- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans le douzième épisode du podcast journal d'endurance. Si vous pratiquez l'endurance, vous savez à quel point la nutrition est un enjeu majeur dans la performance du cheval. C'est pourquoi il me semblait plus qu'important d'interviewer une personne qui pourrait nous expliquer toutes les spécificités du système digestif du cheval et à quelles contraintes il était soumis pendant l'effort. Anne-Gaëlle Goachet est docteure en nutrition équine mais aussi cavalière d'endurance. Il y a plusieurs années, elle s'est spécialisée dans la nutrition du cheval au travail, et notamment du cheval d'endurance. Cet épisode est l'occasion de revoir les bases de l'alimentation du cheval, ainsi que les erreurs à ne pas faire. Je vous laisse maintenant avec l'invité du jour. Bonjour Anne-Gaëlle, merci de prendre un peu, beaucoup de temps pour répondre à toutes mes questions, parce que j'en ai vraiment plein, sur la nutrition du cheval, le système digestif. Est-ce que tu pourrais te présenter pour commencer, nous expliquer... Comment tu es venue à l'endurance et aussi à la nutrition ? Parce que c'est le sujet aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Bonjour Hélène, je suis hyper contente d'échanger avec toi aujourd'hui. Comment je suis arrivée à l'endurance ? Je note parce que ça peut être long à expliquer. À l'endurance et à la nutrition. Parce que c'est deux choses que j'adore, c'est deux choses que j'aime depuis longtemps. L'endurance et la discipline que je pratiquais avec les chevaux de mon papa. il y a très longtemps, avec, on pratiquait l'endurance en famille, là-bas, dans les mondes arrêts, dans le Finistère. Et puis, la nutrition, c'est arrivé parce que j'ai fait des études agricoles. Au départ, je voulais être véto, c'est pour la petite anecdote. Et puis, finalement, je n'ai pas été prise parce que je n'étais pas assez bonne en maths. Ça, c'est la légende. On construit des légendes comme ça. Anne-Gaëlle n'était pas bonne en maths. Et donc, en fait, je me suis retrouvée en... À la fin de mon bac, devoir poursuivre mes études et choisir des études. Et puis du coup, j'ai fait un BTS production animale. Parce que normalement, c'était censé parler d'animaux, d'agriculture, de choses que j'allais aimer. Et donc, j'ai fait deux ans de production animale. Et c'est là que j'ai découvert la nutrition. Je me suis rendu compte que parmi toutes les matières qui m'étaient enseignées, la nutrition tout de suite est ressortie du lot. J'ai adoré parler de la nutrition des vaches, des cochons, des chevaux, pas trop à l'époque, mais c'est quelque chose que j'ai beaucoup aimé. Et puis, de fil en aiguille, après ce BTS production animale, je me suis dit que je voulais continuer mes études et j'ai poursuivi sur des études d'ingénieur en agriculture. Et là, c'est pareil, j'adorais tout ce qui était nutrition. Donc j'ai continué à apprendre et puis je m'attendais peut-être avec nutritionniste pour les animaux d'élevage, par exemple vaches laitières ou cochons ou volailles. Et puis en fait, le destin, je ne sais pas, a fait qu'un jour, quand je cherchais mon stage de mémoire de fin d'études, j'ai trouvé dans un classeur, dans le bureau des étudiants, une offre de stage qui venait d'un centre de recherche en nutrition équine basé à Dijon. Voilà. Et donc là, j'ai dit, je le veux, ce stage, il faut absolument que c'est pour moi. Et donc, je suis allée à Dijon pour un entretien. Et puis, j'ai été prise pour un stage de six mois. Et l'histoire, au lieu de durer six mois, a duré douze ans. Incroyable. Ouais, incroyable. C'est un peu le mot. Et pendant ces années-là...... Donc, j'ai travaillé avec quelqu'un qui s'appelle Véronique Julien, avec qui je me suis très bien entendue. C'était la directrice du centre de recherche. Et donc, je lui ai dit, au bout de quelques mois, on va dire, à faire des recherches au sein de l'équipe, je lui ai dit, mais moi, j'aimerais bien travailler sur le cheval à l'exercice. Et quand même, pour moi, la finalité quand même de nos recherches, c'est de faire de la recherche sur des chevaux qui... travaillent, qui ont un système digestif qui fonctionne comme des chevaux. Parce qu'à l'époque, on avait des petits poneys et je trouvais que ce n'était pas tout à fait cohérent avec les chevaux d'endurance que je voyais ou les chevaux qui travaillaient. Et donc, c'est à ce moment-là que finalement, on a monté une équipe de chevaux d'endurance. Parce que finalement, elle m'a dit à ce moment-là, écoute, si tu trouves les chevaux, je trouve l'argent pour financer tes recherches. En gros, c'est un peu ça. Et en fait, j'avais quand même un réseau et j'ai vite trouvé les chevaux. Et ceux qui connaissent bien l'endurance, ils se souviennent du propriétaire, le tout premier qui m'a fait confiance, c'était Marcel Mezy. Et je me suis retrouvée avec six petits... Bozoul remontait à Dijon, de l'Aveyron, et puis on a démarré comme ça grâce à Marcel, qui m'a fait confiance, qui a trouvé le projet génial quand je l'ai appelé, et qui m'a confié Stitcho.
- Speaker #0
D'accord, mais du coup, en parallèle de tes études dans la nutrition ou ton BTS agroalimentaire, toi, tu pratiquais déjà l'endurance, en fait ?
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Mes parents avaient un centre de randonnée dans les Monts d'Arrée. On emmenait toute notre petite équipe le dimanche en course d'endurance. C'était dans les années 90. Les courses à UL Goat qui n'existaient encore. Il y avait plein de courses dans les monts d'arrêt là-bas. On allait à Plougastel d'Aoulas. Enfin, il y avait à Loc Maria derrière. Enfin, il y avait plein de... Maintenant, ça a changé. C'est plus tout à fait normal. Ça fait quelques années quand même. Et du coup, oui, je pratiquais l'endurance toujours. Donc, j'avais un peu levé le pied quand même pendant mes études d'ingénieur à Angers. Mais je montais quand même. Et puis après, dès que je suis arrivée à Dijon, en fait, j'ai fait mes études. Mais c'est mes recherches, on va dire. Mais avant d'avoir les chevaux d'endurance, je suis tout de suite allée sur des courses d'endurance et puis j'ai trouvé très vite une personne qui m'a dit Ah bah tiens, c'est souvent comme ça qu'on démarre les belles histoires. Mais elle m'a dit Moi, j'ai quelques chevaux d'endurance, je n'ai pas le temps de les monter, est-ce que tu voudrais venir m'aider ? Et voilà, c'est comme ça que j'ai aussi beaucoup couru en Bourgogne à l'époque avec les chevaux de Geneviève Mailleux. C'était une sacrée belle époque. Et puis après, j'ai eu les chevaux de Marcel. Et là, de Marcel. Et puis, avec le temps, le temps a passé. Et j'ai eu... Il y a plusieurs propriétaires qui m'ont confié des chevaux. Et puis, j'ai couru. En fait, j'entraînais le soir. Après, le bureau, en gros. Avec les étudiants d'Agrotube qui venaient m'aider à entraîner. Et puis, on allait en course. On débarquait avec... nos petits faux, l'espèce de remorque aménagée en labo pour pouvoir faire des manips lors des courses d'endurance. Donc, on les a emmenés à Montpazier, à Compiègne, à Fontainebleau, enfin, partout.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous expliquer rapidement à quoi servait cette petite équipe que tu as montée ? Qu'est-ce que tu as pu mesurer, chercher, trouver grâce à ce projet ?
- Speaker #1
Oui, en fait, je suis partie du... Déjà, j'aimais beaucoup la nutrition, mais j'aimais aussi toute la partie physiologie du sport. Et en fait, après mes études à Angers, j'ai enseigné sur un an de formation à la fac de Stapstaren pour apprendre toute la partie physiologie de l'effort. Pour après, l'idée, c'était de voir un peu l'impact de l'activité physique. sur la fonction digestive chez le cheval. Est-ce qu'un cheval qui travaille digère mieux, moins bien qu'un cheval qui ne fait rien ? On sait des choses dans l'athlète humain, notamment sur les trailers. À l'époque, le trail, ça démarrait. À l'époque, on disait que l'endurance et qu'être, c'est comme le marathon. Mais non, ce n'est pas comme le marathon. C'est comme le trail et l'ultra-trail. Je me suis pas mal inspirée des connaissances en humaine, et je me suis dit, mais est-ce que ça fonctionne pareil ? C'est des chevaux d'endurance. Donc on a lancé des recherches, des mesures, des études, en mettant les chevaux au travail, en contrôlant la charge de travail de ces chevaux-là, et puis en faisant des mesures de ce qu'on appelle la digestibilité des aliments, des mesures de temps de transit, voire... Combien de temps un aliment met pour pâter dans le tractus digestif ? Et une grosse partie hyper intéressante aussi, c'est l'impact de cette activité physique sur la microflore et l'écosystème du gros intestin du cheval. Parce qu'on sait bien qu'il se passe énormément de choses dans cet écosystème intestinal. Donc au final, ça a été l'objet de ma thèse de doctorat. Avec finalement les résultats, c'est qu'effectivement, un cheval qui travaille, après ça semble presque évident. Mais en attendant, là au moins, c'est écrit, c'est montré, c'est publié. Ça semblait peut-être un peu une évidence, mais voilà. Un cheval qui travaille au quotidien, qui est à l'entraînement, qui sort un peu, dit vers mieux qu'un cheval qui ne fait rien. Donc son métabolisme est plus actif et du coup, c'est exactement ce qu'on voit chez les gens aussi. On dit souvent qu'il ne faut pas être trop sédentaire et que l'activité physique a un vrai impact positif sur la fonction digestive et puis tout, mais la fonction digestive en particulier. Et évidemment, à côté de ça, tu as les efforts intenses ou aigus, comme une course d'endurance de 120-260 km, où là, par contre, le système digestif est quand même bien sollicité. Et donc, on est vraiment sur des moments ou des périodes où on a des changements importants et des impacts importants sur la physiologie digestive et qui sont à prendre en compte, évidemment, quand on alimente les chevaux. D'accord.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais nous expliquer de manière assez synthétique, parce que je pense qu'il y a beaucoup de choses à dire, quelles sont les caractéristiques du système digestif du cheval ?
