- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Tant qu'il y aura du wifi. Et là c'est un épisode qui va faire plaisir à tous ceux qui écoutent le podcast en audio parce qu'on reçoit Adeline Chetail. Bonjour.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
On te présente, tu es une comédienne de doublage.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Peut-être la plus célèbre dans le monde du jeu vidéo. Ah. Parce que tu as fait quoi ? Tu as fait tous les gros jeux qu'on connaît qui sont les bangers. Tu as fait tous les bangers. Tu as fait Zelda. Oui. Donc tu fais la princesse Zelda.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu fais Ellie dans The Last of Us. Je crois que tu es dans tous les autres gros jeux. Tu es dans...
- Speaker #1
Maëlle de Claropscure Expedition 33.
- Speaker #0
Exactement. Encore, attends, le dernier gros jeu qui sort, tu es encore dedans. Et tu fais aussi du Valorant ou du... Overwatch. Overwatch.
- Speaker #1
Le personnage de May.
- Speaker #0
Donc, pour ceux qui vont écouter en audio, ou même si vous voyez la vidéo, ne regardez pas la vidéo. Vous fermez les yeux et vous allez voir. Ça va être très agréable. On va le dire franchement. Tu es mariée avec Sora.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
On ne se connaît pas vraiment parce qu'on s'est croisés vraiment dans des soirées. Donc, en fait, je vais être au même titre que certains qui sont ici, qui vont nous regarder ou nous écouter. Ils vont découvrir comme moi parce qu'on s'est croisés, on s'est dit bonjour, on s'est fait la bise. Je connais très bien Sora, mais toi, je ne te connais pas. Donc, ça va être l'occasion.
- Speaker #1
Trop bien. Merci pour cette invitation.
- Speaker #0
Merci d'être venu. Je sais que tu étais très demandé. J'ai vu que tout le monde veut faire une interview d'Adeline à chaque fois.
- Speaker #1
C'est fou. Je suis étonnée à chaque fois.
- Speaker #0
Déjà, comment ? La comédienne de doublage qu'on connaît aujourd'hui est née. C'est quoi ton origin story Adeline Chetagne ?
- Speaker #1
Je suis née il y a 40 ans. C'est ma 40e année de vie aujourd'hui. Enfin aujourd'hui, cette année.
- Speaker #0
J'ai cru que c'était ton anniversaire. Je me suis dit il fallait que tu prépares un gâteau.
- Speaker #1
Je suis née en mai, donc je vais fêter mes 40 ans bientôt. Je suis arrivée dans une famille d'artistes.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Voilà, donc ma maman était artiste peintre et mon papa était musicien. Et il faisait des spectacles et des contes pour enfants. Donc j'ai vraiment évolué dès que j'ai appris à parler dans le monde du spectacle. Et j'ai naturellement joué des rôles dès toute petite. Pourquoi ?
- Speaker #0
Sur scène ?
- Speaker #1
En dehors, dans mes jeux d'enfants et puis sur scène. C'est quelque chose, voilà, jouer un personnage, m'inventer une vie, avoir des amis imaginaires, des choses comme ça. C'était naturel pour moi.
- Speaker #0
C'est génial.
- Speaker #1
Et puis je suis arrivée sur scène avec mon père. J'ai beaucoup aimé. J'ai toujours eu ça vraiment dans le sang. Et après, mon père m'a inscrite en agence de casting. J'ai tourné et j'ai fait du doublage aussi. J'ai commencé du doublage très jeune, donc un petit peu avant mes 7 ans, aux alentours de mes 7 ans.
- Speaker #0
C'est super jeune. Voilà, c'est super jeune. C'est-à-dire quand tu as 7 ans... Quand tu dis que tu as tourné, tu as tourné dans des films, des séries ? Oui,
- Speaker #1
jusqu'à mes 16 ans à peu près, j'ai tourné dans des films, des séries.
- Speaker #0
Donc là, il y a par exemple des films, des séries qu'on peut aller chercher. On va te retrouver dedans ?
- Speaker #1
Ah bah sûrement, oui.
- Speaker #0
Et ça serait quoi par exemple ?
- Speaker #1
Très connu, j'ai fait du Juliesco par exemple. Énorme. Mais je fais un petit guest. Je ne tournais pas beaucoup, je tournais quelques petits trucs.
- Speaker #0
Et tu faisais du doublage aussi ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
À 7 ans. Comment tu vis les choses de faire du doublage à 7 ans ? Parce que 7 ans, on est en CP. Comment on vit les choses ? On est à l'école, tu discutes avec tes copains et tu leur dis « Ouais, moi, je vais faire du doublage de… »
- Speaker #1
Déjà, je n'allais pas à l'école, je n'ai pas été scolarisée, moi.
- Speaker #0
C'est vraiment des artistes, tes parents ?
- Speaker #1
C'est vraiment des artistes. J'ai appris à lire, à compter, à écrire à la maison. Et puis après, j'ai eu des cours par correspondance. Incroyable. Toute ma vie, en fait. Toute ma vie. J'allais dire presque jusqu'à maintenant, puisque maintenant, je prends toujours des cours, mais de japonais. On en parlera un peu plus tard.
- Speaker #0
Du coup, tu as aimé ça, d'être scolarisée ? chez toi, par correspondance, parce que du coup, tu n'avais pas de copains à l'école, tu n'avais pas de cours de récréation pour discuter, ce n'est pas grave ?
- Speaker #1
En fait, je n'ai pas vécu la scolarité, effectivement. Donc, je n'ai finalement pas vraiment eu de contraintes et je ne le regrette pas. J'ai vraiment vécu une vie où je pouvais rencontrer des gens, comme encore aujourd'hui. J'avais vraiment le choix de fréquenter ces gens ou de ne pas fréquenter ces gens aussi. La liberté. Ça passait pas, voilà. Et j'ai jamais eu de problème pour me faire des amis. Ça m'a pas manqué, je me suis pas sentie seule. Peut-être aussi parce que j'avais beaucoup d'amis dans ma tête. Ouais. Et parce que je travaillais aussi. J'ai eu une vie d'adulte, en fait, très jeune. Donc ça implique quand même des sacrifices, bien sûr. Mais c'est une vie qui m'a plu et voilà, j'ai pas de regrets pour ça.
- Speaker #0
Donc t'as 7 ans.
- Speaker #1
Mmh.
- Speaker #0
Bon, c'est l'équivalent du CP. Je sais parce que ma fille, quand elle avait 7 ans, elle était en CP. Et là, tu fais des doublages de films et de séries, de dessins animés, j'imagine, des trucs comme ça ?
- Speaker #1
de tout.
- Speaker #0
Donc quoi par exemple, si on veut regarder comme ça en streaming un film, on va tomber sur quoi ? Les trucs les plus célèbres.
- Speaker #1
Et puis j'ai commencé avec quelque chose de très connu qui s'appelle Forrest Gump.
- Speaker #0
Mais non !
- Speaker #1
Où je faisais la petite fille qui crie « Cour Forrest, cours ! »
- Speaker #0
Mais non ! Sérieux ?
- Speaker #1
Oui, oui,
- Speaker #0
oui. Mais attends, mais c'est ça. En plus à l'époque, on ne regardait pas vraiment en VO, on regardait tous en VF. On va dire que dans Forrest Gump, il y a deux trucs, trois trucs on va dire. Il y a Booba Gump, La boîte de chocolat et Cour Forrest, cours.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc le truc est devenu le plus culte du monde.
- Speaker #1
C'est devenu culte, ouais.
- Speaker #0
Comment tu le vis quand t'es petite fille et que tu vois que ton truc, ta séquence où tu dis « court, forêt, secours » , ça devient culpable ?
- Speaker #1
On ne s'en rend pas compte parce qu'en plus, je ne sais pas si tu te souviens du film, mais ce n'est pas vraiment un film pour enfants.
- Speaker #0
Non, c'est vrai.
- Speaker #1
Surtout, ce qui lui arrive, la petite Jenny, c'est très grave, en fait. Et d'ailleurs, c'est intéressant, je raconte toujours cette histoire, mais j'ai une espèce de double lecture. Puisque moi, quand j'ai enregistré, je ne comprenais pas la situation. Heureusement, je n'ai pas eu la capacité de comprendre pourquoi elle fuyait son père. pourquoi ça se passait mal à la maison qu'est-ce que ça impliquait et en fait je l'ai compris bien plus tard quand j'ai revu le film en tant que jeune femme et j'ai compris aussi que la phrase était culte quand je l'ai entendue, je crois que j'avais 15 ans j'ai entendu quelqu'un dans la rue dire cours Forrest, cours et j'ai fait ah ok c'est marrant mais en fait quand t'es enfant tu te rends pas compte, toi t'as envie de jouer en fait tu réfléchis pas et puis le doublage était pas connu tu vois tu me disais qu'est-ce que tu dis aux gens et tout, les gens ne croyaient pas Merci. Parce que tout était en français partout. Et tous les jeunes pensaient que c'était normal que tout le monde parlait français, en fait. Ils ne se rendaient pas forcément compte que les acteurs américains parlaient une autre langue. Donc, j'expliquais le concept du doublage. J'expliquais ce que je faisais. Je devais vraiment bien expliquer. Aujourd'hui, on comprend maintenant. Même les enfants, ils comprennent. Ils connaissent un peu plus sa discipline. Mais ouais, à cette époque-là, ce n'était pas pareil.
- Speaker #0
On est d'accord que c'est un travail de comédien. C'est-à-dire, ce n'est pas juste parler, lire un texte. C'est vraiment un travail de comédien. Du coup, tu as pris des cours de comédie, des trucs comme ça ?
- Speaker #1
Moi, je n'ai pas pris de cours. J'ai travaillé toute ma vie. Donc, ça a été ça, mon cours. Finalement, j'ai appris en faisant. Mais généralement, le cursus classique, c'est quand même de prendre effectivement des cours de théâtre et d'apprendre à jouer la comédie. C'est le B.A.B.
- Speaker #0
Mais toi, tu as appris toute seule. à quel moment tu t'es dit, bon tu l'as fait jeune mais à quel moment tu t'es dit ça c'est mon métier C'est mon métier, c'est ce que je veux faire plus tard. En étant adulte, par exemple.
