- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans On Boit Quoi, le podcast hors série de jour en qui donne envie de boire, boire, boire du sans alcool. Pour ce quatrième épisode, j'ai l'honneur de recevoir Élodie, fondatrice de la marque Finote. Salut Élodie, merci beaucoup d'être avec nous. Peux-tu présenter Finote en une minute ?
- Speaker #1
Bonjour Cédric. Donc Finote, c'est la seule marque française de boissons sans alcool qui a plus de 155 ans d'héritage. Donc notre gamme n'est pas désalcoolisée. Nous élaborons nos boissons à partir de macérations et d'assemblage d'ingrédients naturels, principalement des infusions de plantes d'origine biologique, des fruits et des épices. Nos boissons sont sans sucre raffiné ni additif, et nos pétillants, spritz, sont gazéifiés avec une bulle fine. Nous n'avons pas de fermentation. Nous sommes basés à Argelas-sur-Mer, un village à la frontière espagnole entre la Méditerranée et les Pyrénées, et les recettes de nos boissons s'inspire du cahier de recettes de Joséphine Limousy, mon arrière-grand-mère.
- Speaker #0
Eh bien ça y est, j'ai déjà soif. Tu as réussi à me mettre non pas l'eau à la bouche, mais le spritz à la bouche. On va plonger dans l'histoire de Finote. C'est une histoire qui est assez incroyable. Commençons déjà pour éclairer nos éditeurs et nos auditrices à parler de la gamme des boissons que propose Finote. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?
- Speaker #1
Absolument. Donc notre gamme se compose de... quatre boissons. Donc, on a le numéro un, qui est un apéritif qui rappelle les subtilités d'un vermouth, d'un banouls, d'un vin oxydatif. Là, on va partir plutôt sur des notes gourmandes, amères et puis herbacées. Donc, on a tout ce qui est une note de pruneau, de raisin mûr qui est équilibré avec une amertume plus gentillane et en final, des touches de bois essai et légèrement fumée. Donc, le numéro un apéritif. Le numéro 2, 3, 4, là on part sur des pétillants, spritz, avec trois aromatiques vraiment distinctes les unes des autres. Donc le numéro 2, le plus classique, un vermouth spritz, orange, gentiane, romarin. Donc on est plus sur l'agrume de l'orange, l'amère de la gentiane et en final la fraîcheur herbacée du romarin. Le numéro 3, un spritz mandarine, basilic, sel de Camargue. Donc là, on est plutôt sur des notes acidulées qui vont apporter la mandarine, une aromatique puissante du basilic et en finale, des touches iodées du sel. Là, ça va être super sympa parce que malgré le fait que ça soit un spritz, on peut penser au moment de l'apéro, mais aussi à table. Donc le servir bien frais avec tout ce qui est mets salins, mets iodés, mais aussi des plats italiens. Et en finale, le plus audacieux, le numéro 4, le spritz grenade teint. Poivre de Sichuan. Là, on est sur une boisson qui est plus épicée. On va avoir le fruité de la grenade qui va être équilibré avec des notes sèches du thym. Et en final, le poivre qui va apporter une chauffe qu'on va commencer à sentir sur la langue et qui va grandir graduellement un petit peu en gorge. Et là, le numéro 4, tout comme le numéro 3, on peut penser à des moments d'apéro et continuer à table. Donc là, sur le numéro 4, On est sur des accords mais avec des grillades, notamment de l'agneau, mais aussi bien sûr de la cuisine relevée, cuisine épicée et des desserts chocolatés.
- Speaker #0
Ça donne encore très très envie. Tu vas nous raconter toute l'ADN derrière cette gamme de quatre produits. Déjà, première question toute bête, mais pourquoi avoir appelé ta marque Finote ?
- Speaker #1
Alors Finote, c'est le diminutif de Joséphine, mon arrière-grand-mère. À l'époque, les Joséphines, on les appelait Finottes très souvent. Et vu que les recettes sont à l'origine de son cahier de recettes, j'ai voulu lui rendre hommage à travers cette marque, du coup, dénommée Finottes.
- Speaker #0
C'est un bel hommage. Depuis quand tu as lancé Finottes sur le marché ?
- Speaker #1
Alors, on a lancé Finottes fin octobre 2024. Donc, ça fait un petit peu plus d'un an et demi. On aura deux ans en octobre 2026, dans les prochains mois. Voilà.
- Speaker #0
Derrière Finote, on l'entend, il y a vraiment un héritage familial qui est très fort, de par déjà la filiation, de par le nom et de par ces fameux carnets de recettes, c'est ça. Est-ce que tu peux nous raconter déjà ton parcours personnel, d'où tu viens et qu'est-ce qui t'a poussé à créer cette folle aventure qu'est Finote ? Raconte-nous un petit peu tout ça.
