- Speaker #0
Il y a des jours où on sent que le monde change, et d'autres où on comprend que s'il change, c'est aussi à nous d'y prendre part. Depuis longtemps, une question poursuit. Que sommes-nous vraiment en train de transmettre au monde qui vit ? Le travail se transforme, l'éducation cherche son souffle, et l'intelligence artificielle accélère tout, et nous, au milieu, essayons de comprendre comment rester authentique dans un futur qui lui arrive trop vite. Alors j'ai voulu créer un espace pour réfléchir, pour écouter, pour comprendre et transmettre. Un endroit où l'on parle moins de recettes que de trajectoires, moins de réussite que de responsabilité et moins de certitude que d'élan. Cet endroit est appelé kangouroo. Pourquoi ? Parce que le kangourou ne peut pas marcher à reculons. Il avance toujours, il bondit vers l'avant, trouve son équilibre dans le mouvement et ne connaît qu'une seule direction, demain. Alors j'aime croire que notre époque nous demande la même chose. Non pas regretter hier, mais oser avancer avec courage, avec lucidité et responsabilité. Et Kangourou, donc, c'est une émission, le podcast pour celles et ceux qui construisent ce demain dans l'entreprise. Les femmes et les hommes imparfaits, certes, mais engagés, bien sûr, ils façonnent déjà le monde dans le tel milieu. Alors, pour ce tout premier épisode, j'ai la joie et l'honneur de recevoir Caroline Métrofejas, la fondatrice et PDG de Nomade Éducation. Nous avons parlé d'école, de leadership, d'engagement, d'argent, d'intelligence artificielle, de jeunesse, de culture, d'entreprise. Mais au fond, vous allez le voir, nous avons surtout parlé de cette chose absolument fragile et en même temps immense, la part d'avenir que chacun d'entre nous portant tout seulement ce coup en temps direct. Je vous souhaite une très belle écoute.
- Speaker #1
L'immense plaisir de vous recevoir, Caroline, Caroline Maitrot Feugeas, vous êtes CEO et fondatrice de Nomades Éducation, vous êtes partie de Corée, ça vous tient énormément à cœur, ce territoire où vous avez tracé un parcours absolument... Impressionnant de ce dérama, la création d'une des plus belles réussites du secteur de la tech française. Avec Nomade, vous avez atteint cette année, je crois, 10 millions d'utilisateurs.
- Speaker #2
Oui, c'est une belle histoire. Il y a un million de jeunes accompagnés d'ici à Bamako ou à Mayotte, en passant par la Corrèze et puis les beaux quartiers de Paris. C'est le plus beau des gages de réussite, ces jeunes qui vont suivre.
- Speaker #1
Vous en avez parlé d'ailleurs, une présence sur tous les continents et vous venez d'être distinguée aussi par la French Tech 2030 et un prix IA de la BPI. Vous êtes connue par ailleurs en tant que dirigeante pour votre authenticité qui est reconnue par vos pères et vos proches. pour votre leadership aussi, sans compromis. Et puis votre capacité à embarquer toutes les parties prenantes. Et c'est vrai, on vous suit sur les réseaux sociaux. Il y a à la fois des politiques, à la fois des grands patrons, des équipes, des dirigeants, etc. Et donc, dans cette Masterclass pour Kangourous, on va parler ensemble de vos clés concrètes pour à la fois convaincre, inspirer et faire bouger les lignes. Parce que ça, ce sont des sujets absolument essentiels, à la fois pour celles et ceux qui nous regardent et puis pour ceux qui vont venir aussi, la nouvelle génération de dirigeants. Et ce que je voudrais, parce que vous incarnez vraiment une... une vision pour moi, Caroline, dans les médias, dans les réseaux sociaux aussi. Et donc, c'est par là que je voudrais commencer, si vous voulez bien. Parce que derrière chaque leader, il y a un moment où un parcours se transforme quelque part en vision et en mission. Et chez vous, votre mission, c'est l'éducation. J'ai l'impression que ça a toujours été le cas. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous avez changé, peut-être, depuis quelques années ?
- Speaker #2
Non, je crois que vous avez parlé d'authenticité. Je pense que si je suis authentique sur ce sujet, c'est parce qu'il me tient à cœur depuis que je suis toute petite. donc on me l'a tellement inculqué, mes parents mon père avait un certificat d'études, ma mère n'a pas fait d'études et donc pour eux l'école c'était l'accès à la liberté ma mère me disait sois indépendante, travaille ils m'ont transmis mais cet amour de l'école et j'aimais l'école les rentrées, vous voyez les jours comme aujourd'hui j'ai cette émotion dans le ventre on allait une fois par an à Brive, on faisait des courses elle me faisait belle même pas, on allait s'acheter une tenue de rentrée,
- Speaker #1
mais non,
- Speaker #2
et si parce qu'on était à Gleton, il n'y avait pas de magasin et chaque tenue avec ma sœur. on allait acheter notre tenue pour la rentrée. Le soir, je me rappelle qu'on allait dans cette librairie qui a disparu dès que le temps, acheter nos fournitures scolaires. C'était un rituel. J'ai le même avec mes enfants. J'adore ce fait de dire que c'est une chance et ça a grandi après avec... J'ai été levée à la pagnole avec cette histoire d'instituteur et puis je suis rentrée chez Studi Rama qui était déjà liée à l'école. Et donc pour moi, l'école est à la fois une chance, mais une chance pour apprendre, mais aussi pour rencontrer. J'adore les cours de récréation. Enfin, j'adore l'autre. Voilà.
- Speaker #1
Trop sympa. Alors justement, vous avez cette vision depuis toujours quelque part très liée à l'éducation. Comment vous l'incarnez ? Parce qu'on vous voit sur les réseaux sociaux, on vous voit dans les médias, vous cartonnez, vous portez le sujet de l'éducation. Quand on pense Caroline Métrault, on pense à l'éducation et quand on pense à l'éducation, on pense à vous. Mais comment on l'incarne quelque part cette vision ? Est-ce que c'est quelque chose qui est inné ?
- Speaker #2
On me demande souvent comment j'écris les posts LinkedIn et je respecte tout à fait ce qu'ils font faire par des tiers. Moi c'est quand je cours, en général. Je fais mon running, il y a une idée, quelque chose de puissant qui vient en moi, qui est naturel et que j'ai envie de partager au plus grand nombre. Or c'est pas simple, parce qu'il y a des gens qui disent « mais pourquoi elle ne reste pas à sa place ? » Comme je leur dis, ça prend un clic de se désabonner à Caroline Métraux sur LinkedIn. C'est pas compliqué, mais ça m'a gênée. Ça m'a gênée quand on parle d'authenticité parce que ça crée des jalousies où on pense que c'est une question d'ego. Et aujourd'hui, on en parlera par la suite, j'ai décidé de complètement assumer. parce que quand je vois tout ce que ça me rapporte de communiquer et surtout tout ce que ça apporte en nomade d'éducation, tant en termes de notoriété que de chiffre d'affaires. Je poursuis ma route, tant pis pour ceux que ça gêne et qui pensent que j'aime mettre la plus belle photo de moi et je choisis en général celle où je me trouve le mieux, soit aussi j'ose le dire.
- Speaker #1
Il n'y a rien de mal à le faire.
- Speaker #2
On est tous un peu pareil et puisqu'il y a un algorithme qui fonctionne plutôt aussi quand on met des photos de l'humain, je l'incarne en portant ce que je pense avec conviction. Oui, et puis des mots que je choisis qui sont forts, qui t'a déplaire.
- Speaker #1
Avec des coups de gueule aussi ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Incarner une vision, c'est ça aussi ?
- Speaker #2
Il faut que je fasse attention parce que je suis très dans le coup de gueule. C'est le problème qu'ont des gens parce que je me rends compte que je n'ai pas forcément raison. Je n'ai pas toujours raison, loin de là. Mais quand on est dans la conviction, on me dit souvent, tu n'énerves pas que ce soit à la maison ou au travail. Ce n'est pas de l'énervement, c'est une forme de passion. Je suis comme ça, on en parlera pour les équipes. Pareil face au travail, au tabac, au sport. Quand je crois en quelque chose, mais je crois que c'est... Le contraire de l'indifférence, et c'est peut-être ce qui me fait le plus peur dans notre monde. Donc, je ne suis pas indifférente, donc ça me rend parfois un peu excitée.
- Speaker #1
Alors justement, on va en parler. Je trouve que c'est une bonne qualité d'être excitée quand on fait ce qu'on fait, quand on aime ce qu'on fait, parce qu'une seule vision, ça ne suffit pas. Ça, c'est sûr. Encore faut-il embarquer les autres. Vous parliez d'équipe, justement, Caroline. Vos équipes, vos partenaires, parfois même des dirigeants et des grands groupes. Et souvent, sans cela et des businessmen, on n'a pas forcément de conviction non plus. Et pourtant, il y a des leviers concrets pour embarquer une équipe dans cette aventure qui est très exigeante, qui est la vôtre aussi. C'est quoi vos leviers ?
