- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans On Boit Quoi, le podcast hors série de jour 1 qui donne envie de boire, boire, boire du sans alcool. Pour ce premier épisode, j'ai l'honneur de recevoir Hugues Picqueti, fondateur de la marque Eplem. Comme les Ausha, notre invité a eu multiples vies. Il va nous raconter dans un premier temps son parcours personnel avec l'alcool, puis son chemin de sobriété qui l'a poussé à créer sa propre alternative sans alcool. Salut Hugues, merci beaucoup d'être avec nous, peux-tu te présenter à nos auditeurs ?
- Speaker #1
Salut Cédric, donc effectivement, mon prénom c'est Hugues, mon nom Piketty, mon parcours est multiple et n'a aucune cohérence, il est fondé sur des envies ou d'autres principes que je ne maîtrise pas forcément. Bref, j'ai commencé dans la finance à hurler sur les marchés financiers quand ça existait encore, pour après évoluer pour des raisons personnelles vers la silviculture, gérer une forêt. et ensuite enchaîner avec la reprise d'un cinéma privé près des Champs-Elysées, l'Elysée Biarritz, que j'ai finalement revendu pour voyager, découvrir une plante qui s'appelle l'immortelle, en Bosnie-Herzégovine, et après évoluer vers le CBD au moment où ça s'est apparu sur le marché. Et j'étais grossiste, et vu mon âge, j'étais plutôt rassurant par tous les petits jeunes qui se lançaient dans ce boulot. business et finalement arrêté pour me lancer dans l'aventure Eplem.
- Speaker #0
Avant de créer Eplem, justement, quel était ton rapport à l'alcool ?
- Speaker #1
Mon rapport à l'alcool était une habitude. C'était même plus que ça, c'était un réflexe. Voilà, c'est-à-dire que tant qu'il y avait de l'alcool, j'en buvais et si j'étais dans des pays où ce n'était pas forcément accessible, je m'en passais volontiers et sans problème d'ailleurs. Mie. Sinon, c'était un réflexe d'avoir toujours un verre à la main. J'ai toujours eu un verre à la main, que ce soit un verre d'alcool ou un autre breuvage.
- Speaker #0
À quel moment tu as commencé à te poser des questions sur ta consommation ?
- Speaker #1
Au fait, un jour, alors que comme beaucoup de gens, je considérais que ce n'était pas un problème, un jour, j'ai voulu au contraire faire passer le message. qu'il y avait un problème par rapport à ça. Cette habitude n'était pas forcément nécessaire. Et donc le message que j'ai fait passer, je l'ai fait passer en disant, voilà, je vais rentrer en hospitalisation pour étudier ce problème. Mais ce n'était vraiment pas un problème de santé, c'était vraiment une démarche personnelle. Et j'avais la chance, contrairement à tous les gens que j'ai rencontrés durant cette hospitalisation, d'être un peu de rigolo de service, qui buvait du vin, qui avait déjà fait une croix sur les alcools forts, qui ne buvait pas le matin au réveil, etc. Donc ils m'ont souri gentiment et je suis resté très peu de temps. Sauf que ça a permis aux gens de dire, Hugues a un problème avec l'alcool et m'en parler si ça n'allait pas. Alors raconte-nous justement quel a été ton cheminement qui t'a emmené vers ce chemin de sobriété. Tu sors d'hospitalisation et là, qu'est-ce qui se passe ? Il ne se passe rien, je continue à boire tranquillement comme avant. Et c'est beaucoup plus tard qu'en fait j'étais en couple et la personne avec qui j'étais m'a quitté. Et j'étais très malheureux. Et cette personne un jour a eu une discussion avec un de mes amis et elle m'avait donné je crois 4 312 raisons de me quitter. Mais en parlant avec cette amie, elle rajoute et en plus, il boit. Et quand j'ai entendu ça, j'ai dit, cette femme a le droit de me quitter. Mais je lui donnais aucune raison de me quitter. Et du jour au lendemain, j'ai arrêté de boire. Du jour au lendemain. Du jour au lendemain, j'ai arrêté de boire. Et sans aucun problème. Au même titre que, je ne sais pas, 5 ans avant, j'avais arrêté de fumer. Du jour au lendemain. Et je ne peux pas expliquer comment c'est possible, comment j'ai réussi, je ne sais pas. Ce n'est même pas de la volonté, c'était d'une facilité déconcertante. C'est-à-dire que j'ai effacé de ma mémoire cette mauvaise habitude. Comment tu as géré tes premières semaines d'abstinence ?
- Speaker #0
Puisque tu nous l'as souligné tout à l'heure, tu avais toujours un verre à la main. changer complètement tes rituels ou au contraire tu as continué ta vie de façon classique, normale, sans alcool juste.
