- Speaker #0
Après avoir passé 6 mois à Taïwan, il était temps pour moi de changer de destination. C'est avec excitation que je me suis dirigé vers le Vietnam, avec la même soif insatiable de découverte, de compréhension et d'ouverture d'esprit. Toutes les personnes que j'ai rencontrées resteront anonymes et verront leur nom modifié. Bienvenue dans cette nouvelle aventure. Chapitre 1 Dans l'enfer des villes, je me dérobe. Après des dernières semaines mouvementées sur la belle île de Formose, je pensais m'accorder un poste de repos en me rendant au Vietnam. Cependant, mon optimiste légendaire me joue encore des tours. A peine arrivé à la douane, je m'étonne du nombre assez élevé de personnes demandeuses d'un visa on arrival. Muni de ma lettre d'invitation, de mes photos d'identité et de quelques dollars américains, je remplis avec rapidité la fiche d'information que je remets après presque une trentaine de minutes de queue au guichet. Néanmoins, il faut au moins compter une bonne heure avant de voir son visa finalement apposée sur son passeport. Une plaie et un sacré challenge à la fois. Bah ouais, reconnaître son nom et prénom prononcés avec un accent vietnamien n'est jamais simple, je peux vous le garantir. C'est pénible formalité terminée, je me dirige vers la sortie afin de rejoindre mon hostel, relativement haut marché, il faut l'avouer également. Je suis arrivé à Ho Chi Minh City, la plus grande ville du Vietnam. En termes d'économie, c'est elle qui mène la danse et non pas la capitale à Noi. Il fait plus chaud qu'à Taïwan, du moins qu'à Taipei, mais également plus lourd. L'humidité et les moustiques sont de sortie et m'accompagneront durant tout le mois d'avril 2017. Première constatation, je ne suis plus à Taïwan. Alors oui, il y a du monde aussi, mais tout y est différent. La circulation est vraiment chaotique, les gens parlent fort. Le vietnamien m'agresse les oreilles et j'ai presque l'impression de pouvoir le comprendre avec mes notions chinoises, mais ce n'est vraiment qu'un loup. l'heure. Les récits focants, pollués, des merdes. Où est-ce que j'ai atterri ? Elle est où la nature promise sur les photos des instagrammeuses ? Autour de moi, des mains se tendent. Elles sont remplies de bijoux, babioles, portefeuilles, ceintures, faux parfums.
- Speaker #1
« Cheap, cheap ! »
- Speaker #0
hurle-t-on dans mes oreilles. « No, thank you ! » Je réponds d'un geste de la main.
- Speaker #1
« Come on, you buy ! You have money ! »
- Speaker #0
« No, I don't need it ! » continue Hachet d'affirmer. C'est ensuite une véritable fusillade de regards qui s'abat sur moi. Cela ne plaît pas aux vendeurs de rue qui me dévisagent comme si j'avais tué toute leur famille. Ces agressions quoi constante m'épuise et il est impossible de faire 2 mètres sans être alpagué, agrippé par le bras et emmerdé toute la journée. Soyons francs bordel. Un coup de klaxon retentit, encore un. C'est une véritable fanfare depuis que je suis arrivé. C'est bien simple, ne pas entendre ce bruit signifie qu'il n'y a personne en rue, or Ho Chi Minh City est busy de jour comme de nuit. Contraint à faire quelques achats après la perte d'un câble de téléphone, oui, ce n'est pas la première, ni la dernière fois que ça arrive. Je me retrouve aéré dans la ville à la recherche d'un magasin spécialisé en téléphonie. La devanture est criarde avec une musique assourdissante, mais je me décide à rentrer tout de même. A l'intérieur, des hôtesses sont ccupées avec des clients. J'hallucine. Elles sont vêtues comme des putes bon marché aux couleurs d'une marque. Mini-jupes juchées sur des hauts talons, elles paradent de rayon en rayon pour aider le client en quête de téléphone ou autre objet connexe. Bonjour, jolie étranger. Puis-je vous aider ? Me lance l'une d'elles avec un accent vietnamien fort marqué. Bonjour. Je cherche un câble pour recharger mon téléphone.