- Speaker #2
Alors déjà, je ne suis pas les modes. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a tout eu depuis le... Il y a eu la mode du baby-food, du petit-déjeuner tous les matins. Il y a eu la mode du télétravail, le mode que les gens travaillent quatre jours, qu'on les paye cinq. Le mode que le salarié décide de tout. Pour moi, une équipe, c'est une rencontre. Donc, je suis très claire dans les entretiens. il y a 18 personnes qui viennent de mon ancienne boîte. Donc, j'ai attendu 10 ans pour les recruter. Mais ce qui prouve quand même que quand j'étais chez Studirama, on a créé des histoires humaines de parcours.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #2
Donc, je partage. Alors, je partage des moments. J'adore changer de bureau, me mettre avec les techs, m'asseoir, rester la journée là ou avec les autres. Donc, je partage ma vision. Donc, je vois régulièrement les gens. Je partage. Je fête. Je suis une fêtarde. Je suis une fille de troisième mi-temps. Je fête les succès avec eux parce qu'ils sont liés grâce à eux. Je partage les difficultés. de trésorerie, etc. Je leur dis que c'est tout ensemble.
- Speaker #1
C'est une question de transparence aussi.
- Speaker #2
En tout cas, je ne juge pas, parce que je pense qu'il y a différentes façons d'être, mais vu que c'est ce que je suis, j'ai besoin d'eux, déjà, parce que je suis quand même une sensible, donc j'ai besoin de leur soutien. Donc plutôt, je me sens plus forte accompagnée par eux, en transparence, que différemment. Et je pense qu'il y en a qui feront différemment et ça marchera très bien. C'est comme en éducation. Donc je ne donne pas de leçons, mais ce que j'ai remarqué qui fonctionne avec moi, c'est d'être justement moi. Donc quand je suis hyper heureuse, ça se ressent. Quand je suis un peu stressée, je leur explique, je leur dis qu'il va falloir faire attention. Là, tout le monde sait qu'on traverse une crise économique. Je veux qu'on soit solide, voilà. Donc j'essaye de les embarquer. Après, c'est facile aussi. C'est plus facile dans l'éducation parce que c'est un secteur qui parle au cœur. Je suis lucide là-dessus.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #2
Je pense que voilà, même quand je parle à des grands patrons, j'avoue que c'est... plus facile le secteur que j'ai choisi. Pas pour ça, mais c'est ainsi. C'est un sujet qui embarque. Et quand on le fait avec authenticité, voilà, et puis je suis hyper exigeante. Et moi, je trouve que l'exigeante, c'est ce qu'on a oublié. On déresponsabilise les gens. Je leur dis toujours, même quand les gens partent à 18h, je dis au manager, mais vous pensez qu'ils se régalent quand ils partent à 18h ? Je dis, mais au contraire. Il faut qu'ils aient envie de rester, il faut qu'ils aient envie de donner, il faut qu'ils aient envie de grandir, il faut qu'ils aient envie de gagner mieux leur vie. Pour moi, c'est ça, embarquer, c'est dessiner. Ce qui feront que demain, s'ils sortent de nomades, ils sont prêts pour l'avenir. C'est ça que j'essaye de donner, c'est cette envie qu'ils grandissent, qu'ils soient à la bonne place, qu'ils soient heureux. Et puis on fait plein de sports ensemble, on fait des challenges contre le cancer, on va donner notre sang. Pour moi, la boîte, ce n'est pas une entreprise, c'est un lieu de rencontrer, de vivre vraiment. Avec le temps qu'on y passe, autant que ce soit sympa.
- Speaker #1
C'est sûr, ça c'est sûr. Alors je crois d'ailleurs que vous avez convaincu des grands patrons. minutes seulement, en quelques minutes en tout cas, et sans slide, de vous suivre dans votre aventure. Ça veut dire qu'on peut convaincre, qu'on peut embarquer dans une vision là aussi, sans matériel externe et avec sa conviction.
- Speaker #2
Oui, mais je pense que ça demande deux choses, qu'on a peut-être oublié d'ailleurs. Ça demande une conviction, mais ça demande des prises. La conviction, elle embarque. C'est ce que peuvent faire nos politiques ou certains chefs d'entreprise. Moi, je suis parfois surprise par des levées. Moi, ce que j'ai essayé de faire les deux, c'est-à-dire qu'il y a vraiment mon cœur qui parle, mais derrière, j'ai quand même des chiffres qui sont ultra solides. Je pense que si les gens me font confiance aujourd'hui, c'est parce qu'il y a de la sincérité, de l'engagement et que je les bouscule. Je leur dis, mais attendez, vous n'avez même largement suffisamment les moyens de donner une part de ce que vous faites, que ce soit votre boîte ou votre fortune personnelle. pour un héritage de vous regarder demain matin en vous disant je fais quelque chose de bien. Là-dessus, je suis bonne. Et je pense qu'ils l'entendent. Mais derrière, c'est comme quand je dis que je suis fière de payer des impôts. Aujourd'hui, ça commence à me gêner en France pour une raison. Parce que je trouve que ce n'est pas très bien dépensé. Mais pour moi, la boîte, c'est pareil. Je veux bien engager tous les chefs d'entreprise du 440, tous les gens qui sont rentrés à mon board. Mais je veux qu'ils savent que je ne vais pas les planter. Que par contre, la boîte, elle est solide, elle est rentable. Donc, c'est à la fois l'émotion, mais c'est un pacte et business. C'est ces deux trucs que je porte. je veux parler business, je veux être une femme d'affaires qui réussit, qui embarque qui fait beaucoup de chiffres d'affaires, qui embarque beaucoup de gens et de l'autre côté, je veux que ce côté impacte,
- Speaker #1
c'est l'entreprise à impact l'entreprise à impact c'est pas oui oui ça veut dire aujourd'hui le nombre d'entreprises qui se relèvent d'être à impact on peut tout et n'importe quoi exactement,
- Speaker #2
oui oui, il y a du bullshit donc moi ce que je veux c'est faire du business et avec l'argent que je génère, bien me payer parce que c'est aussi un moteur, bien payer mes équipes bien sûr Mais aussi rendre, donner à la société, donner un sens à ce qu'on fait.
- Speaker #1
Si vous deviez donner une méthode express ou quelques conseils à un entrepreneur, à un dirigeant qui nous regarde, qui nous écoute, pour convaincre un partenaire ou un investisseur en quelques minutes ?
- Speaker #2
Alors moi, je travaille beaucoup. Ce que je ne veux pas dire, c'est que je bosse. Le top à faible, c'est ça. On a six minutes pour convaincre des dirigeants. J'ai vu le patron de la FNAC ce matin, dans toutes les FNAC de France. Et je suis émue parce que la FNAC... c'est un produit de mon adolescence, ma nomade est mise en avant partout. Et cet entretien, je l'avais préparé en regardant qui il était, quelle était sa nature profonde, comment il avait fait des tribunes sur le digital et le smartphone. Je l'avais préparé en me disant que face à Amazon, aujourd'hui, il fallait qu'on dise à nos jeunes qu'il y avait une super pépite française qui était la Fnac d'Arti, etc. J'étais la seule à être arrivée avec un recto verso près que je lui ai laissé. Voilà, tout était... En fait, je pense qu'on va trop souvent un peu... Alors, les filles sont meilleures parfois là-dessus que les hommes. On se prépare parce qu'on est scolaire. Voilà, donc je pense qu'il faut se préparer. Et après, par contre, j'ai été très cash. C'est vrai que si je vois que quelqu'un, quand j'ai trois minutes, regarde son téléphone, ou je lui dis « Attendez, moi je suis là pour vous. » Ah ouais, maintenant tout le temps. De toute façon, je n'ai pas grand-chose à perdre. Je suis prête, je me sens légitime. Donc, je dis les choses et j'essaye d'accrocher. Ils ont peu de temps à perdre. Et puis ce qu'ils cherchent aussi, je cherche à toucher leur cœur et je cherche à toucher leur portefeuille de patron. À la FNAC, je leur ai dit aujourd'hui, moi je vais vous ramener des clients. J'ai la première communauté de jeunes en francophonie. On va mettre la FNAC en avant face aux concurrents américains. J'ai parlé aux deux et ensemble, vous allez rejoindre mon grand projet pour l'éducation. Donc je touche l'homme et je touche le businessman. Toujours.