- Speaker #1
Mais c'est incroyable j'ai continué ma vie de façon classique et normale. C'est-à-dire que j'ai continué à aller dans les bars, j'ai continué à acheter de l'alcool pour en servir aux amis qui venaient me rendre visite. Rien n'a changé, sauf qu'effectivement, je prenais un verre de soda ou de je ne sais pas quoi pour pallier l'alcool. Et d'ailleurs, c'est ça qui, après, j'anticipe sur la prochaine question, c'est ça qui m'a amené à créer Eplem. Parce que je m'appelle... très bien. J'avais des amis qui sont anglais qui m'avaient invité à Glastonbury au festival. Et donc, les anglais, on les connaît, ils ont une descente. Ils n'aimaient pas aller monter à vélo. Et moi, je les suivais avec mes sodas, mes ginger beers, je ne sais pas quoi. Et à la fin, au bout de trois jours de festival, j'avais le bide mais en vrac, comme si j'avais picolé dix fois plus qu'eux. Et j'ai dit mais attends, c'est hallucinant. Le sucre, parce que c'était le sucre, me fout en l'air. Pire. que si c'était de l'alcool. Et c'est là où j'ai dit, je vais créer ma marque de sans alcool. Alors là, on est en quelle année quand tu as premièrement ton déclic d'arrêter l'alcool suite à cette rupture et quand tu décides ensuite de fonder Eplem ? On est en 2022. C'est tout à fait récent. C'est récent. C'est-à-dire que je me rappelle à l'époque quand j'ai commencé à faire du kéfir dans ma cuisine. Je ne sais pas comment j'ai découvert le kéfir, mais à l'époque, on parlait beaucoup du kombucha, mais on ne parlait pas du tout du kéfir. On parle de kéfir de fruits, parce qu'il y a le kéfir de lait qui est connu. Mais le kéfir de fruits, personne n'en parlait. Et moi, ça me plaisait beaucoup plus que le kombucha qui est plus vinaigré. Donc, j'ai commencé à faire du kéfir dans ma cuisine.
- Speaker #0
Alors justement, racontons un peu cette aventure. Comment on fait du kéfir dans sa cuisine ? C'est une question toute bête, mais qui peut effectivement interpeller nos auditeurs. Moi, personnellement, je n'ai jamais fait de kéfir dans ma cuisine.
- Speaker #1
Ben oui, mais c'est parce que t'as pas de cuisine.
- Speaker #0
Si j'ai une cuisine, mais je sais pas faire de kéfir de fruits dans ma cuisine. Comment ça se passe justement ? Alors au début, comment se passe le kéfir dans son salon ? Comment se passent ces expérimentations ? Raconte-nous un peu cette aventure.
- Speaker #1
Ben en fait, le problème du kéfir ou du kombucha, c'est qu'il faut le ferment. Et il y a plein de gens qui vous disent, ah ben ma grand-mère, ah ben ma mère, ah ben machin, fait du kéfir. Mais moi, j'étais pas dans ce... Ce milieu-là, et je n'avais jamais entendu parler avant, donc il fallait que je trouve le ferment. Mais ça, après, aujourd'hui, tout se trouve. Et puis là, l'avantage, c'est que tu n'es pas obligé d'aller sur le Darknet, tu fais caissier de fruits. Il y a des gens qui... Normalement, ça se donne, la tradition veut que ça se donne. Mais forcément, aujourd'hui, comme ça prend de l'ampleur, moi, j'avais acheté mon ferment. Et alors, comment se passent ces premières expérimentations ? Comment ça se passe ? C'est très simple. En fait, la base du kéfir, c'est de l'eau, du sucre, du citron, et après les gens rajoutent toujours une figue sèche. La présence de la figue, moi je pense qu'elle n'est pas indispensable, mais ils disent que quand la figue sèche remonte à la surface, ça veut dire que la fermentation est terminée. Je trouve que scientifiquement, ce n'est pas exact. D'ailleurs, scientifiquement, l'intérêt du ferment de kéfir, c'est que c'est impossible, comment dire... de reproduire ce ferment de façon chimique. Ça ne peut être que la nature qui crée ce ferment. Donc ça, déjà, j'adore l'idée. Après, la deuxième chose, si on doit rentrer dans les détails, c'est que quand on te dit le kéfir s'est apparu telle année dans tel endroit, c'est faux. C'est tellement ancestral qu'on est incapable de retracer son origine. Ou en tout cas, au jour d'aujourd'hui, je pense qu'il n'y a personne qui a la preuve de son origine. Voilà, ça c'était pour la petite anecdote.
- Speaker #0
C'est une très jolie anecdote. Quand tu te retrouves dans ta cuisine, au tout début, ta première potion, comment ça se passe ? Tu la bois, tu te dis c'est bon,
- Speaker #1
je tiens un truc ou il va falloir bosser. En fait, tu prends des notes parce que tu as quand même quatre paramètres, ce qui n'est pas énorme, mais c'est quand même quatre paramètres dont tu as l'eau, c'est basique, mais après tu as le citron, quelle quantité de citron ? Tu as ton ferment, quelle quantité de ferment ? Tu as ton sucre, quelle quantité de sucre ? Et tu fais tes petites expériences. Après, tu as la durée de fermentation, quelle durée ? Donc, il y a plein de paramètres qui se transforment en jeu, avec des énigmes à résoudre. Et moi, j'ai tout noté, j'ai mon petit carnet d'origine où j'ai tout noté. Et pour savoir après, qui est-ce qui va me plaire le plus, et c'est comme ça que j'ai avancé.
- Speaker #0
Combien de temps cette phase d'expérimentation a duré ? où tu as joué au laborantin dans ta cuisine ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, je pense que ça a duré facilement un bon mois. Et puis c'est là aussi où j'ai commencé à goûter tous les kéfirs du marché, tous les kombuchas du marché, pour comprendre, pour voir. Et comme j'étais limité dans ma connaissance, bon ça c'est le kéfir que je faisais dans ma cuisine, c'est le kéfir de base, avant même qu'il soit parfumé, parce qu'après tu as des kéfirs avec des goûts différents, c'est ce que je propose aujourd'hui. Et ça c'est encore un autre connaissance. Et ça, ça devenait un peu plus compliqué, ça demandait beaucoup plus d'expérience, et moi il y avait une marque de kombucha que j'adorais, et j'ai appelé le gars. Je l'ai contacté sur Instagram en disant, voilà, moi, je veux me lancer dans le kéfir. Toi, tu fais des kombuchas. J'adore ton kombucha. Aide-moi à développer mes saveurs parce que je n'y arriverai pas tout seul. Et justement, qu'est-ce que cet échange a donné ? J'ai eu la chance qu'il me réponde et j'ai eu la chance qu'on travaille ensemble. Et donc, il m'a aidé dans ma progression vers... vers le lancement de la marque.