- Speaker #1
Alors moi, à la base, je ne viens pas du tout du monde de l'agro. J'ai grandi dans une famille où tout ce qui est... Food, drinks, ça a toujours été un petit peu bien mangé, a toujours été un petit peu au centre de tout ce qu'on fait. Joséphine, elle était vigneronne, elle avait aussi créé ses apéritifs. Donc mon arrière-grand-mère, mon autre arrière-grand-mère avait la première épicerie fine à Perpignan. Une de mes grand-mères était restauratrice, un de mes grands-pères était maître d'hôtel. Mais moi, j'ai fait des études de design industriel slash ingénieur. J'ai fait mes études à Paris et je suis tout de suite partie à l'étranger. J'ai d'abord travaillé en agence et puis au sein d'un grand groupe à Amsterdam pendant dix ans. Là, j'ai beaucoup voyagé, j'ai travaillé notamment en Asie, en Chine, mais aussi aux États-Unis, un petit peu dans la côte Est et en Angleterre. Et après cette première étape, j'ai de design industriel, où vraiment je travaillais pour apporter des produits physiques sur le marché. J'ai décidé, notamment dans le médical, j'ai décidé de bichurquer, d'aller dans le digital parce que c'était quelque chose qui m'intéressait beaucoup. Donc là, je suis partie m'installer à Stockholm et j'ai rejoint le groupe Fjord, qui était le groupe design d'Accenture, où j'aidais du coup leurs clients à créer des stratégies digitales pour leurs clients. Et en final, j'ai rejoint aussi une startup, Natural Cycles, qui est le premier contraceptif digital. Et j'ai aidé à les lancer aux États-Unis. Donc voilà. Et après, j'ai voulu, donc mon fils aîné, mon premier fils aîné, en avril 2020. Et avec mon mari, qui est suédois, on a voulu se retourner en France. C'était un souhait. Je pense que j'avais envie de faire grandir mon fils dans cette culture dans laquelle j'avais grandi. Et on s'est réinstallé à Paris. Donc là, j'ai commencé, j'ai rejoint une entreprise, une start-up qui, moi, j'étais basée à Paris, visitée à Berlin. Et je suis tombée malade, en fait, pendant les années Covid. Je suis tombée malade, j'ai eu un Covid qui a été un petit peu problématique. J'ai été hospitalisée pour insuffisance respiratoire, alors que je ne m'y attendais pas du tout, parce que je n'étais absolument pas dans les cas spéciaux. Mais apparemment, c'est arrivé à plusieurs personnes comme moi. Et du coup, là, c'est vrai que ça a été premièrement un arrêt, un arrêt de travail. Et puis aussi un chamboulement de ma vie parce que suite à cette hospitalisation, j'ai dû prendre six mois pour faire de la kiné respiratoire, pour réapprendre à respirer, pour réapprendre à pouvoir même faire 200 mètres sans être exténué. Et je voyais un pneumologue pendant toute cette période. qui m'a dit, mais vous savez, l'art parisien, en fait, ce n'est pas vraiment bon pour vous. Moi, si j'étais vous, si j'avais la possibilité de déménager, je déménagerais. Parce qu'à savoir, à cette époque, moi, j'habitais dans la petite couronne. Et quand j'entrais dans le centre de Paris, ça me brûlait les poumons. En fait, j'avais vraiment cette sensation-là de brûlure. Donc, avec mon mari, on s'est dit, en fait, oui, je pense qu'il faut qu'on parte. Parce que... Là, j'ai quand même des gros signes médicaux à ne pas négliger. Et c'est là où je me suis dit, mais ça serait, je pense que j'ai, suite à ce, un peu, c'était quand même un traumatisme, cette expérience médicale, j'ai eu envie de retourner aux sources, aux sources familiales et du coup, de me réinstaller à Argelas-sur-Mer, là où est ma famille d'origine. Et du coup, on a déménagé là-bas. Et c'est au cours d'un déjeuner. avec mes parents, où ma mère, on reparlait des histoires de famille, on reparlait du passé. Et ma mère a ressorti le cahier de recettes de Finote, donc Joséphine. Et là, je me suis dit, mais ça serait tellement sympa de redonner vie à ces recettes, à cet héritage familial. Mais du coup, vu que je pense, je sortais de cette expérience médicale et j'avais un grand besoin de bien-être, j'ai eu immédiatement envie de leur redonner vie, mais sans alcool. Voilà.
- Speaker #0
C'est incroyable comme histoire parce que d'une vraie mésaventure qui t'arrive et qui chamboule ton quotidien, finalement germe et bourgeonne ensuite une magnifique plante qu'est Phinote. Tu vas nous raconter évidemment tout le lancement et la création de cette aventure parce qu'on se doute bien quand même que lancer une... Une jolie boisson, ça ne se fait pas en enclin d'œil, en enclaquement de doigts, même si on a un joli carnet de recettes et une transmission familiale derrière. On sent, et notamment dans le descriptif de la gamme de tes produits, que tu es vraiment ancré dans le territoire des Pyrénées-Orientales, n'est-ce pas ? Comment ça se matérialise ? Est-ce que c'est par exemple en sourçant certains producteurs locaux ?
- Speaker #1
Absolument. Donc en fait, avec Finote, on a vraiment trois piliers dans la marque. On a bien sûr la personne à l'origine, Joséphine. On a le lieu, donc le territoire dans lequel on est, les Pyrénées-Orientales. Et c'est intéressant parce qu'en fait, les Pyrénées-Orientales, on a vraiment une culture, premièrement, qui est mixte. Donc on a la culture française parce qu'on est basé en France, mais on est aussi, on est en pays catalan, comme on dit. Donc on a cette culture catalane qui est très importante. Et pour moi, je pense que premièrement, les recettes de Joséphine représentent ça, ce mix entre la France, l'Espagne et la Catalogne. Et deuxièmement, je pense que j'ai voulu continuer à m'imprégner de tous ces éléments pour recréer les boissons. Et du coup, je finis avec mon troisième pilier de marque. Donc, on avait le numéro un, la personne, numéro deux, le lieu et numéro trois, du coup, les boissons. et Pour les boissons, pour nos différents producteurs, donc nous, on a le label Sud de France Occitanie, on produit localement et on essaye de sourcer au maximum nos ingrédients de façon locale. Donc si ce n'est en France, on est en région Occitanie, on a par exemple le thym qui vient des Pyrénées, on a nos mandarines qui viennent de la région, on essaye d'être le plus proche possible de nos producteurs.
- Speaker #0
C'est bien, il y a beaucoup de sens aussi avec ce côté ancrage régional qui fait écho à ton histoire personnelle, à ce retour aux sources et qui fait éclore finalement une boisson ancestrale presque, enfin ancestrale, on parle d'arrière-grand-mère, mais en tout cas il y a vraiment cet héritage familial, cet ancrage de territoire. On va parler maintenant de la recherche et développement, c'est toujours une étape assez importante dans un épisode d'On Boit Quoi, parce que là effectivement on va rentrer un petit peu dans... dans l'arrière-cuisine, savoir comment s'est créé Finote. Est-ce que tu peux nous raconter comment, justement, tu as créé tes premiers produits ? On a bien compris que tu avais des carnets de recettes, mais entre un carnet de recettes et le produit que l'on peut déguster aujourd'hui, il y a quand même quelques étapes qui peuvent se faire. C'était long, compliqué. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu cette période de recherche et développement ?