- Speaker #1
C'est presque de la négociation. Enfin, ce que vous faites, Laurent Combalbert, l'ancien négociateur du RED, disait que c'est un objectif commun partagé. Quelque part, il faut que vous ayez dans cette négociation-là, et pour convaincre les autres, un objectif commun, que ce soit pour les clients, pour vos partenaires, comme pour vos équipes.
- Speaker #2
Oui, vous avez raison. Alors, je rêve de faire une formation du REDR. Je pense que c'est exactement ça. C'est vrai, on va plus loin. Ce que j'explique à mes équipes, je suis admirative, et puis je trouve ça extraordinaire intellectuellement. C'est vraiment ça. Ce que j'essaie d'expliquer à mes équipes, c'est qu'on est des personnes qui ont des problèmes. partenaires, même quand on est vendeur. Moi, je suis une vendeuse, mais c'est d'égal à égal. Les deux parties ont toujours à gagner quelque chose. Je veux que chacun ressorte de là. Perdre un client, ce n'est pas admissible chez Nomad, parce que ce n'est pas eux qu'on vit. Et ça, c'est hyper important. C'est quoi ?
- Speaker #1
C'est une preuve d'échec ?
- Speaker #2
Pour moi, c'est terrible. Je me mets vraiment dans une position d'égal à égal. Et là, j'avais du CPA qui doit arrêter pour des raisons ministérielles que pure. On va faire un gros partenariat ensemble. Je pense qu'on est fort des gens qui nous entourent et moi un partenaire c'est la pérennité, je les garde dans le temps. Mais par contre je leur dis que c'est d'égal à égal. Et c'est là que mes équipes me font intervenir parce que quand un partenaire va trop loin ou avec leur sujet très héroïste, savoir tout ce qu'on y met, je dis attendez. Il ne faut pas se tromper, nous on a fait, vous avez aussi une part de responsabilité quand il y a un échec. Voilà, d'égal à égal, quel que soit l'interlocuteur.
- Speaker #1
Parce que la fidélité, elle ne se décrète pas.
- Speaker #2
Non, non, ni avec les équipes, ni avec les partenaires.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'on met en place ? Qu'est-ce que vous avez mis en place justement pour que les partenaires, les talents, ils restent à vos côtés malgré justement ces obstacles-là qui peuvent être financiers, politiques parfois, notamment en ce moment ?
- Speaker #2
Deux choses toujours. Un, le sérieux de l'entreprise. Donc l'équipe opération chez Nomad qui suit les clients, elle a énormément grossi. C'est celle où on a le plus recruté. Un client, c'est précieux. Donc on les suit une réunion par mois, on les écoute, on les entend. Et la deuxième chose, c'est le cœur. C'est-à-dire que j'ai des gens qui me disent, cette année, Nomad, ça a moins bien fonctionné et ça arrive, mais on ne va pas vous lâcher. Parce que quand on voit tout ce que vous faites pour l'éducation, on préfère mettre votre argent chez Nomad qu'ailleurs. Voilà, donc je crois qu'il y a les deux. Il y a une transparence sur ce qu'on fait en dehors de ce que ça leur apporte en tant qu'entreprise pour l'éducation en général. Et il y a le fait que c'est leur argent, c'est leur business dans un monde qui est compliqué pour les entrepreneurs. Donc, on ne doit pas les deux se voir et leur apporter des résultats qui font plus de chiffres d'affaires.
- Speaker #1
Quand on parle de leadership, Caroline, on parle aussi souvent de... de courage, de vision, on en a parlé, mais aussi de peur, d'exigence, d'authenticité. Ce que vous incarnez aussi, des qualités qu'on retrouve dans votre parcours. Vous avez dit dans une interview récente, j'ai peur, mais ça ne m'empêche pas d'avancer. Ça, je crois que nombreux sont les gens, je parle des entrepreneurs, mais aussi plus largement, du reste de la population qui serait ravie de pouvoir avoir l'aisance de dire une phrase comme celle-ci. Concrètement, comment vous avez transformé votre poète en énergie ?
- Speaker #2
C'est assez compliqué à décrire mes copines militaires parce que je pense que j'ai beaucoup plus peur que beaucoup de gens. Je suis une sensible, j'ai peur de me planter parce qu'en plus c'est un projet de vie. Je vous parlerai du coaching parce que je pense que ça a été un élément déclencheur. Je pense que ma peur part dans l'action. Donc en fait, c'est comme ça et je respecte tout le monde. Il y a des gens qui disent qu'il faut beaucoup se poser. Je pense qu'il faut aussi se connaître. Moi, j'ai un élément majeur qui m'aide énormément, c'est le sport. Je fais vraiment partie de ces gens qui se considèrent comme très animal. J'ai peur de le dire, c'est-à-dire que j'ai ces côtés, ces excès. Je peux être une femme, j'écoutais ça, je fais des chansons lacrymales. Je peux me mettre à... Voilà, parce que je suis sensible. Mais d'un autre côté, je me fixe des défis. Et c'est vrai que malgré la peur, quel que soit le semi, ou le projet professionnel. Je démultiplie aussi les objectifs que je me fixe, comme ça je suis sûre d'être en réussite quelque part, et de ne pas me retrouver en échec dans plusieurs domaines. Et j'en fais quelque chose. Par contre, j'ai besoin de me défouler énormément et de mettre de l'équilibre dans ma vie, sinon je suis... Alors je suis une trouillarde sur plein de sujets, je suis une fille qui va être bonne en ski de fond, mais je suis nulle en ski alpin, j'ai peur en voiture, j'aime pas la vitesse. En fait, j'ai besoin, et je l'ai compris, pour avancer malgré tout de sérénité autour de moi. Donc je vais m'entourer de gens brillants. Là, quand j'ai changé mon board, j'avais besoin de gens solides, plus riches et peut-être plus armés que moi. Donc je ne fais pas n'importe quoi. Je m'entoure de cette sérénité parce que je pense que c'est souvent le sujet des femmes et qu'on devrait oser le reconnaître. Mais c'est aussi pour ça que je serai là dans dix ans. Parce qu'en fait, cette peur me rend lucide. Elle ne m'empêche pas d'avancer, mais elle me fait prendre des décisions pour me mettre en position d'être solide pour ne pas disparaître.
- Speaker #1
Décision mesurée sans trop de risques.
- Speaker #2
Exactement. Ou en tout cas, si je les prends, d'être entourée des moyens. Là, on recrute en cette rentrée beaucoup. J'ai décidé d'accélérer à fond, je veux aller en Amérique latine, etc. Mais je le fais parce que j'ai changé de board, parce que je sais que les gens qui me suivent sont solides, parce que les banquiers m'ont dit qu'aujourd'hui, ils seraient là pour moi. Donc, j'ai tout mis en un plat. J'ai changé mon codire. J'ai pris les décisions qui faisaient que je n'allais pas partir avec la peur, mais que j'allais partir plus solide.
- Speaker #1
Vous me disiez tout à l'heure, j'ai été coachée.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Ça a changé votre vie ?
- Speaker #2
Oui. Alors, je n'ai pas démarré. Oui, ça change beaucoup de choses. Alors, ça a été proposé d'ailleurs par un de mes actionnaires. Alors, j'avais un peu un doute parce que quand on parle de leadership aujourd'hui, moi, c'est pour ça que j'aime bien l'authenticité. Je trouve qu'on parle de plus en plus de développement personnel, de recettes magiques. Moi, la recette, je trouve que c'est quand même être soi, faire de ses forces une force. Et on peut être très différent. Quelqu'un qui glacial. Il peut en faire une force, c'est la sienne. Il peut imposer autre chose que je n'imposerai jamais. Et il y a une complémentarité. Moi, le coach, il m'a révélé tout ce que j'avais parcouru, parce que j'ai douté cette année beaucoup. J'ai eu une année très difficile. Crise de croissance, crise des talents, crise de carré de métro. Et le plus important pour une boîte de développe, c'est d'être à la hauteur de sa boîte. Et je ne sais pas si j'y étais. J'étais un peu perdue avec tout ce qui s'est dévasté. Et donc, il m'a appris même des préceptes un peu catholiques. En me disant, voilà, qu'est-ce qui est important aujourd'hui ? Donc, les 10 millions de jeunes accompagnés, quoi qu'il arrive, c'est factuel. C'est 150 000 avis de gens qui disent, je ne me suis pas déscolarisé, je me suis réconcilié avec mes parents, j'ai eu l'école que je voulais. Donc, tout ce qui a été fait, French Tech 2030, le prix Deep Tech BPI, savoir se reposer, parce qu'on est souvent dans une course, et le monde est comme ça, et on oublie ce qu'on a réussi. La petite fille de Corrèze l'a regardée, qui était dans un lycée qui n'est pas très bien noté, qui a fait une prépa qui n'était pas très bonne. Voilà, donc ça m'a aidée. à me reposer, où ils me disaient, voilà, on était dans mon bureau, ils me disaient, voilà, sur ce bureau d'écolier, là, parce que j'ai deux bureaux d'écolier, il y avait très récemment deux fortunes françaises qui étaient assises, qui sont assises au board, et qui te font confiance, qui ont choisi car une métro, c'est des gens qui vont vite dans leur tête, c'est des gens qui ont plein de projets, ils se sont dit, non, c'est là que je vais, sans t'enlever les droits de vote, etc. Donc, de se rassurer de ce qu'on a, des gens qui me suivent, pour repartir. Donc, je crois que c'était surtout ça, c'est se dire... Et puis assumer aussi d'être soi malgré la critique que ça peut engendrer parce qu'il y en a toujours, se dire on fait fi. Ça m'a posé en fait, ça m'a ancré, ça m'a rendu plus sereine.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'il a fait ou elle fait ce coach ? que vous retenez encore aujourd'hui et que vous utilisez au quotidien ? Est-ce qu'il y a une technique ?
