Speaker #0Mes amis, mes amours, bonjour. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un sujet un peu différent, moins intime peut-être, mais un sujet qui reste plus ou moins tabou, dépendamment des personnes bien évidemment. Mais selon moi, ça reste un sujet qui est... C'est assez gênant quand il s'agit d'en parler en public. Il s'agit là de la gestion de nos échecs. On est le lundi 3 mai et aujourd'hui je me réveille un peu du pied gauche. Tu vois ce genre de matin où tout te semble un peu fade, terne, t'as pas envie d'aller au boulot, t'es fatiguée. On a marre de, comment dire, de répondre aux attentes du monde, de devoir gérer la vie d'adulte, en fait, tout simplement. Ma vie professionnelle au Canada me challenge beaucoup trop à mon goût ces temps-ci. Et j'ai beau essayer de rester positive, j'ai toujours cette impression d'avoir pris un mur. Alors plutôt que de me laisser glisser dans un bad mood. J'ai décidé de transformer ce moment de réflexion en épisode de mon podcast. C'est toujours bien de partager ce genre de réflexion-là, de parler de ce type de sujet-là dont on ne parle pas assez, qu'on n'aborde pas suffisamment, je trouve, que ce soit dans nos groupes d'amis, que ce soit avec la famille. je trouve qu'on ne parle jamais assez de nos échecs donc je me suis dit why not, ça peut faire un bel épisode et donc nous voilà comment on gère nos échecs parce qu'en vrai échouer ça arrive à tout le monde mais s'autoriser à en parler ça l'est beaucoup moins on a tous ces périodes où rien ne va où on se sent découragé, vidé dépassé par ce qu'on a voulu construire Que ce soit le travail, la pression du quotidien, la peur de décevoir les gens. Parfois, on a vraiment l'impression, comment dire ça, d'être sur une ponte qu'on n'arrive pas à remonter. Voilà. D'avoir tout donné, mais que ça ne suffit jamais. Et en fait, c'est là que le doute s'installe. Pour ma part, là, je me dis, est-ce que je suis vraiment à ma place ? Est-ce que j'ai fait le bon choix ? Pourquoi j'échoue ? Enfin, pourquoi j'ai la sensation d'échouer alors que je fais tout ce qu'il faut ? Ce sentiment-là, c'est l'un des plus humains qui soit, selon moi. Et pourtant, on a tellement diabolisé l'échec qu'on oublie de le voir comme un moment de recalibrage. Comme un moment où la vie vient te dire, prends pas ce chemin-là, regarde ailleurs, ça c'est pas fait pour toi. toi, etc. Tu vois, on l'entend jamais comme ça quand on est face à un échec, enfin du moins pas tout de suite, parce que l'échec sur le moment, ça fait mal, vraiment ça pique ton égo. Et si tu enchaînes les échecs, à force, ça peut abîmer l'image qu'on a de soi, parce qu'on a tendance à s'identifier à nos échecs. Et c'est de ça dont j'aimerais parler aujourd'hui, parce que c'est dommage. par exemple quand j'ai dit à mon mari j'ai échoué à mon test tout de suite il m'a repris tu n'as pas échoué, tu as vécu un échec sur le coup ça m'a presque énervé j'étais comme c'est pas le moment de corriger là je te donne juste une information tu l'apprends c'est tout tu vois mais quand tu prends du recul avec quand j'en ai discuté avec mes soeurs etc J'ai vu la nuance. Est-ce que toi tu la vois ou pas ? Parce que c'est important de la voir. Dans la première phrase, quand tu dis j'ai échoué, tu deviens l'échec. Dans la seconde, quand tu dis j'ai vécu un échec, et bien ce n'est pas toi l'échec. Toi, tu deviens la personne qui apprend quelque chose de son échec. Est-ce que tu comprends la nuance ? Bref. Ce podcast aujourd'hui, c'est vraiment pour rappeler, rappeler à tout le monde, rappeler à tous qu'échouer, c'est une expérience. Quand on vit à l'étranger, dans un environnement aussi exigeant comme le Canada, l'échec prend une autre dimension. Parce qu'en fait, tu dois tout reconstruire, que ce soit ta carrière, ton réseau, ton équilibre, tout est à reconstruire. Et à la moindre secousse, moindre écart. Tu as l'impression que tout se fragilise. Tu remets vraiment tout en cause. Et ici, en Amérique, de manière générale, de mon point de vue, la réussite est souvent présentée comme, comment dire ça, comme une course. Ici, en fait, tu as l'impression que les gens ont un mental d'acier. Ils sont tellement résilients. Ils sont tellement, tu vois, tout le monde aspire à quelque chose. Donc, tout le monde donne son maximum pour y arriver. Et la plupart des gens, heureusement, réussissent. Mais on ne parle jamais des personnes qui traversent des moments difficiles, des