- Speaker #1
Oui, la recherche et le développement, ce n'était vraiment pas un fil droit. Il y a eu beaucoup d'allers-retours. En fait, à la base, moi, je suis quelqu'un d'assez passionné et obstiné. Et c'est peut-être le côté catalan, on dit têtu comme un âne en catalan. C'est un petit peu mon profil aussi. Quand je me mets une idée en tête, en fait, je veux vraiment y aboutir. Donc, dès le lendemain, suite au déjeuner avec mes parents, j'ai pris le cahier de recettes. Et je me suis dit, très bien, allez, on y va. Dans ma cuisine, j'ai commencé à acheter différents ingrédients et on va commencer à recréer les recettes. Donc, Finotte Joséphine, qui avait des vignes sur les hauteurs d'Argelès, a utilisé notamment pour ses apéritifs un de ses vins blancs. Donc, je me suis dit, on va remplacer le vin blanc par un verju. Et puis, je m'étais acheté mes plantes. Je commençais à faire mes petites infusions. Je commençais à essayer de créer des macérations, des équilibres et puis des assemblages pour essayer de retrouver gustativement les apéritifs de Finotte. Et là, c'était assez compliqué. Donc, on a la chance, nous, dans notre région, d'être entourés d'excellents vignobles. Et j'ai des amis vignerons, des amis sommeliers. Et à chaque fois que quelqu'un passait à la maison, tout le monde avait l'obligation de tester. Et les retours n'étaient pas forcément positifs, en fait. C'était assez compliqué. Tout le monde me disait, là, c'est trop sucré, là, c'est trop acide, là, on n'est pas suffisamment équilibré, il n'y a aucune complexité. Donc, ce n'est pas mon métier à la base. Et je me suis rendue compte que c'était quelque chose qui n'était pas facile. Je n'avais pas forcément l'expertise pour y arriver seule. Et c'est là où je me suis dit, il va falloir que je me fasse entourer. et entouré d'experts. Parce que si je veux vraiment y arriver, autant contacter les meilleurs pour le faire. Un point aussi important avec nos boissons, c'est qu'on ne désalcoolise pas, on les crée à partir d'assemblages, fermentations et macérations. Et ça, je pense que c'était aussi un souhait dès le départ. En fait, j'aurais pu tout simplement recréer les abéritifs alcoolisés. Et puis... commercialiser et re-commercialiser ces apéritifs et à côté avoir une gamme désalcoolisée de ces recettes dansant. Mais j'ai préféré, peut-être parce que je viens du monde du design aussi, partir sur quelque chose de plus créatif et du coup recréer, comme on recrée une recette de cuisine, ces recettes en partant sur des assemblages. Donc là, je me suis fait entourer d'experts. Donc, on a le Masretch à Bagnoules, qui est un centre d'onologie, qui m'a bien guidée, qui m'a bien aidée. Un aromaticien aussi. Et puis, un labo technique pour pouvoir justement stabiliser les boissons. Parce que quand on fait du sans alcool, on ne peut pas rigoler. On est obligé de... Enfin, nous, on pasteurise. Donc, quel niveau de pasteurisation ? Quelle pasteurisation ? Pour pouvoir justement les stabiliser, être sûr qu'elles soient... Qu'elles aient la plus longue durée de vie possible et qu'elles gardent aussi toutes leurs saveurs pendant toutes ces étapes. Voilà.
- Speaker #0
Ça met combien de temps, toute cette période de test ? Parce qu'effectivement, entre tester des recettes dans sa cuisine et puis ensuite se faire accompagner, je pense que c'est des étapes d'aller-retour aussi. Souvent, il y a un petit côté... petits chimistes, on teste, on expérimente, on ajuste. On voit bien ce type de process. Ça a mis combien de temps en tout ?
- Speaker #1
Ça a mis presque un an et demi. Ça a pris pas mal de temps parce que il y avait aussi disons que j'avais aussi une période de doute. À savoir que j'ai commencé à recréer les boissons. Et puis là, je me suis rendue compte que j'étais enceinte. J'étais enceinte de mon deuxième enfant. Et du coup, premier trimestre de grossesse, j'avais la nausée, mais des nausées, mais qui étaient vraiment importantes. Et mon palais était assez déformé. Donc, c'est là où j'avais contacté le MassRedge pour pouvoir nous accompagner. J'avais vraiment ce doute. je me disais mais où est-ce qu'on va ? Est-ce que du coup les boissons sont… on arrive à les aboutir jusqu'au niveau que je souhaite ou pas ? Et c'est vrai qu'il y avait eu beaucoup d'incertitudes et beaucoup d'allers-retours pendant cette période. Et puis aussi en finale, une fois qu'on les avait… donc moi j'ai accouché en avril et on a commencé la première production en fin septembre avant la commercialisation en octobre. J'ai eu une période de test. J'ai fait différents tests. On avait fait une mini-production. Là, on avait testé les boissons auprès d'un panel de consommateurs représentant la cible des tests à l'aveugle. Je fais tester aussi auprès de cavistes, de sommeliers, de cavistes de boissons sans alcool. un petit peu partout en France, et pour avoir les retours, pour avoir les retours de chacun. Et c'est vrai que les retours ont été vraiment très positifs. Et c'est là où je me suis dit, OK, c'est bon, je pense qu'on va pouvoir se lancer. Mais vu que je ne venais pas du métier, je pense que j'avais un petit peu le syndrome de l'imposteur au départ. Et ça n'a pas été une période assez facile. Voilà.
- Speaker #0
Et en plus, c'est vrai qu'on l'a compris, quand tu fais tes tout premiers tests, que tu as tes amis sommeliers ou onologues de la région qui viennent tester et qui, forcément, te font des retours, eux, de professionnels. Bon, ça te met en premier point d'ancrage. Mais ensuite, quand tu commences vraiment à lancer le process, là, tu dois avoir des doutes. Ça doit être flippant, finalement, comme type de retour. Là, c'est le moment où tu te dis, wow, est-ce que ce que je fais... est chouette, est-ce que cette boisson a du sens ou pas ? À ce moment-là, tu as la pression. Tu ressens certes le syndrome de l'imposteur, mais est-ce que tu te dis, « Waouh, ça se trouve, ça ne va pas du tout passer. »
- Speaker #1
En fait, j'avais beaucoup de pression avant. Même si moi, j'adorais les boissons, je me suis dit, « Ok, est-ce que ça va vraiment plaire aux professionnels ? » Et les retours ont été très positifs. Donc là, gros moment de confiance en soi, gros moment d'énergie. je me dis super allez allez On lance la production, on source les différents ingrédients en grande quantité et on y va. Et là, on a produit 5 millilitres pour chaque boisson. On avait sorti l'apéritif et le sprit numéro 2 lors de notre première production. Et le soir avant la production, on a eu un gros stress en me disant, mais mon Dieu, est-ce que je vais réussir à tout vendre ? Parce que bien sûr, une fois qu'on a produit, on a un petit peu un compte à rebours qui commence à se lancer. suite à la date de péremption des boissons. Voilà.