- Speaker #1
Les caractéristiques du système digestif. Alors déjà, le cheval, c'est un herbivore monogastrique. Ça, c'est le mot que je dis le plus depuis 25 ans, je crois. C'est une vraie particularité. Et c'est ça qui fait qu'en fait, il faut le voir vraiment... Bon. Il est un herbivore. Donc, tout son système digestif a évolué et est adapté pour manger, consommer et digérer des fibres, des forages de l'herbe du foin. Voilà, c'est ça la première. Et donc, en fait, déjà, la particularité, c'est qu'il a une table dentaire vraiment spécifique herbivore, des incisives, des molaires et prébolaires très plates, etc. L'idée, c'est de broyer... finement des fourrages assez grossiers finalement. Après, tu as l'œsophage, la possibilité de reflux, ça je pense que tout le monde l'a en tête. On n'aime pas trop les bouchons ésophagiens ou les choses comme ça. Et après, on attaque vraiment la partie spécifique du phale, c'est son estomac. Et là, c'est plutôt un estomac qui est censé être tout le temps plein. Et il fonctionne comme s'il était tout le temps plein. C'est-à-dire que normalement, un cheval, il consomme toute la journée des forages, de l'herbe, normalement. Et que du coup, son estomac est tout le temps plein. Et la particularité, c'est qu'il produit en continu de l'acide. Ni plus ni moins que l'acide chlorhydrique, HCL, qui fait que c'est très, très acide. Et ça permet, en fait, le démarrage de la digestion. Et quand le cheval mange tout le temps, Ce pH très bas, il est équilibré par la salive qui est produite dans la bouche. Donc on a un pH qui est tout à fait normal de 4, 5 dans l'estomac. Et on comprend normalement assez vite que quand le phale a l'estomac vide, la salive ne vient pas équilibrer le pH. Et donc, on arrive à des gros soucis d'ulcères gastriques. Donc les ulcères, on pourrait... On parlait des heures sur la façon dont on met. Globalement, voilà pour l'estomac. Après, tu as l'intestin grêle, où là, en gros, pour ceux qui ont assisté à quelques-unes de mes formations, en gros, vous imaginez un tuyau d'arrosage de 20 mètres ou 25 mètres qui se tord très facilement et donc qu'il faut, pareil, qu'il soit tout le temps plein et alimenté par l'estomac. Là, il se passe une grande partie de la digestion, notamment des protéines et puis de certains sucres, sous l'action de tout un tas de molécules qui vont venir dégrader. Et puis, il y a aussi de la forfait, on se fait pas mal des nutriments dans cette partie-là. Et puis, la grosse particularité ensuite, c'est ce gros intestin qui est en fait une cuve de fermentation où il y a... Et c'est là que se passe la digestion des fourrages, sous l'action de petits microbes, de tout un tas de petits microbes. Ce n'est pas des méchants microbes, c'est des microbes hyper sympas. Des bactéries, des champignons, des protozoaires. Et en fait, là, autant le temps de transit dans les premières parties, c'est rapide. En 5 heures, entre l'estomac et l'intestin grêle, c'est fait. Et là, on est plutôt sur une durée de 25-30 heures dans le gros intestin. Parce que les fermentations, la dégradation des fourrages, c'est un processus qui demande du temps.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
mais qui est essentiel chez le cheval parce qu'à l'époque, il y a des centaines d'années ou milliers d'années, le cheval n'avait pas son aliment floconné ou son aliment granulé et pourtant il vivait. En fait, il tire l'essentiel de ses nutriments et il couvre ses besoins en mangeant des fourrages. Donc c'est bien qu'il est tout à fait capable de dégrader ses fourrages en tout un tas de nutriments essentiels. Et on sait que 70% de son énergie, il l'attire de la dégradation des fourrages dans le gros intestin. Et on l'oublie trop souvent. Voilà, on l'oublie trop souvent.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu penses qu'un cheval qui ferait du sport, on va dire pas de haut niveau, mais genre un cheval de propriétaire classique qui ferait quelques courses dans l'année ou par exemple qui ferait quelques parcours, il pourrait se suffire d'un fourrage ? au caneté par exemple ?
- Speaker #1
Pour couvrir ses besoins en énergie, oui. Par contre, c'est tout le reste. En fait, la seule chose qu'on voit, d'une certaine manière, c'est l'état du cheval. Mais l'état du cheval ne reflète que la couverture de ses besoins en énergie. Par contre, ce n'est pas parce qu'un cheval est en état ou rond ou maigre ou pas, qu'on couvre ses besoins. en oligo-éléments, en vitamines ou en minéraux. Donc en fait, il faut faire vraiment attention à la supplémentation, bien connaître son foin, c'est la base en fait. Alors les chevaux d'endurance, ça fait longtemps que je le dis, ils sont quand même très bien lotis dans le monde de l'équitation, parce que les chevaux d'endurance, ils sont souvent dehors, ils ont accès à du forage, les propriétaires, ils savent quoi. Ce ne sont pas des chevaux qui sont très rarement au box sur les stiers de copeaux avec 3 kg de foin par jour. Non, ils sont souvent au paddock avec leurs copains ou pas, mais en tout cas, ils sont bien et ils ont du foin à volonté. Donc du coup, le foin représente 80-90% de la ration et souvent, on néglige un peu finalement. sa valeur nutritionnelle. On n'a aucune idée finalement des valeurs du foin. Il faut pour moi travailler sur l'analyse de fourrage si on veut avancer, si on veut bien complémenter et choisir sa complémentation de façon raisonnée.
- Speaker #0
Donc chaque fois qu'on change de foin ou tous les ans par exemple, il faudrait faire une analyse du foin pour savoir exactement ce que le foin apporte ? Éventuellement, rajouter du coup une complémentation. Adapter quoi ?
- Speaker #1
Oui, après, la façon, la régularité de l'analyse de fourrage, tout ça, c'est vraiment en fonction des écuries, des situations. Il y a des fois, les gens produisent eux-mêmes. D'autres fois, c'est l'agriculteur du coin. Ou d'autres fois, ils subissent un peu ce qu'on leur livre parce que c'est le négoce, c'est le gars qui... qui vient avec son camion et puis en fait on n'a même pas le choix. Mais en attendant, de toute façon, plus on fera des analyses de foin, plus on aura aussi, en fonction de la région où on est, il y a des choses qui sont variables et mieux on connaîtra les forages et la qualité des forages, mieux on pourra adapter la complémentation.
- Speaker #0
D'accord. Et j'imagine que lorsque le cheval mange et ce qu'il absorbe, il y a une grosse différence ? Est-ce qu'il y a des choses en particularité qu'il a du mal à absorber, même s'ils sont en quantité suffisante, ou dont il a le plus besoin pour travailler, et que ça, par contre, on est sûr qu'il faut l'ajouter dans la complémentation du cheval ?
- Speaker #1
En fait, le cheval, il est fait pour digérer des fourrages. OK ? Pas de problème. Attention, quand on peint des fourrages, comme on veut lui en donner plein, parce que normal, il ne faut pas qu'il soit trop riche. Donc, surtout les chevaux d'endurance. Parce que plus ton fourrage est riche, par exemple, en sucre, moins tu peux lui en donner, en fait. Parce que tu es obligé de restreindre la quantité. L'idée, c'est de ne pas restreindre la quantité de fourrage. consommés par nos faux. Et après, on lui donne des aliments ou des compléments alimentaires qui vont venir fourrir et équilibrer finalement cette ration de fourrage. Et on sait très bien que les faux ne sont pas trop faits pour manger beaucoup de céréales, par exemple. Ils ont un peu de mal à digérer l'amidon des céréales. Donc là, il faut être vigilant. Mais voilà, après, du coup, ça, c'est vraiment le point de vigilance à avoir. C'est la composition des aliments qu'on va utiliser. Ils n'aiment pas non plus... Alors là, c'est pas tant sur... Ils n'aiment pas les gros repas de compléments parce que le resto m'a épris, parce qu'ils ne sont pas faits pour ça. Ils sont faits pour manger tout le temps, mais en petite quantité. Donc, des repas de 6 litres, c'est horrible. En gros, tu donnes un repas de 6 litres, 6 litres, peu importe, on parle en litres, chacun fera la conversion, mais des gros repas volumineux, tu n'as pas la moitié qui est absorbée, au fond. Et le pompon, derrière, c'est que ça peut finalement entraîner des déséquilibres au niveau de l'estomac et aussi dans le gros intestin. Donc, voilà un peu ce que je peux te donner comme exemple.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des erreurs ? Toi, tu fais beaucoup de formation pour apprendre aux cavaliers, surtout d'endurance, à bien nourrir leurs chevaux, ce qui est un point essentiel quand on veut progresser en endurance. Est-ce que toi, tu vois des erreurs que font très souvent les cavaliers ?
- Speaker #1
Là, comme ça, débutant blanc, je te dis les trucs. Changez d'aliment juste avant les courses.
- Speaker #0
horrible,
- Speaker #1
faut pas changer une fois que la ration est stabilisée c'est pas quand on a des doutes au dernier moment parce qu'on se dit peut-être que ça sera mieux, non on change rien il faudrait les faire pendant le temps à l'avance il faut que ça soit stabilisé trois semaines avant ok ça c'est gros red flag faut pas changer d'aliment Lâcher son cheval dans un paddock hyper plein d'herbes, par exemple, le jour de la course. Alors qu'il vient d'un endroit où, je ne sais pas, il est dans un paddock sec, il mange du foin et puis on arrive trois jours avant la course ou deux jours avant la course. Et c'est chouette, il y a plein d'herbes et puis on fait son paddock et puis là, il se gave.