moments où ils doutent, où ça ne va pas, etc. Par exemple, il y a des soirs où tu rentres chez toi, tu es épuisé, tu te demandes pourquoi tu fais tout ça. La vérité, c'est qu'on est beaucoup, mais vraiment beaucoup à passer par là. Mais c'est juste qu'on n'en parle pas. Parce que je ne sais pas, peut-être qu'on a juste peur que ça semble comme une sorte de faiblesse. Je ne sais pas, dans le monde d'aujourd'hui, tout est tellement mélangé. On vit tellement avec le regard des gens, avec les réseaux sociaux, etc. Franchement, ça n'aide pas à accepter nos échecs. Voilà. Ça n'aide pas parce que tout de suite, tu vas avoir tendance. à te dire, mais oui, mais voilà, eux, ils sont en train de réussir, mais eux, ils avancent, mais moi, j'ai l'impression que je n'avance pas. Tu vois, cette tendance-là à te comparer. Ok, je le dis souvent, ne te compare pas pour gêner, mais compare-toi pour t'inspirer. Et moi, c'est vraiment comme ça que je fonctionne. Je m'inspire de ce qui se passe autour de moi pour pouvoir progresser. et devenir la meilleure version de moi-même. Mais n'empêche, ça reste difficile quand tu traverses un échec. Au Canada, la vie professionnelle te pousse loin dans tes retranchements. Ici, on fait toutes tes performances, connexions, tout va vite, très vite. Et quand t'es en plein dedans, ça fait deux ans que je suis en plein dedans, tu ressens une pression incroyable. Ça, on ne nous le dit pas avant de venir. On nous vend toujours le Canada comme l'Eldorado. Après, chacun son expérience. Peut-être que tu as ces personnes-là qui, on va dire, ont toujours une certaine facilité, qui ont toujours réussi tout ce qu'ils ont entrepris ici. Et donc, forcément, ils n'en parleront que d'une manière positive, etc. Et puis après, il y a d'autres personnes qui vivent leur expérience différemment, qui ont plus d'obstacles, plus de difficultés, plus de... Voilà. Qu'importe. Et qui, eux, auront, on va dire, un regard mitigé sur l'immigration professionnelle au Canada. Et moi, je fais partie de ce deuxième lot-là. Je pensais vraiment, en arrivant ici, que j'allais développer mon plein potentiel, que mes expériences, mes compétences allaient être valorisées, reconnues, etc. Et une fois sur place, je trouve que c'est lent. Le process est extrêmement lent. Quelqu'un va me dire, comme l'a dit ma sœur il y a quelques jours, je trouve que tu n'as pas eu assez d'échecs dans ta vie, c'est pour ça que tu penses que c'est un échec. Peut-être qu'elle a raison, j'en sais rien. Peut-être aussi que oui, c'est vrai que tomber, ça fait partie du process. C'est vrai, personne n'avance sans rater, sans douter, sans craquer un peu. Ok, mais le problème derrière, je pense que c'est la honte. C'est la honte que tu ressens quand tu n'arrives pas à... à atteindre ton objectif, quand tu n'arrives pas à réaliser ce que tu t'es promis de réaliser dans une deadline précise. En tout cas, pour ma part, je ressens des fois ce sentiment de honte-là. Et je sais que ça ne vient pas de moi, je sais que c'est une construction sociale, parce qu'on a transformé l'échec en preuve d'incompétence. Alors qu'en vrai, c'est juste... un chapitre de ta vie, même pas un chapitre, c'est juste un épisode, c'est juste une passade comme on dit. Mais comme la société, on a fait une preuve d'incompétence à chaque échec. T'as l'impression d'avoir échoué quelque part. Je ne sais pas si vous voyez un peu la nuance, mais je ne sais pas si j'arrive à bien exprimer ce dont j'avais envie de parler, mais voilà. Supposons, toi, regarde ta vie, toi qui m'écoutes. Souviens-toi de tout ce que tu as déjà surmonté. Combien de fois tu as cru que c'était fini avant de rebondir ? Je suis pleinement convaincue aujourd'hui que l'échec ne raconte pas ta fin. C'est vraiment, ça raconte en fait ton évolution. Ça dit que tu bouges, que tu grandis, que tu tentes des choses, que tu explores. Et ça, pour moi, c'est tout sans fin d'échec. Rien que le fait d'avoir quitté Paris pour venir au Canada, rien que le fait d'avoir réussi à trouver un job rapidement au bout de... Parce que je me suis pleinement installée, on va dire en août et en octobre, j'avais déjà un emploi, même si ce n'était pas dans mon domaine. Mais voilà, je travaillais, j'avais un bon salaire, j'arrivais à me gérer au quotidien, à soutenir ma famille. Voilà, on a vécu de belles choses. Et pour moi, ça, c'est déjà un succès, c'est déjà une réussite. Alors, moi, je suis quelqu'un de très ambitieux. Je