- Speaker #0
Salut à toi et bienvenue dans ce treizième podcast consacré à Taïwan. Je suis à Kaohsiung et je me sens bien seul. L'occasion de ouvrir mon Tinder et de me mettre en quête d'un plan d'un soir. Prêt à découvrir l'univers des Love Hotels en ma compagnie ? Installe-toi confortablement, c'est parti ! Keep your wings Le podcast. Chapitre 13 Rapprochement tactique J'arrive enfin à Kaohsiung, cette ville majeure située à l'ouest de Taïwan, après plusieurs jours de voyage de petite ville en petite ville. Mon pote qui m'avait rejoint en moto à Kending y réside depuis plusieurs années. J'arrive à mon hostel en fin d'après-midi, les civets après de nombreuses heures de trajet en bus. Je fais un léger point sur mon voyage. triche en émotions fortes. Il réalise que nous sommes déjà en fin février. Le temps passe à une vitesse folle depuis que j'ai quitté la capitale taïwanaise. Je commence à réaliser que ça fait longtemps que je n'ai plus scoré.
- Speaker #1
Pas de point tendre.
- Speaker #0
M'en ressouffle un autre pote. Mais j'étais déjà la masse depuis presque déjà deux mois. Malgré une soirée passée à explorer la cavité buccale d'une petite alien à Doulan. Rien ne m'est arrivé de concret depuis lors. J'ai décidé de sortir mon téléphone, de nouveau, contre les blue balls redoutés par de nombreux de mes amis. C'est sans pression, sans même une once de honte ou de remords, que j'attaque directement sur Tinder, arme ultime contre la fausse solitude du voyageur. Je tente une approche plutôt discrète, qui consisterait à ramener une proie dans mon hostel. Et ce, afin de vérifier l'idée de mon pote. Cependant, nous ne sommes pas dans un hostel à l'occidentale. Il faut donc être discret pour ne pas se faire griller ou même dénoncer par ses camarades de chambre. Taïwanais sont très gentils, Mais la rivalité entre garçons est toujours présente et le respect des règles prime surtout. Pas de wingman ici. Je décide de proposer à mon match d'entrer en douce dans l'hostel et de se réfugier dans les douches. Oser, interdit, sexy, un véritable package que j'offre de bon cœur à Noémie, 33 ans. Choquée, surpris, estomaquée, elle me répond dans la minute.
- Speaker #1
Ouais, ça a l'air d'être un bon plan. On se retrouve à quelle sortie ?
- Speaker #0
Sortie 4. Le nom de l'hostel est c'est à moins d'une minute à pied.
- Speaker #1
Ok, sortie 4, aux environs de 23h.
- Speaker #0
Disons 11h30 pour être sûre. Tu veux quelque chose à boire du 7-Eleven ? Mon plan a marché. Même s'il m'échappe encore un peu, il s'annonce challenging. Dès 23h30, je me rends à la station de métro pour rencontrer Noémie. Regarde braise, chevelure gominée, rouge à lèvres discret, sourire ravageur, je suis sous le charme. Contrairement aux autres meufs que j'avais eu l'occasion de rencontrer, Marie et Fiona, Noémie m'enlace en me voyant. Je lui souris en retour, presque désarçonné par ses yeux revolvers et ce charme qui se dégage d'elle. Nous nous dirigeons vers le 7-Eleven afin d'acheter deux Taiwan Beer, un must ici. Et parmi les moins chers, ce qui arrange mon portefeuille, vu que je préfère limiter mes dépenses. Ça m'a étonné que tu répondes à ma proposition, plaisante-je.
- Speaker #1
On m'a jamais proposé ça comme ça. J'aime le risque et ça en valait la peine, j'ai bien l'impression.
- Speaker #0
Mais bordel, comment est-ce qu'elle fait pour me désarmer aussi facilement ? C'est un piège, pensais-je. Non, Noémie est très joviale, sociable, a une conversation intéressante et me fait craquer. Elle n'a pas envie de se caser tout de suite, ne veut pas d'enfant pour le moment, aimerait bien voyager. Et on a marre de la pression sociale de sa famille sur le fait qu'elle soit encore célibataire. Tu veux une autre bière ? Je lui proposais alors que je venais de finir la mienne.
- Speaker #1
On m'est pas venu ici pour boire, il me semble.
- Speaker #0
me rétorque-t-elle avec malice. « Ouais, ouais, exactement ! » répondit Chessouflet par tant d'audace. « On fait quoi ? On se dirige vers l'hostel ? »
- Speaker #1
« Je te suis. »
- Speaker #0
« Je vais d'abord m'assurer qu'il n'y a personne dans les communs. »
- Speaker #1
« Parfait. »
- Speaker #0
Je monte dans l'ascenseur, essaye de calmer la mi-mole qui commence doucement à poindre, et sors avec fracas direction le lobby. Je scanne ma carte et me rends compte que le communautaire situé à l'entrée est rempli de Taïwanais. Une quinzaine de personnes qui s'esclavent jouant au Monopoly, en buvant du thé, en grignotant des chips. Dans ma tête, un léger putain de bordel de merde résonnait encore. Un écho perpétuel qui transformait mon cerveau en une cocotte minute prête à exploser. Plan B, plan B, plan B. Continuai-je de me répéter alors que j'étais de nouveau à bord de l'ascenseur. Les portes s'ouvrent et je suis tout peinou face à mon dette.
- Speaker #1
Un souci ?
- Speaker #0
Me questionne-t-elle avec une moue. Le salon est rempli de personnes qui jouent au Monopoly. Mais merde quoi, il est presque une heure du matin.