- Speaker #2
Non, des mots. C'est plutôt des mots clés. Sérénité, on en parlait. Authenticité, regarder ce qui est fait. S'entourer. C'est important. Là, j'ai pris un six fois par time. Moi, je connais mes limites et mes peurs. En fait, je n'ai pas peur quand je sais où je vais. On ne sait pas de ce qu'on va faire. Mais en tout cas, j'ai besoin d'être extrêmement... clairvoyante sur ce qui se passe dans l'entreprise. Demain, on me dit, il manque tant sur le compte, j'ai pas peur. C'est pas un sujet pour moi, j'appellerais la France. Honnêtement, j'ai pas peur d'aller chercher de l'argent. Mais vraiment, chaque parent, ce qui me fait peur, c'est le brouillard. Je suis pas une fille, il y a des gens qui me disent et ça, donc j'ai besoin d'être entourée de gens très structurés, qui m'apportent une vision.
- Speaker #1
C'est quoi la différence, justement, ou la frontière, en tout cas, entre un bon manager et un vrai leader ?
- Speaker #2
Le leader, peut-être que le leader, il dessine une voie. Moi, j'ai envie de dessiner une voie pour qu'on s'aperçoive à quel point, et c'est ce que suivent mes équipes, l'éducation est laissée de côté. Mais je ne sais pas si vous réalisez à quel point on a beaucoup parlé de la planète. Alors, c'est fantastique, moi, je n'ai rien contre. Mais je vais le dire au risque de choquer, c'est que je préférerais disparaître d'une extinction de masse parce qu'on ne l'a pas choisi que de gens qui s'entretiennent. tu de gens qui se... de tout ce qui est en train d'arriver. Ça me fait plus peur. Ça me fait plus peur parce qu'on peut dire qu'on a détruit, certes, mais je pense qu'il n'y avait pas de vraie volonté, en tout cas de mes parents ou toute cette génération. Alors que là, quand on voit ce qui se passe à travers le monde, quand on voit le manque de respect partout, de citoyenneté, de civisme, ça me terrifie qu'on soit, voilà, autant opposé. Donc je pense que l'éducation est un socle. Donc le leadership, c'est peut-être ça. C'est se dire... qu'aujourd'hui, j'arrive à en parler à nos concitoyens, à nos politiques, aux grands patrons et à embarquer au-delà de mon entreprise sur un sujet qui, pour moi, est la base de tout. La base de tout.
- Speaker #1
Peut-être qu'un bon manager au-delà d'un leader manque aussi de vision. Quelque part, c'est... pour faire un lien avec... Peut-être, peut-être.
- Speaker #2
Et puis au-delà de ça, je pense qu'il faut des deux, parce que c'est gentil la vision. Mais si on n'a que des gens qui ont des visions, ça peut devenir des visions en pleine oasis, dans le désert. Donc je crois qu'au contraire, c'est capital d'être... Et peut-être que d'ailleurs, je me trouve moins bon manager. Et c'est bien de le savoir, donc c'est bien que je sois entourée d'une super équipe de managers.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Bah oui, parce que je suis très Ausha, très exigeante, il faut que tout aille vite. Voilà, puis je suis très exacerbée dans ce que je fais. Ça ne fait pas les meilleurs managers parfois, donc c'est bien que j'ai une équipe de managers. Voilà, aujourd'hui mon rôle, il est d'aller pousser cette vision à l'extérieur, d'être en rendez-vous, de faire bouger les lignes. Et il faut des gens qui assument en interne bien mieux que moi, que je sois bien meilleure là-dessus.
- Speaker #1
Faire bouger les lignes, justement, votre engagement, il va au-delà de votre entreprise, sur l'éducation, sur la place des femmes, sur les clichés autour du leadership aussi, on va en parler. Vous le disiez, vous avez été distinguée par la French Tech 2030 aux côtés notamment d'une très grande entreprise dont on parle beaucoup ces derniers temps qui s'appelle Mistral AI, entreprise française. Qu'est-ce que ça, ce prix-là, en tout cas cette distinction, ça révèle selon vous sur la place de l'éducation justement dans le futur du travail, le futur de l'entreprise ?
- Speaker #2
En tout cas, ça révèle une chose, c'est qu'il faut oser porter son combat. Parce que là, c'est vraiment un combat qu'on a porté avec une fille chez moi qui s'appelle Cécilia Odubing. C'est qu'on les a tellement... Je suis polie quand je dis en kikiné. Tellement, pas du tout sur ce prix dont je ne savais même pas qu'il existait. Mais on leur dit qu'il était temps, notamment face à tous les autres sujets de Hell's State, qu'on parle du sujet clé. La base de Nomade, c'est des jeunes éduqués bien dans leur basket, sentiers physiques et psychiques. Comment peut-on faire une génération... engagé et conscient des enjeux de demain. Et on a tellement répété qu'en troisième, quelqu'un qui était solide, qu'il ait un CAP ou pas, qu'il prenne soin, c'était de tels coups évités pour la société, c'était tellement de choses pour l'avenir, pour nos talents, pour notre industrie, pour nos maths, etc., que je pense qu'on a entendu. Donc déjà, ça veut dire qu'il faut oser ouvrir sa bouche avec conviction, etc. Et après, je pense, moi qui travaille beaucoup avec la métallurgie, l'artisanat, l'industrie, toutes nos entreprises françaises, que l'école, c'est C'est elle qui va dessiner demain notre souveraineté nationale, faire nos talents aussi en termes de recherche, de mathématiques, qui va faire... L'éducation, c'est aussi elle qui va faire l'amour du travail. Mais l'amour du travail au sens que le travail, ça peut être une révélation intellectuelle. C'est des rencontres parce qu'on est en désamour aujourd'hui. Je ne sais pas si c'est notre génération. Moi, je pense qu'il y a une crise du travail. Et je l'ai vu, j'ai fait des interventions dans des établissements ou les terminales. On ne veut plus de patron. C'est-à-dire qu'on pense que c'est aliénant. Or que moi, j'ai été élevée avec que c'est une source de liberté. Je pense qu'il y a une crise du travail. Après, on reviendra sûrement dans ça. Mais le freelance et tout, ce n'est pas forcément un projet, une équipe. Pour moi, ça a du sens. Je respecte le reste, mais quand on voit le nombre de gens qui vont à leur compte, ou un entrepreneur en pensant que c'est de la liberté.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #2
Voilà. Donc moi, je pense qu'au contraire, on peut entreprendre. Il n'y a rien de plus beau que l'entrepreneuriat dans l'entreprise. L'intrapreneuriat. Je crois à fond. Donc je pense que l'école, mais l'école qui est si loin du monde de l'emploi, elle pourrait redonner ce goût de la vocation, de l'entreprise, du CDI, de la sérénité aussi d'avoir un emploi, de la sérénité d'avoir des collègues. D'avoir des gens quand ça ne va pas. Moi, j'adore. Je connais mes équipes. Là, prendre un café. Là, quand je vais revenir, raconter la rentrée de tous ces petits avec les papas et les mamans. C'est chouette. C'est des bons moments de vie. C'est ça le travail. Ce n'est pas l'isolement chez soi, tout seul devant son bureau.
- Speaker #1
On l'oublie presque un peu trop.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Vous m'avez dit, en préparant cette interview, une phrase qui m'a... Marc, vous m'avez dit que l'éducation est le secteur le plus bankable en ce moment.
- Speaker #2
Oui. Alors à deux niveaux.
- Speaker #1
Il y a beaucoup à partager votre point de vue.