- Speaker #0
Quel serait l'idée ? En fait, c'est justement que le cheval se gave de...
- Speaker #1
Ah, bien, des... problème de métabolisme derrière. C'est-à-dire qu'en fait, le rythme, c'est exactement comme un changement d'alimentation. C'est que tu vas déstabiliser... En l'occurrence, ça t'amène des sucres, des protéines à bloc, alors que le cheval n'est pas du tout habitué à manger ça. Donc, tu as un gros déséquilibre au niveau de la microflore du gros intestin. Et puis derrière, tout un tas de problèmes métas le lendemain. Tu peux avoir aussi... un peu de colique même la veille de la course. Donc voilà.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Faire attention.
- Speaker #0
On dit qu'il vaut mieux mettre un cheval d'endurance dans un pré où il n'y a pas beaucoup d'herbe et le supplémenter en foie que le mettre à l'herbe très, très verte. Je suppose que ça dépend aussi du moment dans l'entraînement. Mais qu'est-ce que tu en penses, toi, de mettre un cheval d'endurance dans un espace où il y a trop d'herbe, trop riche ?
- Speaker #1
De toute façon, ce n'est pas du tout fait. Non. Et effectivement, ce que tu viens de me dire, c'est ça, c'est la pratique. C'est qu'il faut stabiliser la ration, il faut maîtriser l'alimentation. Quand tu mets ton cheval d'endurance à l'herbe, tu ne maîtrises rien. L'herbe, elle varie beaucoup. Donc, un coup, il va être trop gros après ceci, après cela. Et puis, tu as une quantité de sucre importante, tu ne maîtrises pas grand-chose. Donc, à partir du moment où ton cheval est en compétition et que tu veux faire les choses bien, on va dire, il faut mieux le mettre en paddock. Il grignote, il grignote son herbe. Et par contre, ta ration, c'est du foin, ton aliment et tes compléments si tu as besoin. Oui, tout à fait. C'est sûr.
- Speaker #0
En dehors de la saison d'entraînement, genre OK pour qu'il aille.
- Speaker #1
Il peut aller au repos. Oui. Il peut aller au repos. Même après une grosse course, histoire qu'il se refasse, tu le mets à l'herbe. Mais après, il faut le remettre dans son paddock avec son foin, tout ça. Et après, on reprend l'entraînement. Parce qu'en fait, l'herbe, c'est quelque chose qui est hyper riche en énergie. Donc, en fait, tu peux avoir des soucis très vite sur des chevaux un peu sensibles, des soucis musculaires, des myosites et tout ça. Mais c'est sûr qu'il faut maîtriser l'alimentation et l'alimentation parfaitement contrôlée.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est une myosite ?
- Speaker #1
Une myosite, c'est ce que certains expérimentent malencontreusement. Parfois en entraînement, parfois en début de course, enfin parfois ça dépend, il peut y avoir à différents moments. Et puis finalement, c'est souvent en lien... Alors tu as la partie génétique, tu as des chevaux qui sont plus sensibles à ça que d'autres. Souvent les petits juments un peu tendus. Là, il faut vraiment caler l'alimentation en amont, caler le travail tout le temps pour que... pour qu'elle ne fasse pas des myosites trop souvent, parce que finalement, on peut avoir des dommages importants au niveau du muscle. Donc, il y a des chevaux qui ont pensé des petites myosites, le cheval s'en remet, il va uriner un peu foncé, et puis il est un peu raide. Mais il y a des myosites très importantes qui compromettent complètement l'avenir du cheval derrière. et qui créent des dommages irréversibles au niveau de la structure musculaire. En fait, c'est un déséquilibre entre l'apport alimentaire, en énergie surtout, et le travail. Donc en fait, quand c'est bien aligné, tout va bien. Mais si par exemple, tu diminues la charge de travail en laissant la même alimentation, tu as trop d'énergie par rapport à l'activité. Et là, en fait, tu as un stockage d'énergie dans le muscle. et qui fait qu'au démarrage du travail, ça casse. Donc il faut toujours que les apports soient alignés aux besoins, sinon ça ne va pas.
- Speaker #0
Mais le fait, par exemple, début d'une course, donc on a trop d'énergie dans les muscles, et là on va redonner plus de travail, et en fait, qu'est-ce qui va se passer ? Parce qu'on pourrait croire que du coup, c'est trop plein d'énergie. On pourrait dire, ah, j'ai envie que mon cheval stocke de l'énergie dans ses muscles pour entrevivre, et que du coup, il en ait plein pour la course, mais en fait, ça ne marche pas comme ça.
- Speaker #1
Sauf que non, ça ne marche pas comme ça, c'est ça, les stocks d'énergie, après, le métabolisme, c'est plus complexe. Mais oui, l'énergie n'est pas stockée, enfin, il y a une partie qui est stockée dans les muscles, et d'autres dans d'autres organes, et donc, en fait, la capacité de stockage des muscles, elle est limitée. Donc, en fait, c'est quand on apporte trop d'énergie d'un coup, ça vient surcharger finalement le muscle.
- Speaker #0
Ok. Est-ce qu'il y a d'autres erreurs que font les cavaliers d'endurance par rapport à l'administration de leurs chevaux ? Que te dire ?
- Speaker #1
On a parlé de l'herbe, des forages. Il y en a tellement pensé que, ouais, je ne sais pas si c'est des erreurs courantes. pas donner assez de fibres en cours peut-être je dirais que mais ça c'est pareil c'est il vaut mieux donner des fibres pendant la course que des aliments riches en amidon ça c'est sûr pour soutenir la fonction digestive voilà on donne un peu d'aliments habituel et puis on en fait sur sur de l'aliment des fibres absolument du foin de l'aliment fibreux pour que En fait, très clairement, la fonction digestive, quand tu lui apportes... Elle se traduit par les bruits digestifs. Ce n'est pas que les vétos écoutent. Ils n'écoutent pas que le cœur. Ils écoutent les bruits digestifs. Et en fait, un cheval qui n'est pas fatigué, qui mange encore, il a des bruits digestifs, du coup. Et du coup, c'est un signe auquel le cheval repart. Par contre, quand tu n'as plus de bruit digestif, c'est un signe de fatigue, clairement. Parce qu'en gros, il est fatigué et du coup, tout l'afflux sanguin va aller vers les muscles au détriment de l'intestin et de la fonction digestive. Et la manière de stimuler, de continuer à faire en sorte que ça fonctionne bien, c'est de donner des fibres pendant les bêtes. Ok.
- Speaker #0
Je me disais, c'est au téléphone que... Au début, les gens te trouvaient un peu bizarre de marcher les chevaux avec le flanc. Et maintenant, c'est vrai qu'on le fait presque.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est vrai que ça fait longtemps que je...
- Speaker #0
J'étudie la question de l'alimentation du cheval et puis ça fait longtemps que je me dis en fait il faut absolument à l'époque enfin il y a vingt ans donc Il n'y avait pas trop de recherches on savait pas exactement quoi donner en course même en entraînement en course chacun faisait et faisait et faisait et j'ai vu des trucs assez incroyables sur des sur des vêtements avec des rations c'est étonnant et et voilà l'évident c'était quand même que il fallait effectivement nourrir absolument le fait et souvent avant on avait tendance à une fois qu'on scellait le cheval pour repartir ben on le marquait on pensait autant on pensait à le à le à samco à ses muscles finalement à le remettre un peu en route on Mais en attendant, on perdait peut-être 10 minutes, un quart d'heure, le temps de sceller et de s'approcher de la ligne de départ. Il y avait 10 minutes, un quart d'heure finalement qui étaient disponibles aussi pour cette consommation de foin ou de fibre. Et à l'époque, on est plusieurs à s'être dit, mais en fait, il faut absolument profiter jusqu'au bout de cette consommation de fibre. Et maintenant, ça s'est démocratisé, c'est sûr.
- Speaker #1
Quelle serait la meilleure manière de nourrir un cheval pendant une course d'endurance ? C'est une idée que déjà, il faut qu'il mange des fibres un maximum, qu'il ait la même alimentation qu'il a à la maison. Certains proposent plusieurs aliments, plusieurs genre-sauts avec des aliments différents. Qu'est-ce que tu en penses ? Quelles sont les bonnes habitudes à avoir ?
- Speaker #0
Alors déjà, c'est sûr qu'il faut apporter du fourrage toute la nuit. Il faut vraiment faire attention. Et puis, quand on peut emmener son foin, c'est top. Parce que là, il n'y a pas de changement de foin. Des fois, on arrive sur la course et puis le foin... Enfin, maintenant, ça n'existe pas. Les choses ont tellement évolué, en positif d'ailleurs. Mais ouais... Donc on peut amener son foin et puis pas l'été la veille de la course sans cheval ou boxe ou sans attention. Il faut vraiment être là pour surveiller qu'il consomme bien, qu'il n'y a pas de soucis. Et puis après pendant la course, alors il y a une grande question et ça fait rire souvent les gens avec qui je discute de ça. Sur des grosses courses, là on parle de grosses courses parce que les petites courses, c'est moins... complexes, on va dire. Mais sur des grosses courses, la question, c'est qu'il faut nourrir avant ou pas, nourrir ou pas avant le départ. Oui. Voilà, là, c'est vraiment, mais c'est la grosse énigme. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il faut nourrir suffisamment. Si on choisit de nourrir, il faut le faire suffisamment longtemps avant le départ, et puis surtout pas une grosse quantité, quoi.
- Speaker #1
Évidemment, combien de temps à peu près ?
- Speaker #0
Deux heures, quoi. Deux heures, au moins deux heures. Oui.
- Speaker #1
Aujourd'hui, même toi, avec toutes les études que tu as faites, on ne sait pas exactement si c'est bénéfique au cheval de partir en ayant...