vois vraiment loin, j'ai envie d'aller loin, j'ai envie de briller, toucher le ciel. Je ne sais pas comment vous dire ça. Mais mon ambition fait que je me sens, on va dire, ralentie. Ralentie et... Et en fait, c'est à ce moment-là que tu te rends compte que tu n'as pas appris à gérer tes échecs. On ne te l'a jamais appris. Moi, j'ai grandi dans une culture qui idolâtre la réussite visible, le diplôme, le titre, le salaire, la belle trajectoire, etc. Mais le Canada m'a rendue humble, vraiment. J'ai compris que le plus important, ce n'est pas d'empiler les victoires, mais c'est d'apprendre à ne pas... pas se détester quand on échoue. C'est vraiment d'être, je ne sais pas si ça se dit comme ça, mais essayer d'être tendre avec soi-même, de se dire ok j'ai raté, mais je suis encore là et je m'en sors pas mal. Donc on va réessayer, jusqu'à ce qu'on y arrive, tu vois. Je me dis ok, on n'a pas besoin d'être infaillible pour être légitime, juste besoin d'être honnête avec toi-même. Peut-être que cet échec-là, c'est juste la vie qui t'a... stoppé parce qu'elle sait que tu es allé trop vite dans la mauvaise direction. Parfois, en général, on croit qu'on perd quelque chose quand on échoue, alors qu'en fait, on est juste en train d'être redirigé vers ce qui nous est destiné. Et c'est ça le plus important. Le plus important, c'est de réaliser ça, c'est de comprendre ça et ensuite de prendre le temps de respirer, digérer et poursuivre ton chemin. A la fin, tout se résume à ça. Le courage de continuer. Tu n'as pas besoin de tout comprendre, mais juste ne pas abandonner. Tu te relèves et tu continues. Même si tu as peur, même avec une boule au ventre, tu te lèves et tu continues. Parce que tu n'as pas échoué tant que tu continues à respirer, tant que tu es en vie, tant que tu te bats, tant que tu cherches, tant que tu continues à apprendre et que tu as la volonté de progresser. Tu n'as pas échoué. Parce que chaque chute te rapproche un peu plus de ta vérité, de ta réalité, de ton but ultime. Chaque défaite est censée te montrer ce que tu es capable d'endurer. Et chaque épreuve te prépare à la suivante. Alors oui, aujourd'hui, lundi 3 mai, je me suis réveillée. Du pied gauche, certes, mais finalement peut-être que... C'était le bon pied. Ça m'a permis d'écrire ce texte-là qui me ramène à moi. Ça m'a permis de prendre mon micro, d'enregistrer cet épisode-là qui va peut-être aider une personne qui est en train de vivre un échec et qui pense que cet échec-là est la preuve de sa valeur ou de sa non-valeur, qu'elle pense qu'elle est incompétente. Parce qu'au fond... Apprendre à gérer nos échecs, c'est ce qui va nous donner la capacité, la force de rebondir après chaque faux pas, après chaque échec. L'idée, c'est d'apprendre à marcher avec tes échecs. L'idée, c'est que chaque obstacle t'apprenne quelque chose. Tu dois te dire, ok, je suis tombée. mais je me relève encore. Ok, maintenant que je me suis relevé, qu'est-ce que j'ai appris de cet échec ? Qu'est-ce que ça m'a apporté ? Et comment ça peut me servir pour la suite ? C'est ça le dé. Et si toi aussi tu traverses une période floue en ce moment, souviens-toi que ta valeur ne dépend pas de tes réussites. Ça dépend vraiment que de ta capacité à te relever. L'échec... c'est juste une preuve que tu as osé et ça c'est déjà une victoire. Et si aujourd'hui tu voyais ton échec différemment, genre pas comme un verdict mais comme un message, qu'est-ce que la vie essaie de te montrer ? Qu'as-tu besoin de laisser tomber ou juste de réinventer pour pouvoir atteindre ton objectif ? Tu vois, moi je pense qu'aujourd'hui cette réflexion-là m'a juste permis d'accepter. que pour grandir, il faut parfois passer par ça. Et que échouer, c'est aussi une manière d'avancer. J'échoue ici, ok, je sais que ici, ce n'est pas pour moi, donc je vais essayer ailleurs. Et c'est comme ça qu'on avance, c'est comme ça qu'on progresse, c'est comme ça qu'on grandit. Parce que ce qui compte, ce n'est pas d'avoir tout réussi, c'est d'avoir... eu le courage d'essayer et surtout de continuer. En tout cas, merci d'avoir pris ce moment pour respirer un peu avec moi aujourd'hui. Si cet épisode t'a parlé, partage-le à quelqu'un qui traverse une situation similaire, quelqu'un qui vit un échec, quelqu'un qui traverse une période difficile et qui a juste besoin d'entendre que échouer, ça fait partie du process. En tout cas, prône. bien soin de toi et je te fais de gros bisous. Love you !