- Speaker #0
Là, quand tu fais tes expériences, tu as déjà en tête l'idée de créer une marque, de te dire, ok, je vais lancer ma boisson, ça ne va pas être en hobby, ça va être en vrai business, on va faire quelque chose de sérieux, ou est-ce qu'au contraire, tu as un aspect un peu, voilà, je m'amuse, je viens d'arrêter de boire, je cherche une alternative parce que celles qu'on me propose sont trop sucrées et me désenglobident. Là, comment tu te... Comment tu te situes ? Tu as déjà vraiment une projection sur Eplem ?
- Speaker #1
Je suis incapable de te répondre. Je ne sais plus. Je ne sais plus. Mais n'empêche que, tu vois, je fais ça sérieusement avec mes petites notes, mes recherches, etc. Donc, je pense que j'avais déjà l'idée de faire une marque. En fait, j'avais déjà l'idée de faire une marque. Excuse-moi. Parce que je me rappelle, je rentre de Glastonbury et j'ai un pote américain. à qui j'explique l'histoire en disant voilà, j'ai décidé de faire ma marque. Et il me répond, ça m'intéresse, parce qu'il était propriétaire de plusieurs festivals de musique dans le monde. Et il me dit ça m'intéresse. Alors je dis, moi j'ai l'envie et maintenant j'ai le tir. Donc il n'y a plus rien qui m'arrête. Et donc c'est effectivement là où est né Plème, entre Glastonbury et cette rencontre. Il se trouve qu'une fois que Eplem existait, lui, il avait déjà revendu tous ses festivals.
- Speaker #0
Mais toi, tu avais gagné une marque.
- Speaker #1
Il n'a jamais été mon client. Et donc, ça, c'est la deuxième partie de l'aventure. C'est se faire connaître et trouver des clients.
- Speaker #0
On va pouvoir rentrer dans le vif du sujet plus tard, effectivement, sur la partie commercialisation. Il y a déjà une question toute bête qui se pose. C'est pourquoi avoir appelé ta marque ?
- Speaker #1
Eplem. Là, on revient au début de l'histoire où cette femme m'a quitté. J'en étais très malheureux et j'avais un projet, mais pas pour faire une marque de boissons, mais pour faire une autre chose que je n'ai pas faite. Mais j'avais trouvé le nom et le nom était Eplem.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça signifie Eplem ?
- Speaker #1
Et en fait, Eplem était la première lettre du prénom de mes enfants. Et mes beaux-enfants, parce que cette femme avait déjà aussi trois enfants. Moi, j'en ai deux, elle en avait trois.
- Speaker #0
C'est un joli clin d'œil familial. Est-ce que justement, ces enfants et beaux-enfants aiment tes produits ?
- Speaker #1
Oui, ils adorent. Et en fait, mes enfants, ils sont très âgés, puisque très âgés, j'exagère, je ne suis pas centenaire, mais je suis grand-père quand même. Donc, mon fils, il doit avoir la trentaine, ma fille, elle a 28 ans. Et les enfants... Mes beaux-enfants étaient plutôt, eux, très jeunes. Ils étaient entre 2 et 12 ans. Et en fait, tous, parce que c'est vraiment une boisson que j'ai faite, non pas en pensant aux gens qui arrêtent de boire, parce que je ne veux pas du tout être dans ce créneau. Moi, je suis ravi d'avoir des gens autour de moi qui boivent, qui font leur vie. Ce n'est pas un combat du tout. C'est juste la volonté. de faire du bien au maximum de personnes en leur évitant de boire trop de sucre. Et donc, j'étais très heureux de voir à la fois des adultes et des enfants apprécier mes produits.
- Speaker #0
Justement, cette approche assez universelle, elle part aussi sur quelques piliers que tu t'es fixés. Pas beaucoup de sucre, que ça soit naturel. Est-ce que tu peux nous raconter un peu, justement, pour les personnes qui nous écoutent, ce qui définit une boisson ? Eplem.
- Speaker #1
Ah oui, bien sûr. Bah, Eplem, c'est très simple. Il faut déjà, au départ, que ça soit bon. C'est la raison première. Parce que... Dans l'esprit des gens, se faire du bien, c'est inconsciemment quelque chose qui ne va pas être bon. Et moi, je veux que ce soit bon quand on se fait du bien, parce que c'est possible. Voilà, donc ça c'est la raison première. Et puis après, effectivement, le principe de Euclème, contrairement à d'autres boissons, c'est de la matière avec des origines, bien sûr tracées, certraides, parfaites, bio, vegan, sans gluten, etc. Je n'en passe que les meilleurs parce que tout le monde connaît aujourd'hui et tant mieux. Donc, c'est avoir des produits très sains. Et puis après, c'est l'infusion à froid. Donc, l'infusion à froid, contrairement à l'infusion à chaud, ça demande beaucoup plus de matière et ça demande beaucoup plus de temps.
- Speaker #0
On est sur quel type de rapport, justement, entre une infusion à froid et une infusion à chaud ? C'est du simple au double ? Je ne sais pas. C'est une question de B aussi.