- Speaker #0
Non, il n'y a pas de réponse aujourd'hui.
- Speaker #1
Ok. Chaque cheval a une réponse ou c'est qu'on n'arrive pas à trouver la réponse ?
- Speaker #0
Non, c'est qu'en fait, il n'y a pas aujourd'hui de recherche sur ce... Il n'y a jamais eu d'études, en fait. Donc, il y a plein de questions qui restent en suspens. Ça, c'est sûr. C'est pour ça qu'il faut aussi de la recherche. Mais voilà, ouais. Et après, pendant les vêtes, ce n'est pas du tout choquant d'avoir effectivement plusieurs aliments différents, même ceux que les chevaux ne mangent pas habituellement. L'idée, c'est qu'ils mangent. Mais évidemment qu'ils mangent un petit peu d'aliments qui te refassent un peu d'énergie. Mais par contre, il ne faut pas le laisser manger son floconné à 25% d'amidon pendant les 40 minutes de pause. C'est sûr que non. On donne. un repas, ce qu'il va bien manger, et puis après, on passe au film. Ok.
- Speaker #1
Il y a certains chevaux qui ne mangent pas entre les vêtes ou qui ont envie d'aller manger l'aliment du copain à côté. Ça m'est déjà arrivé. C'est pas grave,
- Speaker #0
ça.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'il faut faire ?
- Speaker #0
C'est pas grave, il ne faut pas le laisser... Pareil, il faut limiter la consommation, mais c'est pas grave. C'est parce que le système digestif est tellement sollicité qu'il faut laisser le cheval manger ce qu'il a envie de manger en petite quantité quand il si c'est l'aliment du voisin batant mieux quoi tant il m'a dit de l'hypothèse faut pas qu'ils mangent c'est toujours limité quoi non sûr quand nous en course je sais pas si tu cours ou si tu pas sa pied les gars qui font du trail le savent en fait le système digestif il est tellement sollicité que c'est une journée complètement spéciale à part et en fait tu manges des compotes les uns ça va être plutôt des compotes l'autre ça va être des chips on sait pas pourquoi c'est des journées à part et l'idée c'est quand même qu'on continue à faire fonctionner son système digestif de façon à peu près acceptable parce que le problème numéro un entre elles, enfin un des problèmes importants, c'est les problèmes digestifs. Et en fait, on est un petit peu pareil pour l'endurance équestre.
- Speaker #1
Il y a un lien entre déshydratation et mauvaise alimentation sur la cour ?
- Speaker #0
La déshydratation... Oui, ça peut. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'un cheval qui consomme, il ne faut pas oublier ça non plus, c'est qu'un cheval qui consomme du fourrage suffisamment, en fait, on sait ça et ça, c'est scientifiquement connu, c'est qu'il a un plus gros réservoir d'eau et d'électrolytes dans le gros intestin. Donc, et d'où l'importance de la consommation d'un fourrage de qualité, surtout pour les chevaux d'endurance, parce que c'est vraiment un point. hyper sensible cette déshydratation au cours de l'effort. Et après, c'est sûr qu'on peut faire des bêtises et provoquer ou accélérer la déshydratation avec des mauvaises pratiques. Je pense qu'en fait, dans un sens, le fait qu'il mange, ça va lui donner envie de boire aussi.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
il faut faire des bêtises. Mais dans tous les cas, c'est vrai qu'en tout cas, il y a une chose qu'il faut se dire aussi, c'est que l'enjeu, ça devient un enjeu sur des grosses courses. Mais sur 60 km, un cheval qui ne boit pas, ce n'est pas grave. Un cheval qui ne mange pas entre ces deux boucles, enfin, ça c'est moi, mais un cheval qui ne boit pas entre ces deux boucles de 30 sur une 60, ce n'est pas très grave. Sur 90, ce n'est pas... Voilà, c'est après, quand ça va vite, quand c'est plus long que là. Mais pareil, il ne faut pas aller… Enfin, je pense que c'est quand le cheval, il est stable, il est entouré d'une équipe et qu'il n'y a pas de problématiques. C'est tout ce travail avant, quoi, qui fait que le jour où il arrive sur 120 ou 160, il est prêt. Mentalement aussi, il n'y a pas que les muscles et tout ce qu'on… C'est le mental qui est hyper, hyper important. Donc finalement, allez. les gens et les entraîneurs le savent, c'est que dès que tu commences à emmener ton jeune cheval sur des courses, que tu lui apprends tout ça à manger, à boire, à se détendre, à se dire que là, on passe aux fêtes et après, on va pouvoir aller manger des choses. Enfin voilà, c'est ça qui joue vachement et c'est ça qui est super intéressant dans l'endurance. C'est cette progression. Moi, j'ai beaucoup aimé l'endurance. faire progresser des jeunes chevaux. En gros, les faire devenir des chevaux matures. Au départ, ils sont tout agités, ils ne connaissent rien. Et puis petit à petit, tu les emmènes vers une certaine maturité. Et c'est là que c'est chouette. Cette progression-là, elle est super chouette à voir.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une vraie différence entre la nutrition, par exemple, d'un cheval de haut niveau de CSO et un cheval de haut niveau d'endurance ?
- Speaker #0
Les bases sont les mêmes. Vraiment, les bases sont les mêmes. Après, l'effort n'est pas tout à fait le même. Les bases, c'est clair, c'est toujours un herbivore. Ça reste un herbivore, que ce soit un cheval d'1% arabe d'1m55 ou un tel français d'1m70. Ça reste des herbivores. Donc, ils ont besoin de fourrage de qualité. Après, il y a des particularités en termes d'effort qui nécessitent certaines adaptations. Mais au final, par exemple, on dit souvent que les chevaux d'endurance, ça fait longtemps qu'on dit qu'il faut varier les sources d'énergie. C'est-à-dire combiner l'amidon, les sucres, avec la matière grasse et avec les fibres solubles aussi, comme certaines matières premières, comme la pub de betterave et tout ça. Ça, ça fait hyper longtemps. Mais ce discours-là, il arrive aussi dans les autres disciplines, peut-être avec un peu de retard. Parce que le bon cœur... En fait, en endurance, ce qui est hyper intéressant, c'est qu'on est obligé d'avoir une vision globale. de tous ces éléments-là, que ce soit de l'entraînement, de l'alimentation, de la maréchalerie, de tout, quoi. On ne peut pas... Mais alors, je pense que les gens qui font de l'endurance, c'est ça qu'ils aiment. C'est ce côté hyper complet où tu réfléchis quand même tout le temps à te dire comment faire. Et c'est ça qui a poussé, je pense... Enfin, pour moi, ça fait longtemps qu'on maîtrise quand même l'alimentation du cheval d'endurance, à part les quelques erreurs, mais ça, on... Tout le monde peut faire des erreurs. Dans les autres disciplines, ce n'est pas la même approche du cheval. Mais bon, il y a beaucoup de choses qui s'améliorent. Je pense que là où il y a vraiment une particularité, c'est aussi chez les chevaux de course. Là, on est dans les extrêmes. D'un côté, tu as des chevaux d'endurance qui font 160 km et les autres qui font quelques centaines de mètres sur un hippodrome. à fond, qui ont un mode de vie complètement différent. Et c'est encore... C'est compliqué pour ces purs temps de course. L'alimentation, en général, c'est un peu compliqué.
- Speaker #1
Dans l'accompagnement de ces chevaux-là, toi, en tant que nutritionniste, c'est un challenge encore plus important. Oui.
- Speaker #0
Oui, oui. Peut-être parce que je connais très bien l'endurance. Mais non, je dirais quand même que les chevaux d'endurance, ils sont dans des conditions… Ils mangent du foin. Je n'ai pas souvent vu un cheval d'endurance qui boude de façon… Enfin, sur du long terme, du foin. Les chevaux de course, ils sont souvent très tendus. Il y a encore des écuries où, finalement, les rations sont tellement importantes, les rations d'aliments, que… Les chevaux consomment peu de foin, donc on dit souvent qu'il faut entre 10 et 15 kg de foin ingéré. Eux, ils en consomment 5 kg, c'est top, c'est déjà ouf. Et donc derrière, par contre, ils ont des 10, 12, voire plus litres d'aliments. Plus tu donnes de l'aliment comme ça, plus le cheval a une capacité d'investion limitée. Donc si tu remplaces finalement, si tu donnes 12 litres d'aliments, il va manger moins de foin, ça c'est sûr. Et moi j'ai vu, quand j'étais à Dijon, on avait aussi des chevaux trotteurs déréformés. Et en fait ces chevaux-là, quand ils arrivent, ils reviennent d'écuries d'entraînement, un peu tendus, le ventre tout remonté souvent, enfin avec des ulcères. Et en fait, il leur faut, et je dis souvent avec cette expérience-là que j'ai vu qu'en fait, les chevaux, ils ont besoin de redevenir des herbivores. Pendant plusieurs mois, ils ont été dans des conditions assez éloignées de leur nature, de leur physiologie. Et ils ont besoin derrière, de un an, deux ans, voire plus, pour redevenir des herbivores. Et ils réapprennent à manger du foin à 10-12 kilos, mais ça vient, mais c'est parfois un peu gonfier.
- Speaker #1
Du coup, le phare d'endurance, lui, par définition, ils ont eu proposé du foin de manière suffisamment à volonté. Ça a continué à fonctionner bien.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'est nécessaire, quoi, de toute façon.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, c'est la base. Alors, je fais juste un petit complément. C'est que maintenant, du coup, les gens savent globalement qu'il faut donner beaucoup de fourrage. Et donc, quand je leur pose des questions, quand je viens faire des bilans nutritionnels ou des choses comme ça, je dis alors, il mange combien de fourrache ? Oh ben, il est à volonté. Et je leur dis, oui, mais combien il consomme ? Il est à volonté, donc je dis, ça ne me dit pas combien il consomme. Est-ce que vous avez déjà pesé et estimé la quantité de foin consommé ? C'est la première chose à vérifier. Parce que ce n'est pas parce qu'il est à volonté. C'est pas parce que c'est comme nous, je sais pas moi, c'est pas parce qu'on a du chocolat dans l'armoire qu'on le mange. Voilà, c'est... Donc voilà, il y a des petits trucs comme ça de temps en temps qui sont pas très compliqués à faire pour vérifier que le cheval conforme bien. Mais ça, c'est pour tout quand il y a des problèmes. Enfin, quand il n'y a pas de problème, quand ça roule, il n'y a pas tellement à se poser de questions. Mais souvent, je suis appelée quand il y a des problèmes. Donc voilà.