- Speaker #0
Il y a eu une dégustation aussi qui a été un peu cruciale. C'était avec des chefs très renommés de ta région. Et là, c'était aussi une épreuve du feu finalement, puisque tu confrontais ta création, Finote, à des palais experts et professionnels. Est-ce que tu peux nous raconter un peu cette anecdote ?
- Speaker #1
Oui, j'avais absolument en amont de notre production, j'avais contacté les plus grands chefs. Et là... On m'avait dit, écoute, très bien, l'association des toques blanches du Roussillon qui regroupe les restaurants étoilés Michelin et gastronomiques de notre région se réunissent tous les mois et du coup m'avait dit, on a une place pour toi si tu veux, tu peux venir et faire déguster tes boissons lors de notre prochaine soirée. Ça tombait bien, c'était le lendemain de notre première production, donc j'étais assez enthousiaste. J'arrive avec mes bouteilles, je me prépare pour la dégustation. Et là, les retours ont été vraiment superbes. Et ça a été fantastique parce que les médias ont relayé ça. Lors de ces soirées, il y a toujours beaucoup de médias régionaux. Et beaucoup de chefs qui ont goûté ont été bluffés. Ils croyaient notamment dans notre apéritif qu'il y avait de l'alcool dedans. Ce titre a été relayé dans les différents médias et c'est vrai que ça a permis de bien lancer la boisson et d'être aussi plus confiante en me disant que ça plaît à des personnes qui ont un palais très exigeant et qui trouvent la démarche très intéressante, qui trouve aussi l'histoire de Marc émouvante et qui aime gustativement les boissons. Plusieurs d'entre eux nous ont fait rentrer dans leurs établissements.
- Speaker #0
Et c'est un joli succès également de réussir à décaler la frontière entre boissons avec alcool et boissons sans alcool, puisque souvent on fait d'ailleurs des oppositions entre les boissons alcoolisées et celles qui ne sont pas alcoolisées, alors qu'en réalité, la complexité, la démarche, le plaisir à se fumer d'une boisson, qu'elle soit alcoolisée ou pas, finalement... pas trop le débat. Et là, c'est ça qui est assez génial dans cette anecdote, avec ces chefs très renommés, ces tocs blanches réputés. C'est de se dire, est-ce qu'il y a de l'alcool ou pas ? Finalement, là, ça brouille cette frontière-là. Justement, ce choix, tu l'as évoqué, mais j'aimerais bien qu'on revienne un tout petit peu dessus, ce choix de ne pas mettre d'alcool dans tes boissons. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ? C'était aussi peut-être une démarche en écho à, finalement, ton... retour aux sources, ton rétablissement personnel sur le point de la santé ?
- Speaker #1
C'est ça, c'est totalement ça. Je pense que j'avais vraiment, j'étais dans cette période où j'avais un grand besoin de bien-être. Je ne buvais pas du tout d'alcool et j'avais envie aussi de pouvoir moderniser cet héritage familial parce que de nos jours, des boissons alcoolisées sur le marché, il y en a plein et je... Bon. Premièrement, mais aussi la population. De nos jours, bien sûr, on voit que le marché du sans-alcool grandit de plus en plus. De plus en plus de Français, mais pas que, en Europe, en Amérique du Nord et un petit peu partout dans le monde, vont maintenant vers des alternatives aux boissons alcoolisées. Un petit peu pour les mêmes raisons que moi, pour le bien-être et aussi pour la santé. Mais du coup, je cherche toujours à avoir cette complexité. ce plaisir gustatif et cette envie d'avoir un moment de plaisir. Parce que quand on mange quelque chose qui, gustativement, est intéressant et complexe, quand on peut l'associer avec des boissons qui sont gustativement aussi complexes, on a ce moment de plaisir qu'on peut continuer à apprécier, qu'on ait l'alcool ou qu'on ne l'ait pas.
- Speaker #0
C'est une évidence. Moi, j'ai eu la chance de déguster... des boissons lors d'une dégustation qui s'est déroulée à Bordeaux chez Belgrape, qui est une cave, la cave sans alcool bordelaise. Et c'est vrai que c'est bluffant, c'est riche, c'est complexe. Il y a aussi ce côté plaisir, c'est-à-dire qu'on n'est pas sur quelque chose non plus de cryptique. Il y a un accès direct, les papilles sont éveillées. Et ça m'a fait penser, d'ailleurs, en regardant, il y a une signature finote qui m'a interpellé. pelée, c'est For Free Spirits. Est-ce que tu peux nous raconter ce qui se cache derrière cette signature, For Free Spirits ?
- Speaker #1
Oui. Alors, For Free Spirits, c'est pour rendre hommage, encore une fois, à Joséphine, mon arrière-grand-mère, donc finotte. Joséphine, Quand même, on le dit dans la famille, elle était assez anticonformiste pour son époque. Donc, elle avait vraiment un esprit libre. Elle cultivait sa vigne, elle élevait sa famille, elle vendait ses apéritifs. Et tout ça à une époque où les femmes n'avaient même pas le droit d'ouvrir un compte bancaire seules. Il fallait qu'elles aient l'autorisation de leur mari ou on n'avait pas encore le droit de vote. Donc, vraiment, elle menait sa vie de la façon dont elle voulait. Elle est-il libre ? et j'ai voulu en fait rendre hommage à son esprit libre à travers nos boissons parce que je pense que être libre, la liberté c'est pas suivre forcément les codes mais c'est les réinventer et avec Finot c'est ce qu'on fait on réinvente les codes du plaisir gustatif des boissons mais sans alcool
- Speaker #0
Et ça se déguste et ça se ressent et c'est vraiment chouette parce qu'effectivement il y a cet engagement presque politique autour de la liberté aussi, autour de la place des femmes dans notre société. Et donc il y a ce discours qui est hyper intéressant parce que très engageant, très impactant. Pour revenir sur les goûts que tu as voulu mettre à l'honneur. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ce qui était vraiment très important ? Si tu avais, par exemple, je ne sais pas, trois idées fortes par rapport à tes boissons, quelles étaient ces idées ? Qu'est-ce que tu voulais absolument défendre dans les boissons que tu proposes avec Finote ?