- Speaker #1
Moi aussi, parce que c'est... Et tout l'aspect vraiment connaissance et de la production, je m'appuie toujours sur cette fameuse personne que j'ai rencontrée. Moi, tu vois, même si je m'intéresse forcément à la production, j'ai toujours peur de dire des bêtises.
- Speaker #0
Mais ça, c'est génial. C'est-à-dire qu'en fait, d'une demande d'aide ou de tuyau que tu lui as formulé au début de tes expérimentations dans ta cuisine, c'est devenu en partenaire. Et c'est ça qui est chouette aussi. Il y a une relation et une... Une aventure humaine qui s'est créée suite à cette expérimentation.
- Speaker #1
Heureusement, s'il n'y a pas d'humains, on est foutu. Il est où ce monsieur ? Il est à Paris. Mais aujourd'hui, ma production, en fait, elle est faite en France, mais mes recettes sont élaborées dans les Balkans. J'ai trouvé, parce que les Balkans, d'origine, c'est des pays qui sont très sensibles à la fermentation. mais à tous les niveaux. La fermentation de légumes, la fermentation de boissons, ils maîtrisent concrètement. Et puis, j'ai trouvé des gens sympathiques et doués. Et puis aussi respectueux de tout ce qui nous entoure.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a le plus surpris dans le processus de création d'une marque ? On a bien compris, lorsque tu nous as dévoilé ton parcours, tu as fait des milliards de choses. Quand tu passes de la bourse et puis ensuite que tu t'occupes d'une forêt, Là, on n'est quand même pas du tout sur les mêmes ressorts, on va dire. Là, c'était une nouvelle aventure. Tu n'avais pas d'expérience dans la création de boissons, qu'elles soient d'ailleurs alcoolisées, type vin, bière artisanale ou non alcoolisées. Qu'est-ce qui t'a le plus surpris par rapport à ton expérience précédente ?
- Speaker #1
La bienveillance. Parce que je me suis retrouvé... Après, ça va changer et je le sais, c'est normal, parce que plus ces boissons alternatives... vont prendre du développement, vont être économiquement importantes, moins la bienveillance sera au rendez-vous. Mais c'était vraiment la bienveillance. Tous ces gens qui étaient là avant moi, qui avaient déjà une connaissance, ils étaient bienveillants, ils étaient là pour me donner des conseils. Moi, je me rappelle, quand j'ai commencé, je m'étais inscrit à un atelier aussi. Un atelier de deux gars qui étaient au fond de leur cave. pourris dans le 19e machin truc. Et aujourd'hui, c'est une des grandes marques reconnues. Tu vois ? Donc, on était vraiment à la naissance d'un truc. Et donc, il y a une femme aussi qui est formidable, qui s'appelle Cyrielle, et qui a un podcast qui s'appelle Fleuron, et qui organise des apéros, pas seulement de gens qui font des boissons, mais concernant toutes les picheries fines. Tu vois, que ça soit des pâtés, des boissons, des saucissons, du thé. je ne sais pas, et quoi d'autre. Et on se retrouve. Et franchement, ils étaient là pour me dire, pour me donner des conseils, pour me donner des contacts, pour me donner des tuyaux. Voilà, c'est ça qui m'a le plus surpris.
- Speaker #0
Alors tu sais, en t'écoutant Hugues, c'est assez intéressant parce que j'ai l'impression que quand tu parles de ce mouvement-là, on a presque l'impression que tu parles d'un mouvement musical. Tu sais, quelque chose qui se crée dans des caves. un peu comme le grunge à la fin des années 80 où tu as juste des mecs dans Seattle qui jouent ensemble et puis à un moment, boum, ça devient un vrai gros mouvement. Il y a vraiment cette métaphore qu'on peut filer en mouvement underground de la création de boissons alternatives et la musique. C'est quelque chose que tu ressens aussi ?
- Speaker #1
Oui, mais moi, tu sais, moi j'adore la musique d'ailleurs. C'est pour ça qu'on se connaît à l'origine. On se connaissait par la musique. Et quand j'ai créé cette boisson, c'était pour qu'elle soit dans les endroits où j'aime aller. C'était très égoïste, tu vois. Je voulais continuer à aller dans des endroits où j'étais sûr de boire quelque chose qui me plaisait. Et donc pour ça, il fallait à la fois créer ma boisson et que ceux chez qui j'allais prennent mes boissons, ce qui n'est pas toujours le cas. On pense tous que ces amis vont nous ouvrir leur frigo et vont sortir leur carnet de chèques pour nous faire vie, ce qui n'est pas vrai, mais c'est normal aussi. On pense toujours à nous avant de penser aux autres. Ils ont leurs impératifs, leurs obligations. leurs difficultés, donc j'en veux à personne, même si je suis un sentimental, je marche à l'humain. Pendant le temps, je ne comprends pas, mais après, c'est parce qu'on se met toujours à sa place avant de se mettre à la place des autres.
- Speaker #0
Tu as eu justement des moments de doute au moment de la création, du lancement, voire même maintenant, par rapport à... C'est une vraie aventure, et comme on te sent, tu es sensible, il y a une aventure humaine derrière.
- Speaker #1
Ce n'est pas rien de lancer sa marque, ce n'est pas rien de la développer. Est-ce que tu as eu des moments de doute ? Attends, comment on appelle ça ? C'est montagne russe le truc. Tu vois, tu as un nouveau client, c'est le bonheur. Tu as un rendez-vous, c'est le malheur. Tu te retrouves avec un audit de ton prestataire éco-cert qui te demande 10 000 trucs administratifs. Tu dis, mais moi, je ne veux pas faire de l'administratif. Je ne veux pas envoyer des documents. Je n'arrête pas d'avoir des grands bonheurs et des grands tunnels de tracas. Je sais ce que c'est d'être entrepreneur, puisque ça fait très longtemps que j'ai arrêté d'être salarié. Mais l'administratif, c'est un truc que je n'aime pas.