- Speaker #1
Bah c'est pas grave, on a qu'à aller ailleurs.
- Speaker #0
Où ça ? Chez toi ?
- Speaker #1
Pas moyen, j'habitue mes parents. Par contre, on peut aller au motel.
- Speaker #0
Appelez aussi le vote. Mes yeux s'écarquillent. Au motel, j'y aurais jamais pensé. Tout en nous dirigeant vers celui qui semble le plus proche de mon hostel, nous entamons alors une conversation qui va véritablement m'éclairer sur les relations sociales à Taïwan.
- Speaker #1
Tu sais, ici, la famille, c'est très très important pour nous. La famille, La plupart des gens restent très longtemps chez leurs parents. Même lorsqu'ils sont mariés, généralement, ils viennent habiter dans la même maison. Ils occupent l'étage alors que les parents investissent leur rez-de-chaussée. Cependant, niveau intimité, c'est très compliqué pour nous les jeunes. On ne peut jamais être véritablement seul. C'est pourquoi beaucoup de gens que je connais vont en hôtel pour passer un peu de bon temps. Ce n'est pas toujours pour des histoires de coucherie être compris. C'est simplement un moyen de partager quelques heures d'intimité avec la personne que l'on aime. Les gens ont parfois le vautel simplement par manque d'espace dans leur propre maison.
- Speaker #0
Me confie Noémie. Je l'écoute avec intérêt et me rends compte que j'avais une vision totalement biaisée du motel. Nous arrivons finalement devant ce fameux établissement. Seul un panneau aux couleurs criardes indique de quoi il s'agit. Nous descendons dans un parking souterrain où se situe la réception. Noémie s'occupe des détails et je me charge de payer. Il faut compter 35 euros pour 3 heures dans une chambre de motel. Un prix plutôt attrayant qui me fait moins mal au portefeuille que ce que j'avais imaginé. Nous recevons alors une carte magnétique avec le nombre 25 dessus. Contrairement à marcher dans le parking. jusqu'à trouver cette fameuse porte de garage. Le volet métallique s'ouvre en entrée. Derrière, se trouve un espace vide avec une porte contre le mur du fond. Une fois entrée, la porte de garage s'ouvre et forme automatiquement, alors que nous commençons à gravir les marges de l'escalier dissimulées au bout de la pièce. Nous débarquons dans une chambre avec des colonnes à la romaine. Grand lit double, un hammam, un jacuzzi, une douche, une télévision... Bref, le grand luxe. Chaque chambre du Love Hotel possède une ambiance différente. Certaines sont plus chères que d'autres, évidemment. On n'a pas eu l'occasion de les tester toutes, mais il s'agissait probablement du thème disponible lorsque nous sommes arrivés. Une véritable life-changing experience. Il est presque 4h30 lorsque je prends un taxi avec Noémie en direction de mon hostel. Nous nous quittons sur un baiser passionné. qui aura sans doute mis le chauffeur très mal à l'aise, qu'importe. A peine sorti, je reçois un message de sa part, m'expliquant qu'elle avait passé une très bonne soirée et qu'elle aimerait me revoir à l'occasion. Je ne reste pourtant pas longtemps sur Kaohsiung, mais j'ai passé une agréable soirée également. Qui plus est, elle m'a permis d'apprendre de nouvelles choses concernant Taïwan, ses habitants et leur mode de vie. Une soirée riche en émotions, apprentissage et découvertes. Quelques jours plus tard, alors que je venais d'arriver à Chiayi, ville modeste de l'ouest de Taïwan, un souci de taille m'empêche de continuer à mon aise. J'ai perdu ma carte de banque. Par avant, j'avais déjà réussi à bloquer ma carte de crédit alors que j'étais encore sur Taipei, une sombre histoire d'alcool une fois de plus, mais cette fois dérange à REC puisque j'ai tout simplement oublié de reprendre ma carte au distributeur de billets après l'avoir déposée sur le côté. Ouais, j'ai bien fait cela. Je fais demi-tour, mais il est trop tard évidemment. Grâce à l'aide d'un pote belge, je parviens à faire bloquer ma carte et préviens mes parents de l'arrivée prochaine d'une nouvelle carte de crédit à m'envoyer à Taïwan. Ils sont enchantés à l'idée de recommencer ce pénible procédé pour la deuxième fois en quelques mois à peine.
- Speaker #2
Oh mais c'est pas possible, tu fais attention à rien mon dieu.
- Speaker #0
Je décide donc de me diriger plus rapidement que prévu vers Taichung, une ville assez importante située au nord de Chai, et où je peux trouver un DHL afin de récupérer mon dû. Mais voilà, je suis limité en termes d'argent. Il me faut absolument un plan de secours. Je n'ai que peu de liquide dans ma possession, il me vient alors une idée. Un stratagème pour profiter à mon tour de tout ce dont on m'avait été redevable sur Taipei. Dominique a son restaurant sur Taichung. L'occasion de m'imposer peut-être et de trouver du travail ainsi qu'un logement pas cher, voire gratuit, qui sait ? C'était à mon tour de réviser. Je file désormais en direction de Taichung. Après m'être installé, je décide de contacter Charles, le manager du restaurant de Munich. Je me souviens avoir gardé ce contact Facebook et je me rappelle qu'il m'avait lui aussi parlé d'un job disponible. J'essaye donc de contourner mon ancien patron en espérant que Charles puisse m'engager de son côté. Je me renseigne sur l'adresse et le préviens de mon passage afin de m'assurer de sa présence. Il est là et me propose de venir goûter des mitraillettes. Un bûche belge remplie de frites, d'une viande et d'une sauce. C'est certain, lui et moi, on va bien s'entendre.