- Speaker #1
Le genre de problèmes t'a amené à voir quoi. Pourquoi les gens t'appellent ?
- Speaker #0
En endurance ? Ouais. En endurance ? C'est pas un défaut qui... Alors ouais, les derniers en date... Dernier, c'est des chevaux qui sont pas en état. Et en fait, je vais là-bas et je me rends compte que les chevaux mangent pas assez de foin. Ils ont du foin à volonté, mais pour différentes raisons, ils le mangent pas.
- Speaker #1
Et pourquoi ils ne mangent pas ce foin ?
- Speaker #0
Parce qu'en l'occurrence, il y a plusieurs explications parfois. Ça peut être exactement comme... ou dans des rations de chevaux de course, où il y a beaucoup d'aliments concentrés, et du coup, les chevaux n'ont pas faim, ils ne boivent plus d'herbe, enfin de foin, par exemple, pardon. Ça peut être un problème de qualité du forage aussi. Ça, il faut faire pareil, d'où les analyses de forage, qui sont quand même de temps en temps essentielles. Il peut y avoir aussi des troubles en lien avec l'eau, la qualité de l'eau. Voilà, tout ça, quand je vais dans une écurie, je regarde tout ça. Un autre exemple, c'est que, Pareil, dans une écurie, il y a quelques chevaux qui ne tiennent pas en état, alors qu'ils n'ont rien changé. C'est souvent ça, on n'a rien changé, on ne sait pas ce qui se passe. Et en fait, il s'avère que ces chevaux-là, c'est ceux qui ont du soin mouillé parce qu'ils sont un peu sensibles au niveau respiratoire. Et là, je dis, mais combien de temps vous avez laissé le foin tremper dans l'eau ? 24 heures. En fait, c'est beaucoup trop long. Pour des problèmes respiratoires, c'est deux heures. Si vous laissez plus longtemps, vous altérez complètement la valeur énergétique du foin. Tous les sucres sont lessivés. Et ça, c'est top. En fait, quand tu veux faire maigrir un poney fourbu, tu trembles le foin 24 heures. Et là, du coup, c'est bien. Mais pour des chevaux d'endurance qui ont des besoins en énergie super élevés, voilà. Voilà. Donc, ça, c'était... Et puis sinon, dernièrement, j'ai un cheval qui ne récupère pas. Un cheval qui allait super bien début de saison. Et puis au fur et à mesure de la 90, il fait une super courte. Et puis quand il reprend le boulot, il recourt. Et c'est la cata, il ne récupère plus. Il y a différents signes. Et puis là, qu'est-ce que j'ai fait ? Là, comme ça, je suis incapable de dire. Donc, ma démarche, c'est toujours la même histoire, vérifier le foin, faire une analyse de fourrage. Regarde, c'est pas en fait... Alors, oui, j'ai fait 10 ans en entreprise de nutrition animale chez des fabricants. Et en gros, quand il y a un problème dans des écuries, tout le temps, on a faute de l'aliment. C'est... Voilà. En fait, pourquoi ? C'est juste que globalement... Une fois que le véto a fait la... Parce que t'appelles qui quand t'as un problème ? T'appelles un véto. Un chien. Et ton fournicheur. Voilà. Globalement, c'est ça. Donc, quand le véto n'a pas trouvé la solution, c'est le fabricant qui... Et puis, c'est toujours la faute. Mais en fait, c'est pas souvent la faute de l'aliment. Moi, en tout cas, avec le recul de toutes ces années, c'est souvent... Enfin, une fois qu'on a une ration équilibrée, évidemment, si tu donnes plein d'aliments pas adaptés, oui, mais souvent, là... derniers cas, c'est en lien avec du foin. Et là, en l'occurrence, j'ai détecté, avec une analyse de fourrage assez complète, qu'il y avait un énorme excès en fer dans le foin. Et donc, en gros, potentiellement, un impact sur l'ensemble du métabolisme, de l'assimilation d'autres minéraux, d'autres oligo-éléments, qui fait que, du coup, tout est détraqué. Voilà. Et il avait Ce cheval-là, en plus de ne pas trop récupérer, avait des problèmes de pied. Les problèmes de pied peuvent être en lien avec une mauvaise absorption du zinc, du cuivre, des choses comme ça. Il faut creuser un peu. Les analyses de foin sont essentielles. En fait, c'est toujours la même histoire. On le redit, la majorité de la ration d'un cheval est la plupart du temps... Il faut d'abord regarder ce qu'il y a dans le foin avant d'aller... Et puis surtout, des erreurs aussi que je vois, la dernière, c'est les supplémentations à outrance et à gogo. Donc, comment on dit, le mieux est l'excès du bien, ou je ne sais plus comment on fait. Mais en gros, ça n'a aucun sens de rajouter des courges. À un moment donné, on arrive à des excès de certains vélodos qui peuvent... C'est des rations complètement déséquilibrées, donc il faut faire attention aussi à ne pas ajouter je ne sais pas combien de compléments alimentaires sur une ration qui est déjà normalement... En tout cas, sans savoir. Sans savoir.
- Speaker #1
Pour toi, pour un cheval qui va aller faire, on va dire, à partir de 100 km, est-ce qu'il y a besoin forcément de rajouter des compléments alimentaires en plus de la ration ou pas ?
- Speaker #0
Non, pas forcément. Tout dépend de la qualité de ton foin, de l'aliment que tu mets par-dessus.
- Speaker #1
C'est l'analyse du foin qui permet de savoir ce qu'il faut rajouter, en fait.
- Speaker #0
Ouais, et puis ton cheval aussi, la connaissance de ton cheval. Évidemment, il y en a plein. Il y a aussi des chevaux qui ont des particularités, des sensibilités. C'est à force, mais ce n'est pas systématique. En analysant la ration de base, l'aliment, c'est un bon aliment. Souvent, il est tout à fait équilibré pour couvrir l'ensemble des besoins et compléter correctement un fourrage. Et puis derrière, il y a beaucoup de gens qui rajoutent des matières grasses, par exemple. Mais en fait, ça dépend de la teneur en matières grasses de l'aliment que tu distribues. Si c'est déjà un truc à enrichir en matières grasses, à 6, 7, 8 de matières grasses, tu n'as pas forcément besoin d'aller chercher à rajouter de l'huile de colza ou de l'isioquate.
- Speaker #1
Et par exemple, tous ces mélanges que les céleries vendent ? vitamines, plus, énergie boost, ou j'en sais rien quoi. T'en penses quoi, toi,
- Speaker #0
de ce... Moi, j'en pense que c'est toujours pareil. Est-ce qu'on en a besoin ? C'est définir... C'est exactement comme l'alimentation humaine, quoi. Des suppléments, on en rajoute si on en a besoin. Je sais pas, si t'as des problèmes articulaires, tu prends un complément adapté. Si tu as tendance à avoir... Enfin, je vais revenir au chevaux parce que je vais tenir le petit cheval. Le petit cheval, il a tendance à être un peu raide. En démarrage d'exercice, tu vas pouvoir lui donner des trucs adaptés. De temps en temps, il y a besoin de refaire une cure hépato. pour assainir tout ça. En ce moment, je fais une petite cure de jus de citron le matin. Mais c'est raisonné. Je sais pourquoi je le fais. Et pour les chevaux, c'est pareil. Tout ça, c'est hyper intéressant. Il faut faire attention à la composition des aliments, aux marques aussi, qui sont à la qualité souvent de... de ce qu'il y a dans ces supprimants nutritionnels. Si je peux, en tout cas, donner un petit indicateur, par exemple, les oligo-éléments, ils sont cuivres, zinc, sélénium, tout ça, ils sont beaucoup plus assimilables quand ils sont sous une forme télatée. C'est écrit, ça, en fait, sur l'étiquette ou sous une forme organique, parce que ça, c'est en fait quand c'est leur forme naturelle, on en trouve comme ça dans le fourrage, dans l'herbe. parfois et pourquoi on met d'autres formes un peu moins naturelles, ça coûte moins cher. Globalement, il ne faut pas regarder au moins cher, ce n'est pas la bonne démarche. Il vaut mieux en mettre moins de qualité et un peu plus cher, certes, mais au moins c'est assimilé, il n'y a aucun risque et tout ça. Mais toujours raisonner, quoi. Pas faire à l'aveugle. Ouais.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des prises de sang qui nous permettent de savoir un peu quels sont les manques en vitamines, par exemple, du cheval ? Qu'est-ce que t'en penses, toi, de ça ?
- Speaker #0
Moi, je pense que l'analyse de sang, c'est pas forcément utile quand tout va bien. Parce que c'est pas ça qui va montrer... En tout cas, non. L'analyse de sang n'est pas... ne traduit pas forcément des carences en vitamines ou oligo-éléments. Parce que les teneurs dans le sang sont souvent régulées et maintenues stables, donc ça ne reflète pas forcément le réel statut. Il faut vraiment comparer les apports aux besoins théoriques. Il faut faire des rations. Mais l'analyse de sang, il faut vraiment la prendre avec précaution. On a l'impression que ça va tout résoudre, tout dévoiler, mais pas du tout. En fonction que, enfin, si le cheval, ça dépend en plus quand la prise de sang est prise, par qui. Enfin, c'est vraiment délicat comme... acte en fait et souvent, parfois on me demande tu penses quoi de cette analyse de sang mais en fait j'en pense... Alors évidemment quand c'est une énorme myosite avec les cépicas, les machins qui sont explosés, ça c'est pas trop compliqué, on a compris quoi. Mais pour ce qui est des apports et pour les vitamines et tout ça, non, c'est pas forcément la bonne démarche, non.