- Speaker #0
C'est la partie où on passe de l'underground, où on fait, ou dans ta cuisine, des recettes, et on expérimente, on s'amuse, et où on devient, voilà, en produit de grande consommation, exactement, en produit public. Qu'est-ce qui est le plus important pour toi au moment de concevoir tes premiers produits ? Montre-nous l'idée, comment Eplem s'est lancé sur le marché. Là, on a compris, on resitue. Tu fais tes expérimentations. Il y a une bienveillance générale auprès des différents contacts que tu as pu enclencher à droite à gauche. Et il y a un moment où, boum, c'est le grand saut. C'est un peu comme le saut en parachute. Là, ça y est, tu sautes de l'avion. Raconte-nous cette aventure-là.
- Speaker #1
Je pense que pour être entrepreneur, il faut être un peu fou. Et puis, donc, en fait... tu penses que tu vas déchirer, que tu vas plaire à tout le monde, parce que si tu penses pas que tu vas réussir, tu te lances pas, il faut un côté un peu utopique, et donc t'arrives avec tes produits en pensant que tout le monde va trouver leur porte, tellement tu es en train de révolutionner le monde, et c'est pas vrai du tout, donc c'est là où tu commences à te prendre des portes, mais normal, mais n'empêche que ce qui m'a calqué, dès le départ, c'est que il y avait, tu vois, quand tu fais une boisson, si t'es pour être sûr de vendre, et encore ça suffit pas, mais n'empêche que, pour mettre toutes tes chances de ton côté, tu lances une boisson au gingembre. Le gingembre, ça fonctionne. Et moi je me suis dit, bon, si je me lance là-dedans, c'est pour servir à quelque chose. Donc je vais pas faire une boisson au gingembre, je vais pas être le 101ème à faire ça. On n'a pas besoin de moi pour faire des boissons au gingembre. Donc là, déjà, je me mettais une barrière. Et donc, j'ai cherché des produits, des parfums qui étaient plus inédits que mes confrères.
- Speaker #0
Alors, raconte-nous justement cette recherche de parfums. Comment ça s'opère ?
- Speaker #1
C'est à la fois l'influence autour de moi, en disant, je ferais bien ça, je ferais bien ça. Mais il y a autant de parfums qu'il y a de personnes que tu crois, forcément. On a des goûts différents et tant mieux. Mais après, c'est un mélange de toutes ces influences et de tes envies personnelles. Mais ce qui doit dominer, c'est, je pense, ton envie personnelle, parce que c'est ce que tu feras de mieux. Aujourd'hui, par exemple, j'ai un parfum que j'adorerais lancer, mais je ne trouve pas la matière première.
- Speaker #0
Quel était ton premier parfum ? Comment ça s'est passé ? Est-ce que tu as eu un premier parfum que tu as lancé, puis ensuite tu ajoutes, tu fais tes expérimentations ? tu trouves la bonne matière et puis tu lances. Ou alors tu arrives direct avec une gamme complète. Quels sont ces parfums ? Raconte-nous un petit peu la gamme que tu as créée.
- Speaker #1
En fait, au départ, j'avais un seul parfum d'Otéphyr. Et sinon, mon prestataire qui me fait mes recettes, lui avait des petits shots de kombucha. Déjà prêt. Et donc, j'ai commencé avec un parfum de kéfir et trois shots de kombucha, qui sont des vinaigres de kombucha. Comme les sportifs aujourd'hui adorent consommer du vinaigre de cidre, c'est les mêmes vertus que du vinaigre de cidre, mais c'est du vinaigre de kombucha. Et ça, je ne suis pas à l'origine de ces recettes. Mais mon fournisseur l'est. Et j'avais lancé quelque chose de générique, qui était le tonique. D'accord, c'est le tonique. Donc le premier parfum que tu as lancé, c'est le tonique. Et c'est le premier parfum que j'ai arrêté aussi parce qu'il était très bon, mais en face de moi, j'avais des mastodontes. Et là, on rentre dans le côté obscur de la force où, tu vois, par exemple, il y a des parts et c'est normal, ou des festivals de musique, c'est normal. Ils sont payés pour vendre un produit. Moi, je n'ai pas les moyens de payer quelqu'un pour vendre mon produit. Donc, je me suis dit, c'est bon, je vais laisser les grands ensemble. Et puis, moi, je vais basculer sur autre chose. Donc, mon deuxième parfum, en fait, ça a été, attend que je ne te dise pas de bêtises, ça a été Fleurs de Chambre, avec les origines dans le CBD. Et ça a été, parce que je connais toujours des fournisseurs de Fleurs de Chambre, et ça a été après Café.
