Il était surtout consacré à Carles, qui n'avait encore rien vu. Il est rigoureux, plus sévère que Sarah. Il a débarqué en France il y a six, sept ans, sans connaître un seul mot français. Sur ce filage, il baille ouvertement, se fait chier ouvertement. Cela me déstabilise. Je ne comprends pas pourquoi il fait ça. À la fin, il me parle de rythme, mais surtout de compréhension du texte. Pour lui, en tant qu'étranger, il a besoin d'avoir une bonne élocution. Rebelote ! À dix jours de la première, me revoilà avec un atelier en plus. Atelier lecture, une heure tous les soirs. On va y arriver. Je savais bien qu'il comprenait. Il voulait juste élever le niveau. Sur la dernière semaine, l'équipe est au complet. Charles est là pour la création lumière. Et Sylvain nous a ramené une fois de plus des nouveaux sons qu'il a fait pour cette création. Une équipe de vainqueurs. Même Sarah reviendra dans la semaine. Mon partenaire de jeu est aussi arrivé. Un sublime trône en tôle de voiture, fait par un plasticien alsacien. Les choses prennent forme. Le filage officiel avec l'équipe a été, pour moi, catastrophique. D'avoir tout autour de moi, cela m'a sûrement perturbé. Heureusement qu'Eric n'était pas là. Normalement, sur un bon rythme, la pièce dure 1h25. Mais là, je l'ai fait en un peu plus d'une heure. Une vitesse dans le jeu de ma part, un bulldozer. Mon frère m'a même vexé. En arrêtant le filage pour ce problème-là, mais aussi parce que je hurlais le texte. Au moment de reprendre, le sang m'est monté au cerveau. J'ai mis un énorme coup de pied dans une bouteille d'eau qui était juste à côté de moi et j'envoie chier tout le monde. Direction la loge pour me calmer. Carles m'a rejoint. J'étais désespéré. Pour moi, je n'allais pas y arriver. Il a su trouver les mots pour me remonter le moral. Et c'est même la première fois qu'il est sympa avec moi. Tout en disant qu'il était fier de mon travail et qu'il fallait que je m'accroche sur cette dernière ligne droite. J'y suis retourné et j'étais au bout. Avant-dernière étape, la générale. Une journée très spéciale m'attendait. Vincent m'avait dit qu'il avait invité dix amis à nous pour qu'il y ait un peu de public. Je passe la journée dans le théâtre. Pour me relaxer, pour me rassurer. Il est 16h passé. Je suis dans ma loge. Quand soudain, mon frère m'appelle pour que j'aille sur le plateau. Stade 2. Stade 2 est là pour faire un reportage sur la pièce. J'hallucine. C'est Eric qui les a fait venir. Ils m'ont filmé un peu dans les loges, pendant ma préparation, tout en étant respectueux de ma concentration. Et ils m'ont demandé s'ils pouvaient filmer l'intégralité de la pièce. Oui, oui. Je les ajoute donc aux autres invités. À partir de 19h30, je m'enferme dans ma loge. Le spectacle est à 20h. Seule l'équipe peut venir me voir. J'en ai besoin. Une chose m'intrigue. J'entends du brouhaha venant du hall. Mais bon, rien de spécial. Restons concentrés. C'est l'heure. Vincent, Charles, Sylvain, Sarah et Carles viennent me chercher pour entrer sur scène. Je suis dès le début sur scène, assis sur mon trône, avec une lumière de vidéoprojecteur comme premier effet. C'est un cœur qui bat. Vincent me dit une chose importante avant de commencer. Il me parle d'accident, qu'il fallait être à l'écoute des choses inhabituelles qui pouvaient arriver. Et bien sûr d'en jouer. Sympa. Ouverture des portes. Des gens entrent, entrent. Encore et encore, je ne reconnais pas une seule tête du public. La région est pleine. Incroyable ! Je vais jouer ma générale, filmée par Stade 2, avec une salle pleine. Mais comme je ne m'y attendais pas, je n'ai pas eu le temps de paniquer. Le début du spectacle démarre plutôt bien. Et l'accident arriva. Pendant une scène où je raconte la première mise de gants d'Eric, pendant ce combat, je me suis mis tout seul une balayette. Elle me voilà sur le dos, les yeux rivés sur les projecteurs du grill. J'ai souri tout en pensant à mon frère. Je me suis relevé comme si mon adversaire m'avait touché. Mais j'étais sauvé par le gong. Eric m'amenait sa force du premier rang. C'était comme... Un coach dans un coin du ring, j'aimais croiser son regard. C'était très fort. Le spectacle s'est très bien passé. Je suis content, mais c'est demain la première. Dernière étape, la famille. J'ai un de ces tracts, ma famille, mes amis d'Héroville sont là, mon père et ma mère au premier rang. Quel vertige ! Le spectacle a été un peu tendu de ma part. C'est toujours quand on est dans une salle pleine de bonnes ondes qu'on se met le plus la pression. On veut tellement bien faire pour ses proches. que l'on peut oublier de s'amuser. Mais j'étais tellement heureux, tellement heureux d'être là, sur scène.