- Speaker #1
En fait, je ne me suis toujours pas dit.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Non, ça a été naturel, j'ai toujours fait ça. Quelque part, je n'ai pas eu le choix. Parce qu'en fait, moi, j'ai arrêté mes études. Je n'ai pas passé mon bac. Parce que c'était très difficile. Là, on arrive à un moment, par correspondance, où c'est compliqué sur les années lycées. Parce que tu reçois des cours, c'est des gros... J'allais dire c'est des bottins, mais je ne sais pas si tout le monde a la rêve de ce mot-là. Oui,
- Speaker #0
c'est des gros bouquins avec beaucoup de choses.
- Speaker #1
Il y a tout le cursus scolaire. Maintenant, souvent, les profs font des sélections. Là, il y a vraiment tout, tout, tout. Tu es tout seul. C'est rébarbatif. Et puis, j'en ai eu marre. Donc, j'ai arrêté.
- Speaker #0
En même temps, en toute honnêteté, est-ce que le bac t'aurait aidé dans ce métier-là ?
- Speaker #1
Non, mais ça aurait pu être bien si j'avais voulu faire autre chose. Oui, oui. Là, je me suis coincée. Mais bon, je n'ai pas de regrets parce que ça a été pour moi. Mais c'est vrai qu'à un moment, je me suis dit, j'ai 16 ans, je vis toute seule. Je n'ai plus de cours. Il faut que je paye un loyer, je paye tout. J'avais une vie à 16 ans, j'étais déjà indépendante.
- Speaker #0
Déjà, tu vivais toute seule à 16 ans ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est-à-dire que tu as quitté papa et maman pour aller vivre toute seule dans un appart ?
- Speaker #1
Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? En fait, je vivais en Bourgogne. Je faisais des allers-retours tout le temps pour aller travailler. Et à mes 12 ans, mes parents se sont séparés. Et mon père est parti vivre en région parisienne.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc je l'ai suivi parce que j'avais envie de continuer à travailler. Et puis de changer d'environnement aussi. On était dans une toute petite ville. Voilà, j'avais envie de m'ouvrir au monde et de rencontrer plein de gens, de faire plein de choses. Et puis d'être plus près des studios aussi. J'en avais marre de faire des allers-retours.
- Speaker #0
Travailler, c'est Paris.
- Speaker #1
C'est ça. Et en fait, à mes 16 ans, mon père est parti. C'est mon père qui est parti. C'est mon père qui a quitté la maison.
- Speaker #0
et qui euh
- Speaker #1
Pour des raisons personnelles, il a été au chevet de sa propre mère qui n'allait pas très bien. Donc, il allait s'occuper d'elle. Et puis moi, j'étais indépendante.
- Speaker #0
Je suis bien à Paris. Et là, tu pars dans le métier de comédienne, ou c'est-à-dire jouer dans des séries, des films, un carnet des rôles, ou directement le doublage. Ça se passe comment ?
- Speaker #1
J'ai continué un petit peu les castings, mais c'était devenu plus compliqué parce qu'en fait, j'avais pas compris. Mon père m'avait transmis ça. Il m'avait transmis cette idée de... une actrice et donc tu fais une performance et j'avais beaucoup j'avais une idée voilà de l'acteur du De fin j'avais une façon de penser qui était que pour moi je devais arriver en casting en tant que moi même et puis dès qu'on me dirait ça tourne là je switch et comme je faisais en doublage en fait j'arrive en studio bonjour machin et puis dès que tu dois interpréter un rôle tu tu joues ce rôle voilà tu switch en fait et je pensais que c'était ça qui était honorable.
- Speaker #0
Moi aussi, je pense que c'est ça.
- Speaker #1
Et en fait, souvent, en casting, moi, j'ai compris quelque chose. C'est que les réalisateurs cherchent souvent des personnes qui sont naturellement comme le personnage. Ils cherchent une personnalité plus proche. Et après, quand tu es un acteur plus connu, là, on te propose des choses. Mais c'est vrai que le point de départ, c'est un peu plus ça. Et ça, je ne l'avais pas trop compris. Ou alors, je n'étais pas assez bien aussi. C'est possible, peut-être que... J'avais pris des tics de doublage ou peut-être que... Non,
- Speaker #0
c'est plus correspondre à un rôle.
- Speaker #1
Physiquement, il faut correspondre au rôle aussi.
- Speaker #0
Oui, aussi.
- Speaker #1
Et moi, je suis une petite femme. J'ai toujours eu l'air plus jeune que mon âge.
- Speaker #0
C'est vrai que tu fais... Moi, quand tu m'as dit 40 ans, je croyais que tu en avais 30 tout à l'heure.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que tu mesures combien ?
- Speaker #1
1m43. Ah oui, c'est petit. Oui,
- Speaker #0
c'est petit. Non, mais ce n'est pas pour ça aussi que tu fais jeune. C'est au niveau du visage et tout ça, tu ne fais pas ton âge là pour le coup.
- Speaker #1
Oui. et Et du coup, j'avais l'impression que je ne pouvais pas faire les rôles que j'avais envie de faire, alors qu'en doublage, je faisais déjà des rôles très différents, très variés. Et donc, j'en ai eu marre de galérer pour tourner. Ça ne m'intéressait pas trop. Et puis, les rôles ne m'intéressaient pas. Le cinéma français ne me parlait pas trop de toute façon. Donc, je n'étais pas motivée par rapport à ce à quoi j'avais accès déjà. Puis peut-être aussi par flemme. Tu sais, bon, tu as 16 ans. C'est le moment où j'ai laissé tomber les cours, j'ai laissé tomber les castings, j'ai toujours envie de me faire chier.
- Speaker #0
Non, mais tu as été aussi vers, parce qu'il y a vraiment des failles au bien-vivre, tu t'es dit, voilà, là j'ai une opportunité, on aime mon travail. Quand je fais du doublage,
- Speaker #1
je vais creuser là-dedans.
- Speaker #0
Alors au début, tu fais tout de suite du doublage de jeux vidéo ou plutôt films, séries ?
- Speaker #1
Un peu plus tard, j'étais beaucoup sur les films et les séries. Et puis sont arrivés les films d'animation. À 17 ans, j'ai fait Kiki la petite sorcière des studios Ghibli.
- Speaker #0
Oui, j'ai vu, tu as fait beaucoup de studios de Ghibli.
- Speaker #1
Noseka, Arietti, et puis les jeux vidéo à rire.
- Speaker #0
Et quand tu faisais les films et séries, est-ce que tu étais la doubleuse officielle d'une actrice, par exemple ? Il y en a qui sont toujours à titre.
- Speaker #1
J'ai fait Nescai Jones de High School Musical, que j'ai toujours doublé. Mais ça, ce n'était pas forcément mon goal, parce qu'en fait, quand tu fais une voix, si elle est très connue, ça peut être réducteur. Parce qu'on peut juste t'affilier à cette personne-là. Moi, j'ai toujours eu peur qu'on reconnaisse trop ma voix. Je me suis toujours dit, il faut que j'arrive à un peu caméléon, tu vois, à changer. Ce que je trouve bien, c'est quand on me dit, je ne t'avais pas reconnu, je ne savais pas que c'était toi.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
mais oui,
- Speaker #0
ça veut dire que tu as fait un vrai travail de comédienne.
- Speaker #1
J'ai été dans le rôle et que voilà, ça ne m'intéresse pas qu'on me fasse travailler pour moi. J'ai toujours ce truc de, je veux jouer, interpréter et ça m'intéresse qu'on me propose des choses différentes.
- Speaker #0
Mais aujourd'hui, ça y est, tu es devenue un nom. Aujourd'hui,
- Speaker #1
oui. Moi, pas.
- Speaker #0
Quand je parle autour de moi, les gens me disent, plusieurs fois, j'ai fait des rendez-vous professionnels, tu as été citée, tu es la reine des voix-off, de doublage, de geek, studio Ghibli. Rien que ça déjà, c'est juste énorme. Et après derrière, comment ça s'est passé pour faire tous les gros jeux de ces dernières années ? C'est-à-dire, même Claire Obscure, tu es dedans. Zelda, qui est un monument, on va dire, sur la Switch, tu es dedans. The Last of Us. qui est peut-être l'un des meilleurs jeux de ces dernières années, t'es dedans. T'es dans le prochain GTA ou quoi ? Parce que là, la GTA 6...
- Speaker #1
Je ne sais pas s'il y a une version française.
- Speaker #0
Comment t'expliques ça ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Aucune idée. Je ne peux pas te dire ce qui a fait que. J'ai toujours mis du cœur dans mon travail. J'ai toujours essayé d'être agréable, plus ou moins ponctuel. Mais je ne sais pas, on a pensé à moi et puis j'ai dit OK, quoi.
- Speaker #0
Quel est le rôle que tu as préféré justement en jeu vidéo ? Le rôle où tu te dis, voilà, je prends un plaisir incroyable. Et je prends du plaisir à m'écouter après, derrière, quand je joue au jeu.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
The Last of Us. The Last of Us. Tu fais Ellie, on me rappelle.
- Speaker #1
Ellie et puis Claire Obscur. C'est vraiment les deux plus beaux rôles de ma vie.
- Speaker #0
Claire Obscur, t'as joué à ces jeux-là ?
- Speaker #1
Alors, j'ai pas joué, j'ai tout regardé.
- Speaker #0
Ok, t'as fait un petit stream où t'as regardé...
- Speaker #1
Ouais, Sora a fait son...
- Speaker #0
Ah, c'est Sora qui a joué, ton chéri. Ton mari qui a joué à ça. Et tu t'es dit, tiens...
- Speaker #1
J'ai tout regardé.
- Speaker #0
Tu découvres un peu... Parce que quand t'enregistres, en fait, toi, tu fais juste les morceaux de ta voix à toi, mais t'es pas avec les autres acteurs C'est ça ?
- Speaker #1
En jeu vidéo, on est tout seul.
- Speaker #0
Donc en fait, tu fais des voix.
- Speaker #1
On est obligé d'être tout seul.
- Speaker #0
Mais tu ne sais pas vraiment comment ça va donner le résultat final. Oui,
- Speaker #1
j'ai à regarder après.