- Speaker #2
Oui, mais on va les faire changer, j'espère le prouver. Alors déjà, ça a changé, je vais vous dire pourquoi. Alors il est bankable pour deux choses. La première, c'est celle qu'on a vue, c'est que c'est vraiment le secteur bankable au sens d'impact, comme le dirait Demurge, le patron de la Maïf, c'est-à-dire qu'il n'y a rien, aucun secteur qui rejaillit le plus sur tout. Aujourd'hui, quelqu'un d'éduqué, c'est un... Un travailleur pour demain pour un pays, c'est quelqu'un qui prend soin de son corps, qui prend soin des autres. Donc, c'est hyper rentable. La deuxième chose, c'est que là, il y a plein de levées qui sont en train de se faire. Il y a eu 27 millions d'euros chez No Unity. Mistral a mis très fortement en avant. Elon Musk ne parle que de ça. Donc, je pense qu'au-delà de ça, et cette pépite, je vais la faire. C'est un secteur où les gens sont quand même en train de se dire qu'il faut investir. Quand j'ai séduit, j'ai changé de... de bord, que je me suis séparément associée, c'est ce que j'ai dit aux gens aujourd'hui. J'ai dit il y a 10 millions de familles en France, il n'y en a pas une de l'ouvrier au ministre pour qui ce n'est pas le sujet. À travers le monde, c'est pareil. Donc si je parle de business, quand j'ai créé une offre à 100 euros par famille, ça intéresse tout le monde. Je peux le vendre à tout le monde si c'est bien fait, que c'est accessible à la fois par le smartphone comme on le fait. Donc je pense que c'est ultra bankable parce qu'il n'y a pas un secteur qui concerne 100% des gens. Ça concerne les grands-parents, les parents, les enfants. Ça s'adresse à tous, quel que soit le niveau scolaire ou social. Ça s'adresse à ceux qui n'ont pas l'école en Afrique. C'est le sujet le plus bankable parce qu'on peut adresser, là je parle business et marché, quasiment 100% de la population à travers le monde.
- Speaker #1
Et les familles ont encore des sous aujourd'hui à investir dans l'éducation ?
- Speaker #2
Il faudrait que les familles prennent le choix d'avoir des sous. C'est un discours sur lequel je me suis un peu battue avec mes équipes.
- Speaker #1
C'est vrai ?
- Speaker #2
C'est un faux sujet. Non, mais quand on est à... à 100 euros par an pour 5 personnes sur la partie premium. Donc nous, on a toute la partie à un pack qui est financée par la pub. Ça, de toute façon, c'est accessible à tout ça. C'est notre modèle à la Spotify. J'écoute ma musique gratuitement, j'ai tous mes quiz, mes mini-cours pour primaire, collège, lycée, sup, CAP, bac pro, maths sup, maths p, gratuitement. Si je veux aller plus loin, avoir des années à les exercices pas à pas, de l'adaptive learning, de la culture générale, mettre 9 euros par mois pour 5 personnes, je pense que dans 98% car c'est une question de choix. Et je peux être dure, la bouteille de coca, le jeu vidéo, etc. C'est une question de priorité. Et je parlais récemment avec un... J'ai parlé au patron d'Andros qui me disait, aujourd'hui, on a tendance à tout mettre sur le statut social des gens. Le mal manger, etc. Donc je pense qu'il y a des cas. Après, je ne pense pas que... C'est comme le gouvernement et leurs économies. Il y en a plein à faire. Et si ce n'est pas le cas ? Si des gens ne peuvent pas, comme on le fait avec toutes les assos à qui c'est offert, on trouvera les moyens de leur offrir. Mais en tout cas, je pense qu'aujourd'hui... Moi, j'avais ce discours sur le privé et le public. Le privé, moi j'ai mis mes enfants dans le privé, c'est un choix, j'étais à Colombe, je l'assume. En tout cas, ce privé-là peut coûter 1000 euros par an. Il y a des parents très modestes. J'ai eu cette discussion aussi avec le patron d'Academia qui me disait que les classes moyennes investissent beaucoup.
- Speaker #0
dans l'éducation de leurs enfants. Il y a plein de classes riches qui parfois se désinvestissent. Donc je crois qu'il faut sortir un peu de ça. Moi, j'ai voulu en tout cas un produit. Les choses ont de la valeur, on y met du temps. On a 350 profs qui collaborent, on met de l'IA. Mais qu'ils soient accessibles partout, c'est 100 euros par an. C'est accessible à toutes les familles. Mais il faut aussi qu'il y ait la preuve de l'engagement financier, aussi une preuve d'engagement à tout court. C'est une priorité.
- Speaker #1
L'intelligence artificielle aussi, c'est une priorité ?
- Speaker #0
Oui, capitale.
- Speaker #1
Vous avez pris tout de suite le... Oui,
- Speaker #0
et d'ailleurs, c'est marrant parce que moi, je ne suis pas une fille. Je suis une fille d'école et de pédagogie, mais je ne suis pas une fille tech. Je n'aime pas la télécommande de ma télé. J'ai une boîte tech. Mais par contre, là, je suis rentrée à fond dedans. Et je pense que c'est essentiel. On parlait de peur. La peur, elle est là. La peur, elle est là pour ma boîte. La peur, elle est là pour l'avenir de nos enfants. Mais la seule chose que je sais faire dans ces moments-là, c'est m'approprier la chose. Donc, je suis rentrée à fond. J'utilise ChatGPT. Je l'utilise pour tout. Je l'utilise pour retaper une maison en Corrèze, j'utilise pour la RGPD, j'utilise pour la fiscalité, on a fait notre chatbot pour parler aux jeunes avec les mots les plus... tout ! C'est devenu... quand je voulais faire le GR20, je lui avais demandé quelles étaient les périodes... Donc en fait, mais chez Nomade, on a choisi pédagogie, 350 profs, donc en amont il y a les profs, après l'IA il y a les profs. on va développer un gros programme de formation de l'IA pour les élèves, on ne peut pas les laisser à côté. Ça ferait un décrochage numérique hyper fort. On n'arrête pas le progrès. Donc oui, ça fait peur. Oui, il y a des emplois qui vont se transformer. Oui, il y a des gens, j'en parle avec mes ingénieurs, mais qu'est-ce qui va ? La chose qui est belle quelque part dans tout ça, c'est que le maçon... ce qu'on fait là, l'échange, la présence de l'autre, le prof qui guide. Il y a des gens qui disent qu'elles veulent tuer les profs, mais moi au contraire, je pense que l'humain n'a jamais eu autant. Quand je mets mes enfants sur des terrains de sport, je leur dis que ce qu'ils doivent développer le plus fort, c'est ça, c'est ce qui... C'est leur cœur, c'est cette humanité, c'est ce qui fait qu'un vendeur restera un vendeur très certainement, parce qu'il ira avec ses mots, avec sa poigne, etc. Donc je crois que ça va développer. d'autres heures c'est vrai qu'il ya des métiers faut se poser des questions mais on va développer d'autres choses voilà stress dans les entreprises actuellement mais je le comprends je le comprends parce que vous vous posez des questions nous quand on développer un pays comme la côte d'ivoire il nous fallait un temps fou pour développer des contenus locaux aujourd'hui ça va ça prend un mois un faux faut être honnête se dire que ça ne change pas les choses donc il faut se l'approprier Moi, j'ai formé toutes les équipes. Même les plus réticents, l'IA elle change, un bilan d'entreprise, on met toute la donnée, on sait combien de temps on passe sur les factures, les notes de frais. On n'a pas le choix, sinon on reste sur le bord de la route, donc il faut la faire rentrer. Et d'un autre côté, je suis convaincue, je veux tout le monde au travail, derrière un bureau avec des gens qui parlent et qui échangent, c'est de là que vient la créativité. Voilà, donc c'est un mix des deux.
- Speaker #1
Et la nouvelle génération, comment elle prend tout ça justement ? Le fait d'être au bureau ? Est-ce que pour vous c'est un poids ? Ce qui est très marrant,
- Speaker #0
c'est qu'on n'a pas d'approche nouvelle ou ancienne génération chez Nomad. Je ne sais pas pourquoi.