- Speaker #1
Ok. Par exemple, il ne faut pas apporter plus de... Je pense que je vais te faire répéter ce que tu as déjà dit, mais remettre du fer en préparation d'une grosse échéance, par exemple, mettre plus de vitamine E ou de sélénium, ou j'en sais rien quoi, ça, ça va vraiment dépendre de si l'apport n'est déjà pas donné par l'alimentation de base. Sinon, il n'y a aucune raison qu'on en rajoute, même s'il y a une échéance sportive style une 120 ou une 160.
- Speaker #0
Non, en fait, il faut savoir qu'en fait, finalement, je veux dire, il y a plein d'oligo-éléments, vitamines, ça, qui ne sont pas stockés. Donc, en gros, si tu en donnes trop, alors que le cheval n'en a pas besoin, c'est direct dans l'urine.
- Speaker #1
Ça sert à rien.
- Speaker #0
Donc, il faut clairement, voilà, il y a la vitamine, le sélénium, tout ce qui est antioxydant et tout ça, ça peut être bien pour des chevaux qui... Tous les problèmes métaboliques, les vieux chevaux, PSSM, tout ça, c'est sous contrôle des vétos. Quand il y a des problèmes avérés, des pathologies, le vétérinaire est là pour donner les bons conseils. Et les ordonnances aussi, s'il y en a besoin. Mais pour moi, si ton phale va bien, il n'y a pas de problème spécifique. C'est à prendre au cas par cas. L'individu, il faut le trouver. Tu as un phale en particulier, il est comment ? Il a récupéré comment sa dernière course ? Est-ce qu'il consomme bien son foin ? Est-ce que ceci, est-ce que cela ? Et là, tu vas avoir un conseil adapté. Mais ce qui va pour un n'ira pas pour l'autre. Bien sûr. Alors au mieux, tu as perdu ton argent et au pire, tu déséquilibres tout et tu tapes un état. au bout de... Voilà.
- Speaker #1
Toi, en tant que nutritionniste, qu'est-ce que tu regardes ? Et aussi, en tant que nutritionniste et cavalière d'endurance, qu'est-ce que tu regardes qui est important dans la récupération du cheval, en fait ?
- Speaker #0
Au vet ou après ?
- Speaker #1
Après la course.
- Speaker #0
Après la course ? Oui. Ce que je regarde, déjà, c'est quand je le descends du vent et que je le mets au paddock, comment il se comporte. Et je trouve que, en fait, la course, elle est réussie quand ton cheval, il part au trot, rejoindre ses copains. Là, c'est que tu as tout gagné. Ça, c'est les meilleurs moments presque. Là, tu te dis que tu as réussi ta course. Et puis après, tu regardes qu'est-ce qui peut se passer. Souvent, ils sont un peu séchés. En fait, c'est l'eau. Ils perdent beaucoup d'eau. Et j'avais fait des études sur l'évolution du poids des chevaux pendant la course. Et puis après, toutes les semaines qui suivent. en combien de temps ils récupèrent leur poids d'avant, etc. Et on s'est rendu compte, effectivement, ils peuvent perdre jusqu'à 30 kilos. Mais c'est vraiment de l'eau, beaucoup d'eau qui est perdue. Et le transport du retour est souvent aussi vachement sollicitant pour les chevaux. Parce que souvent, c'est top quand ils boivent bien. Maintenant, on voit des pertes de confort quand même à la fin des grosses courses. C'est vrai que ça s'appelle des pertes de confort et on comprend pourquoi. Après, normalement, tu le laisses un peu au repos et puis il reprend son loop d'avant. Il se refait un peu et puis on lui redonne. Après, en général, il reste au repos pendant quelques temps après sa course. Donc, il ne faut pas oublier de baisser la ration. Il ne faut pas continuer. En tout cas, il faut ajuster les apports aux besoins comme d'habitude. Et puis après, s'il est mis à l'herbe, tu le remets au paddock un petit peu avant de le remonter pour éviter les petits soucis qu'on a évoqués tout à l'heure. Merci Théo. Est-ce qu'un cheval qui ne perd pas de poids pendant la course, ça veut dire qu'il a vraiment super bien vécu l'effort ? C'est un peu bête comme question. Est-ce qu'un cheval qui a perdu beaucoup de poids pendant une course, ça veut dire qu'il a vraiment subi la course ? Non,
- Speaker #1
je n'ai jamais fait le lien. En tout cas, c'est sûr que... Je n'ai jamais fait le lien entre... Mais on dirait qu'un cheval qui arrive trop mince ou maigre, Je ne veux pas dire le terme, mais si. Enfin, en tout cas, dans une autre étape à adapter, le risque d'élimination est plus important. Donc, il ne faut pas arriver avec des chevaux trop fit, quoi. Parce qu'en fait, l'énergie qu'il va utiliser pendant sa course, elle vient quand même de stocks anglicogènes musculaires, quoi. Pas que, bien sûr. Ça vient aussi de... de l'énergie qui vient de la dégradation des fourrages pendant l'effort. Mais il faut qu'il ait des stocks, des réserves.
- Speaker #0
Il faut trouver un équilibre entre un cheval suffisamment gros pour qu'il puisse faire un effort aussi long, mais pas trop gros, parce qu'il a besoin d'être aussi léger et à l'aise.
- Speaker #1
La note des chevaux, c'est ça. En fait, tu as souvent... La note d'état, en théorie, c'est noté de 1 à 5. Et le milieu, c'est en général 3. On dit qu'un cheval qui est... Après, c'est... Là, je ne peux pas le dire à l'oral, mais un cheval en état ni trop gros ni trop maigre, c'est très subjectif quand on le dit. Mais il faut éviter les extrêmes. Vraiment. Et en fait, l'idée, c'est de se dire qu'il ne faut pas de... gras. Il ne faut pas que le cheval soit gras. Il faut qu'il soit juste bien. Parce que le gras, un cheval trop gros, il a quand même du mal à... C'est comme les athlètes humains. Qu'ils soient musclés aussi.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Est-ce que tu peux nous parler de ce truc qui est hyper important et qu'on voit chez beaucoup de chevaux de sport et d'endurance, qui sont les ulcères ? Est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est ?
- Speaker #1
Les ulcères, c'est la maladie du siècle. Pendant longtemps, le problème majeur chez les faux, c'était les coliques. Mais maintenant qu'on a remis un peu le foin et tout ça dans les râteliers, en gros, le problème numéro un, c'est les ulcères. On dit que globalement, chez les faux de course, les 95, ils sont tous à un moment donné plus ou moins ulcérés. le faux d'endurance, pareil. C'est un mélange. En fait, si on revient un petit peu dans l'anatomie, dans l'estomac, tu as deux parties. Celle du bas produit de l'acide chlorhydrique, qui est essentiel à la digestion. Et la partie du haut, elle ne produit rien du tout. Elle est beaucoup plus fine. Et du coup, elle est très sensible à l'acidité. Et en fait, à partir du moment, j'ai dit tout à l'heure qu'en fait, normalement, le cheval, en tant qu'herbivore, il mange tout le temps des fourrages. Donc finalement, il a tout le temps l'estomac plein. Et donc, entre l'acidité qui est produite dans l'estomac par la muqueuse du bas et la salive, on arrive finalement à un pH, à un niveau d'acidité tout à fait acceptable, tout va bien. Et c'est quand le cheval ne mange pas, reste à jeun. que ça pose problème parce que du coup, l'acide chlorhydrique produit n'est pas tamponné par la salive qui est produite par la bouche. Et qu'est-ce qui se passe ? Du coup, notre muqueuse va protéger du haut, elle est exposée à l'acidité et finalement fait des ulcères qui sont, j'ai expliqué ça l'autre jour, c'est des espèces d'aftes en fait. Ça fait mal, nous quand on en a, ça pose... un petit truc, ça fait super mal dans la bouche. C'est un peu la même histoire. C'est très douloureux. Tu mets par-dessus de l'exercice, du mouvement, tu as tout cet acide qui est dans le fond de l'estomac qui vient figicler sur cette muqueuse du haut. Et là, bim ! Tu rajoutes ça, le stress ambiant, etc. ça te fait des ulcères. Voilà.
- Speaker #0
C'est quoi les symptômes des ulcères, Nico ?
- Speaker #1
Les symptômes des ulcères ? enfin souvent les ultères vraiment pas drôle c'est pas bien il est pas beau il perd de l'état il a le poil piqué il a le ventre tout retroussé ce qui l'a mal parfois on le voit aussi un peu tendu avec les naseaux tout tendu là tout dans l'inconfort complet quoi Donc voilà, là c'est des signaux très nets. Mais avant ça, tu peux avoir... Là en fait, je vois beaucoup de chevaux ces derniers temps qui ont des petits symptômes. Alors le baillement, on parle de les chevaux qui baillent beaucoup. Ça peut être un signe d'ulcère. Et puis tous ces chevaux qui sont un peu... Un peu, comment dire, un peu agressifs au sanglage. Ou quand tu les prépares, tu les ailes... Aïe ! couche un peu les oreilles, il vient te chiquer un peu au moment du sanglage, tout ça. Là, on peut suspecter des ulcères. Après, le seul moyen de vérifier, c'est la gastroscopie. Voilà, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Je sais peut-être que je me trompe, mais mon véto me disait qu'il n'y avait pas forcément de corrélation entre les symptômes et l'étendue des lésions, en fait, des ulcères dans l'estomac.
- Speaker #1
Oui, je pense qu'en fait, ça dépend vachement des chevaux. Il y a des chevaux qui... sont hyper dures à la douleur, d'autres beaucoup moins. En attendant, le résultat est le même. Il faut travailler, il faut soulager.