- Speaker #1
Alors, premièrement, la complexité. Deuxièmement, une longueur en bouche. Et troisièmement, des boissons saines, c'est-à-dire sans sucre raffiné ajouté, avec des ingrédients très importants naturel et principalement biologique. Donc, je voulais mettre en avant vraiment le plaisir et la complexité de la boisson parce que de nos jours, il y a déjà beaucoup de jus de fruits, beaucoup de sirop, beaucoup de boissons qu'on peut trouver dans différents rayons, qu'on peut aussi offrir à des enfants. Mais je souhaitais en fait qu'avec Finote, on s'adresse vraiment au marché adulte et que du coup, on puisse séduire le palais des adultes qui évolue du coup en maturité depuis l'âge des enfants. Et c'est vrai que ce qui m'avait fait plaisir, c'est que lors de la première dégustation, j'avais fait goûter mon fils qui avait 4 ans. Et il voulait absolument goûter, il voulait absolument aimer, il avait fait une grimace pas possible. Et là, je me suis dit, ok, c'est super.
- Speaker #0
Challenge réussi. C'est stressé, j'adore cette anecdote, c'est très très drôle. Finalement, c'est l'antithèse, mais qui confirme la thèse, c'est bien.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça, c'est ça. Et puis du coup, cette complétilité, une certaine longueur en bouche, pour justement ne pas rester sur sa faim, pour voir, avoir les marqueurs qu'on peut retrouver dans l'alcool, mais sans alcool. Et puis en final, bien sûr, une boisson qui reste relativement saine, à savoir, bien sûr, la boisson la plus saine qu'on peut savoir, c'est de l'eau. Mais... Et je pense qu'au démarrage, il y a des années, du marché des boissons sans alcool, il y a beaucoup de boissons sans alcool qui se sont lancées sur le marché où c'était de l'eau, du sucre et des colorants, en gros, plus ou moins. Et c'est vrai que ça n'a pas forcément fait une bonne image pour le sans alcool. Beaucoup de consommateurs, du coup, n'y sont pas retournés. alors que... Des consommateurs qui ne boivent pas d'alcool, il y en a depuis toujours. Et c'est pour ça que c'est important, je pense, de continuer à pouvoir créer la plus grande qualité dans les boissons qu'on produit, pour justement pouvoir continuer à se faire plaisir, mais rester dans des boissons qui ne vont pas se détruire la santé. Ce n'est pas parce qu'on arrête l'alcool qu'il faut passer à autre chose, en fait.
- Speaker #0
et une fois que Que les recettes ont été abouties, on imagine qu'il y a un processus aussi de développement qui est un peu lourd, parce que bon, ok, très bien, tu fais ta mise en production, les dégustations se passent bien, mais ensuite, il y a tout le travail de marketing, de communication. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu le développement de Finote ? et ensuite on ira sur le terrain de l'image de Finote aussi qui est très travaillée, j'invite nos auditrices et nos auditeurs à s'abonner au compte Instagram de Finote, c'est vraiment, on sent qu'il y a ton héritage de designer qui entre en jeu, mais déjà le développement, une fois que tu as la bonne recette, les bonnes recettes, comment ça se passe ? Alors au démarrage, je m'étais dit nous on va se lancer sur notre région, donc région Occitanie, et puis après on grandira en France, et puis on grandira en Europe et dans le monde. Voilà, ça c'était l'idée principale du départ. Et du coup, en fait ça ne s'est pas du tout passé comme ça. On s'est lancé donc en octobre et on a fait notre premier salon en février, degré zéro. à Paris et les trois quarts des acheteurs qu'on a rencontrés lors de ce salon étaient européens, n'étaient pas français. Du coup, c'est vrai que tout de suite, ça nous a ouvert des portes un petit peu à droite à gauche. On a commencé à vendre Finote dans notre région Occitanie et tout de suite en Europe. la façon dont nous on... On arrive en fait à faire connaître la marque Finote, c'est premièrement les salons et puis aussi c'est ce qu'on appelle surtout liquid to lips, c'est-à-dire la dégustation. La dégustation, donc être sur le terrain, faire déguster les points de vente, donc les futurs acheteurs professionnels. Donc nous au point de vue distribution, on est sur des points de vente spécialisés, donc cavistes, épiceries fines, cafés, hôtels, restaurants. et du coup, leur faire découvrir la boisson. Et puis après, une fois qu'on est rentré, par exemple, chez un caviste, comme Belgrape à Bordeaux, où tu as dégusté Finote, venir faire des dégustations et faire découvrir la boisson aux consommateurs. Et c'est là où on se rend compte du vrai pouvoir gustatif de la boisson, parce qu'on goûte, on achète. Et ça,
- Speaker #1
pour le coup, aujourd'hui, est-ce que tu peux nous donner quelques chiffres ? Ça représente combien de dégustations par an, par exemple, de lancées Finote ?
- Speaker #0
Oui, plusieurs dégustations par an. Combien de dégustations par an ? Des centaines, beaucoup, beaucoup de dégustations. Oui, beaucoup de dégustations, à savoir entre celles qu'on fait pendant les salons, où on rencontre chaque jour un nombre euh... Un nombre dingue de personnes, d'acheteurs, je ne les ai pas quantifiés en fait. Et puis les dégustations bien sûr que nous on fait pour des marchés des clients et les dégustations après qu'on fait chez les clients, je dirais des milliers en fait, chaque année.
- Speaker #1
Après effectivement, c'est la stratégie numéro une pour pouvoir faire découvrir des produits parce que c'est vrai que comme tu l'as souligné au tout début, le marché du sans-alcool, c'était effectivement un peu basique ou traité de façon... comme en produit qui pouvait s'adapter à tout âge. On n'était pas sur quelque chose de très travaillé. Là, on sent que le marché se densifie, qu'il y a une complexité, dans le bon sens du terme, qui se crée avec vraiment des produits hyper aboutis, comme les filotes. Et c'est sûr que, oui, le meilleur moyen de savoir si on aime ou pas une innovation, c'est de la goûter. Et de voir, et là, quand ça se passe comme ça, une dégustation, toi, tu en fais, je présume, énormément toi-même, le retour client et ainsi de suite. Tu as toujours cette petite appréhension. Comment ça se passe ? Raconte-nous un peu, on va faire un peu la petite souris là.