- Speaker #0
Alors, justement,
- Speaker #1
est-ce que tu peux nous décrire fleurs de champ, café, qu'est-ce qu'on ressent quand on goûte ces boissons-là ? Pour moi, Euclème, le mot qui définit le mieux Euclème, je retourne à l'origine, c'est sobre. Sobre parce que, voilà, bien sûr, sans alcool, mais sobre surtout parce que chaque boisson est un seul parfum mis en avant. Et si on revient à l'origine aussi, il faut aussi mentionner Roxane Lagache. Roxane Lagache, c'est une artiste... spécialisé dans les collages, qui travaille aujourd'hui pour les plus grandes marques de mode, mais que j'ai connue il y a très longtemps et qui m'avait fait un logo pour un lieu que je possédais il y a très longtemps aussi. Et j'ai donc la chance que, malgré ces activités artistiques qui lui prennent tout son temps, elle continue à accepter de collaborer avec moi. Et donc, c'est elle à l'origine du logo Eplen, c'est elle à l'origine des visuels des collages. des canettes ou des bouteilles, c'est elle qui fait vraiment l'image de la marque. Après, l'autre personne qui fait l'image de la marque est Astrid parce que c'est elle qui prend les photos qui anime nos réseaux sociaux et qui fait ça très bien, j'espère. Je le sais puisqu'on a des retours très positifs. Donc ça, c'était le petit aparté. Et donc, Fleur de Chambre, en fait, comme café et comme les autres parfums dont on va parler. J'espère que quand tu bois fleur de chanvre, ça te rappelle quand tu avais fumé ton premier pétard.
- Speaker #0
Complètement. Et à chaque fois que je goûte cette boisson-là, j'ai l'impression vraiment... En plus, c'est long en bouche. On sent que c'est totalement naturel, ce n'est pas du tout artificiel. Et c'est long en bouche, tu as vraiment effectivement le goût du chanvre. C'est assez bluffant. Et là, il te faut beaucoup de matière pour pouvoir avoir ce rendu-là ?
- Speaker #1
Ben oui, c'est forcément à la base des boissons qui vont être plus chères que d'autres, puisque ça demande beaucoup de matière naturelle. Et il y a des gens qui ne supportent pas le sang, le cannabis, mais qui adorent cette boisson. J'en connais. Et au même titre que le café, par exemple, le café, c'est plutôt connu pour son amertume. Alors que là, c'est très gourmand. Un parfum très gourmand et ça devient la boisson préférée de certains. Mon fils qui travaille dans la musique, il me dit, tiens, il faut que tu me donnes du café parce que mes potes qui ont un label de musique, ils adorent ce parfum, ils n'en veulent pas d'autre. Et chacun s'approprie un des parfums en fonction de ses goûts perso et j'en suis ravi. Et après, pour continuer dans la présentation des parfums, le troisième parfum qui est sorti, en fait, c'est Estragon.
- Speaker #0
Ça, c'est surprenant, effectivement. Ça, c'est surprenant parce que c'est rare de voir des boissons qui mettent à l'honneur l'estragon. Généralement, on pense plutôt à...
- Speaker #1
Basilic.
- Speaker #0
Oui, basilic, effectivement.
- Speaker #1
Et l'estragon est plutôt réservé à la côte de bœuf, tu vois, pour une petite sauce. Mais c'est vrai, alors là, raconte-nous. C'est pour ça qu'on ne l'a pas appelé estragon. Et donc, moi, je me dis, je ne vais pas mettre estragon parce que les gens vont me dire, je n'ai pas envie de boire du poulet, tu vois. Et donc, on a mis la traduction anglaise qui fait en plus espagnol, c'est Tarragon.
- Speaker #0
Le monde me dit, ah bah oui, c'est une ville en Espagne, etc. En fait, c'est la traduction anglaise de Estragon. Et donc ça, ça a été le troisième parfum. Comment est née cette idée de faire une boisson à l'Estragon quand même ? C'est assez... Ça, c'est une relation qui m'a dit, voilà, il faut faire ça. Et j'ai fait des tests, j'ai fait des tests. Et à l'époque, tu vois, dès le départ, il y a eu le groupe Perchoir, je ne sais pas si tu vois. qui a été très sensible à notre marque et qui a voulu être partie prenante dans l'aventure. Et on faisait des tests tous ensemble, avec Adrien qui dirige le perchoir. Et puis à l'époque, il y avait aussi Nicolas qui était responsable des barres du perchoir. Et c'est lui qui avait dit, Estragon, c'est super. Mais moi, je n'y croyais pas. Mais je lui ai fait bien sûr confiance. Et on a sorti Estragon. et aujourd'hui... C'est la seule boisson en canette qui est aussi en bouteille parce que c'est la boisson qui marche le mieux. Les gens, ils adorent l'Estragon. Quand je fais des dégustations dans les magasins, dans les machins, ils réagissent tous sur l'Estragon. L'Estragon, c'est fascinant. Donc moi, il ne faut pas que je m'écoute parfois. Il faut que j'écoute les autres pour participer au succès d'une marque. Il faut écouter aussi les autres.
- Speaker #1
Tu as sorti également un autre produit très récemment. Une autre boisson, raconte-nous.
- Speaker #0
Eh bien, là, c'est parfum piment. Alors, bien sûr, on veut tous, tu vois, un petit côté un peu fort, etc. Mais je n'ai pas osé. J'avoue, je n'ai pas osé. Donc, on sent le piment, mais ce n'est pas fort, tu vois. Par exemple, il y a plein de gens qui arrêtent l'alcool et qui veulent du, tu vois, et qui veulent du, comment on dit, du, je ne sais pas, du répondant. Oui, du kick.
- Speaker #1
Moi, quand je prenais des jus de tomate, alors... c'est assez drôle parce que quand j'ai arrêté et que j'ai posé définitivement le verre en tout cas je l'espère mais avant dans mes tentatives de modération je prenais des jus de tomate et je mettais énormément de tabasco je mettais énormément de sel de céleri le truc était limite imbuvable et je m'en enfilais comme je m'en enfilais beaucoup et donc à la fin j'avais même plus faim au moment de dîner puisque de toute façon j'avais mangé l'équivalent d'un saladier de gazpacho et pour le coup ton piment lui il est super Il est plus fin, en fait. Oui, mais je me suis promis que si cette gamme marchait, je sortirais une deuxième gamme, piment fort. Ah, intéressant. Tu vas concourir pour l'émission Hot Ones, tu sais, version kéfir. Ça va être la boisson pour goûter les sauces au piment.