- Speaker #0
Parce que la gastroscopie est toujours intéressante à partir du moment où tu vois que le cheval a des symptômes d'ulcère. Est-ce qu'en fait, juste traiter de manière... Enfin, traiter peu importe la quantité de lésions, est-ce que ce n'est pas un peu direct ?
- Speaker #1
Disons qu'il faut toujours ramener... il faut tenter quoi il faut tenter de soigner et puis tant mieux si ça passe mais tu peux aussi perdre du temps certaines fois sans faire de gastroscopie mais après voilà c'est certain qu'il y a des fois il n'y a pas besoin de faire une gastroscopie pour savoir qu'est-ce
- Speaker #0
qu'il faudrait faire du coup pour limiter la douleur que produisent les ulcères chez le cheval notamment en compétition puisque parfois ça peut l'empêcher d'avoir des bonnes performances
- Speaker #1
Oui, c'est tout ce qu'on a dit là depuis le début. Déjà, la question, c'est qu'il y a la prévention et le soin. En général, la prévention, c'est quand même une bonne alimentation, en amont, suffisamment de fourrage, on évite les périodes de jeûne, on met du foin dans le vent. Il faut tout le temps que le cheval ait du foin. Il y a des fois... Tu vois, les chevaux, ils sont au paddock. Et puis, quand on les rend le matin pour les monter, et en fait, ils n'ont pas de foin pendant les quelques heures où on attend qu'on les rentre en fin de matinée pour être montés à 14 heures ou je ne sais pas quoi. Enfin, c'est un exemple. Là, il faut qu'ils aient du foin. Enfin, c'est tout le temps, tout le temps, tout le temps. Il faut qu'ils aient du foin en permanence à disposition. Et le mieux, c'est qu'ils ne mangent. Ce qui est problématique, évidemment, c'est qu'il y en a qui vont... qui ne vont pas manger au bout d'un moment. Bref, ça dépend des chevaux. Mais globalement, il faut avoir du foin souvenu en permanence. C'est sûr, la prévention, c'est le meilleur moyen. Et puis, éviter les grosses pâtes d'aliments, éviter l'amidon. Voilà, c'est... Enfin, l'amidon. Ce n'est pas éviter l'amidon, pardon. C'est éviter des trop grosses quantités d'amidon par repas. Voilà. Et par jour. Donc, voilà. Mais ça, c'est du bon sens. Après, quand l'ulcère est là et que tu as saison à faire, il y a tout un tas de protocoles qu'on peut mettre en place. Mais là, c'est le véto qui va gérer toute la partie soins parce que c'est souvent sous ordonnance. Il peut y avoir des compléments alimentaires qui soulagent. En gros, qui vont jouer le rôle de la... de la salive et venir, tu vois, tamponner l'acidité. Mais en tout cas, à un moment donné, il faut faire une pause et soigner le cheval, quoi, pour reprendre après. Parce que de toute façon, à partir du moment où il s'est réinstallé, même avec une super alimentation, tu peux pas, enfin, le soigner, et puis à un moment donné, il faut peut-être arrêter le travail, il faut arrêter l'aliment, il faut le mettre que au fourrage, enfin, du coup, ça nécessite quand même des, comment dire, des mesures
- Speaker #0
importante,
- Speaker #1
spécifique, oui.
- Speaker #0
Est-ce que l'apport de luzerne est intéressant dans les problématiques du ulcère et pour nourrir le cheval d'endurance de manière générale ?
- Speaker #1
La luzerne, c'est une super matière première comme plein d'autres. Tout dépend de la façon dont tu l'utilises. Par exemple, je dirais que si tu mets du foin de luzerne à volonté... Ça peut poser problème parce que c'est trop riche, il y a du sucre, il y a de la protéine, donc ce n'est pas du tout à utiliser à volonté, c'est en complément d'un fourrage de base, on va dire. La luzerne a l'avantage d'être riche en calcium et on a démontré qu'effectivement, elle pouvait avoir un impact, un effet un peu tampon dans l'estomac, justement pour prévenir les ulcères. Après... C'est un des moyens, effectivement. C'est hyper intéressant. Tu vois, je connais des gens, c'est un bon réfléchissant, qui proposent, tu sais, quand tu rentres, on parlait tout à l'heure des chevaux, que tu rentres pour les préparer. Potentiellement, tu peux leur donner un peu de foie de muséal. Là, à ce moment-là, ils vont grignoter un peu. Après, dans les aliments fibreux, Souvent, tu as des fibres de luzerne aussi. Il y en a dans les aliments fibreux qu'on peut trouver dans le commerce. Tu as souvent de la fibre de luzerne et de la fibre de foin de prairie naturel. Moi, j'aime bien parce que j'ai conçu pas mal d'aliments pour le veau lors de mes années en entreprise. J'aime bien mixer les deux types de fibres longues. parce que ça permet justement de toujours utiliser au maximum les bienfaits des matières premières. Il y a des chevaux qui, parfois la luzerne, certains chevaux vont la laisser un peu de côté dans la gamelle. Ça dépend, donc c'est toujours bien de mixer les matières premières entre elles.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Je ne sais pas si tu peux le dire, mais est-ce que toi, il y a une marque que tu recommandes plus que d'autres ? Ou un aliment en particulier qui te semble plus approprié pour les chevaux d'endurance ?
- Speaker #1
Je dirais qu'il n'y a pas de marque. Je dirais qu'en tout cas, il y a un truc qu'il faut prendre en compte, c'est quand même quand on choisit son aliment. C'est de choisir des marques qui ont pignon sur eux. Parce que normalement, ils savent faire. Je me méfie quand même des mélanges d'un agriculteur du coin qui dit Ah, c'est pas cher, je te fais ton aliment, pas de souci, t'as un big bag, ouais, machin, bim Pourquoi ? Parce qu'en fait, déjà, c'est un métier, la nutrition équine. Je veux dire, ça, c'est pas... Ça, c'est un métier, il n'y a pas à réfléchir longtemps. Et puis, derrière, il y a toute une partie qui concerne les chevaux de compétition, c'est la contamination des involontaires en lien avec les aliments. C'est-à-dire que les fabricants d'aliments qu'on connaît et qui sont là depuis longtemps, ils fournissent des garanties. de qualité quand même. Ils ont des chartes de qualité en amont au niveau de leurs usines, du contrôle qualité des matières premières, du contrôle qualité des produits finis. La plupart sont certifiés LCH, donc le laboratoire des cours typiques, qui permet de vérifier qu'il n'y a pas de contamination parce que là, ça ne te dope pas ton cheval. le jour où tu fais un championnat d'Europe ou je sais pas quoi, c'est pas rigolo d'être éliminé parce que tu t'es fait doper, parce que t'avais pas fait gaffe et que t'avais pas demandé le certificat LCH. Donc, c'est ça qu'il faut faire. Et moi, je dirais que, voilà, j'ai travaillé dix ans chez des fabricants d'aliments. En fait, globalement, ouais, c'est des professionnels, normalement, plus que... Enfin, l'artisanat, ça va bien, mais à un moment donné, quand on commence à être à haut niveau, ça va plus. À moins qu'on produise soi-même les matières premières, etc. Et que tu aies une mélangeuse et que tu arrives à faire toi-même ta tambouille. Mais sinon, si tu veux être un peu tranquille, on peut faire confiance à ce qu'il y a sur les marchés globalement. Après, une petite formation sur lire une étiquette, et puis c'est bon, on est autonome. Voilà.
- Speaker #0
Tu as intervenu auprès de l'équipe de France d'Endurance, du coup. Oui. Plusieurs fois, je crois.
- Speaker #1
Oui, plusieurs fois.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous parler un peu de... Qu'est-ce que tu leur as raconté ? On peut se dire que ces cavaliers-là, qui sont déjà à un top niveau, ils ont quand même déjà une panoplie de connaissances. En tout cas, ils sont suffisamment accompagnés pour arriver à ces échéances-là. Du coup, toi, qu'est-ce que tu leur apportes en plus ?