- Speaker #0
Ouais, alors moi, en fait, j'adore faire des dégustations parce que dans le quotidien, on a toujours, on a toujours beaucoup de problèmes, que ça soit la logistique, que ça soit... Un producteur avec la production, donc un fournisseur, ou que ce soit ceci, une facture, un payé ou des choses. Et du coup, pouvoir faire des dégustations, avoir les retours clients en direct. Et les retours sont bons. Ça me reboost à chaque fois. Ça me redonne vraiment un coup d'élan d'avoir tous ces retours positifs sur les boissons. Et ça me donne envie de continuer, tout simplement.
- Speaker #1
Il y a un aspect, comme on le soulignait tout à l'heure, qui est hyper important et qui est structurel, je pense, pour caractériser Finote. C'est vraiment cette image de marque. On voit, par exemple, tes étiquettes sont très chartées. Alors là, une fois de plus, il y a ton côté designer qui, je pense, a parlé. Est-ce que tu peux nous décrire justement une étiquette Finote et nous raconter un peu ce qu'elle raconte ?
- Speaker #0
Oui, alors les étiquettes, on les a créées, donc il n'y a pas que moi. Il y a Graham, notre Creative Director, qui lui, à la base, il travaillait dans un groupe d'alcooliers, Diageo et aussi Pernod Ricard, qui nous a rejoints. Et il y a Margot aussi, Margot de nos studios, qui du coup, nous a aidés aussi sur la partie finalisation des étiquettes. Et à savoir aussi dans l'équipe, on a Hélène. Donc Hélène qui est mon ancienne collègue de travail. Hélène, à la base, elle n'est pas dans le design, mais on travaillait ensemble dans cette corporate à Amsterdam. Et elle nous a bien aidé aussi sur ces étiquettes. Donc ces étiquettes sont vraiment le travail de nous quatre. Et ce qu'on a voulu vraiment mettre en avant, c'est la marque. Donc on a premièrement le lieu. « Quoi ? » On est, nous, à Argelès, entre mer et montagne. Donc, on a les Pyrénées. On a, en fait, la forme des étiquettes, c'est la forme des montagnes, donc des Pyrénées. On a le haut de Phinode, qui est le soleil, qui est basé en haut de la montagne. Donc, c'est le soleil en haut du Kanigou, qui est la montagne principale dans les Pyrénées-Orientales. Après, on a l'horizon et la mer. Voilà. On a aussi le Médaillon. le visage de Joséphine qui est à la base de toutes les recettes qu'on a voulu mettre en avant et on a bien sûr les ingrédients principaux qu'on retrouve dans chaque boisson.
- Speaker #1
Aujourd'hui, à qui parle le plus Finote ? Est-ce que tu as un ou plusieurs portrait types de clients et de clientes qui achètent tes boissons ?
- Speaker #0
Oui, on a plusieurs portrait types et ça va dépendre en fait des régions. Alors notre... portrait type vraiment le le plus grand personne qui habite dans les grandes villes féminin entre 35 et 45 ans voilà une personne active qui aime prendre soin de sa santé, qui fait du sport et qui du coup aime les plaisirs gustatifs qui adore souvent Merci. que ce soit fréquenter de très bons restaurants ou se faire des recettes et du coup inviter des amis à la maison, mais pouvoir leur faire découvrir aussi des alternatives pour accompagner les mets qu'elle a préparés. Voilà, donc ça, c'est le profil numéro un. Après, on a aussi un profil numéro deux, notamment dans les régions du sud qui, en dehors des saisons touristiques, restent des régions où il y a pas mal de personnes retraitées. Donc là, on va avoir des profils plutôt hommes, femmes, mais aussi hommes. Hommes qui ont consommé de l'alcool toute leur vie, qui ont 55 ans plus, et qui, pour des raisons de santé, doivent diminuer ou arrêter leur consommation d'alcool. Mais qui aiment le rituel. et qui veulent continuer à avoir ce rituel et ce plaisir pour pouvoir continuer à apprécier la vie de tous les jours.
- Speaker #1
Est-ce que tu remarques également peut-être des différences entre les régions françaises qui accueillent Finote ? Est-ce que par exemple une consommation au nord de la France est différente de celle du sud ou de l'ouest ou de l'est ? Est-ce qu'il y a des différences selon les bassins géographiques ?
- Speaker #0
Totalement, totalement. Alors, on a des best-sellers de notre gamme dans certaines régions de France et aussi en Europe. C'est assez marrant. On a donc pour la partie Bretagne, Nord et Paris, on a le numéro 3, donc le Spritz Mandarine Basilic, celle de Camargue, qui est notre best-seller, qui est vraiment… Je pense que pour la Bretagne, la Normandie, c'est la petite touche iodée, peut-être, qu'ils aiment. qui leur rappellent pas mal de mets de cette région. Pour la partie sud, sud de la France et puis Espagne, là, on est vraiment sur l'apéritif numéro 1, et puis le numéro 2 et le numéro 4. Donc, le numéro 2, orange, gentil, anneau romarin, et le numéro 4, la grenade, grenade, thym, poivre de Sichuan. Certains restaurants aussi, ce qui est intéressant, c'est que le numéro 4, en fait, nous, on le présente en tant que pétillant spritz. Mais certains restaurants l'ont proposé aussi en tant qu'alternative à la sangria. En fait, ils le préparent avec des fruits, des glaçons. Et c'est vrai que c'est assez bluffant. On a cette petite alternative-là pour ces pays plus du sud et espagnols. Et après, en Europe, je dirais que tout ce qui est Belgique, Allemagne, Suisse, ils adorent notre apéritif. Ça marche super bien aussi la Suède et l'Angleterre. Et puis après, les Spritz. Le numéro 2, qui a cette touche amertume, et le numéro 4, matchent très bien aussi en Europe.
- Speaker #1
Quel est le format que tu proposes à tes boissons ? Moi, j'ai personnellement acheté des grands formats, mais est-ce que ça existe aussi peut-être en plus petits formats ?
- Speaker #0
Oui, absolument. On a le format 75 cl, qu'on peut partager ou bien sûr consommer seul. En quelques verres, on affine la bouteille. Et puis aussi pour les sprits, on a le format individuel qu'on réserve à l'heure actuelle à nos amis restaurateurs et qu'on va ressortir aussi auprès des commerçants à partir de septembre.
- Speaker #1
Justement, aujourd'hui, où est-ce qu'on peut trouver Finote ? Est-ce que tu peux nous décrire le circuit de distribution de ta marque ?