- Speaker #1
Pourtant vous avez des équipes mixtes. Justement,
- Speaker #0
mais en fait il n'y a jamais ce sujet. Ni dans les fêtes, où on les couche encore. C'est marrant, ni dans le sport, où on est tous, on fait nos semis ensemble, il y en a qui aiment le sport, il y en a qui n'aiment pas le sport. on a vraiment un très bel équilibre de génération. Et on a des gens, parce qu'on est à trois jours, deux jours, il y a beaucoup de gens qui viennent quatre jours, qui peuvent avoir 55 ans ou 23 ans, et d'autres qui ne viennent pas justement le mercredi, quel que soit l'âge. Donc c'est une question de position, ça peut être aussi une question de transport, etc. Moi, je pense qu'il y a suffisamment de talent pour, quand on est en entretien, dire quelles sont les règles. Et récemment, j'avais quelqu'un qui me disait, le télétravail est un droit. Je lui ai dit, je suis surprise, très gentiment. Je lui ai dit, je suis surprise, je ne l'avais pas lu dans les statuts. Je lui ai dit, pour moi, être au travail, c'est un plaisir. Je lui ai dit, vous savez, moi, je peux vendre Nomade demain matin. Objectivement, on a plein de propositions. Mon associé est parti avec plein d'argent. J'ai 53 balais. J'aime d'autres choses. Si je ne le fais pas, c'est pour ses moments au bureau. Si c'est pour être chez moi en tétra avec ma fille qui rentre, mon mari. Je n'ai pas du tout envie de ça. C'est mon choix. Je suis une fille de... terrain, du collectif. Je leur prends souvent l'exemple des vestiaires de rugby, c'est ça que j'aime, c'est la sueur ensemble, c'est le moment partagé, c'est les coups de gueule. Donc les gens qui viennent avec moi, ils le savent, je ne les dupe à aucun moment. À la rigueur, c'est moi qui ai été dupée parce qu'on a changé et donc j'accepte de changer parce qu'on était à 5 jours. J'ai fait un pas vers eux, j'irai jamais plus loin. J'ai demandé à ceux qui avaient voulu venir 4 jours de venir, j'ai fait le choix, alors j'avais envie de l'imposer, j'ai vu que c'était une connerie. parce que j'ai quand même des équipes très engagées, mais aujourd'hui, j'aime être au travail, j'aime me faire belle le matin, entre guillemets, me préparer, me lever, y aller motiver et voir les gens. Voilà, donc les gens qui sont derrière moi, ils me suivent, du boulot ils en trouveront, j'ai que des gens brillants, même mes techs, et mes techs, s'ils sont fidèles, j'en ai pas perdu un depuis le début de l'aventure. À mon avis, c'est pour ça. Parce qu'ils sont dans la boîte, ils connaissent le projet, ils me le disent souvent. Dans les moments d'émotion à une heure du matin, ils me disent « on est là pour ça, on est là parce qu'il y a des bureaux, parce qu'il y a des gens et parce qu'on a des copains dans la boîte » .
- Speaker #1
Donc c'est une question, cette question des nouvelles générations dont on parle beaucoup, il y a plein d'études qui sortent sur le sujet, etc. Et beaucoup d'entreprises, notamment des grands groupes qui ont du mal justement à se faire parler, en tout cas ces générations. C'est une question presque de... culture d'entreprise. Moi,
- Speaker #0
je pense que c'est beaucoup. Il y a beaucoup d'entreprises qui travaillent avec nous là-dessus, sur l'attractivité métier. On a de plus en plus de gros budgets, de gens qui mettent des campagnes dans l'app, etc. Oui, je... Les entreprises ont cru qu'en mettant tout, donc il y a eu la mode, justement, très start-up, bureau extraordinaire, baby-foot tous les matins, la convivialité, ça ne s'invente pas. Moi, mes bureaux, ils sont beaux, c'est important, mais c'est aussi un truc, c'est une culture d'entreprise. Et je pense qu'il y a des cultures d'entreprise très différentes. Il y a des gens, ils viennent pour des instants comme ça, travaillent, s'alimentent et ça se respecte. Il y en a qui viennent. Donc, je crois qu'il faut retrouver avec la... Et ça, ça peut venir justement du patron, même dans des grands groupes. On voit des boîtes comme L'Oréal avoir des cultures d'entreprise fortes. Et je crois qu'il faut les avoir, les assumer dans leurs différences. Qu'elles soient petites ou grosses. Et puis les générations, il faut aussi leur dire, merde. Non mais là, on a eu un débat chez des copains qui me disent, t'as rien compris, faut t'adapter ou tu mourras. Non, c'est dans les deux sens en fait. Faire grandir quelqu'un, c'est pas accepter. Et inversement, c'est savoir faire des passe-sois, mais on est très dans... Alors là, qu'est-ce qui va se passer ? Il y a une crise qui arrive, le taux de chômage des jeunes est en train de monter, donc ils auront tout eu, on les aura habitués à quoi ? Des boîtes reviennent énormément sur le télétravail. Énormément. Il y a plein de boîtes, elles ne font pas comme moi. Là, je parlais avec EF, séjour linguistique, c'est cinq jours au travail. C'est indiscutable. Toutes les boîtes américaines. Mon mari, il est chez moi dans le bois, il faut revenir les gens. Ils étaient à Bordeaux, etc. Les gens, où ils reviennent, où ils partent. Donc, c'est un équilibre. Et moi, je pense qu'il faut, c'est des générations qui doivent travailler ensemble. C'est tellement bon de travailler ensemble. C'est là qu'on apprend. Elles ont tellement à nous apprendre. Elles sont tellement plus à l'aise que moi sur certains sujets et moi sur d'autres. Mais par contre, ce n'est pas à tout prix.
- Speaker #1
Ce n'est pas tellement une question de nouvelle génération, mais plutôt d'intergénérationnelle.
- Speaker #0
Exactement. Je crois à fond à ça. Ils me bluffent, je les adore. Mais par contre, il y a aussi mes règles, ce que je suis. Donc, on mixe en fait. Mais ce n'est pas eux qui édictent tout et moi non plus.
- Speaker #1
Vous refusez aussi de voir les hommes comme des adversaires. Vous m'avez dit en préparant. Oui.
- Speaker #0
Alors, je refuse parce que, un, je ne les ai jamais vus comme ça. Alors, je dis, est-ce que c'est parce qu'on a été... J'ai été deux filles élevées par un papa qui était pillé de rugby, donc toujours traînée dans un milieu d'hommes, où j'ai toujours été... C'est bête à dire, mais quand vous êtes à 8, 10, 15 ans, j'ai eu beaucoup de copains garçons. Je m'entends très bien avec les hommes. Donc j'aime le côté un peu assez direct, même dans la relation amicale masculine. Je le dis, j'ai plein de copains, donc je suis à l'aise. Je n'ai jamais été ennuyée. Je ne me suis jamais sentie... Ou alors peut-être... Moi, mais pas parce que faisaient les autres mépriser ou du machisme, etc. Et ce que je me dis surtout, c'est que par une histoire qui est en train de changer, mais qui a mis du temps, ils ont beaucoup eu des places de pouvoir. Donc, quand on veut faire grandir sa boîte, il y a deux solutions. Soit je fais que des clubs de femmes, etc. Soit au contraire, je vais où ils sont. Parce que s'ils ont le pouvoir et que j'arrive à les embarquer... ils ont souvent les grosses boîtes qui ont les gros budgets, ils ont l'influence, ils ont le réseau et qu'ils ont beaucoup de pouvoir pour m'aider et que très souvent ils le font avec beaucoup de gentillesse et d'intelligence. Moi j'ai rencontré plein de grands patrons que j'ai trouvé super, je les ai fait marrer je les ai fait sourire alors que si j'y vais pour les agresser en disant que ils volent ma place etc et je crois comme sur tout c'est qu'avec eux qu'on avancera voilà et qu'il y a plein de gens bien surtout Je pense qu'il y a plein d'hommes qui ont tous aussi, un peu comme sur tous les sujets, ils ont pris des places. Il y a un siècle, les femmes ne travaillaient pas. Il y a plein de choses qui étaient choquantes. Aujourd'hui, on bouge et je crois qu'il y a plein d'hommes qui ont envie de faire bouger les lignes. Il y a même plein d'hommes qui disent qu'ils adorent les femmes parce qu'on est tellement sérieuses, bosseuses, rigoureuses, structurées que parfois on fait bouger beaucoup plus vite leur boîte. Non mais c'est vrai, on est complémentaires. Vu qu'on a été construites avec moins d'égo, souvent. Et eux, ils osent plus. Quand on parle d'élever de fonds, souvent, ils osent plus. Ils osent plus se planter aussi. Ils osent plus l'argent.
- Speaker #1
Ce rapport à l'échec.
- Speaker #0
Je trouve que ce contrôle des deux, ce sujet des deux, ça fait du bien. Quand les gens de mon board me disent on est là pour toi, tu n'as pas de raison d'avoir... C'est bien, j'aime. Ils sont plus sereins que moi, je pense. Et puis, j'aime ça. Je me barre pas. plus, alors ça doit être bizarre, je me marre plus dans les soirées où il y a des hommes et des femmes. Donc j'ai arrêté, et je vais le dire à des clubs où je me suis inscrite, je vais arrêter complètement. le fait d'aller dans des endroits où il n'y a que des femmes. Je m'amuse moins.