- Speaker #0
C'est intéressant.
- Speaker #1
J'ai à bien voir le truc fini. Alors c'est désagréable pour moi parce que je critique mon travail, que j'ai une déformation professionnelle sur les voix et tout. Mais quand l'histoire est cool, j'ai envie de savoir et donc je regarde.
- Speaker #0
Et j'ai une question. The Last of Us, il y a eu la série télé. Tu n'as pas fait la voix de la série télé ? Tu trouves ? Moi, je trouve pas ça normal. Si tu faisais la voix du jeu vidéo, pourquoi t'as pas fait la série télé ?
- Speaker #1
Parce que c'est une autre actrice.
- Speaker #0
Ça collait pas au personnage.
- Speaker #1
J'ai pas été envisagée.
- Speaker #0
D'accord. Tu aurais aimé, moi, retrouver les mêmes voix.
- Speaker #1
Ouais, je vois ce que tu veux dire, mais en fait, je trouve que c'est bien que ce soit interprété par d'autres personnes.
- Speaker #0
Pour donner une autre oeuvre.
- Speaker #1
Ouais. Comme si tu me disais, j'ai adoré une pièce de théâtre. J'ai été voir Roméo et Juliette. J'ai adoré. Et puis, tu voulais toujours que ce soit la seule. interprétation possible avec la même mise en scène, les mêmes comédiens tout le temps. En fait c'est intéressant de voir une oeuvre réinterprétée quand c'est une oeuvre aussi belle que The Last of Us. Je trouve ça intéressant. Donc il n'y a pas de souci avec ça.
- Speaker #0
Alors quand on te propose un rôle, parce qu'aujourd'hui tu fais essentiellement du doublage de jeux vidéo ou tu fais aussi un peu... Je fais de tout. Tu fais de tout.
- Speaker #1
De tout, du livre audio, des voix de pub...
- Speaker #0
Oui tu fais de tout.
- Speaker #1
De toute la voix. tous les champs possibles de la voix. Le truc que tu préfères, c'est quoi ?
- Speaker #0
Le truc que tu préfères, c'est ?
- Speaker #1
J'aime tout. Moi, ce que j'aime, c'est jouer un rôle.
- Speaker #0
Ok, c'est jouer un rôle.
- Speaker #1
Jouer un rôle intéressant, quelque chose qui est nouveau pour moi, quelque chose qui provoque de l'émotion, quelque chose qui est intense, tout ça, c'est ce que j'aime. Je n'ai pas de support préféré. Mais après, le jeu vidéo est très intéressant.
- Speaker #0
Quand tu découvres un jeu vidéo, qu'on te dit, voilà, tu vas faire la voix, est-ce que le jeu vidéo est déjà terminé ou au final, tu ne vois aucune séquence et tu dois essayer comment on rentre dans le rôle.
- Speaker #1
C'est très compliqué, justement. Mais ça ne me déplaît pas parce que j'aime bien imaginer dans ma tête, comme toujours. Donc, voilà, ce n'est pas désagréable. Mais on a besoin d'informations. Donc, forcément, plus on a de détails, plus on a d'images, mieux c'est pour faire notre travail. On travaille très vite.
- Speaker #0
Parce qu'un film ou une série, il est déjà fini en général. Tu vois le... Parfois,
- Speaker #1
on voit des ficelles, on voit des choses sans effets spéciaux, terminées. D'accord,
- Speaker #0
mais tu vois quand même l'actrice.
- Speaker #1
Bien sûr. Réelle. Oui, oui.
- Speaker #0
Tu vois ses traits, tu peux essayer de t'inspirer de ça.
- Speaker #1
Tu vois comment elle bouge, tu vois où elle évolue, comment elle évolue, qu'est-ce qu'il y a autour d'elle, tout ça. Alors qu'en jeu vidéo, parfois, tu ne vois rien.
- Speaker #0
C'est-à-dire, comment ils te briefent pour te dire, comment ça s'est passé avec The Last of Us, par exemple ? Quand on te dit c'est Ellie, est-ce que tu vois une image du jeu ?
- Speaker #1
Oui, tu vois des images. En fait, souvent, on voit les cinématiques, pas forcément définitives. Je ne peux pas répondre précisément pour The Last of Us, je te dis un petit peu en général. j'ai eu des problèmes des bonnes conditions de travail pour The Last of Us mais c'est en fait c'est vraiment la direction artistique qui va faire en sorte qu'elle allait se battre aussi si jamais elle n'a pas les directeurs artistiques c'est tout repose sur eux en fait c'est ces personnes là qui vont demander des informations qui vont se renseigner, qui vont les recouper qui vont moi me guider et qui vont pouvoir me corriger si je fais une erreur Donc ça, c'est le métier le plus important pour moi, parce que c'est mon guide. Sinon, sans la direction artistique, je suis aveugle.
- Speaker #0
Et toi, tu es joueuse de jeux vidéo ? Pas du tout. À la base ? Non,
- Speaker #1
j'aime bien regarder.
- Speaker #0
Ouais, tu aimes bien regarder.
- Speaker #1
J'ai toujours été entourée de personnes qui jouaient aux jeux vidéo. J'ai toujours regardé, j'ai toujours aimé regarder. Mais jamais moi, jouer, je n'ai pas la dextérité pour.
- Speaker #0
Justement, tu dis tout le temps, là, j'aime bien imaginer des histoires depuis que je suis toute petite. J'aime bien créer des histoires, des rôles. est-ce que tu as eu envie à un moment donné de De créer ta propre histoire, justement. Écrire un livre ou une pièce.
- Speaker #1
J'ai écrit. Moi, ça n'a jamais été réalisé. Mais j'ai écrit des scénarios, des trucs comme ça. J'ai étudié un petit peu. J'ai fait des stages, des conférences d'écriture. Et j'ai toujours aimé ça.
- Speaker #0
Ça serait un rêve, ça ? D'écrire ta pièce de théâtre ou ton film d'animation ?
- Speaker #1
Là, pour l'instant, je suis bien occupée. Mais ce que j'aime, depuis que j'ai rencontré Sora, depuis qu'on est ensemble... Je fais un petit peu de production. Avec lui. Alors là, moins, parce qu'il est très entouré. Et tant mieux, parce que c'est fatigant de gérer deux fronts. Et de la production, et d'être en studio, et la vie quotidienne. J'ai eu des années où j'étais bien occupée et un peu fatiguée au bout du compte. Donc aujourd'hui, je suis moins dans sa production. Mais j'ai toujours adoré ça. J'ai adoré réfléchir à une vidéo. Dire, tiens, quel est le storytelling ? Qu'est-ce qu'on va raconter ? Comment on va faire ? J'adore.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on rappelle quand même, pour ceux qui ne connaissent pas, tu es mariée avec Sora. Sora, sur YouTube, c'est un... On ne va même pas dire YouTube, c'est une immense personnalité d'Internet, énormément suivie, que ce soit sur TikTok, Instagram, et notamment YouTube. Il a combien d'abonnés sur YouTube ?
- Speaker #1
Ouh là, plus de 2 millions.
- Speaker #0
Plus de 2 millions. Donc, il fait partie des grands YouTubers de la plateforme. Je crois même que c'est peut-être 3 ou 2, je ne sais pas. En tout cas, il a énormément de fans. Moi, je sais que mes petites cousines sont fans. Elles me disent, t'as le numéro de Sora, tu connais, machin, et tout ça. Je ne donne pas le numéro, attention, je connais Adeline. Surtout pas. Bon, elles ont 12 ans. Il n'y a pas de risque. Non,
- Speaker #1
ben non.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que du coup, t'es avec lui et il fait des vidéos qui sont souvent scénarisées, où il invente des choses et tout. Et là, tu travailles avec lui sur ça.
- Speaker #1
Ça te plaît, toi, de créer, en fait. T'aimes la création. Je fais mes créations de contenu aussi, moi. Donc, j'adore avoir un brief, faire des contenus sponsorisés justement, parce que j'aime bien qu'une marque me dise comment tu pourrais parler de nous ou alors parler de mes projets aussi, parce que je propose de sponsoriser les œuvres que je double. Je vais toujours vers les gens en disant si vous voulez, je peux mettre en avant aussi sur mon compte Instagram. Et donc, je crée une petite histoire aussi. Je retrouve l'écriture là-dedans.
- Speaker #0
Et justement, c'est vrai que moi, j'ai l'impression, c'est une impression. Mais avant, les acteurs de doublage, on ne les connaissait pas vraiment. On connaissait Brigitte Lecordier. Voilà, parce que c'était Dragon Ball et tout. Et je trouve que sur les dernières années, il y a un buzz incroyable sur les comédiens de doublage que désormais on vous connaît, on vous reconnaît. On peut parler de Dorothée aussi, Pousseo, qui est très connue. On vous reconnaît maintenant dans la rue, ce qui n'était pas le cas auparavant. Et maintenant, on vous voit dans les conventions. les conventions, jeux vidéo, séries télé, tout ça. Vous êtes maintenant systématiquement un acteur de doublage. Ce n'était pas le cas auparavant. Ça, c'est grâce aux réseaux sociaux, selon toi, ou pas du tout ?
- Speaker #1
Ah oui, c'est grâce aux réseaux sociaux, bien sûr. On est entrés dans les réseaux sociaux et on a bien fait parce que c'est important d'être médiatisé pour nous. Tu sais, on est très menacé par l'IA actuellement. C'est très grave. Là, je suis embarquée dans une affaire de vol de ma voix.
- Speaker #0
Ce n'est pas vrai. Avec l'intelligence artificielle, ils ont volé ta voix, ils l'ont utilisée dans une oeuvre ? Oui,
- Speaker #1
il y a une application qui propose par exemple la voix de Zelda ou la voix de Ellie. Et tu peux faire dire n'importe quoi, c'est-à-dire que tu mets un texte et la voix dit le texte.
- Speaker #0
Et comment se protéger de ça ?
- Speaker #1
Avocat, plainte, voilà.
- Speaker #0
C'est-à-dire là...
- Speaker #1
C'est une donnée personnelle, la voix est une donnée personnelle.