- Speaker #0
Donc, on peut nous trouver Finote en direct à travers notre site e-commerce DrinkFinote. mais principalement aussi dans les cavistes. Alors cavistes sans alcool et cavistes traditionnels aussi avec alcool, épicerie fine et restaurant. Restaurant plutôt restaurant gastronomique, des restaurants étoilés, des bars de plage sur la côte en saison. Très souvent, les bars de plage ne vont pas avoir la licence alcool et du coup... Cherchent aussi à proposer des alternatives sympas à leur clientèle. Et puis des bars d'hôtel. Des bars d'hôtel là où l'apéritif va être travaillé par les mixologues, les barmans, et va très bien fonctionner.
- Speaker #1
C'est un très joli maillage. Ça doit prendre du temps de se développer dans tous ces points de contact finalement. Parce qu'on a compris que vous étiez plutôt une petite équipe. Là pour le coup, effectivement, la tâche est... Et ardu, ou en tout cas, il y a du pain sur la planche, comme on dit chez moi. Est-ce que tu as des anecdotes particulières depuis cette mise sur le marché il y a bientôt deux ans ?
- Speaker #0
Oui, totalement. Alors, les anecdotes, j'en ai plusieurs. Donc, j'avais l'anecdote des totes blanches du Roussillon, qui m'avait fait très plaisir parce qu'ils avaient été bluffés. ils croyaient qu'il y avait de l'alcool. D'ailleurs, c'est très souvent quelque chose qui revient en dégustation, notamment pour notre apéritif, que ce soit des professionnels ou que ce soit des consommateurs, vont goûter l'apéritif et vont nous dire « Ah, mais c'est dingue, on ne dirait pas qu'il n'y ait pas d'alcool. » Donc ça, c'est une anecdote qui est assez sympa et qui revient assez souvent. Anecdote aussi où... Voilà, ce n'est pas un mon fleuve tranquille avec la production. Alors chaque étape pour nous, par exemple quand on fait des nouvelles étiquettes, quand on change de lieu de production, quand on change de bouteille ou quand on fait un nouveau format, on se crée du coup des projets. Et très souvent les projets sur lesquels on travaille qui paraissent le plus simple et qui vont se réaliser le plus rapidement sont ceux qui vont être le plus problématique et qui vont prendre du coup le plus de temps. Par exemple, quand on a relancé nos étiquettes pour notre apéritif, on a perdu plus d'un mois sur notre production parce que, premièrement, notre embouteilleur d'un seul coup avait changé ses machines et ne pouvait plus. mettre nos étiquettes sur nos bouteilles alors qu'ils s'étaient engagés. Donc, on a perdu plusieurs semaines, il a fallu qu'on change d'endroit. Et enfin, ensuite, on s'était rendu compte que nos étiquettes étaient arrivées sans code EAN, sans code barre. Donc, les bouteilles ne pouvaient pas se vendre. Donc, voilà, une erreur. L'erreur est humaine. L'erreur peut arriver partout. Mais en fait, on se rend compte que des petites choses Merci. qui peuvent arriver les unes après les autres, peuvent créer beaucoup de retard. Et tant qu'on n'a pas les bouteilles, tant qu'on n'a pas tout en place, nous, on ne peut pas vendre. Et du coup, c'est vrai que ça peut créer du retard par rapport au chiffre d'affaires, par rapport à pas mal de choses. Et ça peut créer aussi de l'anxiété, parce que quand on commence avec tous ces petits problèmes, on ne sait jamais quand est-ce que ça va s'arrêter et à quelle vitesse on va pouvoir les résoudre. Parce que très souvent, ça se résout très vite. Des fois, certains problèmes ne sont pas liés à nous directement et du coup, on ne peut pas influencer le temps.
- Speaker #1
C'est là où on voit qu'il y a vraiment une aventure entrepreneuriale qui est en combat tous les instants finalement. C'est loin d'être simple et de l'idée jusqu'à la dégustation avec le consommateur final. Il y a tout un tas de galères qui peuvent arriver, mais tout un tas également de réjouissances. C'est ça quand même qui, je présume, est ton moteur et le moteur de Finote. C'est aussi de pouvoir faire déguster les recettes de ton arrière-grand-mère, ancrée dans un territoire catalan qui est préominent dans ta démarche. Je trouve ça assez magnifique. Aujourd'hui, quelle est la place de Finote dans le marché du sans-alcool ?
- Speaker #0
Alors le marché du sans-alcool, je trouve que c'est très intéressant parce qu'on commence à se catégoriser. Je dirais que premièrement, il y a deux grandes catégories. Il y a les boissons qui sont désalcoolisées, par exemple comme un vin désalcoolisé, un spiritueux désalcoolisé. Et puis il y a les boissons comme nous, qui du coup ne sont pas désalcoolisées, mais qui sont parties sur une création à partir d'assemblages, d'ingrédients, de macérations. d'assemblage d'ingrédients naturels. Et puis, il y a la troisième partie aussi. Par exemple, on va parler sur des kombuchas ou de fermentation. Mais nous, nous n'avons pas de fermentation. Pour nos pétillants, nous injectons du CO2 dans les cuves. Et du coup, nous avons des bulles fines qui sont directement du CO2 injecté, pas de fermentation. Donc, premièrement, trois catégories. Nous, on est vraiment dans la catégorie créative. avec justement des propositions qui sont aussi créatives. En fait, on a les mêmes marqueurs qu'on pourrait retrouver dans des boissons alcoolisées, on a les mêmes marqueurs qu'un vermouth pour notre apéritif, les mêmes marqueurs que nos spritz, mais on a cherché à partir, pas à créer des holikas, mais à créer quelque chose de nouveau. comme une nouvelle recette de cuisine. Et du coup, pouvoir apporter cette différenciation à travers, bien sûr, l'histoire de la marque, l'héritage qui a plus de 155 ans, mais surtout les boissons gustatives qui permettent justement de pouvoir aujourd'hui, je pense que le marché sans alcool, on peut s'amuser à boire un jour un vin désalcoolisé, le lendemain une boisson créative et puis enfin finir avec un kombucha ou autre. pour justement rythmer sa semaine, rythmer son mois avec différentes envies, avec différents moments d'accompagnement, que ce soit l'apéritif à table ou en soirée, et pouvoir être présent à ces différents moments. Et ça, je trouve ça sympa. Je trouve ça très sympa. Je trouve que la maturité du marché est en train de bien évoluer. La croissance du sens d'alcool, bien