- Speaker #2
Montre-moi ton téléphone.
- Speaker #0
Répile-t-elle avec un sourire malicieux. Le voilà, rétorquait Jean Luton dans la bête. Elle l'observe, me lance un dernier regard d'allumeuse et va chercher le dit câble. Je regarde autour de moi et constate que la plupart des clients sont plus obnubilés par la taille de leur nichon que par les marchandises qu'ils achètent.
- Speaker #2
Vous n'avez pas besoin d'une batterie supplémentaire ? Les prix sont très avantageux !
- Speaker #0
S'exclama une vendeuse en dandinant devant un groupe de backpackers anglais qui débordait de testostérone. Je rigole intérieurement mais constate que le sexe est extrêmement vendeur au Vietnam. Les publicités, les hôtesses dans les restaurants, magasins tentent d'aguicher le client par tous les moyens. Au plus la jupe est courte, au plus la note sera salée au final. La vendeuse au gros lolo tente de me faire acheter un deuxième câble de secours, mais j'en refuse. Je sors enfin du magasin et me dirige vers mon hôtel afin de recharger mon téléphone. Cependant, en cours de route, une moto s'arrête à quelques centimètres de moi. Je me recule et tente de poursuivre ma route sur les trottoirs poussiéreux de Chimine.
- Speaker #3
Salut, comment tu vas ?
- Speaker #0
Me lance un vietnamien au sourire avenant. Bah très bien, et vous ?
- Speaker #3
Tout va bien, merci. Je m'appelle Max, et toi ?
- Speaker #0
Sébastien, je viens de Belgique. Ajoutais-je en anticipant déjà la prochaine question de mon mystérieux interlocuteur.
- Speaker #3
Tu voyages, j'imagine. Je suis guide. Si tu as besoin de conseils, n'hésite pas à me demander.
- Speaker #0
Oh, merci.
- Speaker #3
As-tu entendu parler des tunnels de Couty ?
- Speaker #0
Ouais, j'en ai entendu parler en me rendant à mon hostel. Une agence de voyage proposait un tour pour 400 000 dongs, environ 15,20 euros.
- Speaker #3
Oui, c'est vrai que c'est pas cher. Si t'aimes les attrape-touristes, c'est sûrement une bonne opportunité. Mais tu m'as l'air plus malin que cela.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous me proposez ?
- Speaker #3
Je te propose un tour personnalisé unique. Une balle en moto jusque-là, visite comprise bien entendu, et un repas dans un restaurant local. Si t'as des doutes, je t'en ai à ce carnet. Tu parles néerlandais ?
- Speaker #0
maximum me tend un épais calepin et parcourt les pages. Je lui réponds « Français » . Il cherche quelques secondes supplémentaires et me laisse parcourir avec surprise un compte-rendu rédigé dans ma langue maternelle.
- Speaker #3
« C'est des avis laissés par les gens que j'ai rencontrés. »
- Speaker #0
Me confie-t-il. « Il y en a pas mal ! » Commentais-je en analysant rapidement le contenu des pages jaunies. Des commentaires différents, bien orthographiés, en anglais, français, néerlandais, suédois, chinois, japonais, et j'en passe. « Waouh ! Ce mec en a vu passer des gens ! »
- Speaker #3
« Qu'en dis-tu ? » Ça t'intéresse ?
- Speaker #0
Je reste stupéfait et en même temps toujours sur mes gardes. Je vais y réfléchir et je vous dis quoi rapidement. Vous avez un numéro de téléphone ?
- Speaker #3
Tu veux qu'on discute un peu ensemble ? Allons boire un café, je te donne plus d'informations.
- Speaker #0
Ouais, pourquoi pas. Après tout, je suis venu ici pour découvrir, rencontrer des locaux, surpasser mes appréhensions, mes peurs et mes préjugés. Je décide donc de faire confiance à Max, même si je le connais pas du tout, même s'il est un petit peu pushy. Je monte derrière lui sur sa moto et file à toute allure en plein centre-ville. Esquivant les passants, les chahérans, les calèches, les scooters en nombre hallucinant, et pris pour ne pas tomber dans un traquenard.