- Speaker #0
Toi ça t'inquiète ça, la montée de l'intelligence artificielle ?
- Speaker #1
Là-dessus oui.
- Speaker #0
Dans le secteur ? Là, on parle d'une application qui utilise ta voix, qui te la vole. Oui, mais demain,
- Speaker #1
quelqu'un peut se dire, tiens, je vais faire un livre audio, je vais prendre la voix d'Aline. Et puis voilà,
- Speaker #0
je n'ai pas payé,
- Speaker #1
je n'ai pas dit OK. Et puis, je n'ai pas un droit de regard sur l'heure, rien.
- Speaker #0
Et est-ce que j'entends notamment dans le jeu vidéo qu'il y a beaucoup d'utilisation d'intelligence artificielle. Est-ce que ça a un impact ?
- Speaker #1
Je pense que pour l'instant, je ne le vois pas encore, mais à mon avis, c'est dans les tuyaux.
- Speaker #0
C'est dans les tuyaux ? Est-ce que, par exemple, je ne sais pas, moi...
- Speaker #1
On a essayé, ils ont essayé de m'acheter, oui.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
C'est-à-dire que j'étais sur un jeu vidéo. Et en fait, c'est un jeu vidéo où tu réenregistres régulièrement. Il y a des petites mises à jour, en fait. Et donc, tu réenregistres une fois par an, deux fois par an, des petites phrases supplémentaires. Et on m'a proposé de ne pas venir et de le faire parire. De le faire parire ?
- Speaker #0
En étant payé ou pas ?
- Speaker #1
En étant payé, bien sûr. Plutôt, enfin... de manière habituelle, pas plus, pas moins. Donc en gros, c'est comme si on m'a dit tu ne viens pas en studio, mais tu es payé comme si tu étais venu. Et déjà, je n'étais pas trop d'accord parce que j'avais envie de dire les phrases moi. Mais puis je me suis dit, c'est bizarre, c'est très étrange. Et puis le concept me gênait. Donc c'était de toute façon non. Mais quand j'ai regardé le contrat, ce qu'on me proposait, parce qu'on m'a fait passer un contrat en me demandant de le signer. Et en me disant que si, de toute façon, si je refusais, potentiellement, je serais remplacée.
- Speaker #0
Ah oui ? Oui.
- Speaker #1
Oh là !
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
oui. Oui, oui, oui. Et donc, je lis ce contrat et je me rends compte que dans ce contrat, il y a ce qu'on appelle une cession de droit qui fait qu'en fait, je donne... C'est-à-dire que je dis ok, mais que la société, la grosse société derrière, récupère en fait mon autorisation et peut utiliser ma voix pour tout, tout et n'importe quoi, pour ses jeux. Et donc j'ai fait pression en disant, il est hors de question. J'ai appelé tout le casting parce que je n'étais pas la seule, on nous a tous proposé ça. Donc j'ai essayé de joindre tout le monde pour dire surtout ne n'acceptez pas. parce que on ne sait jamais, ça peut être alléchant, les gens ne comprennent pas forcément ce qu'on demande ou ils ne lisent pas. Ils disent ok, je suis payée, voilà quoi. Donc j'ai vraiment mis en garde tout le casting et puis j'ai bien signalé, j'ai dit écoutez, si jamais on n'enregistre pas et que les gens se rendent compte qu'on a été remplacé ou que les gens se rendent compte que c'est de l'IA, Moi, je n'ai aucun problème pour en parler dans les médias. Donc, j'ai fait cette pression en préventif.
- Speaker #0
Et du coup, ils ne l'ont pas fait.
- Speaker #1
Et du coup, tout s'est annulé.
- Speaker #0
Tout s'est annulé.
- Speaker #1
Et j'ai enregistré.
- Speaker #0
Comment tu vois l'avenir par rapport à ça ? Comment tu vois l'avenir par rapport à l'intelligence artificielle ? J'avais parlé aussi avec Patch qui me disait que ça devient de plus en plus dur. Avant, tu pouvais être pigé, une petite pige pour faire une petite pub sur... avec une petite phrase, maintenant ils vont utiliser l'intelligence artificielle. Est-ce que toi tu vois une baisse de ton chiffre d'affaires à cause de ça ?
- Speaker #1
Alors moi je peux pas te dire parce que en fait je suis, comme j'ai annoncé que je partais vivre au Japon, il y a plein de gens qui croient que je suis déjà partie donc on m'appelle pas.
- Speaker #0
Ce qui n'est pas le cas d'ailleurs.
- Speaker #1
Ce qui n'est pas encore le cas. On attend notre réponse de visa et ça prend des mois. Et on est comme ça, on attend, on est là genre, ah purée ! On regarde nos mails tous les jours et tout. Mais non, malheureusement, on n'est pas encore partis. C'est prévu normalement cette année. J'espère que ce sera réalisé cette année. Mais je suis encore là. Du coup, je ne me rends pas compte, en fait. Parce que oui, moi, je travaille beaucoup moins. Mais c'est aussi parce que j'ai dit que je partais. Donc, forcément, on va se dire, si je la mets sur une série, et que la série continue, qu'il y a plein de saisons, c'est chiant parce qu'il y a un moment, il faudrait faire autrement. soit me remplacer, soit me faire enregistrer à distance, soit que je revienne pour enregistrer tout d'un coup.
- Speaker #0
Mais tu ne vas pas arrêter de travailler quand tu vas aller tout le temps ?
- Speaker #1
Je pensais que ça impliquerait que j'arrêterais de travailler, mais en fait, il y a plein de gens qui m'ont dit « Non, non, on va trouver des solutions, on verra. »
- Speaker #0
Tu peux faire à distance, tu peux enregistrer chez toi, tu peux enregistrer dans un studio professionnel au Japon et tu peux faire des voyages de temps en temps en compilant pendant une semaine toutes les demandes.
- Speaker #1
Oui, c'est ce qui est prévu, mais on verra. Moi, je ne m'attends à rien. J'ai pris cette décision en mon âme et conscience que ça voulait dire que j'allais beaucoup, beaucoup moins travailler, ou différemment, ou pas du tout.
- Speaker #0
C'était un rêve pour toi de partir au Japon ?
- Speaker #1
Ce n'était pas mon rêve.
- Speaker #0
C'est celui de Thora ?
- Speaker #1
C'est le rêve de Thora. De ton péril ? Oui. Il ne m'a jamais demandé. Il m'a juste dit, j'aimerais bien, quand je serai à la retraite, quand je serai âgée, vivre là-bas. Quand on s'est rencontrés, il m'avait parlé de ça.
- Speaker #0
Il est jeune, on précise à ceux qui le connaissent pas. Oui, il a 30 ans. Il a 30 ans, donc la retraite, c'est pas encore tout de suite. Ça va, mais il veut vivre là-bas.
- Speaker #1
C'est ça, il voulait plus tard. Et moi, j'ai toujours travaillé ici. Je suis un peu ancrée à Paris. Et c'est pas envisageable de partir. Et en fait, au fur et à mesure du temps, il a fait des allers-retours. Et puis, plus il revenait, plus il revenait triste de partir de là-bas.
- Speaker #0
Il se sent bien là-bas.
- Speaker #1
Je l'ai vu très triste. Et un jour, j'ai pris cette décision. J'ai dit, écoute, j'ai envie que tu sois heureux et j'ai envie qu'on soit heureux aussi tous les deux. Et moi, ça ne me dérange pas. En fait, l'idée de tout quitter et de recommencer une vie m'a toujours plu. Après, c'est ma crise de la quarantaine aussi, peut-être.
- Speaker #0
Non, mais c'est une vie d'artiste aussi.
- Speaker #1
Mais j'aime bien cette idée de, ouais, allez, on fait quelque chose de complètement nouveau et on teste un truc. Et je me suis aperçue. Donc j'ai pris la décision par amour pour lui, vraiment un peu par sacrifice. Tu vois, c'est dangereux en plus. T'imagines, tu vas là-bas, ça se passe pas bien. Oui, j'ai tout quitté pour toi.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'il y a un risque.
- Speaker #1
Et en fait, en commençant toutes les démarches, en retournant là-bas aussi avec cette idée que j'allais vivre là-bas, ça m'a vraiment enthousiasmée. Et finalement, c'est moi qui étais moteur complet de tout ça. Et j'ai vraiment envie. J'ai épousé en fait et Sora et ce rêve.
- Speaker #0
C'est génial parce que c'est vrai qu'aller au Japon, c'est comme vivre sur une autre planète quelque part. Ça doit être hyper excitant de se dire, je vais commencer à vivre dans ce pays-là. C'est génial.
- Speaker #1
Apprendre tout.
- Speaker #0
Oui, d'apprendre tout et tout. Et je pense que tu es tellement connu maintenant, tu es tellement légende du doublage, que je pense qu'au niveau travail, on va t'entendre encore dans des productions très prochainement. Oui, il y aura des choses. C'est sûr. Et par rapport à l'intelligence artificielle, j'y reviens, comment tu vois le futur du métier ? Là, est-ce que les comédiens de doublage sont en danger ? Ou au final, c'est inévitable, ils vont y aller dans cette direction et à un moment donné, ils vont céder les droits ? Et vous gagnerez autant d'argent peut-être ? Non,
- Speaker #1
ça va s'effondre. En fait, moi je pense que là, ça va être inversé. C'est-à-dire que l'authenticité...
- Speaker #0
Le côté humain et organique va être mis en avant. Je pense qu'il y aura spécifié sur des œuvres. C'est une œuvre faite par des humains. Ils le font déjà pour du livre audio. Ce livre audio est raconté par un humain. Donc c'est ça qui va être mis en avant, c'est ça qui va être valorisé. D'où l'importance aussi de la médiatisation, de la notoriété, parce que c'est comme ça qu'on va s'en sortir. C'est-à-dire que tu as un nom dans le métier, donc on va te privilégier et ça va devenir presque un argument marketing de t'appeler toi. C'est comme ça que je vois les choses et je pense que ça va être par là. Mais par contre, oui, il ne faut pas qu'on lâche et qu'on cède nos droits. C'est non, ça. Il faudrait qu'ils trouvent un autre moyen s'ils veulent utiliser de l'IA. Mais moi, c'est hors de question. Je suis tout à fait contre qu'on utilise ma voix, mon travail, mais qu'on comprenne en fait tout ça pour quelque chose qui n'est plus humain.