- Speaker #1
Donc le leadership féminin, c'est quoi ? C'est du bullshit ? Il y a des dirigeantes qui le disent.
- Speaker #0
Je ne sais pas si c'est du bullshit ou si on peut en faire... De toute façon, les mots valides, c'est toujours un peu compliqué. Je ne sais pas. Moi, je pense qu'on a quand même des différences. et que ces différences, et qu'on n'est pas toutes pareilles, mais dans 80% il y a des femmes, mais qu'on a des différences qui sont liées à des siècles d'ancrages différents. Personne ne peut échanger tout de suite. Pourquoi il y a plus d'infirmières ? Ce n'est pas à cause des hommes. Il y a plein d'ancrages, et notamment dans les boîtes à impact, il y a souvent des femmes, parce qu'on doit avoir une sensibilité. Moi, je trouve qu'il y a un leadership là-dedans. Je pense que si on ose être à la fois cette féminité qui aide, et qu'on doit, pour moi, assumer, qui est souvent, et ça c'est mon point de vue, en tout cas, moi j'en fais une force, ce côté d'être une femme. Il y a une forme d'intelligence émotionnelle qui, à mon avis, est forte, qui peut embarquer. Et ce qu'on doit très fortement travailler, par contre, en parallèle, pour être des vrais leaders, c'est ce rapport à l'argent. C'est essentiel. On doit aimer ça, on doit vouloir parler business, on doit être bien avec notre banquier, on doit être très à l'aise avec notre pépé. Très fortement. Et ça, c'est peut-être dans le leadership féminin, il ne faut pas qu'il manque cette case essentielle qui est le rapport à l'argent. Parce qu'aujourd'hui, c'est ce que j'explique, moi je ne connais pas d'autre voie. En tout cas, je ne suis pas une fille d'association ou de bénévolat. Il faut, pour réaliser ce que je veux, du pouvoir et le pouvoir passe souvent, quoi qu'on en dise, par une boîte solide qui fait des résultats et qui a de l'argent. Donc voilà, le leadership féminin, c'est peut-être une forme de voir les choses différemment sur le... plus long terme, avec moins un rapport à l'argent immédiat de je veux vendre, mais par contre, il faut qu'on ait ce rapport avec je veux le faire. Mais il y a une différence,
- Speaker #1
elle est certaine. Quelles sont, selon vous, les trois freins majeurs, qu'ils soient sociaux, personnels, culturels, professionnels ou autres, qui ralentissent les dirigeants, les leaders aujourd'hui, les managers ? Est-ce qu'il y a des choses, certains pourraient nous dire que c'est justement ce rapport aux nouvelles générations ou à l'intergénérationnel ? D'autres, leur difficulté parfois, dans des très grands groupes, à créer justement une culture d'entreprise, parce que quand vous avez 40 000 collaborateurs, c'est peut-être un peu difficile, pas aisé de créer cette culture et de la diffuser à toutes les strates de l'entreprise.
- Speaker #0
La première chose, je pense que ce n'est pas une question des leaders ou des managers, c'est quand même aussi une question de pays. On est un pays où on n'aime pas beaucoup la réussite. C'est assez surprenant. Alors moi, aujourd'hui, honnêtement... Les États-Unis ne me font pas rêver. Il y a quand même quelque chose qui est chouette, c'est entreprendre, c'est beau, réussir, c'est beau. On admire les gens qui ont de l'argent. Ici, on a quand même un côté envieux, qui est compliqué de rapport au travail, au patron, qui font que des banques. Il y a plein de sales secteurs. Ils créent quand même de l'emploi. Je pense qu'ils essayent, comme tout le monde, de changer, de mettre du RSE. Et puis ils prennent des risques, ils travaillent souvent beaucoup. Moi je dis à les prendre leur place, moi j'ai de l'admiration pour ces gens-là. Donc cette admiration, je pense qu'il faudrait la créer. Ça part dans nos écoles, où on n'a pas du tout cette culture de construire. Donc déjà pour recruter, il faut qu'il y ait des gens qui soient formés au métier qu'ils recrutent, qu'il y ait des passerelles entre l'école et l'emploi. Et il faut des gens qui aient envie que bien gagner sa vie soit aussi encore un rêve, pour son autonomie, après on fait des choix, chacun fait ce qu'il veut. En tout cas, comme je dis à mes enfants, vous avez eu une vie quand même privilégiée. Voilà, il faut que les choses coûtent un prix. Donc, je pense qu'il y a de ça. Après, dans le leadership, je pense qu'il y en a qui ont confondu ces dix dernières années, notamment, et là, c'est aussi la mode, la mode de la French Tech, qui était, qu'est-ce qui fait une belle boîte ou un leadership ? On parlait beaucoup de TF1 qui allait disparaître, mais c'est quand même une sacrée pépite française, parce qu'on peut dire ce qu'on veut. Ils ont su faire des virages, ils sont là, ils sont ancrés, ils ont su innover. Il y a cette mode du tout de suite, immédiat, de tout ce qui arrive. On a beaucoup parlé de la disparition de ces groupes. Il y a plein de groupes. Moi, je vais prendre Acadomia. Acadomia, je les ai vus mourir dix fois. Tout le monde dit, ben non, c'est des boîtes que ça prend du temps. Ça prend du temps. J'ai une copine qui est patronne chez Arrêt Fenêtre. Elle me dit, c'est des paquebots avant qu'on nous fasse. Donc, ça peut être lent, mais c'est là. C'est ancré comme Orange, comme L'Oréal, comme la FNAC. Ils sont quand même là. Et il y a eu un espèce d'effet mis en lumière, de la levée de fond. On a vu tout le monde. Et on a ringardisé tous ces patrons qui ont eu du mal, BNP Paribas, à recruter, etc. parce qu'il y a eu l'effet start-up. Alors c'est bien la start-up, mais il y a aussi, voilà, ce qui a manqué aussi, c'est une vision sur le long terme. Il y a beaucoup de gens qui ont créé des boîtes, et c'est encore le cas, pour les vendre à trois ans. Je n'ai rien contre si ça crée de la valeur. Mais je crois que tous ces paquebots qu'on a décriés parce qu'ils n'étaient pas forcément sur des sujets à la mode, et ils n'en ont pas besoin. On a besoin de nos banquiers, on a besoin de boîtes. Et c'est pour ça que je n'aime pas trop qu'on dise, il y a beaucoup de jeunes, ils font tous Sciences Po, ils veulent tous aller dans des ONG. Mais non, la boîte n'est pas sale. Les grandes entreprises ne sont pas sales aujourd'hui. Et surtout, si on pense qu'elles le sont un peu, allez faire bouger les lignes. Allez chez Procter, allez chez L'Oréal. Moi, je n'oppose pas les secteurs. Je pense qu'il faut toutes les boîtes de la TPE. à la grande boîte pour faire avancer, qu'on a beaucoup aussi opposé. Ce n'est pas facile aujourd'hui quand vous êtes dans les assurances. On travaille beaucoup avec AXA Prévention sur des sujets clés de société. Ce n'est pas facile de recruter parce qu'on les a tellement flagellés. Voilà, donc je pense que... Moi, j'ai toujours à mes enfants, déjà, bosser, c'est bien. Et quand on rentre dans une boîte, on ne rentre pas à la petite porte et on peut aussi faire changer des choses.
- Speaker #1
C'est une question de sens parce que là aussi, quand on parle de nouvelle génération, de génération Z notamment, on dit toujours dans les médias, et eux-mêmes d'ailleurs, les jeunes disent, je ne cherche plus un salaire, je cherche du sens dans ce que je fais.