sûr, grandit d'année en année. et du coup les consommateurs qui, je dirais, jusqu'à peut-être ces deux dernières années, étaient un peu plus... Voilà, on essayait d'être un peu plus, en tout cas en France, sur le marché français. À l'étranger, ils sont déjà un peu plus avant-gardistes. En France, on était encore un peu plus traditionnels. À sa fois, on cherchait peut-être un vin sans alcool, une bière sans alcool. Là, les consommateurs commencent à être éduqués. et commencent à être beaucoup plus curieux et sont ouverts à justement chercher des boissons qui sont différentes. Un autre point qui est aussi intéressant, c'est par rapport aux sommeliers. Les sommeliers, alors pas tous, mais très souvent, les retours qu'on a, c'est que les sommeliers, qui sont bien habitués, bien sûr, au vin, sont des fois déçus avec certains vins désalcoolisés parce que Merci. En fait, ils comparent. Ils ont trop de comparaisons avec les vins alcoolisés et du coup, ils tombent un peu sur leur faim. Alors qu'avec nos boissons, on n'a pas de comparatif de départ. Et du coup, vu que le comparatif n'est pas présent, la déception ne va pas être là parce que le cerveau va se diriger vers « Ah, je ne connais pas, c'est quelque chose de nouveau, j'ai des marqueurs que je peux identifier. » Mais au point de vue gustatif, ça m'emmène vers un nouveau monde. Et c'est vrai que c'est fortement apprécié.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que c'est des territoires d'expression aujourd'hui. On sent qu'il y a un vrai mouvement dans ces boissons alternatives à l'alcool, mais qui sont des boissons en tant que telles. C'est ça qui est hyper intéressant avec cette segmentation très riche et ces moments de consommation qui peuvent être totalement différents, puisque c'est ce qu'on évoque d'ailleurs au travers des épisodes d'On Boit Quoi. On peut arriver sur des spiritueux désalcoolisés, une boisson créative comme la tienne, en clean soda, du kéfir fermenté. on peut avoir vraiment... myriade de palettes gustatives, de moments pour vivre ces moments-là. Tu l'as évoqué tout à l'heure, quelle est la différence selon toi entre le marché français et celui qu'on peut qualifier d'étranger ? On sait que tu as beaucoup voyagé dans ta vie de designer. Là, aujourd'hui, toi, ça donne quoi, grosso modo, cette analyse entre le marché hexagonal et ce qui se passe chez nos voisins ou alors complètement ailleurs même ?
- Speaker #0
Oui. Alors, ce qui est intéressant, c'est que je pense que chaque marché en fait. cherchent au départ des alternatives sans alcool pour remplacer un petit peu leur consommation principale d'alcool. Donc, le marché français, qui est un marché, bien sûr, nous, le vin est dans notre culture. Le vin à table est quelque chose qu'on consomme, à l'apéritif aussi, pour certaines personnes. Donc, je dirais que le vin sans alcool en France a été euh euh une grande partie porteuse pour la partie sans alcool, pour ouvrir le marché aussi. Parce que les consommateurs qui cherchaient une boisson sans alcool, très souvent allaient chez leur caviste, leur caviste très souvent sans alcool, caviste spécialisée, et demandaient du vin en tant que porte d'entrée. Parce qu'en France, on boit du vin, et du coup, on va boire du vin sans alcool. Et puis, suite à ça, du coup, ils cherchent aussi maintenant à étendre leur palais et à étendre leur curiosité sous d'autres boissons. Donc ça, c'est pour le marché français. Pour l'Europe et pour d'autres pays qui n'ont pas forcément la même culture du vin qu'on peut avoir en France, on voit que les consommateurs sont tout de suite intéressés et curieux. Intéressés premièrement par l'histoire de la marque de Finot, parce que c'est une marque avec plus de 155 ans d'héritage et ça intrigue, premièrement. Et puis, deuxièmement, par le goût des boissons, parce que ce n'est pas commun. En fait, quand on parle de mandarine, basilic, sel de Camargue ou grenat, poivre de séchouan, en fait, on a différents accords qui ne sont pas communs et qui, du coup, intriguent et qui séduisent les consommateurs à l'étranger, qui sont en recherche, justement, de goûts uniques et de goûts différents de ce qu'on peut déjà trouver sur le marché.
- Speaker #1
Comment tu imagines Finote et où est-ce que tu vois Finote dans 3 à 5 ans ? Raconte-nous un petit peu, en faisant un petit peu de prospective, où sera la marque dans 3 à 5 ans ?
- Speaker #0
Alors dans 3 à 5 ans, j'aimerais que Finote, premièrement sur le marché français, est l'une des places les plus dominantes auprès des cafés, hôtels, restaurants. Voilà, nous on cible principalement bistro, bistrodomie. et étoilé. Et aussi, une place très importante. Donc, à trois ans, continue sa croissance en Europe avec comme marché clé les marchés nordiques. Et enfin, au bout de cinq ans, on fait notre entrée aux Etats-Unis. Et puis, si je peux peut-être rajouter, pour les personnes qui seront sur Paris cet été et qui n'ont pas encore goûté Finotte, mais qui seront curieux, nous serons à la Grande Épicerie du 6 août au 2 septembre. Et du coup, dégustation proposée.
- Speaker #1
Yeah, écoute, c'est une jolie roadmap, une jolie feuille de route que, évidemment, je souhaite à Finote. En tout cas, merci infiniment, Elodie, pour ton témoignage sur la magnifique aventure de ta marque. On l'a compris, une marque qui est ancrée dans les Pyrénées-Orientales, qui porte un héritage familial et qui, en plus, surprend et séduit d'un point de vue gustatif. Et ça, c'est quand même le principal, puisque derrière, on pourrait... Voilà, avoir tout le storytelling possible. Si ce n'est pas bon, ce n'est pas bon. Là, c'est excellent. Donc, allez-y, goûtez. N'hésitez pas non plus à retrouver Elodie et ses équipes lors des différentes dégustations qui sont proposées aux quatre coins de l'Hexagone. Et puis, évidemment, retrouvez Finote sur les réseaux sociaux. Je mettrai tous les liens en descriptif de notre épisode d'On Boit Quoi consacré à Finote. Merci infiniment, Elodie, pour ton temps, pour ce témoignage. Et à très vite pour un nouvel épisode d'On Boit Quoi, le podcast hors série de jour 1 qui donne envie de boire, boire, boire du sans alcool. Merci beaucoup, Élodie.