- Speaker #0
Exactement, j'ai découvert qu'il y avait un piment. Si tu te servais à tes invités, il pouvait mourir tellement il était fort.
- Speaker #1
Ah oui,
- Speaker #0
il est vendu au Lafayette Gourmet. J'ai découvert ça parce que j'ai eu le prix de Lafayette Gourmet pour le Tarragon. La bouteille de Tarragon, j'étais ravi, forcément. C'est une belle reconnaissance et surtout, c'est une référence. Quand tu dis j'ai eu le prix de Lafayette Gourmet, tout le monde connaît. Donc j'étais heureux et j'ai eu le droit de faire des dégustations chez Lafayette Gourmet grâce à ça. Et là, il y avait une petite dame qui était adorable, qui s'occupait du rayon. épicé au moins un de la feuillette gourmet et qui me faisait découvrir des produits dont ce producteur alsacien qui fait du piment. Il y a l'échelle de Scobie pour mesurer la dose de piment d'un produit. Et le Tabasco, je crois qu'il est à 4000 sur l'échelle de Scobie. Et ce piment dont je te parle d'un Alsacien, il est à 1 million 2. Wow, effectivement. J'ai tué quelqu'un avec ça.
- Speaker #1
Bon, mollo sur les infusions à froid. On va y aller tranquillement. Tu mettra très peu de matière. Quand tu me feras découvrir ta nouveauté. Tu as testé en tout et pour tout combien à peu près de parfums ? Parce que là, tu as déjà une belle gamme. C'est-à-dire que tu arrives avec quatre kéfirs différents, parfumés, avec une vraie identité. Tu as fait combien de tests en tout de parfums ?
- Speaker #0
Pas tant que ça. Parce que quand on lance un parfum, ça veut dire... que ça implique beaucoup de gens, tu vois. Et moi, je déteste faire perdre leur temps aux personnes qui m'aident, tu vois. Donc, j'en ai goûté peut-être... C'est plus des envies.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et les envies, bon, c'est qu'on ne peut pas tout faire non plus, surtout au début, parce que quand tu lances un parfum, pour moi, c'est minimum 6 000 canettes. Donc, c'est bien de lancer un parfum, mais après, il faut le vendre. Et au début, tu vois, c'est ton producteur qui t'oblige, c'est celui qui met en canette ou celui qui développe la recette, qui t'oblige à un certain volume parce que sinon pour lui c'est pas intéressant. Et après, t'es obligé de payer pour cette production. Et si tu la vends pas, t'es de ta poche. Donc, c'est vraiment une démarche progressive.
- Speaker #1
Quand tu élabores, quand tu as une intuition de parfum, ou lors d'une discussion, tu te dis, ça peut être une bonne idée. Tu te fais des petits tests comme ça, entre amis, des petits dégustes. Ou là, tu reviens au côté très artisanal de l'approche dans ta cuisine. Ou là, pour le coup, tu te dis, allez, On va tester, recueillir les impressions. Raconte-nous un peu comment ça se passe, tout ça.
- Speaker #0
Ça se passe, c'est toujours convivial. Dans ce cas-là, tu fais un apéro et tu fais un peu une petite bouffe. Il faut que ça soit entre amis.
- Speaker #1
Et là, tu notes tes réactions ? Les réactions des gens ?
- Speaker #0
Non, je ne note rien du tout. Je note mes recettes, mais je ne note pas les réactions des gens. J'aurais dû les enregistrer, ça aurait été merveilleux comme document. Mais non, après je vois.
- Speaker #1
je retiens ce fait il y a eu des fails il y a eu des moments où tu avais un truc en disant ça j'y crois d'ailleurs comme faire ça peut être vraiment intéressant toi tu goûtes ça te plaît tu fais goûter à quelqu'un il te dit waouh non jamais est-ce que tu as eu des trucs comme ça où l'idée était bonne sur le papier mais en fait la réalisation non je n'ai pas eu encore ça m'arrivera forcément mais je n'ai pas eu encore il y a une chose qui est aussi intéressante avec tes produits c'est que l'infusion à froid permet en stockage la température ambiante contrairement à d'autres type de kéfir qui doivent se conserver au frais. Sans ça, le produit est affecté. C'est quelque chose que tu as mûri lors de la création de la marque ?
- Speaker #0
Le problème de conserver un produit à froid, c'est que si tu ne respectes pas cette chaîne du froid et que c'est de la fermentation, ça repart en fermentation. Et la fermentation, c'est une usine à gaz. C'est-à-dire que moi, quand je faisais mes essais, Un jour, j'ai des bouchons qui m'ont sauté à la gueule. J'aurais pu le prendre dans l'œil et aujourd'hui, je parlerais de travers. Donc, c'est hyper dangereux. Et puis, ça, c'est la première chose. Et puis, où ça peut virer en alcool, tu vois, si ça repart en fermentation. Parce que dès que tu as du sucre et un ferment, une chilée, c'est pour faire de l'alcool. Donc, nous, on interrompt la fermentation avant que ça devienne de l'alcool. Mais la seule façon d'interrompre cette fermentation, pour ceux qui font des kéfirs vivants et qui se maintiennent à froid, c'est la chaîne du froid. Donc ça te coupe des restos, des bars, des festivals de musique qui peuvent refroidir des boissons mais qui n'ont pas la place pour garder ça au frais.