- Speaker #1
Toi et d'autres, parce que vous êtes tous... J'ai l'impression que... Est-ce qu'il y a une bonne ambiance dans le milieu du doublage ? J'ai l'impression que vous connaissez tous.
- Speaker #0
En fait, c'est un petit milieu. Alors souvent, on dit c'est difficile d'y entrer, c'est toujours les mêmes, vous êtes toujours entre vous et tout. Mais en fait, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ça demande une dextérité folle et on n'a pas le temps de tâtonner. Parce qu'on nous demande un résultat sur un temps très court. Je ne sais pas, par exemple, clair-obscur. C'est un jeu vidéo qui a remporté tous les prix.
- Speaker #1
Le meilleur jeu de l'année 2020.
- Speaker #0
Et puis, ça n'est pas encore... Je ne sais pas si l'information a été communiquée, mais je peux le dire. Hier, j'étais au ministère de la Culture avec toute l'équipe de Claire Obscur, qui, vraiment les 28 membres, je crois, se sont fait décorer chevalier.
- Speaker #1
C'est beau. Magnifique.
- Speaker #0
C'est mérité aussi. Par rapport aux faits, Chevalier des Arts, c'est beau. Et c'est la première fois qu'il y a autant de médailles pour toute une équipe parce qu'ils ont récompensé tout le monde. Donc c'est vraiment un jeu qui a eu un impact très important. C'est sorti en avril de l'année dernière et depuis ça s'enchaîne. Les récompenses pleuvent. C'est extraordinaire. Moi, c'est quelque chose qui m'a beaucoup, beaucoup touchée. Dis-toi que je l'ai enregistré en deux jours.
- Speaker #1
En deux jours ?
- Speaker #0
En deux jours.
- Speaker #1
En deux jours, un jeu qui dure plusieurs heures, c'est en deux jours ?
- Speaker #0
Oui, en deux jours. Et qui est intense et qui, tu vois, il y a plein de choses qui se passent. Un film, c'est pareil, on va enregistrer ça sur une petite semaine. Une série, on fait trois épisodes. Par exemple, moi, ça m'est déjà arrivé de faire trois épisodes de 40 minutes en tant que rôle principal sur une seule journée.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est hyper intense. Et en fait, c'est pour ça que c'est si... que ça semble inaccessible, mais c'est parce que quand tu arrives en studio, tu n'as pas le droit à l'erreur. Et les personnes qui ont cette dextérité ne sont pas hyper nombreuses. Donc, c'est cool d'avoir des nouvelles voies, c'est cool d'ouvrir. On a envie toujours d'avoir des nouvelles personnes. Mais là, comme ça a été médiatisé, il y a plein de gens qui ont envie de faire du doublage. Je n'ai jamais rencontré autant de personnes, d'enfants, d'adultes, qui disent, tiens, je veux faire ça, j'ai envie de faire ce métier.
- Speaker #1
J'ai vu sur TikTok, il y a carrément des comptes où on peut faire des doublages pour s'entraîner, montrer sa voix. Et quels sont les conseils justement pour ceux qui nous écoutent, qui veulent faire la même chose, ils veulent faire ton métier ? C'est quoi les conseils que tu leur donnes ? Il faut faire une école ? J'ai vu qu'il y avait une école, Dorothée Poussier, elle a fait une école.
- Speaker #0
Super école.
- Speaker #1
Est-ce qu'il faut faire cette école-là ?
- Speaker #0
Il faut faire cette école. Il faut d'abord suivre un cursus d'au moins deux ans pour apprendre à jouer la comédie. C'est ce qui est recommandé. Après, vous pouvez aussi utiliser le Moi, je dis toujours, tu peux... Enfin, en plus, je suis le mauvais exemple, puisque je n'ai pas pris de cours, tu vois. Mais je dis toujours, tu peux aussi avoir fait 10 ans de théâtre et être très mauvais. Ce n'est pas parce que tu as fait 10 ans de théâtre. Tu peux n'avoir fait jamais de théâtre de ta vie ou jamais joué un rôle de ta vie, et de manière innée, savoir jouer la comédie, et que ça se fasse très bien. Mais le cours, le conservatoire, quelle que soit la formation, va t'ouvrir les portes. Parce qu'en fait, les directeurs artistiques, pareil, ils n'ont pas le temps. Et donc, ils vont... Si tu arrives et que tu dis, ben moi, je fais autre chose, mais j'ai envie d'essayer, ils vont te dire, ben, reviens quand t'auras une formation et quand tu seras pas au stade de j'ai envie de tester. Faut être sûr. Parce qu'ils ont vraiment pas la possibilité de perdre du temps, en fait, à essayer quelqu'un qui est pas prêt.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Donc, ça, c'est le premier truc. Apprendre vraiment à interpréter un rôle. Parce que ce qu'on voit, par exemple, quand on fait du doublage un peu sur les réseaux, sur... Il y a des chaînes YouTube où tu peux trouver des bandes rythmo pour t'entraîner. Tu peux essayer. Mais ce sont des œuvres qui ont été diffusées. Et donc, tu la connais l'oeuvre. Tu as déjà entendu une version française.
- Speaker #1
Donc les gens, ils font du mimétisme. Ils copient en fait.
- Speaker #0
Alors qu'en fait, nous, notre métier, c'est vraiment, on copie, bien sûr. Parce qu'évidemment, mais c'est dans une autre langue. Mais surtout, comment dire, on est traversé par les émotions de nos personnages. Et on doit les interpréter. Et c'est ça vraiment la différence. Et moi, le conseil que je donne toujours, c'est quand on m'envoie, par exemple, des bandes rythmo. Tu vois, des gens qui ont essayé, qui m'envoient leurs extraits pour me demander mon avis, ça peut arriver.
- Speaker #1
Quand tu dis banteritmo, c'est-à-dire que c'est vraiment l'outil professionnel avec les intonations, des trucs comme ça, c'est ça ? Il n'y a pas d'intonation. Il n'y a pas d'intonation. C'est un karaoké de film.
- Speaker #0
C'est une technique de karaoké, en fait. Mais au-delà de cette technique, il faut que tu apprennes la technique, que tu l'accaires, parce que c'est difficile. Ça va très vite. Il faut savoir bien lire, il faut savoir bien articuler. Mais surtout, il faut comprendre ce que tu es en train de dire. Il faut que ça passe par tes émotions. Et donc, je dis toujours, c'est bien, c'est synchrone, c'est bien. Par contre, il faut aller plus dans... Qu'est-ce que ton personnage est en train de dire ? Qu'est-ce qu'il est en train de vivre ? Pourquoi il vit ça ? Quel est le background ? Il y a besoin de prendre tout ça en compte. Toi, tu t'imprègnes du personnage,
- Speaker #1
à tout le fois. Dans la princesse Zelda, tu t'es imprégnée du personnage de Zelda ?
- Speaker #0
Je ne place pas ma voix, je ne cherche pas... à faire des artifices, je cherche rien de tout ça, je pense au personnage. C'est un truc qui est inné.
- Speaker #1
Maintenant avec l'expérience, parce que tu as beaucoup d'années d'expérience, tu as commencé à 7 ans, donc j'imagine que c'est un truc qui est automatique.
- Speaker #0
Mais je vis de la vie du personnage. C'est inné pour toi. Oui, c'est le conseil que je donne. Ça ensuite, effectivement, aller faire une formation à la Dub School par exemple, il y a d'autres formations aussi très bien. Il y a les ateliers du libre-artiste aussi très bien. Il y en a plusieurs, il faut... Pour choisir sa formation, il faut vraiment vérifier qu'elle ne coûte pas trop cher. Parce que si c'est plus de 5000 euros, si c'est 10 000 euros, des choses comme ça, c'est trop cher. C'est de l'arnaque généralement. Après, ça dépend. Je mets une petite assérie. Je ne connais pas les tarifs de la Dub School, donc ça se couche d'une bêtise. Mais si c'est 10 jours de formation, peut-être que c'est 5000 euros, j'en sais rien. Mais en tout cas, c'est pris en charge. Donc si tu es déjà intermittent du spectacle par exemple, ou dans le cadre, tu sais, avec France Travail, les formations et tout ça. Oui, oui, les formations. Que ce soit pris en charge. Voilà, il ne faut pas que l'argent vienne de ta poche, il faut que ce puisse être financé. Mais ils vont te demander d'avoir une formation, ils vont te demander si tu es comédien, tous. Et c'est vraiment pour se perfectionner et découvrir ce métier-là, et puis rencontrer des gens. Donc par exemple, ce que j'aime bien à la Dub School, c'est que c'est que... avec tes directeurs artistiques et directrices artistiques en activité. Donc en fait, tu peux te faire repérer.
- Speaker #1
Les directeurs artistiques, on rappelle ça, c'est l'école de Dorothée Pousset, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qui est une grande doubleuse qui fait du doublage comme toi.
- Speaker #0
Qui a eu envie de transmettre.
- Speaker #1
Et elle a eu envie de transmettre, je trouve ça génial.
- Speaker #0
Avec Kelly Marot, toutes les deux, elles ont monté l'école.
- Speaker #1
Directrices artistiques, ça veut dire, ou directeurs artistiques, c'est eux qui gèrent les doubleurs.
- Speaker #0
Le casting.
- Speaker #1
Le casting et qui les aident à bien mettre en scène, on va dire, leur voix.
- Speaker #0
Parce qu'il n'y a pas de casting, tu ne peux pas te présenter comme ça. En fait, généralement, tu as déjà fait, tu as déjà expérimenté, tu as commencé par des petits rôles et de fil en aiguille, on t'a repéré, en fait. On te connaît ou chahouré. En fait, quand quelqu'un a du talent, il est vite. Ça va très vite. Quand quelqu'un est vraiment performant, ça va très vite.
- Speaker #1
C'est la performance. Dans l'exécution, tu as dit qu'il faut être efficace, bien s'imprégner du rôle et tout ça. Ou c'est avoir une jolie voix ? Est-ce qu'il faut avoir une jolie voix pour faire du doublage ?