- Speaker #1
Je leur apporte en plus que, en fait, cette année, à la demande de Jean-Michel Grimald, on avait un petit... Oh ! On avait réfléchi à ce qui pouvait vraiment être intéressant pour eux. Parce que, comme tu dis, la plupart, ils sont déjà super calés en alimentation. Et puis, ils ont fait leur propre expérience. Donc, moi, ce que je constate, c'est que d'année en année, c'est qu'il y a vraiment une super base de rationnement et d'alimentation, en tout cas chez ces gens-là. De toute façon, en fait, tu ne peux pas... globalement arriver à haut niveau si tu fais des grosses erreurs alimentaires quoi. Ça pardonne pas du tout, ça c'est sûr. Par contre ouais, en fait dans ce groupe là, il y a parfois des gens qui n'ont pas forcément toutes ces connaissances donc le matin on avait fait un petit rappel sur la digestion et comment ça fonctionne, le cheval, voilà. On a dit en condensé tout à l'heure, là, jusqu'alors. Et puis, ce qui a été super intéressant, enfin, pardon, je... Enfin, en tout cas, pour moi, ça l'a été. Je crois que pour eux aussi. C'est que je leur avais demandé de m'envoyer des échantillons de foin avant le stage. Donc, finalement, j'avais analysé... Je suis arrivée le jour du stage avec l'analyse de foin de chacun. Et donc, on a... En petit groupe, on a analysé le foin, les avantages des uns, des autres, et ça a permis de beaucoup d'échanges, de se dire toi tu fais comme ci, toi tu fais comme ça et puis de se challenger sur ces forages, de détecter dans certaines régions, sud-est notamment, ils ont un super foin, super riche en sucre par exemple, mais du coup il faut le... l'utiliser en connaissance de cause parce que ça peut parfois être trop riche. En Bretagne, ce n'est pas tout à fait pareil. On a un peu de mal à faire du bon foin vu les conditions météo. Donc, c'est parfois du prifané qui est utilisé, etc. C'était vraiment hyper intéressant de se dire, moi, j'ai un foin comme ça. Après, je ne dis pas par un truc de fou, mais en fait, il faut savoir. que vous avez comme foin pour adapter la complémentation. Voilà, c'est aussi simple que ça. Pour adapter la façon dont on l'utilise. Et après, chacun avait amené une étiquette d'aliment. Et là aussi, je leur ai donné quelques clés pour lire l'étiquette et pour être sûre, en fait, que l'aliment correspond bien aux besoins de leur févro. Et en tout dernier, moi, je suis nutritionniste, donc j'ai un logiciel qui permet de faire des rations. et on avait saisi le foin de chacun, l'aliment de chacun et on a regardé si ça couvrait et on a saisi les chevaux aussi et puis on a regardé si la ration était équilibrée voilà, et en fait je pense que ce que il faudrait leur demander en fait, il faut leur demander ce que je leur ai fait mais ouais, c'était cette approche parce que parfois en fait ouais, on fait un peu hum On entend le voisin qui dit, tiens, moi, j'ai telle marque, ça marche bien. Et puis moi, je fais ci et ça. Mais en fait, il y a des fois, on est un peu perdu. Surtout quand tout va bien, on n'est jamais perdu. Mais quand il y a un truc qui vient s'enrayer, qui dit, tiens, le cheval est moins bien stani, machin, qu'est-ce qui se passe et tout, on remet parfois tout en cause, alors qu'en fait, il ne faut pas remettre en cause toujours. Et en fait, je pense que voilà. Mon intervention me permet de donner, en fait, voilà, il faut raisonner la raison, en fait. Il faut avoir une démarche raisonnable par étapes. Et voilà, je pense que ça les a... Ceux qui avaient des questions ou des doutes sur leur pratique ou leur méthode d'alimentation, on a pu vérifier tout ça, on a pu échanger, et puis ils sont repartis... En fait, je crois, le message que j'ai envie de dire, de dire à tous, d'ailleurs, c'est pas que... C'est pas qu'il y avait de haut niveau, c'est qu'en fait, il faut rester... Enfin, il faut que... Il ne faut pas oublier pourquoi on fait de l'endurance ou pourquoi on monte à cheval. C'est pour être bien, pour qu'on ait un cheval, c'est pour passer du bon temps avec lui, c'est pour s'éclater, c'est pour aller faire des courses, c'est pour aller... Il ne faut pas que ça devienne une source d'inquiétude, tout ça. Et en fait, le fait, je dirais, de donner des éléments scientifiques, techniques, ou, eh bien... ça soulage tout le monde et il faut que l'alimentation soit pas le premier souci des cavaliers d'endurance. Une fois que c'est fait, c'est géré et après, il faut s'éclater. Voilà. Il faut se faire plaisir. Oui,
- Speaker #0
je comprends. Je pense qu'il y a pas mal de gens qui écoutent le podcast, notamment moi, qui suis amateur. Enfin, amateur. Qui fait des petites courses avec qui va sur 100, peut-être 120 un jour. Quel serait le conseil que tu pourrais me donner ? Qu'est-ce qu'il faudrait que je fasse, maintenant ou sur un cours moyen terme, pour m'améliorer sur la nutrition de ma jupe ? Si je voudrais que je fasse une formation ou quoi ? Qu'est-ce qui serait hyper important que je fasse ?
- Speaker #1
Écoute, en tout cas, moi, j'ai le recul de... J'ai formé... Enfin non, je ne sais pas si... On n'en a pas parlé encore, mais j'avais aussi été coach des jeunes bourguignons il y a quelques années, de l'équipe des jeunes cavaliers bourguignons. Donc en fait, j'ai vu plein de gens, et pas que des cavaliers de haut niveau, évidemment. Et ouais, je dirais que moi, je trouve quand même que... En fait, le truc, c'est que souvent, les cavaliers d'endurance ont leurs chevaux chez eux. Je ne sais pas si c'est ton cas.
- Speaker #0
Je la gère, oui.
- Speaker #1
Mais tu la gères. Souvent, c'est quand même un peu ça. Contrairement, tu vois un cavale de CSO qui confie son cheval. Finalement, c'est le gérant de l'écurie qui gère tout et tu n'as pas à te poser de questions sur l'alimentation. Je dirais que se former, ça peut être... On a parlé très vite aujourd'hui de comment ça fonctionne. Comprendre les bases du fonctionnement du cheval. Déjà, ça te permet d'éviter les erreurs. Il y a un truc qui est hyper spécifique du milieu du cheval aussi, c'est que contrairement... Souvent, les gens, dans la nutrition animale, quand j'ai pu être dans les entreprises et tout ça, ils disent Mais comment c'est possible qu'il y ait besoin d'autant de formation ? Je dis Mais en fait, c'est parce que souvent, les cavaliers propriétaires n'ont pas eu de formation agricole. La dernière fois qu'on a entendu parler de biologie, c'était en... Je ne sais pas, moi, c'était les cours de SVT de ta prof de bio en seconde ou je ne sais pas quoi. Et à aucun moment, on n'a parlé de la digestion d'un herbivore monogastrique. C'est que quand tu arrives en études supérieures, en fait, que tu apprends ça. Donc, on est sur le nombre. Il y a très peu de gens qui ont l'information. Et oui, j'en ai discuté il n'y a pas très longtemps avec quelqu'un qui a des chevaux, qui est entraîneur. Il me dit, moi, j'ai fait des études de commerce. J'ai fait des études de finance. Je n'ai jamais entendu parler de nutriments, de digestion, de tout ça. Donc, c'est normal qu'un petit coup de formation, de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Voilà, c'est un truc qui me tient à cœur, parce que ça peut aider tout le monde à mieux être plus serein, plus autonome. Apprendre comment ça fonctionne d'un cheval, lire une étiquette, savoir-faire ou à qui demander une analyse de fourrage. Et hop, quoi. Lire une étiquette d'aliment, choisir son aliment. Et comme ça, on est beaucoup plus serein. C'est un peu comme pour moi. Alors, choisir un aliment pour mes chevaux, il n'y a pas de problème. Par contre, acheter une voiture. Moi, moi, acheter une voiture, enfin, c'est un truc de fou, quoi. Je ne sais pas à qui m'adresser. Je fais confiance à personne. En plus, t'es une femme, t'arrives dans des garages. Enfin, ça, c'est... en thèse rigolote mais non c'est parce que j'ai jamais j'ai jamais fait ça c'est pas du tout mon truc bah en fait donc je me mets à la place des gens qui n'ont pas donc oui un petit peu de formation ça aide Et puis après, quand on veut avancer un petit peu, on se fait sa petite analyse deux fois, histoire d'être à peu près sûr. Et puis voilà.
- Speaker #0
Ok. Alors, je vais te poser la question que je pose à toutes les personnes que j'enregistre, parce que ça m'aide aussi à connaître des gens hyper intéressants. Est-ce qu'il y a quelqu'un dans l'endurance qui t'a inspiré ou que tu estimes particulièrement qui pourrait un jour être l'invité d'un épisode ?
- Speaker #1
Il aurait dû préparer. Celui qui, évidemment, me vient très vite à l'esprit, c'est mon frère.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Voilà. Qui est enseignant.
- Speaker #0
Qui est entraîneur de chevaux d'endurance, du coup.
- Speaker #1
Qui est entraîneur de chevaux d'endurance, pas très loin d'ici. Et voilà. Et c'est vrai que ça a été un petit peu mon... Enfin, le fait qu'il ait cette écurie-là et toute l'expérience qu'il a, on en a vu des trucs ensemble sur... il s'est posé des questions sur l'approche nutritionnelle des chevaux et je pense qu'il a plein de choses hyper intéressantes à dire aussi et après il y en a plein d'autres mais là comme ça le
- Speaker #0
premier ça serait Julien ok ça marche je le retiens merci beaucoup en tout cas d'avoir répondu à toutes mes questions moi franchement Hélène je merci
- Speaker #1
Je te remercie de m'avoir donné la parole. Je trouve que ça me touche aussi d'avoir été finalement conseillée par d'autres avant moi. J'adore l'endurance, en fait. C'est vrai qu'on ne me voit plus trop depuis ces dernières années, beaucoup moins qu'avant, mais je suis toujours là et j'adore cette discipline. Et j'adore les gens qui la pratiquent. Donc, j'en profite pour saluer tous les gens que je connais, tous mes amis et tous les gens que j'ai côtoyés. Donc, merci Hélène.
- Speaker #0
Et si on veut retrouver ton travail et te contacter éventuellement si on a des soucis, où est-ce qu'on peut te trouver ?
- Speaker #1
Pour l'instant, je n'ai pas encore de site Internet, mais ça ne saurait tarder, parce que je suis indépendante depuis seulement six mois. et puis en fait je ne vois pas le jour donc ouais j'ai plein de travail hyper intéressant parce que je passe mon temps à parler nutrition équine nutrition des chevaux donc c'est top donc pour l'instant c'est sur les réseaux sociaux je vous invite à me retrouver évidemment sur Facebook, Insta, LinkedIn et voilà il y a mes coordonnées et puis il ne faut pas hésiter à me contacter et si les gens ont des soucis je fais de la formation je fais du conseil et puis j'accompagne aussi les entreprises à développer des nouvelles gammes à innover en nutrition équine donc à bon entendeur super,
- Speaker #0
merveilleux merci beaucoup en tout cas Engel pour ton temps et toutes tes connaissances et plein merci à toi à bientôt Et voilà, vous êtes arrivé à la fin de cet épisode. Entre temps, Angel a terminé son site internet, donc si vous rencontrez des problématiques à propos de la nutrition de votre cheval ou que vous souhaitez vous former, vous pouvez la retrouver à hermoga.com. Je vous mets le lien en description. Je vous dis à très bientôt dans un prochain épisode de podcast ou sur une course d'endurance.