- Speaker #0
Je l'entends, mais moi déjà, le premier sens, c'est de... Pour qu'une société marche, il faut que chaque individu aille bien et fonctionne. Donc moi, je dis que prendre sa vie en main, donc financièrement, c'est déjà une chose, et celle de sa famille. Donc malgré tout, comme je le dis, et après, moi, j'ai des neveux et nièces qui vivent en Corrèze. ultra autonome qui ne demande rien à personne avec des salaires moyens et qui sont très heureux de leur vie donc on l'a choisi en tout cas ils assument ce qui me gêne dans ce pays c'est que tout le monde veut du sens du machin et tout va à Bali etc déjà s'assumer soi même donc je dis que malgré tout faut trouver du travail c'est ce que je dirais à mes enfants je leur reprocherai pas l'endroit où ils iront parce que je respecte toute forme d'entreprise je pense qu'on peut mettre du sens dans son travail où que l'on soit avec ses collaborateurs, en changeant les choses pas à pas. Je pense qu'aussi chaque entreprise, je crois à fond à l'entreprise d'impact, par contre. Mais la vraie, c'est-à-dire que je pense qu'on doit faire changer, moi, le discours que je porte aux grands dirigeants, c'est qu'ils doivent, et ça c'est important pour les générations à venir, mais c'est important pour tous les sujets de société, en dehors de valoriser leurs actionnaires, ce qui est important, sinon on n'en trouve pas des dividendes, valoriser les salariés de manière importante. Et l'argent qu'ils gagnent, en remettent une partie pour une société qui va mieux. Mais ça, je pense qu'ils le comprennent et que nos jeunes doivent aussi entendre ça. Après, on leur fait dire beaucoup de choses aux jeunes. On a un côté très parisien, bobo, grande ville, urbain. J'étais en Corrèze, je regardais les petits-fils d'agriculteurs qui sont à 5h30 sur le tracteur et tout, qui ont l'air heureux. j'avais ce débat autour de la loi du plan où j'ai un point de vue qui n'est peut-être pas le bon et qui n'est pas étayé scientifiquement, mais on a quand même un point de vue très parisien, très élitiste et les journaux qu'on lit, donc je pense qu'il y a plein de jeunes, ils rêvent que d'une chose, c'est d'avoir un salaire qui leur permette d'aller manger au resto une fois par mois, de payer un truc à leurs copains, d'aller randonner. Il y en a plein aussi qui veulent du... Moi, j'en vois, il y a les abattoirs Charal avec le ton d'où je viens, il y en a qui font des petits boulots. Voilà, donc... la question de sens, l'intériorité, le ralentir, se trouver soi-même. J'espère qu'on ne se trompe pas et qu'on n'est pas influencés par... J'adore les WorldSkills, c'est un salon qui a lieu, je ne sais pas si vous voyez, très belle veine, parce que je vois des jeunes qui construisent, qui bâtissent de leurs mains et là, ils trouvent du sens. Le sens, on peut le trouver dans la baguette qu'on se le vend tôt le matin, qu'on fait. On peut le trouver, j'avais une tente bûcheron à une époque où ça ne se faisait pas, elle trouvait du sens de passer ses journées dans la forêt. Je raconte toujours et je le pense avec sincérité, quand j'étais jeune, j'ai fait mon premier stage de prépa chez Champi-Jeandoux à Châtellerault. J'étais avec des femmes qui triaient des champignons de Paris sur des chaînes. Je crois pouvoir jurer qu'elles étaient heureuses. C'est fou parce qu'elles étaient là, mais toute la journée, elles parlaient de leur drôle. Donc moi, je ne connaissais pas le mot. C'était les enfants. Mais il y avait, honnêtement, elles bavardaient entre femmes. Autour d'elles, elles étaient copines, elles se marraient. Donc, je pense que c'est pareil sur le travail avilissant. On dit souvent, on se permet de juger. Moi, mon père, il me dit la pénibilité. Il était à 12 ans sur les toits. Il me dit, mais Caroline, moi et plus tard, ces ouvriers, honnêtement, on était dehors, on ne vous envie pas. Vous pouvez voir Osman et tout. Donc, je crois qu'il faut Qu'on essaye tous de ne pas trop parler à la place des gens, des ouvriers.
- Speaker #1
C'est souvent des vieux peut-être qui parlent des plus jeunes. C'est ce qu'ils disent en tout cas dans les médias. Les jeunes, on en a marre parce qu'à chaque fois qu'on parle des jeunes et de la nouvelle génération. Oui,
- Speaker #0
je pense qu'il y a beaucoup de jeunes aussi influencières qui parlent beaucoup à la place des jeunes. C'est comme en politique, on parle beaucoup. Et les femmes, moi je trouve qu'on parle beaucoup à la place des femmes. Donc il est important qu'il y ait des combats. Si ces femmes ne me les passent pas, moi qui les mène, on en serait toujours à... Très longtemps, mais il faut des balances. Voilà, et moi, il y a plein de discours sur les hommes et les femmes que je ne partage pas du tout. Donc, il y a beaucoup de gens qui prennent la parole à l'heure des réseaux sociaux pour tout le monde.
- Speaker #1
On arrive à la fin de cet entretien, Caroline. Et donc, il me reste une question à vous poser, et pas des moindres, justement, si nos auditeurs, dirigeants, téléspectateurs aussi, devaient repartir avec une seule conviction, une seule, pour embarquer leurs équipes, leurs clients, leurs partenaires, et ce, dès demain matin. Quelle serait-elle ?
- Speaker #0
Je crois que pour embarquer, je parlais de préparation tout à l'heure, mais je pense que c'est un double enjeu. Pour embarquer les gens, il faut qu'ils sentent que ce soit des clients, des partenaires, des équipes. Il faut qu'ils se sentent dans un projet. De long terme, on n'embarque pas sur un mètre ou une année. Donc, il faut quand même créer des conditions favorables à la réussite. Et c'est important ce que je veux dire par là. Je pense que si les gens me suivent, c'est que ce n'est pas un produit bullshit dans ses chiffres, son bilan. Cette rentabilité, cette construction, je sais par les chiffres. Et la deuxième chose, je pense qu'aujourd'hui, on arrive malgré tout avec de la conviction, mais pas du bullshit. embarquer les gens parce que malgré tout tout le monde voit bien écoute sa radio et tout quand il ya une forme de de fragilité je pense qu'on est tous plus fragile on s'adresse pas à nos grands patrons mais ça fait marrer personne ce qui se passe aujourd'hui non il ya une anxiété enfin le monde est anxiogène et peut-être qu'il a toujours été on nous balance tellement par l'actualité que c'est pire donc je pense qu'il ya une corde sensible qui est plus actif que jamais chez n'importe quel individu moi je crois en l'homme en fait C'est pour ça que je suis quand même optimiste sur l'avenir. C'est fou, malgré tout, j'ai une conviction profonde que l'humain s'en sortira toujours. Voilà, et sur tous les sujets, j'ai une conviction qu'on va innover, qu'on va trouver sur l'avion, surtout. Donc je pense que cette corde sensible, il faut la faire toucher. Mais si on y croit, parce qu'il faut être soi, et si on n'est pas comme ça, il faut oser être un mec qui a envie de faire de l'argent, si on a envie d'être comme ça, et dire, voilà, un fond, moi je vais vous amener là, dans trois ans, vous ferez millionnaire. Je crois que c'est ça, c'est qu'en fait, il faut oser ne pas faire semblant. être ce qu'on est. Moi, c'est cette corde que j'ai choisie, mais il y en a plein d'autres qui en ont d'autres. Elles sont aussi fortes. Et puis, travailler. Je pense que ce qu'on a oublié, c'est que là, je suis hyper heureuse de commencer cette rentrée par Postcats, mais globalement, il faut être au bureau, aux côtés des équipes, tout le temps. Faire ce qu'elles ne peuvent pas faire, aller chercher des clients quand ça ne marche pas, leur ramener de l'argent pour qu'elles gagnent leur vie. Faire en sorte que la boîte soit là dans trois ans et travailler. Il faut travailler beaucoup parce qu'il faut aimer travailler. Pour embarquer, il faut que ça se sente, il faut qu'on se dise. De toute façon, on dit souvent qu'on choisit une équipe plutôt dans un projet, dans un fonds, plutôt que... C'est ça, quoi. Il faut montrer qu'on est là et qu'on va bosser et qu'on saura se relever par le travail.
- Speaker #1
Diriger, c'est aussi ça. L'ambition ne vaut que si elle s'incarne avec conviction et respect. Le vrai leadership aussi, c'est donner envie aux autres de monter dans le train avec nous. Merci beaucoup, Caroline Métrault, pour cette vision particulièrement intéressante du leadership et tous ces grands sujets autour justement de ce thème. Puis c'est aussi l'histoire d'un vrai succès, le vôtre, celui de Nomade.
- Speaker #0
Oui, et il faut qu'il... Le mot de la fin, c'est que c'est le début d'un succès. Quand je regarde ce qui existe, ce Duolingo, ce Doctolib, ce Blablacar, il faut qu'on le fasse. Ça commence aujourd'hui, c'est un jour de rentrée, c'est un jour important pour nos maires d'éducation et c'est l'heure de nouvelles ambitions.
- Speaker #1
Merci beaucoup Caroline.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Voilà, toutes les bonnes choses en tuant ce film. Merci infiniment pour nous avoir suivis pour ce tout premier épisode de Parole. J'espère évidemment qu'il vous a plu et si c'est le cas, n'hésitez pas à nous laisser 5 étoiles sur votre plateforme d'épisodes conférés et à laisser des commentaires. Vous pouvez également retrouver l'intégralité de cet épisode sur YouTube. Et nous on se retrouve très vite pour un autre épisode. Je suis en train de faire un petit don d'éclat dans l'histoire de la tour de la Chine.