- Speaker #0
Ce n'est pas nécessaire d'avoir une jolie voix. Plus on a une voix caméléon, mieux c'est. Si ça a une voix trop marquée, quelqu'un qui a une voix grave, par exemple, un homme qui a une voix très grave, il ne peut faire qu'un certain type de rôle. Je connais par exemple Arthur Kong, qui a fait la voix de Shang-Chi, notamment. Lui, il a une voix très grave, et il avait cette voix quand il avait 15 ans, quand il a commencé. Du coup, c'était compliqué pour le caster. Il s'en est sorti, il fait du doublage maintenant, et ça marche très bien parce qu'il a... Il a un talent d'interprétation aussi. Il est bon comédien. Mais s'il n'avait eu qu'une voix grave...
- Speaker #1
Ça ne marchait pas.
- Speaker #0
Ça ne marchait pas.
- Speaker #1
Il faut savoir transformer aussi sa voix ?
- Speaker #0
Si possible, mais de manière naturelle.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Tu vois, ce n'est pas de l'imitation. Pareil, il ne faut pas faire des trucs... Alors oui, parfois dans du dessin animé, on fait des trucs rigolos, on fait des voix marrantes. Et on va... Voilà, c'est cool. Mais ce n'est pas le talent principal qu'on va te demander. On va te demander de jouer. de savoir jouer et de lire le texte. Donc voilà, rapide, bonne diction, pas de défaut de prononciation. Mais tu vois, même une personne dyslexique, elle est capable, avec beaucoup d'effort, parce qu'il faut savoir bien lire et tu vois, ça va vite. Mais voilà, ça demande plus d'effort. Mais quelqu'un qui a un petit cheveu sur la langue, faire attention, tu vois, il faut travailler, orthophoniste et tout, pour le gommer, parce que c'est pareil, ça va te restreindre. On va donner qu'un certain type de rôle. Surtout quand tu arrives, il faut pouvoir... être couteau suisse en fait, faire tout.
- Speaker #1
Et question pour ceux qui veulent se lancer là-dedans, est-ce que ça gagne bien ? Et c'est quoi ton planning dans la semaine ? Est-ce que toi, tu ne fais pas 9h, 18h, métro, boulot, dodo ? J'imagine que, bon, c'est quoi, intermittente du spectacle ? Donc on travaille quand on est pigé.
- Speaker #0
Je ne suis plus intermittente, moi, mais oui, sinon c'est vraiment la merde. C'est très difficile au début, parce qu'au début, tu vas faire un cachet un par mois. Donc même si c'est un cachet de 500 euros, ce n'est pas ça qui te fait vivre. Ça ne fait pas, oui. Donc il faut arriver à faire assez d'heures pour avoir ton intermittence. Une fois que tu as ton intermittence, tu es un petit peu plus tranquille. L'intermittence te permet de compenser quand tu ne travailles pas. C'est un chômage en fait. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Il faut faire 5,7 heures par an. Moi, je connais, parce qu'on est dans le milieu de la télévision et tout ça. 5,7 heures par an. Quand on a fait ses piches, donc une piche c'est 8h, 9h, ça dépend. On peut voir avec l'employeur.
- Speaker #0
C'est plus intéressant. Voilà,
- Speaker #1
12h c'est mieux. On voit avec l'employeur. Et après, tout le reste du temps où on ne travaille pas, on est payé par les allocations chômage. Voilà,
- Speaker #0
on n'est pas mirobolante. C'est plafonné.
- Speaker #1
Exception française, d'ailleurs, il faut préciser. On n'a pas ça dans les autres pays, au passage. Les intermittents du spectacle, c'est un statut qui existe depuis longtemps. Donc on est intermittent du spectacle et il faut faire les 507 heures pour pouvoir être bien.
- Speaker #0
C'est un métier artistique, c'est comme danser, chanter, tous ces métiers-là, c'est précaire. Surtout au début, quand tu te lances, il faut te faire remarquer, il faut y arriver. Il faut gérer aussi plein de choses comme il faut gérer ton stress. Parce que tu peux être bon comédien, mais t'es tannisé parce que t'as peur.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
On rencontre toujours des personnes différentes. On n'est jamais à l'aise en fait, parce qu'on est toujours dans des situations très différentes. On joue un rôle différent, on est dans une équipe différente, dans un lieu différent chaque jour. Parfois plusieurs fois par jour, tu as la chance de beaucoup travailler.
- Speaker #1
Oui, tu n'es pas dans le même bureau à chaque fois. Et oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Donc tu es déstabilisé en permanence. Il faut gérer ça. Il faut aimer ça même. Il faut aimer le changement. Il faut aimer le challenge. Il faut aimer être baladé comme ça.
- Speaker #1
Quand on aime la routine et tout, ce n'est pas un métier qui est fait pour ça. Non,
- Speaker #0
non, pas possible. Il faut avoir ce côté concentré aussi, hyper focus. Tu ne peux pas te permettre d'avoir la tête ailleurs. Et moi, j'adore ça parce que quoi qu'il se passe dans ma vie, quoi qu'il se soit passé, j'ai traversé des épreuves, des moments difficiles, juste comme ça. Tu arrives en studio, la porte se ferme, tous les problèmes sont dehors.
- Speaker #1
Comme nous en télé, the show must go on. Exactement.
- Speaker #0
Tu es en train de chialer dans ta loge, une heure avant, les caméras s'allument. Et ça,
- Speaker #1
les gens ne se rendent pas compte de la difficulté et de la force qu'il faut avoir quand c'est comme ça. Moi, j'ai connu ça à Game One. souvent, on a des problèmes de la vie qui font que on peut pleurer 50 minutes avant une émission et dès que ça tourne, tous les problèmes, quand on passe le seuil du plateau, n'existent plus. Et il faut donner du plaisir, du divertissement aux gens qui nous regardent. C'est ça, c'est notre devoir.
- Speaker #0
Et ça,
- Speaker #1
c'est très dur.
- Speaker #0
C'est encore plus dur pour vous, je trouve, parce qu'en plus, c'est en live, en direct. Nous, on peut se reprendre quand même. Mais tu vois, si t'arrives, t'es pas bien. pour x, y raison, tu n'es pas concentré, tu ne comprends pas ce qui se passe à l'écran, tu n'arrives pas à articuler, tu n'arrives pas à faire tes phrases et tout, ça va avoir un impact négatif sur la directrice artistique ou le directeur artistique.
- Speaker #1
Ils ne vont pas te rappeler.
- Speaker #0
Peu ne pas te rappeler à cause de ça,
- Speaker #1
oui. C'est important, c'est un métier d'artiste.
- Speaker #0
Donc en fait, tu es toujours jugé, tu es toujours sur la scellette, tu es toujours remplaçable, c'est terrifiant en fait. Mais, Moi, j'adore. J'adore ce côté où j'ai toujours quelque chose à prouver. Je suis personne quand j'arrive, tu vois. Personne ne me fait des courbettes.
- Speaker #1
Et pourtant, tu es Adeline Chetail. Tu es la légende maintenant.
- Speaker #0
Oui, mais on reste humble parce qu'on est toujours au service d'eux. Tu es professionnelle. Et on peut se croûter à n'importe quel moment. Oui,
- Speaker #1
mais tu es professionnelle et tu es humble. Mais en vrai, tu te rends compte quand même que tu es devenue une légende ou tu ne t'en rends pas compte ?
- Speaker #0
Je m'en rends compte parce qu'on me le dit. Mais moi, dans ma tête, ça n'a pas d'importance. Je ne suis pas attachée à ça.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Parce que ça fait 33 ans que je travaille.
- Speaker #1
33 ans ? Oh la vache ! Moi, je me trouvais vieux avec 23 ans de travail. 30 ans de métier ? Tu as commencé à 7 ans.
- Speaker #0
Ben oui.
- Speaker #1
Mais du coup, tu es à la retraite, tu as cotisé avant nous, tout le monde.
- Speaker #0
Mais j'avais calculé, tu sais, quand j'étais petite, le système de retraite, il n'était pas pareil. Et c'était en nombre d'années, ouais. J'avais calculé que vers la 40, 45, je pourrais toucher. Et j'étais en mode, ah, pas mal. Mais non, finalement, ce n'est pas comme ça que ça se passe. Et puis voilà, mais ce n'est pas grave. Et de toute façon, moi, j'avais prévu de travailler jusqu'à... Jusqu'à ma mort, en fait.
- Speaker #1
C'est vrai qu'en fait, tu peux travailler longtemps. J'ai hâte de faire des petites grandes veilles. Mais oui, si ta voix vieillit.
- Speaker #0
J'espère qu'elle va vieillir un jour. Elle reste jeune.
- Speaker #1
Parce qu'elle est très jeune, quand même, ta voix.
- Speaker #0
Après, c'est bien parce qu'il y a beaucoup de jeunes dans les œuvres. C'est plus des jeunes que les... La femme de 50 ans, elle est moins héroïne.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Donc, tant mieux. Après,
- Speaker #1
tu arrives avec... avec ta voix, et aussi ta voix est jeune, mais ton expérience non. Donc c'est ça aussi ta force, tu vois, derrière.
- Speaker #0
Je pense que c'est plus pour ça qu'on va m'appeler, parce que justement, oui, mon côté peut-être professionnel et le fait qu'on me sait capable d'interpréter un peu beaucoup de choses, mais ce n'est pas pour ça qu'on va m'appeler. On va m'appeler parce qu'on pense à moi, parce que le personnage... En fait, les directeurs artistiques font leur casting un peu à l'instinct. Chacun a sa méthode. Parfois, c'est un aspect physique. Je sais qu'il y a des directeurs artistiques, quand j'arrive, je vois la nana à l'écran, je fais « Ah ok, elle me ressemble, je comprends » . Il peut y avoir juste l'énergie, peu importe. En fait, tu ne sais pas pourquoi on va penser à toi. Tu es passé un jour dans un couloir, tu as dit bonjour à quelqu'un d'une certaine manière, et puis la personne va se rappeler de toi et va penser à toi pour un rôle par rapport à ça.
- Speaker #1
Par rapport à ça ?