- Speaker #1
Tu es en contact justement très direct avec ta clientèle puisque en suivant tes aventures sur le très joli compte Instagram, des plèmes, on te voit au contact lors des dégustations, c'est-à-dire qu'il y a quelque chose de vraiment incarné, je pense que c'est important pour toi parce que ça te permet d'avoir un retour immédiat de la clientèle. Raconte-nous un petit peu justement ce quotidien de dégustation, est-ce que c'est où est-ce que ça se passe ? J'ai vu que tu étais récemment dans une cave sans alcool.
- Speaker #0
Oui, j'étais au Pan qui Boit la semaine dernière, rue Daguerre. Et puis précédemment, j'étais à Lafayette Gourmet, comme je le racontais tout à l'heure. En fait, tu t'adresses à des clients que tu ne connais pas. Le pan qui boit, tu sais qu'ils viennent parce que c'est une case spécialisée dans le sens alcool. Comme il y a Gueule de Joie qui est à Nantes, comme il y a le Club Soft à Marseille. Après, il y en a beaucoup qui sont mes clients. Et donc, si je les cite. de pachan, je suis désolé, mais ils sont aussi valables que tous les autres, bien sûr. Et donc, mais tu es en face de gens qui n'ont pas de compte à te rendre. Tu vois, ils ne viennent pas pour toi. Toi, tu es là pour faire découvrir ta boisson. Mais en attendant, ce qui est intéressant, que ce soit pour le panquibois ou la feuillette gourmet, c'est que ils peuvent acheter ce que tu leur as fait goûter. Donc, ils ne peuvent pas te mentir. Parce que sinon, il y a des gens, forcément, ils ne veulent pas te faire du mal. Ils sont gentils, ils sont bienveillants. Ils disent c'est très, très bon, puis ils se barrent. Mais quand ils disent c'est très, très bon et qu'ils achètent, tu dis que leur propos est vrai. Et donc, ça, c'est très intéressant. Et puis, il y a d'autres qui n'aiment pas, mais ça, c'est aussi très intéressant.
- Speaker #1
Tu en fais beaucoup des dégustations de boissons comme ça ? C'est à quel rythme que tu fais découvrir tes produits ?
- Speaker #0
C'est quand on te demande. Ça ne dépend pas de moi. Il faut qu'on soit curieux de plaies, mais je me déplace avec plaisir.
- Speaker #1
On sent justement qu'il y a cet effet communautaire qui se crée et qui est hyper intéressant. Faisons une petite aparté où tu vas faire des clins d'œil aux boissons que tu aimes également, aux alternatives que tu aimes. Est-ce que tu as des marques comme ça qui te viennent en tête, qui trouvent écho chez toi ? Moi, j'aime bien les marques qui sont sobres, qui mettent en avant un goût. Parce que j'en ai marre des marques qui additionnent.
- Speaker #0
Tu vois sur l'étiquette, tu vois hibiscus, je ne sais pas quoi, sureau, myrtille, basilic, parce qu'ils vont dire, buvez ma boisson, vous aurez les bienfaits du basilic, les bienfaits du sureau, les bienfaits du machin. Et ça, c'est de la flûte. Parce que pour sentir les bienfaits de ces plantes, il faut les prendre à haute dose. Moi, j'aime bien les marques comme ça, qui sont sobres et efficaces, et bonnes, bien sûr, il faut que ça soit bon et sain. Le sucre, c'est un... même si ça m'arrive d'en boire, parce qu'on a tous nos guilty pleasures. Moi, j'adore le guilty pleasure. C'est pour ça qu'on fait des efforts pour pouvoir sombrer dans le guilty pleasure de temps en temps. Tu vois le site internet Radio avec toutes les chansons du monde entier des années 1900 jusqu'à aujourd'hui. Ils ont sur leur carte du monde, avec toutes les musiques qu'ils présentent, une petite île qui s'appelle Guilty Pleasure. J'y vais toujours, forcément. C'est les... C'est les musiques qu'on écoute tous, mais on n'ose pas le dire.
- Speaker #1
Encore une jolie métaphore entre les boissons sans alcool et la musique. Effectivement, je pense qu'il y a vraiment un lien très fort dans ces aventures-là, parce qu'on sent qu'il y a une démarche chez vous, producteurs de boissons sans alcool, de qualité, en crafting très artisanal, une envie de bien faire, une envie de faire du bien aussi. Et ça, c'est hyper important, parce qu'on est... loin des clichés de l'industriel qui te déballe en produit qui ne repose finalement que sur le marketing. Là, on est vraiment dans une approche hyper humaine, hyper... Voilà. Vous posez vos tripes sur la table pour proposer des très belles alternatives. J'ai une dernière question pour conclure notre passionnante entrevue. Où est-ce que tu... Imagine ta marque dans 5 ans. Quels sont tes objectifs ? Quels sont tes rêves ?
- Speaker #0
Je vais être choqué parce que je vais utiliser un gros mot, mais mon rêve c'est le succès. Pourquoi ? Parce que si je considère que cette marque fait du bien aux gens et qu'on considère aussi qu'aujourd'hui un des méfaits c'est le diabète, c'est trop de sucre, c'est l'obésité, je souhaite à tout le monde de boire un maximum de boissons et plèmes. et d'autres boissons qui font ça aussi bien que moi et peut-être mieux même. Mais c'est le succès. C'est que les baumes, ils arrêtent de boire des sodas trop sucrés.
- Speaker #1
Merci à toi Hugues. A très vite les amis pour un prochain épisode d'On Boit Quoi, le podcast hors série de jouran qui donne envie de boire, du sans alcool.