- Speaker #0
Oui, c'est possible. Je ne sais jamais pourquoi elle pense à moi.
- Speaker #1
Et quand tu réponds à la question de l'argent, en fait, ça dépend le nombre de fois où on va être pigé. C'est ça, il n'y a pas une tranche. On va dire un débutant, il pourrait commencer à combien ? Tu as dit, on va faire une pige, une pige c'est combien en général ?
- Speaker #0
Il y a une convention collective, donc tout est sérieux,
- Speaker #1
par l'État et tout.
- Speaker #0
C'est tarifé, il y a des tarifs qui sont bien clairs, bien expliqués. Et donc le premier, je crois que c'est dans une centaine d'euros, 120 euros.
- Speaker #1
C'est pas beaucoup, il faut en faire beaucoup pour gagner de l'argent.
- Speaker #0
Pour faire, ouais, pour un petit truc, tu vois. C'est le prix du déplacement d'un petit rôle. Après, si tu fais... En fait, à partir d'un certain lignage, donc nous, c'est compter en lignes. C'est un ensemble de caractères qui équivalent à une petite phrase, en fait. Donc, plus tu parles, plus tu vas être payé.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
À partir d'un certain seuil, t'es payé environ 6 euros la ligne.
- Speaker #1
Ok. Ah, c'est vraiment précis.
- Speaker #0
C'est très précis.
- Speaker #1
Moi, je pensais que...
- Speaker #0
C'est à la ligne dialoguée, quoi.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Après, donc ça, c'est pour le doublage. Le jeu vidéo, ils ont une tarification différente. et maintenant moi je décide que je vais être payée tant mais c'est le doublage pourtant je ne sais pas ce qui s'est passé, ils ont pris des libertés dès le départ ils devraient s'aligner le livre audio c'est très mal payé alors que ça prend des heures si tu tombes sur un pavé comme ça moi tu vois en livre audio je demande alors c'est c'est pas plus en cachet intermittent que je fais ça maintenant mais tu vois sur facture, je demande 240 euros la demi-journée et je suis très chère.
- Speaker #1
Je ne trouve pas ça énorme moi.
- Speaker #0
Très chère par rapport au tarif pratiqué.
- Speaker #1
Pour le travail demandé, parce que 240 euros il faut en lire des lignes. Parce que les bouquins, souvent, ils sont comme ça. Ça doit être fatigant ça.
- Speaker #0
C'est extrêmement fatigant mais je trouve que c'est... Ça aussi, je le conseille beaucoup pour des comédiens pour s'entraîner parce que ça te force à rester très concentré. avoir une diction parfaite et faire de la compréhension de texte en direct.
- Speaker #1
La ponctuation.
- Speaker #0
Et faire tous les voix, c'est trop bien, j'adore.
- Speaker #1
Ça, c'est un bon entraînement pour commenter.
- Speaker #0
C'est un super entraînement, je trouve. Après, chacun a sa méthode. C'est pour ça qu'aller en formation, c'est intéressant parce que tu rencontres des gens et tout le monde te dit un petit peu ses techniques. Et puis, tu fais ta technique à toi. Là, j'ai vu une jeune comédienne qui a fait un contenu qui raconte. Elle, elle est chanteuse à la base. Et j'ai trouvé ça intéressant parce que c'est pas du tout comme ça que je travaille. Elle dit qu'elle place sa voix en fonction de son personnage. Donc si c'est une princesse, elle fait comme ça. Si c'est une petite fille, elle fait résonner dans son crâne, elle fait résonner dans sa gorge. Elle expliquait ces techniques-là que moi, j'ai absolument pas, tu vois. Je pense pas du tout à ça, moi. Mais parce qu'elle a une formation de chanteuse, qu'elle pense à la voix en premier, tu vois. Comment elle va faire résonner, comment elle va placer. Moi, c'est pas du tout. Et moi, j'aurais jamais dit. J'ai été étonnée, tu vois. J'ai trouvé ça intéressant.
- Speaker #1
Ouais, chacun avec sa fibre artistique.
- Speaker #0
Oublie ta voix, oublie de la placer. C'est le pire truc. Peut-être pas, en fait.
- Speaker #1
Chacun a sa façon de travailler, de rentrer dans le rôle pour l'adapter. C'est hyper intéressant. Je trouve ça incroyable. Moi, ça me passionne. Et limite, tu m'as donné envie de faire ce métier-là. Je trouve ça incroyable.
- Speaker #0
Et puis, quand tu commences à doubler toutes les personnes qui essayent, tu vois, il y a cette chaîne YouTube, par exemple, qui s'appelle Roman Dub. C'est trop bien parce qu'ils font beaucoup, beaucoup de bandes rythmo. Tu peux t'entraîner, tu peux t'amuser. Tu peux faire des soirées avec tes potes. T'amuser à ça, c'est hyper chill, c'est trop sympa. Tu peux dire des bêtises, tu vois, changer le texte, te marrer.
- Speaker #1
C'est récent, ça, cette tendance. Tout le monde a envie de faire ça. Comment t'expliques que c'est devenu super tendance et super populaire ?
- Speaker #0
Ouais, c'est ce que j'allais dire. En fait, c'est addictif. Tu commences, tu fais, oula, c'est difficile, ça va vite et tout. Et puis, en fait, tu te prends au jeu de jouer le rôle. Mais on faisait ça quand on était petits.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
T'avais tes poupées, tes jouets. Tu faisais tes histoires, tes légos, je ne sais pas. Ah là là, machin et tout. En fait, c'est ça. C'est retrouver cet esprit-là. C'est ça qui est cool.
- Speaker #1
Est-ce que quelque part, tu n'as pas gardé ton âme d'enfant ?
- Speaker #0
Bien sûr, je suis restée une enfant. C'est vrai ?
- Speaker #1
Tu as gardé ce plaisir-là, en fait.
- Speaker #0
En fait, j'ai toujours été une adulte. Parce que comme je te disais, j'ai eu un parcours où j'ai eu des responsabilités d'adulte, une vie d'adulte très tôt. Et j'ai toujours été une enfant en même temps.
- Speaker #1
En fait, tu es une adulte. Il n'a jamais oublié ce qu'est être un enfant.
- Speaker #0
Mais oui, mais comme tout le monde, en fait, je pense.
- Speaker #1
Euh... Ah non, il y en a beaucoup qui vous plaignent, malheureusement.
- Speaker #0
Je ne sais pas, moi j'ai l'impression qu'on ne change pas. Je vois mes amis, on vieillit tous, tu vois. Et j'ai des amis qui ont... Ça fait 20 ans, 30 ans qu'on se connaît. Et en fait, on est toujours pareil. Juste, on a des responsabilités, on fait des trucs chiants. Mais je n'ai pas la sensation qu'on est devenus adultes, en fait. C'est marrant. Je trouve que ce terme n'a pas de sens pour moi. Mais c'est ma façon de voir la vie aussi, peut-être. Et puis peut-être que je suis entourée de gens un peu comme moi. Voilà, donc c'est un biais pour moi. Mais c'est important, ouais, de s'amuser.
- Speaker #1
Ah oui. Moi, je le disais à toutes mes équipes sur Game One ou ailleurs. À chaque fois, je leur disais, gardez votre âme d'enfant. Il ne faut pas la perdre. C'est ça qui nous fait nous marrer, nous éclater. C'est ça qu'on aime.
- Speaker #0
On a une chance, c'est de vivre quelque chose, de vivre un métier qui nous passionne.
- Speaker #1
Tu fais un métier quand même qui est extraordinaire.
- Speaker #0
Je suis passionnée. Je suis passionnée de ce métier. Mais... 33 ans, tu vois, l'idée de base, à la base, quand j'ai dit que je partais au Japon, vraiment, j'avais conscientisé, peut-être que c'est terminé. Et je n'avais pas de soucis avec ça. Pas parce que j'étais lassée ou aigrie ou quoi que ce soit. Même si je suis un peu aigrie parfois, parce que j'ai envie qu'on ait des super conditions de travail. Et parfois, ça m'énerve quand on n'a pas les conditions de travail. Puis surtout, j'ai travaillé sur des projets, c'est difficile de passer après. Claire Obscur, par exemple. où j'ai eu des conditions de travail merveilleuses.
- Speaker #1
C'est vrai ? Ils vous ont bien accompagné ?
- Speaker #0
C'est français. Déjà, on n'avait pas trop d'intermédiaires. On pouvait parler avec les créateurs du jeu. On pouvait discuter en direct pendant notre séance. On pouvait dire, attends, je ne comprends pas pourquoi mon personnage dit ça.
- Speaker #1
Oui, donc les mecs étaient concrets.
- Speaker #0
Tu as toutes les réponses. Tu as tous tes outils. C'est comme, je ne sais pas, imagine n'importe quel métier. Tu es plombier. Et puis en fait, tu vas faire une intervention, mais tu as la moitié de tes outils, donc tu dois bricoler avec. Nous, souvent, c'est ça. On a la moitié des informations, donc on tâtonne. On essaye de faire en sorte de rendre justice. On est là pour rendre justice à une œuvre. On est au service d'une œuvre. On est là pour honorer les personnes qui ont travaillé pendant des années, parfois, des mois, qui ont joué un rôle, parfois aussi, pendant des mois. Tu vois, les acteurs qui se préparent, qui font toute une recherche, qui apprennent leur texte. Nous, on arrive derrière, on enregistre en quelques heures. Donc il faut qu'on reconstitue ce travail-là et qu'on soit, j'en reviens à ça, ultra performants et qu'on comprenne tout ce qu'ils ont voulu exprimer. On leur rende justice parce qu'il faut qu'on rende accessible, notre métier c'est ça, c'est rendre accessible au niveau culturel des œuvres qui ne sont pas des œuvres françaises pour que ce soit plus facile.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Donc on est là pour les personnes qui ont des difficultés à comprendre une langue, qui ont des difficultés à lire rapidement ou à lire tout court, qui ne voient pas bien. Toutes ces personnes ont besoin de nous. C'est pour elles qu'on travaille.
- Speaker #1
Ce n'est pas pour être célèbre.
- Speaker #0
À la base, c'est ça. C'est pour ça qu'on n'était pas connus non plus.
- Speaker #1
Parce que le grand public, c'est vrai, il préfère regarder en version française. C'est le truc le plus facile qui existe. Et en France, on a cette chance que les versions françaises sont extrêmement bien faites. Grâce à vous, à vous tous.
- Speaker #0
C'est vraiment notre devoir. En tout cas, c'est comme ça que je conçois les choses. Au-delà de « je m'amuse, c'est super, je passe un bon moment » ou « j'aime mon rôle » ou pas, ça peut arriver aussi des expériences négatives. Au-delà de tout ça, je pense vraiment au public de plus en plus. Je n'y pensais pas à ce point avant, mais depuis qu'il y a les conventions, depuis qu'on rencontre le public, depuis qu'on a des retours, depuis qu'on a les réseaux sociaux, tout ça, là je le vois et je vois à quel point c'est important. Il y a des personnes qui viennent me voir en convention et qui me disent « vous avez bercé mon enfance » . Vous m'avez sauvé la vie. Des choses comme ça, très intenses. Et au début, je ne comprenais pas. Je trouvais ça étonnant. Mais en fait, j'ai compris. Parce que souvent, c'est comme toi, ce que tu fais. Les gens vont regarder et ça va les divertir. Ça va leur faire penser à autre chose. Parfois, des moments difficiles de leur vie.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Parfois, dans des situations compliquées. Et en fait, ce sont des refuges. Ce sont des moments de bonheur. Ce sont des petites bulles qui relient émotionnellement. à quelque chose d'important.
- Speaker #1
Et que certaines œuvres peuvent nous marquer. Moi, je suis notamment très marqué par la saga Rocky. Et pour moi, Rocky, ça se regarde en version française. Et voilà, la voix française de Rocky m'a toujours parlé. Et c'est quelque chose qui m'a accompagné. Malheureusement, il nous a quittés, mais ça m'a toujours parlé. J'ai eu la chance sur Game One à mon anniversaire, il était là pour faire une voix.
- Speaker #0
Tu l'as rencontré ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Ils m'ont fait une voix avec la voix de Rocky. pour moi c'est extraordinaire et je comprends les gens qui viennent te voir et te disent t'as bercé mon enfance ou tu m'as peut-être sauvé la vie à un moment donné parce qu'ils s'accrochent à des trucs qui émotionnellement leur parlent la voix est importante,
- Speaker #0
en jeu vidéo notamment la voix est super importante parce que tu passes des heures parfois tu échoues, tu refais le personnage meurt tu dois refaire tout et tout et tu réentends les mêmes lignes de dialogue c'est hyper important de faire un travail nickel c'est un devoir vraiment pour moi C'est pour ça que parfois je suis un peu aigrie quand j'arrive sur un jeu vidéo et que je n'ai pas toutes les infos et que je sens que c'est un petit peu à côté parce que je ne peux pas faire mon travail avec tous mes outils. Je râle.
- Speaker #1
Ah, tu râles. Ah, je râle. Tu dis, donnez-moi un peu...
- Speaker #0
J'essaye d'être gentille, tu vois, toujours. Je ne veux pas être insupportable ou créer des tensions, des choses comme ça, mais quand même, c'est dommage.
- Speaker #1
Oui, tu veux bien faire les choses.
- Speaker #0
Je veux bien faire les choses. Et du coup... C'est pour ça aussi, j'étais un peu lassée. Et là où j'ai un peu plus de prétention, on va dire, où je me dis, voilà, ça fait 33 ans, j'ai la carrière que j'ai, j'ai eu des rôles emblématiques, c'est super. J'ai envie, en fait, maintenant de privilégier, de ne plus faire de l'abattage ou de ne plus faire des choses qui ont moins de sens. J'ai envie de me spécialiser sur des... petites choses, peut-être moins, faire moins, mais faire vraiment des petites pépites. Comme un artiste qui...
- Speaker #1
Tu choisis tes rôles.
- Speaker #0
Ouais, je vais devoir choisir mes rôles de toute façon et je vais devoir... Alors on va peut-être pas me laisser choisir, mais en tout cas, une fois que je serai au Japon, effectivement, si on me fait des propositions, il y aura une vraie question que je me poserai, que je me pose pas aujourd'hui parce qu'aujourd'hui on me demande est-ce que t'es dispo ? C'est ça, c'est juste ma disponibilité qui fait que je dis oui ou non.
- Speaker #1
Mais tu nous confirmes que voilà. partir vivre au Japon avec ton chéri et tu vas quand même continuer à travailler. On va sûrement t'entendre dans des productions. Donc ça, déjà, tu confirmes que t'es disponible.
- Speaker #0
Je le confirme.
- Speaker #1
Voilà, tu confirmes que t'es disponible. Tu vas apprendre le japonais ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu vas faire des doublages en japonais ?
- Speaker #0
J'espère, c'est mon rêve.
- Speaker #1
Sérieux ?
- Speaker #0
C'est mon rêve, j'adorerais faire des doublages en japonais.
- Speaker #1
C'est-à-dire des doublages de production française, mais en japonais ?
- Speaker #0
J'aimerais trop.
- Speaker #1
Ça serait logique d'avoir un peu l'accent français sur une production française.
- Speaker #0
Écoute, il y a du boulot pour les accents.
- Speaker #1
Tu apprends là ?
- Speaker #0
J'apprends. C'est très dur. Et je pense que je serai mieux quand je serai là-bas parce que je serai en immersion. Et que là, je n'ai pas le temps. En plus, on est dans une vie, on est à 100 à l'heure avec Sora. C'est terrifiant. Et c'est aussi une des raisons de mon envie de partir. J'ai envie d'avoir un rythme plus calme à la japonaise. D'accord. Avec ce côté. En fait, ce que j'aime au Japon, c'est qu'on fait les choses doucement parce qu'on les fait bien. On met du sens. Tu vois, là-bas, j'adore aller dans un magasin et que la personne prenne le temps d'emballer.
- Speaker #1
C'est autre chose.
- Speaker #0
C'est une autre culture. Je ne suis pas en mode, oh là là, je suis pressée, il faut que vite, elle me donne mon truc. Non, il y a ce côté vraiment, tous les artisans qui font doucement, bien, parce que c'est la perfection qui compte en fait. J'adore cet état d'esprit. Et j'adore le côté contemplatif aussi. Ok, on fournit un gros travail. On est très consciencieux. On passe du temps. Mais par contre, tiens, on va faire une pause. On va regarder le soleil se coucher. On va aller dans un parc. On va regarder des fleurs. On va prendre ce moment. Ça, c'est très japonais. J'aime beaucoup. J'ai besoin de ça. J'ai l'impression que je ne peux pas le trouver ici. J'arriverai jamais à faire l'espace.
- Speaker #1
Et tout ça, on pourra le suivre sur les réseaux sociaux ? Vous allez un peu partager votre vie, votre aventure ?
- Speaker #0
On va faire une chaîne. plus vlog, en fait, où on va un petit peu partager notre aventure, les difficultés aussi qu'on va avoir sûrement. Là, on a des difficultés administratives parce qu'on attend une réponse de visa qui met des mois à arriver. Donc, c'est une difficulté. Psychologiquement, c'est dur. On se sent en bas d'une montagne, tu vois, qu'on va devoir gravir. On s'apprête à la gravir, mais le chemin n'est pas encore ouvert. Donc, il y a des tas de choses qu'on doit faire après ça. Et donc, on va partager tout ça. On partage... Sur nos réseaux sociaux aussi, on partage des vidéos ensemble, sur YouTube. Ça reste quand même Sora, c'est important qu'il garde son identité. Donc lui aussi, il va faire pas mal d'allers-retours pour assurer une continuité dans ses contenus. C'est très idiot de switcher sur du contenu japonais, purement et simplement. Il va assurer cette transition en douceur, moi aussi. sur les premières années on sera très présent ce sera comme si on était encore là en fait on verra pas la différence et puis petit à petit je pense qu'on va temporiser moi c'est mon en tout cas c'est comme ça que j'ai envie,
- Speaker #1
on verra ce qui se passe en tout cas je vous souhaite plein de bonheur j'étais très content de te recevoir c'est malheureusement la fin de cette émission pendant des heures en plus j'ai adoré parce qu'on dit la vérité on s'est croisé à des soirées, Sora m'avait invité à des soirées je t'ai fait la bise et on a pas vraiment discuté Je te connaissais par le prise de Sora, parce que quand il venait en tournage, il parlait tout le temps de sa femme, Adeline, Il parle tout le temps de moi.
- Speaker #0
En plateau. Fan numéro un.
- Speaker #1
En même temps, je te dis, forcément, quand on faisait nos émissions, on parle de séries télé, de jeux vidéo.
- Speaker #0
Et je suis souvent dans l'histoire.
- Speaker #1
Toutes les meilleures productions, c'est toi, donc forcément, t'es tout le temps dedans. Non, mais j'étais content de te recevoir et je pense que les gens vont penser la même chose. Je vais voir les commentaires quand on va poster la vidéo, mais j'ai découvert une grande professionnelle.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Voilà, je vois que t'es une grande professionnelle.
- Speaker #0
Très passionnée surtout.
- Speaker #1
Et passionnée par ton travail et que tu veux bien faire les choses et tu ne fais pas les choses pour toi. Ça, je trouve ça génial. Et vraiment, tu m'as donné envie de faire ce travail-là. Je trouve ça extraordinaire ce que tu fais et vraiment, merci beaucoup d'être venue. Je suis content de mieux connaître Adeline maintenant. Quand je vous regarderai en vidéo, je saurai maintenant qui tu es. Ça, c'est hyper intéressant.
- Speaker #0
Merci, merci de m'avoir donné la parole.
- Speaker #1
C'est trop gentil. C'est la fin de cet épisode. N'hésitez pas à booster. J'ai pris les codes de YouTube. Booster la vidéo, mettez un commentaire, mettez un like, abonnez-vous. Et n'hésitez pas à mettre en commentaire quel invité vous voulez recevoir dans tant qu'il aura du Wi-Fi. Moi, j'essaye d'exécuter les ordres des gens de la communauté. Merci Adeline.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
À bientôt.